LE BEST OF ADAM SHARP

Mot de l’éditeur : 

À l’aube de ses cinquante ans, Adam Sharp n’a pas la vie qu’il espérait. En couple avec Claire, il travaille dans l’informatique et anime les quiz musicaux de son pub.

Vingt ans plus tôt, en 1989, alors qu’il jouait du piano dans un bar branché de Melbourne, il a fait la connaissance d’Angelina avec laquelle il a vécu une relation passionnée. Et voilà qu’un mercredi, Angelina resurgit. D’emails en conversations Skype, ce qui commence comme un jeu va bouleverser l’existence d’Adam : osera-t-il vivre dangereusement ou laissera-t-il passer sa chance une seconde fois ?

Avec Le Best of d’Adam Sharp, Graeme Simsion dresse avec drôlerie et tendresse le portrait d’un homme en pleine crise de la cinquantaine. Sur fond de musique pop, peut-on devenir better, better, better, na-na-na-na ?

Notre avis :

La musique accompagne tout le récit de Graeme Simsion, elle joue un véritable rôle dans la vie des protagonistes, les chansons sont là pour toutes les situations.

Ce livre a beaucoup de points forts qui le rendent assez agréable à lire.

Les personnages et Adam en particulier sont bien développés.

La manière dont l’intrigue dessine le losange de l’amour entre sa partenaire, Charlie et Angelina doit beaucoup à Agatha Christie avec des indices et des révélations constants.

Il s’agit bien d’une lutte amoureuse à quatre voies, il s’agit aussi de la relation entre un homme et son père (le plus souvent absent) et de son impact sur ses relations encore et encore.

C’est un conte extrêmement romantique, dont certains passages sont émouvants, certaines sont drôles et beaucoup dérangent. 

Un changement de cap pour Simsion, il sera intéressant de voir où ce chemin le mènera.

Graeme Simsion

❤️❤️❤️❤️

Nil

Boy erased

Date de parution : 13/02/2019

Mot de l’éditeur :

Garrard a 19 ans lorsque ses parents découvrent son homosexualité. Problème : ce sont des chrétiens ultra-conservateurs. Pour eux, leur fils doit être « guéri ». Garrard est alors conduit dans un centre de « conversion », où des pasteurs le forcent à devenir un autre. Où la Bible fait loi. Où Harry Potter est un livre déviant, où il est interdit d`écouter Beethoven. Là-bas, malgré tout, Garrard trouvera l`amitié et la force d`être lui-même. Entre Pourquoi être heureux quand on peut-être normal ? de Jeanette Winterson et le roman puis film Call me by your name d’ André Aciman, Boy Erased est une plongée effrayante dans un univers intégriste ainsi qu`une immersion touchante dans les réflexions d`un jeune gay, et une magnifique histoire d`amour filial. Un récit littéraire nécessaire, acclamé et classé dans les meilleurs ouvrages, adapté en film avec Nicole Kidman et Xavier Dolan.

Notre avis :

Disons tout de suite que ce livre écrit avec le style d’un roman raconte une histoire réelle.

Le vrai voyage de Garrard, long et pénible mais grâce auquel il trouvera la force et la conscience nécessaires pour affirmer sa vraie nature et vaincre l’hypocrisie qui l’entoure tel est le récit que nous allons découvrir et suivre.

Au-delà de l’histoire terrifiante et de tout ce que Garrard Conley a dû endurer, il me semble utile d’arrêter le regard sur le substrat social américain dans lequel la LIA (Love in action) trouve un terrain fertile. 

Un horrible système qui pense devoir se protéger de ceux qui peuvent briser la tranquillité de la communauté . 

Une mentalité contagieuse et un effet de groupe qui empêche de faire un pas vers l’autre, de s’ouvrir à lui et apprendre à le connaître. 

Garrard Conley fait face à cette emprise et se pose donc des questions  :  comment concilier le fait de vouloir se consacrer à Dieu et de se faire dire que Dieu n’accepte pas ceux comme lui ?

Comment une personne peut-elle être obligée de s’effacer ?

Comment peut-on placer un individu, un fils, dans un mécanisme qui vise à détruire sa personnalité ?

Jared va dans la structure de de re-education voulue par ses parents (on y retrouve un contexte qui ressemble à une version fanatique et bigote de “Vol au-dessus d’un nid de coucou”)

D’abord prêt à suivre sans réagir les «leçons» imparties, il finira par trouver la force de s’opposer et d’imposer la vérité à ses parents.

