Après

Mot de l’éditeur :

Le choix d’une mère, la douleur d’une fille. « C’est votre mère.  » Dès que la porte s’est refermée. J’ai su à ce moment-là qu’Elayn était morte. Comment elle s’y était prise et pourquoi.

Biographie de l’auteur :

Nikki Gemmell vit en Australie. Ses romans sont traduits en vingt-deux langues. Après La Mariée mise à nu et Avec mon corps (Au diable vauvert), elle écrit avec la même émotion la mort et le souvenir de sa mère.

Notre avis :

J’apprécie Nikki Gemmell et ses livres chez ‘Au diable vauvert’ depuis quelques temps, ainsi, lorsque j’ai vu que son éditeur français venait de sortir un nouveau récit, je savais déjà que je voudrais le lire.

Le livre parle de l’auteure et de la relation avec sa maman, d’une fin prématurée par suicide, c’est presque une déchirante correspondante avec la mère décédée, souvenir et hommage à leur vie commune. Il est évidemment question de l’euthanasie: thématique importante qui est encore insuffisamment évoquée.

Le livre contient beaucoup de faits et de statistiques, d’opinions et d’options sur le sujet de la mort douce et assistée, la façon dont l’auteure compile tout ça est bouleversante, crue et nécessaire.

L’écriture dans le livre est singulière. Ce n’est pas une histoire classique, il y a un fil conducteur certes mais il s’agit plutôt d’un recueil de réflexions et l’écriture le reflète. Lent et calme, rapide et vibrant selon les moments et les sensations.

Un ensemble de pensées et de sentiments rassemblés. Parfois, les phrases ne finissent pas ou ne font qu’un mot. C’est ce qui fait également le charme du livre. En raison aussi de la façon dont il a été écrit, il vous frappe au cœur.

Ce texte va vous faire réfléchir et vous émouvoir, il est empreint de colère, d’amour inconditionnel et de passion.

Une lecture qui marque.

❤️❤️❤️❤️❤️

Au diable vauvert

L’auteure avec sa mère
Eliane Gemmel

La Goûteuse d’Hitler

Mot de l’éditeur :

1943. Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisé à l’idée que l’on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa.

Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s’exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce réfectoire : considérée comme « l’étrangère », Rosa, qui vient de Berlin, est en butte à l’hostilité de ses compagnes, dont Elfriede, personnalité aussi charismatique qu’autoritaire.

Pourtant, la réalité est la même pour toutes : consentir à leur rôle, c’est à la fois vouloir survivre et accepter l’idée de mourir.

Couronné en Italie par le prestigieux prix Campiello, ce roman saisissant est inspiré de l’histoire vraie de Margot Wölk. Rosella Postorino signe un texte envoûtant qui, en explorant l’ambiguïté des relations, interroge ce que signifie être et rester humain.

« Ce livre où l’on parle d’amour, de faim, de survie et de remords vous reste gravé dans le coeur. » Marie Claire Italie

Biographie de l’auteure :

Née à Reggio de Calabre en 1978, Rosella Postorino vit à Rome. Elle est éditrice chez Einaudi et journaliste. Ses trois premiers romans, La stanza di sopra, L’estate che perdemmo Dio et Il corpo docile, ont été couronnés par plusieurs prix. Elle écrit également des essais, des pièces de théâtre, et contribue à des anthologies. La goûteuse d’Hitler est son premier roman traduit en français. Il vient d’être récompensé par le prestigieux.

Notre avis  :

Rosella Postorino nous raconte elle même  comment l’idée de ce livre est née : « en septembre 2014, j’ai lu un court article dans un journal italien sur Margot Wölk, Frau Wölk avait toujours gardé le silence sur son expérience, mais à l’âge de quatre-vingt-seize ans, elle avait décidé de la rendre publique. Le désir de faire des recherches sur elle et son histoire a été immédiat. Lorsque, quelques mois plus tard, j’ai pu trouver son adresse à Berlin, dans l’intention de lui envoyer une lettre demandant une rencontre, j’ai appris qu’elle venait de mourir. Je ne pourrais jamais lui parler ou raconter son histoire. Mais je pourrais essayer de savoir pourquoi elle m’avait tellement frappé. Alors j’ai écrit ce roman.  » 

Ce récit nous livre un conte de fées, parfois doux et parfois amer, qui voit en protagoniste une femme forte et courageuse, Rosa Sauer. Rosa  raconte à la première personne son histoire.

