La femme révélée

Mot de l’éditeur :

Paris 1950. Eliza Donneley se cache sous un nom d’emprunt dans un hôtel miteux. Elle a abandonné brusquement une vie dorée à Chicago, un mari fortuné et un enfant chéri, emportant quelques affaires, son Rolleiflex et la photo de son petit garçon. Pourquoi la jeune femme s’est-elle enfuie au risque de tout perdre  ?

Vite dépouillée de toutes ressources, désorientée, seule dans une ville inconnue, Eliza devenue Violet doit se réinventer. Au fil des rencontres, elle trouve un job de garde d’enfants et part à la découverte d’un Paris où la grisaille de l’après-guerre s’éclaire d’un désir de vie retrouvé, au son des clubs de jazz de Saint-Germain-des-Prés. A travers l’objectif de son appareil photo, Violet apprivoise la ville, saisit l’humanité des humbles et des invisibles.

Dans cette vie précaire et encombrée de secrets, elle se découvre des forces et une liberté nouvelle, tisse des amitiés profondes et se laisse traverser par le souffle d’une passion amoureuse.

Mais comment vivre traquée, déchirée par le manque de son fils et la douleur de l’exil ? Comment apaiser les terreurs qui l’ont poussée à fuir son pays et les siens ?  Et comment, surtout, se pardonner d’être partie  ?

Vingt ans plus tard, au printemps 1968, Violet peut enfin revenir à Chicago. Elle retrouve une ville chauffée à blanc par le mouvement des droits civiques, l’opposition à la guerre du Vietnam et l’assassinat de Martin Luther King. Partie à la recherche de son fils, elle est entraînée au plus près des émeutes qui font rage au cœur de la cité. Une fois encore, Violet prend tous les risques et suit avec détermination son destin, quels que soient les sacrifices.

Au fil du chemin, elle aura gagné sa liberté, le droit de vivre en artiste et en accord avec ses convictions. Et, peut-être, la possibilité d’apaiser les blessures du passé. Aucun lecteur ne pourra oublier Violet-Eliza, héroïne en route vers la modernité, vibrant à chaque page d’une troublante intensité, habitée par la grâce d’une écriture ample et sensible.

Biographie de l’auteur :

Gaëlle Nohant a publié trois romans dont La part des flammes en 2015 (éditions Héloïse d’Ormesson, 30,000 exemplaires ; LGF, 130,000 exemplaires ; prix France Bleu/Page des libraires 2015 et prix du Livre de Poche 2016) et, en 2017, un roman biographique sur Robert Desnos, La légende d’un dormeur éveillé en 2017 (éditions HdO, 20,000 exemplaires ; LGF, 30,000 exemplaires ; Prix des libraires 2018).

Notre avis :

Merveilleux livre que je recommande vivement. Très belle écriture limpide et histoire passionnante.

Avec Eliza/Violet, notre héroïne, nous entreprenons un voyage à la recherche de l’émancipation et de la liberté.

La protagoniste quitte Chicago pour Paris, abandonne tout, laisse son fils derrière elle. Son aventure s’étoffe page après page, obstacle après obstacle elle évolue.

Difficile de se battre contre les préjugés, l’hypocrisie et le besoin de certaines catégories de personnes d’être forts avec les faibles et faibles avec les forts mais, si les hommes et les femmes déçoivent, les idéaux restent et la photographie, l’un des fils conducteurs du roman, est l’échappatoire et le moyen de lutte d’Eliza/Violet.

Gaëlle Nohant, de plus en plus talentueuse, nous livre des descriptions captivantes de la vie parisienne et des flash-back qui vont dévoiler les raisons du départ d’Eliza et son changement d’identité.

Les personnages secondaires sont très bien dépeints et tous apportent une pierre à la construction de l’intrigue.

Eliza avait promis à son fils de revenir mais, les vicissitudes que vous allez découvrir dans ce récit, ne le permettront que vingt ans après.

L’année de l’assassinât de Martin Luther King et de Robert Kennedy est également celle du retour à Chicago, ville de toutes les contradictions, pour Eliza/Violet qui retrouvera petit à petit son fils. Pour les Américains, la mort de Robert Kennedy représente la fin de l’innocence. C’est l’entrée dans une dizaine d’années terribles : l’arrivée au pouvoir de Richard Nixon et l’effondrement dans la guerre du Vietnam. Le monde entier est confronté à un rêve brisé. Concernant Eliza/Violet 1968 est aussi le moment de la fusion de ses deux vies.

Plume poétique, histoire splendide il faut absolument lire ce livre.

Grasset

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Gaëlle Nohant
Extrait
Inscription sur le mur du Foyer des Feuillantines
Extrait
L’appareil photo de Eliza/Violet
Chicago
Les deux Magots
Closerie des Lilas
Martin Luther King
Robert Kennedy en France en 1967
Assassinant de Bob Kennedy
Extrait
Conseil de lecture

Et le désert disparaîtra

Mot de l’éditeur :

Samaa vit dans un monde qui pourrait être le nôtre dans quelques siècles. La vie a presque entièrement disparu de la surface de la Terre.

