Les danseurs de l’aube

Mot de l’éditeur :

EUROPE CENTRALE – ANNEES TRENTE. Après avoir fui la révolution russe, les jumeaux Sylvin et Maria Rubinstein se découvrent un talent fulgurant pour le flamenco. Très vite, Varsovie, Berlin et même New York sont à leurs pieds. Lorsque le Continent sombre dans la guerre, les danseurs sont séparés, et Maria disparaît. Pour venger sa soeur tant aimée, Sylvin ira jusqu’à se glisser dans la peau d’une femme. Et c’est ainsi travesti qu’il s’engage dans la Résistance pour lutter contre les nazis. HAMBOURG – 2017. Lukas, jeune homme à l’identité trouble, rencontre la sulfureuse Iva sur la scène où Sylvin dansait autrefois. Fuyant leur passé, ils partent à leur tour en road-trip dans l’Europe interlope. Au fil des cabarets, leur flamenco incandescent et métissé enflamme les passions. Mais il suscite, aussi, la violence et l’intolérance. Jusqu’à ce que Lukas commette l’irréparable pour protéger Iva… À près d’un siècle de distance, Marie Charrel retrace le destin d’artistes épris de liberté, rattrapés par la folie du monde. Mais prêts à se battre jusqu’au bout pour défendre qui ils sont.

Biographie de l’auteur :

Marie Charrel est journaliste au Monde. Dans ce sixième roman, elle s’empare de l’incroyable destin de Sylvin Rubinstein, prodige du flamenco, juif, résistant et figure injustement oubliée de l’histoire.

Notre avis :

Marie Charrel fait partie des autrices que je suis, j’ai découvert son talent et sa bouleversante poésie avec : “Je suis ici pour vaincre la nuit. Yo Laur (1879 – 1944) en , 2017 et “Une nuit avec Jean Seberg” en 2018 a confirmé mon amour pour sa plume.

Quelle joie donc d’apprendre un peu par hazard lors d’un VLEEL, la publication de son prochain roman !

“Les danseurs de l’aube” est, tout comme ses autres textes, un prodige.

Les chapitres alternent le récit de la vie de  Sylvin et Maria Rubinstein et de celle de Lukas et Iva, le fil conducteur est le Flamenco.

Nous découvrons les drames vécus par la famille de Sylvin, ses exiles. Fils illégitime d’un aristocrate russe et d’une danseuse juive polonaise, Sylvin Rubinstein a d’abord connu des jours heureux dans les années 1930, aux côtés de sa soeur jumelle, Imperio et Dolores (noms de scène) pouvaient se produire encore librement et montrer leur talent.

En 1939 ne pouvant plus travailler en Allemagne nazie – les artistes juifs sont interdits – ils s’installent en Pologne, la guerre commence et les voilà contraints de porter l’étoile jaune et de gagner le ghetto de Varsovie. 

Le danseur perdra sa sœur et partenaire.

L’autrice écrit : « Sylvin sombre dans une tristesse à l’intensité presque aussi vive que sa colère ». Le rôle de Sylvin dans la résistance sera précieux et les mots pour le décrire sont particulièrement appropriés.

La rencontre de Lukas et Iva se fait lors du G20 de 2017 à Hambourg, tout les sépare mais l’ouverture d’esprit et le Flamenco les unissent.

La différence est une richesse et la nécessité de résister traverse le temps.

La danse et la force des artistes nous guident au fil des pages mais il est également question de s’armer contre les préjugés qu’ils soient liée à la religion, à la naissance dans un pays différent ou comme pour Lukas à son identité de gendre non définie.

J’avoue avoir pensé aux horribles slogans entendus dans des manifestations en France en 2020.

Le roman de Marie Charrel est un hymne à  la tolérance.

Une œuvre pleine de sensibilité portée par une écriture qui passionne et transmet beaucoup d’émotions.

Je vous laisse découvrir l’histoire dans l’histoire qui est à l’origine du titre et du final remarquable du livre.

L’écrivaine cite ses lectures parmi lesquelles figure « Les 948 Jours du ghetto de Varsovie » de Bruno Halioua (Liana Levi) que je vous conseille aussi de lire.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Les Éditions de l’Observatoire

Marie Charrel
Extrait
Extrait
Sylvin Rubinstein était un danseur russe, membre de la résistance au nazisme pendant la deuxième guerre mondiale
Pour marque-pages : Permaliens.

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