L’Empreinte

Mot de l’éditeur :

Etudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu’au jour où son chemin croise celui d’un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession l’épouvante et ébranle toutes ses convictions. Pour elle, cela ne fait aucun doute : cet homme doit être exécuté. Bouleversée par cette réaction viscérale, Alexandria ne va pas tarder à prendre conscience de son origine en découvrant un lien entre son passé, un secret de famille et cette terrible affaire qui réveille en elle des sentiments enfouis. Elle n’aura alors cesse d’enquêter inlassablement sur les raisons profondes qui ont conduit Langley à commettre ce crime épouvantable. 

Dans la lignée de séries documentaires comme Making a Murderer, ce récit au croisement du thriller, de l’autobiographie et du journalisme d’investigation, montre clairement combien la loi est quelque chose d’éminemment subjectif, la vérité étant toujours plus complexe et dérangeante que ce que l’on imagine. Aussi troublant que déchirant.

Notre avis :

Le livre d’Alexandria Marzano-Lesnevichûr  est certes l’histoire troublante d’un meurtre, mais le lecteur découvre vite que c’est beaucoup plus que cela. 

On pourrait, si une définition s’imposait, dire que c’est une biographie écrite dans un roman. C’est un récit douloureux et réfléchi d’un crime et de la façon dont il a affecté les personnes impliquées, mais il est question également de la façon dont cette histoire a changé la vie de l’auteure Alexandria Marzano-Lesnevich. 

L’auteure est la fille d’un avocat et, autant qu’elle s’en souvienne, elle se rappelle d’avoir été fascinée par la loi. 

À l’âge de vingt-cinq ans, elle a dû se rendre à la Nouvelle-Orléans pour lutter contre la peine de mort, en internant dans un cabinet d’avocats représentant des personnes accusées de meurtre.

L’auteure pensait que ses opinions étaient immuables, mais elle a ensuite rencontré Ricky Langley, qui risquait la peine de mort pour le meurtre de Jeremy Guillory, âgé de six ans. Jeremy était le fils d’une mère célibataire, Lorilei; qui était enceinte de son deuxième enfant lorsque Jeremy a disparu. Marzano-Lesnevich entremêle l’histoire de Lorilei et Jeremy, avec celle de Ricky Langley et celle de sa propre existence.

il s’agit d’un livre sur l’impact de nos actions passées sur le présent, sur les secrets de famille et sur la découverte que la vie n’est pas aussi claire que nous l’imaginons, les zones grises sont bien présentes.

Nos expériences définissent nos opinions façonnent notre présent et influencent notre avenir. 

Ce fascinant hybride littéraire est très subtil et soigné dans son écriture.

Je me réjouis de d’avoir lu cet ouvrage que je conseille pour son intelligence et son raffinement dans la façon de traiter des thématiques complexes.

❤️❤️❤️❤️❤️

Sonatine 

Alexandria Marzano-Lesnevichûr 

La saga des intellectuels français, 1944-1989

Mot de l’éditeur :

Nul n’était aussi bien armé que François Dosse pour relever le défi : une histoire panoramique et systématique de l’aventure historique et créatrice des intellectuels français, de la Libération au bicentenaire de la Révolution et à la chute du mur de Berlin. Son Histoire du structuralisme en deux volumes, son attention à la marche des idées, ses nombreuses biographies (de Michel de Certeau, Paul Ricoeur, Pierre Nora, Cornelius Castoriadis) lui ont donné, depuis vingt ou trente ans, une connaissance assez intime de la vie intellectuelle de la seconde moitié du XXe siècle pour lui permettre de couronner son oeuvre par une tentative de cette envergure. Le premier volume, 1944-1968, couvre les années Sartre et Beauvoir et leurs contestations, les rapports contrastés avec le communisme, le choc de 1956, la guerre d’Algérie, les débuts du tiers-mondisme, l’irruption du moment gaullien et sa contestation : un temps dominé par l’épreuve de l’histoire, l’influence du communisme et la progressive désillusion qui a suivi. Le second volume, 1968-1989, va de l’utopie gauchiste, de Soljenitsyne et du combat contre le totalitarisme, à la « nouvelle philosophie », l’avènement d’une conscience écologique, la désorientation des années 80 : un temps marqué par la crise de l’avenir et qui voit s’installer l’hégémonie des sciences humaines. Ce ne sont là que quelques-uns des points de repère de cette saga, qui embrasse une des périodes les plus effervescentes et créatrices de l’intelligentsia française, de Sartre à Lévi-Strauss, de Foucault à Lacan. Le sujet a déjà suscité une énorme bibliographie, mais une fresque de pareille ampleur est appelée à faire date.

