Bleue

Mot de l’éditeur :

Après le succès d’Une histoire des abeilles, le retour de la romancière norvégienne qui fait rimer littérature et écologie.

Norvège, 2017. Depuis son plus jeune âge, Signe a fait passer l’écologie avant tout. Ainsi a-t-elle préféré renoncer à Magnus, dont elle ne partageait pas les idées. Aujourd’hui, elle vit sur un bateau amarré dans un fjord, au plus près de l’eau.  Et c’est pour sauver l’eau qu’elle décide à soixante-sept ans d’entreprendre un dernier périple en mer, lorsqu’elle apprend qu’une opération commerciale, autorisée jadis par Magnus, menace son glacier natal. L’heure est venue pour Signe d’affronter son grand amour perdu. Pour cela, elle doit prendre la direction du sud de la France…

France, 2041. La guerre de l’eau bat son plein. Avec Lou, sa fille aînée, David a fui les Pyrénées ravagées par la sécheresse pour retrouver sa femme et leur bébé, dont il a été séparé. Mais les réfugiés climatiques sont bloqués à la frontière, et les ressources commencent à manquer. Un jour, à des kilomètres de la côte, David et Lou trouvent un voilier au beau milieu d’un champ desséché : le bateau de Signe…

Une intrigue sophistiquée et palpitante, au service d’une fable dystopique plus nécessaire que jamais.

Biographie de l’auteur :

Née en 1975 à Oslo, Maja Lunde a écrit des scénarios et des livres pour la jeunesse avant de se lancer dans la rédaction d’Une histoire des abeilles, son premier roman pour adultes, best-seller traduit en plus de trente langues, et succès de la rentrée littéraire française 2017. Bleue est son deuxième roman à paraître aux Presses de la Cité.

Le précédent livre de Maja Lunde :

Notre avis :

Maja Lunde est une écrivaine qui sort de l’ordinaire, son précédent et premier livre « Une histoire des abeilles » est une merveille, J’attendais donc Bleue avec impatience et je suis une nouvelle fois, sous le charme. Le deuxième ouvrage de cette brillante auteure norvégienne nous fait retrouver son style élégant et plaisant.

J’aime l’écriture de Maja Lunde. Ses personnages sont étonnants et complexes,  souvent tournés vers un avenir sombre certes mais avec une énorme force intérieure qui les fait avancer. Nous avons Signe en 2017 et sa vie : elle grandit près d’un glacier en Norvège et toute son existence est tournée vers la défense de l’environnement. Ensuite, il y a David en 2041, réfugié climatique français avec sa fille Lou. Ils ont été séparés du reste de la famille, Anna et le bébé Auguste dans un monde, en manque d’eau, boulversé par les affrontements et les égoïsmes.

Ils affrontent toutes et tous un voyage intime tourmenté entre passé, présent et avenir.

Le bateau Arietta de Signe baptisé « Bleu » est l’instrument qui lie les deux époques du récit. Ce voilier est le refuge pour fuir la réalité qui accable nos protagonistes.

L’eau est partout et puis elle n’est plus.

Les souvenirs sont une ancre mais aussi source de douleur pour les personnages principaux et pour les hommes et les femmes qui gravitent autour de Signe et de David.

Les chapitres, qui alternent la vie en 2017 et la survie en 2041, sont vifs et efficaces, ils ne peuvent que retenir toute notre attention pour une immersion totale pour un moment de lecture qu’on ne voit franchement pas passer.

Plongez dans cette lecture qui mérite, à mon avis, une note de 5 sur 5 !

Presses de la cité

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Maja Lunde
Extrait
Extrait
Extrait
Glacier
Voilier Arietta.
Le premier livre de Maja Lunde

Livre lu dans le cadre d’une Masse Critique privilégiée, je remercie Babelio et Presses de la cité.

Licorne

Mot de l’éditeur :

La vie de Maëla, vingt ans, s’écoule au rythme des réseaux sociaux. Quand elle ne s’ennuie pas sur les bancs de l’université ou à la caisse du supermarché qui l’emploie, elle passe l’essentiel de son temps dans un monde rêvé. Elle est fascinée en particulier par un rappeur qui joue de son succès pour créer une mystérieuse identité virtuelle, et se met en scène accompagné de son ours des Carpates, Baloo. 

