“L’Entre-Deux-Mai” La crise d’ou nous venons 1968-1981


Je remercie ALMA Éditeur pour la mise à disposition de cette ouvrage.

Grâce à cet essai nous plongeons très vite dans celle qui est l’écriture d’une véritable et minutieuse histoire culturelle de la période qui. comme l’indique le sous-titre, va de 1968 à 1981.

Publié pour la première fois en 1983, l’édition actuelle est enrichie par une longue préface de l’auteur qui situe son oeuvre dans le présent avec la justesse et le savoir faire qui lui sont propres.

Je pense que la perception de ce livre peut changer avec l’âge du lecteur ou de la lectrice.
Personnellement je suis née à la fin de la période explorée et ça a été un plaisir de passer en revue tant d’éléments si proches dans les implication qui sont présentes de nos jours et pourtant si lointains chronologiquement.

La construction des Tours et du quartier de Front de Seine à Paris date de 1974, nous dit l’auteur, mais tout le quartier est bien là et nombreuses ont été les discussions récentes sur cette partie de la ville.
Pour une personne plus âgée que moi ce livre ravivera des souvenirs, pour un lecteur plus jeune que moi, il sera probablement vécu davantage comme un livre d’histoire uniquement.
Un ouvrage donc peut-être à lire en famille, justement pour voir le regard des différentes générations.
L’étude de Pascal Ory permet aussi plusieurs niveaux de lecture selon les connaissances spécifiques en historie, il peut séduire un complet déboutant qui ne manquera pas de trouver des pistes à approfondir.

Mon avis après lecture est en tout cas très favorable.
J’ai apprécié ce voyage qui revisite une période non négligeable de notre histoire en utilisant un prisme différent, j’ai aimé l’enquête détaillée et la capacité de dépasser le « tout est politique » issu de mai 68 avec une véritable quête de « tout est culturel » qui pourrait être un slogan pour l’essai de Pascal Ory.

Je proposerai la lecture de « L’Entre-Deux-Mai » sans hésitations.
À la fin de l’ouvrage on retrouve les mots qui ont été rajoutés au dictionnaire entre 1968 et 1981, cela m’a bien fait sourire.
Extra-terrestre est arrivé dans nos dictionnaires en 1980… parfait pour accueillir la sortie en 1982 de E.T. l’extra-terrestre réalisé par Steven Spielberg.

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ALMA Éditeur

Les chemins de la haine

Notre avis:

Les chemins de la haine d’Eva Dolan est un excellent roman policier anglais, avec des personnages attachants, une intrigue bien ficelée et rythmée.

La romancière remplit son livre de rebondissements et sait garder le lecteur en tension constante, difficile page après page de deviner ce qui va se passer ensuite, et comment tout est lié.

L’histoire commence avec la découverte d’un corps calciné dans l’abri de jardin d’une famille anglaise de la petite ville de Peterborough, au nord-est de Londres.

L’inspecteur Zigic et son adjointe, le sergent Ferreira sont chargés de l’enquête.

La victime est identifiée, l’homme brûlé vifs est un travailleur immigré, Jaan Stepulov, estonien en situation irrégulière.

Nos enquêteurs se rendent rapidement compte que l’affaire est plus compliquée qu’elle ne semble à première vue.

Au fur et à mesure que l’enquête avance ils côtoient les préjugés et les difficultés du quotidien des immigrés et des autochtones.

La vision d’un enfer Dantesque moderne se dresse vite à mes yeux.

« Laissez toute espérance, vous qui entrez » me parait approprié… car l’angoisse à pris le pas sur la solidarité.

Cette dénonciation sociale prend une place centrale dans le récit et nous découvrons que ce livre est aussi un roman sur l’immigration.

Eva Dolan utilise la narration d’un crime dans une ville, dans un microcosme pour en faire le symbole d’une situation globale que nous ne devons plus ignorer.

Peur de l’autre, exploitation, indifférence, tout est décrit avec sensibilité et grande finesse en évitant habilement le piège des lieux communs, je trouve qu’elle a un ton très juste dans sa manière d’écrire.

« Lupus est homo homini, non homo, quom qualis sit non novit » « Quand on ne le connaît pas, l’homme est un loup pour l’homme » La formule de Plaute (Comédie des Ânes 195 av J-C) , signifie que l’homme prend pour un loup l’homme qu’il ne connait pas. 

L’attitude que nous voyons de nos jours est bien la conséquence de la peur de tout ce qui est différent : Souffler sur ce type d’inquietude uni à l’échec des politiques libérales menées dans le Royaume-Uni depuis bien longtemps conduit à  l’esclavagisme moderne mis en exergue par l’auteure.

L’aspect social a joué un rôle important pour moi dans cette lecture qui ne se contente pas d’être un bon polars. 

Cette excursion à la découverte d’une frange de la société anglaise me rappelle la série de la BBC « Happy Valley » que je vous conseille aussi. 

Donc avoir dans le même livre un polar accompagné d’une vrai recherche sociologique sur les migrations, (sujet plus que d’actualité) est à mon avis une raison en plus pour faire un tour en librairie et revenir avec ce roman que je place sans difficulté dans la catégorie “incontournables”.

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Liana Levi