Super-Héros : Une histoire politique de William Blanc.

Mot de l’éditeur :

Loin d’être un simple produit de divertissement, le genre super-héroïque a été pensé dès son origine comme un outil politique par des auteurs issus de milieux modestes. Captain America a ainsi été créé par deux auteurs juifs pour corriger Hitler dans des comics avant même que les États-Unis n’entrent en guerre alors que Wonder Woman a été pensée pour promouvoir l’émancipation des femmes. 

Cinéma, séries télévisées, romans, jeux… les super-héros, nés il y a quatre-vingts ans avec l’apparition de Superman, ont envahi la culture populaire planétaire. 

D’autres super-héros ont rapidement eu pour fonction de faire croire à l’existence d’un futur radieux à portée de mains dans lequel le modèle démocratique se répandrait sur l’ensemble du globe pour triompher des tyrannies « féodales » totalitaires. Plus tard, de nouveaux personnages plus troubles ont symbolisé une Amérique en plein doute, frappée de plein fouet par la crise pétrolière et la défaite au Vietnam, puis le 11 septembre 2001. 

Évoquant tour à tour Superman, Batman, Wonder Woman, Captain America, Namor, l’Escadron suprême, Black Panther, Luke Cage, Green Arrow, Red Sonja, Howard the Duck, Punisher, Iron Man, les super LGBT et Wolverine, cet ouvrage se propose d’explorer les discours politiques qui se cachent derrière le masque des surhumains.

L’AUTEUR

William Blanc est un historien médiévaliste spécialiste des cultures populaires. Il a notamment écrit Le Roi Arthur. Un mythe contemporain (Libertalia 2016) et coécrit Les Historiens de garde. De Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national, avec Aurore Chéry et Christophe Naudin (Inculte 2013, Libertalia 2016), Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l’histoire au mythe identitaire avec Christophe Naudin (Libertalia, 2015).

Notre avis:

La mort récente de Stan Lee a fait, pendant quelques jours, sortir les super-héros des librairies, des télés et des cinémas pour être de toutes les conversations, de toutes les informations sur toute la planète ! Un géant nous avait quitté, laissant un univers complet ayant sa cohérence propre en héritage.

L’étude de William Blanc sur le contenu politique des comics démontre non seulement qu’ils sont un art à part entière mais que l’aspect idéologique des personnages n’était pas fortuit.

Que ce soit Superman, Batman, Wonder-Woman – les connaisseurs savent qu’ils sont DC et non Marvel – ou Captain America, Namor, Black-Panther et même Howard the Duck, découvrir les genèses idéologiques des super-héros permet de comprendre l’engouement pour les films Marvel, DC et autres.

Alors que l’ère des grands intellectuels disparaît, on pourrait penser que les grandes idéologies sont maintenant portées sinon incarnées par de nouvelles idoles.

Dans les manifestations on peut croiser des jeunes ayant l’un le Ché, l’autre T’challa (Black-Panther), dans les maisons: de nouveaux autels aux dieux Lares apparaissent avec les figurines de plombs d’Iron-Man, de Batman, et de tant d’autres.

Ce livre permet d’en comprendre les tenants idéologiques et j’en imposerai la lecture à tous ceux qui s’interrogent en apprenant ma passion des comics.

Sérieux, aussi fouillé que documenté, cette étude doit être une étape obligatoire pour aborder les comics en adulte.

Personnellement, voir cité Umberto Eco et Antonio Gramsci dans la même phrase vaut « imprimatur » et m’a fait plus que sourire.

❤️❤️❤️❤️❤️

Libertalia

Umberto Eco et Gramsci…

Les Heures indociles

Mot de l’éditeur :

1908. Dans le Londres de Virginia Woolf et Conan Doyle, une suffragette, un médecin anticonformiste et un aristocrate excentrique mènent une lutte à mort pour le progrès.

La reine Victoria n’est plus et son fils, Edward VI, se rapproche de ses voisins européens. Le vieux monde britannique se fissure sous l’impulsion de groupes d’avant-garde, comme les suffragettes qui mènent une lutte acharnée pour le droit de vote des femmes. L’heure n’est pas à la révolution, mais à une révolte sociétale de moins en moins feutrée.