À son tour, Maëla commence à espérer une existence offerte à la curiosité des autres, qui la tirerait de l’anonymat. Tout s’accélère le jour où, à sa grande surprise, elle remporte un concours sur les réseaux pour participer au prochain clip du rappeur. Alors que des milliers de nouveaux followers assaillent le compte de la jeune inconnue, sa vie bascule enfin. 

Ce tableau de la modernité virtuelle prend peu à peu l’aspect d’un cauchemar mélancolique sur lequel plane l’ombre gigantesque de l’ours des Carpates. Le récit flotte dans une ambiance crépusculaire, accentuée par une écriture sinueuse, moderne et envoûtante. Un roman à l’humour étrange et prenant, à la fois plein de poésie et de tristesse métaphysique.

Notre avis :

Ce premier roman de Nora Sandor nous raconte l’histoire de la jeune Maëla, étudiante bretonne qui s’imagine puissante influenceuse et que sa mère imagine institutrice.

Elle travaille dans un supermarché et rêve que ses photos, ses vidéos, ses posts soient aimés comme elle a besoin, désespérément besoin d’être aimée.

Instagram, YouTube, Facebook, WhatsApp et Snapchat sont son obsession tout comme les émoticônes licorne qu’elle utilise dans sa dévorante vie virtuelle.

Le rappeur Mowgli et son ours Baloo font partie de son univers et quand la célébrité poste une photo du compte de Maëla sur Instagram et annonce qu’il va tourner son prochain clip à Larmor les followers de notre protagoniste explosent.

Tout commence comme ça, la descente aux Enfers démarre, pour être à la hauteur et suivre cette voie elle acceptera de se perdre.

Avec Mowgli et Baloo la, jungle d’internet est dans ce livre, une satire du monde virtuel écrite de façon singulière et originale.

J’ai particulièrement apprécié le voyage de Maëlla à Paris et ses commentaires sur les couleurs des monuments qui lui apparaissent différentes par rapport aux photos sur Instagram.

Le récit est aussi une chronique des peurs bien réelles d’une génération, la critique du mode de vie de notre société et une ode à la Bretagne qui sera l’ancre de notre jeune protagoniste. Le Kouign-amann est également un protagoniste de cette histoire.

Je conseille la lecture de ce livre qui s’adresse, à mon avis, à un public bien plus large que celui que je pouvais imaginer en lisant uniquement le résumé. 

🦄🦄🦄🦄

Gallimard

Réseaux sociaux
Licorne
Larmor-Plage
Le Kouign-amann
Une autre version de Mowgli et Baloo

Célestopol

Mot de l’éditeur :

Célestopol, cité lunaire de l’empire de Russie, est la ville de toutes les magnificences et de toutes les démesures. Dominée par un duc lui-même extravagant, mégalomane et ambitieux, elle représente, face à une Terre en pleine décadence, le renouveau des arts et la pointe du progrès technologique. On y suit des habitants en quête d’émancipation, rebelles, insoumis – à l’image de la métropole –, qui portent en eux des colères intimes et des fêlures profondes.

Dans ce volume de fantasyd’influence steampunk, l’auteur nous livre un hommage décalé et ambitieux au romantisme slave.

Biographie de l’auteur :

Emmanuel Chastellière est un acteur reconnu du milieu de la fantasy. Rédacteur en chef du site elbakin.net et traducteur de nombreuses œuvres du genre, il a publié son premier roman, Le Village, en 2016 aux éditions de l’Instant et dernièrement L’Empire du Léopardaux éditions Critic.

Notre avis :

Nous partons de la Terre à la Lune avec les 15 nouvelles d’Emmanuel Chastellière qui nous conduisent à Célestopol protagoniste constante de ce livre. L’architecture, les automates omniprésents, la mégalopole bâtie par l’empire de Russie se dévoile un peu plus à la lecture de chaque nouvelle.

J’ai beaucoup aimé la façon d’écrire de l’auteur, ses personnages, sa créativité et son sens du détail. Des récits très visuels et suggestifs qui permettent une immersion totale dans la vie de cette cité et des créatures qui évoluent dans ses entrailles.

