Napoléon vu par Abel Gance / Collectif / La Table Ronde 

Napoléon vu par Abel Gance (1927) est l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma, chef-d’œuvre et l’une des dernières réalisations de la période muette.

Le film d’abord :

L’épopée napoléonienne d’Abel Gance enfin dévoilée, après 16 ans de travail de restauration , dans sa version inédite, intégrale et définitive. La Cinémathèque française a mené, avec le soutien du CNC, cette reconstruction colossale du film Napoléon qui avait fait l’objet de nombreux remontages et mutilations au fil de son histoire 7h de cinéma extraordinaire composent une œuvre qui reconstruit la vie de Napoléon Bonaparte.

Le livre : 

Cet ouvrage collectif, et très bien illustré, retrace l’épopée du film et de son histoire, parfois triste et agitée, nous revivons un siècle de cinéma. 

Le livre est un hommage à un visionnaire Abel Gange et à cette belle expression de film historique.

Les éditions de La Table Ronde nous offrent une lecture qui, accompagnée de magnifiques images, est vraiment intéressante et riche d’anecdotes et d’enseignement, sur le film mais également sur le fonctionnement du monde magique du cinéma.

L’ouvrage est à lire et à garder pour participer à la richesse et la beauté de votre bibliothèque !

À avoir absolument !

Talleyrand / Georges LACOUR-GAYET / Belles Lettres

Talleyrand fait partie des personnalités historiques qui n’ont jamais cessé d’éveiller mon intérêt.
Et il faut reconnaître que le nombre de ses biographies est impressionnant tant il aura marqué son siècle, il battrait même Napoléon en nombre d’ouvrages sur lui.

Talleyrand savait que l’on allait gloser sur lui, et pour maîtriser le discours sur sa vie, il écrivit ses propres mémoires. Mais peut-on vraiment se fier à ce Diable Boiteux véritable duelliste du langage qui avoue lui-même que « La parole a été donnée à l’homme pour déguiser sa pensée. »

De tous les livres sur  l’évêque / député / trappeur / ministre / prince / diplomate / comploteur, celui de Georges Lacourt-Gayet est l’incontournable !

L’auteur s’est attaché a confronter les mémoires avec tous les documents d’époque disponibles.

La tâche fut colossale car la vie publique de Talleyrand ira de Voltaire à Louis-Philippe, enjambant la révolution, faisant Bonaparte, défaisant Napoléon et redessinant l’Europe.

Pourtant cette œuvre historique se lit comme un roman et on se régale de toutes les piques que l’esprit de répartie du plus pur esprit français pouvait lancer.

Un grand merci aux Belles Lettres de rendre disponible ce livre avec ses références.

Le monde d’Onyo / LES ATELIERS GAITE

Onyo est  est un studio de création immersive.

Ils plongent le participant à l’expérience dans des narrations sensibles qui éveillent l’imagination et invitent à la découverte de mondes et de la nature.

Aux Ateliers Gaité, centre commercial de toute beauté et totalement accessible aux PMR ♿️ deux expériences relaxantes et agréables nous sont proposées.

J’ai testé les deux et grâce au ticket combiné je vous conseille de faire la même chose pour vous sentire vraiment apaisé et connecté à la nature en plein Paris !

Plongez, comme moi ! dans deux histoires originales et sensibles : l’Arbre-Soleil et Les Gardiens de la Montagne.

J’ai passé vraiment un bon moment, sans écran, confortablement installée (fauteuil roulant en mode transat pour moi, coussins et sièges tout doux pour les autres) je me suis portée par le son et les lumières.

Les voix sont celle de vrais comédiens qui ont enregistré les histoires originales chez Radio France avec des micros en forme de tête qui permettent de décider la place de l’être que vous imaginez vous parler.

Le rendu est surprenant et réussi.

Je trouve que c’est parfait pour les parisiens en quête d’une pause et pour les visiteurs qui cherchent un souvenir et un moment relax et bien être.

Je suis sortie des décors d’Onyo avec l’envie d’y retourner avec des amis pour partager cette sensation d’apaisement.

J’ai eu le même effet qu’après un massage ! 

Je me suis sentie loin du chaos quotidien et avec les sens éveillées et l’esprit apaisé.

Allez-y, tout simplement pour vous sentir mieux ! 

Un conseil, visitez le centre commercial avant, il propose des magasin, comme Nature et Découverte, une chouette boutique de créateurs, d’autres loisirs et tout pour se restaurer. 

68/80, avenue du Maine 75014 PARIS

Le Livre des erreurs /  G. Rodari (Auteur)  B. Munari (Illustration)  JP Manganaro (Traduction) /  Éditions Ypsilon

Le livre de Gianni Rodari, paru en Italie en Italien en 1964 a du être une véritable prouesse à traduire. 

