Madame S

Mot de l’éditeur : 

Le destin exceptionnel de Marguerite Steinheil, intrigante maîtresse de Félix Faure, ni coupable ni victime. Cataloguée « putain de la République », accusée de meurtre, traînée dans la boue, le traitement de Madame S. par la justice puis par l’histoire en dit long sur notre rapport à la sexualité, au pouvoir et à la liberté des femmes.

L’anecdote est célèbre : alors que le président Félix Faure agonise, sa  » connaissance  » s’est sauvée par l’escalier de service. Cette mort en épectase va changer le cours de l’affaire Dreyfus et bouleverser le destin de celle que l’on surnomme depuis la  » pompe funèbre « … 

Intriguée par cette  » putain de la République « , une journaliste recluse décide d’enquêter sur cette si mystérieuse Madame S. et sur les secrets d’un État français toujours aux prises avec les mêmes démons : antisémitisme, antiféminisme, petits arrangements entre amis et journaux avides de scandales. 

Sylvie Lausberg livre un passionnant thriller historique sur les traces volontairement effacées de Marguerite Japy-Steinheil, personnalité troublante qui sauvera sa tête grâce à un art virtuose du mensonge, un charme dévastateur et une profonde intelligence politique, restés ensevelis sous des torrents d’injures misogynes qui en disent long sur notre rapport au sexe, au pouvoir et aux femmes qui en jouent.

Biographie de l’auteur :

Sylvie Lausberg est historienne, diplômée de l’Université Libre (laïque) de Bruxelles et psychanalyste (Le Questionnement psychanalytique, www.questionnement.be), je dirige à Bruxelles le département Etude & Stratégie du Centre d’Action Laïque.

Pendant (1987-2002) et après ma carrière de journaliste dans la presse écrite et à la Radio-Télévision belge, j’ai publié de nombreux essais, articles et ouvrages sur notre rapport à l’autre, les femmes dans l’histoire, le sexisme, le féminisme, mais également sur l’antisémitisme. 

Entre 2007 et 2012, j’ai conçu des expositions internationales, ainsi que leurs catalogues, sur les relations entre juifs et musulmans au Maroc et ensuite sur les relations entre le Maroc et l’Europe. 

J’ai aussi réalisé deux moyen métrage à destination du grand public ; le premier sur l’histoire du droit à l’avortement en Belgique, le second sur la déportation des Juifs de Belgique et la rafle du 3 septembre 1942 à Bruxelles.

Impliquée dans la transmission d’un savoir scientifique au plus grand nombre, je participe régulièrement à des émissions de radio ou de télévision sur les sujets qui me tiennent à coeur. Ces enregistrements sont également disponibles sur le site. 

Sur le plan institutionnel, je suis vice-présidente du Conseil des Femmes Francophones de Belgique (CFFB) et Présidente de la Commission « Ethique »

Membre du Conseil fédéral de l’Égalité des chances entre les Femmes et les Hommes depuis 2009 (cf. dernière nomination par A.R. du 27 novembre 2012)

Chargée de séminaire à l’Ecole de Santé Publique (ULB) – Formation continue « Élucidation de la pratique psychanalytique » à destination des psychologues actifs dans les centres de santé mentale, centres de planning, etc.

Conférencière invitée à l’UCL en Master en Psychologie, depuis l’année académique 2012-2013, sur l’accès à l’IVG en Belgique et sur les inégalités entre hommes et femmes en Belgique.

Notre avis :

Une journaliste entre deux affectations loue la maison de Séverine, à Pierrefonds, résidence qu’elle avait baptisée « Les Trois marches » en souvenir de l’hôtel de Rennes, où elle demeurait pendant le procès en révision de Dreyfus en 1899. Le lieu de vie de Séverine, journaliste et féministe, unique femme présente au procès de Madame S. pour le meurtre de sa mère et de son époux Adolphe, inspirera notre narratrice dans ses recherches sur Marguerite Steinheil maîtresse de Félix Faure, le Président décédé le 16 février 1899, dans ses bras, ou, pour être plus précis, dans son lit.

« Il voulait être César, il a fini Pompée » se serait moqué Clémenceau. L’histoire de cette mort et celle de la vie de cette femme complexe apparaît, au fil des pages de la passionnante reconstruction de Sylvie Lausberg comme un peu plus intriquée.

Le livre est passionnant, le lecteur est transporté dans les conspirations des salons parisiens à une époque d’obscurs complots et de changement profonds.

L’affaire Dreyfus est une pièce importante dans cette œuvre, tout comme l’a été dans la réalité politique dominant les chroniques et divisant les français.

Grâce à un travail de recherches historiques rigoureux et étendu, Sylvie Lausberg propose des hypothèses et trouve des éléments qui donnent vie à Mme S. et à l’incroyable “roman de sa vie », le talent de l’autrice est remarquable quand il s’agit de ciseler la psychologie des personnages qui ont pris part aux intrigues qui nous sont révélées.

À lire absolument !

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Slatkine et cie

Sylvie Lausberg
Le livre
Extrait
Marguerite Steinheil
Séverine, pseudonyme de Caroline Rémy
Le lieu des faits : 6 bis impasse Ronsin à Paris
Félix Faure
Journal de l’époque
Journal de l’époque
Journal de l’époque
Dreyfus
J’Accuse…!

