La Pâqueline ou les mémoires d’une mère monstrueuse

Mot de l’éditeur :

Maudite année 1798 pour la Pâqueline ! D’abord le procès de son fils Victor, qui lui vaut une réputation ignominieuse. Et maintenant l’incendie de sa maison ! Réfugiée chez son rejeton, qui a fait fortune de son métier d’embaumeur et de trafics d’organes, exaspérée, elle accouche d’une idée diabolique : elle va lui jeter au visage les secrets dramatiques de son enfance, en couvrant les murs de ses écritures. Et ira jusqu’à le dépouiller de ses richesses…

Mais quelle est cette femme, qui suscite le dégoût autant que l’éclat de rire et l’émotion ? Et quel est donc ce roman extraordinaire, qui marie finesse et outrance, méchanceté et tendresse, érudition et imagination – jusqu’à l’apothéose finale ? Un chef-d’œuvre étonnant et drôle, qui porte la patte d’un très grand écrivain, assurément.

Biographie de l’auteur :

Après le succès de L’Embaumeur, prix Saint-Maur en poche et prix de la ville de Bayeux, Isabelle Duquesnoy nous livre le portrait d’une mère abominable, qu’on se surprendra étrangement à aimer, écrit dans une langue époustouflante, entre préciosité du XVIIIe siècle et démesure rabelaisienne. Un écrivain inclassable et majeur de ce début du XXIe siècle.

Notre avis :

J’ai été conquise par la brillante plume d’Isabelle Duquesnoy avec L’Embaumeur (prix Saint-Maur en poche).

L’horreur se mêlait déjà avec une parfaite et documentée histoire d’une époque.

La Pâqueline nous fait retrouver les personnages du précédent roman mais le livre peut être lu indépendamment.

J’ai apprécié chaque page, chaque ligne de ce récit qui révèle beaucoup d’éléments de l’histoire de Victor et de sa mère indigne.

La Pâquelline fait face aux conséquences du procès de son fils, elle perd sa maison, brûlée par ses voisins, élément déclencheur d’un plan diabolique pour se venger de sa progéniture et pour gagner de l’argent. Ses idées sordides sont de plus en plus écœurantes et comme dans un Boléro de Ravel du macabre nous plongeons dans un crescendo de cruauté.

Une survivante, une femme qui essaye de trouver sa place telle est notre protagoniste qui, avec son paon, rescapé de l’incendie, arpente les rues de la capitale de la fin du XVIIIᵉ siècle.

Terriblement blessée par la vie, la Pâqueline a besoin de communiquer son histoire pour exorciser son passé pour nous faire découvrir la fillette qu’elle était.

La demeure de son fils est le lieu de cette biographie écrite sur les murs de l’appartement.

Le final laisse la porte ouverte à une suite et comme Il semblerait qu’il n’ait jamais deux sans trois…

Un livre où l’humour de l’autrice imprègne les pages, un livre à lire, à savourer et à méditer. Tout ce que j’aime.

C’est un vrai plaisir de vous conseiller la lecture de cet ouvrage qui, vous l’avez compris, sort l’ordinaire.

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions de La Martinière 

Isabelle Duquesnoy
Extrait

Le Stradivarius de Goebbels

Mot de l’éditeur :

Un cadeau empoisonné

Le roman vrai de Nejiko Suwa, jeune virtuose japonaise à qui Joseph Goebbels offre un Stradivarius à Berlin en 1943, au nom du rapprochement entre l’Allemagne nazie et l’Empire du Japon. 

Le violon a été spolié à Lazare Braun un musicien juif assasiné par les nazis.

Nejiko n’arrive d’abord pas à se servir de l’instrument. Le violon a une âme. Son histoire la hante. 

Après-guerre, Félix Sitterlin, le narrateur, musicien de la brigade de musique des Gardiens de la Paix de Paris est chargé par les autorités de la France Libre de reconstituer l’histoire du Stradivarius confisqué. 

Il rencontre Nejiko qui lui confie son journal intime. 