Les nouvelles sont indépendantes. Elles ont toutefois des personnages récurrents, le Duc Nikolaï qui dirige la ville et les deux mercenaires Arnrún et Wojtek bizarres comme il faut, elle est Islandaise, lui, possède le corps de l’ours qui l’a tué.

Avis très favorable pour ces contes qui nous font faire un petit pas vers l’astre qui illumine et envoûte nos nuits et un grand pas dans l’intrigant univers que l’auteur a créé.

J’ai particulièrement apprécié : Les Jardins de la Lune, Le Boudoir des Âmes et Tempus Fugit avec un clin d’œil à Oscar Wilde et son Portrait de Dorian Gray.

La Lune a un impact extrêmement important sur la Terre. Des marées à l’inclinaison de notre planète. Mais, au-delà des liens scientifiques, l’Homme a toujours été fasciné par notre satellite et toutes les civilisations, toutes les religions ont vénéré la Lune.

Cette œuvre est un autre chapitre des alunissages cinématographiques et littéraires qui vont de Jules Verne à Georges Meliès.

À lire et recommander.

🌕🌕🌕🌕🌛

Libretto

La lune
Emmanuel Chastellière
Extrait
Illustration livres de Jules Verne
Jules Verne
Georges Méliès – Le Voyage dans la Lune (1902)
Film sur Neil Armstrong
Exposition sur la Lune
Magnifique catalogue de l’expo

Violette Hurlevent et le jardin sauvage

Date de publication 15/05/2019

Mot de l’éditeur :

Nul ne sait quand le Jardin Sauvage est né. Violette Hurlevent y pénètre le jour où elle doit fuir de la maison de sa mère. Loin des soucis de son existence, elle découvre alors un univers immense, caché aux autres humains et peuplé d’êtres aux coutumes étranges. Ici, les loups parlent, les pierres s’animent ; même le temps s’écoule selon de nouvelles lois. Mais la beauté du Jardin Sauvage cache de nombreux périls. Avec son chien Pavel, aussi courageux que gourmand, Violette va affronter une menace encore plus terrible que les problèmes qu’elle voulait fuir. Pour faire face à ce défi, elle devra choisir ses alliés et retrouver les reliques, des objets aux pouvoirs mystérieux qui détiennent la clé de son destin.

Biographie de l’auteur :

Après des études de commerce et de communication, Paul Martin a travaillé comme rédacteur à Astrapipendant plus de vingt ans. Il vit aujourd’hui à Lille. Il continue à collaborer avec Bayard Presse, notamment comme scénariste de BD, concepteur de jeux et d’énigmes. Il a écrit de très nombreuses histoires pour J’aime Lireet publié plus de 70 albums et romans.

Biographie de l’illustrateur :

Né en 1987 à Calais, Jean-Baptiste Bourgois est auteur et dessinateur. Diplômé des Beaux-Arts de Cambrai, où il est élève de Gilles Bachelet, il démarre une carrière d’illustrateur en 2013 avec Le chien à plumes, paru chez Hélium, et Fatale Spiralepuis Popopipo, chez Sarbacane. Il vit et travaille à Lille avec son cacatoès Georgie.

Notre avis :

Un roman junior d’une rare beauté, les illustrations de Jean-Baptiste Bourgois sont douces et poétiques j’aurais envie de toutes vous les montrer mais il faut les découvrir en lisant ce récit.

Le rythme très vif ne fera pas poser le livre avant de l’avoir terminé.

Violette fait face aux épreuves qui se présentent au sein du Jardin Sauvage dans celle qui était la maison de son grand-père et qui est aujourd’hui l’abri nécessaire pour sa mère, son petit frère et pour elle.

Mais notre héroïne est également confrontée à sa situation familiale difficile, à un père violent et manipulateur.

Violette avancera et réussira mieux qu’elle ne l’imagine à devenir plus forte. 

Paul Martin crée un univers enchanté féerique et tendre, ses descriptions du monde des pierres ou des fourmis sont intelligentes et profondes.

Un livre à lire !