Dry Bones

Mot de l’éditeur :

La découverte d’un énorme T.rex parfaitement conservé est une excellente surprise pour le comté d’Absaroka. En revanche, la découverte du corps du rancher cheyenne Danny Lone Elk, propriétaire des terres où git le dinosaure, est une sacrée mauvaise nouvelle pour le shérif du coin, Walt Longmire. D’autant que les ossements du monstre préféré d’Hollywood sont estimés à des millions de dollars, ce qui crée bien des complications juridiques. Lorsque le FBI s’en mêle, Walt a peu de temps pour découvrir à qui profite la mort de Danny. Il fait donc appel à ses fidèles amis, le vieux shérif Lucian Connally et l’infatigable Indien Henry Standing Bear, et se lance dans une poursuite périlleuse et imprévisible.

Biographie de l’auteur ;

Craig Johnson a exercé des métiers aussi divers que policier, professeur d’université, cow-boy, charpentier et pêcheur professionnel avant de s’installer définitivement dans l’Ouest, sur les contreforts des Bighorn Mountains, dans le Wyoming. Il est l’auteur de la série Walt Longmire qui fait l’objet d’une adaptation télévisée et remporte un énorme succès aux Etats-Unis.

Notre avis :

Dry Bones de Craig Johnson marque le retour du shérif Walt Longmire et de son équipe.

Le chien de Jennifer Watt est responsable de  « l’une des plus grandes découvertes paléontologiques des temps modernes ». Nommé en l’honneur de Watt, « Jen », le plus grand et le plus complet des Tyrannosaurus rex jamais trouvé, a été découvert dans le comté d’Absaroka, dans le Wyoming, causant toutes sortes de problèmes à Longmire. Le musée des dinosaures des Hautes Plaines semble avoir découvert un trésor, jusqu’à ce que Danny Lone Elk, le Cheyenne propriétaire du terrain où Jen a été découvert, soit retrouvé mort et qu’il n’y ait aucune preuve de son accord avec le musée. Au lieu de cela, sa famille, la tribu et le ministère de la Justice revendiquent tous Jen. Et, le FBI enquête sur la collecte illégale de fossiles et la vente de biens de l’État. Walt n’a vraiment aucune patience avec le procureur adjoint qui a soif de publicité. Longmire doit enquêter sur un meurtre et il aimerait faire quelques progrès avant que sa fille, Cady, n’arrive de Philadelphie avec sa petite-fille de cinq mois, Lola. Mais la famille de Danny est peu coopérative, alors que l’attention des médias sur Jen continue de grandir. Longmire se tourne vers de vieux amis, pour l’aider à effectuer une recherche massive et efficace dans le comté. Le shérif a besoin de réponses concernant le meurtre de Danny Lone Elk, d’une vérité qui, espérons-le, pourrait aider à « sauver Jen ».

Comme toujours, l’écriture de Johnson est agréable.

L’humour accompagne les aspects sérieux du travail de Longmire.

C’est une histoire d’amour et de vengeance, de loyauté et d’avidité. Et c’est encore une excursion scintillante dans le comté d’Absaroka avec notre shérif.

Les personnages sont très bien développés, décrits avec soin, à commencer par le protagoniste. 

Dry Bones est un livre à recommander.

❤️❤️❤️❤️❤️

Editions Gallmeister

Craig Johnson
Le livre
Wyoming
T rex
Série Longmire

L’imitation de Bartleby

Mot de l’éditeur :

Le 29 juillet 2010, à Zurich, Michèle Causse, théoricienne féministe et traductrice, a choisi de dénaître en mourant par suicide assisté le jour de son anniversaire. Se pourrait-il qu’existe un lien entre sa mort et celle du personnage du livre Bartleby le scribe qu’elle avait traduit en français ? Telle est la question qui travaille le narrateur, un étudiant en théologie qui commence à bien connaître les Evangiles, où il a lu cette phrase : Cherchez et vous trouverez.

Biographie de l’auteur :

Julien Battesti est né en 1985 à Ajaccio. L’imitation de Bartleby est son premier livre.

Notre avis :

Le titre de ce premier roman de Julien Battesti, L’imitation de Bartleby, fait référence au célèbre manuscrit l’Imitation de Jesus-Christ et au marquant personnage de Melville, nous allons, après avoir fait connaissance avec le narrateur, rapidement en comprendre les raisons. 

Celui qui nous accompagnera dans la traversée des pages de cet étonnant livre est un étudiant en théologie bloqué dans son appartement à cause d’un problème au dos survenu soudainement mais long à soigner.

Tout s’amplifie dans cette nouvelle vie de tortue sur le dos et la recherche d’un livre évoqué par une amie, le conduira, les voies de Google étant infinies, sur une toute autre piste : une vidéo de Michèle Causse, traductrice, ( entre autres de Primo Levi et de Herman Melville ) écrivaine, lesbienne et militante féministe. Elle avait choisi de mourir, le jour de son anniversaire, assistée par l’association Suisse Dignitas, à l’âge de 74 ans. Le film en streaming qui montre les derniers instants de Causse sera le point de départ,  pour le jeune théologien, d’un voyage dans l’œuvre de Melville, Bartleby le scribe, et une incursion dans la vie de l’iconoclaste Michèle Causse. À la recherche de la relation possible entre le commis aux écritures de Wall Street et le choix de decider le moment de sa mort opéré par Michèle Causse.

La traductrice ne trouvait plus «  The meaning of life » tout en étant en bonne santé.

Bartleby était, selon l’auteur, un Moise qui a perdu confiance en la vie, seul et mis à l’écart par la société.

