Delicious Foods

Mot de l’éditeur :

Aucune enquête, aucun chiffre, aucun reportage ne saura nous faire prendre en haine l’esclavage contemporain comme l’image des moignons maculés de sang d’Eddie, 17 ans, conduisant sa Subaru dans la scène d’ouverture, hallucinée, de ce roman. Il vient de s’évader de la ferme Delicious Foods, exploitation géante – et pas seulement agricole -, au cœur de la Louisiane où Darlene, sa mère, a été recrutée 6 ans plus tôt, comme d’autres toxicomanes. Productrice de fruits et légumes, Delicious Foods maltraite ses ouvriers et les maintient prisonniers au cœur de la Louisiane grâce à la triple contrainte de la terreur physique, d’un endettement perpétuel à l’entreprise et d’une addiction à la drogue qui leur est continuellement fournie. Abandonné à son sort, le tout jeune Eddie fera tout pour retrouver la trace de sa mère, la rejoindre et l’aider à se libérer de ce piège. Dans ce prodigieux roman qui a valu à Hannaham tous les honneurs Outre-Atlantique (Pen/Faulkner Prize – roman), trois voix se succèdent pour raconter la spirale infernale : une mère prisonnière, un fils révolté et puis… la drogue, pour une fois présentée sous son jour le plus troublant : elle est un bateleur, un séducteur, un amant jaloux.

Biographie de l’auteur :

Né en 1968 dans le Bronx, James Hannaham a grandi à Yonkers, au temps où la ségrégation raciale sévissait encore dans les écoles de la ville. Sa mère, journaliste d’investigation, avait couvert l’affaire et les procès à la radio. Il est multicarte, polygraphe, pluritalentueux et doué d’humour (cf. sa bio sur son site) : non content d’étudier l’art à Yale, de publier des nouvelles dans diverses revues, de travailler au Village Voice, d’enseigner l’écriture au Pratt Institute de Brooklyn, et de cofonder le groupe de performance et d’art visuel Elevator Repair Service, il écrit des romans. Delicious Foods, couronné par des prix prestigieux aux USA est son deuxième après God Says No.

Notre avis :

Le roman Delicious Foods de James Hannaham est une réussite. Dans la tradition de Toni Morrison et Alice Walker, Delicious Foods est une fable profonde et sombre sur la vie afro-américaine, se déroulant principalement en Louisiane et au Texas dans un passé pas trop lointain juste avant Internet. Il dépeint de manière vivante deux formes insidieuses d’esclavage qui ont prospéré à cette époque: l’exploitation économique et le crack. Le titre fait en fait référence à une entreprise qui recherche les pauvres ivrognes noirs sans-abri et les junkies des rues de Houston et les met au travail dans une plantation isolée. 

J’ai été immédiatement, à la fois horrifiée et captivée par Delicious Foods. Captivant, puis dévastateur et inspirant. L’histoire d’Eddie et Darlene est magnifiquement et courageusement décrite.

Plus ingénieuse encore est la façon dont l’auteur personnifie le crack en tant que conscience nommée Scotty qui raconte de larges pans du livre, ce qui lui permet d’explorer un sujet – les dommages causés à une génération de Noirs américains par le développement d’une drogue de rue très addictive et accessible à bas prix. – qui passe généralement sous le radar du discours politique sur la race, l’injustice économique et le système carcéral en Amérique.

Histoire très créative, vraiment bien ficelée.

J’ai adoré chaque minute de cette lecture hautement recommandée.

❤️❤️❤️❤️❤️

Globe

Sortie le 26/08/2020

James Hannaham
Extrait
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Pastèques
Crack
Pour marque-pages : Permaliens.

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