Un bon rabbin

Mot de l’éditeur :

Chlomo avait entendu toutes sortes d’histoires, mais bien sûr celle-ci était à part. Il se comporta toutefois comme avec tous les gens qu’il rencontrait, il écouta sans juger. Le rabbin pensa instantanément à ce qu’il pourrait faire, mais il n’osa pas. Il n’avait pas le droit, et il en serait de toute façon bien incapable. Chlomo savait qu’il finirait tout de même par proposer son idée. Il demanda la permission à Dieu, solennellement, arguant de la sincérité de sa démarche. Dieu ne manifesta aucune objection. Il laissa Chlomo décider. 

Chlomo est un rabbin qui veille avec beaucoup d’affection et de miséricorde sur sa petite communauté de fidèles. Lorsqu’il rencontre l’énigmatique Jacob, sa vie prend un tour inédit. Car Jacob est un tueur à gages névrosé, proche de la dépression. Pour lui laisser le temps de se refaire une santé et de trouver son chemin, Chlomo décide de prendre sa place. Mais les nouvelles activités du rabbin ont des conséquences : il néglige ses fidèles, rate le shabbat. Dans son entourage, on commence à se poser des questions… 

Ce roman irrévérencieux et teinté d’humour interroge avec finesse les notions de Bien et de Mal, ainsi que l’inversion potentielle des valeurs.

Biographie de l’auteur :

Manuel Benguigui est né à Paris en 1976. Il travaille dans une galerie d’art tribal. En 2017, il publiait son premier roman au Mercure de France, Un collectionneur allemand.

Notre avis :

Ce roman est tout sauf ordinaire.

Le gentil et bon rabbin et sa communauté vont vivre d’étranges situations…

La question centrale est: La fin justifie-t-elle les moyens ?. Ce machiavélisme a été prétexte de toutes les exactions possibles et imaginables dans l’esprit pour faire la paix faisons la guerre et ainsi tout est justifiable.

Notre rabbin s’es égaré dans cette voie et n’entend plus la voix de la raison.

L’improbable communication entre deux univers aussi éloignés se met en place dans cette synagogue archétypale. 

Jacob a besoin d’aide, il tente de faire face à sa crise avec la prière mais cela ne lui suffit plus et Chlomo se transforme en tueur à gages pour le soulager, selon lui, dans un premier temps, avec la bénédiction de Dieu.

Évidemment la situation n’est pas tenable et nos deux sicaires doivent gérer la réalité et leur conscience, les visages des anonymes exécutés font surface tels que des fantômes qui les hantent.

Autrui, qui est « ce moi qui n’est pas moi » disait Sartre, les victimes de Jacob et de son acolyte sont les autres, des inconnus, des personnes dont on ignore l’histoire mais cette distance disparaît et laisse la place à tous ces visages qui deviennent proches. Impossible de continuer à minimiser le mal, intéressante donc la vocation artistique à effet cathartique découverte par Jacob malgré les dangers qu’il connaît bien.

Un récit très bien écrit, amusant, cruel et absurde à souhait.

❤️❤️❤️❤️❤️

Mercure de France 

Manuel Benguigui
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