Notre avis :

Ce livre nous parle d’un temps que les moins de 50 ans peuvent ne pas connaître: un temps où les politiques avaient des idées, et les idéologues de la foi.

Les 2 tomes se lisent comme un roman d’aventure, que dis-je de récit de guerre : « la chute » , « le deuxième sexe » , « Race et histoire », « l’anti-oedipe », « la barbarie à visage humain » sont autant de places-fortes attaquées et défendues par les lumières d’époques révolues.

De la Libération à la chute du mur de Berlin, ce livre raconte les grands et petits faits de la saga des intellectuels français.

C’est un régal pour l’esprit que de se laver la cervelle des tweets tristes du quotidien par les pamphlets, par les éditoriaux d’antan qui avaient autrement plus de style, de panache.

En racontant les contextes des créations des œuvres majeures de la seconde partie du 20e siècle, François Dosse nous offre la possibilité de les redécouvrir.

Evidement pour tous ceux qui n’ont pas fait de grandes études littéraires certains noms ne siègent qu’à la périphérie des mémoires, on les connait, on en a parfois lu quelques uns au lycée et surtout pas depuis, on en a quelques fois vu quelques interviews au dessus de l’assiette, mais cela s’arrête là.

Ce livre me fait rêver qu’il soit possible de réveiller notre soif de l’esprit, peut-être qu’un lecteur improbable découvrira au fil des pages un penseur, qu’il aura envie de s’approprier davantage et par là augmentera sa part d’humanité.

Pour cela M. l’auteur : Merci

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard

Alto Braco

Mot de l’éditeur :

Alto braco, «haut lieu» en occitan, l’ancien nom du plateau de l’Aubrac. Un nom mystérieux et âpre, à l’image des paysages que Brune traverse en venant y enterrer Douce, sa grand-mère. Du berceau familial, un petit village de l’Aveyron battu par les vents, elle ne reconnaît rien, ou a tout oublié. Après la mort de sa mère, elle a grandi à Paris, au-dessus du Catulle, le bistrot tenu par Douce et sa sœur Granita. Dures à la tâche, aimantes, fantasques, les deux femmes lui ont transmis le sens de l’humour et l’art d’esquiver le passé. Mais à mesure que Brune découvre ce pays d’élevage, à la fois ancestral et ultra-moderne, la vérité des origines affleure, et avec elle un sentiment qui ressemble à l’envie d’appartenance.

Vanessa Bamberger signe ici un roman sensible sur le lien à la terre, la transmission et les secrets à l’œuvre dans nos vies.

Notre avis :

C’est un beau roman, c’est une belle histoire j’ai envie de vous le dire un peu comme une chanson qui raconte l’Aubrac, les liens avec la terre, avec la famille.

De Paris à l’Aveyron un court séjour se transforme en un voyage long physiquement et mentalement, hauts et bas se succèdent.

Une fresque qui se découvre petit à petit.

La surprise des racines retrouvées qui racontent une histoire de famille différente.

Nous découvrons également le lien de cette terre avec la viande qu’elle produit et les difficultés et questionnements autant pratiques qu’éthiques qui sont liés à cette filière.

La viande dans la vie de Brune, la protagoniste de ce roman, est une véritable géhenne,  le voyage vers le passé qu’elle va accomplir permettra de remettre en place un puzzle émotif bien plus compliqué et bien ancré dans la terre de ses ancêtres.

Vanessa Bamberger écrit sur l’inné et l’acquis, thème inépuisable traversant toutes les disciplines. Est-ce qu’il existe une « grammaire universelle » à la Noam Chomsky ? Quelle place occupe l’acquis dans notre développement ? Tout ça se trouve en filigrane dans la fine dentelle que l’auteure tisse.

Comme pourraient le faire ses personnages Douce et Granita avec leur recettes, l’auteur nous nourrit d’une plume exquise.

