Mary Shelley : Au-delà de Frankenstein

Cathy Bernheim

Traductrice-adaptatrice de documents, biographies et autobiographies, Cathy Bernheim a notamment traduit l’Autobiographie d’Angela Davis (Albin Michel, 1975) et L’Épopée d’une anarchiste d’Emma Goldman (avec Annette Lévy-Willard, Hachette, 1979 et Complexe, 1986).

Elle a participé à la rédaction et l’adaptation de nombreux ouvrages collectifs, dont : Le livre de l’oppression des femmes (Belfond, 1972), Les femmes s’entêtent (Gallimard, coll. Idées, 1975) et Notre corps, nous-mêmes (Albin Michel, 1978).

Elle a participé à la création de la rubrique du « Sexisme ordinaire », créée avec Simone de Beauvoir pour les Temps Modernes entre 1974 et 1981, dont un recueil est paru à mi-parcours : Le Sexisme ordinaire (Seuil, 1978).

Cathy Bernheim est l’auteur de Perturbation, ma soeur (Seuil, 1983), où elle relate les deux premières années du Mouvement de libération des femmes (MLF), pour lequel elle s’est notamment retrouvée parmi les neuf rigolotes qui ont déployé une banderole « à la femme inconnue du soldat inconnu » sous l’Arc de Triomphe, le 26 août 1970, en guise d’acte de naissance de leur mouvement.

On lui doit aussi une version « au féminin » de Frankenstein : Cobaye Baby (La Manufacture, 1987) ainsi que la biographie de l’auteur de Frankenstein : Mary Shelley (La Manufacture, coll. Qui êtes-vous?, 1987) et Mary Shelley –La jeune fille et le monstre (Le Félin, 1997). Des biographies de Valentine Hugo (Presses de la Renaissance, 1989) et Picabia (Le Félin, 1995). Et des romans pour la jeunesse parus dans la collection Page Blanche de Gallimard, puis à l’École des Loisirs.

Elle a récemment publié un essai sur l’enfance intitulé Dors, ange amer (Seuil, 2005) et travaille actuellement sur la biographie d’un de ses ancêtres.

Prochain ouvrage à paraître : Mary Shelley. Au-delà de Frankenstein (Éditions du Félin, 21 juin 2018).

Notre avis :

Mary Shelley : Au-delà de Frankenstein est un texte qui sort de l’ordinaire, une biographie certes et tellement bien écrite qui se lit comme un roman, mais aussi un essai sur une époque, celle de Mary qui se transforme en traité sur notre époque et en véritable étude sur la psychologie de l’homme au fil des siècles.

Il s’agit d’un livre matriochkas, (poupées russes) chaque fois que j’ai essayé de le définir j’ai trouvé un autre angle possible.

Érudit tout en étant accessible l’ouvrage de Cathy Bernheim est une merveille.

Une première partie plus axée biographie vous plongera dans la vie de Mary Shelley en donnant les clés des événements qui ont conduit à la genèse du livre qui fête cette année les 200 ans de sa première publication. J’ai aussi trouvé remarquable l’analyse de Frankenstein faite par l’auteure.

Dulcis in fundo, après quelques lignes déjà présentes dans le livre sur la IA, les derniers chapitres abordent les thématiques de l’homme nouveau, de l’intelligence artificielle et du transhumanisme de façon magistrale.

La lecture de Frankenstein est dans les bibliographies de plusieurs cours de philosophie sur le transhumanisme et le livre de Bernheim pourrait être un complément précieux.

Je vous conseille aussi une très belle pièce de théâtre « Mademoiselle Frankenstein » que j’espère sera de nouveau en scène prochainement.

En attendant lisez et relisez Frankenstein et courrez acheter Mary Shelley : Au-delà de Frankenstein, vous allez l’adorer.

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Éditions du félin 

Madame Einstein

Madame Einstein est un roman que j’ai aimé tout de suite: style narratif impeccable et personnages qui laissent leur empreinte. Il ne faut que quelques lignes pour se retrouver immergée dans l’atmosphère de l’epoque, quand il était presque impensable que les femmes soient admises à l’université, un environnement qui avait toujours été réservé aux hommes.

Mileva Marić, jeune et intelligente Slave, est admise à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich et commence à partir de là une vie différente et inattendue.

