Delicious Foods

Mot de l’éditeur :

Aucune enquête, aucun chiffre, aucun reportage ne saura nous faire prendre en haine l’esclavage contemporain comme l’image des moignons maculés de sang d’Eddie, 17 ans, conduisant sa Subaru dans la scène d’ouverture, hallucinée, de ce roman. Il vient de s’évader de la ferme Delicious Foods, exploitation géante – et pas seulement agricole -, au cœur de la Louisiane où Darlene, sa mère, a été recrutée 6 ans plus tôt, comme d’autres toxicomanes. Productrice de fruits et légumes, Delicious Foods maltraite ses ouvriers et les maintient prisonniers au cœur de la Louisiane grâce à la triple contrainte de la terreur physique, d’un endettement perpétuel à l’entreprise et d’une addiction à la drogue qui leur est continuellement fournie. Abandonné à son sort, le tout jeune Eddie fera tout pour retrouver la trace de sa mère, la rejoindre et l’aider à se libérer de ce piège. Dans ce prodigieux roman qui a valu à Hannaham tous les honneurs Outre-Atlantique (Pen/Faulkner Prize – roman), trois voix se succèdent pour raconter la spirale infernale : une mère prisonnière, un fils révolté et puis… la drogue, pour une fois présentée sous son jour le plus troublant : elle est un bateleur, un séducteur, un amant jaloux.

Biographie de l’auteur :

Né en 1968 dans le Bronx, James Hannaham a grandi à Yonkers, au temps où la ségrégation raciale sévissait encore dans les écoles de la ville. Sa mère, journaliste d’investigation, avait couvert l’affaire et les procès à la radio. Il est multicarte, polygraphe, pluritalentueux et doué d’humour (cf. sa bio sur son site) : non content d’étudier l’art à Yale, de publier des nouvelles dans diverses revues, de travailler au Village Voice, d’enseigner l’écriture au Pratt Institute de Brooklyn, et de cofonder le groupe de performance et d’art visuel Elevator Repair Service, il écrit des romans. Delicious Foods, couronné par des prix prestigieux aux USA est son deuxième après God Says No.

Notre avis :

Le roman Delicious Foods de James Hannaham est une réussite. Dans la tradition de Toni Morrison et Alice Walker, Delicious Foods est une fable profonde et sombre sur la vie afro-américaine, se déroulant principalement en Louisiane et au Texas dans un passé pas trop lointain juste avant Internet. Il dépeint de manière vivante deux formes insidieuses d’esclavage qui ont prospéré à cette époque: l’exploitation économique et le crack. Le titre fait en fait référence à une entreprise qui recherche les pauvres ivrognes noirs sans-abri et les junkies des rues de Houston et les met au travail dans une plantation isolée. 

J’ai été immédiatement, à la fois horrifiée et captivée par Delicious Foods. Captivant, puis dévastateur et inspirant. L’histoire d’Eddie et Darlene est magnifiquement et courageusement décrite.

Plus ingénieuse encore est la façon dont l’auteur personnifie le crack en tant que conscience nommée Scotty qui raconte de larges pans du livre, ce qui lui permet d’explorer un sujet – les dommages causés à une génération de Noirs américains par le développement d’une drogue de rue très addictive et accessible à bas prix. – qui passe généralement sous le radar du discours politique sur la race, l’injustice économique et le système carcéral en Amérique.

Histoire très créative, vraiment bien ficelée.

J’ai adoré chaque minute de cette lecture hautement recommandée.

❤️❤️❤️❤️❤️

Globe

Sortie le 26/08/2020

James Hannaham
Extrait
Extrait
Extrait
Pastèques
Crack

Trencadis

Mot de l’éditeur :

«Je montrerai tout. Mon coeur, mes émotions. Vert – rouge – jaune – bleu – violet. Haine -amour – rire – peur – tendresse.» 

Niki hait l’arête, la ligne droite, la symétrie. A l’inverse, l’ondulation, la courbe, le rond ont le pouvoir de déliter la moindre de ses tensions. Délayer les amertumes, délier les pliures : un langage architectural qui parlerait la langue des berceuses. Aussi vit-elle sa visite au parc Güell comme une véritable épiphanie. Tout ici la transporte, des vagues pierrées à leur miroitement singulier. Trencadis est le mot qu’elle retient : une mosaïque d’éclats de céramique et de verre. De la vieille vaisselle cassée recyclée pour faire simple. 