Dans Les Heures indociles, Éric Marchal relate le parcours de trois personnages hors du commun : Olympe Lovell, une guerrière au service d’Emmeline Pankhurst, figure de proue des suffragettes. Thomas Belamy, l’Annamite, médecin au St Bartholomew Hospital, le plus vieil établissement de Londres. Il travaille dans le service flambant neuf des urgences et dirige un département de médecine non conventionnelle dont le but est d’unifier les pratiques occidentales et chinoises. Enfin, Horace de Vere Cole, le plus excentrique des aristocrates britanniques, poète et mystificateur, à la recherche de son chef-d’oeuvre, le plus grand canular de tous les temps.

Chacun d’eux est un rebelle. À deux, ils sont dangereux. À trois, ils sont incontrôlables et deviendront la cible du pouvoir et d’un mystérieux personnage se faisant appeler « l’Apôtre ».

L’auteur :

Éric Marchal a 48 ans et vit à Vittel. 

Son premier roman, Influenza (Les ombres du ciel, 2009 ; Les Lumières de Géhenne, 2010), paru en deux tomes aux éditions Anne Carrière, a reçu le prix Carrefour Savoirs 2009. 

Il est également l’auteur du livre Le Soleil sous la soie (Anne Carrière, 2011).

Notre avis :

Un roman historique d’extraordinaire intensité.

Trois personnages forts et très rapidement adoptés par le lecteur.

Trois compagnons de route qui développent une solidarité très forte, c’est vraiment un pour tous, tous pour un dans les rues de Londres, unis par la volonté d’un avenir meilleur, sans oppresseurs.

Éric Marchal utilise les véritables actions des suffragettes comme fil conducteur de cette histoire palpitante.

Olympe notre suffragette bien déterminée a s’émanciper de la gente masculine a choisi son prénom en référence à Olympe de Gouges son héroïne qui a écrit Zamore et Mirza ouvrage qu’elle conseille à tout le monde.

Mention spéciale à donner au dialogue avec Sir Conan Doyle.

Nous vous conseillons de lire : «Suffragette, Genèse d’une militante » par Emmeline Pankhurst, l’autobiographie qui a inspiré le film « Les Suffragettes» où la célèbre femme politique est interprétée par Meryl Streep. À voir aussi «L’ordre Divin» film qui relate l’histoire d’un village suisse avant le vote masculin pour la possibilité d’accession au vote des femmes dans les années 70 et oui nos voisines les suissesses ont commencé à voter plus récemment que dans les autres pays européens …

Pour revenir à notre roman et paraphraser Alexandra David Néel ce livre est comme une étoile, on ne le quitte pas des yeux. Il vous fera avancer loin, sans fatigue et sans peine.

À lire !

❤️❤️❤️❤️❤️

Anne Carrière 

Le Parfum

Mot de l’éditeur :

Le bâtard qui voit le jour dans le quartier le plus nauséabond de Paris s’appellera Grenouille, étrange nom guttural dont Gaillard (sa nourrice) et Grimal (le tanneur qui l’emploie à des tâches répugnantes) se font les échos, comme si la marginalité appelait forcément la marginalité. C’est donc dans la fange parisienne du XVIIIe que Grenouille, né sans parents ni amour, sans racines ni odeur, mène une vie de nomadisme olfactif, volant les odeurs, les imaginant, les recréant pour les infuser au monde entier. Sans distinction hiérarchique, il se pénètre de la moindre senteur, tout d’abord frénétiquement, puis avec méthode, pour finalement se livrer à un projet démiurgique et vampirique. Dans ce voyage jusqu’aux confins de l’imagination à la fois poétique et morbide, Süskind nous entraîne sans repos à la suite de son héros monstrueux, véritable buvard des essences dont l’ultime expérience revêt presque un caractère généreux et mystique.