Le début n’est pas facile, surtout parce que Mileva est déterminée à obtenir son diplôme et à approfondir ses études dans sa grande passion: la physique. Dans sa vie, il n’y a pas de place pour les amis ou, pire, pour l’amour. Malgré sa grande ambition Mileva est encore une jeune femme et il sera inévitable qu’elle s’implique avec les gens autour d’elle. En particulier, la protagoniste sera fascinée par un collègue de l’université, tel M. Einstein, reconnaissable à ses cheveux désordonnés et à son regard toujours attentif, souvent amusé. Einstein est le seul à considérer Mileva, lentement la relation entre eux grandit et change, devenant une histoire d’amour belle et intense .

L’auteure a su rendre justice à la femme qui a contribué à faire d’Einstein le mythe que nous connaissons tous. 

Vraiment appréciable l’importance que Marie Benedict a su attribuer au rôle des femmes dans la société de la fin du XIXe / début du XXe siècle: le cadre historique, politique et social de l’époque, tout est décrit de manière très précise et documentée.

Livre promu donc avec 5 étoiles.

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Presse de La Cité

Le livre des monstres

Le livre des monstres est finalement traduit en français, nous pouvions lire La Synagogue des iconoclastes du même auteur (disponible chez Gallimard) mais pas ce petit ouvrage.

L’arbre vengeur à mis fin à cette injustice publiant un bijou littéraire de beauté rare et amère né dans le climat d’expérimentation narrative qui caractérise une certaine frange de la littérature italienne des années soixante-dix. Publié en Italie en novembre 1978, la même année de la mort de son auteur, le livre se présente comme une collection de courts textes dans lesquels des personnages aux noms improbables – Erbo Meglio, Ugo Panda et Olimpiero Fraglie, pour n’en citer que quelques uns – prennent corps et vie, regardant fixement dans l’esprit du lecteur comme un diagramme d’images, d’idées déformées qui pourtant décrivent si bien la condition humaine.

J’adore la couverture avec un petit miroir qui fait réfléchir…

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L’ARBRE VENGEUR

 

La bataille du rail

 

Trente-six écrivains proposent un texte sur le rail pour les cheminots en grève de la SNCF : les droits d’auteur seront versés aux caisses de grève.

Le dessin de couverture de « La bataille du rail» est de Jacques Tardi, tandis que le dessinateur Mako a donné à Don Quichotte les 20 illustrations qui ponctuent les pages de cette belle édition.

Ce livre est un ouvrage de très grande qualité, les auteurs, si différents, vous feront découvrir des courtes histoires très agréables à lire.

Personnellement j’ai eu un coup de cœur pour les textes d’Annie Ernaux, Lola Lafond et Grégoire Polet.

J’ai, comme toujours apprécié la plume de François Morel et sa lettre à son père est très touchante.

Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire avec le «voyage » en 2050 dans le train « Orange-Pizza Hut » proposé par Guillaume Meurice.

Histoires personnelles, fictions, un recueil hétéroclite qui vous passionnera!

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Éditions Don Quichotte

Leonor Fini grâce et profondeur

 

Leanor Fini était une grande artiste surréaliste que je voudrais voir plus connue et reconnue.

Ses œuvres, d’une élégance extraordinaire, présentent des éléments oniriques, des symboles et des éléments plus réalistes toujours exprimés dans un language artistic personnel.

Nous pouvons y retrouver la même vision du  « temps arrêté » si chère à Giorgio De Chirico ou les couleurs et traits de Klimt.

Le Sphinx et les chats jouent des rôles importants dans ses peintures, ainsi que le thème du «double». Elle a vécu avec beaucoup de chats; jusqu’à un total de 23 en même temps.

    

On a dit d’elle qu’elle était la seule artiste à peindre des «femmes sans excuses». Beaucoup de ses peintures présentent des femmes fortes dans des situations cérémonielles ou provocatrices. Les hommes sont souvent décrits comme des figures flexibles sous la protection des femmes.

Née d’un père argentin et d’une mère italienne le 30 août 1907 à Buenos Aires et décédée le 8 janvier 1996 à Paris. Madame Fini a eu une vie compliquée pendant son enfance.

Qand Leonor avait un an, sa mère quitta son mari en Argentine et, emmenant sa fille avec elle, déménagea à Trieste. Pour empêcher Leanor d’être kidnappée, sa mère l’a habillée pendant plusieurs années comme un garçon. Mélancolique et sensible, Leanor ne pouvait que chercher une forme d’évasion de sa cage et, grâce à la peinture, à 17 ans elle était à Milan, en tant que portraitiste. Plus tard elle s’installera à Paris –c’était 1931-1932– pour pouvoir vivre de son Art, en développant son propre langage en toute liberté, dans la ville qui, à cette époque, était la capitale mondiale de l’art. Être en France lui a permis de rencontrer, entre autres, Paul Eluard, Max Ernst, Georges Bataille, Henri Cartier-Bresson, Picasso, Christian Dior, André Pieyre de Mandiargues et Salvador Dalí. Elle a traversé l’Europe en voiture avec de Mandiargues et Cartier-Bresson. Pendant ce voyage, elle a été photographiée nue dans une piscine par Cartier-Bresson – cette image aurait été vendue pour 305 000 $ en 2007 -.