Après les recherches et l’affirmation de sa vision, le protagoniste terminera son exploration à Zurich où il se rendait pour visiter l’association Dignitas.

Des sujets sensibles évoqués avec un language riche et un regard délicat.

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard 

Julien Battesti
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Michèle Causse
Le film Exit
Herman Melville
Bartleby et autres textes traduits par Michèle Causse
À lire aussi !

Un oiseau de nuit à Buckingham

Mot de l’éditeur :

La reine d’Angleterre, quatre-vingt-dix ans, s’est endormie dans sa chambre de Buckingham Palace, entourée de ses corgis – en peluche. Elle s’éveille en sursaut. Assis sur son lit, un homme. Qui est-il ? Que lui veut-il ? S’instaure un dialogue entre deux êtres que tout sépare. Le temps d’une nuit, la reine dépose sa couronne et délie sa parole. « Nous sommes tous des prisonniers », réplique-t-elle à cet homme entravé. Sommes-nous libres ? Vivons-nous enchaînés à notre destin ? Un dialogue à bâtons rompus entre émotion et fantaisie, souvent surréaliste, so british. Cette nuit magique, inspirée d’un fait réel, est une parenthèse rêvée et folle, une invitation à vivre pleinement sa vie.

Biographie de l’auteur :

David Lelait-Helo est l’auteur de nombreuses biographies, de recueils de sagesse et de cinq romans aux éditions Anne Carrière. En 2018, il a publié avec Line Renaud, aux éditions La Martinière, Line Renaud, mes années Las Vegas.

Notre avis :

Très joli livre de David Lelait-Helo, Un oiseau de nuit à Buckingham se lit avec bonheur.

Paul Scarborough le 24 décembre 2016 décide, choqué par le vote sur le Brexit, ( et oui plus que jamais actuel comme sujet … ) de rencontrer Elisabeth II.

L’inspiration pour ce roman est liée à Michael Fagan qui en 1982 s’était introduit dans la chambre de la reine d’Angleterre.

Notre personnage se retrouvera propulsé dans un échange nocturne divertissant et imaginatif avec sa majesté.

Nous retrouvons les talents de biographe de l’auteur qui décrit très bien la vie de la reine. Il propose aux lecteurs des informations et des anecdotes sur le long règne de Lilibeth.

Un monarque constitutionnel, censé représenter tous ses sujets, se doit d’être aussi « super partes » que discret.

Une personne, comme notre « oiseau de nuit » qui subit son existence est réduite au silence par ses choix.

Ce roman est une invitation à reprendre en main son destin, même si les situations désagréables se succèdent, et à sortir des cages de tous les types.

Un conte divertissant et gracieux.

❤️❤️❤️❤️❤️

Editions Anne Carrière

David Lelait-Helo
Le livre
Extrait
Extrait
Extrait
Couronnement de la reine Elisabeth II
Statuette
Tenue post Brexit aux couleurs de l’Europe
Série télé basée sur la vie d’Elisabeth

À crier dans les ruines

Mot de l’éditeur :

Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan sont deux adolescents qui s’aiment. Ils vivent dans un pays merveilleux, entre une modernité triomphante et une nature bienveillante. C’est alors qu’un incendie, dans la centrale nucléaire, bouleverse leur destin. Les deux amoureux sont sépares. Lena part avec sa famille en France, convaincue qu’Ivan est mort. Ivan, de son côté, ne peut s’éloigner de la zone, de sa terre qui, même sacrifiée, reste le pays de ses ancêtres. Il attend le retour de sa bien-aimée. Lena grandit dans un pays qui n’est pas le sien. Elle s’efforce d’oublier. Un jour, tout ce qui est enfoui remonte, revient, et elle part retrouver ce qu’elle a quitté vingt ans plus tôt.

Biographie de l’auteur :

Alexandra Koszelyk est née en 1976. Elle enseigne, en collège, le français, le latin et le grec ancien.

Notre avis :

Alexandra Koszelyk nous plonge, avec son  splendide roman dans la mémoire collective d’une des plus grandes catastrophes de la fin du XX siècle, l’explosion du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

La tragédie est vue avec les yeux de Léna et d’Ivan qui ont 13 ans au moment de l’incendie, ils sont depuis leur enfance des êtres inséparables et l’éloignement imprévisible et soudain provoque une souffrance extraordinaire à la hauteur de leur lien exceptionnel.

Elle part vivre en France, lui reste et tente comme la nature de se reconstruire pas après pas en espérant revoir un jour son amour.

Léna, convaincue de la mort d’Ivan, tente de refaire sa vie en Normandie et à Paris, comme ses parents lui demandent. Elle a besoin des livres, de la littérature, de l’histoire et des mythes, c’est un bonheur de suivre les citations et les choix avisés de l’autrice pour accompagner la jeune fille et la jeune femme dans son évolution.

Les coquelicots de la belle couverture de cet ouvrage se retrouvent aussi dans le récit, j’espère que vous aimerez ce beau symbole et les autres qui parsèment le roman et que l’autrice utilise avec subtilité.

Le cycle de la vie continue et 20 ans après  la tragédie Léna retrouvera sa ville natale, Pripiat, aujourd’hui destination touristique qui rappelle quelques part Pompei.

Elle retrouve aussi son Ivan et le chemin interrompu peut recommencer.