Notre avis :

Netflix propose depuis quelques jours une excellente série : Le Parfum. Originellement diffusée sur la chaine allemande ZDFneo, Le Parfum se base sur le roman du même nom (déjà adapté au cinéma avec Ben Wishaw), mais dont l’action a été transposée de nos jours par les scénaristes Eva Kranenburg, Philipp Kadelbach et Oliver Berben.

C’est l’occasion de plonger ou replonger dans le livre de Patrick Süskind, un roman imprégné d’arômes, de solitude, de folie; une combinaison de réalisme et de fantaisie. 

L’écriture est ingénieuse en particulier dans la création du protagoniste, un paria de la société, un être qui n’émane pas d’odeur humaine et ne semble pas avoir de sentiments. Ce qui frappe chez Jean Baptiste Grenouille est son manque de communication avec le monde, une seule passion pour les parfums et cette aura de tristesse, un personnage sombre, décadent, avec toutes les caractéristiques qui méritent d’être détestées par le lecteur lorsque ses idées étranges mènent à des actions ignobles; au lieu de cela, parmi les mille nuances psychologiques créées par la plume de l’auteur, la mélancolie et la proximité avec ce jeune homme, la compréhension du chemin de la vie qui a abouti à quelque chose d’anormal et de development.

Des questions nous accompagnent dans la lecture et dans le décryptage de Grenouille : possède-t-il un cœur à l’intérieur de ce corps qui ne dégage pas d’odeurs? Est-il né avec une anomalie ou les conditions dans lesquelles il est né et a été abandonné en ont-elles fait un monstre? Suskind ne propose pas de solution à l’énigme, mais plutôt un voyage fait de sensations, de visages, de mort et d’injustices. Un roman au goût de fiel, une sage imbrication de moralité et de folie, pour nous mener dans les profondeurs de l’âme humaine. L’écriture est enveloppante riche d’images, de paysages, d’ambiances, de couleurs et de parfums bien sûr, le thème principal.

Il se lit d’une traite ce récit que nous vous conseillons !

Livre de Poche 

❤️❤️❤️❤️❤️

Film Le Parfum
Série Le Parfum
Série Le Parfum
Le Parfum Livre de Poche

Les couleurs de Fosco

Date de parution : 09/01/2019

Mot de l’éditeur :

Ils n’ont qu’un désir, vivre leurs rêves: Irene veut assouvir sa passion artistique, Angiolino aimer librement et Rocco s’affranchir du passé trouble de son père. Mais ils sont nés à Fosco, village entre ciel et mer du sud de l’Italie, où deux puissantes familles ont droit de vie et de mort sur les habitants. Un soir de fête, Irene et Rocco s’unissent et voilà que leur destin chavire, avec celui du village tout entier.
Porté par un souffle poétique que vient assombrir une réalité cruelle, évoquant tour à tour les romans d’Elsa Morante et de Milena Agus, Les couleurs de Fosco donne voix avec force et tendresse à une jeunesse qui se bat pour sa liberté.

Paola Cereda, diplômée en psychologie et auteure d’une thèse sur l’humour juif, a été finaliste de nombreux prix littéraires. Les Couleurs de Fosco est son premier roman publié en France.

Notre avis :

Êtes-vous déjà tombé amoureux de la plume d’un auteur, ce qui fait que vous attendez chaque nouveau roman avec impatience ? 

Paola Cereda a été pour moi une découverte, un véritable coup de foudre. 

J’apprécie son originalité, sa manière particulière et rugueuse d’écrire sur les sentiments et les émotions, créant de véritables bulles dans l’espace-temps dans lesquelles le lecteur se laisse conduire tout au long d’un récit entouré de sensations. On est dans un monde à part pendant notre lecture comme dans une boule de verre avec la neige qui tombe.

Paola Cereda écrit des hymnes aux femmes, leur force, leur courage, l’importance de la dignité et de l’émancipation.

Ce roman nous décrit des personnages appartenants à des époques différentes, portant des bagages lourds et encombrants.