Le sable a tout dévoré.

Elle appartient à une tribu nomade.

Pour survivre, son peuple traque les derniers arbres et vend leur bois.

Samaa aimerait être chasseuse, elle aussi, mais c’est une charge d’homme.

Alors, un jour, elle désobéit et suit les chasseurs.

Mais le désert a mille visages.

Elle se perd, et tombe dans une trouée.

Au fond, un arbre.

Gigantesque.

Coincée là, blessée, Samaa va peu à peu réaliser que tout ce en quoi elle croit est faux.

Elle changera le destin de sa tribu à jamais.

Ce livre a été réalisé de la façon la plus écologique possible.

Les papiers de couverture et intérieur sont fabriqués à partir de bois et de résidus de bois qui seraient brûlés s’ils n’étaient pas transformés en papier.

Ils sont certifiés PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières). Cette certification garantit une exploitation intelligente de la forêt, visant à augmenter au fil des ans la surface forestière et luttant ainsi contre la déforestation. L’encre utilisée est une encre végétale. La couverture n’est pas pelliculée, car le pelliculage est un film plastique issu du pétrole. Ce livre a été imprimé en France.

Biographie de l’auteur :

Marie Pavlenko est née à Lille au XXe siècle. Elle a obtenu un D.E.A. de lettres modernes à la Sorbonne Nouvelle, a vécu un an en Jordanie, puis a été journaliste de presse écrite. Depuis 2010, elle a écrit des scénarios (télé, cinéma, BD), des romans pour jeunes adultes : Un si petit oiseau et Je suis ton soleil (Flammarion jeunesse), qui ont remporté de nombreux prix, La Fille-sortilège (Folio SF), la trilogie Le livre de Saskia (Scrineo jeunesse), mais aussi des romans pour enfants : Zombies zarbis (co-écrits avec Carole Trébor – Flammarion jeunesse), Awinita (Little Urban), ou de littérature générale : La Mort est une femme comme les autres (J’ai Lu). Marie vit à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, elle se consacre désormais à l’écriture de ses romans, pour petits et grands, étudie l’ornithologie, et marche en montagne dès qu’elle le peut.

Notre avis :

Un conte poétique, un tendre manifeste écologique, le récit de Marie Pavlenko donne la voix à une jeune fille de 12 ans, Samaa qui vit dans un monde où le désert et la pénurie de resources sont désormais la routine et le bois devient une monnaie d’échange.

Samaa n’accepte pas les règles imposées par sa tribu nomade et défie les conventions.

Perdue et blessée après avoir suivi les chasseurs de son campement, les longues journées passées dans un gouffre feront découvrir à notre héroïne un mini écosystème et l’importance de la connaissance et du respect.

Le grand arbre dans la crevasse devient le protecteur de Samaa, les arbres vivent, les arbres ont une histoire à raconter, leurs racines sont aussi les nôtres. 

Ce court roman est riche en émotions, délicat et plus que jamais actuel, l’autrice propose une méditation sur le devenir de notre planète et de l’être humain, un cri d’alarme afin que la fiction d’aujourd’hui ne devienne pas la réalité de demain.

Un livre plaisant à lire et qui pousse intelligemment à la réflexion.

Flammarion Jeunesse

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Marie Pavlenko
Extrait
Extrait

Le Complexe de la Sorcière

Mot de l’éditeur :

«  Les histoires que je lis sont celles de femmes accusées d’avoir passé un pacte avec le diable parce qu’un veau est tombé malade. Les histoires que je lis sont celles de femmes qui soignent alors qu’elles n’ont pas le droit d’exercer la médecine, celles de femmes soupçonnées de faire tomber la grêle ou de recracher une hostie à la sortie de la messe. Et moi, je revois le cartable que m’a acheté ma mère pour la rentrée de sixième, un beau cartable en cuir, alors que j’aurais voulu l’un de ces sacs en toile que les autres gosses portent sur une seule épaule, avec une désinvolture dont il me semble déjà que je ne serai jamais capable. Je revois mon père tenant ma mère par la taille un soir d’été, je le revois nous dire, à mon frère et à moi, ce soir, c’est le quatorze juillet, ça vous dirait d’aller voir le feu d’artifice  ? Cette contraction du temps qui se met à résonner, cet afflux de souvenirs que j’avais d’abord pris pour un phénomène passager, non seulement ne s’arrête pas, mais est en train de s’amplifier.  » 

En trois siècles, en Europe, plusieurs dizaines de milliers de femmes ont été accusées, emprisonnées ou exécutées. C’est l’empreinte psychique des chasses aux sorcières, et avec elle, celle des secrets de famille, que l’auteure explore dans ce roman envoûtant sur la transmission et nos souvenirs impensables, magiques, enfouis. 

«  Roman-enquête dans l’histoire et l’imagerie de la sorcellerie, récit intime d’une adolescence douloureuse. Le complexe de la sorcière se révèle d’une grande finesse.  » Transfuge 

«  Ce livre est foisonnant et passionnant. Je mets au défi chaque lectrice et lecteur de ne pas être profondément bouleversé par ce texte.  » Psychologies Magazine

Biographie de l’auteur :

Isabelle Sorente a publié plusieurs romans remarqués dont 180 jours et La Faille, qui ont reçu un très bel accueil du public. Elle tient une chronique sur France Inter et dans Philosophie Magazine. 

