Le berceau

Mot de l’éditeur :

Joseph fabrique le berceau de sa première petite-fille, lorsqu’un coup de téléphone l’interrompt. Un crash d’avion : son fils dedans, son gendre aussi. Et la petite alors ? Sauve, bien vivante ! Prête à naître, car grandissant dans le ventre d’une mère porteuse canadienne choisie par le couple homosexuel. Joseph n’a jamais foutu les pieds hors de sa Normandie natale, il a passé sa vie dans une ferme, vendu ses vaches, enterré sa femme : il n’a plus que cette enfant en tête. Alors il part. À la rencontre de la minuscule promesse qui prolonge l’existence de son fils. À la rencontre de la jeune étrangère, farouche et indomptable, qui la couve. Rien n’est simple dans cette histoire, mais il se lance, à plein régime, dans une réinvention audacieuse et poignante de la famille contemporaine.

Biographie de l’auteur :

Fanny Chesnel est scénariste. Son premier roman, Une jeune fille aux cheveux blancs a été porté à l’écran par Marion Vernoux avec Fanny Ardant sous le titre Les beaux jours.

Notre avis :

Jolie plume pour un excellent roman. Histoire très originale et le récit séduit tout de suite. La tragédie d’abord suivie de la vie qui reprend son cours.

L’appel de la compagnie aérienne, les tâches ordinaires comme fermer un compte FB sont si lourdes car elles confirment que le proche disparu ne reviendra pas. La recherche du mot de passe de l’ordinateur d’Emmanuel est poignante, il avait choisi comme question secrète « quel est votre livre préféré ? » Cela oblige le père à se plonger dans les livres de son enfant disparu.

La famille est à mon avis, ce lieu prodigieux où l’amour est le mot à l’affiche, où des êtres humains avec toutes les imperfections et faiblesses font de leur mieux pour vivre ensemble et, si il y a un enfant, pour lui donner tout ce qui leur est possible. Le Berceau est un livre émouvant, délicat qui parle de la famille dans tous ses aspects.

Malgré le drame qui vient de le frapper notre courageux Joseph est capable d’avancer, de s’interroger, de faiblir mais sans se perdre. Un long vol, un nouveau monde pour une vie à venir pour une petite espérée et attendue.

Il a été le premier à voir l’échographie de la mère porteuse. Il ne peut pas imaginer de couper un autre lien de renoncer à avoir eu au moins un contact direct. Tout plaide pour qu’il laisse tomber mais l’éleveur normand veut tenter de rencontrer la fille qui aurait permis à son fils d’être père. Il met donc entre parenthèses sa vie, il va se découvrir.

Belle histoire, belle aventure à lire, vous passerez un excellent moment. 

❤️❤️❤️❤️❤️

Flammarion 

Fanny Chesnel
Extrait
Carte Acadie 1757 

Ghost Virus

Mot de l’éditeur :

Samira s’est longuement observée dans le miroir, avant de verser de l’acide sulfurique sur son front. Qu’est-ce qui l’a poussée à commettre un tel acte alors que cette jeune femme avait toute la vie devant elle ? Si la police penche pour le suicide, les meurtres atroces qui ravagent bientôt Londres les poussent à revoir leur jugement. Une soif de sang, insatiable, se répand telle une épidémie, et rien ne permet d’établir des liens entre victimes et tueurs. Rien ? Pas vraiment… Tous ces assassins ont un point commun : ils portent des vêtements de seconde main. Et si ceux-ci étaient possédés par une force surnaturelle ? Une course contre la montre s’engage entre les inspecteurs, Jerry et Jamila, et cette infection…

Biographie de l’auteur :

Graham Masterton, né à Edimbourg en 1946, est l’un des auteurs d’horreur les plus renommés et populaires au monde, privilège qu’il partage avec Stephen King et Dean Koontz. Auteur de plus de 35 romans d’horreur, mais aussi policier, jeunesse… ainsi que de manuels d’érotisme vendus à 3 millions d’exemplaires (il a été rédacteur en chef de Penthouse), il a commencé sa carrière en 1976 avec Manitou, best-seller immédiat qui fut adapté au cinéma avec Tony Curtis et a connu plusieur suites.