Irene, Gianna et Lorenza, et avant elles Nuzza et Maria Catena, des femmes qui ont grandi à l’ombre des maîtres des pères et des maris, dans le silence dans l’omertà, convaincues que la vie est comme ça, mais la nouvelle génération ne ressent pas l’oppression de la même façon, Irene, Rocco e Angiolino incarnent le symbole du changement, de ce vent d’espoir qui souffle à Fosco dont le panneau d’entrée dans la ville est criblé d’impacts de balles …

Paola Cereda, dans cet ouvrage, parvient à mêler sacré et profane, en parlant d’amour et Ndrangheta comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Avec une écriture riche en nuances, l’auteure montre une grande capacité à rentrer dans le monde de ces jeunes rêveurs mais déterminés, Cereda a su nous proposer un livre qui fascine. Avec l’espoir que ses autres romans soient publiés en France, Les couleurs de Fosco est pour moi un roman hautement recommandé.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Autrement 

Fosco et son panneau d’entrée
Paola Cereda
Angiolino

Les Routes de poussière

Date de parution : 24-01-2019

Mot de l’éditeur :

L’Italie n’existe pas encore lorsque le Grand Masten parvient à acquérir, à force de travail, quelques terres à Moncalvo, un petit bourg du Piémont, à la fin du XVIIIe siècle. Maintenant qu’il est propriétaire, il fait ériger une grande maison destinée à abriter les générations à venir. Au fil des ans, celles-ci assisteront au va-et-vient de ceux qui traversent la plaine du Pô, les armes à la main. L’armée de Bonaparte, menant tambour battant sa campagne d’Italie, en 1796. Les Autrichiens, déterminés à s’approprier les territoires qui vont de la Vénétie au Piémont, en 1848. Et enfin, le roi du Piémont, Victor-Emmanuel II, décidé à réunir les États de la Péninsule en un seul royaume, l’Italie. Pendant ces décennies cruciales, dans la maison jaune du patriarche et sur les routes de poussière environnantes, Pidrèn, le Giaï, Maria, Luis, Gavriel, Teresina, Pietro-Giuseppe et les autres déroulent leurs vies entre dur labeur et ambitions têtues, amours et tensions, chagrins et bonheurs, au rythme des soubresauts de l’Histoire.

Notre avis :

Rosetta Loy a d’abord été journaliste puis traductrice. Son premier livre publié est La bicicletta (La Bicyclette) en 1974.

Le Strade di polvere (Les Routes de poussière) remporte en 1987 quatre prix littéraires. Rosetta Loy est devenue au fil des années et des parutions une figure majeure de la littérature italienne. 

Le roman raconte l’histoire d’une famille piémontaise qui a vécu dans le Monferrato entre la fin de l’ère napoléonienne et le début de celle de l’Italie unie. 

Nous suivons les amours, les passions, les guerres, les morts, les danses, les espoirs et les passions.

La thématique des guerres qui dévastent toute l’Europe est bien présente tout au long des pages.

Dans les Routes de poussière l’auteure construit, avec un style précis et évocateur, une « histoire de famille » tout à fait prenante qui se développe dans une dimension temporelle compacte et unitaire (les grands cycles historiques, le flux des saisons, les événements quotidiens). Les personnages, décrits dans leur vie quotidienne et dans leur évolution psychologique, sont plongés dans une atmosphère traversée par des changements parfois suggestifs, parfois cruels dans lesquels on peut voir un éclair de magie et de mystère.

Ce livre, complexe et fascinant est d’une qualité narrative remarquable. 

L’écrivaine parvient à maintenir le seuil d’attention du lecteur à un niveau très élevé pendant toute l’histoire. Le mélange des personnages et des événements externes est si riche et coloré que les moments d’ennuie ne sont vraiment pas permis.

Ce livre qui sortira dans la magnifique collection Piccolo des éditions Liana Levi est un bijou qu’il ne faut pas rater.

À lire ou relire!

❤️❤️❤️❤️❤️

Liana Levi

Collection Piccolo

Rosetta Loy
Monferrato (Piémont – Italie)

La libraire [The Bookshop]

Mot de l’éditeur :

Rien ne semble troubler la paix de Hardborough, aimable bourgade de l’East Anglia. Mais Florence Green, une jeune veuve, a décidé d’y ouvrir une librairie, ce qui déplaît aux notables de la ville. Florence voulait créer innocemment un lieu de sociabilité inédit ; elle découvre l’enfer feutré des médisances. Puis l’ostracisme féroce d’une partie de la population. Surtout lorsqu’elle s’avise de mettre en vente Lolita, le sulfureux roman de Nabokov. Alors, la guerre est déclarée, les clans s’affrontent, les personnages révèlent leur acrimonie. Florence sera très seule pour affronter le conformisme ambiant.