Biographie de l’éditeur :

Yoann Iacono est né en 1980 à Bordeaux. Il a enquêté trois ans en France, en Allemagne et au Japon sur la personnalité trouble de Nejiko Suwa. Le Stradivarius de Goebbels est son premier roman.

Notre avis :

Attention chef d’œuvre !

Le Stradivarius de Goebbels, premier roman de Yoann Iacono, est tout comme les instruments musicaux du célèbre luthier, parfaitement exécuté.

Le livre se base sur l’histoire de Nejiko Suwa qui receva des mains du ministre de la propagande allemand un précieux violon le 22 février 1943. Son nom reste associé à son talent au Japon mais également à cette histoire.

Dans le Pays du Soleil Levant un film est dédié à la musicienne. Un cadeau qui est également un poison dans la vie de la jeune Nejiko.

Petit à petit les âmes du violon et de son précédent propriétaire feront irruption dans le jeu et la vie de la virtuose.

Nous connaissons bien l’obsession du Reich pour les œuvres d’art et l’énorme difficulté des juifs spoliés de leurs biens pour les récupérer. J’ai beaucoup aimé le livre et le film Monuments Men.

Le pillage d’instruments musicaux est moins connu.

Yoann Iacono a passé énormément de temps à se documenter et le résultat est au rendez-vous.

Un vrai régale, on ne s’ennuie pas une seconde.

Plume à découvrir et à suivre.

Je vous conseille aussi de lire De Wagner à Hitler : Portrait en miroir d’une histoire allemande de Fanny Chassain-Pichon.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Slatkine et cie

Yoann Iacono
Extrait

Extrait

Chronique express

Rythme de Guerre 1, Les archives de Roshar

Brandon Sanderson est l’un des maitres incontestés de l’Heroic-Fantasy vivants. Et, s’il s’est montré digne de finir le cycle de la Roue du temps du regretté Robert Jordan, il excelle dans la création d’univers magiques cohérents. On y retrouve la démarche scientifique de ses études, car il n’utilise pas les boules de feu, ou les rituels necromans mais chacun de ses cycles voient se developper une cohérence magique particulière : alchimique ou quasi-devique.

Rythme de Guerre 1, Les archives de Roshar-Livre IV:
Comment inviter à lire le dernier Sanderson des Archives de Roshar ? Si vous n’avez pas lu les 3×2 précédents tomes, qu’attendez-vous ? Sinon, précipitez-vous, il est disponible !
On y retrouve l’art de l’auteur à poursuivre plusieurs arcs narratifs avec autant d’intermèdes venant renforcer la trame de l’arrivée de la Grande Désolation. Nos héros ne seront toujours pas enfermés dans un rôle, mais devront affronter leurs doutes et lassitudes, se laisser transformer parce que « le voyage compte davantage que la destination ». La saga reste toujours aussi addictive et j’attends déjà avec impatience le tome 2. En tout cas les « sprenes » de la gloire et de la création continuent d’apparaitre autour de la plume de Brandon Sanderson.

❤️❤️❤️❤️❤️


Livres de Poche

Les archives de Roshar
La Voie des rois, Le Livre de poche, 2015 ((en) The Way of Kings, 2010)
Prix David Gemmell du meilleur roman de fantasy 2011
Le Livre des Radieux, Le Livre de poche, 2017 ((en) Words of Radiance, 2014)
Prix David Gemmell du meilleur roman de fantasy 2015
Justicière, Le Livre de poche, 2019 ((en) Oathbringer, 2017)

Le Dit du vivant

Mot de l’éditeur :

Je suis le Vivant. Le dernier d’entre nous. Quand j’aurai terminé mon ouvrage, je quitterai ce monde, laissant une trace secrète dans un repli du temps.

Un séisme au Japon met au jour une vaste sépulture. Sandra Blake, paléogénéticienne, se rend sur les lieux, avec Tom, son petit garçon, autiste. 