L’auteur est donc bien sorti de l’influence de prétendues «théories réparatrices». Il vit aujourd’hui à Brooklyn, est heureux et marié avec un homme, il rencontre régulièrement des institutions et écoles pour expliquer ce que signifie grandir homosexual dans le sud des États-Unis.

Il travaille avec des jeunes gay pour leur apprendre à surmonter les traumatismes par l’écriture, Il a une relation qu’il décrit comme apaisée avec sa famille et son père.

Boy Erased est une ode à l’amour qui survit malgré tout.

Je vous le recommande vivement de lire ce livre qui mérite aussi une réflexion post lecture vue l’actualité de la thématique.

« Si tu diffères de moi mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis »
ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY 

❤️❤️❤️❤️❤️

Autrement

Gerrard Conley
Le film

L’homme sans ombre

Mot de l’éditeur :

Institut de neurologie de Darven Park, Philadelphie, 1965. Une jeune chercheuse, Margot Sharpe, accueille un nouveau patient, Elihu Hoopes, qui sera connu plus tard comme E.H., le plus fameux amnésique de l’histoire. Car cet homme élégant de trente-sept ans a été victime d’une infection qui ne lui laisse qu’une mémoire immédiate de soixante-dix secondes.

Au cours des années suivantes, Margot, séduite et attendrie, tente de comprendre et de débloquer les souvenirs figés de E. H., et surtout l’image obsédante d’une fille morte flottant dans l’eau. Tandis que la surveille le tout-puissant Dr Ferris, directeur du laboratoire, Margot devra veiller à ne pas se perdre elle-même. Tiraillée entre son ambition professionnelle, son désir sexuel et son éthique médicale, elle fouille avec acharnement le passé de E. H. Leur relation devient plus complexe – et même plus violente –, tandis que la fragilité de l’homme augmente avec le temps.

Que peut être l’identité d’un être sans sa mémoire ? La fascination de Joyce Carol Oates pour les neurosciences éclaire ce roman ambitieux, à l’écriture brillante. Elle place le lecteur dans l’intimité de la relation entre Margot et d’Elihu, relation d’autant plus passionnante qu’elle est interdite.

Biographie de l’auteure :

Membre de l’Académie américaine des arts et des lettres, titulaire de multiples et prestigieuses récompenses littéraires, parmi lesquelles le National Book Award, Joyce Carol Oates occupe depuis longtemps une place au tout premier rang des écrivains contemporains. Elle est l’auteure de nombreux recueils de nouvelles, récits et romans, dont Les Chutes (prix Femina étranger en 2005), Mudwoman (meilleur livre étranger en 20-13 pour le magazine Lire) et Paysage perdu.

Notre avis :

Joyce Carol Oates introduit la protagoniste comme une neuroscientifique ambitieuse et dévouée, elle sera évidement attirée par la nouvelle et peu commune affection qui se présente au laboratoire de la mémoire du neuropsychologue de renommée mondiale, Milton Ferris, Margot Sharpe y rencontrera donc Elihu Hoopes, courtier en valeurs mobilières, artiste plasticien, défenseur des droits civils, descendant d’une famille éminente de Philadelphie et amnésique antérograde permanent. Le cas de “EH” bouleversera son destin et deviendra son idée fixe.

L’Homme sans ombre est le genre de livre qui peut inspirer des analyses et des discussions passionnées, car la question à laquelle on est soumis est vraiment au cœur de l’expérience humaine: qui sommes-nous, vraiment ? On dit qu’il est impossible de vraiment connaître une personne, ce qui est d’autant plus vrai si cette personne est littéralement incapable de se connaître. 

Sharpe est souvent prise au dépourvu, ses émotions dépassent son esprit scientifique : «Il ne sait même pas que j’existe !». Et quoi qu’elle fasse pour le lui rappeler, il l’oublie. Situation difficile à vivre…

Ce récit soulève des interrogations sur la mémoire mais aussi sur l’éthique, ce que signifie aimer, l’identité et la capacité de s’engager.

Raconté par l’auteure au présent comme si nous aussi devions oublier tout d’un moment à l’autre.

Ce roman est à lire absolument !

Joyce Carol Oates dans son livre « J’ai réussi à rester en vie » cite plusieurs fois Oliver Sacks le neurologue qui a tellement contribué à la divulgation positive des neurosciences

Pour L’homme sans ombre comment ne pas faire le rapprochement avec “Le marin perdu” de Sacks qui aborde aussi le thème de la mémoire.

Philippe Rey

❤️❤️❤️❤️❤️

Joyce carol Oates
J’ai réussi à rester en vie