Elle adorait se faire photographier.

Notre artiste a peint des portraits de Jean Genet, d’Anna Magnani, de Jacques Audiberti, d’Alida Valli, de Schlumberger et de Suzanne Flon ainsi que de nombreuses autres célébrités et riches visiteurs de Paris. Elle a conçu la bouteille «Shocking», des costumes et des décors pour le théâtre, le ballet et l’opéra, ainsi que des habits pour le cinéma.

Elle était aussi une excellente illustratrice. Ses graphismes les plus connus sont probablement ceux dessinés pour Histoire d’O mais passionnée de littérature et de poésie, Leonor illustra plus d’une cinquantaine d’ouvrages, dont les œuvres de Charles Baudelaire, qu’elle admirait profondément, celles de Paul Verlaine, de Gérard de Nerval et d’Edgar Allan Poe.

J’ai développé une profonde admiration pour cette artiste éclectique et sagace.

Sa peinture et son œuvre littéraire ont une dimension fortement philosophique.

En 1970, Leonor Fini a écrit trois romans, « Moumour, conte pour enfants velus » «Rogomelec » et « L’Oneiropompe ».

J’ai lu les deux premiers et je suis conquise.

Ses récits sont tout autant surréalistes et délicieux que sa peinture.

Je vous conseille de lire ses livres que, je suis sûre, sauront vous enchanter.

À propos de Rogomelec:

“Leonor Fini bat les cartes de l’imaginaire et les couleurs de son jeu – tragique – dérision, beauté, monstruosité, ont les mêmes valeurs. Ce monastère est-il un sanatorium ? À quel dieu ces moines sont-ils voués ? À quoi sert le régime des curistes qui semblent échappés d’un vieux film muet ? Le récit suit les règles précises du rêve qui brasse le résidu hétéroclite de la mémoire. Et si, du désordre somptueux de la Fête surgissent les figures du Roi et du Pendu, si elles prennent place dans une scène que nous croyons reconnaître, il n’y a là d’autre symbole que la reconnaissance du rôle privilégié du rituel.”

Pour voir une partie de ses œuvres:

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Portrait de jeune femme (Monique Beaumont) 1950 ; Portrait d’enfant, 1935

Centre Georges Pompidou

Femme travestie, circa 1932

Musée de Grenoble

Mandoliniste, 1933

Musée de l’Hospice Saint-Roch, Issoudun, France

Salle permanente – Reconstitution du Salon de l’appartement de Leonor Fini, rue de La Vrillière à Paris

Tate Modern, Londres

Petit sphinx ermite, 1948

Peggy Guggenheim Collection, Venise, Italie

La Bergère des sphinx, 1941

Musée d’Art et d’Histoire, Genève, Suisse

Nue (Jeune fille au bas) 1941; Nu (Nico Papatakis) 1941

Museo d’Arte Moderna Revoltella, Trieste, Italie

Portrait de jeune homme déguisé en mendiant (portrait d’André Pieyre de Mandiargues) 1935

Miyazaki Prefectural Art Museum, Miyazaki, Japon

Les deux crânes, 1950

Musée d’Art Moderne, Bruxelles, Belgique

Galleria Nazionale d’Arte Moderna e Contemporanea, Rome, Italie

Théâtre national de l’Opéra, Paris

Costumes pour Tannhaüser, 1963

Art Institute of Chicago, Chicago, Illinois

The Sphinx (gouache) 1970

The Lost Needle (collage de Joseph Cornell avec dessin et photographie de Leonor Fini) circa 1947

Galleria Nazionale d’Arte Moderna, Museo Mario Praz, Rome

Sphinx, circa 1950

Galleria d’Arte Moderna e Contemporanea, Palazzo Massari, Ferrara, Italie

Portrait d’Achille Funi

http://www.leonor-fini.com/fr/

Le Plancher de Joachim

L’histoire retrouvée d’un village français

Le livre dont je vais vous parler est plus que un coup de cœur, il fait partie d’une catégorie un peu à part que je définirais « mes amis ne vont pas pouvoir y échapper ».
De cette catégorie, pour l’histoire, font déjà partie: « Les Rois Thaumaturges » de Marc Bloch et « Une petite ville nazie » de William S. Allen.