La datation du site archéologique plonge la communauté internationale dans la stupeur. Une civilisation jusqu’alors inconnue se révèle peu à peu, et met à bas toutes les connaissances acquises. Sandra et l’équipe de recherche qu’elle a constituée sont prises dans un suspense scientifique qui les dépasse… 

Construit en six parties, comme une séquence d’ADN – réunissant récits, journaux, chroniques, articles de presse et correspondances –, ce roman-monde est écrit à la manière d’une odyssée.

Biographie de l’auteur :

Denis Drummond d’origine franco-écossaise, est l’auteur de trois recueils de poésie et de cinq romans. La Vie silencieuse de la guerre (le cherche midi, 2019) a été distingué par le prix Révélation de la Société des gens de lettres.

Notre avis :

La couverture du roman de Denis Drummond est l’œuvre la plus célèbre de Hokusai. Composition qui utilise le Bleu de Prusse et qui melange tradition et innovation, La Vague valut à Hokusai un succès immédiat dans son pays, puis en Europe, où elle fut une des sources d’inspiration des Impressionnistes comme Paul Gauguin, Vincent Van Gogh, Claude Monet et Alfred Sisley.

Ce livre est aussi un mélange de tradition et innovation.

La texte est divisé en 6 parties qui nous livrent le récit, le journal de notre protagoniste, des échanges, des articles et des chroniques.

L’histoire commence avec Sandra Blake, paléo-généticienne qui va se rendre au Japon sur un site sépulcral dévoilé par un tremblement de terre dans le village d’Atsuma. Tom, son fils autiste l’accompagnera dans cette aventure qui bouleversera les connaissances et la vision du monde que nous tenons pour acquises. « Surtout, je m’attacherai à dire ce que nous avions appris de si nouveau qu’il nous fallait désormais désapprendre tant d’autres choses. » dit l’auteur et je trouve que cela synthétise bien l’esprit du roman.

J’ai particulièrement aimé Akira Ito, personnage qui perpétue la tradition de l’estampe japonaise, et sa famille qui jouera un rôle important dans le chantier et dans l’évolution de Tom.

Très intéressantes également les pages sur le Théâtre japonais nô et les articles et chroniques qui apportent un éclairage différent sur les éléments du récit principal.

Un livre idéal pour voyager au Japon, dans l’histoire et dans l’esprit de l’Homme.

Un roman poétique, une fiction qui captive le lecteur avec une trés belle écriture.

C’est intelligent et bouleversant.

D’une originalité absolue une lecture à découvrir et partager assurément.

❤️❤️❤️❤️❤️

Le Cherche midi

Dénis Drummond
Extrait
Extrait
Théâtre nô
Théâtre nô
Selon une étude, les ciels jaunes peints par l’anglais William Turner sont révélateurs des éruptions volcaniques et donc de la pollution de son temps. 

Le passeur

Mot de l’éditeur :

Quand on a fait, comme le dit Seyoum avec cynisme, « de l’espoir son fonds de commerce », qu’on est devenu l’un des plus gros passeurs de la côte libyenne, et qu’on a le cerveau dévoré par le khat et l’alcool, est-on encore capable d’humanité ? C’est toute la question qui se pose lorsque arrive un énième convoi rempli de candidats désespérés à la traversée. Avec ce convoi particulier remonte soudain tout son passé : sa famille détruite par la dictature en Érythrée, l’embrigadement forcé dans le camp de Sawa, les scènes de torture, la fuite, l’emprisonnement, son amour perdu…À travers les destins croisés de ces migrants et de leur bourreau, Stéphanie Coste dresse une grande fresque de l’histoire d’un continent meurtri. Son écriture d’une force inouïe, taillée à la serpe, dans un rythme haletant nous entraîne au plus profond de la folie des hommes.

Biographie de l’auteur :

Stéphanie Coste a vécu jusqu’à son adolescence entre le Sénégal et Djibouti. Elle vit à Lisbonne depuis quelques années. Le passeur est son premier roman.

Notre avis :

Stéphanie Coste avec Le passeur, son premier roman, violent et saisissant frappe fort.