Si je comprends bien, se dit-elle, le trencadis est un cheminement bref de la dislocation vers la reconstruction. Concasser l’unique pour épanouir le composite. Broyer le figé pour enfanter le mouvement. Briser le quotidien pour inventer le féérique. Elle rit : ce devrait être presque un art de vie, non ? 

«J’aime l’imaginaire comme un moine peut aimer Dieu.»

Biographie de l’auteur :

Originaire de Valenciennes, Caroline Deyns est l’auteure de Tour de plume et de Perdu, le jour où nous n’avons pas dansé (Philippe Rey, 2011 et 2015). Elle est agrégée de lettres et réside à Besançon.

Notre avis :

J’ai été captivée par ce roman biographique au style très vivant et à la recherche extrêmement documentée. Cette évocation d’une artiste singulière, est très réussie. « Trencadis » éclaire de manière inédite, soignée et esthétique, me semble-t-il, la figure de Niki de Saint-Phalle ainsi que son oeuvre.

Caroline Deyns comme dans une mosaïque reconstitue les épisodes marquants du parcours personnel et professionnel de son héroïne.

L’événement qui déclenchera sa vie d’artiste est son internement en hôpital psychiatrique à la suite d’une grave dépression nerveuse survenue à l’âge de 22 ans. C’est là qu’elle commence véritablement à peindre et utilise l’Art comme moyen cathartique et de guérison. Elle concevra la création et le geste artistique comme émancipateurs.

En 1994, Niki révélera un événement traumatisant dans son livre illustré « Mon Secret » : le viol par son père lorsqu’elle avait 11 ans.

Des blessures de sa vie, Niki de Saint-Phalle tire un art coloré et lumineux, proposant la liberté et l’expression des sentiments. Ses grandes sculptures de polyester, les Nanas, sont ces symboles de la féminité et de la joie de vivre retrouvée.

Comme dans “Exercices de style” de Raymond Queneau l’envie de découvrir la nouvelle trouvaille graphique ou littéraire de l’autrice est très forte.

Le narrateur change continuellement, la présentation varie et les citations sont nombreuses avec des chapitres courts d’une efficacité et originalité saisissantes.

L’envie de visiter Le Jardin des Tarots avec ses superbes installations en Toscane sera forte après cette lecture et ses arcanes vous seront dévoilés dans le livre.

Ce texte est un hommage précieux et sensible à Niki de Saint-Phalle.

Je recommande vivement cette histoire brillante et poétique.

Un énorme coup de cœur.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Quidam Editeur 

http://ilgiardinodeitarocchi.it/

Caroline Deyns
Extrait
Niki de Saint Phalle
Tirs
Arbre-Serpents
Nanas
Le Jardin des Tarots
Conseil de lecture

Nickel Boys

Mot de l’éditeur :

Prix Pulitzer 2020

Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à coeur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l’université pour y faire de brillantes études, il voit s’évanouir ses rêves d’avenir lorsque, à la suite d’une erreur judiciaire, on l’envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s’engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Sauf qu’il s’agit en réalité d’un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d’amitié. Mais l’idéalisme de l’un et le scepticisme de l’autre auront des conséquences déchirantes.

Couronné en 2017 par le prix Pulitzer pour Underdground Railroad puis en 2020 pour Nickel Boys, Colson Whitehead s’inscrit dans la lignée des rares romanciers distingués à deux reprises par cette prestigieuse récompense, à l’instar de William Faulkner et John Updike. S’inspirant de faits réels, il continue d’explorer l’inguérissable blessure raciale de l’Amérique et donne avec ce nouveau roman saisissant une sépulture littéraire à des centaines d’innocents, victimes de l’injustice du fait de leur couleur de peau.

 « Le roman de Colson Whitehead est une lecture nécessaire. Il détaille la façon dont les lois raciales ont anéanti des existences et montre que leurs effets se font sentir encore aujourd’hui. » Barack Obama

Biographie de l’auteur :

Colson Whitehead est reconnu comme l’un des écrivains américains les plus talentueux et originaux de sa génération.  Underground Railroad, élu meilleur roman de l’année par l’ensemble de la presse américaine, a été récompensé par le National Book Award 2016 et récemment distingué par la Médaille Carnegie, dans la catégorie « Fiction ». Salué par Barack Obama, le livre connaît depuis sa parution un succès phénoménal aux états-Unis et dans le monde entier.