Le fil conducteur qui anime l’auteure est l’analyse en profondeur de la frontière si fragile entre le Bien et le Mal. 

Servir la patrie et adorer le Führer étaient les seuls préceptes que tout bon allemand devait respecter et honorer en 1943, jour après jour, sans réserve. 

La nourriture, source de vie, devient une source d’angoisse, une cause potentielle de décès. Hitler vit avec la peur constante d’être empoisonné et l’image d’un héros invincible, du « surhomme « , cède la place à celle d’un faible et peureux personnage. La protagoniste se trouve dans la double condition de victime et de collaboratrice de la dictature. 

L’écrivaine enquête sur l’âme dans les situations les plus ambiguës et extrêmes, analysant ainsi la fragilité de la psyché de l’homme, son instinct, son désir désespéré de survivre à n’importe quelle condition. 

La prose est fluide et l’auteure réussit à garder le lecteur collé au livre de la première à la dernière page, suscitant en lui une grande question qui reste sans réponse: « Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour survivre? ».
Une lecture incontournable.

♥️♥️♥️♥️♥️

Albin Michel

Rossella Pastorino
Margot Wölk
Charlie Chaplin
Le dictateur

L’omnivore

Mot de l’éditeur :

«Sa quête avait bientôt tourné à l’obsession. Il avait même poussé la « conscience professionnelle » jusqu’à lister les produits les plus étranges qu’il avait pu avaler et ceux qu’il voulait essayer. Cinq siècles plus tôt, les conquistadores avaient, d’une certaine manière, ouvert la voie à ces curiosa nutritionnelles, puisqu’ils s’étaient régalés de tous les nouveaux aliments rencontrés durant leurs conquêtes. Ils étaient d’ailleurs repartis vers la vieille Europe avec la pomme de terre, la tomate, le maïs et bien d’autres découvertes gustatives. L’homme est, par essence, omnivore». 

Et c’est ainsi qu’un avocat globe-trotteur se verra conter, dans une prison de la république de Kirghizie, l’incroyable aventure philosophique et gustative de Youri, mystérieux russo-vietnamien, ayant fait commerce des mets les plus rares. 

Insectes, nids d’hirondelle, fugu japonais, œufs centenaires, pieds d’éléphant, petits singes… rien n’est impossible pour satisfaire une riche clientèle, avide de plats étonnants, interdits, bizarres. Jusqu’à une commande ultime…

Biographie de l’auteur :

Né en 1968, Emmanuel Pierrat est l’avocat de très nombreuses maisons d’édition. Mais il est également auteur, éditeur, collectionneur, chroniqueur, conservateur du musée du barreau. Passionné des arts et des lettres, il défend la liberté d’expression et de création.

Notre avis :

Ce court roman est très agréable à lire, je l’ai vraiment « dévoré » si je puis dire. Une fois commencée la lecture il est difficile de poser le livre pour faire autre chose.

Excellente plume, érudit sans jamais être prétentieux l’auteur continue de nous surprendre toujours positivement.

Maître Tapiro a beaucoup en commun avec son créateur vous le découvrirez très vite et, si vous connaissez un peu la biographie d’Emanuel Pierrat, cela pourrait vous amuser, comme cela a été le cas pour moi, de trouver toutes les similitudes personnage/auteur.

Un voyage qui devait être du « business as usual » se transforme en rencontre inhabituelle et singulière qui, comme le Boléro de Ravel, nous transporte dans un crescendo constant. Un texte dont la trame gagne en épaisseur au fil des pages.

Le récit, original et atypique, nous prend au jeu, nous voulons tout savoir à propos de Youri.

Impossible de vous parler de la fin de l’histoire, vous devez la découvrir c’est un morceau de bravoure !

Un roman brillant à lire absolument.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Flammarion

Extrait du livre
Emanuel Pierrat
Le Radeau de La Méduse
Tableau de Théodore Géricault

À la ligne, Feuillets d’usine

Mot de l’éditeur :

À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet. C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer. 

Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.

Notre avis :

L’auteur écrit « Ce n’est pas du Zola mais on pourrait y croire On aimerait l’écrire le XIXème l’époque des ouvrier héroïques On est au XXIème siècle ». Oui, mutatis mutandis, Joseph Ponthus narre avec une intensité remarquable qui pourrait bien s’apparenter aux écrits de Zola.

Le peintre Pellizza da Volpedo a créé pour le titre de son plus célèbre tableau une expression, « le Quart-État »,  en écho à celle de Tiers-État, pour désigner le prolétariat, les exclus, ceux qui n’ont rien dans les mains, rien à perdre. Dans cette longue poésie de 272 pages il est question d’un « Quart-État » contemporain.