❤️❤️❤️❤️❤️

Sabacane 

L’auteur
L’illustrateur
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Pierre volcanique qui fait penser à un troll
Extrait
Fourmis 🐜
Extrait

La chanson d’Arbonne

Mot de l’éditeur :

Au pays d’Arbonne le soleil mûrit les vignes et fait éclore les chansons des troubadours qui célèbrent l’amour courtois. Au Gorhaut, terre austère du Nord où l’on adore le dieu mâle Corannos, règne le brutal Adémar, sous l’influence du primat fanatique du clergé. « Jusqu’à ce que meure le soleil et que tombent les lunes, l’Arbonne et le Gorhaut ne vivront pas en harmonie côte à côte. » Gouvernée par une femme, minée par la rivalité sanglante de ses deux seigneurs les plus puissants, l’Arbonne n’est-elle pas une proie tentante pour une guerre de conquête et de croisade du Gorhaut, d’autant―ignominie ! ―qu’on y vénère une déesse ? Mais c’est en Arbonne que Blaise du Gorhaut s’est engagé comme mercenaire au service d’un baronnet, après avoir fui son pays et son père. Il découvre en chemin les guerres et les intrigues d’un monde où les marionnettistes politiques parlent de l’avenir au présent, mais où l’amour, toujours, pèse plus fort que tout autre sentiment. Qui est-il vraiment, ce Blaise du Nord, et quel destin l’attend qu’il ignore lui-même ? Seule le sait peut-être Béatrice, la grande prêtresse aveugle de Rian au hibou sur l’épaule.

Biographie de l’éditeur :

Guy Gavriel Kay est né dans la province du Saskatchewan, au Canada, en 1954. Après des études de philosophie, il séjourne en Angleterre où il travaille avec Christopher Tolkien sur l’édition posthume du Silmarillion. De retour au Canada, il poursuit des études de droit à l’université de Toronto et devient avocat au barreau d’Ontario en 1981. Il publie en 1984 La Tapisserie de Fionavar, qui rencontre un succès immédiat. Suivent Tigane, La Chanson d’Arbonne, Les Lions d’Al-Rassan et La Mosaïque de Sarance, inspirés respectivement de l’Italie, de la Provence, de l’Espagne et de l’empire byzantin, romans où il exerce et peaufine son rapport si particulier à l’histoire médiévale pour faire naître une forme de fantasy dont il est le maître incontesté. Avant de se tourner dans les années 2000 vers la Chine, qui lui a inspiré Les Chevaux célestes et Le Fleuve céleste. G. G. Kay vit actuellement à Toronto.

Notre avis :

Je suis admirative. C’est le meilleur livre Fantasy que j’ai lu cette année.

Une chanson pour Arbonne est une représentation lyrique et poétique d’une année tumultueuse à Arbonne, alors que les peuples de cette terre matriarcale et cultivée sont épris de paix ses aristocratie, ses mercenaires, ses troubadours, ses prêtres et ses prêtresses doivent faire face à la menace d’invasion de leurs voisins du nord, nourris par la guerre et où règne le brutal Adémar.

Guy Gavriel Kay crée les protagonistes de l’histoire avec brio. Blaise par exemple, personnage clés, vous fera vivre des émotions certaines. Au début, Blaise paraît juste un nordiste sauvage, un mercenaire venu se mettre au service de l’Arbonne pour mieux contrer Adémar, mais son rôle va évoluer et le transformer, peu à peu, son regard change tout particulièrement grâce à la rencontre avec le duc Bertran de Talair, ménestrel et noble,  à la fois poète et conseiller de la cour de la duchesse Cygne de Barbentain.
Les personnage sont tous fascinants, même les méchants.

Inspiré de la culture troubadour qui a pris naissance en Provence pendant le Haut Moyen Âge, ce roman captivant et novateur dessine parfaitement bien une version alternative du monde médiéval. 

Le symbolisme est omniprésent. Symbolisme sexuel, d’abord, bien entendu, puisque tout le roman constitue une allégorie de la lutte des principes masculins (Gorhaut) et féminins (Arbonne). Mais aussi symbolisme des couleurs, en particulier du sombre et du clair, de l’ombre et de la lumière. Les rebondissements, au moment de l’épilogue, manquent pas ! 

Mon premier Guy Gavriel Kay et je n’ai pas été déçue. Je recommanderais ce livre à tous les amateurs d’épopées historiques et d’univers fictifs très bien construits. Sensible, tendre, touchant, ce récit offre une myriade de sensations. 