Notre avis :

Nickel Boys, Prix Pulitzer 2020, est un livre important.

Un roman basé sur des faits réels, les horreurs décrites sont des vérités magistralement converties en œuvre littéraire par Colson Whitehead.

Mais d’abord vient l’espoir même dans la Floride des années 1960.

Elwood Curtis attiré par les idées de Martin Luther King cherchera toutes les opportunités fragiles mais possibles pour s’émanciper grâce aux études et à la connaissance.

Sauf que ce rêve disparaîtra rapidement en acceptant un trajet dans une voiture volée.

À quelle vitesse une vie peut être changée au-delà de toute imagination.

J’ai récemment revu un film dont le titre est Pile ou face, Sliding Doors en version originale, L’histoire se scinde en deux et deux versions de l’avenir sont possibles, pour notre protagoniste à cause de ce simple choix, une seule nouvelle direction inéluctable et dangereuse se profilera.

Après la condamnation injuste pour vol, la Nickel Academy ouvrira ses portes au jeune garçon et fera découvrir au lecteur un univers où la “banalité du mal” est souveraine.

Toutes les perversions et abus y habitent.

Les personnages principaux et secondaires sont décrits avec minutie et participent à la construction du puzzle qui se compose au fil des pages.

Une “nature vivante”peinte avec adresse.

L’approche directe et presque détachée utilisée dans ce livre est remarquablement efficace pour révéler non seulement les effets directs du racisme, mais aussi les conséquences plus larges et de longue durée de la ségrégation. 

Une pensée à l’actualité de #BlackLives Matter et à la situation des prisons pour mineurs est inévitable.

“Les droits de chaque individu sont amoindris si ceux d’un seul homme sont menacés”. disait J.F.Kennedy.

Un roman très émouvant au final surprenant et inattendu. 

Un livre incontournable de la rentrée littéraire 2020.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Albin Michel 

Colson Whitehead
Extrait
Extrait
Centre d’éducation pour mineurs
Martin Luther King

Térébenthine

Mot de l’éditeur :

« Certains, ou plutôt devrais-je dire certaines, se sont étonnés du peu d’artistes femmes citées dans notre programme d’histoire de l’art. J’ai donné carte blanche aujourd’hui. Mesdemoiselles, c’est à vous !  » Quand la narratrice s’inscrit aux Beaux-Arts, au début des années 2000, la peinture est considérée comme morte. Les professeurs découragent les vocations, les galeries n’exposent plus de toiles. Devenir peintre est pourtant son rêve. Celui aussi de Luc et Lucie, avec qui elle forme un groupe quasi clandestin dans les sous-sols de l’école. Un lieu de création en marge, en rupture. Pendant ces années d’apprentissage, leur petit groupe affronte les humiliations et le mépris. L’avenir semble bouché. Mais quelque chose résiste, intensément.

Biographie de l’auteur :

Carole Fives est à la fois auteur et plasticienne, diplômée de philosophie et de l’école des Beaux-arts. Elle vit à Lille où elle enseigne dans une école d’art et de création graphique. Elle a publié plusieurs ouvrages salués par la critique : Quand nous serons heureux, prix Technikart et prix Jeunes talents Fnac, Que nos vies aient l’air d’un film parfait, prix L’usage du monde, et aux Editions Gallimard : C’est Dimanche et je n’y suis pour rien, Une femme au téléphone et Tenir jusqu’à l’aube. Elle est aussi l’auteur de livres pour la jeunesse.

En 2018, le roman Tenir jusqu’à l’aube est présent sur les listes des prix Fnac, Médicis et Wepler. Il est en cours d’adaptation pour le cinéma.

Dans Térébenthine, elle raconte le parcours de trois étudiants aux Beaux-arts. Le déclencheur de ce texte a été le suicide de son professeur de peinture aux Beaux-arts, probablement précédé d’un féminicide.

Notre avis :

Térébenthine le nouveau roman de Carole Fives, autrice que j’avais déjà apprécié dans ses ouvrages précédents, est une réflexion sur l’art et ses évolutions.

