Economix – Goodwin/Burr – les Arènes BD

Il y a 10 ans, je découvrais avec jubilation la première édition d’Economix.

Aujourd’hui je suis plus qu’heureux de voir qu’outre la couleur, 40 nouvelles pages l’ont enrichi pour décrypter l’actualité au prisme de l’économie.

Avec rigueur et humour, Goodwin et Burr permettent la transformation de n’importe qui en citoyen éclairé et ce à partir de l’age d’ouvrir une bd.

Ils démontrent que l’histoire de l’économie peut se transmettre avec le sourire, et c’est tant mieux tant les choix économiques peuvent faire pleurer.

Pourquoi certains journaux disent que Macron est devenu Stalinien en proposant de fixer des prix plancher aux agriculteurs, quel est le danger quand une entreprise affiche une opinion politique, comment peut-on être contre les économies planifiées tout en étant dépendant des subventions ?

Autant de questions qui trouvent leurs démonstrations dans les pages de ce livre.

Il devrait être obligatoire dés le lycée afin de ne plus voter sans comprendre de quoi on cause !

Un plan simple –  Scott Smith TYPHON – Collection Les Hallucinés 

Scott Smith est l’auteur de ce best-seller : A Simple Plan (1993) (Un plan simple), adapté au cinéma et réalisé par Sam Raimi en 1998. je vais chercher le film mais ce roman est tellement écrit en images, que j’arrive sans difficulté à voir les personnages agir dans le décor d’une petite ville agricole de l’état de l’Ohio. Un territoire tellement fermé qui est parfaitement adapté pour devenir, petit à petit la scène d’une histoire horrifique. 

L’intrigue de départ est intéressante et captivante. Hank, avec son frère et un ami, vont trouver 4 millions de dollars et décider de le garder. À partir de l’instant où ils prennent cette décision, l’univers morne et prévisible de Hank va vite changer..

L’ écriture est agréable à lire. Scott Smith commence d’abord par rendre les personnages attachants au lecteur, puis les emmène lentement, étape par étape, sur le mauvais chemin. C’est si magistralement réalisé que je les encourageais même lorsqu’ils commettaient les actes les plus odieux. En fait, (à mon avis), on passe du roman policier à celui de l’horreur. Et je suis resté là à justifier presque le protagoniste qui, dans n’importe quel autre contexte, serait l’antagoniste, moultes pages nécessitèrent pour que j’arrive à le blâmer et à sortir de cette zone grise de la condescendance.

Je recommande vivement ce livre aux  lecteurs de polars et thrillers. 

Le Dit d’Aka suivi de Le nom du monde est forêt – Ursula Le Guin – Robert Laffont 

 Collection Ailleurs & Demain 

Superbe édition cartonnée« hard cover » comme diraient les anglophones.

Le dit d’Aka est un roman beau et enthousiasmant. Il est intelligent et bien construit, les personnages sont solidement dessinés et le contenu de l’histoire est très riche.

Les enjeux se situent entre l’Oekumen , un gouvernement répressif, et une culture menacée qui résiste.

Le roman est subtil et profond avec des flash-back superbes de la situation de la terre à différents moments de son histoire .

La planète Aaka est le symbole d’une réalité possible.

Le nom du monde est forêt, que je ne connaissais pas, pour le premier, il s’agit d’une relecture très appréciée, est lui aussi superbe, c’est le texte où la force est maîtresse.

Un roman assez court, singulier si on le compare au reste de l’œuvre de l’auteure.

C’est le ton qui est particulier. Il y un degré élevé de violence, de cruauté.

Athshe est un monde forêt peuplé par des humanoïdes intelligents et assez primitifs ( les Créates ) , qui vivent dans une jungle tropicale.

Ce monde Vierge regorge de bois et de matières premières et il est l’objectif d’une volonté d’exploitation coloniale.

C’est peu dire que ce roman est une dénonciation du colonialisme: une analyse des situations qui découlent de l’inégalité des ressources et d’un système totalement inéquitable.

Le texte est très entraînant.

La violence, la révolte, et le mépris des cultures différentes sont décrites avec profondeur.

Quand la littérature de l’imaginaire livre un message fort avec une écriture fine, le lecteur se régale.

Livre à lire ou redécouvrir dans son nouveau format.