❤️❤️❤️❤️❤️

Atalante 

Guy Gavriel Kay
Troubadours
Troubadours
Autre livre de l’auteur.
Autre lIvre de l’auteur

Je suis le carnet de Dora Maar

Mot de l’éditeur :

Il était resté glissé dans la poche intérieure du vieil étui en cuir acheté sur Internet. Un tout petit répertoire, comme ceux vendus avec les recharges annuelles des agendas, daté de 1951.

A : Aragon. B : Breton, Brassaï, Braque, Balthus… J’ai feuilleté avec sidération ces pages un peu jaunies. C : Cocteau, Chagall… E : Éluard… G : Giacometti… À chaque fois, leur numéro de téléphone, souvent une adresse. L : Lacan…

P : Ponge, Poulenc… Vingt pages où s’alignent les plus grands artistes de l’après-guerre. Qui pouvait bien connaître et frayer parmi ces génies du xxe siècle ?

Il m’a fallu trois mois pour savoir que j’avais en main le carnet de Dora Maar.

Il m’a fallu deux ans pour faire parler ce répertoire, comprendre la place de chacun dans sa vie et son carnet d’adresses, et approcher le mystère et les secrets de la « femme qui pleure ». Dora Maar, la grande photographe qui se donne à Picasso, puis, détruite par la passion, la peintre recluse qui s’abandonne à Dieu. Et dans son sillage, renaît un Paris où les amis s’appellent Balthus, Éluard, Leiris ou Noailles.

  B.B.

Biographie de l’auteur :

Brigitte Benkemoun est journaliste et écrivain. Elle est l’auteure de La Petite Fille sur la photo (Fayard, 2012) et d’Albert le Magnifique (Stock, 2016).

Dora Maar :

Dora Maar, Henriette Théodora Markovitch de son vrai nom, est née à Paris en 1907 d’un père croate, architecte, et d’une mère française, catholique fervente. Après une enfance austère passée à Buenos Aires, elle revient à vingt ans dans sa ville natale et s’y impose comme photographe surréaliste. Muse de Man Ray, compagne du cinéaste Louis Chavance puis de Georges Bataille, elle ne tarde pas à faire sien un cercle esthétique qui révolutionne le monde de l’art de l’entre-deux-guerres. Intellectuelle torturée, artiste à la conscience politique extrême, elle deviendra  » la femme qui pleure « , amante de Picasso livrée aux exigences du génie, que leur rupture rendra folle, cloîtrée dans un mysticisme solitaire jusqu’à sa mort, en 1997. Ses portraits peints par Picasso seront alors vendus aux enchères, et son héritage âprement disputé.

Notre avis :

Les dernières lignes de « Je suis le carnet de Dora Maar » dans la partie  remerciements de l’auteure sont : “Mais ce livre n’existe que parce que Thierry Demaizière a eu la bonne idée de perdre son agenda.”

Les impénétrables voies d’eBay et du destin ont en effet transporté et transmis, caché dans l’agenda à remplacer, un carnet d’adresses de 1951 chez notre auteure. Elle va découvrir qu’il s’agit de l’écriture de l’artiste Dora Maar. Nous partons alors à la rencontre, au fil des pages de cette quête, des contacts de celle qui fut l’une des maîtresses de Picasso et son égérie.

Un voyage dans l’histoire d’une femme qui, dans ses 90 ans de vie, est passée par tant de phases, de croyances, d’espoirs et, probablement à cause d’une propension à l’isolement après une trop forte exposition à la lumière, a bâti un monde qui l’a rendue malade et aigrie, je suis aussi perturbée que l’auteure à la découverte d’un penchant antisemite et de la possession de Mein Kampf par celle qui fut la photographe de Guernica.

Le livre est merveilleusement écrit, il a nécessité d’un très long travail de recherche et documentation.

L’œuvre de Brigitte Benkemoun est brillante et marquante.

“Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. ” dit l’auteure au tout début de cette aventure et effectivement le portrait « de la femme qui pleure » s’esquisse, prend forme se colore, s’épaissit.
Je suis admirative de ce reportage littéraire si intriguant. Chaque rencontre, chaque avancée dans la reconstruction des liens entre les noms du répertoire et Dora est un jeu de patience élégant et prenant.

Un cœur en plus que la note habituelle donc 6 cœurs pour ce splendide ouvrage à recommander !

