L’Appartement

Mot de l’éditeur

« Nous sommes tous ensemble, tous les cinq (je ne vois pas mon père dans la scène, il doit être à Paris), jusqu’à ce square dans la cour d’un immeuble, à, quoi, cent mètres, l’écorce noire de ces deux-trois arbres l’ombre semée de taches de soleil, et nous nous asseyons sur le banc blanc, « là, on s’assoit », je la sens qui respire vite, le coeur qui bat, l’effort est fait, la dernière sortie de ma grand-mère… » A Saint-Pétersbourg, André Markowicz a hérité de l’appartement dans lequel vivait sa grand-mère depuis 1918. Cet appartement, devenu propriété de la famille au moment de l’effondrement du système communiste, est le prétexte d’un récit mêlant souvenirs familiaux, réflexions sur le régime communiste, la littérature, les intellectuels russes, dessinant une forme d’autobiographie sensible du poète et traducteur.
André Markowicz, né en 1960 à Prague, s’est fait connaître par la nouvelle traduction qu’il a donnée des oeuvres complètes de Fiodor Dostoïevski. Il s’est également occupé de retraduire le théâtre de Tchekhov en compagnie de Françoise Morvan. Leur traduction de Platonov a été récompensée par un Molière en 2006, dans la catégorie « adaptation ».

Notre avis

Ce long poème, qui a comme point de départ l’héritage de l’appartement de la grand-mère de l’auteur est écrit en pentamètres ïambiques et sans point final.

C’est un plaisir de suivre Markowicz au fil des mots et des réflections sur la traduction : la grande passion de sa vie.
Nous faisons aussi la connaissance des figures familiales ou amicales qui ont joué un rôle dans la construction de ses expériences, de ses choix.

Comme c’est commun de dire en pensant à la fin des régimes de l’URSS et de l’Europe de l’Est « C’est la fin d’une époque », notre auteur arrive à en parler sans aucune banalité et cela est rare.
Un petit détour par la Bretagne est aussi au programme.

Les photos en noir et blanc qui enrichissent cette édition sont partie intégrante du livre.

Un livre à lire et partager !

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Inculte

Venise

Préface d’Eric Walbecq
« La plus grande émotion de ma vie », écrit Lorrain à sa mère en découvrant Venise.
Texte rare où retentit cet accord unique entre Venise, ses palais, ses lagunes et cette écriture fin de siècle dite décadente. Saint-Marc précieux, gorgé comme une phrase de Huysmans ou de Lorrain. C’est la même orfèvrerie… Jamais auparavant Jean Lorrain n’avait écrit aussi longuement sur une ville. Venise est LA Ville, « Ma Ville » comme il le dit régulièrement à ses correspondants dans ses différentes lettres. Son enthousiasme n’est nullement feint, il est le refl et d’un dernier amour pour une ville, comme Paris fut pour lui au milieu des années 1880 un nouvel espoir. Venise marque donc une apothéose dans sa vie. Repris seulement en 1921 dans un volume de voyages à un tirage limité, ce texte fut originellement publié dans la Revue illustrée en deux livraisons en 1905. L’ouvrage comporte un choix de ses lettres vénitiennes.

Notre avis:

Un livre de moins de 100 pages pour un long et précieux voyage en terre vénitienne.

Le récit de Jean Lorrrain, son portrait de la ville, d’un mode de vie sont exquis,.

Les lettres à sa mère et à ses amis contribuent au tableau qui se dessine peu à peu devant les yeux du lecteur.

Si vous connaissez la lagune, vous allez aimer ce récit et vous retrouver dans chaque mots, si la ville des Doges ne vous est pas familière sachez que l’auteur saura vous transporter et vous aurez l’impression de vous promener avec lui à la découverte de Venise.

Un livre coup de cœur dans un format très agréable pour la lecture et une édition soignée dans la Collection L’Écrivain Voyageur de La Bibliothèque

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Édition La Bibliothèque

Heure de véri-thé : Une archéologie du thé

T

Résumé:

L’Heure de véri-thé nous transporte à travers les siècles pour découvrir le symbolisme du thé et de son histoire. Entre archéologie, légendes et cuisine, ce livre est un fascinant récit des origines de la plante, des débuts de sa consommation et le développement de son commerce au fil du temps. Des histoires, mais aussi des techniques, des conseils et des recettes afin d’appréhender au mieux cette plante aux mille facettes. Des premiers thés bouillis asiatiques au thé glacé inventé en Amérique, en passant par les thés aux fleurs et autres ingrédients naturels, Arnaud Bachelin retrace un fabuleux

voyage aux quatre coins du monde, dans un ouvrage parsemé d’illustrations et de photos. Ne se contentant pas de transmettre son savoir, l’auteur est également en perpétuelle recherche. Un peu à l’instar des plus grands parfumeurs, il est en quête des bonnes alliances, l’alchimie qui lui permettra de créer de nouvelles saveurs dans une parfaite harmonie. Passeur, savant, chercheur, créateur… en un mot : magicien !