Notre avis :

Une perle inattendue que ce court roman de Penelope Fitzgerald.

Les villages pittoresques, les prairies, les falaises vertes et venteuses et les tasses de thé sont ici les décors d’une histoire bien plus sérieuse et emblématique. 

Florence Green est mon idole actuelle de résistance, cette femme bien courageuse décide de racheter The Old House, grâce à son petit héritage, pour ouvrir une librairie dans un village de East Anglia qui n’en a pas (nous sommes en 1959 ).

Le projet s’avère tout sauf simple et certains s’y opposent. Pourquoi ? “La peur des mots” la peur de « Lolita » de Nabokov, scandaleux objet ! 

Les dialogues sont brillants et le livre est « so british ». L’auteure nous offre de la poésie et de la grâce, une histoire bien rythmée et lumineuse. 

Le film basé sur ce beau livre sort le 19 décembre 2018.

Ce récit donne envie de revoir un autre film : Le Chocolat avec Juliette Binoche et Johnny Depp qui se déroule aussi en 1959, Vianne Rocher s’installe avec Anouk, sa petite fille, à Lansquenet, une petite bourgade française. En quelques jours, elle ouvre une confiserie à proximité de l’église, ses chocolats feront scandale tout comme les livres de Madame Green..,

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions La Table Ronde 

Le procès du cochon

Date de parution : 09/01/2019

Mot de l’éditeur :

Dans un village et un temps reculé, un monstre croque la joue et l’épaule  d’un bébé laissé quelques instants seul par sa mère, puis repart tranquillement vers la forêt. Il est bientôt rattrapé par une horde d’hommes décidés à le tuer, mais dans le monde des hommes, la justice, comme la mort, se rendent au tribunal. Même si le monstre en question est un cochon qui n’a ni conscience ni parole pour se défendre. Peut-on se faire entendre sans mots  ? Les gendarmes l’embarquent donc et le jettent en prison, avant son grand procès.

Dans un texte court et puissant, Oscar Coop-Phane nous raconte le procès d’un cochon, à l’image de ceux qu’on intentait aux animaux jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, une pratique aussi étrange que méconnue de nos jours. Divisé en quatre parties, le texte retrace d’abord Le Crime, puis Le Procès, écrit comme une pièce de théâtre dans laquelle interviennent tour à tour les avocats des deux parties, la famille de la victime, les témoins et experts consultés, le public et les jurés, et le cochon, comme il peut, comme vous verrez, avant que le Président ne rende sa sentence : la pendaison. Viennent ensuite L’Attente, où chacun se prépare à la mort du porc  ; Jean, le bourreau, Louis, le tout jeune officier chargé de mener l’accusé, le père Paul, en route pour confesser la bête, la famille éplorée, et le cochon que Le Supplice viendra libérer. D’une langue tranchante et pénétrante, Oscar Coop-Phane nous ramène des siècles en arrière pour fouiller les sentiments humains, la peur, la colère, la cruauté et la soif de vengeance, mais aussi l’empathie ou la peine. Un texte allégorique où chacun reconnaitra dans l’animal, le porc qu’il voudra.

Notre avis :

Au Moyen Âge, on considérait que les animaux étaient aptes à être jugés comme des humains. Un animal, ayant tué ou blessé était emprisonné puis jugé par un tribunal et condamné pour ses crimes et délits à l’enfermement, la peine capitale, à être traîné dans les rues aux yeux de la collectivité. 

Une écrasante majorité de procès impliquaient des cochons censés avoir causé des préjudices tres graves homicides, infanticides ou des dégâts matériels.

La thématique de ce livre est donc le crime, le procès et la punition d’un cochon.