Notre avis :

« Tremate, tremate, le streghe son tornate » (« tremblez, tremblez, les sorcières sont de retour »)…  Dans les années 70, les féministes italiennes s’étaient emparées de la figure de la sorcière pour créer un symbole subversif de la révolte des femmes.

L’essai de Mona Chollet « Sorcières La puissance invaincue des femmes » (La Découverte 2018) a eu le succès mérité et je vous conseille de le lire avant ou après le livre d’Isabelle Sorente.

Le Complexe de la Sorcière est un roman mais aussi une quête et une enquête à la recherche de la sorcière chassée, persécutée, tuée et de l’impact de ce phénomène sur les générations qui ont suivi.

Le point de départ est la vision d’une sorcière devant ses juges, la protagoniste commence des recherches historiques et à accumule les ouvrages sur la question.

Une introspection profonde commence en parallèle, l’histoire d’une femme, d’une famille, d’un groupe d’amies se dessine, une analysée juste pour mieux comprendre les secrets et tabous qui brident les femmes.

Un roman qui alterne l’universel et le particulier, qui nous parle des inquisiteurs du passé et des bûchers mais également des inquisiteurs modernes et de l’harcèlement qui brûle de l’intérieur.

Un livre passionnant à la lecture fluide.

Un texte envoûtant qui invite à la réflexion.

❤️❤️❤️❤️❤️

JC Lattès 

Isabelle Sorente
Extrait
Extrait
Extrait
Monty Pythons
Conseil de lecture
Conseil de lecture
Conseil de lecture
Conseil de lecture

Les chroniques de Prydain, Le livre des trois, Tome 1

Mot de l’éditeur :

Le jeune Taram est un apprenti porcher qui rêve d’aventures et de combats à l’épée. Pour sauver son pays menacé par la contrée voisine d’Annuvin, le Pays de la Mort, Taram devra affronter l’abominable Arawn et son seigneur de guerre, le Roi Cornu, monstre sanguinaire au masque à ramures de cerf. Pour l’épauler dans cette tâche, il s’entoure de compagnons inattendus : Eilonwy, la jeune princesse au caractère bien trempé ; Fflewddur, l’ancien roi devenu barde errant ; Doli, le nain revêche qui s’échine à devenir invisible ; et une créature étrange et sympathique du nom de Gurgi. Sans oublier Gwydion, le grand prince et héros de guerre. Avec leur aide, Taram partira à la recherche de Hen Wren, le cochon blanc dont les prophéties pourraient être le seul espoir de sauver Prydain, et qu’Arawn rêve lui aussi d’attraper. Il affrontera l’enchanteresse Achren, aussi belle que maléfique, rencontrera un peuple minuscule vivant sous terre, et devra mener ses compagnons à bon port avant les troupes de l’ignoble Seigneur de la Mort.

Biographie de l’auteur :

Né en 1924, Lloyd Alexander est l’un de ces auteurs américains aux vies multiples : employé de banque, membre de l’armée américaine, combattant durant la Seconde Guerre mondiale, étudiant, traducteur, dessinateur de bandes dessinées, écrivain publicitaire, maquettiste, éditeur de magazines… Entre 1964 et 1968, il écrit sa célèbre pentalogie, Les Chroniques de Prydain, inspirée de sa rencontre avec le pays de Galles, qui lui vaut des prix importants. Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages pour la jeunesse. Alexander n’aura de cesse de développer, à travers ses mondes enchantés, les thèmes de l’injustice et de la liberté

Notre avis :

Pourquoi ce récit n’est pas plus populaire en France, je ne sais pas. Nous y retrouvons des héros et héroïnes bien façonnés, une prose riche et une quête passionnante. Je suis ravie que ce titre  soit de nouveau disponible en Français, après une longue absence des rayons de nos librairies.

Le Livre des Trois fait partie d’un cycle de romans publiés entre 1964 et 1968 ainsi que d’un recueil de nouvelles publié en 1973. 

Tout au long de la série, nous suivons les aventures de Taram, qui est entouré d’un casting coloré de personnages, certains sont basés sur la mythologie galloise, d’autres sont des créations spécifiques de Lloyd Alexander pour son univers, toutes et tous forment une compagnie qui va faire face à de nombreuses épreuves et à un danger constant, Ils voyagent dans un monde magique.

L’histoire a un rythme rapide. Vous ne pourrez pas poser ce livre jusqu’à sa conclusion. Un classique dans les monde Anglo-saxon qui a remporté un grand nombre de prix prestigieux lors de son lancement. 

Hautement recommandé pour les amateurs de Fantasy, grands et petits…

Je pense que tout le monde peut trouver quelque chose de fascinant et agréable dans la lecture de ce premier tome de la saga.

La suite toujours chez les Editions Anne Carrière en février 2020.