Intérimaire par nécessité, la découverte de l’usine, des usines se pose sur le papier, devient un récit lucide et éloquent d’une situation subie qui pourtant permet de survivre et de demeurer là où son amour, son mariage l’ont conduit et où il veut être.

Jour après jour sa formation littéraire et les expériences vécues dans « sa vie d’avant » le soutiennent et l’accompagnent.

Pas possible de manifester pour des meilleures conditions de travail, l’auteur est conscient de tout ce qui se passe autour de lui mais l’immense fatigue, le besoin et l’instinct de survie qui rend individualiste prévalent.

Notre protagoniste montre une forme de gratitude envers son agence d’intérim et toutes celles et tous ceux qui peuvent lui proposer du travail, en se disant  je veux du boulot juste du boulot et mon chèque à la date convenue, c’est sa servitude volontaire.

Mais ne nous méprenons pas : l’esprit de révolte est toujours sous-jacent

Avec un journal intime en vers qui a une résonance de pamphlet cet intellectuel au pays de l’intérim trouve un moyen de transmission éclairé et intense, les citations littéraires ou musicales sont toujours ad hoc et enrichissent le récit.

Ce premier roman de Joseph Ponthus est un coup de cœur pour moi et nous rappelle, si nécessaire, le formidable pouvoir des mots.

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions de La Table Ronde 

le Quart-État Pellizza da Volpedo
Joseph Ponthus

L’Empreinte

Mot de l’éditeur :

Etudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu’au jour où son chemin croise celui d’un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession l’épouvante et ébranle toutes ses convictions. Pour elle, cela ne fait aucun doute : cet homme doit être exécuté. Bouleversée par cette réaction viscérale, Alexandria ne va pas tarder à prendre conscience de son origine en découvrant un lien entre son passé, un secret de famille et cette terrible affaire qui réveille en elle des sentiments enfouis. Elle n’aura alors cesse d’enquêter inlassablement sur les raisons profondes qui ont conduit Langley à commettre ce crime épouvantable. 

Dans la lignée de séries documentaires comme Making a Murderer, ce récit au croisement du thriller, de l’autobiographie et du journalisme d’investigation, montre clairement combien la loi est quelque chose d’éminemment subjectif, la vérité étant toujours plus complexe et dérangeante que ce que l’on imagine. Aussi troublant que déchirant.

Notre avis :

Le livre d’Alexandria Marzano-Lesnevichûr  est certes l’histoire troublante d’un meurtre, mais le lecteur découvre vite que c’est beaucoup plus que cela. 

On pourrait, si une définition s’imposait, dire que c’est une biographie écrite dans un roman. C’est un récit douloureux et réfléchi d’un crime et de la façon dont il a affecté les personnes impliquées, mais il est question également de la façon dont cette histoire a changé la vie de l’auteure Alexandria Marzano-Lesnevich. 

L’auteure est la fille d’un avocat et, autant qu’elle s’en souvienne, elle se rappelle d’avoir été fascinée par la loi. 

À l’âge de vingt-cinq ans, elle a dû se rendre à la Nouvelle-Orléans pour lutter contre la peine de mort, en internant dans un cabinet d’avocats représentant des personnes accusées de meurtre.

L’auteure pensait que ses opinions étaient immuables, mais elle a ensuite rencontré Ricky Langley, qui risquait la peine de mort pour le meurtre de Jeremy Guillory, âgé de six ans. Jeremy était le fils d’une mère célibataire, Lorilei; qui était enceinte de son deuxième enfant lorsque Jeremy a disparu. Marzano-Lesnevich entremêle l’histoire de Lorilei et Jeremy, avec celle de Ricky Langley et celle de sa propre existence.

il s’agit d’un livre sur l’impact de nos actions passées sur le présent, sur les secrets de famille et sur la découverte que la vie n’est pas aussi claire que nous l’imaginons, les zones grises sont bien présentes.

Nos expériences définissent nos opinions façonnent notre présent et influencent notre avenir. 

Ce fascinant hybride littéraire est très subtil et soigné dans son écriture.

Je me réjouis de d’avoir lu cet ouvrage que je conseille pour son intelligence et son raffinement dans la façon de traiter des thématiques complexes.