Superbement construit ce récit offre des couches successives de lecture pour nous délecter.

❤️❤️❤️❤️❤️

Liana Levi 

Vanessa Bamberger
Aubrac

Virgile

Mot de l’éditeur :

Un bruit étrange, comme un vrombissement, réveille une jeune femme dans la nuit. Elle pense que son compagnon la taquine. La fatigue, l’inquiétude, elle a tellement besoin de dormir… il se moque sans doute de ses ronflements. Mais le silence revenu dans la chambre l’inquiète. Lorsqu’elle allume la lampe, elle découvre que l’homme qu’elle aime est en arrêt cardiaque.
Avec une intensité rare, Hyam Zaytoun confie son expérience d’une nuit traumatique et des quelques jours consécutifs où son compagnon, placé en coma artificiel, se retrouve dans l’antichambre de la mort.

Comment raconter l’urgence et la peur ? La douleur ? Une vie qui bascule dans le cauchemar d’une perte brutale ? Écrit cinq ans plus tard, Vigile bouleverse par la violence du drame vécu, mais aussi la déclaration d’amour qui irradie tout le texte. Récit bref et précis, ce livre restera à jamais dans la mémoire de ceux qui l’ont

L’Auteure :

Comédienne, Hyam Zaytoun joue régulièrement pour le théâtre, le cinéma et la télévision. Elle collabore par ailleurs à l’écriture de scénarios. Elle est aussi l’auteur d’un feuilleton radiophonique – « J’apprends l’arabe » – diffusé sur France Culture en 2017. Vigile est son premier texte. 

Notre avis :

Ce roman se dévoile et se découvre comme une pièce de théâtre posée sur le papier par une comédienne qui allume le projecteur sur sa propre histoire, sur son propre drame loin d’etre écrit de façon ordinaire.

J’ai eu l’impression de rentrer dans cette famille, de vivre avec toutes et tous 128 pages de soupirs et d’espoirs.

C’est un texte émouvant, esquissé avec tendresse et pudeur. Hyam Zaytoun dévoile les moments intimes qu’elle a décidé de partager avec son nouveau public : le lecteur.

Le massage cardiaque que la protagoniste prodigue à son compagnon est interminable il peut paraître banal et pourtant il est la clé de tout, ne pas céder, lutter, persévérer, le geste qui sauve.

Après, quand d’autres prennent en charge l’être aimé, les doutes et les peurs, l’envie d’être à la hauteur arrivent. Nous ne pouvons plus agir directement comme pour le massage, il faut patienter, réfléchir.

Comment gérer les enfants, les préserver sans les exclure.

Comment imaginer « les possibles ». Espérer le meilleur dénouement mais être prête à tous les scénarios.

Comment tout simplement faire face à cette douleur.

Une histoire d’amour et un amour pour la vie.

Je ne peux que conseiller cette lecture.

❤️❤️❤️❤️❤️

Le Tripode

Boy erased

Date de parution : 13/02/2019

Mot de l’éditeur :

Garrard a 19 ans lorsque ses parents découvrent son homosexualité. Problème : ce sont des chrétiens ultra-conservateurs. Pour eux, leur fils doit être « guéri ». Garrard est alors conduit dans un centre de « conversion », où des pasteurs le forcent à devenir un autre. Où la Bible fait loi. Où Harry Potter est un livre déviant, où il est interdit d`écouter Beethoven. Là-bas, malgré tout, Garrard trouvera l`amitié et la force d`être lui-même. Entre Pourquoi être heureux quand on peut-être normal ? de Jeanette Winterson et le roman puis film Call me by your name d’ André Aciman, Boy Erased est une plongée effrayante dans un univers intégriste ainsi qu`une immersion touchante dans les réflexions d`un jeune gay, et une magnifique histoire d`amour filial. Un récit littéraire nécessaire, acclamé et classé dans les meilleurs ouvrages, adapté en film avec Nicole Kidman et Xavier Dolan.

Notre avis :

Disons tout de suite que ce livre écrit avec le style d’un roman raconte une histoire réelle.

Le vrai voyage de Garrard, long et pénible mais grâce auquel il trouvera la force et la conscience nécessaires pour affirmer sa vraie nature et vaincre l’hypocrisie qui l’entoure tel est le récit que nous allons découvrir et suivre.