Ce récit écrit de façon magistrale par Oscar Coop-Phane est prenant et j’ai adoré le lire.

Les personnages sont une gallérie de portraits humains intéressante et le cochon, le monstre inconscient de l’histoire sera l’objet qui permettra la catharsis de toutes et tous dans le sens le plus aristotélicien du terme.

La maman du bébé décédé a un moment de fierté lorsque il est reconnu, dans le chapitre dédié au procès, que son petit  était bien nourri et soigné et que donc le méchant est l’autre, là différent, l’animal.

Ce court récit allégorique et symbolique est une plaisante découverte.

Je vais suivre l’auteur avec l’intérêt qu’il mérite.

❤️❤️❤️❤️❤️

Grasset 

Merci aux éditions Grasset pour ce service de presse !

84, Charing Cross Road

Mot de l’éditeur :
Nouvelle édition 

Une authentique et délicieuse correspondance échangée pendant vingt ans (de 1949 à 1969) entre Helene Hanff, scénariste new-yorkaise passionnée de livres et les employés de la librairie Mark & Co., 84, Charing Cross Road à Londres, spécialisée dans les titres épuisés. Frank Doel, le premier et principal interlocuteur de mademoiselle Hanff, est chargé d’assouvir l’insatiable soif littéraire de sa cliente américaine.
Son dévouement, sa délicatesse et sa réserve toute britannique touchent la new-yorkaise, exigeante et avide d’éditions originales, de textes rares introuvables aux États-Unis, «Londres est bien plus près de mon bureau que la 17e Rue», a-t-elle décrété. Très vite, un ton chaleureux et intime s’installe entre les correspondants.
La générosité, la vivacité, l’extravagance et l’humour d’Helene attisent la curiosité du personnel de la petite librairie et des proches de Frank Doel, qui à leur tour, participent à cet échange épistolaire. Une véritable et extraordinaire amitié par correspondance s’installe entre les protagonistes. Des lettres très émouvantes, pleines de charme et d’humour qui rappellent combien les livres et les librairies tiennent une place importante dans notre vie. Un roman qui incontestablement remue et ravit. 84, Charing Cross Road est un succès depuis les années 1970 en Angleterre et aux États-Unis.

Préface de Daniel Pennac

Biographie de l’auteur

Helene Hanff (1916-1997), romancière et scénariste pour la télévision, connut un immense succès mondial avec « 84, Charing Cross Road », inspiré de son histoire personnelle.

Notre avis :

Très jolie cette nouvelle version du livre de Helene Hanff qui est un pur bonheur de 224 pages, agréable couverture pour cette édition  poche.


Un échange épistolaire intelligent, une passion commune pour les livres épuisés et les jolies éditions à un prix « raisonnable ».
Une Pierre de Rosette qui permet au lecteur de déchiffrer la situation post guerre aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Chaque lettre échangée par l’auteure et ses magnifiques libraires Londoniens sont des merveilles : Mélange de réflexions sur la littérature, les livres et la vie.

Un superbe crescendo d’amitié et de partage se dessine avec délicatesse et humour, l’écrivaine enverra des œufs, des conserves et du jambon jusqu’à la fin du rationnement à Londres et ses amis libraires vont lui expédier des cadeaux made in UK.
Franck, une vie entière dédiée aux livres et Helene qui achète tout ce que ses rentrées d’argent lui permettent.
“Sa libraire” elle l’imagine, aimerait la voir même si elle confesse avoir un peu peur : les lettres, les échanges écrits la protègent.

L’humour, l’érudition, l’amour de l’Angleterre, la passion des beaux textes sont le déclencheur de celle belle correspondance de 20 ans qui devient au fur et à mesure un hymne à la générosité et au partage.

L’œuvre de Helene Hanff parue en 1970, a connu un énorme succès des deux côtés de l’Atlantique, elle a été adaptée par la BBC puis en pièce de théâtre et film avec Hanthony Hopkins.

Ce livre est un véritable coup de cœur !

