Le passeur

Mot de l’éditeur :

Quand on a fait, comme le dit Seyoum avec cynisme, « de l’espoir son fonds de commerce », qu’on est devenu l’un des plus gros passeurs de la côte libyenne, et qu’on a le cerveau dévoré par le khat et l’alcool, est-on encore capable d’humanité ? C’est toute la question qui se pose lorsque arrive un énième convoi rempli de candidats désespérés à la traversée. Avec ce convoi particulier remonte soudain tout son passé : sa famille détruite par la dictature en Érythrée, l’embrigadement forcé dans le camp de Sawa, les scènes de torture, la fuite, l’emprisonnement, son amour perdu…À travers les destins croisés de ces migrants et de leur bourreau, Stéphanie Coste dresse une grande fresque de l’histoire d’un continent meurtri. Son écriture d’une force inouïe, taillée à la serpe, dans un rythme haletant nous entraîne au plus profond de la folie des hommes.

Biographie de l’auteur :

Stéphanie Coste a vécu jusqu’à son adolescence entre le Sénégal et Djibouti. Elle vit à Lisbonne depuis quelques années. Le passeur est son premier roman.

Notre avis :

Stéphanie Coste avec Le passeur, son premier roman, violent et saisissant frappe fort.

La douleur, l’immense désarroi de tout un continent nous sont décrits avec le regard de Seyoum, passeur cruel et brutal, seul l’argent compte et le rêve d’une vie meilleure pour les migrants est le moyen d’en accumuler, exploiter la détresse est la norme, c’est juste un travail aucun sentiment pas d’exceptions, pas de considération pour ces familles qui n’ont plus rien à perdre et espèrent rencontrer un peu d’humanité dans un autre continent.

En lisant ce roman j’ai pensé à la série télé « Cheyenne et Lola » où les deux passeuses improvisées évoluent et trouvent une forme de conscience et d’envie de changer les choses.

Les nuances se dessinent petit à petit également pour Seyoum, nous découvrons son histoire avant son arrivée sur la côte libyenne, celle de ses parents et de son amour perdu.

Retrouver la femme qui était sa flamme, sa raison d’être, est pour le protagoniste du livre une aigre découverte.

L’attitude change pour cette dernière traversée de la saison si particulière, les dernières pages du livre sont surprenantes et glaçantes.

L’écriture laisse présager la naissance d’une autrice à suivre.

Je partage avec vous deux citations pour avoir une idée du style concis et original que vous trouverez dans ce texte de 130 pages :

« Je jette un coup d’œil sur le chat, pour lui piquer un peu de sa sérénité»

« Il n’y a jamais de lauréats au concours de la misère » 

Un romans terriblement réaliste qui nous plonge de l’autre côté du désespoir et que je conseille à toutes et à tous.

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard 

Stéphanie Coste
Extrait
Passeurs
Pour marque-pages : Permaliens.

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