Le procès du cochon

Date de parution : 09/01/2019

Mot de l’éditeur :

Dans un village et un temps reculé, un monstre croque la joue et l’épaule  d’un bébé laissé quelques instants seul par sa mère, puis repart tranquillement vers la forêt. Il est bientôt rattrapé par une horde d’hommes décidés à le tuer, mais dans le monde des hommes, la justice, comme la mort, se rendent au tribunal. Même si le monstre en question est un cochon qui n’a ni conscience ni parole pour se défendre. Peut-on se faire entendre sans mots  ? Les gendarmes l’embarquent donc et le jettent en prison, avant son grand procès.

Dans un texte court et puissant, Oscar Coop-Phane nous raconte le procès d’un cochon, à l’image de ceux qu’on intentait aux animaux jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, une pratique aussi étrange que méconnue de nos jours. Divisé en quatre parties, le texte retrace d’abord Le Crime, puis Le Procès, écrit comme une pièce de théâtre dans laquelle interviennent tour à tour les avocats des deux parties, la famille de la victime, les témoins et experts consultés, le public et les jurés, et le cochon, comme il peut, comme vous verrez, avant que le Président ne rende sa sentence : la pendaison. Viennent ensuite L’Attente, où chacun se prépare à la mort du porc  ; Jean, le bourreau, Louis, le tout jeune officier chargé de mener l’accusé, le père Paul, en route pour confesser la bête, la famille éplorée, et le cochon que Le Supplice viendra libérer. D’une langue tranchante et pénétrante, Oscar Coop-Phane nous ramène des siècles en arrière pour fouiller les sentiments humains, la peur, la colère, la cruauté et la soif de vengeance, mais aussi l’empathie ou la peine. Un texte allégorique où chacun reconnaitra dans l’animal, le porc qu’il voudra.

Notre avis :

Au Moyen Âge, on considérait que les animaux étaient aptes à être jugés comme des humains. Un animal, ayant tué ou blessé était emprisonné puis jugé par un tribunal et condamné pour ses crimes et délits à l’enfermement, la peine capitale, à être traîné dans les rues aux yeux de la collectivité. 

Une écrasante majorité de procès impliquaient des cochons censés avoir causé des préjudices tres graves homicides, infanticides ou des dégâts matériels.

La thématique de ce livre est donc le crime, le procès et la punition d’un cochon.

Ce récit écrit de façon magistrale par Oscar Coop-Phane est prenant et j’ai adoré le lire.

Les personnages sont une gallérie de portraits humains intéressante et le cochon, le monstre inconscient de l’histoire sera l’objet qui permettra la catharsis de toutes et tous dans le sens le plus aristotélicien du terme.

La maman du bébé décédé a un moment de fierté lorsque il est reconnu, dans le chapitre dédié au procès, que son petit  était bien nourri et soigné et que donc le méchant est l’autre, là différent, l’animal.

Ce court récit allégorique et symbolique est une plaisante découverte.

Je vais suivre l’auteur avec l’intérêt qu’il mérite.

❤️❤️❤️❤️❤️

Grasset 

Merci aux éditions Grasset pour ce service de presse !

Pour marque-pages : Permaliens.

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