Au-delà de l’histoire terrifiante et de tout ce que Garrard Conley a dû endurer, il me semble utile d’arrêter le regard sur le substrat social américain dans lequel la LIA (Love in action) trouve un terrain fertile. 

Un horrible système qui pense devoir se protéger de ceux qui peuvent briser la tranquillité de la communauté . 

Une mentalité contagieuse et un effet de groupe qui empêche de faire un pas vers l’autre, de s’ouvrir à lui et apprendre à le connaître. 

Garrard Conley fait face à cette emprise et se pose donc des questions  :  comment concilier le fait de vouloir se consacrer à Dieu et de se faire dire que Dieu n’accepte pas ceux comme lui ?

Comment une personne peut-elle être obligée de s’effacer ?

Comment peut-on placer un individu, un fils, dans un mécanisme qui vise à détruire sa personnalité ?

Jared va dans la structure de de re-education voulue par ses parents (on y retrouve un contexte qui ressemble à une version fanatique et bigote de “Vol au-dessus d’un nid de coucou”)

D’abord prêt à suivre sans réagir les «leçons» imparties, il finira par trouver la force de s’opposer et d’imposer la vérité à ses parents.

L’auteur est donc bien sorti de l’influence de prétendues «théories réparatrices». Il vit aujourd’hui à Brooklyn, est heureux et marié avec un homme, il rencontre régulièrement des institutions et écoles pour expliquer ce que signifie grandir homosexual dans le sud des États-Unis.

Il travaille avec des jeunes gay pour leur apprendre à surmonter les traumatismes par l’écriture, Il a une relation qu’il décrit comme apaisée avec sa famille et son père.

Boy Erased est une ode à l’amour qui survit malgré tout.

Je vous le recommande vivement de lire ce livre qui mérite aussi une réflexion post lecture vue l’actualité de la thématique.

« Si tu diffères de moi mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis »
ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY 

❤️❤️❤️❤️❤️

Autrement

Gerrard Conley
Le film

Le tour de l’oie

Date de parution : 07/02/2019

Mot de l’éditeur :

«Une fois interrompue la série des naissances, j’étais un rameau sans bourgeon ou, comme dit un de mes amis pêcheurs : un rocher qui ne fait pas de patelles. 

Je te parle à toi ce soir qui n’est même pas celui-ci. C’est un soir. 

Toi, tu es là, plus vrai, plus proche et consistant que le plafond. Je te parle à toi et non à moi-même. 

Je le sais parce qu’avec moi je parle napolitain.» 

Un soir d’orage, un homme – qui ressemble beaucoup à l’auteur – est assis à une table, chez lui. Éclairé par le feu de la cheminée, il est en train de lire un livre pour enfants, Pinocchio. Dans la pénombre, une présence évanescente apparaît à ses côtés, qui évoque le profil du fils qu’il n’a jamais eu. L’homme imagine lui raconter sa vie : Naples, la nostalgie de la famille, la nécessité de partir, l’engagement politique. À travers cette voix paternelle, ce fils spectral assume progressivement une consistance corporelle. La confession devient confrontation, la curiosité se transforme en introspection, le monologue évolue en dialogue, au cours duquel un père et un fils se livrent sans merci.

Notre avis :

Un soir, en relisant Pinocchio, un homme sent la présence du fils qu’il n’a pas eu, le fils que sa mère – la femme avec qui il l’a conçu dans sa jeunesse – a décidé d’avorter. À la douce lumière de la cheminée, le fils lui apparaît déjà adulte, et cette présence est suffisante « ici et ce soir ».

La vague des souvenirs monte à la surface, tout y est : l’enfance napolitaine, la nostalgie de la mère et du père, le besoin de partir, de suivre sa voie et chercher la liberté.

Ce fils muet ne va pas le rester et prend la parole et le monologue devient un dialogue, qui enquête sur le sens de la vie, sur les affectes, sur les choix que nous faisons, sur les livres (pour l’auteur, le seul écrivain indispensable est Borges) , sur l’importance des mots et des histoires. Une enquête qui veut être le périscope d’une recherche en réalité intérieure.

L’auteur va continuer à poser et se poser des questions, dire « pourquoi » est essentiel dans l’étrange et pas tranquille fleuve qu’est la vie.