En juin 2019 la série Chernobyl a allumé, ( tout comme le nouveau sarcophage du réacteur 4 terminé en 2018 ) les projecteurs sur une page d’histoire de l’Ukraine, de l’ancienne URSS et de l’humanité.

Chernobyl est devenue la série la mieux notée de l’histoire de la fiction pour la télé. Elle transporte le spectateur au cœur de l’accident avec un réalisme impressionnant et des questionnements sur les agissements des autorités de l’époque que nous retrouverons aussi dans le livre.

Émouvant et fort, le texte d’Alexandra Koszelyk est de ceux que nous avons envie de relire pour saisir un détail qui nous aurait échappé et pour retrouver les passages captivants et bouleversants qui nous ont transportés au fil des pages.

Un livre à lire, à savourer et à méditer !

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Aux Forges de Vulcain

Merci à l’éditeur pour cette belle lecture

Alexandra Koszelyk
Le livre
Extrait
Tchernobyl
Tchernobyl
Tchernobyl
Pripiat
Pompei
Coquelicots ( Monet )
La série

POÈME À CRIER DANS LES RUINES, PAR LOUIS ARAGON.

Tous deux crachons tous deux

Sur ce que nous avons aimé

Sur ce que nous avons aimé tous deux

Si tu veux car ceci tous deux

Est bien un air de valse et j’imagine

Ce qui passe entre nous de sombre et d’inégalable

Comme un dialogue de miroirs abandonnés

A la consigne quelque part Foligno peut-être

Ou l’Auvergne la Bourboule

Certains noms sont chargés d’un tonnerre lointain

Veux-tu crachons tous deux sur ces pays immenses

Où se promènent de petites automobiles de louage

Veux-tu car il faut que quelque chose encore

Quelque chose

Nous réunisse veux-tu crachons

Tous deux c’est une valse

Une espèce de sanglot commode

Crachons crachons de petites automobiles

Crachons c’est la consigne

Une valse de miroirs

Un dialogue nulle part

Écoute ces pays immenses où le vent

Pleure sur ce que nous avons aimé

L’un d’eux est un cheval qui s’accoude à la terre

L’autre un mort agitant un linge l’autre

La trace de tes pas Je me souviens d’un village désert

A l’épaule d’une montagne brûlée

Je me souviens de ton épaule

Je me souviens de ton coude

Je me souviens de ton linge

Je me souviens de tes pas

Je me souviens d’une ville où il n’y a pas de cheval

Je me souviens de ton regard qui a brûlé

Mon cœur désert un mort Mazeppa qu’un cheval

Emporte devant moi comme ce jour dans la montagne

L’ivresse précipitait ma course à travers les chênes martyrs

Qui saignaient prophétiquement tandis

Que le jour faiblissait sur des camions bleus

Je me souviens de tant de choses

De tant de soirs

De tant de chambres

De tant de marches

De tant de colères

De tant de haltes dans des lieux nuls

Où s’éveillait pourtant l’esprit du mystère pareil

Au cri d’un enfant aveugle dans une gare-frontière

Je me souviens

Je parle donc au passé Que l’on rie

Si le cœur vous en dit du son de mes paroles

Aima Fut Vint Caressa

Attendit Épia les escaliers qui craquèrent

0 violences violences je suis un homme hanté

Attendit attendit puits profonds

J’ai cru mourir d’attendre

Le silence taillait des crayons dans la rue

Ce taxi qui toussait s’en va crever ailleurs

Attendit attendit les voix étouffées

Devant la porte le langage des portes

Hoquet des maisons attendit

Les objets familiers prenaient à tour de rôle

Attendit l’aspect fantomatique Attendit

Des forçats évadés Attendit

Attendit Nom de Dieu

D’un bagne de lueurs et soudain

Non Stupide Non

Idiot

La chaussure a foulé la laine du tapis

Je rentre à peine

Aima aima aima mais tu ne peux pas savoir combien

Aima c’est au passé

Aima aima aima aima aima

0 violences

Ils en ont de bonnes ceux

Qui parlent de l’amour comme d’une histoire de cousine

Ah merde pour tout ce faux-semblant

Sais-tu quand cela devient vraiment une histoire

L’amour

Sais-tu

Quand toute respiration tourne à la tragédie

Quand les couleurs du jour sont ce que les fait un rire

Un air une ombre d’ombre un nom jeté

Que tout brûle et qu’on sait au fond

Que tout brûle

Et qu’on dit Que tout brûle

Et le ciel a le goût du sable dispersé

L’amour salauds l’amour pour vous

C’est d’arriver à coucher ensemble

D’arriver

Et après Ha ha tout l’amour est dans ce

Et après

Nous arrivons à parler de ce que c’est que de

Coucher ensemble pendant des années

Entendez-vous

Pendant des années

Pareilles à des voiles marines qui tombent

Sur le pont d’un navire chargé de pestiférés

Dans un film que j’ai vu récemment

Une à une

La rose blanche meurt comme la rose rouge

Qu’est-ce donc qui m’émeut à un pareil point

Dans ces derniers mots

Le mot dernier peut-être mot en qui

Tout est atroce atrocement irréparable

Et déchirant Mot panthère Mot électrique

Chaise

Le dernier mot d’amour imaginez-vous ça

Et le dernier baiser et la dernière

Nonchalance

Et le dernier sommeil Tiens c’est drôle

Je pensais simplement à la dernière nuit

Ah tout prend ce sens abominable

Je voulais dire les derniers instants

Les derniers adieux le dernier soupir

Le dernier regard

L’horreur l’horreur l’horreur

Pendant des années l’horreur

Crachons veux-tu bien

Sur ce que nous avons aimé ensemble

Crachons sur l’amour

Sur nos lits défaits

Sur notre silence et sur les mots balbutiés

Sur les étoiles fussent-elles

Tes yeux

Sur le soleil fût-il

Tes dents

Sur l’éternité fût-elle

Ta bouche

Et sur notre amour

Fût-il

Ton amour

Crachons veux-tu bien

Extrait de La grande gaieté (1929).