Helene Hanff


❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Éditions Autrement 

Toutes les histoires d’amour du monde

Mot de l’éditeur :

Lorsqu il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d amour, le père de Jean sombre dans une profonde mélancolie. Jean, lui, tombe des nues : Moïse, son grand-père, y raconte toute l histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue  : Anne-Lise Schmidt. Qui est cette femme ? Et surtout qui était-elle pour Moïse  ? Comment quelqu un de si chaleureux et sensible dans ses lettres a-t-il pu devenir cet homme triste et distant que père et fils ont toujours connu ? Naviguant entre les grands drames du siècle et des histoires d amour d aujourd hui glanées dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Jean devra percer le lourd secret d un homme et lever le voile sur un mystère qui va chambouler toute une famille…

L’auteur :

Romancier et médecin, Baptiste Beaulieu est l’auteur de plusieurs bests-sellers, Alors voilà : les 1001 vies des Urgences (prix France Culture « Lire dans le Noir »),  Alors vous ne serez plus jamais triste (Prix Méditerranée des lycéens 2016),  La Ballade de l’enfant gris (Grand Prix de l’Académie française de Pharmacie). Son blog Alors Voilà compte plus de 8 millions de visiteurs. Il est également chroniqueur chez Grand bien vous fasse, sur France Inter.

Notre avis :

Baptiste Beaulieu lance un tendre « message in a bottle » pour retrouver Anne-Lise, nous parcourrons avec les lettres de Moïse le récit d’une vie, l’histoire des guerres qui séparent et l’amour si proche et si lointain.

Un livre poétique et d’un grand charme qui séduit très rapidement le lecteur.

Les rapports père-fils hier et aujourd’hui sont un fil conducteur central et permettent d’aborder aussi des thématiques plus « sociales » comme la tolérance et les difficultés inattendues qui changent à jamais le cours de nos vies …

Ce livre doux et amer est une Matryoshka des histoires d’amour !

❤️❤️❤️❤️❤️

Mazarine

Baptiste Beaulieu

Lincoln au Bardo

Mot de l’éditeur avant sortie de la version française (9 Janvier 2019) :
Récompensé par le Man Booker Prize 2017, le premier roman de l’écrivain américain George Saunders a pour   point de départ une anecdote historique, la visite de Lincoln dans le caveau où fut enterré son jeune fils Willie, mort à onze ans de la fièvre typhoide au beau milieu de la guerre de Sécession. Les spectres du cimetière de Georgetown, ayant assisté à la scène, se donnent pour mission de réunir père et fils une dernière fois afin que tous deux puissent enfin trouver la paix.

Notre avis ;

Lincoln au Bardo est un livre irrésistible et atypique.

Nous sommes à Washington pendant la guerre civile américaine. Le président Lincoln souffre d’un immense deuil : la mort à l’age de 11 ans de son fils Wiilie.

L’auteur raconte la douleur des parents, les obsèques, les événements politiques et l’évolution de la guerre en les alternant (voici la singularité) aux commentaires des âmes qui observent depuis les limbes.

Gustave Doré Dante et Virgile au Putgatoire

Il y a des échos de la Divine Comédie avec les trois personnages principaux qui accompagnent Willie et de l’Anthologie de Spoon River avec les nombreuses voix des pauvres et des riches, des puissantes et des misérables qui racontent leurs affaires terrestres.

Les limbes en question sont identifiées au Bardo, inspiré du Livre des morts tibétain.

Ces âmes ne sont pas conscientes (ou seulement partiellement) qu’elles sont mortes et restent donc convaincues qu’elles retourneront tôt ou tard dans leur vie terrestre.

L’arrivée de Willie bouleverse leur équilibre précaire et les pousse à l’aider à traverser pour atteindre l’au-delà.

Il est difficile de résumer une telle pluralité d’histoires que Saunders parvient à maîtriser avec brio, en les mêlant à des sources constamment citées (vraies et fausses) et à un frisson d’émotions qui ne laissent pas indifférent.

C’était une lecture amusante, grotesque, emphatique, déchirante par traits mais toujours un hymne à la vie, avec toutes ses facettes et toutes ses saisons.

Saunders: chapeau.

❤️❤️❤️❤️❤️

Fayard