❤️❤️❤️❤️❤️

Sonatine 

Alexandria Marzano-Lesnevichûr 

Alto Braco

Mot de l’éditeur :

Alto braco, «haut lieu» en occitan, l’ancien nom du plateau de l’Aubrac. Un nom mystérieux et âpre, à l’image des paysages que Brune traverse en venant y enterrer Douce, sa grand-mère. Du berceau familial, un petit village de l’Aveyron battu par les vents, elle ne reconnaît rien, ou a tout oublié. Après la mort de sa mère, elle a grandi à Paris, au-dessus du Catulle, le bistrot tenu par Douce et sa sœur Granita. Dures à la tâche, aimantes, fantasques, les deux femmes lui ont transmis le sens de l’humour et l’art d’esquiver le passé. Mais à mesure que Brune découvre ce pays d’élevage, à la fois ancestral et ultra-moderne, la vérité des origines affleure, et avec elle un sentiment qui ressemble à l’envie d’appartenance.

Vanessa Bamberger signe ici un roman sensible sur le lien à la terre, la transmission et les secrets à l’œuvre dans nos vies.

Notre avis :

C’est un beau roman, c’est une belle histoire j’ai envie de vous le dire un peu comme une chanson qui raconte l’Aubrac, les liens avec la terre, avec la famille.

De Paris à l’Aveyron un court séjour se transforme en un voyage long physiquement et mentalement, hauts et bas se succèdent.

Une fresque qui se découvre petit à petit.

La surprise des racines retrouvées qui racontent une histoire de famille différente.

Nous découvrons également le lien de cette terre avec la viande qu’elle produit et les difficultés et questionnements autant pratiques qu’éthiques qui sont liés à cette filière.

La viande dans la vie de Brune, la protagoniste de ce roman, est une véritable géhenne,  le voyage vers le passé qu’elle va accomplir permettra de remettre en place un puzzle émotif bien plus compliqué et bien ancré dans la terre de ses ancêtres.

Vanessa Bamberger écrit sur l’inné et l’acquis, thème inépuisable traversant toutes les disciplines. Est-ce qu’il existe une « grammaire universelle » à la Noam Chomsky ? Quelle place occupe l’acquis dans notre développement ? Tout ça se trouve en filigrane dans la fine dentelle que l’auteure tisse.

Comme pourraient le faire ses personnages Douce et Granita avec leur recettes, l’auteur nous nourrit d’une plume exquise.

Superbement construit ce récit offre des couches successives de lecture pour nous délecter.

❤️❤️❤️❤️❤️

Liana Levi 

Vanessa Bamberger
Aubrac

Virgile

Mot de l’éditeur :

Un bruit étrange, comme un vrombissement, réveille une jeune femme dans la nuit. Elle pense que son compagnon la taquine. La fatigue, l’inquiétude, elle a tellement besoin de dormir… il se moque sans doute de ses ronflements. Mais le silence revenu dans la chambre l’inquiète. Lorsqu’elle allume la lampe, elle découvre que l’homme qu’elle aime est en arrêt cardiaque.
Avec une intensité rare, Hyam Zaytoun confie son expérience d’une nuit traumatique et des quelques jours consécutifs où son compagnon, placé en coma artificiel, se retrouve dans l’antichambre de la mort.

Comment raconter l’urgence et la peur ? La douleur ? Une vie qui bascule dans le cauchemar d’une perte brutale ? Écrit cinq ans plus tard, Vigile bouleverse par la violence du drame vécu, mais aussi la déclaration d’amour qui irradie tout le texte. Récit bref et précis, ce livre restera à jamais dans la mémoire de ceux qui l’ont

L’Auteure :

Comédienne, Hyam Zaytoun joue régulièrement pour le théâtre, le cinéma et la télévision. Elle collabore par ailleurs à l’écriture de scénarios. Elle est aussi l’auteur d’un feuilleton radiophonique – « J’apprends l’arabe » – diffusé sur France Culture en 2017. Vigile est son premier texte. 

Notre avis :

Ce roman se dévoile et se découvre comme une pièce de théâtre posée sur le papier par une comédienne qui allume le projecteur sur sa propre histoire, sur son propre drame loin d’etre écrit de façon ordinaire.

J’ai eu l’impression de rentrer dans cette famille, de vivre avec toutes et tous 128 pages de soupirs et d’espoirs.

C’est un texte émouvant, esquissé avec tendresse et pudeur. Hyam Zaytoun dévoile les moments intimes qu’elle a décidé de partager avec son nouveau public : le lecteur.

