Ragnarok

La sortie du film éponyme a été l’occasion de rééditer cette saga de Thor par Panini Comics.
Ici les mythes nordiques pénètrent et fracassent l’univers Marvel dans la mise en abime du héros au marteau. A tel point qu’il fallut quelques années pour que Thor revienne.

C’est un album incontournable, un modèle des « comics à fond », qui donne envie de replonger dans les « edda » pour distinguer ce qui est d’origine ou du génie des scénaristes dans la réinterprétation du mythe de « Ragnarök » de l’apocalypse de feu et de glace.

Le trait de Di Vito sert magnifiquement l’épopée en usant  toutes les sortes de découpages possibles pour donner une énergie à des dessins justes, fins et superbement colorés par Villari.

Un « must have » pour comprendre l’avant et (bizzarement – mais on est dans le monde Marvel -) l’aprés Ragnarok !

 

❤️❤️❤️❤️

Panini Comics

 

Batman: le match Teshigori – Marini

Deux BD surprenantes démontrent que l’esprit comics n’est plus cantonné aux frontières des USA. Mondialisation oblige, deux Batman très différents sont sur les étals de fin d’année.
C’est un match France-Japon de l’interprétation du détective champion.

D’un coté un Batman, format 12,7×18, porté par Shiori Teshigori qui avait déjà dessiné les Chevaliers du Zodiaque (Saint Seya pour les connaisseurs).
Tout les codes du manga d’action sont là : destruction massive, intrigue avec declamation fulgurante, robots géants des « Mecha ».
Un mariage réussi qui plaira aux amateurs de bd japonaise.


De l’autre coté du ring : Batman, format 21×32,6 en mode Européen par Enrico Marini.
Là c’est plus le coté justicier détective qui est mis en avant dans un graphisme qui traduit bien l’atmosphère que l’on imagine de Gotham.
Tout y est, de l’humour décalé d’Alfred , de la plasticité et inconstance de Catwoman au désir de réparation de Batman.
Le traitement cyan pour rendre le brouillard de Gotham, les mouvements fluides dans un découpage cinématographique des combats de Batman, les expressions perverses du joker font que c’est un magnifique opus des aventures du chevalier noir que l’on pourra ranger en vitrine entre les Dark Knight de Miller et « V pour vendetta » de Moore et Loyd.

On ne va pas se la jouer Teddy Riner, les 2 méritent d’être lu, mais je dois reconnaître que le travail de Marini sur « Scorpion » ou « les Aigles de Rome » confine au chef d’oeuvre dans « Batman- The Dark prince Charming »

 

❤️❤️❤️❤️❤️ (❤️)

 

Desproges par Desproges

Que dire de ce superbe, exhaustif, tendre, drôle, et magnifiquement illustré premier pas  des éditions du courroux qu’est « Desproges par Desproges » ?

D’abord que je ne sais pas où le ranger, j’hésite à le mettre dans la bibliothèque, auprès de Cavanna et Daudet ou simplement toujours à portée de main pour le rouvrir en cas d’attaque de médiocrité des turpitudes de la vie.

Perrine, sa fille et la « polisitesse » de la Merveille nous livre avec un impudeur complète la jeunesse, les joies, les doutes de Pierre Desproges ainsi que son amour total pour sa belle Hélène.

Ce ne sont pas des photos et autres anecdotes choisies façon « point du vue-images du monde », mais l’intimité réelle du trublion que nous pouvons découvrir et partager.

Tout ce qui concourt à la construction de Desproges : ses espoirs ; ses peurs ; ses détestations ; son cheminement d’auteur se trouvent réuni dans un magnifique album de famille.

C’est le cadeau incontournable pour votre belle-mère qui ne rie qu’au blagues de toto pour qu’elle s’interroge enfin, pour votre neveu boutonneux qui croit être le premier à critiquer le monde, ou pour votre amour tant les lettres de Pierrot à Hélène font passer « Roméo et Juliette » pour le bal des imbéciles, pour vous même afin de reprendre une sucée d’auto-dérision et de sourire en reculant la fin.

Ce livre est plus de 339 pages de sincérité à partager sans modération.
( 39€ soit 11 centimes la page, donc enfin au même prix que la plupart des livres de Bedos)

 

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Éditions  du courroux