L’auteur joue avec la langue et les mots s’assemblent et ne se ressemblent pas en Français.

Ces textes courts beaux et drôles sont à conseiller à partir de 7/8 ans.

Ma mère adorait ce livre tout comme ma mettesse de CP et CM1 donc pour moi découverte à 6 ans et souvenirs superbes de lectures avec maman qui appréciait autant que moi !

J’avais déjà lu Les Histoires au téléphone du même auteur qui a écrit des poèmes, des histoires et des comptine pour la plus grande joie des petites personnes.

Le livre des erreurs est une œuvre intemporelle et cette édition est présentée avec les dessins et la superbe couverture qui m’ont accompagnée dans la version italienne.

Tout relire, maintient est un régal et une confirmation de mon amour pour la manière d’écrire de Gianni Rodari, grand inventeur de fables.

Ce livre est un ensemble de comptines et de nouvelles « au nom de l’erreur » : des élèves distraits, des professeurs ennuyeux, des sportifs qui n’ont pas de bonnes compétences en orthographe… « Souvent les erreurs – dit Gianni Rodari – ne sont pas dans les mots, mais dans les choses ; nous devons corriger les dictées, mais nous devons avant tout corriger le monde. » Ce livre nous emmène dans un univers linguistique désorganisé et déréglé, mais ce n’est pas un texte d’exercices grammaticaux ennuyeux car le magique Gianni Rodari fait surgir le rire de chaque oubli et faute, et change les règles de notre grammaire, il ouvre un dialogue dense et très riche. avec les lecteurs.

Un livre et un auteur à découvrir pour rire et partager l’amour des mots que l’auteur nous transmet à chaque page de ce « Libro degli errori »

L’absence selon Camille / Benjamin Fogel / Rivages Noir

Benjamin Fogel est un alchimiste, sa grande œuvre sont les livres, sa trilogie, dont L’absence selon Camille est le troisième volume, est un mélange savant des genres efficace et qui transforme les mots en textes si intenses à lire !

L’univers d’anticipation et de polar noir est tellement bien développé que mille futurs du futur créé par l’écrivain sont possibles.

Dans ce volume, qui peut être lu indépendamment des deux autres, nous sommes en 2060 un futur très proche qui permet de retrouver des repères et aussitôt de les perdre. 

Les lieux connus sont détournés et trouvent un usage différent et parfois épouvantable.

La forme de gouvernement est singulière : La transparence, qui permet de tout savoir sur tout et tous. Il y’a bien une résistance qui prône le respect de la vie privée.

Tout ce complique quand un jeune ado, Léonard à la recherche de son père, bouleverse le plan des désobéissants.

Il est beaucoup question des intérêts de la famille, du clan et du bien commun qui peuvent ne pas coïncider.

L’identité et les cases qui nous obligent à vivre selon la vision des autres font aussi partie des sujets abordés, grâce au personnage de Camille qui cherche la liberté et subi le conditionnement. 

Le monde de 2060 imaginé par l’auteur est terrifiant par son réalisme. 

Le fictif et les intelligences artificielles on pris le contrôle de tout et même des réformes que je je juge positives, ne conduisent pas à une réalité type Star Trek mais à une société entre la Télé-réalité et les visions d’Orwel et Ray Bradbury.

Un certain président Hamon à mis en place le revenu universel (c’est drôle) mais le coupler avec le virtuel absolu en fait un danger aussi.

En plus de ça une extrême droite très, trop ressemblante à l’actuelle montre son plus beau profil, tout en étant fasciste, oui oui j’ai dit Fasciste.

J’ai lu un roman brillant, intéressant et intelligent.

Mon optimisme de la volonté voudrait un future différent de celui dessiné pour ce livre, mais mon pessimisme de raison me fait craindre le pire.

À lire absolument ! 

#bookstagram #polarsnoirs #livresanticipation 

Cassandra / Théâtre Avignon OFF

Seule en scène, Manon Balthazard revisite le mythe de Cassandra, je relis l’Odyssée dans une nouvelle traduction en ce moment et cette pièce m’a immédiatement attirée.

Les réécritures modernes si elles ne savent pas apporter des éléments singuliers sont parfois plates mais ici c’est une explosion d’idées qui complète le mythe originel et l’insère dans un contexte inédit.

Reste la solitude de Théodora, cette actrice parisienne qui a un don divinatoire et tout comme Cassandra va en souffrir et doit trouver sa place dans le monde.

Une très belle performance dynamique et surprenante 

C’est original ce mythe revisité avec humour et poésie, assez de poésie pour toucher le spectateur.