❤️❤️❤️❤️❤️

Editions Anne Carrière

Le livre !
Lloyd Alexander
Le classique Disney
Le tome 2

Le pays des loups

Mot de l’éditeur :

Londres, 2050. La crise socio-économique des dernières décennies n’est plus qu’un souvenir. Le consumérisme triomphant a sauvé le monde. La propriété foncière hors des grandes villes est réservée à une petite élite. Le reste de la population doit dépenser pour conserver un droit de résidence. Le vieillissement a été aboli grâce à une nouvelle approche radicale, la retraite ayant été remplacée par un programme d’euthanasie joyeuse et volontaire dans les Dignitoriums.

Quand l’architecte Philip disparaît, sa femme, Alice, met en péril sa maison et son statut pour comprendre ce qui lui est arrivé. Enquêter, c’est prendre le risque de questionner la société et les valeurs dans lesquelles elle a été élevée. Elle découvre rapidement la vérité sordide sur le destin de sa propre famille, ainsi que les mensonges qui ont servi de piliers à la construction de ce nouveau monde parfait.

Biographie de l’auteur :

Tünde Farrand a grandi à Debrecen, ville hongroise bourdonnante de culture et haut lieu de la littérature hongroise.

Elle a vécu, étudié et travaillé dans plusieurs pays avant de s’installer au Royaume-Uni en 2005, où elle a continué à travailler comme spécialiste des langues et professeur de langues vivantes. Elle a obtenu une maîtrise en écriture créative de l’Université Sheffield Hallam en 2016.

Lorsqu’elle n’écrit pas, elle aime le cinéma international, le badminton et l’haltérophilie. Elle vit avec son mari à Sheffield.

Notre avis :

Gros coup de cœur pour ce livre de Tünde Farrand, le récit se déroule en 2050 dans un futur proche, l’intrigue est glaçante et plausible.

Le monde parfait n’existe pas et la manipulation des masses nous connaissons, mais ce texte nous transporte dans une réalité où “Homo homini lupus” bonne vielle locution latine prend tout son sens.

L’histoire est racontée du point de vue d’Alice, une institutrice mariée à un architecte, Philip. Le lendemain de Noël, il est porté disparu, présumé mort dans une explosion dans un complexe commercial. Affolée par sa perte, Alice a du mal à faire face, surtout quand elle se rend compte que leurs économies sont presque épuisées. 

Les chapitres se déplacent dans le temps pour offrir des aperçus de l’enfance d’Alice et de la rencontre avec Philip.

Alice va s’apercevoir que le Pays des Merveilles auquel elle voulait croire est bien pire que tout ce qu’elle pouvait imaginer.

Une lecture captivante qui provoque une immersion totale.

Ce livre n’est pas seulement un thriller dystopique, c’est aussi un roman qui soulève des questions d’élitisme, de conditionnement social, d’âgisme et de diabolisation des faibles et des vulnérables de la société. 

Une inquiétante étude sur la nature humaine par une auteure que je suivrai.

Une lecture fortement recommandée.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Editions Anne Carrière

Tünde Farrand
Extrait
Extrait
Extrait
Londres JO 2012

Dry Bones

Mot de l’éditeur :

La découverte d’un énorme T.rex parfaitement conservé est une excellente surprise pour le comté d’Absaroka. En revanche, la découverte du corps du rancher cheyenne Danny Lone Elk, propriétaire des terres où git le dinosaure, est une sacrée mauvaise nouvelle pour le shérif du coin, Walt Longmire. D’autant que les ossements du monstre préféré d’Hollywood sont estimés à des millions de dollars, ce qui crée bien des complications juridiques. Lorsque le FBI s’en mêle, Walt a peu de temps pour découvrir à qui profite la mort de Danny. Il fait donc appel à ses fidèles amis, le vieux shérif Lucian Connally et l’infatigable Indien Henry Standing Bear, et se lance dans une poursuite périlleuse et imprévisible.

Biographie de l’auteur ;

Craig Johnson a exercé des métiers aussi divers que policier, professeur d’université, cow-boy, charpentier et pêcheur professionnel avant de s’installer définitivement dans l’Ouest, sur les contreforts des Bighorn Mountains, dans le Wyoming. Il est l’auteur de la série Walt Longmire qui fait l’objet d’une adaptation télévisée et remporte un énorme succès aux Etats-Unis.

Notre avis :

Dry Bones de Craig Johnson marque le retour du shérif Walt Longmire et de son équipe.

Le chien de Jennifer Watt est responsable de  « l’une des plus grandes découvertes paléontologiques des temps modernes ». Nommé en l’honneur de Watt, « Jen », le plus grand et le plus complet des Tyrannosaurus rex jamais trouvé, a été découvert dans le comté d’Absaroka, dans le Wyoming, causant toutes sortes de problèmes à Longmire. Le musée des dinosaures des Hautes Plaines semble avoir découvert un trésor, jusqu’à ce que Danny Lone Elk, le Cheyenne propriétaire du terrain où Jen a été découvert, soit retrouvé mort et qu’il n’y ait aucune preuve de son accord avec le musée. Au lieu de cela, sa famille, la tribu et le ministère de la Justice revendiquent tous Jen. Et, le FBI enquête sur la collecte illégale de fossiles et la vente de biens de l’État. Walt n’a vraiment aucune patience avec le procureur adjoint qui a soif de publicité. Longmire doit enquêter sur un meurtre et il aimerait faire quelques progrès avant que sa fille, Cady, n’arrive de Philadelphie avec sa petite-fille de cinq mois, Lola. Mais la famille de Danny est peu coopérative, alors que l’attention des médias sur Jen continue de grandir. Longmire se tourne vers de vieux amis, pour l’aider à effectuer une recherche massive et efficace dans le comté. Le shérif a besoin de réponses concernant le meurtre de Danny Lone Elk, d’une vérité qui, espérons-le, pourrait aider à « sauver Jen ».

Comme toujours, l’écriture de Johnson est agréable.

L’humour accompagne les aspects sérieux du travail de Longmire.

C’est une histoire d’amour et de vengeance, de loyauté et d’avidité. Et c’est encore une excursion scintillante dans le comté d’Absaroka avec notre shérif.

Les personnages sont très bien développés, décrits avec soin, à commencer par le protagoniste. 

Dry Bones est un livre à recommander.

❤️❤️❤️❤️❤️

Editions Gallmeister

Craig Johnson
Le livre
Wyoming
T rex
Série Longmire

Madame S

Mot de l’éditeur : 

Le destin exceptionnel de Marguerite Steinheil, intrigante maîtresse de Félix Faure, ni coupable ni victime. Cataloguée « putain de la République », accusée de meurtre, traînée dans la boue, le traitement de Madame S. par la justice puis par l’histoire en dit long sur notre rapport à la sexualité, au pouvoir et à la liberté des femmes.

L’anecdote est célèbre : alors que le président Félix Faure agonise, sa  » connaissance  » s’est sauvée par l’escalier de service. Cette mort en épectase va changer le cours de l’affaire Dreyfus et bouleverser le destin de celle que l’on surnomme depuis la  » pompe funèbre « … 

Intriguée par cette  » putain de la République « , une journaliste recluse décide d’enquêter sur cette si mystérieuse Madame S. et sur les secrets d’un État français toujours aux prises avec les mêmes démons : antisémitisme, antiféminisme, petits arrangements entre amis et journaux avides de scandales. 

Sylvie Lausberg livre un passionnant thriller historique sur les traces volontairement effacées de Marguerite Japy-Steinheil, personnalité troublante qui sauvera sa tête grâce à un art virtuose du mensonge, un charme dévastateur et une profonde intelligence politique, restés ensevelis sous des torrents d’injures misogynes qui en disent long sur notre rapport au sexe, au pouvoir et aux femmes qui en jouent.

Biographie de l’auteur :

Sylvie Lausberg est historienne, diplômée de l’Université Libre (laïque) de Bruxelles et psychanalyste (Le Questionnement psychanalytique, www.questionnement.be), je dirige à Bruxelles le département Etude & Stratégie du Centre d’Action Laïque.

Pendant (1987-2002) et après ma carrière de journaliste dans la presse écrite et à la Radio-Télévision belge, j’ai publié de nombreux essais, articles et ouvrages sur notre rapport à l’autre, les femmes dans l’histoire, le sexisme, le féminisme, mais également sur l’antisémitisme. 

Entre 2007 et 2012, j’ai conçu des expositions internationales, ainsi que leurs catalogues, sur les relations entre juifs et musulmans au Maroc et ensuite sur les relations entre le Maroc et l’Europe. 

J’ai aussi réalisé deux moyen métrage à destination du grand public ; le premier sur l’histoire du droit à l’avortement en Belgique, le second sur la déportation des Juifs de Belgique et la rafle du 3 septembre 1942 à Bruxelles.

Impliquée dans la transmission d’un savoir scientifique au plus grand nombre, je participe régulièrement à des émissions de radio ou de télévision sur les sujets qui me tiennent à coeur. Ces enregistrements sont également disponibles sur le site. 

Sur le plan institutionnel, je suis vice-présidente du Conseil des Femmes Francophones de Belgique (CFFB) et Présidente de la Commission « Ethique »

Membre du Conseil fédéral de l’Égalité des chances entre les Femmes et les Hommes depuis 2009 (cf. dernière nomination par A.R. du 27 novembre 2012)

Chargée de séminaire à l’Ecole de Santé Publique (ULB) – Formation continue « Élucidation de la pratique psychanalytique » à destination des psychologues actifs dans les centres de santé mentale, centres de planning, etc.

Conférencière invitée à l’UCL en Master en Psychologie, depuis l’année académique 2012-2013, sur l’accès à l’IVG en Belgique et sur les inégalités entre hommes et femmes en Belgique.

Notre avis :

Une journaliste entre deux affectations loue la maison de Séverine, à Pierrefonds, résidence qu’elle avait baptisée « Les Trois marches » en souvenir de l’hôtel de Rennes, où elle demeurait pendant le procès en révision de Dreyfus en 1899. Le lieu de vie de Séverine, journaliste et féministe, unique femme présente au procès de Madame S. pour le meurtre de sa mère et de son époux Adolphe, inspirera notre narratrice dans ses recherches sur Marguerite Steinheil maîtresse de Félix Faure, le Président décédé le 16 février 1899, dans ses bras, ou, pour être plus précis, dans son lit.

« Il voulait être César, il a fini Pompée » se serait moqué Clémenceau. L’histoire de cette mort et celle de la vie de cette femme complexe apparaît, au fil des pages de la passionnante reconstruction de Sylvie Lausberg comme un peu plus intriquée.

Le livre est passionnant, le lecteur est transporté dans les conspirations des salons parisiens à une époque d’obscurs complots et de changement profonds.

L’affaire Dreyfus est une pièce importante dans cette œuvre, tout comme l’a été dans la réalité politique dominant les chroniques et divisant les français.

Grâce à un travail de recherches historiques rigoureux et étendu, Sylvie Lausberg propose des hypothèses et trouve des éléments qui donnent vie à Mme S. et à l’incroyable “roman de sa vie », le talent de l’autrice est remarquable quand il s’agit de ciseler la psychologie des personnages qui ont pris part aux intrigues qui nous sont révélées.

À lire absolument !

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Slatkine et cie

Sylvie Lausberg
Le livre
Extrait
Marguerite Steinheil
Séverine, pseudonyme de Caroline Rémy
Le lieu des faits : 6 bis impasse Ronsin à Paris
Félix Faure
Journal de l’époque
Journal de l’époque
Journal de l’époque
Dreyfus
J’Accuse…!

L’imitation de Bartleby

Mot de l’éditeur :

Le 29 juillet 2010, à Zurich, Michèle Causse, théoricienne féministe et traductrice, a choisi de dénaître en mourant par suicide assisté le jour de son anniversaire. Se pourrait-il qu’existe un lien entre sa mort et celle du personnage du livre Bartleby le scribe qu’elle avait traduit en français ? Telle est la question qui travaille le narrateur, un étudiant en théologie qui commence à bien connaître les Evangiles, où il a lu cette phrase : Cherchez et vous trouverez.

Biographie de l’auteur :

Julien Battesti est né en 1985 à Ajaccio. L’imitation de Bartleby est son premier livre.

Notre avis :

Le titre de ce premier roman de Julien Battesti, L’imitation de Bartleby, fait référence au célèbre manuscrit l’Imitation de Jesus-Christ et au marquant personnage de Melville, nous allons, après avoir fait connaissance avec le narrateur, rapidement en comprendre les raisons. 

Celui qui nous accompagnera dans la traversée des pages de cet étonnant livre est un étudiant en théologie bloqué dans son appartement à cause d’un problème au dos survenu soudainement mais long à soigner.

Tout s’amplifie dans cette nouvelle vie de tortue sur le dos et la recherche d’un livre évoqué par une amie, le conduira, les voies de Google étant infinies, sur une toute autre piste : une vidéo de Michèle Causse, traductrice, ( entre autres de Primo Levi et de Herman Melville ) écrivaine, lesbienne et militante féministe. Elle avait choisi de mourir, le jour de son anniversaire, assistée par l’association Suisse Dignitas, à l’âge de 74 ans. Le film en streaming qui montre les derniers instants de Causse sera le point de départ,  pour le jeune théologien, d’un voyage dans l’œuvre de Melville, Bartleby le scribe, et une incursion dans la vie de l’iconoclaste Michèle Causse. À la recherche de la relation possible entre le commis aux écritures de Wall Street et le choix de decider le moment de sa mort opéré par Michèle Causse.

La traductrice ne trouvait plus «  The meaning of life » tout en étant en bonne santé.

Bartleby était, selon l’auteur, un Moise qui a perdu confiance en la vie, seul et mis à l’écart par la société.

Après les recherches et l’affirmation de sa vision, le protagoniste terminera son exploration à Zurich où il se rendait pour visiter l’association Dignitas.

Des sujets sensibles évoqués avec un language riche et un regard délicat.

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard 

Julien Battesti
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Michèle Causse
Le film Exit
Herman Melville
Bartleby et autres textes traduits par Michèle Causse
À lire aussi !

Un oiseau de nuit à Buckingham

Mot de l’éditeur :

La reine d’Angleterre, quatre-vingt-dix ans, s’est endormie dans sa chambre de Buckingham Palace, entourée de ses corgis – en peluche. Elle s’éveille en sursaut. Assis sur son lit, un homme. Qui est-il ? Que lui veut-il ? S’instaure un dialogue entre deux êtres que tout sépare. Le temps d’une nuit, la reine dépose sa couronne et délie sa parole. « Nous sommes tous des prisonniers », réplique-t-elle à cet homme entravé. Sommes-nous libres ? Vivons-nous enchaînés à notre destin ? Un dialogue à bâtons rompus entre émotion et fantaisie, souvent surréaliste, so british. Cette nuit magique, inspirée d’un fait réel, est une parenthèse rêvée et folle, une invitation à vivre pleinement sa vie.