Le Plancher de Joachim de Jaques-Olivier Boudon est un véritable cadeau pour les amoureux d’histoire mais aussi pour celles et ceux qui pourraient à travers ce livre s y intéresser.
Le livre, magnifiquement écrit, est le fruit de l’analyse et l’étude de 72 lattes dont les faces cachées  se trouvent écrites par le menuisier qui, autour de 1880, accepte de refaire le parquet du château de Picomtal, ses écrits, tracés – sans doute – avec son crayon de travail dressent un portrait du village de Crottes, de la vie de la région et de la période historique que Joachim Martin traverse.
Notre menuisier sait que la lecture de ses planches adviendra post mortem et il est donc d’une sincérité totale.
Je vais vous parler ici uniquement de la joie que Joachim éprouve pour les avancées apportées par la République et, très lié à notre actualité, son attachement à l’éducation pour toutes et tous.
Un livre qu’il faut absolument lire, offrir, partager.
Je viens de le terminer et j’ai hâte d’en discuter avec famille et amis.
Merci Monsieur Boudon pour la passionnante recherche que vous nous livrez !

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Éditions Belin

La vie parfaite

Ce livre, à mon avis encore plus beau que les précédents de Silvia Avallone, nous transporte avec ses personnages dans des situations et des histoires de vies qui se croisent et nous font avancer avec les protagonistes.
Adele, une gamine seule dans cette salle d’accouchement. L’enfant qu’elle porte dans son ventre depuis neuf mois
arrive et elle sait qu’il n’y aura qu’un seul court et unique contact, un rapide moment, 20 minutes puis leurs chemins se sépareront définitivement car la petite sera adoptée.
Choix difficile pour la jeune mère de 18 ans, décision qui donnera à Bianca une vie meilleure, pas parfaite mais avec des possibilités que Adèle n’a pas eues.
Dora, trente ans, poursuit sa quête de maternité comme si c’était sa seule raison de vivre. Enseignante de lettres, mariée à Fabio et porteuse de handicap à cause de ce membre manquant, elle est écrasée par le vide de cette absence. Deux solitudes, celles de l’adolescente et de la femme mûre comparées.
Zeno, lycéen avec mère dépressive se retrouve à ne plus vivre sa vie mais celles des autres, il continue ses lectures de Flaubert et Dostoïevski qui le transportent ailleurs et nous espérons pour lui que ses études vont pouvoir l’émanciper et lui permettre de sortir du sentier qui lui était tracé.
Manuel, un ami de toujours qui rêvait d’aller à la fac et dont le chemin a été brutalement séparé de toutes et tous par le deal de drogue, par la prison.
Et il y a un quartier, le nom est inventé mais seulement ça, l’aspect Dantesque «Vous qui entrez ici abandonnez toute espérance» est bien celui de ce type d’agglomération avec beaucoup de rues mais pas vraiment d’issues, l’auteure le situe à proximité de la ville de Bologne, un quartier d’habitation très pauvre surnommé « Le lombriconi », un lieu où Il n’y a pas de seconde chance et pourtant Bologne est la à deux pas avec sa belle Université.
Au fil des pages, vous trouverez la solitude, l’abandon, la maternité non désirée par opposition à la désirée, la défaite, l’impossibilité de choisir, la complexité de la relation entre les parents, le contraste littérature/ télévision et finalement un petit fil de lumière et d’espoir.
Avec un style fort et direct, Silvia Avallone étonne et conquiert le lecteur.
Je vous conseille cette lecture sans hésitation.
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Liana Levi

Kant tu ne sais plus quoi faire

 

Mot de l’editeur:

Passer toute sa journée chez Ikea, rencontrer ses beaux-parents, se faire larguer au café, cohabiter avec son ado, faire un peu trop la fête… Autant de situations qui peuvent nous déboussoler. Que faire pour éviter la crise de nerf ou de larme ? Et si vous invitiez Platon, Spinoza, Nietzsche et leurs amis pour évoquer toutes ces questions du quotidien ? Qu est-ce que Kant aurait répondu à un texto de rupture ? Aristote aurait-il repris une vodka ? L herbe est-elle plus verte chez Épicure ? Les philosophes quittent enfin leurs bibliothèques pour devenir nos complices. Douze récits, douze concepts, douze philosophies pour nous aider à réagir avec humour à toutes les surprises de la vie. Marie Robert enseigne la philosophie et le français aussi bien à l’université qu’au lycée.