Mon avis:

J’ai adoré ce livre et je le recommande à tous les amoureux de ce breuvage magique qui est le thé
Bien plus qu’une chronologie cette ouvrage est riche d’anecdotes et nous propose des recettes très sympathiques, dulcis in fundo un dernier chapitre sur le thé et la littérature.
Tout comme Sting dans sa chanson Englishman in New York « I don’t take coffee, I take tea, my dear » donc cette lecture m’a permis de voyager à travers les époques et de découvrir des contes et des légendes sur le monde du thé.
Une édition soignée et des illustrations très pertinentes.
Il y a aussi un index des recettes.
Je testerai rapidement le fromage frais de brebis au thé vert Matcha.

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Éditions BakerStreet

 

Ragnarok

La sortie du film éponyme a été l’occasion de rééditer cette saga de Thor par Panini Comics.
Ici les mythes nordiques pénètrent et fracassent l’univers Marvel dans la mise en abime du héros au marteau. A tel point qu’il fallut quelques années pour que Thor revienne.

C’est un album incontournable, un modèle des « comics à fond », qui donne envie de replonger dans les « edda » pour distinguer ce qui est d’origine ou du génie des scénaristes dans la réinterprétation du mythe de « Ragnarök » de l’apocalypse de feu et de glace.

Le trait de Di Vito sert magnifiquement l’épopée en usant  toutes les sortes de découpages possibles pour donner une énergie à des dessins justes, fins et superbement colorés par Villari.

Un « must have » pour comprendre l’avant et (bizzarement – mais on est dans le monde Marvel -) l’aprés Ragnarok !

 

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Panini Comics

 

Gauguin

Un grand Merci à Babelio et aux éditions Palette pour la découverte de ce livre et aussi de la collection Artmini dont il fait partie.
Parler d’art aux enfants est, à mon avis, essentiel et des supports adaptés peuvent faire toute la différence.
Gauguin est présenté par les éditions Palette comme adapté aux 5 ans et plus, je le trouve parfait pour une initiation à l’art et il peut être utilisé par les parents qui vont adorer la réaction des petits.
Ce livre retrace les moments clés de la vie de Gauguin, son enfance au Pérou, son travail dans la finance, les relations et les influences qui l’ont accompagné.
La tumultueuse existence du petit fils de Flora Tristan est décrite dans cet ouvrage de façon ludique et claire en suivant le fil des tableaux de Gauguin.
La qualité du papier permet d’avoir des images d’excellent niveau et d’apprécier les œuvres et la large gamme chromatique du peintre.
Je suis donc conquise par ce petit livre cartonné qui peut aussi servir de support avant ou après l’exposition en cours au Grand Palais à Paris.
Je compte bien découvrir les autres titres de la collection Artmini.

 

 

 

 

 

 

 

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Éditions Palette

Abattoirs de Chicago – Le monde humain-

 

L’auteur de cet ouvrage inclassable  est Jaques Damade, fondateur de la maison d’édition La Bibliothèque et professeur de français au Cours Saint John Perse à Paris.
Grand passionné de littérature et amateur de Borges.

Ce petit livre en partant de la description documentée et très précise de la création des abattoirs de Chicago nous fait voyager intellectuellement, le questionnement est bien plus profond que la réalité et l’évolution de celle qui deviendra une grande chaîne de montage de la viande.
Chicago, ville brutale, berceau parfait pour le développement du capitalisme nous oblige à une méditation philosophique qui part du local pour devenir générale, à l’échelle de l’humanité.
Le réel n’est qu’un cas particulier du possible….

La pensée de Damade, parfois proche des derniers textes de Noam Chomsky, est plus que jamais d’actualité. L’éclectisme des citations qui accompagnent les chapitres est amusante (mention spéciale pour Giacomo Leopardi).
Une excellente plume et un style personnel vous feront encore plus apprécier le live.

Nous vous conseillons cette lecture et aussi les autres titres du catalogue des éditions La Bibliothèque.

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Éditions La Bibliothèque

 

Batman: le match Teshigori – Marini

Deux BD surprenantes démontrent que l’esprit comics n’est plus cantonné aux frontières des USA. Mondialisation oblige, deux Batman très différents sont sur les étals de fin d’année.
C’est un match France-Japon de l’interprétation du détective champion.

D’un coté un Batman, format 12,7×18, porté par Shiori Teshigori qui avait déjà dessiné les Chevaliers du Zodiaque (Saint Seya pour les connaisseurs).
Tout les codes du manga d’action sont là : destruction massive, intrigue avec declamation fulgurante, robots géants des « Mecha ».
Un mariage réussi qui plaira aux amateurs de bd japonaise.


De l’autre coté du ring : Batman, format 21×32,6 en mode Européen par Enrico Marini.
Là c’est plus le coté justicier détective qui est mis en avant dans un graphisme qui traduit bien l’atmosphère que l’on imagine de Gotham.
Tout y est, de l’humour décalé d’Alfred , de la plasticité et inconstance de Catwoman au désir de réparation de Batman.
Le traitement cyan pour rendre le brouillard de Gotham, les mouvements fluides dans un découpage cinématographique des combats de Batman, les expressions perverses du joker font que c’est un magnifique opus des aventures du chevalier noir que l’on pourra ranger en vitrine entre les Dark Knight de Miller et « V pour vendetta » de Moore et Loyd.