Biographie de l’auteur :

David Lelait-Helo est l’auteur de nombreuses biographies, de recueils de sagesse et de cinq romans aux éditions Anne Carrière. En 2018, il a publié avec Line Renaud, aux éditions La Martinière, Line Renaud, mes années Las Vegas.

Notre avis :

Très joli livre de David Lelait-Helo, Un oiseau de nuit à Buckingham se lit avec bonheur.

Paul Scarborough le 24 décembre 2016 décide, choqué par le vote sur le Brexit, ( et oui plus que jamais actuel comme sujet … ) de rencontrer Elisabeth II.

L’inspiration pour ce roman est liée à Michael Fagan qui en 1982 s’était introduit dans la chambre de la reine d’Angleterre.

Notre personnage se retrouvera propulsé dans un échange nocturne divertissant et imaginatif avec sa majesté.

Nous retrouvons les talents de biographe de l’auteur qui décrit très bien la vie de la reine. Il propose aux lecteurs des informations et des anecdotes sur le long règne de Lilibeth.

Un monarque constitutionnel, censé représenter tous ses sujets, se doit d’être aussi « super partes » que discret.

Une personne, comme notre « oiseau de nuit » qui subit son existence est réduite au silence par ses choix.

Ce roman est une invitation à reprendre en main son destin, même si les situations désagréables se succèdent, et à sortir des cages de tous les types.

Un conte divertissant et gracieux.

❤️❤️❤️❤️❤️

Editions Anne Carrière

David Lelait-Helo
Le livre
Extrait
Extrait
Extrait
Couronnement de la reine Elisabeth II
Statuette
Tenue post Brexit aux couleurs de l’Europe
Série télé basée sur la vie d’Elisabeth

À crier dans les ruines

Mot de l’éditeur :

Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan sont deux adolescents qui s’aiment. Ils vivent dans un pays merveilleux, entre une modernité triomphante et une nature bienveillante. C’est alors qu’un incendie, dans la centrale nucléaire, bouleverse leur destin. Les deux amoureux sont sépares. Lena part avec sa famille en France, convaincue qu’Ivan est mort. Ivan, de son côté, ne peut s’éloigner de la zone, de sa terre qui, même sacrifiée, reste le pays de ses ancêtres. Il attend le retour de sa bien-aimée. Lena grandit dans un pays qui n’est pas le sien. Elle s’efforce d’oublier. Un jour, tout ce qui est enfoui remonte, revient, et elle part retrouver ce qu’elle a quitté vingt ans plus tôt.

Biographie de l’auteur :

Alexandra Koszelyk est née en 1976. Elle enseigne, en collège, le français, le latin et le grec ancien.

Notre avis :

Alexandra Koszelyk nous plonge, avec son  splendide roman dans la mémoire collective d’une des plus grandes catastrophes de la fin du XX siècle, l’explosion du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

La tragédie est vue avec les yeux de Léna et d’Ivan qui ont 13 ans au moment de l’incendie, ils sont depuis leur enfance des êtres inséparables et l’éloignement imprévisible et soudain provoque une souffrance extraordinaire à la hauteur de leur lien exceptionnel.

Elle part vivre en France, lui reste et tente comme la nature de se reconstruire pas après pas en espérant revoir un jour son amour.

Léna, convaincue de la mort d’Ivan, tente de refaire sa vie en Normandie et à Paris, comme ses parents lui demandent. Elle a besoin des livres, de la littérature, de l’histoire et des mythes, c’est un bonheur de suivre les citations et les choix avisés de l’autrice pour accompagner la jeune fille et la jeune femme dans son évolution.

Les coquelicots de la belle couverture de cet ouvrage se retrouvent aussi dans le récit, j’espère que vous aimerez ce beau symbole et les autres qui parsèment le roman et que l’autrice utilise avec subtilité.

Le cycle de la vie continue et 20 ans après  la tragédie Léna retrouvera sa ville natale, Pripiat, aujourd’hui destination touristique qui rappelle quelques part Pompei.

Elle retrouve aussi son Ivan et le chemin interrompu peut recommencer.

En juin 2019 la série Chernobyl a allumé, ( tout comme le nouveau sarcophage du réacteur 4 terminé en 2018 ) les projecteurs sur une page d’histoire de l’Ukraine, de l’ancienne URSS et de l’humanité.

Chernobyl est devenue la série la mieux notée de l’histoire de la fiction pour la télé. Elle transporte le spectateur au cœur de l’accident avec un réalisme impressionnant et des questionnements sur les agissements des autorités de l’époque que nous retrouverons aussi dans le livre.

Émouvant et fort, le texte d’Alexandra Koszelyk est de ceux que nous avons envie de relire pour saisir un détail qui nous aurait échappé et pour retrouver les passages captivants et bouleversants qui nous ont transportés au fil des pages.

Un livre à lire, à savourer et à méditer !

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Aux Forges de Vulcain

Merci à l’éditeur pour cette belle lecture

Alexandra Koszelyk
Le livre
Extrait
Tchernobyl
Tchernobyl
Tchernobyl
Pripiat
Pompei
Coquelicots ( Monet )
La série

POÈME À CRIER DANS LES RUINES, PAR LOUIS ARAGON.