Avec Le tour de l’oie, Erri De Luca écrit une histoire très intime c’est un plaisir de la lire.

La phrase que j’ai le plus aimé :

« Les mots sont l’instrument des révélations »

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard 

Erri De Luca
Sur Borges…
L’occasion pour redécouvrir Pinocchio

Les frères Lehman

Mot de l’éditeur :

11 septembre 1844, apparition. Heyum Lehman arrive de Rimpar, Bavière, à New York. Il a perdu 8 kg en 45 jours de traversée. Il fait venir ses deux frères pour travailler avec lui.
15 septembre 2008, disparition. La banque Lehman Brothers fait faillite. Elle a vendu au monde coton, charbon, café, acier, pétrole, armes, tabac, télévisions, ordinateurs et illusions, pendant plus de 150 ans.

Comment passe-t-on du sens du commerce à l’insensé de la finance ? Comment des pères inventent-ils un métier qu’aucun enfant ne peut comprendre ni rêver d’exercer ?

Grandeur et décadence, les Heureux et les Damnés, comment raconter ce qui est arrivé ? Non seulement par les chiffres, mais par l’esprit et la lettre ?

Par le récit détaillé de l’épopée familiale, économique et biblique. Par la répétition poétique, par la litanie prophétique, par l’humour toujours.

Par une histoire de l’Amérique, au galop comme un cheval fou dans les crises et les guerres fratricides.

Comment prendre la suite de Yehouda Ben Tema qui écrivit dans les Maximes des Pères :

« Tu auras cinquante années pour devenir sage.

Tu en auras soixante pour devenir savant » ?

Nous avons 848 pages et environ 30 000 vers pour devenir instruits, circonspects, édifiés. Groggy.

Biographie de l’auteur :

Né en 1975, Stefano Massini est l’un des plus grands dramaturges contemporains et l’auteur italien le plus représenté sur les scènes du monde entier. Il a remporté sept prix de la critique en France, Italie, Allemagne et Espagne, et ses textes ont été traduits dans quinze langues. En 2015, il succède à Luca Ronconi, en tant que conseiller artistique du Piccolo Teatro de Milan, Théâtre d’Europe. Les Frères Lehman, son premier roman, a été récompensé en 2017 du prix de la sélection Campiello. Il a remporté la même année le prix littéraire international Mondello et le prix Vittorio De Sica. Les frères Lehman est son premier roman.

Notre avis :

C’est en effet l’histoire d’une famille et de la manière dont elle va devenir partie intégrante de la vie des Américains et de leur gestion de capitaux, à partir des règles, des rôles que chaque membre de la future dynastie assume ou impose.

Les frères Lehman est dessiné avec un coup de pinceau éclairé qui donne vie à un roman historique sous forme de véritable balade.

Massini réussit, avec perspicacité et dynamisme, sa parabole riche en images sur le capitalisme et son évolution vers la forme actuelle. 

« L’immortel » Henry » initie son ascension, avec ses deux frères cadets, du commerce de coton en Alabama au transfert des activités à New York. Les Lehman Brothers développent le concept de « médiation » commerciale qui conduira les trois astucieux protagonistes à remporter des succès retentissants dans l’hyper-activisme qui grandit dans « The big apple ». À partir de là, tout commence, la naissance de la bourse de Wall Street, l’histoire du canal de Panama, le rôle dans la crise de 29, dans l’industrie de la guerre, les investissements pétroliers, les différentes banques, les premiers mouvements dans la haute finance et une course laborieuse à la dématérialisation de l’économie, concept qui a produit le trading le plus téméraire dont nous connaissons les conséquences.

C’est un texte que vous dévorerez.

 ❤️❤️❤️❤️❤️

Éditeur Globe

Stefano Massini

Tout ce qui nous submerge

Date de parution ; 13/02/2019

Mot de l’éditeur :

« Nos lieux de naissance reviennent toujours. Ils sont notre moelle – ils sont inscrits en nous. Si on nous retournait la peau, leur carte apparaîtrait à l’envers de façon qu’on puisse toujours y revenir. Pourtant, incrusté à l’envers de ma peau, il n’y a ni canal, ni voie ferrée, ni bateau mais simplement : toi. »

Jusqu’à ses seize ans, Gretel a vécu avec sa mère, Sarah, sur une péniche le long des canaux de l’Oxfordshire. Puis un jour, Sarah a disparu.