À l’épreuve de la violence. Beauvau 2014-2015

Mot de l’éditeur et de l’auteur :

« Au moment où j’entre Place Beauvau, je ne sais pas à quel point je resterai marqué, à tout jamais, par la succession des tragédies qui viendront endeuiller le pays, en donnant au ministère de l’État, sa dimension de citadelle profondément humaine. 

Dans mes pensées, le pressentiment des heures sombres à venir a laissé place, peu à peu, aux certitudes. La question n’est plus de savoir si les éléments se déchaîneront, ou si par miracle nous serons épargnés, mais bien de deviner quand le tonnerre grondera, après que la foudre se sera abattue sur nous. »

B. C.

Confronté au quotidien à toutes les violences – terroriste, verbale, psychologique –, Bernard Cazeneuve a dû tenir le cap et rassurer les Français. Mais, du drame de Sirvens avec la mort de Remi Fraisse aux attentats qui ont endeuillé la France, en passant par les soubresauts de la crise migratoire et les nécessaires réformes à mener, notamment celle du renseignement intérieur, celui qui restera comme un très grand ministre de l’Intérieur ne nous cache rien des moments d’anxiété et de solitude qu’il a dû aussi affronter. 

Ce témoignage passionnant et profondément sincère sur la vie et l’action d’un ministre de l’Intérieur – quand, à chaque minute, il faut faire face à des situations politiques et humaines inédites – est aussi un récit tendu, très finement écrit, qui se lit d’une traite.

Biographie de l’auteur :

Longtemps député-maire de Cherbourg, Bernard Cazeneuve a été ministre de l’Intérieur d’avril 2014 à décembre 2016. Sur son passage comme Premier ministre à Matignon il a écrit Chaque jour compte, paru chez Stock en octobre 2017.

Notre avis :

A l’épreuve de la violence, tome où  Bertrand Cazeneuve revient sur ses années de Ministre de l’Intérieur Place Beauvau d’avril 2014 à décembre 2015 est le premier de deux volumes.

Le deuxième volet est en cours d’écriture.

Un récit très personnel, posé et respectueux même quand il s’autorise quelques piques dirigées vers ses amis politiques ou ses adversaires.

La bienveillance n’empêche pas la raison : pour Cazeneuve la piste de la déchéance de nationalité après les attentats de novembre 2015 a été «une erreur funeste dont le coût moral et politique fut élevé»

Une lecture qui trace la vision de l’ancien ministre sur les événements et les émotions personnelles qui accompagnent sa difficile fonction.
Cet ouvrage nous permet de mieux saisir l’organisation interne de la Place Beauvau avec ses codes et ses règles mais en plus des aspects politiques qu’il décrypte, c’est un texte profondément humain, une intéressante introspection.
Ce retour vers une époque encore très proche est agréable à lire.

❤️❤️❤️❤️

Stock 

Bernard Cazeneuve
Le livre
Extrait
Extrait
Dédicace du livre à Paris

Victoria : Reine d’un siècle


Mot de l’éditeur :

« Je ferai de mon mieux… » 

C’est par ces mots qu’à l’âge de onze ans, Victoria accueillit la nouvelle de son accession au trône britannique. Point d’exultation, point de fanfaronnade à l’idée de régner, mais une ferme résolution qui n’ignorait ni les difficultés ni la grandeur de la tâche. 

Pourtant, quand en 1837, tout juste âgée de dix-huit ans, elle devint reine du Royaume-Uni, elle tint à monter seule sur le trône, rejetant l’influence de sa mère et des conseillers que celle-ci cherchait à lui imposer. Forte du soutien éclairé de son mari le prince Albert, bientôt mère d’une très nombreuse famille, c’est avec passion qu’elle exerça son métier de reine, n’épargnant aucun effort pour exalter le rayonnement de la monarchie constitutionnelle et exercer un pouvoir politique réel. 

Victoria, impératrice des Indes, « grand-mère de l’Europe », régna près de 65 ans (moins désormais qu’Élisabeth II) et son image se confond, aujourd’hui plus que jamais, avec celle de son siècle. Elle est devenue au fil du temps, l’immense icône d’un Empire britannique à son apogée. C’est la vie surprenante de cette femme au caractère bien trempé, souvent exaltée derrière une façade volontairement austère, que Joanny Moulin nous invite à découvrir. En racontant la vie de Victoria, il fait revivre sous nos yeux un siècle d’histoire britannique.

Biographie de l’auteur :

Spécialiste de littérature anglaise, Joanny Moulin est professeur à l’université de Provence (Aix-Marseille I). Outre des ouvrages sur divers poètes de langue anglaise, il a récemment publié Elisabeth : La reine de fer (Editions du Cerf 2015).

Notre avis :

Grâce à son analyse psychologique et à la lucidité du récit historique en passant par un style d’une netteté étonnante Joanny Moulin nous propose un livre qui se lit avec plaisir et qui traverse la longue vie de Victoria et les évolutions de son siècle.