Le massage cardiaque que la protagoniste prodigue à son compagnon est interminable il peut paraître banal et pourtant il est la clé de tout, ne pas céder, lutter, persévérer, le geste qui sauve.

Après, quand d’autres prennent en charge l’être aimé, les doutes et les peurs, l’envie d’être à la hauteur arrivent. Nous ne pouvons plus agir directement comme pour le massage, il faut patienter, réfléchir.

Comment gérer les enfants, les préserver sans les exclure.

Comment imaginer « les possibles ». Espérer le meilleur dénouement mais être prête à tous les scénarios.

Comment tout simplement faire face à cette douleur.

Une histoire d’amour et un amour pour la vie.

Je ne peux que conseiller cette lecture.

❤️❤️❤️❤️❤️

Le Tripode

LE BEST OF ADAM SHARP

Mot de l’éditeur : 

À l’aube de ses cinquante ans, Adam Sharp n’a pas la vie qu’il espérait. En couple avec Claire, il travaille dans l’informatique et anime les quiz musicaux de son pub.

Vingt ans plus tôt, en 1989, alors qu’il jouait du piano dans un bar branché de Melbourne, il a fait la connaissance d’Angelina avec laquelle il a vécu une relation passionnée. Et voilà qu’un mercredi, Angelina resurgit. D’emails en conversations Skype, ce qui commence comme un jeu va bouleverser l’existence d’Adam : osera-t-il vivre dangereusement ou laissera-t-il passer sa chance une seconde fois ?

Avec Le Best of d’Adam Sharp, Graeme Simsion dresse avec drôlerie et tendresse le portrait d’un homme en pleine crise de la cinquantaine. Sur fond de musique pop, peut-on devenir better, better, better, na-na-na-na ?

Notre avis :

La musique accompagne tout le récit de Graeme Simsion, elle joue un véritable rôle dans la vie des protagonistes, les chansons sont là pour toutes les situations.

Ce livre a beaucoup de points forts qui le rendent assez agréable à lire.

Les personnages et Adam en particulier sont bien développés.

La manière dont l’intrigue dessine le losange de l’amour entre sa partenaire, Charlie et Angelina doit beaucoup à Agatha Christie avec des indices et des révélations constants.

Il s’agit bien d’une lutte amoureuse à quatre voies, il s’agit aussi de la relation entre un homme et son père (le plus souvent absent) et de son impact sur ses relations encore et encore.

C’est un conte extrêmement romantique, dont certains passages sont émouvants, certaines sont drôles et beaucoup dérangent. 

Un changement de cap pour Simsion, il sera intéressant de voir où ce chemin le mènera.

Graeme Simsion

❤️❤️❤️❤️

Nil

L’homme sans ombre

Mot de l’éditeur :

Institut de neurologie de Darven Park, Philadelphie, 1965. Une jeune chercheuse, Margot Sharpe, accueille un nouveau patient, Elihu Hoopes, qui sera connu plus tard comme E.H., le plus fameux amnésique de l’histoire. Car cet homme élégant de trente-sept ans a été victime d’une infection qui ne lui laisse qu’une mémoire immédiate de soixante-dix secondes.

Au cours des années suivantes, Margot, séduite et attendrie, tente de comprendre et de débloquer les souvenirs figés de E. H., et surtout l’image obsédante d’une fille morte flottant dans l’eau. Tandis que la surveille le tout-puissant Dr Ferris, directeur du laboratoire, Margot devra veiller à ne pas se perdre elle-même. Tiraillée entre son ambition professionnelle, son désir sexuel et son éthique médicale, elle fouille avec acharnement le passé de E. H. Leur relation devient plus complexe – et même plus violente –, tandis que la fragilité de l’homme augmente avec le temps.

Que peut être l’identité d’un être sans sa mémoire ? La fascination de Joyce Carol Oates pour les neurosciences éclaire ce roman ambitieux, à l’écriture brillante. Elle place le lecteur dans l’intimité de la relation entre Margot et d’Elihu, relation d’autant plus passionnante qu’elle est interdite.

Biographie de l’auteure :

Membre de l’Académie américaine des arts et des lettres, titulaire de multiples et prestigieuses récompenses littéraires, parmi lesquelles le National Book Award, Joyce Carol Oates occupe depuis longtemps une place au tout premier rang des écrivains contemporains. Elle est l’auteure de nombreux recueils de nouvelles, récits et romans, dont Les Chutes (prix Femina étranger en 2005), Mudwoman (meilleur livre étranger en 20-13 pour le magazine Lire) et Paysage perdu.