Seize ans plus tard, un coup de fil vient raviver les questions qui n’ont jamais cessé de hanter Gretel : pourquoi Sarah l’a-t-elle abandonnée ? Qu’est devenu cet étrange garçon qui vivait avec elles ? Que s’est-il réellement passé sur la rivière ? Daisy Johnson signe ici une histoire de famille et d’identité, de langage et d’amour, qui frappe par la maîtrise et la beauté de son écriture.

Daisy Johnson :

Daisy Johnson est née en 1990 à Paignton au Royaume-Uni. Elle a publié en 2016 un recueil de nouvelles, Fen, lauréat de nombreux prix littéraires. Elle est la plus jeune auteure à avoir jamais figuré parmi les finalistes du Man Booker Prize pour son premier roman, Tout ce qui nous submerge.

Notre avis :

La beauté de ce livre est qu’il est ouvert à des interprétations variées. 

La nature joue également un rôle. Comme dans beaucoup de romans de cette année, l’environnement est fondamental pour compléter la vision du monde des personnages. 

J’ai aimé lire ce roman. 

La prose de Johnson m’a parfois fait penser à Ali Smith (auteure entre autres de « Comment être double »).

C’est un livre qui se concentre sur les nuances du langage et sur le lien qu’il crée entre les individus. 

C’est un livre profondément enraciné dans la mythologie grecque et les contes des frères Grimm.

C’est un livre atypique et marquant.

La ligne temporelle mêle passé et présent, les limites entre le réel et le fantastique s’effacent de plus en plus au fil des pages et la seule constante est l’écriture sublime qui maintient la cohérence de cet album de famille exceptionnel, premier roman d’une jeune auteure talentueuse ; un récit merveilleusement étrange.

Une phrase du livre qui était reprise aussi par The Guardian dans un article sur cet ouvrage définit à mon avis la vision de l’auteure :

« Il y a plus de débuts que de fins pour les contenir. »

The Guardian compare par ailleurs Daisy Johnson à Iris Murdoch  : « Le résultat me rappelle Iris Murdoch – cette intériorité sans compromis des personnages » écrit le journaliste.

5 cœurs pour ce roman.

❤️❤️❤️❤️❤️

Stock 

Daisy Johnson


De l’Angleterre et des Anglais


Date de parution : 03/01/2019

Mot de l’éditeur :

Des instantanés qui distillent l’essence d’une vie. Des moments pris sur le vif que l’on déroule comme une pellicule. Des héros ordinaires ; ce qui les lie, ce qui les sépare. Un couple de jeunes mariés vient de remplir son testament. Un médecin raconte pour la centième fois l’histoire de son père immigré. Un homme fantasme sur l’épouse de son meilleur ami. Une femme n’arrive plus à dormir dans la même chambre que son mari après les sombres révélations de sa fille. Traversant les palais du XVIIe siècle et les chambres feutrées d’aujourd’hui, le lecteur est témoin de nombreux drames, du plus secret au plus ostensible. Au fil des nouvelles qui composent ce recueil, chaque portrait s’anime pour révéler, dans une prose sobre aux multiples facettes, un émouvant fragment du quotidien. De quoi se compose l’identité de l’Angleterre aujourd’hui ? En détaillant tantôt avec tendresse, tantôt avec cruauté, une cartographie émotionnelle et humaine de son pays, l’auteur du très remarqué Dimanche des mères nous offre ici une vision vivante et cosmopolite de la société britannique.

Notre avis :

C’est une collection plus qu’intéressante de nouvelles, je découvre l’auteur et j’en suis ravie.

Mention spéciale pour les récits qui se situent dans le passé, en 1805 ou dans une Angleterre déchirée par la guerre de Sécession par exemple.