La douleur, l’immense désarroi de tout un continent nous sont décrits avec le regard de Seyoum, passeur cruel et brutal, seul l’argent compte et le rêve d’une vie meilleure pour les migrants est le moyen d’en accumuler, exploiter la détresse est la norme, c’est juste un travail aucun sentiment pas d’exceptions, pas de considération pour ces familles qui n’ont plus rien à perdre et espèrent rencontrer un peu d’humanité dans un autre continent.

En lisant ce roman j’ai pensé à la série télé « Cheyenne et Lola » où les deux passeuses improvisées évoluent et trouvent une forme de conscience et d’envie de changer les choses.

Les nuances se dessinent petit à petit également pour Seyoum, nous découvrons son histoire avant son arrivée sur la côte libyenne, celle de ses parents et de son amour perdu.

Retrouver la femme qui était sa flamme, sa raison d’être, est pour le protagoniste du livre une aigre découverte.

L’attitude change pour cette dernière traversée de la saison si particulière, les dernières pages du livre sont surprenantes et glaçantes.

L’écriture laisse présager la naissance d’une autrice à suivre.

Je partage avec vous deux citations pour avoir une idée du style concis et original que vous trouverez dans ce texte de 130 pages :

« Je jette un coup d’œil sur le chat, pour lui piquer un peu de sa sérénité»

« Il n’y a jamais de lauréats au concours de la misère » 

Un romans terriblement réaliste qui nous plonge de l’autre côté du désespoir et que je conseille à toutes et à tous.

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard 

Stéphanie Coste
Extrait
Passeurs

Le Palais des deux collines

Mot de l’éditeur :

Faysal, Palestinien trentenaire, reçoit un mystérieux faire-part de décès. Mais qui est donc cette tante Rita ? Intrigué, il abandonne son amant et sa vie en Europe pour retourner à Jabalayn, son village natal. 

Dans le palais déserté de son enfance, il erre. Le passé resurgit, fastueux et lourd de secrets. Alors que plane la menace d’une annexion imminente, qu’une famille et un pays sont au crépuscule, l’esprit de Faysal bascule. 

Karim Kattan nous donne à lire un premier roman troublant, à la fois tendre et violent, qui explore les contradictions de l’engagement politique et de la mémoire. 

À l’ombre des amandiers en fleurs, se dévoile une Palestine devenue lieu de l’imaginaire, intime et insoumise.

Biographie de l’auteur :

Karim Kattan, né à Jérusalem en 1989, est un auteur palestinien. Il est docteur en littérature comparée. Son recueil de nouvelles, Préliminaires pour un verger futur, finaliste du Prix Boccace, a été publié aux éditions Elyzad en 2017.  Le palais des deux collines est son premier roman.

Notre avis :

Le Palais des deux collines, premier roman de Karim Kattan est un livre sur la recherche de la Paix, j’écris volontairement ce mot important et fort avec une majuscule.

Faysal installé en Europe mais Palestinien retourne dans son pays après la réception d’une mystérieuse lettre. Le protagoniste quitte son compagnon et part pour un voyage qui le conduira et nous amènera dans un tourbillon d’émotions décrites avec sensibilité.

Passé et présent s’alternent, réalité et cauchemars éveillés se succèdent.

Affronter les fantômes des souvenirs, dans une terre où l’espoir semble impossible à garder,  devient une mission incroyablement difficile. «  …ce pays est comme un chagrin d’amour. On guette la guérison…» dit l’auteur. Mais le salut n’arrive pas.

Faysal dans un pays où « Homo homini lupus est » prend tout son sens, cherche la paix intérieure étant dévasté comme ses contrées.

Un livre engagé qui dévoile la complexité humaine.

Un récit subtil et grave. Et quelle écriture ! l’auteur parvient à mettre de la poésie dans son histoire. Il en met en tous cas dans ses personnages avec un style brillant.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Le livre est édité par une maison d’édition, Elyzad qui fait un travail exceptionnel et a bien d’autres romans intéressants dans son catalogue.

Éditions Elyzad

« Le Palais des deux collines » en musique!