La narratrice et les autres personnages principaux Luc et Lucie sont des étudiants des Beaux-Arts de Lille, que le lecteur suit dans leurs recherches artistiques et dans les questionnements sur l’avenir et les possibilités qui pourraient s’ouvrir à eux.

Une belle observation de la psychologie humaine, agréable à lire et que j’imaginerais bien jouée en pièce de théâtre pour pouvoir “voir” les cours imaginés par l’autrice, notamment ceux de la journée carte blanche née de la demande de découvrir des artistes femmes choisies par les étudiantes. Niki de Saint Phalle, Yoko Ono et la Street artiste Miss.Tic, pionnière féminine du pochoir peuplent cette lesson pas ordinaire.

J’ai pensé en lisant ce texte, à un ami artiste qui, en donnant un cours à un jeune élève disant aimer les coulures à la Keith Herring lui proposait d’abord d’apprendre à ne pas en faire et de choisir sa voie après la maîtrise d’un « peu de technique »

L’ambiance des Beaux-arts est extrêmement bien rendue grâce à l’expérience personnelle de Carole Fives comme étudiante et enseignante.

J’ai lu les 176 pages du livre sans interruption, vraiment une belle plume et un style captivant.

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard 

Le livre sortira le 20/08/2020

Carole Fives
Extrait
Extrait
Extrait
Œuvre de Niki de Saint Phalle
Installation de Yoko Ono
Miss.Tic

Une farouche liberté

Mot de l’éditeur :

Gisèle Halimi  : Soixante-dix ans de combats, d’engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Et la volonté, aujourd’hui, de transmettre ce qui a construit cet activisme indéfectible, afin de dire aux nouvelles générations que l’injustice demeure, qu’elle est plus que jamais intolérable. Gisèle Halimi revient avec son amie, Annick Cojean, qui partage ses convictions féministes, sur certains épisodes marquants de son parcours rebelle pour retracer ce qui a fait  un destin. Sans se poser en modèle, l’avocate qui a toujours défendu son autonomie, enjoint aux femmes de ne pas baisser la garde, de rester solidaires et vigilantes, et les invite à prendre le relai dans le combat essentiel pour l’égalité à l’heure où, malgré les mouvements de fond qui bouleversent la société, la cause des femmes reste infiniment fragile. 

Depuis l’enfance, la vie de Gisèle Halimi est une fascinante illustration de sa révolte de «  fille  ». Farouchement déterminée à exister en tant que femme dans l’Afrique du Nord des années 30, elle vit son métier comme un sacerdoce et prend tous les risques pour défendre les militants des indépendances tunisienne et algérienne et dénoncer la torture. Avocate plaidant envers et contre tout pour soutenir les femmes les plus vulnérables ou blessées, elle s’engage en faveur de l’avortement et de la répression du viol, dans son métier aussi bien que dans son association «  Choisir  la cause des femmes ». Femme politique insubordonnée mais aussi fille, mère, grand-mère, amoureuse… Gisèle Halimi vibre d’une énergie passionnée, d’une volonté d’exercer pleinement la liberté qui résonne à chaque étape de son existence. 

«  Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque  »  : ces mots de René Char, son poète préféré, pourraient définir Gisèle Halimi, cette «  avocate irrespectueuse  », et sa vie de combats acharnés pour la justice et l’égalité.

Biographie de l’auteur :

Grand reporter au Monde, Annick Cojean est notamment l’auteur des Proies (Grasset, 2012) et de Je ne serais pas arrivée là si (Grasset, 2018), disponibles au Livre de poche.

Avocate, militante féministe, femme politique, Gisèle Halimi a accompagné tous les grands combats de la deuxième moitié du XXe siècle. Née en 1927 en Tunisie et décédée à Paris le 28 juillet 2020.

Elle est l’autrice de grands livres autobiographiques parmi lesquels Le lait de l’oranger (1988), Avocate irrespectueuse (2002), Ne vous résignez jamais (2009), tous disponibles en poche.

Notre avis :

Annick Cojean nous fait parcourir, découvrir ou redécouvrir les rêves, le parcours et les actions de Gisèle Halimi.

L’avocate qui avec ses convictions et son engagement a défié les puissants et rassemblé des armées d’intellectuels comme un « chevalier sans peur ».