Les histoires qui nous sont contées confrontent le lecteur principalement avec des situations assez ordinaires : un homme se souvenant du jour où il a rendu visite à un avocat avec sa nouvelle épouse pour faire son testament, deux amis de longue date à l’enterrement de leur ancien directeur d’école, un homme se rappelant à quel point ses parents considéraient un voisin qui semblait un peu étrange, un ostéopathe veuf avec un jeune client, un homme qui s’enferme à l’extérieur de sa maison… Cependant, toutes ces situations initialement normales ont une grande force : celle de montrer ce qui se passe sous la surface. Que ce soit un coiffeur qui discute avec un client ou un homme qui achète des pâtes chez Waitrose,  Graham Swift découvre la profondeur des sentiments humains. Ce livre traite du chagrin, de la solitude, de l’isolement, de l’amitié, des liens de l’enfance et de la perte. Un très bon recueil d’histoires courtes. Livre hautement recommandé

Gallimard

❤️❤️❤️❤️❤️

Graham Swift
Stéréotypes

Super-Héros : Une histoire politique de William Blanc.

Mot de l’éditeur :

Loin d’être un simple produit de divertissement, le genre super-héroïque a été pensé dès son origine comme un outil politique par des auteurs issus de milieux modestes. Captain America a ainsi été créé par deux auteurs juifs pour corriger Hitler dans des comics avant même que les États-Unis n’entrent en guerre alors que Wonder Woman a été pensée pour promouvoir l’émancipation des femmes. 

Cinéma, séries télévisées, romans, jeux… les super-héros, nés il y a quatre-vingts ans avec l’apparition de Superman, ont envahi la culture populaire planétaire. 

D’autres super-héros ont rapidement eu pour fonction de faire croire à l’existence d’un futur radieux à portée de mains dans lequel le modèle démocratique se répandrait sur l’ensemble du globe pour triompher des tyrannies « féodales » totalitaires. Plus tard, de nouveaux personnages plus troubles ont symbolisé une Amérique en plein doute, frappée de plein fouet par la crise pétrolière et la défaite au Vietnam, puis le 11 septembre 2001. 

Évoquant tour à tour Superman, Batman, Wonder Woman, Captain America, Namor, l’Escadron suprême, Black Panther, Luke Cage, Green Arrow, Red Sonja, Howard the Duck, Punisher, Iron Man, les super LGBT et Wolverine, cet ouvrage se propose d’explorer les discours politiques qui se cachent derrière le masque des surhumains.

L’AUTEUR

William Blanc est un historien médiévaliste spécialiste des cultures populaires. Il a notamment écrit Le Roi Arthur. Un mythe contemporain (Libertalia 2016) et coécrit Les Historiens de garde. De Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national, avec Aurore Chéry et Christophe Naudin (Inculte 2013, Libertalia 2016), Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l’histoire au mythe identitaire avec Christophe Naudin (Libertalia, 2015).

Notre avis:

La mort récente de Stan Lee a fait, pendant quelques jours, sortir les super-héros des librairies, des télés et des cinémas pour être de toutes les conversations, de toutes les informations sur toute la planète ! Un géant nous avait quitté, laissant un univers complet ayant sa cohérence propre en héritage.

L’étude de William Blanc sur le contenu politique des comics démontre non seulement qu’ils sont un art à part entière mais que l’aspect idéologique des personnages n’était pas fortuit.

Que ce soit Superman, Batman, Wonder-Woman – les connaisseurs savent qu’ils sont DC et non Marvel – ou Captain America, Namor, Black-Panther et même Howard the Duck, découvrir les genèses idéologiques des super-héros permet de comprendre l’engouement pour les films Marvel, DC et autres.

Alors que l’ère des grands intellectuels disparaît, on pourrait penser que les grandes idéologies sont maintenant portées sinon incarnées par de nouvelles idoles.

Dans les manifestations on peut croiser des jeunes ayant l’un le Ché, l’autre T’challa (Black-Panther), dans les maisons: de nouveaux autels aux dieux Lares apparaissent avec les figurines de plombs d’Iron-Man, de Batman, et de tant d’autres.

Ce livre permet d’en comprendre les tenants idéologiques et j’en imposerai la lecture à tous ceux qui s’interrogent en apprenant ma passion des comics.

Sérieux, aussi fouillé que documenté, cette étude doit être une étape obligatoire pour aborder les comics en adulte.

Personnellement, voir cité Umberto Eco et Antonio Gramsci dans la même phrase vaut « imprimatur » et m’a fait plus que sourire.

❤️❤️❤️❤️❤️

Libertalia

Umberto Eco et Gramsci…