Olympus Texas / Stacey Swann / Le Seuil 

Olympus Texas ou comment découvrir un nouveau Panthéon grec.

Une saga familiale vraiment mythique.

La présentation et la couverture d’Olympus, Texas ont immédiatement attiré mon attention, mais je ne m’attendais à une histoire de famille plus typique, rien de bouleversant. Je pensais que j’allais vivre une histoire intéressante qui, je l’espérais, serait captivante mais que j’oublierais probablement peu de temps après. Je me suis incroyablement trompée. j’ai trouvé ce livre encore terriblement percutant. Non seulement l’histoire était excellente et les personnages impeccablement conçus, mais ce livre était une masterclass sur la psychologie des êtres fictifs qui existent depuis des millénaires sans être  exposés et expliqués de manière si simple.

Ce livre a réussi à ressembler à la fois à un drame grec et à une image vivante du sud des États-Unis. C’est aussi une réponse féministe incroyablement furieuse à tout ce qui ne va pas dans le monde de la mythologie grecque. Et, comme le dit le récit lui-même, cette famille est une collection ambulante de péchés capitaux ; et pourtant, malgré tous leurs défauts et toutes les façons dont ils se blessent si profondément, il y a là un véritable amour.

Chaque moment dramatique de cette histoire, qu’il se déroule dans le présent ou dans le passé, est le produit de la convoitise, de la jalousie ou de l’orgueil de l’homme. Non pas que les femmes ne soient pas coupables, mais Swann a fait un excellent travail en revenant aux sources mythologiques à cet égard. J’ai tout aimé d’Olympus, au Texas. Le décor était crédible, le développement des personnages était absolument époustouflant et les connaissances psychologiques sur ces personnalités intemporelles éclaireront ma vision d’elles pour toujours. Quiconque partage ma fascination pour la mythologie grecque ne devrait absolument pas laisser de côté Olympus, Texas. Mme Swann a passé douze ans à écrire ce livre. 

Un chef d’œuvre.

Ivre d’un grand rêve de liberté/Manouchian/Points poésie.

Aujourd’hui les Manouchian, accompagnés des autres résistants de l’Affiche Rouge, entrent au Panthéon.

Pour défendre notre Patrie, ils ont tout donné, même leur vie.

Communiste et poète, laisse un large recueil de poésies, une partie de ses écrits ainsi qu’une reproduction de la tristement célèbre Affiche Rouge, se trouvent dans cet ouvrage, en version bilingue.

Ce choix, d’édition bilingue, rappelle à nos mémoires que Missak et ses 23 camarades sont morts pour la France et pour la liberté.

Les poésies sont fortes et empreintes de lumière.

Ceux de l’Affiche Rouge, croyaient en un monde meilleur et ils l’ont écrit. Nous sommes la postérité qui est là grâce, aussi aux résistants étrangers et communistes, souvent oubliés.

 Un front uni de femmes et d’hommes se sont levés et ils ont dit NON à la barbarie.

Pour la liberté et le respect des droits et la liberté d’opinion.

Ils n’aimeraient pas voir des nouvelles guerres, des nouvelles morts inutiles.

Regardez bien la photo de la brigade partisane avant la lâche exécution, regardez bien leurs visages qui croyaient en la future humanité et l’homme nouveau.

Que le souvenir et le courage de dire non, à toutes les injustices nous accompagne.

Merci à Missak Manouchian, merci à toutes et tous les autres.

Missak Manouchian – Daeninckx/ Mako/ Osuch -Les Arènes BD/Ministère des armées

Alors que le 21/2 Manouchian entre au panthéon, les arènes BD/Ministère des armées sort une BD sur sa vie.

Une bande dessinée sur la bande de résistants d’origine arménienne dont Missak est le plus connu.

L’œuvre est magnifique, sombre comme l’époque, avec un grand souci du détail, les pages dédiées aux affiches contribuent a nous immerger dans l’atmosphère qui régnait alors.

La partie documentaire de Dénis Pechanski sur « les étrangers dans la résistance » finit d’édifier la conscience.

Une BD a lire et a relire !

Escape game : Pompéi – Le Monde

Ce jeux de résolution d’énigmes s’inscrit dans le désastre de l’éruption du Vésuve qui détruisit (et conserva sous la cendre) Pompéi.

Cela transforme presque ce qui n’aurait pu rester que des casse-têtes en un mini jeu de rôle pour s’échapper de la ville.