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Stock

Brigitte Benkemoun
Le livre
Le livre
Extrait
Dora Maar Anonyme (à partir de 1944). Paris, musée Picasso. MP1998-147.
Leonor Fini photographié par Dora Maar
Dora Maar par Picasso
La femme qui pleure Picasso
Picasso devant Guernica photo de Dora Maar
Guernica
Jacqueline Lamba l’amie
À voir aussi

M. O.. Modus operandi, tome I : La secte du Serpent

Mot de l’éditeur :

Rome, en l’an 54, sous le règne de Néron. De riches pères de famille, atteints d’un mal étrange, trouvent la mort le soir chez eux dans divers quartiers de la ville. L’homme qui se charge de l’enquête découvre petit à petit que ces disparitions sont l’œuvre concertée d’un mystérieux groupe de jeunes gens qui suivent toujours le même mode opératoire. 

L’enquêteur, Marcus Tiberius Alexander, est un vigile gradé des patrouilles dites « les yeux de Rome», chargées de circonscrire les incendies et la délinquance nocturne. Il est aux prises avec Lucius Cornelius Lupus, un jeune et ambitieux fils de sénateur, dévoré par la passion du jeu. Le premier, d’origine étrangère, met tout en œuvre pour resserrer l’étau sur le second, favorisé par son rang. 

Mais la vérité qu’il met au jour est terrifiante. 

Thriller antique, «La secte du Serpent» est le premier tome d’une série intitulée M.O. (Modus operandi).

Biographie de l’auteur :

Agrégée des lettres classiques, Nathalie Cohen a effectué des recherches en judaïsme hellénistique et en patristique grecque, sans cesser de se pencher sur le monde séfarade dont elle est issue.

Notre avis :

Une enquête atypique dans un roman qui se situe dans les premières années du règne de Néron, en 54.

L’intrigue nous offre un polar antique plutôt plaisant et avec un final surprise et tous les ingrédients pour une suite de l’histoire. Marcus Tiberius Alexander, enquêteur improvisé doit faire face aux meurtres de son père adoptif et d’autres patriciens âgés. Notre personnage principal est un vigile aide de camp du préfet. Les vigiles urbains (en latin : vigiles urbani, littéralement « les yeux de la ville ») sont les hommes chargés de la lutte contre les incendies et de la police nocturne.

Le récit de Nathalie Cohen est l’occasion pour une balade dans la Rome de l’époque à la découverte des usages et des institutions mais également de maints détails de la vie de tous les jours. L’auteure s’attache à nous dépeindre les scènes de la vie romaine antique avec un réel souci de la véracité historique.

J’ai apprécié ce texte et ses personnages qui sont donc aussi les vecteurs pour découvrir Rome et ses intrigues politiques admirablement bien rendues. À conseiller aux amateurs de polars historiques.

❤️❤️❤️❤️

Denoël

Nathalie Cohen
Extrait
Extrait
Forum
Forum
Néron
Agrippine mère de Néron

Les derniers jours de Pompei

Mot de l’éditeur :

Pompéi, an 79 de notre ère. Ville multiculturelle, bruyante, agitée par les excès, les jeux de pouvoir et les rivalités sentimentales. Là se croisent Glaucus le Grec fougueux, Arbacès l’Égyptien austère et sournois, la belle Ione, objet de toutes les convoitises, ainsi que les adorateurs d’une religion naissante. Mais, non loin de là, le Vésuve s’éveille et tout ce petit monde est loin d’imaginer que la cité vit alors ses dernières heures…

Biographie de l’auteur :

Edward George Bulwer-Lytton est un écrivain et homme politique anglais. Les Derniers Jours de Pompéi, publié en 1834, est un succès l’année de sa parution et devient une œuvre largement adaptée, au théâtre notamment, à l’opéra, et bien sûr au cinéma, par le grand Sergio Leone.

Notre avis :

Pour les passionnés d’histoire romaine Libretto réédite, en version intégrale, l’un des romans incontournables à lire pour s’imprégner de cette culture

« Les derniers jours de Pompéi » est un livre écrit par le baron Edward Bulwer-Lytton en 1834. Le roman a été inspiré par le tableau Le dernier jour de Pompéi du peintre russe Karl Briullov, que Bulwer-Lytton avait vu à Milan et par les découvertes archéologiques qui ont fasciné l’écrivain.

