Capitalisme et idéologie

Mot de l’éditeur :

Toutes les sociétés humaines ont besoin de justifier leurs inégalités : il faut leur trouver des raisons, faute de quoi c’est l’ensemble de l’édifice politique et social qui menace de s’effondrer. Les idéologies du passé, si on les étudie de près, ne sont à cet égard pas toujours plus folles que celles du présent. C’est en montrant la multiplicité des trajectoires et des bifurcations possibles que l’on peut interroger les fondements de nos propres institutions et envisager les conditions de leur transformation.
À partir de données comparatives d’une ampleur et d’une profondeur inédites, ce livre retrace dans une perspective tout à la fois économique, sociale, intellectuelle et politique l’histoire et le devenir des régimes inégalitaires, depuis les sociétés trifonctionnelles et esclavagistes anciennes jusqu’aux sociétés postcoloniales et hypercapitalistes modernes, en passant par les sociétés propriétaristes, coloniales, communistes et sociales-démocrates. À l’encontre du récit hyperinégalitaire qui s’est imposé depuis les années 1980-1990, il montre que c’est le combat pour l’égalité et l’éducation, et non pas la sacralisation de la propriété, qui a permis le développement économique et le progrès humain.
En s’appuyant sur les leçons de l’histoire globale, il est possible de rompre avec le fatalisme qui nourrit les dérives identitaires actuelles et d’imaginer un socialisme participatif pour le XXIe siècle : un nouvel horizon égalitaire à visée universelle, une nouvelle idéologie de l’égalité, de la propriété sociale, de l’éducation et du partage des savoirs et des pouvoirs.

Biographie de l’auteur :

Thomas Piketty, né le 7 mai 1971 à Clichy, est un économiste français.

Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), ancien élève de l’École normale supérieure (promotion 1989 Sciences) et docteur en économie de l’EHESS, il fut chercheur à la London School of Economics et est un spécialiste de l’étude des inégalités économiques, en particulier dans une perspective historique et comparative, et auteur du livre Le capital au xxie siècle (2013).

En 2002, il reçoit le prix du meilleur jeune économiste de France et, en 2013, le prix Yrjö Jahnsson. Après avoir joué un rôle majeur dans la fondation de l’École d’économie de Paris, il y est professeur depuis 2014.

Notre avis :

Comment donner un avis sur une fresque historique retraçant l’évolution des pratiques capitalistiques et des idéologies qui les ont soutenues  ?

Que ce soit de l’invention de l’héritage, du colonialisme et de sa fin, de la montée en puissance de la Chine, Thomas Piketty donne les clefs pour déchiffrer l’actualité.

Ce livre démontre que l’économie n’est une science exacte que lorsqu’elle explique le passé. A l’heure où les médias nous imposent des experts affirmant doctement ce qu’il faut faire parce que «  ce n’est plus possible  », Piketty ose jeter un pavé à la tête de ces médecins du «  laisser faire  ».

Les opinions peuvent être diverses et opposées, mais les faits sont têtus : les inégalités de fortune ne sont pas inscrites dans le marbre, mais sont le fruit du génie humain et surtout des lois.

Dans un style très accessible, il explicite la lutte constante des intérêts des très peu, les possédants, contre la démocratie, celle-ci ayant tendance à les déposséder.

Il est cruel, explique l’auteur, de comprendre dans sa démonstration implacable les causes de la démission des états face à l’hyper-capitalisme. Les petits propriétaires se croyant ciblés par les programmes de lutte contre les inégalités se réfugiant  dans des idéologies libérales où des kleptocrates les dépouillent tout doucement.

«  Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément  » est clairement la marque du style de «  Capitalisme et idéologie  » qui se lit comme un roman car dépouillé de formules mathématiques, signature parfois de textes difficilement accessibles à un public non formé.

Je ne dirai rien des solutions proposées, car il appartient au lecteur de se faire sa propre opinion, une fois éclairée.

Pour celles et ceux dont les grands principes de l’économie seraient un peu rouillés, je peux conseiller de parcourir à coté «  Economix,  la première histoire de l’économie en BD  ».

Bonne lecture !

❤️❤️❤️❤️❤️

Le Seuil

Thomas Piketty
Extrait
Conseil de lecture
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