Cette biographie est captivante et intéressante, à lire pour découvrir la femme et la reine dans l’année du bicentenaire de sa naissance.

Un règne de plus de 63 ans, 10 Premiers ministres. Le 24 mai 1819, Victoria la fille du prince Édouard-Auguste, duc de Kent -quatrième fils du roi George III, roi atteint d’une maladie mentale- et de Marie-Louise Victoire de Saxe-Cobourg Saalfed naît à Londres. Elle accèdera au trône dans un contexte politique difficile.

Cet ouvrage est l’histoire d’une femme qui fut très seule toute sa vie, que l’on tentât souvent de manipuler mais qui ne se laissa pas faire, même dans son plus jeune âge.

Je vous conseille cette lecture.

❤️❤️❤️❤️❤️

Flammarion 

Joanny Moulin
Extrait
Extrait
La Reine Victoria et Albert
Photo de famille
Film à voir aussi
La série Victoria

Substance

Mot de l’éditeur et de l’auteur :

À en croire la tante du jeune Benoit, il existe plusieurs catégories d’orphelins, et Benoit appartient à la pire : celle des enfants qui n’ont aucun géniteur. Ayant recueilli l’enfant après l’avoir arraché au cauchemardesque “Dortoir aux Entrailles” où il a passé ses premières années, la Tante a décidé de le remettre sur pied en lui con coctant toutes sortes de mets baroques, persuadée que seules de solides nourritures terrestres sont de nature à apaiser les angoisses d’un “neveu” obsédé par la mort.

Sous ce toit qui se veut providentiel, Benoit fantasme sur la chambre-sanctuaire de la Tante, s’interroge sur ses mystérieuses disparitions nocturnes et fréquente sa garde rapprochée, trois femmes sans âge, férues de records en tout genre et de films d’horreur. Mais un jour, à la faveur d’une veillée mortuaire, Benoit découvre une étrange substance : l’ectoplasme. Les visions dont il est alors la proie font de lui un spirite précieux aux yeux de la Tante, et sa rencontre avec Marguerite, abonnée aux enlèvements extraterrestres, ne va rien arranger. Ensemble, ils affrontent des forces de plus en plus obscures jusqu’à une explosive révélation finale.

Livre des métamorphoses déguisé en farce funéraire, Substance entraîne le lecteur dans une quête aussi vertigineuse que poignante, où ce que l’on croit être se dissout à mesure que s’efface la frontière entre la vie et la mort.

À l’origine de Substanceil y a cette chose étrange qu’est l’ectoplasme, forme tantôt liquide, tantôt vaporeuse, qui apparaît dès les débuts du spiritisme et tente de rendre compte, mieux que le traditionnel fantôme, de la persistance du vivant une fois franchies les portes de l’au-delà. (Qu’on ne s’y trompe pas : je ne me suis pas mis à faire tourner les tables…) Une forme, donc, à la fois rare et incertaine, pour ne pas dire douteuse, et qui m’a très vite paru idéale pour exacerber les rapports qu’entretient le personnage principal – Benoit – avec la mort.

Après plusieurs livres mettant en scène des états altérés de la conscience (le trouble de l’identité dans CosmoZ, la drogue dans Tous les diamants du ciel), des livres où les liens humains étaient envisagés sous l’angle de la violence (les accidents et le strip-tease dans Crash-test), il y a eu cette envie d’imaginer un décor en apparence paisible, un espace domestique, en retrait des turbulences, bref, une maison. Aussitôt a surgi une question, à la fois universelle et personnelle : celle des ori­gines – tant il est vrai que chacun s’invente un au-delà à sa mesure. — D’où vient Benoit, ce jeune orphelin qui s’imagine avoir grandi dans la terre, ou du moins au fond d’un « Dor­toir aux Entrailles » ? Qui est Marguerite ? A-t-elle vraiment été enlevée par des extra­terrestres ? — Pour défroisser ces énigmes, et pour parler du rapport aux défunts, il impor­tait qu’au tragique soit mêlé un ingrédient indispensable : la farce. Lecteur, te voilà pré­venu : Substance est une comédie funèbre…

Avec ce livre débute un nouveau cycle dont le fil rouge est, si l’on veut, les limbes – ce « Cycle des Limbes » commence par le roman Substance, puis sera suivi d’un « mémoire » autour d’une histoire familiale liée à l’Algérie, à paraître l’an prochain (La Maison indigène), et s’achèvera par une biographie imaginée d’un poète mort à vingt-deux ans (L’Enfant pétrifié).”

Biographie de l’auteur :

Né en 1962, Claro est l’auteur d’une vingtaine de fictions – dont Tous les diamants du ciel (Actes Sud, 2012), Crash-test (Actes Sud, 2015) – ainsi que de deux recueils d’essais, Le Clavier cannibale (Inculte, 2010) et Cannibale lecteur (Inculte, 2014). Également traducteur de l’américain (une centaine d’ouvrages traduits : Vollmann, Gass, Joyce Carol Oates, Lucy Ellmann…), Il a aussi traduit Jérusalem monumentale ouvrage d’Alan Moore.

Claro tient un blog littéraire, “Le Clavier cannibale”

Sa chienne Onyx et son chat Salam vont bien.