Notre avis:

Un livre très accessible et drôle, il permet de découvrir un certain nombre d’idées qui accompagnent notre société et les hommes qui les ont portées.
Un essai pour aller plus loin ? Je l’espère !

J’apprécie la mise en situation réelle pour des concepts qui deviennent moins abstraits.

L’idée de Marie Robert, l’auteure, de transmettre les bases pour rencontrer d’une manière plus approfondie les philosophes qu’elle nous présente me plaît beaucoup.
Je proposerai ce livre à celles et ceux qui pensent que la Philosophie est pour « les autres » avec le souhait que l’aide de Spinoza chez IKEA sera bénéfique pour toutes et tous.

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Flammarion

L’Appartement

Mot de l’éditeur

« Nous sommes tous ensemble, tous les cinq (je ne vois pas mon père dans la scène, il doit être à Paris), jusqu’à ce square dans la cour d’un immeuble, à, quoi, cent mètres, l’écorce noire de ces deux-trois arbres l’ombre semée de taches de soleil, et nous nous asseyons sur le banc blanc, « là, on s’assoit », je la sens qui respire vite, le coeur qui bat, l’effort est fait, la dernière sortie de ma grand-mère… » A Saint-Pétersbourg, André Markowicz a hérité de l’appartement dans lequel vivait sa grand-mère depuis 1918. Cet appartement, devenu propriété de la famille au moment de l’effondrement du système communiste, est le prétexte d’un récit mêlant souvenirs familiaux, réflexions sur le régime communiste, la littérature, les intellectuels russes, dessinant une forme d’autobiographie sensible du poète et traducteur.
André Markowicz, né en 1960 à Prague, s’est fait connaître par la nouvelle traduction qu’il a donnée des oeuvres complètes de Fiodor Dostoïevski. Il s’est également occupé de retraduire le théâtre de Tchekhov en compagnie de Françoise Morvan. Leur traduction de Platonov a été récompensée par un Molière en 2006, dans la catégorie « adaptation ».

Notre avis

Ce long poème, qui a comme point de départ l’héritage de l’appartement de la grand-mère de l’auteur est écrit en pentamètres ïambiques et sans point final.

C’est un plaisir de suivre Markowicz au fil des mots et des réflections sur la traduction : la grande passion de sa vie.
Nous faisons aussi la connaissance des figures familiales ou amicales qui ont joué un rôle dans la construction de ses expériences, de ses choix.

Comme c’est commun de dire en pensant à la fin des régimes de l’URSS et de l’Europe de l’Est « C’est la fin d’une époque », notre auteur arrive à en parler sans aucune banalité et cela est rare.
Un petit détour par la Bretagne est aussi au programme.

Les photos en noir et blanc qui enrichissent cette édition sont partie intégrante du livre.

Un livre à lire et partager !

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Inculte

Venise

Préface d’Eric Walbecq
« La plus grande émotion de ma vie », écrit Lorrain à sa mère en découvrant Venise.
Texte rare où retentit cet accord unique entre Venise, ses palais, ses lagunes et cette écriture fin de siècle dite décadente. Saint-Marc précieux, gorgé comme une phrase de Huysmans ou de Lorrain. C’est la même orfèvrerie… Jamais auparavant Jean Lorrain n’avait écrit aussi longuement sur une ville. Venise est LA Ville, « Ma Ville » comme il le dit régulièrement à ses correspondants dans ses différentes lettres. Son enthousiasme n’est nullement feint, il est le refl et d’un dernier amour pour une ville, comme Paris fut pour lui au milieu des années 1880 un nouvel espoir. Venise marque donc une apothéose dans sa vie. Repris seulement en 1921 dans un volume de voyages à un tirage limité, ce texte fut originellement publié dans la Revue illustrée en deux livraisons en 1905. L’ouvrage comporte un choix de ses lettres vénitiennes.

Notre avis:

Un livre de moins de 100 pages pour un long et précieux voyage en terre vénitienne.

Le récit de Jean Lorrrain, son portrait de la ville, d’un mode de vie sont exquis,.

Les lettres à sa mère et à ses amis contribuent au tableau qui se dessine peu à peu devant les yeux du lecteur.

Si vous connaissez la lagune, vous allez aimer ce récit et vous retrouver dans chaque mots, si la ville des Doges ne vous est pas familière sachez que l’auteur saura vous transporter et vous aurez l’impression de vous promener avec lui à la découverte de Venise.

Un livre coup de cœur dans un format très agréable pour la lecture et une édition soignée dans la Collection L’Écrivain Voyageur de La Bibliothèque

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Édition La Bibliothèque