Lincoln au Bardo

Mot de l’éditeur avant sortie de la version française (9 Janvier 2019) :
Récompensé par le Man Booker Prize 2017, le premier roman de l’écrivain américain George Saunders a pour   point de départ une anecdote historique, la visite de Lincoln dans le caveau où fut enterré son jeune fils Willie, mort à onze ans de la fièvre typhoide au beau milieu de la guerre de Sécession. Les spectres du cimetière de Georgetown, ayant assisté à la scène, se donnent pour mission de réunir père et fils une dernière fois afin que tous deux puissent enfin trouver la paix.

Notre avis ;

Lincoln au Bardo est un livre irrésistible et atypique.

Nous sommes à Washington pendant la guerre civile américaine. Le président Lincoln souffre d’un immense deuil : la mort à l’age de 11 ans de son fils Wiilie.

L’auteur raconte la douleur des parents, les obsèques, les événements politiques et l’évolution de la guerre en les alternant (voici la singularité) aux commentaires des âmes qui observent depuis les limbes.

Gustave Doré Dante et Virgile au Putgatoire

Il y a des échos de la Divine Comédie avec les trois personnages principaux qui accompagnent Willie et de l’Anthologie de Spoon River avec les nombreuses voix des pauvres et des riches, des puissantes et des misérables qui racontent leurs affaires terrestres.

Les limbes en question sont identifiées au Bardo, inspiré du Livre des morts tibétain.

Ces âmes ne sont pas conscientes (ou seulement partiellement) qu’elles sont mortes et restent donc convaincues qu’elles retourneront tôt ou tard dans leur vie terrestre.

L’arrivée de Willie bouleverse leur équilibre précaire et les pousse à l’aider à traverser pour atteindre l’au-delà.

Il est difficile de résumer une telle pluralité d’histoires que Saunders parvient à maîtriser avec brio, en les mêlant à des sources constamment citées (vraies et fausses) et à un frisson d’émotions qui ne laissent pas indifférent.

C’était une lecture amusante, grotesque, emphatique, déchirante par traits mais toujours un hymne à la vie, avec toutes ses facettes et toutes ses saisons.

Saunders: chapeau.

❤️❤️❤️❤️❤️

Fayard

Pour marque-pages : Permaliens.

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