Notre avis :

Graham Masterton est un maître absolu de l’horreur depuis des décennies et pour moi l’un des auteurs préférés de ce genre.

Ghost Virus est une lecture qui nous coupe le souffle du debout à la fin !

Le premier chapitre est explosif et très visuel. La tension dans l’histoire commence donc immédiatement et continue tout au long des pages à une vitesse vertigineuse.

Une fois commencé je n’ai pas pu m’arrêter ni envisager de lire autre chose… donc j’ai dévoré les 400 pages à toute vitesse.

Masterton utilise, comme dans ses précédents textes, des recherches bien solides. L’histoire, la médecine, la psychiatrie, le folklore ont un rôle important dans ses œuvres.

Ce livre est un kaléidoscope de styles et sensations avec une écriture fluide et prenante. Pour les fans de Graham Masterton c’est vraiment un must to read, pour celles et ceux qui n’ont pas rencontré cet auteur ça pourrait être une porte d’entrée dans son univers. Il faut tout de même rappeler que cette lecture, qui mélange horreur, thriller et surnaturel, est pour un public averti.

Si vous recherchez un roman dont l’intrigue fait très peur, exaltant et avec un mystère qui n’attend que d’être dévoilé, vous ne pouvez pas vous tromper,  Il est donc temps que vous commenciez à lire ce récit très “graphique” et violent.

Ghost Virus est l’un des meilleurs Masterson que j’ai lu.

Livr’S Editions

❤️❤️❤️❤️❤️

Graham Masterton
Extrait
Affiche adaptation Cinématographique Manitou
Trilogie Manitou

Pour l’amour des livres

Mot de l’éditeur (écrit par l’auteur) :

«  Nous naissons, nous grandissons, le plus souvent sans même en prendre la mesure, dans le bruissement des milliers de récits, de romans, de poèmes, qui nous ont précédés. Sans eux, sans leur musique en nous pour nous guider, nous resterions tels des enfants perdus dans les forêts obscures. N’étaient-ils pas déjà là qui nous attendaient, jalons laissés par d’autres en chemin, dessinant peu à peu un visage à l’inconnu du monde,  jusqu’à le rendre habitable  ? Ils nous sont, si  l’on y réfléchit, notre première et notre véritable demeure. Notre miroir, aussi. Car dans le foisonnement de ces histoires, il en est une, à nous seuls destinée, de cela, nous serions prêt à en jurer dans l’instant où nous nous y sommes reconnus  – et c’était comme si, par privilège, s’ouvrait alors la porte des merveilles. 

Pour moi, ce fut la Guerre du feu, «  roman des âges farouches  » aujourd’hui quelque peu oublié. En récompense de mon examen réussi d’entrée en sixième ma mère m’avait promis un livre. Que nous étions allés choisir solennellement à Morlaix. Pourquoi celui-là  ? La couverture en était plutôt laide, qui montrait un homme aux traits simiesques fuyant, une torche à la main. Mais dès la première page tournée… Je fus comme foudroyé. Un monde s’ouvrait devant moi… 

Mon enfance fut pauvre et solitaire entre deux hameaux du Finistère, même si ma mère sut faire de notre maison sans eau ni électricité un paradis, à force de tendresse et de travail. J’y ai découvert la puissance de libération des livres, par la grâce d’une  rencontre miraculeuse avec un instituteur, engagé, sensible, qui m’ouvrit sans retenue sa bibliothèque. 

J’ai voulu ce livre comme un acte de remerciement. Pour dire simplement ce que je dois au livre. Ce que, tous, nous devons au livre. Plus nécessaire que jamais, face au brouhaha du monde, au temps chaque jour un peu plus refusé, à l’oubli de soi, et des autres. Pour le plus précieux des messages, dans le temps silencieux de la lecture  : qu’il est en chacun de nous un royaume, une dimension d’éternité, qui nous fait humains et libres. »

M. L. B.

Biographie de l’auteur :

Michel Le Bris est l’auteur d’une œuvre romanesque importante. On lui doit entre autres, L’Homme aux semelles de vent,  La Beauté du monde (Grasset, 2008, finaliste du prix Goncourt) et Kong (septembre 2017).