Notre avis :

Substance (roman attendu de l’enchanteur de mots Claro) nous initie à l’itinéraire mirifique de Benoit sans accent circonflexe. Un livre extravagant où la force du language utilisé révèle aux lecteurs des moments de délectation.

Le signifié de cette meditation sur le temps, la descendance, le sens de la vie nous est transmis grâce à un fil conducteur qui est le rapport avec la mort dans l’ histoire d’un orphelin singulier, visionnaire d’ectoplasmes composés d’une Substance non identifiée.

Les représentations de la Tante avec T majuscule sont tout simplement incroyables. Je propose à l’auteur de s’inscrire à l’une de nombreuses émissions télé consacrées aux repas et autres présentations de savoir faire culinaire avec les recettes de la Tante, passionnée de cuisine aux mélanges osés. Je suggère les gaufres aux rognons pour commencer…

Les autres personnages, comme par exemple Marguerite, sont décrits de mains de Maître. À chacun sa vérité pour cette fille qui est peut-être la victime d’enlèvements par des extra-terrestres. 

Un récit harmonieux, jamais ennuyeux. Un roman à lire pour le style sans pareil de Claro et pour la dimension fort interessante de cette aventure habilement menée qui surprend jusqu’à la toute fin.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Actes Sud

Claro
Le livre !
Extrait
Extrait
Extrait
Séance Spirite
Rognons accompagnés de gaufres aux légumes certes moins audacieux…
OVNI et son visiteur.

Mécanique de la chute

Mot de l’éditeur :

Un empire financier bâti sur deux générations suffit-il à mettre les descendants à l’abri des tracas de la vie ? Apparemment non car Jay Gladstone, l’héritier flamboyant de cette fortune, est assailli par les mêmes tracas que le commun des mortels : épouse exigeante, progéniture insupportable, obligations familiales, contraintes sociales. Également propriétaire d’une équipe de basket, Jay doit aussi compter avec les coûteux caprices des joueurs, noirs pour la plupart, dont la super star Dag. Nous sommes en 2012 et Obama fait campagne pour un second mandat, mais cela n’apaise pas pour autant les conflits raciaux. Il suffit qu’un Blanc tue accidentellement un Noir et le pays s’embrase. La machine médiatique se met alors en route, le politiquement correct emplit les colonnes des journaux, les procureurs en mal de notoriété se retroussent les manches, les fake news envahissent les réseaux sociaux. La mécanique de la chute est désormais enclenchée.

Un grand roman sur les embûches de notre temps et ses dangereuses dérives.

Biographie de l’auteur :

Seth Greenland, scénariste pour le grand et le petit écran, vit entre Brooklyn et Los Angeles. Romancier, il est l’auteur de Mister Bones(2005), Un patron modèle(2008), Un bouddhiste en colère(2011), Et les regrets aussi(2016), Mécanique de la chute (septembre 2019) tous publiés chez Liana Levi. Quand il n’écrit pas, Seth Greenland fait de la randonnée, joue du piano, regarde des matchs de basket à la télé et essaie de méditer.

Notre avis :

Un livre époustouflant véritable coup de cœur de la rentrée littéraire d’automne 2019.

Tout le long de ce récit nous sommes transportés dans la vie et la dégringolade de Jay Gladstone et de sa famille.

Une fresque de l’Amérique contemporaine,   du racisme subreptice.

Obama disait que malgré son élection aux USA si l’on doit s’arrêter à une pompe à essence la nuit la crainte est bien présente pour un noir et les aggressions liées à la haine terriblement nombreuses partout.

Ce livre est l’épopée de la peur contre la peur de la méconnaissance de l’autre, l’histoire des juifs contre l’histoire des esclaves américains, des lieux communs ordinaires qui ont pourtant un fond de discrimination même si inconsciente.

Seth Greenland arrive avec des portraits minutieux des personnages à nous plonger totalement dans la complexe et subtile intrigue qu’il a concoctée. Ses descriptions sont physiques et psychologique, une sorte de « légende » des attitudes et goûts pour chaque protagoniste.

La jeune épouse, la famille juive entre modernité et traditions, la fille rebelle, la procureure ambitieuse, la police de New York, le milieu sportif de haut niveau et les joueurs de Basket-ball comme la vedette Dag  (Jay, magnat de l’immobilier, est propriétaire d’une franchise NBA) sont les pièces du puzzle qui enclenchera une chute inexorable et terrible.

Une avalanche de situations et de gaffes dans la communication ainsi que des messages ambigus perçus par le grand public ne feront qu’aggraver la situation et accélérer le domino.

Un roman écrit avec passion, pénétrant et efficace, il vous ravira grâce à sa finesse.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Liana Levi 

Seth Greenland
Le livre
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Affiche Obama de Shepard Fairey
New York
Logo NBA

Lautrec

Sortie le 09/10/2019

Mot de l’éditeur :

Lautrec, c’est la légende de Montmartre, le peintre du Moulin-Rouge, du Mirliton, celui qui immortalise Bruant, la Goulue, Jane Avril. Mais c’est aussi un petit homme foutraque, issu d’une famille de la haute noblesse de province, atteint d’une maladie génétique qui fragilise ses os et interrompt sa croissance. Fasciné par les cabarets, les bals, les bistrots, les théâtres et les prostituées, il peindra des hommes et des femmes toute sa vie, négligeant le paysage et la nature morte. Alcoolique, rongé par la syphilis, il meurt à trente-six ans en laissant une œuvre foisonnante et inclassable.