Karim Kattam
Extrait
Extrait

Billion Dollar Baby

Mot de l’éditeur :

Qu’il aurait une belle chance de naître au sein de la septième puissance mondiale, dans une belle et grande démocratie, au sommet de la pyramide du bien-être€¦ Prenant le parti de rire de l’effondrement écologique (pour ne pas en pleurer…) – Audrey Vernon poursuit dans la veine de Comment épouser un milliardaire. Elle approfondit son personnage de femme à l’air candide, presque nunuche, pour servir un texte ciselé et percutant montrant qu’un théâtre militant peut aussi être intelligent. Elle égrène ainsi les mille et un méfaits d’un capitalisme qui ravage la nature, asservit les plus pauvres et, surtout, promet à l’humanité une funeste alternative : mourir de chaud ou mourir de froid €¦ À nouveau femme d’un homme représentant le système dénoncé, elle met ici en scène les interactions avec son mari riche, énarque qui ne voit que des opportunités économiques dans les problèmes du monde, transforme tout en une novlangue qui repeint les mots en leur contraire.

Biographie de l’auteur :

Audrey Vernon, comédienne, a tourné pour Canal +, collaboré avec Eric et Ramzy, Omar et Fred, interprété Pinter au théâtre, écrit et joué cinq spectacles : Le Spectacle le plus drôle du monde, Comment épouser un milliardaire, Marx et Jenny, Chagrin d’amour et Fukushima.

Notre avis :

Après le succès planétaire de « Comment épouser un milliardaire » (traduit en 6 langues), voici qu’Audrey Vernon souhaite éclairer le bourbier dans lequel son futur enfant va naître.
Cette dernière pièce est disponible en livre faute de pouvoir l’applaudir sur scène.
Dans cette période où les théâtres nous sont interdit, où tant de ceux qui nous ont fait rire disparaissent, voir qu’une relève existe, que l’humour intelligent perdure est une consolation.
Audrey Vernon est une chimère, elle conjugue l’acidité de Guy Bedos, la loufoquerie de Pierre Dac, le désespoir de Pierre Desproges avec le sérieux universitaire de Thomas Piketty.
Cette lettre ouverte à « son enfant à naître » (comme l’on écrit pour une assurance vie) est un acte militant qui muscle toute la tête : des zygomatiques aux neurones. L’état de la planète, l’iniquité économique déclenche chez elle une prose habillée d’humour. L’autrice dénonce dans ce récit la débilité belliqueuse de nos civilisations sauvages (deux oxymores dans une seule phrase démontre l’effet régénérant sur la matière grise) Il y a du courage dans cette position, une résistance sans résignation digne d’un Churchill mais dans l’enveloppe de Rita Heyworth – qui, elle, a vraiment épousé un milliardaire.
Le texte de la pièce est suivi d’annexes de textes choisis de Arendt à Saint-Exupery en passant par Yourcenar, Orwell ou Zweig, ils permettent de renforcer les sujets dénoncés, comme l’engrais après un verre d’eau fraîche.
Passez par une libraire aussi vite que possible pour savourer un instant de lucidité tragi-comique avec ce « Billion Dollar Baby ».

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Éditions LIBRE

Audrey Vernon
Extrait

La dixième muse

Mot de l’éditeur :

Au cimetière du Père Lachaise, des racines ont engorgé les canalisations. Alors qu’il assiste aux travaux, Florent s’égare dans les allées silencieuses et découvre la tombe de Guillaume Apollinaire. En guise de souvenir, le jeune homme rapporte chez lui un mystérieux morceau de bois. Naît alors dans son cœur une passion dévorante pour le poète de la modernité. Entre rêveries, égarements et hallucinations vont défiler les muses du poète et les souvenirs d’une divinité oubliée : Florent doit-il accepter sa folie, ou croire en l’inconcevable ? Dans cet hommage à la poésie et à la nature, Alexandra Koszelyk nous entraîne dans une fable écologique, un conte gothique, une histoire d’amours. Et nous pose cette question : que reste-il de magique dans notre monde ?

Biographie de l’auteur :

Alexandra Koszelyk, née en 1976 à Caen en France, est écrivaine française. Elle est enseignante de français, latin et grec ancien. Elle vit et travaille en région parisienne.