Notre avis :

Amoureux des livres: précipitez-vous, courrez lire cet ouvrage.

Michel Le Bris, après son superbe Kong, publié toujours chez Grasset en 2017, continue de nous émerveiller.

La littérature, son pouvoir, sa force sont le fil conducteur de cette histoire, de cette biographe d’un passionné des mots.

On voyage avec l’auteur à travers les époques, les lieux, les envies de lecture, les rencontres qui changent la vie, qui changent sa vie. Quel plaisir de s’imaginer à Londres immergés dans toutes les éditions possibles des romans de Jack London. 

La lecture et l’écriture sont vitales pour lui, et avec sa captivante plume Michel Le Bris est notre guide, nous pouvons presque toucher les livres qu’il décrit et cite. Un tour dans une bibliothèque magnifique, dans l’une de ses librairies préférées, le voyage est magique. Nous nous retrouvons en compagnie de Borges, de Zevaco.

On découvre également le métier d’éditeur pratiqué par l’auteur et sa joie de publier des écrivains aimés et parfois oubliés.

L’enfance dans son « petit coin de Bretagne » le premier livre vraiment à lui puis Versailles, la révolution des idée, quelle vie passionnante et quel livre prenant.

« Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout » disait Victor Hugo et je ne peux que vous dire mettez ce livre payout !

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Grasset 

Michel Le Bris
Extrait
Extrait
Extrait
Son premier livre
Autre livre que je vous conseille

November Road

Mot de l’éditeur :

Sur une route perdue de l’Ouest américain, un homme roule à tombeau ouvert.

Cet homme, c’est Frank Guidry. À ses trousses, un tueur à gages mandaté par le mafieux Carlos Marcello, qui veut se débarrasser d’un témoin indésirable dans le crime du siècle : l’assassinat de JFK.

Guidry sait que la première règle, quand on est en cavale, est de ne pas s’arrêter. Et que la seconde est de ne compter que sur soi-même. Pourtant, lorsqu’il aperçoit, au bord de la route, une femme avec une voiture en panne, deux petites filles et un chien sur la banquette arrière, il y voit une proie facile. Et la couverture qui lui permettra de leurrer l’homme qui le traque.

Alors, Guidry prend le risque.

Il s’arrête.

Notre avis :

Carlos Marcello, responsable d’un important syndicat du crime à la Nouvelle-Orléans, est à l’origine de l’assassinat du président des États-Unis. Frank Guidry, l’un des meilleurs lieutenants de Marcello, mais Frank, sans le savoir, est devenu une partie intégrante du plan de assassinat de JFK, ce qui signifie qu’il est devenu cible, ce qui signifie que ses jours sont comptés car il représente le seul lien qui existe encore entre le caïd et le meurtre de Kennedy. Frank prend la route et rencontre Charlotte qui a des problèmes de voiture et se retrouve dans le même motel que notre fugitif qui se dit que le tueur à gages à ses trousses ne chercherait pas pas un homme voyageant avec une famille. Il propose donc à Charlotte et à ses enfants un voyage commun.

Parfait son plan, jusqu’à ce que Guidry réalise qu’il met cette jeune mère et ses enfants en danger, et que son cœur, auparavant endurci et capable de tout, supporte mal tout ça. 

Le couple passe plus de temps ensemble, Charlotte continue de faire confiance à Franck et lui il réfléchi à sa mortalité, au sens de la famille. Lou Berney avec ses mots rend parfaitement compte de l’ambiance qui s’instaure dans une atmosphère palpable d’inquiétude. L’autour parvient à capturer le temps dans un arrêt sur image parfait, en maintenant les personnages comme statistiques, jusqu’au moment où tout le monde prend place dans le puzzle de sa version de l’histoire de l’assassinat de JFK.

La lecture de ce récit est un vrai moment de plaisir. Le voyage on the road, les  enchevêtrements romantiques et les pensées profondes des protagonistes, qui atteignent chacun un tournant décisif de leur vies nous tiennent collés à ce livre.

Une nouvelle porte s’ouvre sur celle qui vient de se fermer, opposant le sentiment d’espoir au sentiment d’effroi. «À chaque décision, nous créons un nouvel avenir. Nous détruisons tous les autres futurs».

Ce livre est fascinant, plein de suspense et entraînant.

❤️❤️❤️❤️❤️

Harper Collins

Extrait
JFK est un film américain réalisé par Oliver Stone et sorti en 1991. Il est centré sur l’enquête autour des théories du complots sur l’assassinat de John F. Kennedy .
À la suite de l’assassinat de John F. Kennedy à Dallas le 22 novembre 1963, le procureur de La Nouvelle-Orléans Jim Garrison remet en cause les conclusions du rapport de la Commission Warren et oriente son enquête vers la possibilité d’un complot. Ce film se fonde d’une part sur le livre de Jim Garrison, dans lequel il raconte son enquête, et d’autre part sur les investigations de Jim Marrs, journaliste américain indépendant.
À lire aussi
Excellente adaptation
Dallas 22/11/1963
Biopic avec une version plus traditionnelle de l’assassinat de JFK
Lou Berney

Un bon rabbin

Mot de l’éditeur :

Chlomo avait entendu toutes sortes d’histoires, mais bien sûr celle-ci était à part. Il se comporta toutefois comme avec tous les gens qu’il rencontrait, il écouta sans juger. Le rabbin pensa instantanément à ce qu’il pourrait faire, mais il n’osa pas. Il n’avait pas le droit, et il en serait de toute façon bien incapable. Chlomo savait qu’il finirait tout de même par proposer son idée. Il demanda la permission à Dieu, solennellement, arguant de la sincérité de sa démarche. Dieu ne manifesta aucune objection. Il laissa Chlomo décider. 

Chlomo est un rabbin qui veille avec beaucoup d’affection et de miséricorde sur sa petite communauté de fidèles. Lorsqu’il rencontre l’énigmatique Jacob, sa vie prend un tour inédit. Car Jacob est un tueur à gages névrosé, proche de la dépression. Pour lui laisser le temps de se refaire une santé et de trouver son chemin, Chlomo décide de prendre sa place. Mais les nouvelles activités du rabbin ont des conséquences : il néglige ses fidèles, rate le shabbat. Dans son entourage, on commence à se poser des questions… 

Ce roman irrévérencieux et teinté d’humour interroge avec finesse les notions de Bien et de Mal, ainsi que l’inversion potentielle des valeurs.

Biographie de l’auteur :

Manuel Benguigui est né à Paris en 1976. Il travaille dans une galerie d’art tribal. En 2017, il publiait son premier roman au Mercure de France, Un collectionneur allemand.

Notre avis :

Ce roman est tout sauf ordinaire.

Le gentil et bon rabbin et sa communauté vont vivre d’étranges situations…

La question centrale est: La fin justifie-t-elle les moyens ?. Ce machiavélisme a été prétexte de toutes les exactions possibles et imaginables dans l’esprit pour faire la paix faisons la guerre et ainsi tout est justifiable.

Notre rabbin s’es égaré dans cette voie et n’entend plus la voix de la raison.

L’improbable communication entre deux univers aussi éloignés se met en place dans cette synagogue archétypale. 

Jacob a besoin d’aide, il tente de faire face à sa crise avec la prière mais cela ne lui suffit plus et Chlomo se transforme en tueur à gages pour le soulager, selon lui, dans un premier temps, avec la bénédiction de Dieu.

Évidemment la situation n’est pas tenable et nos deux sicaires doivent gérer la réalité et leur conscience, les visages des anonymes exécutés font surface tels que des fantômes qui les hantent.

Autrui, qui est « ce moi qui n’est pas moi » disait Sartre, les victimes de Jacob et de son acolyte sont les autres, des inconnus, des personnes dont on ignore l’histoire mais cette distance disparaît et laisse la place à tous ces visages qui deviennent proches. Impossible de continuer à minimiser le mal, intéressante donc la vocation artistique à effet cathartique découverte par Jacob malgré les dangers qu’il connaît bien.

Un récit très bien écrit, amusant, cruel et absurde à souhait.

❤️❤️❤️❤️❤️

Mercure de France 

Manuel Benguigui
À voir à propos de tueurs à gages !
À lire aussi !

Le Nouveau

Mot de l’éditeur :

Washington D.C., dans les années 1970. En six ans, c’est la quatrième fois qu’Osei, fils d’un diplomate ghanéen, découvre une nouvelle école. Tout heureux de rencontrer Dee, la fille la plus populaire de sa classe, il ne s’inquiète pas des manigances et de la jalousie de ceux qui voient d’un mauvais œil l’amitié entre un garçon noir et une jolie blonde.

Notre avis :

Brillante réécriture d’Othello dans une cour d’école de banlieue, ce neuvième roman de l’auteure de La jeune fille à la perle nous conte la tragédie universelle du racisme et du harcèlement. Vertigineux et actuel.

Le Nouveau fait partie de la série des réécritures de pièces de Shakespeare, lancée à l’occasion du 400ème anniversaire de sa mort :  le « Hogarth Shakespeare Project » mené par les éditions anglo-saxonnes Hogarth propose à des auteurs contemporains de diverses nationalités d’adapter en roman les pièces les plus célèbres du dramaturge.

( http://hogarthshakespeare.com/books/ )

Cette transposition dans les années 1970, fonctionne bien et l’action, qui se déroule sur une période d’une journée, transmet au lecteur des images lourdes et brutales d’une jalousie incendiaire axée sur la destruction de l’autre, du différent.

La rage, l’envie, l’insécurité et le ressentiment s’installent dans la cour d’l’école où le moindre incident est amplifié. 

Osei est noir, fils d’un diplomate ghanéen, il est le nouvel élève qui doit s’intégrer dans une école entièrement blanche. 

Tracy Chevalier nous propose une remarquable exploration de la psyché d’un garçon isolé par sa race.

Contrairement à Othello, on entrevoit la douce et tendre relation entre Osei et Dee. Ian est réduit à un personnage plus vindicatif, plus mesquin.

Le livre nous conduit, grâce à la réflexion qu’il génère, à nous pencher sur la situation nationale et internationale actuelle qui n’arrête pas de nous montrer des faits qui pourraient sortir d’un livre mais sont bien vrais. Un racisme réel toujours dangereux.

Ce roman est à mon avis une réussite, il est captivant. J’ai été agréablement surprise par les détails qui décrivent les personnages et la capacité à rester originale de l’auteure, tout en respectant le fil conducteur dicté par le dramaturge, et malgré l’inévitable fin.

Une excellente lecture pour les amateur de Shakespeare, comme moi, mais également un récit attrayant pour des plus jeunes lecteurs.
Fortement recommandé

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions Phoebus

Tracy Chevalier
Hogarth Shakespeare Project
L’une des nombreuses adaptations cinématographiques d’Othello
La pièce
Le Nouveau texte
Le livre

Jamaiplu

Date de parution : 06/03/2019

Mot de l’éditeur :

Quel est le point commun entre: 

une jeune femme qui parle aux animaux 

une vie de chien 

un scénario mortel 

un enfant trop curieux 

des fantômes rigolards 

des zombies très affectueux 

un goûter entre filles 

et un extraterrestre en pot? 

Réponse : 

Josiane Balasko 

Avec ce recueil de nouvelles drôles, tendres ou amères, l’actrice préférée des Français, artiste aux multiples talents, jette un regard sensible et acerbe sur notre temps.

Notre avis :

Josiane Balasko nous offre encore un livre splendide, des nouvelles, surréalistes parfois, d’une extraordinaire beauté toujours.

La première,  qui donne le titre au livre, aurait bien plu à Edgar Allan Poe et aux illustres traducteurs de son poème : Baudelaire, Mallarmé et Pessoa.

J’ai adoré découvrir tous les personnages humains, animaux et des végétaux qui peuplent cet univers fantastique créé par l’auteure. Et bien oui nous rencontrons des plantes pas vraiment terrestres qui rappellent « La petite boutique des horreurs » ( que l’auteure cite ) et qui ont, tout comme l’arbuste du film, besoin d’être nourries… mais vous découvrirez en lisant quels sont leurs étranges besoins.

Un livre tellement agréable à lire, à mon avis un bijou, les textes de Balasko nous font vivre toutes les émotions possibles.

Je conseille ardemment ce recueil de nouvelles, un ouvrage qui peut avoir plusieurs lecteurs dans la famille et s’invitera dans vos échanges.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Pygmalion 

Josyane Balasko
Jamaiplu

Après

Mot de l’éditeur :

Le choix d’une mère, la douleur d’une fille. « C’est votre mère.  » Dès que la porte s’est refermée. J’ai su à ce moment-là qu’Elayn était morte. Comment elle s’y était prise et pourquoi.

Biographie de l’auteur :

Nikki Gemmell vit en Australie. Ses romans sont traduits en vingt-deux langues. Après La Mariée mise à nu et Avec mon corps (Au diable vauvert), elle écrit avec la même émotion la mort et le souvenir de sa mère.

Notre avis :

J’apprécie Nikki Gemmell et ses livres chez ‘Au diable vauvert’ depuis quelques temps, ainsi, lorsque j’ai vu que son éditeur français venait de sortir un nouveau récit, je savais déjà que je voudrais le lire.

Le livre parle de l’auteure et de la relation avec sa maman, d’une fin prématurée par suicide, c’est presque une déchirante correspondante avec la mère décédée, souvenir et hommage à leur vie commune. Il est évidemment question de l’euthanasie: thématique importante qui est encore insuffisamment évoquée.

Le livre contient beaucoup de faits et de statistiques, d’opinions et d’options sur le sujet de la mort douce et assistée, la façon dont l’auteure compile tout ça est bouleversante, crue et nécessaire.

L’écriture dans le livre est singulière. Ce n’est pas une histoire classique, il y a un fil conducteur certes mais il s’agit plutôt d’un recueil de réflexions et l’écriture le reflète. Lent et calme, rapide et vibrant selon les moments et les sensations.

Un ensemble de pensées et de sentiments rassemblés. Parfois, les phrases ne finissent pas ou ne font qu’un mot. C’est ce qui fait également le charme du livre. En raison aussi de la façon dont il a été écrit, il vous frappe au cœur.

Ce texte va vous faire réfléchir et vous émouvoir, il est empreint de colère, d’amour inconditionnel et de passion.

Une lecture qui marque.

❤️❤️❤️❤️❤️

Au diable vauvert

L’auteure avec sa mère
Eliane Gemmel

La Goûteuse d’Hitler

Mot de l’éditeur :

1943. Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisé à l’idée que l’on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa.

Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s’exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce réfectoire : considérée comme « l’étrangère », Rosa, qui vient de Berlin, est en butte à l’hostilité de ses compagnes, dont Elfriede, personnalité aussi charismatique qu’autoritaire.

Pourtant, la réalité est la même pour toutes : consentir à leur rôle, c’est à la fois vouloir survivre et accepter l’idée de mourir.

Couronné en Italie par le prestigieux prix Campiello, ce roman saisissant est inspiré de l’histoire vraie de Margot Wölk. Rosella Postorino signe un texte envoûtant qui, en explorant l’ambiguïté des relations, interroge ce que signifie être et rester humain.

« Ce livre où l’on parle d’amour, de faim, de survie et de remords vous reste gravé dans le coeur. » Marie Claire Italie

Biographie de l’auteure :

Née à Reggio de Calabre en 1978, Rosella Postorino vit à Rome. Elle est éditrice chez Einaudi et journaliste. Ses trois premiers romans, La stanza di sopra, L’estate che perdemmo Dio et Il corpo docile, ont été couronnés par plusieurs prix. Elle écrit également des essais, des pièces de théâtre, et contribue à des anthologies. La goûteuse d’Hitler est son premier roman traduit en français. Il vient d’être récompensé par le prestigieux.

Notre avis  :

Rosella Postorino nous raconte elle même  comment l’idée de ce livre est née : « en septembre 2014, j’ai lu un court article dans un journal italien sur Margot Wölk, Frau Wölk avait toujours gardé le silence sur son expérience, mais à l’âge de quatre-vingt-seize ans, elle avait décidé de la rendre publique. Le désir de faire des recherches sur elle et son histoire a été immédiat. Lorsque, quelques mois plus tard, j’ai pu trouver son adresse à Berlin, dans l’intention de lui envoyer une lettre demandant une rencontre, j’ai appris qu’elle venait de mourir. Je ne pourrais jamais lui parler ou raconter son histoire. Mais je pourrais essayer de savoir pourquoi elle m’avait tellement frappé. Alors j’ai écrit ce roman.  » 

Ce récit nous livre un conte de fées, parfois doux et parfois amer, qui voit en protagoniste une femme forte et courageuse, Rosa Sauer. Rosa  raconte à la première personne son histoire.