Le spectacle est aussi ponctué par des moments très très drôles et inattendus ! 

L’interprétation est dense et transmet des émotions fortes et beaucoup d’énergie.

J’ai déjà envie de revoir la pièce car elle m’a vraiment conquise. 

Je vous conseille de découvrir cette magnifique interprétation, la belle mise en scène et ce texte riche de sens. 

À voir absolument ! 

Lilith / George MacDonal / Callidor

Avec les éditions Callidor nous sommes habitués aux éditions d’une qualité supérieur et d’une beauté extraordinaire. Lilith ne fait pas exception, couverture soignée et illustrations superbes ce livre est vraiment beau.

L’auteur fut le mentor de Lewis Carroll  et  source d’inspiration de C. S. Lewis (Le Monde de Narnia), le pasteur et écrivain George MacDonald est aujourd’hui célèbre pour être une figure incontournable de la littérature jeunesse du xixe siècle, mais en France pas trop, célèbre.

L’éditeur propose « L’Âge d’or de la fantasy », une collection consacrée aux écrivains d’un autre âge, généralement oubliés, mais dont l’influence perdure dans les pays Anglophones et au sein des plus grandes sagas de l’imaginaire.

by Robert White Thrupp, albumen cabinet card, circa 1880

Tous les livres de la collection sont des merveilles.

Lilith est de loin l’un des livres les plus sombres que j’ai jamais lu. 

L’immense imagination crée une histoire qui ressemble à un sombre conte de fées se déroulant dans un monde quelque peu biblique,

Il est bien sûr difficile de ne pas être un peu biblique, étant donné que certains des personnages principaux sont Adam, Eve et Lilith (la première épouse d’Adam).

MacDonald utilise des images étonnantes lorsqu’il s’agit du monde autour de M. Vane, le protagoniste de l’histoire. Parfois, les choses peuvent être si belles que vous souhaiteriez être là pour les voir, puis prendre un tournant différent. 

Il y a un moment dans le livre où M. Vane est entouré de crânes volants et allumés, qui tourbillonnant autour de lui dans le noir de la nuit. MacDonald donne vie à ces crânes à la réalité presque morbide et pourtant esthétique.

Bien écrit et inventif, j’ai beaucoup aimé lire Lilith. 

Bref, ce livre s’adresse à tout le monde, de 10 à 100 ans et +.

Permettez-moi d’insérer en vous disant que j’ai eu la chair de poule et les larmes après l’impressionnant conte et narration fantastique de MacDonald. Absolument Fascinant.

Je serais  heureuse  de discuter de ce livre avec toutes celles et tous ceux qui l’ont lu ! 

Le tissu de crin / Dr Jennifer Kerner / Mercure de France 

Le tissu de crin est un livre fin, pas seulement par le nombre de pages mais grâce à la complexité des personnages et de leurs subtilités.

Jennifer Kerner est docteure en préhistoire et spécialiste en archéologie funéraire.

C’est son premier roman qui annonce l’arrivée d’une nouvelle écrivaine, mot qui dans mon échelle, toute personnelle, est plus important qu’autrice.

Vous avez peut-être entendu parler de ce livre sur les ondes de France Culture et je ne peux que vous le recommander aussi chaudement que les chroniqueurs radio.

L’histoire se déroule dans les années 50 et a pour décors une grande maison de couture.

Les personnages principaux sont, Jean, un jeune mannequin cabine et Ida, la première d’atelier, femme seule d’une cinquantaine d’années. 

Le récit est fluide et l’écriture séduisante et prenante, on a envie de lire,  de tout savoir, phénomène cherché et obtenu avec les voiles de mystère qui parcourent les pages.

Sensualité et atmosphère Gothique parfaitement maîtrisées.

Un Amour, Gloire et Beauté mais intelligent et avec une histoire, plus que les émotions nous découvrons les sensations, les envies et  les côtés obscurs de la personnalité humaine.

L’expression d’un petit pouvoir qui se transforme en tyrannie pour celles et ceux qui ne peuvent pas se révolter.

Le roman parle d’emprise, de domination et des rapports de force professionnels et amoureux.

L’ambiance du luxe d’époque montre ses contradictions et le contraste entre le beau et l’affreux est profond, la rose montre bien ses épines dans les mots de Jennifer Kerner.

Je suis enchantée par le boléro de l’emprise qui nous montre avec un crescendo d’éléments comment elle s’installe et enfonce ses griffes.

Si ce roman était un habit, il serait une magnifique création de haute couture, millimétrée, fragile et en même temps éclatante et puissante.

À lire sans tarder ! 