Notre avis :

Joyce Carol Oates introduit la protagoniste comme une neuroscientifique ambitieuse et dévouée, elle sera évidement attirée par la nouvelle et peu commune affection qui se présente au laboratoire de la mémoire du neuropsychologue de renommée mondiale, Milton Ferris, Margot Sharpe y rencontrera donc Elihu Hoopes, courtier en valeurs mobilières, artiste plasticien, défenseur des droits civils, descendant d’une famille éminente de Philadelphie et amnésique antérograde permanent. Le cas de “EH” bouleversera son destin et deviendra son idée fixe.

L’Homme sans ombre est le genre de livre qui peut inspirer des analyses et des discussions passionnées, car la question à laquelle on est soumis est vraiment au cœur de l’expérience humaine: qui sommes-nous, vraiment ? On dit qu’il est impossible de vraiment connaître une personne, ce qui est d’autant plus vrai si cette personne est littéralement incapable de se connaître. 

Sharpe est souvent prise au dépourvu, ses émotions dépassent son esprit scientifique : «Il ne sait même pas que j’existe !». Et quoi qu’elle fasse pour le lui rappeler, il l’oublie. Situation difficile à vivre…

Ce récit soulève des interrogations sur la mémoire mais aussi sur l’éthique, ce que signifie aimer, l’identité et la capacité de s’engager.

Raconté par l’auteure au présent comme si nous aussi devions oublier tout d’un moment à l’autre.

Ce roman est à lire absolument !

Joyce Carol Oates dans son livre « J’ai réussi à rester en vie » cite plusieurs fois Oliver Sacks le neurologue qui a tellement contribué à la divulgation positive des neurosciences

Pour L’homme sans ombre comment ne pas faire le rapprochement avec “Le marin perdu” de Sacks qui aborde aussi le thème de la mémoire.

Philippe Rey

❤️❤️❤️❤️❤️

Joyce carol Oates
J’ai réussi à rester en vie

Le tour de l’oie

Date de parution : 07/02/2019

Mot de l’éditeur :

«Une fois interrompue la série des naissances, j’étais un rameau sans bourgeon ou, comme dit un de mes amis pêcheurs : un rocher qui ne fait pas de patelles. 

Je te parle à toi ce soir qui n’est même pas celui-ci. C’est un soir. 

Toi, tu es là, plus vrai, plus proche et consistant que le plafond. Je te parle à toi et non à moi-même. 

Je le sais parce qu’avec moi je parle napolitain.» 

Un soir d’orage, un homme – qui ressemble beaucoup à l’auteur – est assis à une table, chez lui. Éclairé par le feu de la cheminée, il est en train de lire un livre pour enfants, Pinocchio. Dans la pénombre, une présence évanescente apparaît à ses côtés, qui évoque le profil du fils qu’il n’a jamais eu. L’homme imagine lui raconter sa vie : Naples, la nostalgie de la famille, la nécessité de partir, l’engagement politique. À travers cette voix paternelle, ce fils spectral assume progressivement une consistance corporelle. La confession devient confrontation, la curiosité se transforme en introspection, le monologue évolue en dialogue, au cours duquel un père et un fils se livrent sans merci.

Notre avis :

Un soir, en relisant Pinocchio, un homme sent la présence du fils qu’il n’a pas eu, le fils que sa mère – la femme avec qui il l’a conçu dans sa jeunesse – a décidé d’avorter. À la douce lumière de la cheminée, le fils lui apparaît déjà adulte, et cette présence est suffisante « ici et ce soir ».

La vague des souvenirs monte à la surface, tout y est : l’enfance napolitaine, la nostalgie de la mère et du père, le besoin de partir, de suivre sa voie et chercher la liberté.

Ce fils muet ne va pas le rester et prend la parole et le monologue devient un dialogue, qui enquête sur le sens de la vie, sur les affectes, sur les choix que nous faisons, sur les livres (pour l’auteur, le seul écrivain indispensable est Borges) , sur l’importance des mots et des histoires. Une enquête qui veut être le périscope d’une recherche en réalité intérieure.

L’auteur va continuer à poser et se poser des questions, dire « pourquoi » est essentiel dans l’étrange et pas tranquille fleuve qu’est la vie.

Avec Le tour de l’oie, Erri De Luca écrit une histoire très intime c’est un plaisir de la lire.

La phrase que j’ai le plus aimé :

« Les mots sont l’instrument des révélations »

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard 

Erri De Luca
Sur Borges…
L’occasion pour redécouvrir Pinocchio