Les héroïnes comme elle doivent être connues et rester dans l’histoire. (Il faut lire les premières pages du livre pour mieux comprendre mes quelques lignes sur les héros et les héroïnes …)

Le texte se lit comme un roman, la vie de Gisele Halimi est un roman.

Une grève de la faim à 10 ans pour obtenir le droit de ne pas être obligée de servir ses frères, une grande passion pour les écrivains français lus en cachette et une soif de liberté et de justice inébranlable.

Son chemin, ses batailles elle les gagne grâce à sa persévérance et sa force de caractère, première femme à participer à un concours d’éloquence de jeunes avocats elle ouvre des portes qui lui seraient normalement fermées.

Ses avancées dans la profession coïncident à des combats pour les faibles et pour les femmes qui n’auraient pas forcément trouvé de voix sans elle.

Dans ce livre nous pouvons découvrir une attitude très Gandhienne à se mettre en danger pour une cause, vivre le chemin et les déceptions politiques, imaginer l’ambiance des batailles menées et financées par des personnalités comme Leonor Fini, artiste que j’admire énormément, moins connue que ses contemporains hommes mais certainement pas moins talentueuse. Percevoir les liens très forts avec Sartre et avec Guy Bedos et sa famille.

Le témoignage d’une femme d’exception à lire et à partager.

« Une farouche liberté » est un coup de cœur pour moi.

Le livre sortira le 19/08/2020.

❤️❤️❤️❤️❤️

Grasset

Gisele Halimi
Annick Cojean
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Procès de Bobigny
Leonor Fini

Apeirogon

Mot de l’éditeur :

Apeirogon. Une figure géométrique au nombre infini de côtés.

Rami Elhanan est israélien, fils d’un rescapé de la Shoah, ancien soldat de la guerre du Kippour ; Bassam Aramin est palestinien, et n’a connu que la dépossession, la prison et les humiliations. 

Tous deux ont perdu une fille. Abir avait dix ans, Smadar, treize ans. 

Passés le choc, la douleur, les souvenirs, le deuil, il y a l’envie de sauver des vies. 

Eux qui étaient nés pour se haïr décident de raconter leur histoire et de se battre pour la paix. 

Afin de restituer cette tragédie immense, de rendre hommage à l’histoire vraie de cette amitié, Colum McCann nous offre une œuvre totale à la forme inédite ; une exploration tout à la fois historique, politique, philosophique, religieuse, musicale, cinématographique et géographique d’un conflit infini. Porté par la grâce d’une écriture, flirtant avec la poésie et la non-fiction, un roman protéiforme qui nous engage à comprendre, à échanger et, peut-être, à entrevoir un nouvel avenir. 

Biographie de l’auteur :

Né à Dublin en 1965, Colum McCann est l’auteur de six romans, Le Chant du coyote, Les Saisons de la nuit, Danseur, Zoli, Et que le vaste monde poursuive sa course folle, Nartional Book Award en 2009 et Meilleur livre de l’année (Lire), et Transatlantic ; ainsi que de trois recueils de nouvelles, La Rivière de l’exil, Ailleurs, en ce pays et Treize façons de voir, tous parus chez Belfond et repris chez 10/18. Après Lettres à un jeune auteur paru en 2018, texte à dimension autobiographique, Colum McCann nous livre une œuvre hors-norme, entre fiction et non-fiction, sur le conflit israélo-palestinien. 

Il vit à New York avec sa femme et leurs trois enfants.

Notre avis :

Le récit de Colum McCann est remarquable.

L’histoire de la mort tragique, violente et insensée de deux personnes innocentes – une jeune écolière palestinienne tuée par des soldats israéliens et une jeune femme soldat israélienne tuée par des kamikazes palestiniens. Même si nous connaissons les faits après les deux premières pages, nous sommes obligés de continuer à lire. Lorsque nous essayons de mettre le livre de côté, nous y sommes attirés. L’auteur utilise un ton neutre et impartial. Bien que parfois détaché, il n’est jamais indifférent. C’est une histoire racontée en mille indices fragmentés, une observation, un arrière-plan historique, des sujets apparemment sans rapport qui retrouvent une unité au fil des pages.

Nous apprenons le contexte plus large dans lequel ces actes insensés peuvent et continuent de se produire. Chaque mot est important. Aucun n’est hors de propos. pour créer une plus grande mosaïque d’humanité. 