En mettant en scène l’obsession de Henri de Toulouse-Lautrec pour la peinture, celle qui montre les êtres humains dans ce qu’ils ont de plus brut et de plus vivant, Matthieu Mégevand s’éloigne des représentations habituelles pour dresser le portrait de l’artiste en voyant et de l’homme en possédé.

Biographie de l’auteur :

Matthieu Mégevand est éditeur et écrivain. Il est l’auteur d’un recueil de nouvelles (Jardin secret, l’Age d’Homme, 2007), un roman (Les deux aveugles de Jéricho, l’Age d’Homme, 2011). En 2013, il publie Ce qu’il reste des mots aux éditions Fayard, une réflexion littéraire et philosophique sur le drame de Sierre. 

La Bonne vie chez Flammarion en 2018, ouvrage qui met en scène la vie de Roger Gilbert-Lecomte.

Depuis 2015, il dirige la maison d’édition Labor et Fides.

Lautrec :

Henri-Marie Raymond de Toulouse-Lautrec-Monfa, naît le 24 novembre 1864 à Albi, d’une famille royaliste issue de la plus ancienne noblesse provinciale. Sa mère, Adèle Tapié de Céleyran, a épousé son cousin germain Alphonse, comte de Toulouse-Lautrec, brillant cavalier, passionné, comme toute sa lignée, de chasse et de chevaux.

Henri grandit dans un climat de tendresse partageant sa vie entre le château du Bosc, situé au Nord d’Albi dans le Rouergue et le château de Céleyran, près de Narbonne.

L’année 1878 est marquée par un accident qui se déroule dans le salon de sa maison natale : Henri se lève d’une chaise basse, glisse et se casse le fémur gauche ; puis un an après, il se fracture l’autre jambe à la suite d’une chute banale. Lautrec souffre d’une maladie osseuse d’origine congénitale probablement due au mariage consanguin de ses parents. Elle orientera définitivement la destinée du jeune homme. Immobilisé de longs mois, il occupe en effet ses journées en dessinant, puis en peignant, développant un goût largement répandu dans son entourage, et un don qu’il avait manifesté très jeune, jusqu’à en faire une vocation.

A partir de 1882, Lautrec complète sa formation dans les ateliers académiques de Léon Bonnat, puis de Fernand Cormon, situés à Montmartre. Son immersion dans la vie de la Butte achève sa mutation : confronté à tous les mouvements artistiques qu’il découvre aux cimaises parisiennes, il s’engage dans la modernité, et devient acteur autant que témoin d’une bohème montmartroise qui lui fournit son inspiration.

Portraitiste de génie, il immortalise les stars, d’Aristide Bruant à Jane Avril, d’Yvette Guilbert à la Loïe Füller. Familier des maisons closes, il s’attache à la simple réalité quotidienne des prostituées. Le théâtre, la Comédie-Française, le vaudeville ou les scènes d’avant-garde pour lesquelles il conçoit programmes et décors, alimentent son goût insatiable pour la comédie humaine. Novateur dans de multiples domaines, il révolutionne l’illustration et les arts appliqués.

Les trente et une affiches qu’il conçoit de 1891 à 1900  s’imposent par leur force et leur magistrale simplification de l’image, et font de lui un précurseur de l’affiche du 20ème siècle. Sa production lithographique comprend également 361 estampes mettant en évidence la virtuosité de son trait, expressif et élégant.

Dévorée par sa quête passionnée, Lautrec mène sa vie au rythme de sa création. Son travail acharné, mais aussi les plaisirs et l’abus d’alcool altèrent peu à peu sa santé. Il s’éteint, au domaine de Malromé, propriété de sa mère en Gironde, le 9 septembre 1901.

Notre avis :

Matthieu Mégevand écrit un ouvrage remarquable dédié à Lautrec. deuxième volet de celle qui est annoncée comme une trilogie romanesque sur des artistes consumés par leur art, des comètes dont la vie et l’œuvre sont entremêlées. Le premier livre était consacré au poète Roger Gilbert-Lecomte.

Fiction et documents réels nous font vivre l’histoire bien singulière d’un peintre et illustrateur exceptionnel.

Les situations et dialogues imaginés par l’auteur sont riches et aboutis.

L’ouverture du Moulin Rouge, les affiches dans tout Montmartre, la relation avec d’autres artistes on s’imagine dans la nuit parisienne, dans le quotidien de la Butte.

Très forte en émotion également la descente aux Enfers de l’homme, le rapport avec son physique difficile qui fait dégénérer son mental.

La relation avec sa mère et l’argent de sa famille ne suffiront pas à tuer le “serpent” qui dévore l’artiste et à le sauver de ses excès.

Le livre sera publié le 9 octobre 2019 jour de l’ouverture d’une importante et magnifique exposition sur le peintre au Grand Palais.

Si elle devait être jouée près de chez vous je vous recommande la pièce originale créée par Maurice Lamy à partir de recherches et d’un long travail autour de l’œuvre de Lautrec et qui évoque les dernières années de sa vie.

Un livre, coup de cœur de la rentrée littéraire, une lecture à ne pas manquer.

❤️❤️❤️❤️❤️

Flammarion 

Matthieu Mégevand
Toulouse Lautrec
Extrait
À lire aussi
L’expo
Inspirations
Une pièce de théâtre magnifique
Dada pour préparer l’exposition avec les enfants
Dada pour préparer l’exposition avec les enfants
Dada pour préparer l’exposition avec les enfants