Tous deux crachons tous deux

Sur ce que nous avons aimé

Sur ce que nous avons aimé tous deux

Si tu veux car ceci tous deux

Est bien un air de valse et j’imagine

Ce qui passe entre nous de sombre et d’inégalable

Comme un dialogue de miroirs abandonnés

A la consigne quelque part Foligno peut-être

Ou l’Auvergne la Bourboule

Certains noms sont chargés d’un tonnerre lointain

Veux-tu crachons tous deux sur ces pays immenses

Où se promènent de petites automobiles de louage

Veux-tu car il faut que quelque chose encore

Quelque chose

Nous réunisse veux-tu crachons

Tous deux c’est une valse

Une espèce de sanglot commode

Crachons crachons de petites automobiles

Crachons c’est la consigne

Une valse de miroirs

Un dialogue nulle part

Écoute ces pays immenses où le vent

Pleure sur ce que nous avons aimé

L’un d’eux est un cheval qui s’accoude à la terre

L’autre un mort agitant un linge l’autre

La trace de tes pas Je me souviens d’un village désert

A l’épaule d’une montagne brûlée

Je me souviens de ton épaule

Je me souviens de ton coude

Je me souviens de ton linge

Je me souviens de tes pas

Je me souviens d’une ville où il n’y a pas de cheval

Je me souviens de ton regard qui a brûlé

Mon cœur désert un mort Mazeppa qu’un cheval

Emporte devant moi comme ce jour dans la montagne

L’ivresse précipitait ma course à travers les chênes martyrs

Qui saignaient prophétiquement tandis

Que le jour faiblissait sur des camions bleus

Je me souviens de tant de choses

De tant de soirs

De tant de chambres

De tant de marches

De tant de colères

De tant de haltes dans des lieux nuls

Où s’éveillait pourtant l’esprit du mystère pareil

Au cri d’un enfant aveugle dans une gare-frontière

Je me souviens

Je parle donc au passé Que l’on rie

Si le cœur vous en dit du son de mes paroles

Aima Fut Vint Caressa

Attendit Épia les escaliers qui craquèrent

0 violences violences je suis un homme hanté

Attendit attendit puits profonds

J’ai cru mourir d’attendre

Le silence taillait des crayons dans la rue

Ce taxi qui toussait s’en va crever ailleurs

Attendit attendit les voix étouffées

Devant la porte le langage des portes

Hoquet des maisons attendit

Les objets familiers prenaient à tour de rôle

Attendit l’aspect fantomatique Attendit

Des forçats évadés Attendit

Attendit Nom de Dieu

D’un bagne de lueurs et soudain

Non Stupide Non

Idiot

La chaussure a foulé la laine du tapis

Je rentre à peine

Aima aima aima mais tu ne peux pas savoir combien

Aima c’est au passé

Aima aima aima aima aima

0 violences

Ils en ont de bonnes ceux

Qui parlent de l’amour comme d’une histoire de cousine

Ah merde pour tout ce faux-semblant

Sais-tu quand cela devient vraiment une histoire

L’amour

Sais-tu

Quand toute respiration tourne à la tragédie

Quand les couleurs du jour sont ce que les fait un rire

Un air une ombre d’ombre un nom jeté

Que tout brûle et qu’on sait au fond

Que tout brûle

Et qu’on dit Que tout brûle

Et le ciel a le goût du sable dispersé

L’amour salauds l’amour pour vous

C’est d’arriver à coucher ensemble

D’arriver

Et après Ha ha tout l’amour est dans ce

Et après

Nous arrivons à parler de ce que c’est que de

Coucher ensemble pendant des années

Entendez-vous

Pendant des années

Pareilles à des voiles marines qui tombent

Sur le pont d’un navire chargé de pestiférés

Dans un film que j’ai vu récemment

Une à une

La rose blanche meurt comme la rose rouge

Qu’est-ce donc qui m’émeut à un pareil point

Dans ces derniers mots

Le mot dernier peut-être mot en qui

Tout est atroce atrocement irréparable

Et déchirant Mot panthère Mot électrique

Chaise

Le dernier mot d’amour imaginez-vous ça

Et le dernier baiser et la dernière

Nonchalance

Et le dernier sommeil Tiens c’est drôle

Je pensais simplement à la dernière nuit

Ah tout prend ce sens abominable

Je voulais dire les derniers instants

Les derniers adieux le dernier soupir

Le dernier regard

L’horreur l’horreur l’horreur

Pendant des années l’horreur

Crachons veux-tu bien

Sur ce que nous avons aimé ensemble

Crachons sur l’amour

Sur nos lits défaits

Sur notre silence et sur les mots balbutiés

Sur les étoiles fussent-elles

Tes yeux

Sur le soleil fût-il

Tes dents

Sur l’éternité fût-elle

Ta bouche

Et sur notre amour

Fût-il

Ton amour

Crachons veux-tu bien

Extrait de La grande gaieté (1929).