Son premier roman À crier dans les ruines, a été publié en 2019 Aux Forges de Vulcain.

Notre avis :

J’ai découvert la plume d’Alexandra Koszelyk avec son magnifique premier roman À crier dans les ruines, la retrouver deux ans après est un vrai bonheur.

La dixième muse est un ouvrage d’une rare poésie.

Florent se retrouve face à la tombe d’Apollinaire au cimetière du Père-Lachaise, ce lieu si particulier qui accueille chaque année des millions de visiteurs et qui nous épate par ses étonnants jardins. Cet événement transforme un professeur d’allemand fraîchement agrégé, devant faire face au deuil de son père, en chercheur en quête d’informations sur Apollinaire et sa vie.

Le passé et le présent s’alternent, la réalité et une fantaisie recherchée et érudite nous transportent dans une fable splendide.

La nature est également très présente et le bruit des feuilles nous accompagne.

Quel talent ! un livre vraiment passionnant et envoutant qui nous fait presque toucher du doigt les personnages qui ont côtoyé le poète.

« Les scientifiques, comme les poètes, explorent les confins du monde et repoussent les limites du réel » dit l’autrice, les écrivains aussi. Un vrai plaisir de lecture. Je recommande vivement ce roman.

Je vous conseille si Apollinaire vous séduit de lire également :

APO le roman de Franck Balandier, Le Paris d’Apollinaire du même auteur aux Éditions Alexandrines.  Le vol de la Joconde de Dan Franck et pour les plus petits Virgule N° 127 Apollinaire le poète à découvrir.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Aux Forges de Vulcain

Alexandra Koszelyk
Extrait
Père – Lachaise

Kentukis

Mot de l’éditeur :

Le phénomène se propage rapidement aux quatre coins du globe. Tout le monde en parle, tout le monde veut en avoir un. Lapins, corbeaux, dragons… les kentukis sont de petits robots en forme de peluche, dotés d’une caméra et de trois roues mobiles qui leur assurent une certaine autonomie. Ils sont connectés au hasard à un utilisateur anonyme qui a acheté le droit de les habiter et qui peut se trouver n’importe où sur la planète. Voilà pourquoi ces créatures, qui errent désormais librement dans les maisons et les bureaux, ne sont pas complètement inoffensives : elles scrutent les conduites, enregistrent les conversations et interviennent constamment dans la vie des autres. Ainsi, une retraitée de Lima peut suivre les mésaventures d’une jeune femme allemande et se réjouir ou s’inquiéter de son sort ; un garçon du Guatemala peut se lancer dans une aventure en Norvège et voir la neige pour la première fois ; un jeune Italien, père fraîchement divorcé, peut combler le vide laissé par son ex-femme. Les possibilités sont infinies mais pas toujours très claires : outre la curiosité et la tendresse, le dispositif suscite de nouvelles formes de voyeurisme, d’obsession, de sexualité et de danger. Déployant une langue et un imaginaire que l’on compare à ceux de Shirley Jackson et de David Lynch, Samanta Schweblin emporte le lecteur dans une atmosphère hypnotique, aux frontières du thriller et de la science-fiction, et offre une histoire surprenante, sans point mort et radicalement contemporaine.

Biographie de l’auteur :

Née à Buenos Aires en 1978, Samanta Schueblin est une des voix les plus remarquées de la jeune génération latino-américaine. Elle vit aujourd’hui à Berlin. Ses recueils de nouvelles ont été primés dans de nombreux pays ; Toxique a reçu le prix Tigre Juan en 2015 et a été traduit en quatorze langues.

Notre avis :

Cette lecture m’a rappelé les Chroniques martiennes de Ray Bradbury – des histoires courtes liées au thème commun et explorant la connexion humaine. 

Divisé en chapitres brefs répartis dans différentes parties du monde, « Kentakis » est une techno dystopie à deux pas de notre monde actuel d’appareils intelligents qui pourraient nous espionner. Dans le texte de Samanta Schweblin, le must to have est appelé Kentucki des petits animaux électroniques qui ont l’air mignon et sont équipés d’une caméra et d’une option de contrôle à longue distance afin qu’ils puissent rouler et émettre des sons.