On ne va pas se la jouer Teddy Riner, les 2 méritent d’être lu, mais je dois reconnaître que le travail de Marini sur « Scorpion » ou « les Aigles de Rome » confine au chef d’oeuvre dans « Batman- The Dark prince Charming »

 

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Une petite ville nazie

Dans Une petite ville nazie, réédité en français après une longue période d’absence dans nos librairies, l’historien William Allen décrypte la prise de pouvoir du parti nazi à l’échelle d’une petite ville.
Une vision glaçante de la radicalisation d’une cité.
Avec cette monographie extrêmement détaillée retraçant l’évolution de la petite ville de Thalburg (ce nom d’emprunt recouvre une localité de Basse-Saxe désormais identifiée), l’auteur apporte une contribution précieuse à la compréhension du phénomène nazi.
Le Guardian a dédié un très bel article à cet ouvrage juste après le Brexit.
Un livre atypique qui devrait être lu au lycée pour mieux comprendre comment une idéologie et des attitudes néfastes peuvent s’implanter petit à petit dans le quotidien, dans les gestes ordinaires d’une population qui accepte la banalité du mal.
Cet essai se lit comme un roman historique et il vous passionnera.

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Éditions Tallandier

Le monarque de la vallée

Résumé de l’éditeur :

Cela fait deux ans qu’Ombre a quitté les Etats-Unis, et peut être n’y retournera-t-il jamais. Dans les Highlands écossais, là où le ciel est blanc et où on est éloigné de tout, les riches et les célèbres se rassemblent dans une vielle maison au coeur de la vallée. Quand un étrange docteur lui propose de travailler pour eux, Ombre ne peu qu’être intrigué. D’autant plus que d’étranges rêve le hantent
Né en 1960 en Angleterre, Neil Gaiman est auteur de célèbres comics, scénariste et romancier. Lauréat de nombreux prix, il est lu dans le monde entier. Son roman culte American Gods adapté en série par Bryan Fuller et Michael Green est diffusée en 2017. Ses romans et nouvelles sont publiés en France au Diable vauvert.

Mon avis :

Cette toute récente édition nous propose un très beau livre, illustré dans le pur esprit Gaiman.
Je dois vous dire que j’apprécie énormément cet auteur. C’est tout simplement un magicien des mots, il vous plonge dans ses histoires avec grande habileté. Dans Le monarque dans la vallée on retrouve Ombre dans un château du fin fond de l’Ecosse, impliqué dans l’affrontement d’êtres mythiques.
Si vous avez lu Américain Goods vous allez reconnaître le héros et le suivrez dans une autre aventure du même univer mais, la nouvelle peut se lire indépendamment de la connaissance du roman.
Gaiman est particulièrement à l’aise avec les textes courts et si ce format vous plaît ce petit livre vous satisfera.

L’illustrateur Daniel Egnéus a réalisé ses exellents dessins aussi pour les autres livres qui, avec Le monarque de la vallée, font partie du « quatuor American Gods » avec le roman principal, Anansi Boys et Black Dog.

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Éditions au Diable vauvert

Desproges par Desproges

Que dire de ce superbe, exhaustif, tendre, drôle, et magnifiquement illustré premier pas  des éditions du courroux qu’est « Desproges par Desproges » ?

D’abord que je ne sais pas où le ranger, j’hésite à le mettre dans la bibliothèque, auprès de Cavanna et Daudet ou simplement toujours à portée de main pour le rouvrir en cas d’attaque de médiocrité des turpitudes de la vie.

Perrine, sa fille et la « polisitesse » de la Merveille nous livre avec un impudeur complète la jeunesse, les joies, les doutes de Pierre Desproges ainsi que son amour total pour sa belle Hélène.

Ce ne sont pas des photos et autres anecdotes choisies façon « point du vue-images du monde », mais l’intimité réelle du trublion que nous pouvons découvrir et partager.

Tout ce qui concourt à la construction de Desproges : ses espoirs ; ses peurs ; ses détestations ; son cheminement d’auteur se trouvent réuni dans un magnifique album de famille.

C’est le cadeau incontournable pour votre belle-mère qui ne rie qu’au blagues de toto pour qu’elle s’interroge enfin, pour votre neveu boutonneux qui croit être le premier à critiquer le monde, ou pour votre amour tant les lettres de Pierrot à Hélène font passer « Roméo et Juliette » pour le bal des imbéciles, pour vous même afin de reprendre une sucée d’auto-dérision et de sourire en reculant la fin.

Ce livre est plus de 339 pages de sincérité à partager sans modération.
( 39€ soit 11 centimes la page, donc enfin au même prix que la plupart des livres de Bedos)

 

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Éditions  du courroux