Un texte avec de nombreuses facettes. Le portrait de l’humanité et de l’inhumanité, du bien et du mal, où les choix ont des conséquences réelles. C’est plus qu’un livre remarquable. Brillant et créatif ce roman est un merveilleux cadeau pour tout ses futurs lecteurs.

Le livre sortira le 20 août 2020.

❤️❤️❤️❤️❤️

Belfond 

Colum McCann
Extrait
Accords d’Oslo

Le Cake au citron

Mot de l’éditer :

Le cake au citron mélange l’acide et le sucré, comme la vie mélange le malheur et le bonheur. Quand c’est acide, ça te fait des frissons, mais avant que tu aies les larmes aux yeux, c’est sucré, ça te fait tout doux et tu rigoles. Si tu le manges dans la joie, il te rappelle que la vie n’est pas toujours facile, mais si tu le manges dans la tristesse, il te dit que bientôt ta vie sera douce. Et quand tu découvres les étranges collections de ta mère qui vient de mourir, rien de tel qu’une bonne grosse tranche.

Biographie de l’auteur :

Journaliste de formation, Emmanuelle Ryser vit et travaille à Lausanne. Elle a fait des mots son métier, proposant récits de vie ainsi que stages et ateliers d’écriture. Le Cake au citron est son premier roman.

Notre avis :

« On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ». Telle était la maxime de Pierre Desproges, jusqu’à sa mort.

L’humoriste, déjà malade, dans ses spectacles parlait de cancer et de la mort à des spectateurs encore ignares de sa situation personnelle.

Le livre d’Emmanuelle Ryser, entièrement écrit à la deuxième personne du singulier, me fait penser à Desproges et à son humour parfois amer mais également à Terry Pratchett et ses réflexions sur la mort.

Dans ce récit nous sommes confrontés à un goût doux et acide tout comme le gâteau qui lui donne son titre : Le Cake au citron.

Une recette réussie, des ingrédients biens dosés et assez de poudre à lever pour permettre au lecteur d’avoir envie de suivre cette histoire page après page comme si il observait un cake monter et prendre forme.

La découverte d’une étrange collection appartenant à la défunte mère de la protagoniste, servira de fil conducteur pour affronter le concept de la mort et dépasser le deuil personnel.

Le livre offre aussi des “tranches” de vie de notre héroïne et de sa famille.

Un premier roman qui secoue, bouleverse, et nous fait voir la vie sous un autre jour.

Un excellent moment de lecture, je vous le conseille.

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions Lemart

Emmanuelle Ryser
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait

Le Flambeur de la Caspienne


Mot de l’éditeur :

Le pays : un rêve… Habitué aux destinations calamiteuses, Aurel Timescu, le petit Consul, est pour une fois affecté dans un lieu enchanteur. Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan ex-soviétique, est une ville pleine de charme au climat doux, au luxe élégant. A la terrasse de cafés d’allure parisienne, on y déguste un petit blanc local très savoureux. L’ambassade : un cauchemar… Le chef de poste, autoritaire et brutal, est bien décidé à se débarrasser d’Aurel. Le fantôme de sa femme, récemment victime d’un tragique et mystérieux accident, plane au-dessus de l’ambassade. Et l’équipe diplomatique, tétanisée par le deuil, est livrée à la crainte et au soupçon. Il n’en faut pas plus pour qu’Aurel se lance dans une enquête plus folle que jamais. Basée sur de fragiles intuitions, elle prendra, entre mafias locales et grands contrats internationaux, l’ampleur d’une affaire d’Etat. Cette fois, Aurel ne lutte pas seulement pour faire triompher la justice Jean-Christophe Rufin, avec son talent d’écrivain (Rouge Brésil – prix Goncourt 2001 -, Le Collier rouge, Immortelle randonnée…) et son expérience internationale; a donné vie à Aurel Timescu avec Le Suspendu de Conakry et Les Trois Femmes du Consul. Le petit Consul revient aujourd’hui dans cette nouvelle aventure, pour le plus grand bonheur de tous ceux qui ont succombé à son charme.. Il se bat pour une cause nouvelle et inattendue : rester là où il est et connaître enfin le bonheur.

