Graine de sorcière

Mot de l’éditeur :

Injustement licencié de son poste de directeur du festival de Makeshiweg, au Canada, alors qu’il mettait en scène La Tempête de Shakespeare, Felix décide de disparaître. Il change de nom et s’installe dans une maisonnette au coeur de la forêt pour y panser ses blessures, pleurer sa fille disparue. Et préparer sa vengeance.

Douze années passent et une chance de renaître se présente à Felix lorsqu’on lui propose de donner des cours de théâtre dans une prison. Là, enfin, il pourra monter La Tempête avec sa troupe de détenus, et tendre un piège aux traîtres qui l’ont détruit. Mais la chute de ses ennemis suffira-t-elle pour qu’il s’élève de nouveau ?

Le nouveau roman de Margaret Atwood, la grande dame des lettres canadiennes au succès phénoménal, est un hommage à Shakespeare à travers une prose sublime, déchirante et drôle à la fois.

 » Il y a tant d’exubérance, de chaleur et de génie dans ce roman que tout ce qu’on espère, c’est qu’Atwood réécrive tout Shakespeare. (Sans vouloir t’offenser, Will.)  » The Guardian

Biographie de l’auteur :

Margaret Atwood, née à Ottawa en 1939, est l’auteure d’une quarantaine de livres – fiction, poésie et essais critiques. Traduite dans plus de cinquante langues, elle est l’une des plus grandes romancières de notre temps. Sont notamment parus chez Robert Laffont Le Tueur aveugle ( » Pavillons « , 2002), La Servante écarlate ( » Pavillons Poche « , 2017), un classique qui ne cesse d’être redécouvert et aujourd’hui une série TV unanimement saluée, ainsi que Captive ( » Pavillons « , 2017), également porté au petit écran.

Notre avis :

« The Tempest » est ma pièce préférée de Shakespeare. Livre lu des multiples fois, différentes versions cinématographiques vues au fil des années. J’ai aussi assisté à des représentations théâtrales au Shakespeare’s Globe à Londres et à Paris. 

Ce livre est écrit dans le cadre du : Hogarth Shakespeare project.

http://hogarthshakespeare.com/hag-seed/ .

La série Hogarth Shakespeare a débuté en 2015, créée pour permettre à des talentueux écrivains contemporains de revisiter certaines des meilleures pièces de Shakespeare dans un cadre moderne. 

La Tempête version Atwood, voit Felix/Prospero exercer le métier de directeur de festival, personage excentrique, dont la carrière a été brusquement arrêtée à cause de ses sournois collaborateurs. Bien qu’il n’ait pas d’île déserte sur laquelle il puisse battre en retraite, il passe douze ans dans le Canada rural, dans la forêt pour préparer sa revanche. Après avoir obtenu un poste de réalisateur dans une prison locale, il commence la production de sa propre Tempête et va entraîner ses ennemis dans un piège. 

C’est un récit qui parle de prisons et d’emprisonnement.

La partie la plus belle de ce livre, à mon avis, est celle dédiée aux détenus qui jouent la pièce. Leurs réflexions sur les personnages, sur l’intrigue et sur le language sont excellentes. Felix parvient à dépasser le faible niveau d’alphabétisation de certains de ses acteurs en utilisant leur mode de vie et les formant à s’entraider.

Ce texte éclectique est subtilement mordant sur le rôle des institutions, sur la politique pénitentiaire et de réinsertion sociale.

Les derniers chapitres du roman invitent également le lecteur à une réflexion attentive. L’auteure semble se demander si nous pourrons un jour nous libérer des prisons intérieures que nous construisons nous-mêmes, Margaret Atwood est la vrai magicienne de ce roman délicieux et intelligent.

J’ai apprécié ce livre et je le recommande aux fans de Shakespeare, aux amoureux de la littérature et à celles et ceux qui veulent essayer quelque chose d’un peu différent.

Robert Laffont 

❤️❤️❤️❤️❤️

Margaret Atwood
Le livre
Extrait
La Tempête
Film de 2010
À lire aussi !

Son espionne royale mène l’enquête – TOME 1

Date de parution: 06/06/2019

Mot de l’éditeur :

Londres, 1932.

Lady Victoria Georgina Charlotte Eugenie, fille du duc de Glen Garry et Rannoch, trente-quatrième héritière du trône britannique, est complètement fauchée depuis que son demi-frère lui a coupé les vivres. Et voilà qu’en plus ce dernier veut la marier à un prince roumain !

Georgie, qui refuse qu’on lui dicte sa vie, s’enfuit à Londres pour échapper à cette funeste promesse de mariage : elle va devoir apprendre à se débrouiller par elle-même.