Le récit commence un mois avant l’éruption, Il se déroule autour de la figure de Glaucus un jeune Athénien, beau, riche et placé par la plume de l’auteur dans la « Maison du poète tragique » que l’on peut encore visiter et de Ione, une belle fille napolitaine d’origine grecque. La jeune fille et son frère sont sous la tutelle d’ un prêtre égyptien nommé Arbacès, d’origine noble, aussi intelligent que dépravé. Le prêtre s’oppose à l’amour entre Glaucus et Ione. Malgré son rôle de précepteur, il aime et est attiré par sa protégée. Pour l’avoir à tout prix, il n’hésite pas à tricher, trahir et même tuer … Une autre protagoniste du livre est l’esclave Nydia, aveugle, jalouse de Ione parce que secrètement amoureuse, sans réciproque, de Glaucus.

Nous retrouvons aussi un nombre remarquable de personnages mineurs : un jeune gladiateur qui se bat pour avoir l’argent nécessaire pour racheter la liberté de son père; le riche négociant Diomède, qui existait réellement, propriétaire d’une magnifique villa à la périphérie de la ville; sa fille Julia trop gâtée qui n’hésite pas à s’associer à Arbacès pour atteindre ses objectifs; l’édile Pansa, dont on peut encore lire le nom sur les murs de Pompéi; Olynthus un chrétien fanatique et ardent; le jeune Apœcidès, frère de Ione, personnage tourmenté élève d’Arbacès; la sorcière du Vésuve, qui vit dans les champs Phlégréens; le riche Salluste (il a aussi réellement existé) et beaucoup d’autres. 

Les derniers jours de Pompéi raconte une  histoire prenante; très réaliste et documentée sur Pompéi.

Le vrai protagoniste avec un P majuscule reste le Vésuve se préparant à enterrer Pompéi avec sa force dévastatrice.

Je suis ravie d’avoir enfin lu ce livre en version intégrale.

❤️❤️❤️❤️

Libretto

Edward George Bulwer-Lytton
Extrait
Extrait
Extrait
Le tableau Le dernier jour de Pompéi du peintre russe Karl Briullov
Pompei
Pompei
Pompei
Le film

Le Dernier Thriller norvégien

Parution le 06/06/2019

Mot de l’éditeur ;

Delafeuille, l’éditeur parisien, débarque à Copenhague pour y rencontrer le maître du polar nordique, au moment même où la police locale est confrontée à un redoutable serial killer : l’Esquimau. Coïncidence ? A peine installé à l’hôtel avec le dernier roman de l’auteur, Delafeuille découvre que la réalité et la fiction sont curieusement imbriquées… et qu’il pourrait bien être lui-même, sans le savoir, un personnage de thriller nordique.

Tueur fou, flics au bord de la crise de nerfs, meubles Ikéa, livre à tiroirs, tempête de neige, ours polaires, Sherlock Holmes et la petite fille aux allumettes : Luc Chomarat nous livre une épopée littéraire jubilatoire, un tour sur le grand huit où le rire le dispute au vertige.   

Biographie de l’auteur :

Luc Chomarat est né en Algérie en 1959. Remarqué dès son premier roman par le magazine littéraire, il choisit d’exercer ses talents de rédacteur dans la publicité où, dit-il, « on trouve l’argent et les filles ». Poursuivi pour fraude fiscale, il se réfugie dans un monastère tibétain. Il revient au roman en 2014 avec L’Espion qui venait du livre. En 2016, il reçoit le Grand prix de Littérature Policière pour Un trou dans la toile. Traducteur de Jim Thompson, il est également l’auteur d’essais pour le moins atypiques : Le Zen de nos grands-mères (Le Seuil, 2008) sur son expérience bouddhiste et Les 10 meilleurs films de tous les temps (Marest, 2017) dont le sujet n’est pas clair.

Le Polar de l’été (La Manufacture de livres, 2017) et Un petit chef-d’œuvre de littérature (Marest, 2018) confirment son goût pour les constructions en abyme, et son regard particulier sur l’époque, mélange d’ironie et de désenchantement.

Notre avis :

Le réel, le possible et les livres, Luc Chomarat nous accompagne à Copenhague avec Delafeuille éditeur français qui voudrait acheter les droits d’un auteur danois très populaire.