Voyeurisme pour tous donc ! c’est comme laisser un inconnu au hasard entrer dans votre maison. Il y a une histoire où l’habitant se révèle être pédophile. Parfois, les gens sont simplement curieux de connaître la vie des autres. Parfois, ils veulent juste être ailleurs dans le monde. 

Une lecture rapide, addictive et très imaginative qui se révèle également être une plongée étonnamment profonde et stimulante dans les problèmes éthiques auxquels nous sommes tous confrontés lorsque nous interagissons via les réseaux sociaux et d’autres technologies à distance.

Je vous recommande cette lecture et je vous informe que la production de Gizmo ou Grogou connectés, toute consciente que je suis des dangers, pourrait me faire céder !

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard 

Samanta Schueblin
Extrait
Extrait
Gizmo

Le Démon de la colline aux loups

Mot de l’éditeur :

Certains livres comme Sukkwan Island de David Vann, Le Jour des corneilles de Jean-François Beauchemin, L’Été des charognes de Simon Johannin, marquent durablement leurs lecteurs par leur écriture et ce qu’ils nous rappellent de la condition humaine. Premier roman qui ouvre l’année du Tripode, Le Démon de la Colline aux Loups est de ceux-là, un choc.

Un homme se retrouve en prison. Brutalisé dans sa mémoire et dans sa chair, il décide avant de mourir de nous livrer le récit de son destin. 

Écrit dans un élan vertigineux, porté par une langue aussi fulgurante que bienveillante, Le Démon de la Colline aux Loups raconte un être, son enfance perdue, sa vie emplie de violence, de douleur et de rage, d’amour et de passion, de moments de lumière… Il dit sa solitude, immense, la condition humaine. 

Le Démon de la Colline aux Loups est un premier roman. C’est surtout un flot ininterrompu d’images et de sensations, un texte étourdissant, une révélation littéraire.

Biographie de l’auteur :

Dimitri Rouchon-Borie est né en 1977 à Nantes. Il est journaliste spécialisé dans la chronique judiciaire et le fait divers. Il est l’auteur de Au tribunal, chroniques judiciaires (Manufacture des livres, 2018). Le Démon de la Colline aux Loups est son premier roman.

Notre avis : 

“Et tenebræ eam non comprehenderunt”

Et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas comprise, ces mots extraits du Prologue de Saint Jean m’ont accompagnée dans cette lecture.

Le texte est une descente aux enfers progressive mais la lumière est toujours là même dans la plus profonde obscurité.

Duke découvre son nom en allant à l’école et nous apprenons avec lui les multiples facettes du mal, la douleur et l’inéluctable destin marqué par des événements atroces décrits avec intensité et une force incroyable par l’auteur.

Cette lecture s’offre à nous comme une déchirure dévoilante.

Le Démon de la colline aux loups est un récit qui transporte le lecteur dans la tête de l’enfant puis de l’homme, impossible de ne pas ressentir sa souffrance, son incompréhension, le manque de mots pour tout comprendre et sa façon animale de répondre à une société qui a vu une enfance brisée mais pas assez vite pour agir et pour sauver cet être qui veut protéger et de peur de porter en lui le Démon, le mal il finira par le servir.

J’aimerais que le docteur près de l’école, celui qui donne des sucettes, puisse avec son stéthoscope, lire et guérir les blessures de l’âme.

Dans sa dernière prison/Purgatoire l’écriture est cathartique pour Duke ce prisoner candide qui éveille sa conscience. Je peux presque voir la machine à écrire prêtée par le directeur.

Dimitri Rouchon-Borie pour ce premier roman frappe fort, le style d’écriture est beau et déconcertant à la fois avec un ponctuation réduite au minimum qui rend ce texte encore plus fulgurant.

Un grand coup de cœur pour ce livre immersif et violent.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Le Tripode 

Dimitri Rouchon-Borie
Extrait
Extrait