Biographie de l’auteur :

Jean-Christophe Rufin, avec son talent d’écrivain (Rouge Brésil – prix Goncourt 2001 -, Le Collier rouge, Immortelle randonnée…) et son expérience internationale; a donné vie à Aurel Timescu avec Le Suspendu de Conakry et Les Trois Femmes du Consul. Le petit Consul revient aujourd’hui dans cette nouvelle aventure, pour le plus grand bonheur de tous ceux qui ont succombé à son charme.

Il a aussi créé des univers romanesques contemporains, inspirés par son expérience de médecin humanitaire et de grand voyageur.

Il est membre de l’Académie française depuis 2008.

Notre avis :

Troisième Opus des aventures d’Aurel Timescu, le fantasque petit Consul, naît de la plume de Jean-Chrisrophe Rufin. Éclectique comme son auteur le diplomate enquêteur nous conduit cette fois à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, dans le Caucase, coincé entre la Russie, la Géorgie, l’Arménie, l’Iran et la Mer Caspienne.

La description faite de Bakou au fil des pages frappe par une étonnante physionomie de la ville, pleine de contrastes : à côté des bâtiments d’inspiration soviétique et des gratte-ciels vertigineux, la vieille ville de Bakou a conservé ses remarquables constructions. Datant du Moyen Âge, elles figurent par ailleurs au patrimoine mondial de l’humanité.

“Le Flambeur de la Caspienne” peut se lire indépendamment des tomes précédents mais si cela vous est possible lisez également “Le Suspendu de Conakry” et “Les Trois Femmes du Consul”.

Aurel devra, dans ce roman, faire face à un Ambassadeur fort avec les faibles et faible avec les forts.

Avec sa partner in crime, la Consule Amélie, il tentera d’élucider la mort suspecte de Marie-Virginie, la femme de l’Ambassadeur, les intuitions de nos diplomates détectives sont bonnes mais l’enquête les mènera dans une direction pas prévue et pas prévisible pour le lecteur.

Avec Rufin on retrouve toujours une écriture soignée, un style élégant et fluide.

Le récit est parsemé d’observations d’une grande finesse. Cette histoire, une page des méandres tortueux des relations internationales, est ma préférée, de celles basées sur le petit Consul, donc j’en encourage vivement sa lecture.

❤️❤️❤️❤️❤️

Flammarion 

Jean-Christophe Rufin
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Quai d’Orsay
Azerbaïdjan
Bakou
Bakou
Bakou
Scarabée à découvrir dans le livre

Chroniques de Prydain, Tome 4 : Taram chevalier errant

Mot de l’éditeur :

De retour à Caer Dallben en ayant laissé la princesse Eilonwy à la cour royale de Mona, Taram prend toute la mesure de son amour pour la princesse. Mais s’il a bien prouvé sa valeur en tant qu’homme, il souffre d’ignorer ses origines et est bien décidé à les découvrir afin de pouvoir demander la jeune fille en mariage. Accompagné du loyal Gurgi, Taram prend donc le chemin des marécages de Morva, afin d’y rencontrer Orddu, Orwen et Orgoch, les trois sorcières redoutables dont on dit qu’elles contrôlent le destin des hommes. Les trois enchanteresses lui dicteront d’aller consulter le Miroir de Llunet, dans les montagnes tout à l’est du pays. En chemin, Taram fera halte chez le roi Smoit où il retrouvera Fflewdur Fflam, puis fera de nombreuses rencontres, heureuses et malheureuses : un fermier au désespoir, un berger qui pourrait lui révéler le secret de sa naissance, et un sorcier immortel déterminé à anéantir les hommes.

Biographie de l’auteur :

Lloyd Alexander, né en 1924 à Philadelphie, rêve à quinze ans de devenir poète mais il lui faut bientôt travailler pour payer ses études. Après avoir servi la France pendant la guerre, il suit des cours à la Sorbonne avant de rentrer aux États-Unis avec son épouse parisienne. Il publie au début des années 60 ses premiers livres pour la jeunesse, contes et romans fantastiques qui lui valent des prix importants. Le Chaudron noir a été adapté à l’écran par les studios Disney, en 1985, sous le titre Taram et le Chaudron magique.

Notre avis :

Le quatrième tome des chroniques de Prydain : Taram chevalier errant est, comme l’écrit l’auteur,  “le plus héroïque de tous”

Avec l’intention de demander à la princesse Elionwy de l’épouser à son retour de sa formation sur l’île de Mona, Taram souhaite en savoir plus sur son héritage. N’ayant jamais connu ses parents, il nourrit un souhait secret d’avoir du sang noble dans les veines; c’est pourquoi il entreprend ce périple pour la découverte de son identité et pour trouver sa place dans le monde. Au cours de ses voyages, il apprend l’existence du mystérieux Miroir de Llunet, qui est censé montrer le vrai soi de quiconque le regarde. Avec cela comme objectif quelque peu vague, il part dans dans sa quête. Des seigneurs en guerre aux sorciers maléfiques, des mercenaires sans loi aux leçons de forge, de métier à tisser et de tour de potier – chaque expérience de vie le rapproche de celui qui il est vraiment. Au fil de l’histoire, Lloyd Alexander trouve également le temps, subtilement et judicieusement, d’ajouter des commentaires sur la condition humaine. Mais tout n’est pas sombre. Il y a beaucoup de place pour l’humour, l’émerveillement et l’espoir. Un autre aspect à noter est que Prydain est exploré plus en détail que dans les livres précédents.

Je pense que Taram découvre beaucoup plus qu’il ne le réalise et prépare le lecteur au grand final de la saga dans le cinquième livre que j’attends avec impatience.

Les premiers volumes sont disponibles et peuvent être un joli moment de partage adultes/ados.

Ne manquez pas cette série.

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions Anne Carrière

Lloyd Alexander
Extrait
Extrait
Aide à la lecture
Prydain
Prydain
Illustration
La saga
Le tome 5 qui sortira le 30 octobre 2020

Arythmies

Mot de l’éditeur :

Jean embrasse Emma…du regard. Il embrasse les contours de son corps voilé d’une légère robe noire. « Et un rire… » Et si cette légende japonaise prédisait une vérité ? Sommes-nous liés au destin d’une seule personne à notre naissance ? Pouvons-nous ignorer ce fil rouge tissé de nos coeurs à nos doigts ? De nos doigts à nos coeurs ? La vie, souvent moqueuse, rétablit un équilibre en empêchant deux êtres de se retrouver. Nous sommes les instruments de sa volonté. Parfois…

Biographie de l’auteur :

Laetitia Cavagni, poétesse et auteure de talent, d’une sensibilité rare et d’un réalisme à l’épreuve du feu, signe ici son premier roman dans la collection Magnitudes. Chroniqueuse de nos amours, rimeuse de nos bonheurs et de nos peurs, son texte poursuit une histoire qu’elle écrit depuis des années. Celle d’Emma et Jean Et celle aussi d’autres gens. Un texte rare pour une écriture rare qui vous portera au loin. À lire pour le plaisir.

Notre avis :

Ce roman est un vrai bijou de sensualité, il  brille par son raffinement, son vocabulaire riche, son humour dans les descriptions des femmes et des hommes qui vivent dans les pages d’ “ Arythmies ”

L’ écriture est élégante, jamais lourde ni pompeuse, ni précieuse, mais d’une finesse et d’une élégance sculptée avec grâce.

Selon la légende japonaise du fil rouge, le petit doigt n’est pas l’endroit où se termine la connexion vitale avec le cœur . Car un fil rouge invisible se déroule du petit doigt, qui porte la marque de l’âme et nous connecte de façon définitive et profonde avec les fils des autres personnes, c’est-à-dire avec leurs cœurs. Ceux qui sont reliés par un fil rouge sont unis par la force de la vie elle-même ; ils sont destinés à se rencontrer et à vivre une histoire d’apprentissage mutuel, qu’importe le temps, la distance ou les événements qui les séparent. Au cours de la vie, le fil peut s’étendre ou s’emmêler, en nous éloignant temporairement de telle ou telle personne, mais jamais il ne peut se briser.

Le roman de Laetitia Cavagni suit la trajectoire des fils rouges de ses personnages, un texte envoûtant sur l’amour et la passion.

L’autrice poétesse, nous fait traverser les destins de Jean et Emma et de ses autres personnages enfants et adultes.

Rien n’est réellement comme le lecteur peut l’imaginer et le dénouement final est surprenant, inattendu et confirme la magie de ce livre.

Une occasion pour moi aussi de découvrir les Éditions JDH et la collection Magnitude.

❤️❤️❤️❤️❤️

JDH Éditions 

Laetitia Cavagni
Extrait
Mayotte
Cité dans le livre