Agréable à jouer à partir de 3, le cadre historique donne de la matière à l’aspect ludique.

Un vrai bon moment entre amis.

Pour les faits – Géraldine Mulhmann – Les belles lettres

Les événements ont fait que je commençais ce livre « Pour les faits » de l’animatrice de l’émission « Avec philosophie » Géraldine Mulhmann (agrégée de philosophie et de science politique) alors que les ondes se remplissaient de débats autour de l’alerte de RSF sur l’absence de pluralisme d’une chaîne d’information, des « deep fakes » apparaissant dans la campagne présidentielle américaine, du licenciement de journalistes allemands remplacés par des IA.

Le « journalisme » est presque l’obsession de G. Mulhmann, journaliste elle-même (Diplôme de New-York), elle écrit depuis longtemps sur le sujet, et c’est avec un certain plaisir,que j’ai poursuivie par la lecture nos rendez-vous quotidiens de 10h.

Les « faits », ou plutôt les narrations autour des faits font l’objet d’attaques de toutes parts, et il me semble important de faire ce pas de coté que permet la philosophie pour mieux comprendre les enjeux de ce combat.

Ce recueil de textes sur la construction des faits est nécessaire aujourd’hui plus que jamais car il permet d’enrichir nos réflexions sur les représentations de la réalité que nous donnent les media.

Los Muertos – Eric Calatraba – La Trace

Éric Calatraba signe un très beau roman, écrit avec passion, on peut le percevoir, passion pour la vie, amour pour l’Espagne et respect pour Los Muertos. Le morts proches ou lointains.

Un détective privé réouvre un « cold case », la disparition d’une adolescente, à Perpignan, qui date de plus de 7 ans.

L’auteur écrit au début de la page 20 « une assiette de « Mantecaos ». Mon cœur lui est acquis et l’idée d’en préparer accompagne toute ma lecture et la rend plus douce ! J’adore ces biscuits sablés, parfumés à la cannelle ou au zeste de citron. Ces spécialités sont typiques de la pâtisserie andalouse.

Après la page 20 le roman garde toute sa saveur, une traversée de l’Espagne et une percée dans les souvenirs s’entremêlent avec justesse. Tout est dévoilé, petit à petit, avec la force des mots.

Los Muertos est un roman bien rythmé et prenant écrit avec un style clair et percutant.

Des personnages: nous connaissons assez d’éléments pour en comprendre les actions et imaginer les réactions.

J’ai envie de demander à l’auteur si son choix d’utiliser, parfois les marques, plutôt que les noms génériques des objets et une volonté de caractériser encore plus les personnes. C’est l’effet que cet artifice a sur moi.

Il me plaît vraiment ce roman des éditions La Trace, la quête d’introspection et celle de la recherche de Claire, la disparue, ont aussi une forte empreinte sociales avec les belles et résolues lignes dédiés aux réfugiés que la mer restitue aux plages espagnoles.Ici le réalisme est de mise.

Un roman limpide et très agréable à lire.

La petite histoire d’un homme trop grand

Nous sommes dans l’Europe de l’Est pour rencontrer Philibure qui rentre chercher sa mère. Nous le découvrons grand dans un monde où tout est tout petit lui.

La maison et les objets semblent plus adaptés à des Schtroumpfs qu’à lui 

Philibure semble être une pièce dans un trop petit échiquier.

En attendant sa maman ce géant au grand cœur amuse le public et l’émeut aussi. La magie du théâtre opère et nous nous retrouvons dans l’univers poétique et doux un grand enfant.

Le spectacle trouve la difficile et parfaite alchimie pour traiter et rendre légères des thématiques importantes et dures, comme la guerre, avec le plus grand respect.

La présentation de la pièce nous dit que :

« … La Petite histoire d’un homme trop Grand est un voyage entre deux mondes, celui des hommes, et un Autre, qui gratte les peurs d’adulte et réveille les cœurs d’enfants… »

Et ce parfait, superbe description du rôle de notre gentil « Pantagruel » (similitude juste pour la taille et l’esprit d’enfant).

Philibure, interprété par le comédien Charly Lanthiez est stupéfiant grâce à la merveilleuse  dualité entre la force et la douce vulnérabilité qu’il incarne.

À voir à partir de huit ans et jusqu’à l’infini et plus encore !  Cristina