Nous nous retrouvons vite à mener l’enquête avec Sherlock Holmes sur une série de crimes et nous voilà dans un Matrix littéraire où l’auteur du “Dernier thriller norvégien” serait le mystérieux marionnettiste qui en tire les ficelles !

Fiction dans la fiction.

Style très agréable, cette lecture est captivante et intéressante, truffée de digressions sur les livres et la littérature.

Intrigue remarquablement menée jusqu’au dénouement.

J’ai un moment pensé à Musée haut musée bas le texte, la pièce et le film de Michel Ribes où un musée imaginaire permet à l’auteur une critique du monde de l’art et qui donne aussi vie à des personnages épatants.

Un récit insolite et plaisant, un livre passionnant à lire, de la première à la dernière page.

La Manufacture 

❤️❤️❤️❤️❤️

Luc Chomaratest
Extrait
Extrait
Extrait
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Copenhague

L’estrange malaventure de Mirella

Mot de l’éditeur :

Moyen Age. Les rats ont envahi la paisible bourgade d’Hamelin. Vous croyez connaître cette histoire par coeur ? Vous savez qu’un joueur de flûte va arriver, noyer les rats en musique, puis les enfants d’Hamelin ? Oubliez ces sornettes : la véritable histoire est bien pire, et c’est grâce à Mirella, une jeune fille de 15 ans, qu’on l’a enfin compris. Jusqu’ici, elle passait inaperçue en ville qui s’intéresserait à une porteuse d’eau, à une crève-la-faim, une enfant trouvée ? Seulement voilà, Mirella a un don ignoré de tous : elle voit ce que personne d’autre ne voit. Par exemple, elle a bien repéré ce beau jeune homme en noir, qui murmure à l’oreille de ceux qui vont mourir de la peste… Et ça lui donne une sacrée longueur d’avance. Y compris sur le plus célèbre dératiseur de tous les temps.

Biographie de l’auteur :

Flore Vesco est née à Paris en 1981. Plutôt que de tout miser sur son physique, elle a fait des études bien longues, de lettres et de cinéma. 

Elle a été professeur et a vécu à l’étranger, et sait dire « Vous habitez chez vos parents ? » en slovaque, en maltais et en roumain. 

Aujourd’hui, Flore Vesco vit en région parisienne. Elle aime les anagrammes, les rébus, les listes, et tout ce qui a des bulles (le champagne, le bain moussant, la bande dessinée…). 

Notre avis :

« Le joueur de flûte de Hamelin » a été inspiré par une légende née en 1284 en Allemagne dans la petite ville de Hamelin. Cette ville fut infestée de rats au grand désarrois de ses habitants. La légende retranscrit la peur des habitants de la ville pendant des siècles ! 

Le conte « Le joueur de flûte de Hamelin » a été publié dans Légendes allemandes en 1816 par les Frères Grimm. Et dans « Les Reïtres des Chroniques du règne de Clarles IX » de Prosper Mérimée. 

Mais comme dirait Roald Dahl, qui s’est aussi attaqué à la réécriture de quelques fables célèbres, « Un conte peut en cacher un autre ».

« L’estrange malaventure de Mirella » est un roman jeunesse qui peut se lire à tout âge, écrit de manière très drôle, vive et attachante il nous livre un récit fort différent du texte allemand.

Vous y découvrirez Mirella jeune fille de 15 ans perspicace, intelligente et altruiste. Pas d’ennuie, pas de répit, l’histoire (cette version de l’histoire) est prenante et la lutte contre le rongeurs et certains humains que nous pourrions définir aussi, en élargissant l’usage du mot, comme étant des rats est le fil principal de la trame du périple de notre héroïne. Une balade au Moyen Age et la revanche d’une rousse !

Pour continuer à revisiter le conte du Joueur de flûte nous pouvons lire aussi l’excellent  « Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants » de Terry Pratchett. Où des rats savants associés avec le joueur de flûte… et menés par le chat Maurice sillonnent les petites villes.

Flore Vesco est une plaisante découverte et son œuvre mérite sa place dans vos futures lectures.

École des Loisirs 

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Coup de cœur !
Flore Vesco
Extrait
Extrait
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Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants 
Extrait : Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants 
Extrait : Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants
Extrait : Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants