La Révolte

Ceci n’est pas un livre d’histoire !

Il s’agit bien d’un roman, d’une fiction historique bien documentée. L’écrivaine  prend évidemment des libertés avec les réels faits de l’epoque mais “cette histoire” peut permettre de découvrir l’extraordinaire existence d’Aliénor d’Aquitaine, deux fois reine et pièce d’un échiquier politique qui fait de l’héritière de la puissante et stratégique Aquitaine une redoutable “Dame”.

Le récit de Clara Dupont- Monod est compté par Richard Cœur de Lion qui nous décrit la vie de sa mère.

La vie en France, en Angleterre, en Aquitaine tout y est.

L’anecdote qui narre la différence entre son mariage à la cour de France et celui à la cour Anglaise et emblématique de l’évolution de sa vie.

Les sauts dans le temps que l’auteure utilise permettent de découvrir les liens et le caractère qu’elle attribué à cette famille dont le rôle est capitale dans notre histoire. 

Aliénor était une femme de très grande culture, une mécène mais aussi une redoutable « chef de clan ».

J’ai apprécié ce livre, une lecture instructive et plaisante.

Sortie le 23 août

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Stock

Rentrée Littéraire 2 coups de cœur chez Éditions P.O.L.

Chez les Éditions P.O.L. voici les deux titres que nous avons particulièrement aprecié. Ils sortiront le 23 août.

La robe blanche de Nathalie Léger

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Un livre extraordinaire, le récit d’une quête pour comprendre l’histoire de Giuseppina Pasqualino alias Pippa Bacca qui voulait apporter l’espoir avec sa robe blanche spécialement conçue pour son projet « brides on tour » mais une quête aussi pour libérer du poids d’un divorce subi la mère de la narratrice.

L’histoire de l’artiste italienne engagée contre toutes les guerres, violée et assassinée en Turquie est dévoilée de façon très délicate et respectueuse la vie d’une idéaliste morte tout juste il y a 10 ans. Une belle façon de ne pas l’oublier. J’ai adoré ce livre.

 

Une campagne de Frédéric Valabrègue

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Un autre livre à conseiller pour cette rentrée, il nous plonge dans la vie et la campagne électorale d’un petit village du sud de la France.

La construction des personnages, leur complexité et la manière de traiter l’inexorable dégénération des relations des deux camps de cette « campagne » sont les points forts de la narration.

L’archipel du chien

Philippe Claudel dans son dernier roman propose au lecteur une parabole bien sombre sur le drame des migrants.

Une île peu peuplée, tout le monde se connaît, tout le monde joue son rôle mais les vagues transportent un jour de septembre les cadavres de trois hommes noirs sur la plage.

Jean-Jacques Goldman chantait dans sa chanson Peurs :

“Ici c’est comme ça

C’est chacun pour soi

La vie, les rumeurs

Peurs contre peurs”

Dans cette île c’est bien “peur contre peur”.

Le Maire et le Docteur décident de ne pas communiquer aux autorités que trois migrants ont échoué sur l’île ayant la crainte que l’installation de thermes qui est en projet ne se réalise pas à cause de la mauvaise publicité.

Les notables autochtones, y compris le Curé, se plient à la volonté du Maire et consentent à ce terrible camouflage, le seul réticent est l’Instituteur qui n’est pas natif de l’archipel, pour le faire taire une conspiration odieuse est mise en place.

C’est une descente aux enfers, une démonstration de la noirceur possible chez nos congénères.

Claudel ne nomme pas les personages, il les identifié par leur métier ou fonction : Le Maire, Le Curé… la voix off qui narre l’histoire en fait des archétypes de mesquinerie et baisses humaine.

L’écriture de ce livre est fluide et permet une lecture agréable.

❤️❤️❤️❤️

Stock

Le secret de Platon

Mot de l’Éditeur:

« Tout l’Atlantide est en rapport avec la philosophie, c’est le professeur Loeve qui me l’a révélé lors de notre voyage d’études en Grèce, juste avant de disparaître »

Après que son professeur s’est volatilisé dans la baie de Santorin, là où selon Platon se serait engloutie l’île de l’Atlantide, Étienne, un jeune homme que tourmentent des problèmes existentiels, part à sa recherche avec deux autres étudiants : Cali, un dilettante curieux aux tendances conspirationnistes, et Phalène, 

De la Crète à l’Italie en passant par la France jusqu’à une grotte au-dessus d’Athènes, ils vont être confrontés à la réalité des mythes et aux mystères de ces civilisations évoluées, brutalement rayées de l’Histoire par des séismes diluviens. Et quand ils découvriront les raisons de la fuite de leur professeur, peut-être lèveront-ils le voile sur l’énigme de l’Atlantide…

Notre avis:

Gilles Vervisch, notre écrivain, est professeur agrégé de philosophie et son roman est un beau compte philosophique de 400 pages qui se dévorent facilement, il est, parmi d’autres ouvrages, auteur de “Star Wars, la philo contre-attaque” que j’avais beaucoup aimé.

L’histoire se construit d’abord autour du mythe de l’Atlantide relaté par Platon dans le Timée et le Critias et d’un voyage d’études qui en découle et a comme but et thème l’approfondissement des aspects historiques et philosophiques du mythe de l’Atlantide.

Le voyage est encadré par deux professeurs, Henri Castille, spécialiste de l’archéologie grecque, et l’énigmatique Eugène Loeve, vieil érudit, éminent expert de la philosophie grecque.

Vervisch nous fait connaître chaque personnage en profondeur et toutes les idées philosophiques que l’auteur veut véhiculer sont glissées finement. Phalène est sans doute mon personnage préféré et son évolution au fil des pages est étonnante.

Nous allons accompagner Etienne et ses amis Cali et Phalène dans une enquête à la recherche de leur mentor disparu, une recherche passionnante, aux traits mystiques, qui se déroulera de la Crète à Athènes, mais aussi en France et en Italie. Un vrai voyage et un tour dans la philosophie antique, l’alchimie réussi très bien.

L’histoire est riche et pleine de pistes, rebondissements et chemins inattendus.

Aux prises avec une secte xénophobe et fasciste ce livre est, en filigrane, une subtile dénonciation des théories du complot.

À lire à tout âge!

❤❤❤❤❤

Michel Lafon

Madame Einstein

Madame Einstein est un roman que j’ai aimé tout de suite: style narratif impeccable et personnages qui laissent leur empreinte. Il ne faut que quelques lignes pour se retrouver immergée dans l’atmosphère de l’epoque, quand il était presque impensable que les femmes soient admises à l’université, un environnement qui avait toujours été réservé aux hommes.

Mileva Marić, jeune et intelligente Slave, est admise à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich et commence à partir de là une vie différente et inattendue.

Le début n’est pas facile, surtout parce que Mileva est déterminée à obtenir son diplôme et à approfondir ses études dans sa grande passion: la physique. Dans sa vie, il n’y a pas de place pour les amis ou, pire, pour l’amour. Malgré sa grande ambition Mileva est encore une jeune femme et il sera inévitable qu’elle s’implique avec les gens autour d’elle. En particulier, la protagoniste sera fascinée par un collègue de l’université, tel M. Einstein, reconnaissable à ses cheveux désordonnés et à son regard toujours attentif, souvent amusé. Einstein est le seul à considérer Mileva, lentement la relation entre eux grandit et change, devenant une histoire d’amour belle et intense .

L’auteure a su rendre justice à la femme qui a contribué à faire d’Einstein le mythe que nous connaissons tous. 

Vraiment appréciable l’importance que Marie Benedict a su attribuer au rôle des femmes dans la société de la fin du XIXe / début du XXe siècle: le cadre historique, politique et social de l’époque, tout est décrit de manière très précise et documentée.

Livre promu donc avec 5 étoiles.

❤❤❤❤❤

Presse de La Cité

Le livre des monstres

Le livre des monstres est finalement traduit en français, nous pouvions lire La Synagogue des iconoclastes du même auteur (disponible chez Gallimard) mais pas ce petit ouvrage.

L’arbre vengeur à mis fin à cette injustice publiant un bijou littéraire de beauté rare et amère né dans le climat d’expérimentation narrative qui caractérise une certaine frange de la littérature italienne des années soixante-dix. Publié en Italie en novembre 1978, la même année de la mort de son auteur, le livre se présente comme une collection de courts textes dans lesquels des personnages aux noms improbables – Erbo Meglio, Ugo Panda et Olimpiero Fraglie, pour n’en citer que quelques uns – prennent corps et vie, regardant fixement dans l’esprit du lecteur comme un diagramme d’images, d’idées déformées qui pourtant décrivent si bien la condition humaine.

J’adore la couverture avec un petit miroir qui fait réfléchir…

❤❤❤❤❤

L’ARBRE VENGEUR

 

L’arche de Darwin

Mot de l’Éditeur:

Un roman philosophique et satirique contant les aventures de l’employée de Charles Darwin, décidée à prouver l’inexistence de Dieu. Embarquée par brigantin au Brésil pour une traversée en vapeur sur l’Amazone et un vol en montgolfière à travers les Andes, elle se rend aux Galapagos pour rassembler les spécimens grâce auxquels elle compte démontrer la théorie évolutionniste.

Notre avis:

James Morrow nous a habitués,

dans ses précédents romans à l’excellence et dans celui-ci il a su combiner aventure et humour, cette histoire est un roman picaresque. C’est presque un crime pour un roman d’être aussi amusant que celui-ci.

Il y a du Jules Verne dans l’air.

Résumer ce roman est bien difficile nous pouvons dire que notre héroïne est Chloe Bathurst actrice Victorienne au chômage, elle trouve un emploi dans le domaine de Charles Darwin pour s’occuper de son vivarium de lézards, d’oiseaux et de tortues rares. Chloé tente désespérément de ramener sa famille sur le droit chemin, et à cause de ça elle volera un manuscrit, utilisera ses talent de comédienne pour obtenir 10.00 £ auprès de la Shelley Society et entreprendra un voyage vers les Galápagos devenant un mix parmi Indiana Jones, Lara Croft et Phileas Fogg.

Tout le livre est une brillante satire autour de l’évolution, de la sélection naturelle et de Dieu.

Nous le conseillons.

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Au diable Vauvert 

Le crocodile devenu le sac à main de Karl Lagerfeld

Mot de l’Éditeur:

Il fut d’abord un crocodile. Un dieu. Une terreur. Tué pour sa peau extraordinaire, le voilà devenu sac à main. Mais pas n’importe lequel. Celui de Karl Lagerfeld. Un accessoire à l’intellect acéré et à l’humour mordant, observant, disséquant, glosant sur le cours inattendu de sa nouvelle vie…

Il faut se laisser porter par le merveilleux réalisme de ce récit. Les personnages existent. Presque tous. Les situations ont eu lieu. Peut-être. Le monde de la mode, petit peuple nomade et attachant, s’y révèle dans ses rites, ses excès, ses grandeurs aussi… Et Karl Lagerfeld, qui n’a besoin de personne pour construire sa légende, s’y dévoile, sous le regard malicieux de son sac-crocodile, comme le plus authentique et le plus fascinant des personnages de fiction.

Notre avis: 

J’ai beaucoup aimé ce livre extravagant et intense.

Une écriture fluide et captivante pour cette histoire racontée par l’extraordinaire sac en crocodile du couturier.

Les habitudes de Karl Lagerfeld et de son célèbre chat Choupette y sont décrites minutieusement!

Le sac magique, ce qui reste du puissant crocodile, suit son propriétaire partout et en dévoile le caractère, l’histoire familiale et les fréquentations au fil des années.

Très bien écrit, je félicite l’auteure, Marie-Noëlle Demay, et j’espére la voir récidiver avec des nouveaux romans.

Courrez acheter ce livre!

❤❤❤❤❤

Éditions Flammarion

La vie parfaite

Ce livre, à mon avis encore plus beau que les précédents de Silvia Avallone, nous transporte avec ses personnages dans des situations et des histoires de vies qui se croisent et nous font avancer avec les protagonistes.
Adele, une gamine seule dans cette salle d’accouchement. L’enfant qu’elle porte dans son ventre depuis neuf mois
arrive et elle sait qu’il n’y aura qu’un seul court et unique contact, un rapide moment, 20 minutes puis leurs chemins se sépareront définitivement car la petite sera adoptée.
Choix difficile pour la jeune mère de 18 ans, décision qui donnera à Bianca une vie meilleure, pas parfaite mais avec des possibilités que Adèle n’a pas eues.
Dora, trente ans, poursuit sa quête de maternité comme si c’était sa seule raison de vivre. Enseignante de lettres, mariée à Fabio et porteuse de handicap à cause de ce membre manquant, elle est écrasée par le vide de cette absence. Deux solitudes, celles de l’adolescente et de la femme mûre comparées.
Zeno, lycéen avec mère dépressive se retrouve à ne plus vivre sa vie mais celles des autres, il continue ses lectures de Flaubert et Dostoïevski qui le transportent ailleurs et nous espérons pour lui que ses études vont pouvoir l’émanciper et lui permettre de sortir du sentier qui lui était tracé.
Manuel, un ami de toujours qui rêvait d’aller à la fac et dont le chemin a été brutalement séparé de toutes et tous par le deal de drogue, par la prison.
Et il y a un quartier, le nom est inventé mais seulement ça, l’aspect Dantesque «Vous qui entrez ici abandonnez toute espérance» est bien celui de ce type d’agglomération avec beaucoup de rues mais pas vraiment d’issues, l’auteure le situe à proximité de la ville de Bologne, un quartier d’habitation très pauvre surnommé « Le lombriconi », un lieu où Il n’y a pas de seconde chance et pourtant Bologne est la à deux pas avec sa belle Université.
Au fil des pages, vous trouverez la solitude, l’abandon, la maternité non désirée par opposition à la désirée, la défaite, l’impossibilité de choisir, la complexité de la relation entre les parents, le contraste littérature/ télévision et finalement un petit fil de lumière et d’espoir.
Avec un style fort et direct, Silvia Avallone étonne et conquiert le lecteur.
Je vous conseille cette lecture sans hésitation.
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Liana Levi

L’Appartement

Mot de l’éditeur

« Nous sommes tous ensemble, tous les cinq (je ne vois pas mon père dans la scène, il doit être à Paris), jusqu’à ce square dans la cour d’un immeuble, à, quoi, cent mètres, l’écorce noire de ces deux-trois arbres l’ombre semée de taches de soleil, et nous nous asseyons sur le banc blanc, « là, on s’assoit », je la sens qui respire vite, le coeur qui bat, l’effort est fait, la dernière sortie de ma grand-mère… » A Saint-Pétersbourg, André Markowicz a hérité de l’appartement dans lequel vivait sa grand-mère depuis 1918. Cet appartement, devenu propriété de la famille au moment de l’effondrement du système communiste, est le prétexte d’un récit mêlant souvenirs familiaux, réflexions sur le régime communiste, la littérature, les intellectuels russes, dessinant une forme d’autobiographie sensible du poète et traducteur.
André Markowicz, né en 1960 à Prague, s’est fait connaître par la nouvelle traduction qu’il a donnée des oeuvres complètes de Fiodor Dostoïevski. Il s’est également occupé de retraduire le théâtre de Tchekhov en compagnie de Françoise Morvan. Leur traduction de Platonov a été récompensée par un Molière en 2006, dans la catégorie « adaptation ».

Notre avis

Ce long poème, qui a comme point de départ l’héritage de l’appartement de la grand-mère de l’auteur est écrit en pentamètres ïambiques et sans point final.

C’est un plaisir de suivre Markowicz au fil des mots et des réflections sur la traduction : la grande passion de sa vie.
Nous faisons aussi la connaissance des figures familiales ou amicales qui ont joué un rôle dans la construction de ses expériences, de ses choix.

Comme c’est commun de dire en pensant à la fin des régimes de l’URSS et de l’Europe de l’Est « C’est la fin d’une époque », notre auteur arrive à en parler sans aucune banalité et cela est rare.
Un petit détour par la Bretagne est aussi au programme.

Les photos en noir et blanc qui enrichissent cette édition sont partie intégrante du livre.

Un livre à lire et partager !

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Inculte