Le Chant de la rivière / Wendy Delorme / Les éditions Cambourakis Collection Sorcières

J’ai lu ce livre parce que j’apprécie l’autrice et j’ai déjà lu d’elle « Viendra le temps du feu » de la belle collection Sorcières et encore car j’ai adoré la chronique de Camille Lucidi à propos de ce livre ( @lesvoyagesheures sur Instagram).

Je suis bien contente d’avoir suivi la voie et la voix qui me conduisaient vers Le Chant de la Rivière.

J’ai toujours été fascinée par les rivières, sources de vie et témoins du monde.

Le bruit calme, presque étouffé, ou rythmé par l’impétuosité de l’eau m’enchante comme toute manifestation de l’eau aux couleurs changeantes sans laquelle aucune vie ne serait possible.

Dans le livre de Wendy Delorme aussi, la rivière est une spectatrice du mondes des hommes dépositaire du passé et chargée de le transmettre..

Le texte est d’une grande force évocatrice, dense et ensorcelant, ce récit est celui d’un cours d’eau qui racconte une histoire d’amour passée qui était interdite. La même rivière est proche d’une femme en quête de réponses sur l’universalité de l’amour et sur la maternité.

Si l’élément de l’eau est protagonistes du livre

de Wendy Delorme, elle excelle dans la capacité de donner la parole à la nature dans ses différentes formes et représentations.

Ce récit nous berce comme la mélodie de l’eau qui s’écoule doucement.

L’épisode de vie d’une écrivaine à la recherche d’inspiration qui se retire dans une maison dans les Alpes Franco-Italiennes, devient le conte des passions interdites et des questionnements.

L’écriture de l’autrice est toujours envoûtante et captive immédiatement le lecteur qui est otage des mots qui suivent le cours du récit.

Livre à lire et l’occasion de lire aussi le précédent de l’autrice toujours chez Cambourakis, toujours excellent qui touche toujours au plus profond le lecteur et la lectrice.

Histoires de vent / Adelheid Duvanel / Éditions Corti 

Quelques mot sur l’autrice, qui est une voix particulière, entre littérature surréaliste, conte urbain et art brut dans l’écriture.

Elle est aujourd’hui culte et encore plus en Suisse alémanique.

Moins connue en France comme beaucoup d’artistes hors du commun hélas.

Dans « Délai de grâce », Adelheid Duvanel écrit ceci: « Norma est belle comme un vase porté par une main blanche et qui voudrait qu’on le laisse tomber ». Presque un auto-portrait. 

L’autrice après un vie de tourments intérieurs se suicida.

Adelheid Duvanel.

Ses écrits mélangent rêve et réalité, tiennent du conte, du récit surréaliste et cruel parfois, torture toujours. Avec des personnages solitaires et avec beaucoup de fêlures elle nous met face aux situations décalées de l’ordinaire. 

Angoisse et beaucoup d’humour aussi peuplent ses univers, souvent cinglants. Ses personnages n’ont q’un prénom et comme l’autrice des difficultés à vivre en société et à communiquer avec les autres.

Adelheid a connu l’asile psychiatrique, le repli sur soi et la vie à la marge de la société.

Elle est morte de froid dans un bois un été. Un suicide aussi surréaliste que sa vie et ses œuvres.

Cette poésie de la douleur de l’être et d’être est exprimée avec une maîtrise des écrit qui sort elle aussi de l’ordinaire.

Les textes de Adelheid Duvanel sont exquis et remplis du mystère qu’elle sait créer.

Histoires de vent » dévoile un peu plus le mystère entourant, l’écrivaine, publié postume. La puissance poétique radicale de sa langue fait de ce recueil un chef d’ouvre de l’une des voix les plus importantes non seulement de la littérature suisse du XXe siècle.

Cette édition est un recueil de courts textes, premier livre d’Adelheid Duvanel paru en 1980, donc posthume, et jusqu’ici inédit en français.

Ses personnages luttent contre l’emprise insurmontable des circonstances, trop idéalisées ou trop faibles pour s’insérer dans un contexte qui leur échappe et duquel ils s’évadent en rêve pour résister à la réalité.

Les cours récits sont des Instantanés de la marginalité furtive et changeante.

En connaissant la vie de l’artiste, la première histoire « Poète » nous interroge déjà : fiction ou personnage utilisé pour exprimer les sentiments et les angoisses de l’autrice ?.

Peu importe, ce qui compte vraiment, à mon avis est de connaître et faire connaître des musiciens et musiciennes des mots qui on effleuré le réel avec l’intensité d’un rêve et qui doivent trouver une belle place dans nos bibliothèques.

Ma reconnaissance de lectrice aux Éditions Corti car l’interrogation du monde se fait aussi grâce à ses grands auteurs et autrices trop oubliés.