Le fil conducteur qui anime l’auteure est l’analyse en profondeur de la frontière si fragile entre le Bien et le Mal. 

Servir la patrie et adorer le Führer étaient les seuls préceptes que tout bon allemand devait respecter et honorer en 1943, jour après jour, sans réserve. 

La nourriture, source de vie, devient une source d’angoisse, une cause potentielle de décès. Hitler vit avec la peur constante d’être empoisonné et l’image d’un héros invincible, du « surhomme « , cède la place à celle d’un faible et peureux personnage. La protagoniste se trouve dans la double condition de victime et de collaboratrice de la dictature. 

L’écrivaine enquête sur l’âme dans les situations les plus ambiguës et extrêmes, analysant ainsi la fragilité de la psyché de l’homme, son instinct, son désir désespéré de survivre à n’importe quelle condition. 

La prose est fluide et l’auteure réussit à garder le lecteur collé au livre de la première à la dernière page, suscitant en lui une grande question qui reste sans réponse: « Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour survivre? ».
Une lecture incontournable.

♥️♥️♥️♥️♥️

Albin Michel

Rossella Pastorino
Margot Wölk
Charlie Chaplin
Le dictateur

L’omnivore

Mot de l’éditeur :

«Sa quête avait bientôt tourné à l’obsession. Il avait même poussé la « conscience professionnelle » jusqu’à lister les produits les plus étranges qu’il avait pu avaler et ceux qu’il voulait essayer. Cinq siècles plus tôt, les conquistadores avaient, d’une certaine manière, ouvert la voie à ces curiosa nutritionnelles, puisqu’ils s’étaient régalés de tous les nouveaux aliments rencontrés durant leurs conquêtes. Ils étaient d’ailleurs repartis vers la vieille Europe avec la pomme de terre, la tomate, le maïs et bien d’autres découvertes gustatives. L’homme est, par essence, omnivore». 

Et c’est ainsi qu’un avocat globe-trotteur se verra conter, dans une prison de la république de Kirghizie, l’incroyable aventure philosophique et gustative de Youri, mystérieux russo-vietnamien, ayant fait commerce des mets les plus rares. 

Insectes, nids d’hirondelle, fugu japonais, œufs centenaires, pieds d’éléphant, petits singes… rien n’est impossible pour satisfaire une riche clientèle, avide de plats étonnants, interdits, bizarres. Jusqu’à une commande ultime…

Biographie de l’auteur :

Né en 1968, Emmanuel Pierrat est l’avocat de très nombreuses maisons d’édition. Mais il est également auteur, éditeur, collectionneur, chroniqueur, conservateur du musée du barreau. Passionné des arts et des lettres, il défend la liberté d’expression et de création.

Notre avis :

Ce court roman est très agréable à lire, je l’ai vraiment « dévoré » si je puis dire. Une fois commencée la lecture il est difficile de poser le livre pour faire autre chose.

Excellente plume, érudit sans jamais être prétentieux l’auteur continue de nous surprendre toujours positivement.

Maître Tapiro a beaucoup en commun avec son créateur vous le découvrirez très vite et, si vous connaissez un peu la biographie d’Emanuel Pierrat, cela pourrait vous amuser, comme cela a été le cas pour moi, de trouver toutes les similitudes personnage/auteur.

Un voyage qui devait être du « business as usual » se transforme en rencontre inhabituelle et singulière qui, comme le Boléro de Ravel, nous transporte dans un crescendo constant. Un texte dont la trame gagne en épaisseur au fil des pages.

Le récit, original et atypique, nous prend au jeu, nous voulons tout savoir à propos de Youri.

Impossible de vous parler de la fin de l’histoire, vous devez la découvrir c’est un morceau de bravoure !

Un roman brillant à lire absolument.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Flammarion

Extrait du livre
Emanuel Pierrat
Le Radeau de La Méduse
Tableau de Théodore Géricault