Mais le lendemain de son arrivée dans la capitale, la reine la convoque à Buckingham pour la charger d’une mission pour le moins insolite : espionner son fils, le prince de Galles, qui fricote avec une certaine Américaine…

Entre Downton Abbey et The Crown, une série d’enquêtes royales so British ! 

« Bien plus qu’un simple roman policier, Son Espionne royale mêle avec brio amour, histoire, humour et mystère. Captivant ! » Louise Penny, auteure de Nature morte.

Biographie de l’auteur ;

Rhys Bowen, auteure best-seller du New York Times, a été nominée dans tous les plus grands prix de romans policiers et en a gagné de nombreux, dont les Agatha et Anthony Awards. Elle a écrit entre autres la série Son Espionne royale, qui se déroule dans les années 30 à Londres, la série Molly Murphy Mysteries, au début du XXe siècle à New York, et la série Constable Evans Mysteries, dans le pays de Galles. Elle est née en Angleterre et partage aujourd’hui son temps entre la Californie du Nord et l’Arizona. 

Notre avis :

Une excellente lecture, il s’agit du premier roman d’une série se déroulant dans la Grande-Bretagne des années 1930 et ayant comme vedette Lady Victoria Georgina Charlotte Eugénie, alias Georgie. Trente-quatrième en ligne pour la succession au trône britannique, fille d’un duc écossais et d’une actrice anglaise, elle n’a pas voulu trouver un mari convenable pendant sa saison de sorties en société et s’ennuie à s’attarder comme une invitée indésirable dans le domaine familial, son frère, l’actuel duc, sans le sou après que leur père ait perdu la fortune de la famille, a coupé son allocation dans l’espoir de la forcer à se marier. Georgie s’échappe hardiment à Londres. Elle n’a aucune idée de la façon de cuisiner, d’allumer un feu ou de se débrouiller sans serviteurs, mais elle peut compter sur son intelligence ainsi que sur plusieurs amis de longue date.

La reine lui demande de devenir son espionne, heureusement Georgie est débrouillarde, brillante et joueuse. Elle a appris une chose ou deux de son grand-père maternel, un Cockney, un officier de police à la retraite. Notre héroïne devra surveiller le prince de Galles et son “amie américaine”. Un cadavre dans la baignoire va aussi compliquer les choses…

Rhys Bowen utilise des personnages historiques réels et des créations des son imagination pour l’écriture de ce livre parfaitement amusant. Blandine Longre la traductrice a fait un travail remarquable.

Ce récit m’a fait penser aux histoires de Tommy et Tuppence d’Agatha Christie, même si elles se déroulent une décennie plus tard que celle-ci.

L’éditeur français, La Bête Noire/Robert Laffont sort le deuxième tome en même temps que le premier, je n’hésiterai pas à lire en attendant le film de Downton Abbey pour rester dans l’ambiance British.

La Bête Noire-Robert Laffont 

❤️❤️❤️❤️❤️

Rhys Bowen
Buckingham Palace
La reine Mary
Le Film
Conseil de lecture

Un métro pour Samarra

Mot de l’éditeur :

Swann Delva étudie la philosophie à la Sorbonne. Le jeune homme, qui s’imagine devenir un penseur en vogue, est contraint de travailler à la RATP pour financer ses études.  Tandis qu’il fait ses premiers pas au guichet, il découvre la vie souterraine et consigne ses pensées dans un petit carnet. Son chef, pour l’impressionner, lui fait visiter les stations fantômes du réseau parisien et Swann se prend de passion pour ces lieux désaffectés et plus particulièrement pour la station Haxo, dans le 19e.  Alors qu’il s’installe dans une rame abandonnée de cette station, le voici transporté à Samarra, ville d’Irak au Moyen Age, où un calife des Mille et Une Nuits lui pose la plus grande question de l’humanité : peut-on espérer une vie après la mort ? Pas évident, quand un alchimiste peu scrupuleux lui fait concurrence et que le sommeil le ramène à Paris où la vie continue… Pour conserver ses privilèges au palais et les faveurs d’une belle astrologue, le jeune homme cherche la réponse aux angoisses du souverain, qu’il ne trouvera pas dans les livres… Ce sont 33 jours qui vont bousculer le quotidien de Swann et le conduiront à être plus présent à la vie.

Biographie de l’auteur :

Après des études de lettres et de sciences politiques, Isabelle de Lassence devient chargée de communication dans une grande entreprise publique. Lors de ses longs trajets domicile-travail, elle trouve dans le métro parisien un univers inspirant, qui la replonge dans les influences orientales de son année Erasmus à Séville. Ainsi naît l’idée de ce premier roman, qu’elle écrira quelques années plus tard, lors d’un congé parental. Isabelle de Lassence a 33 ans, elle vit en région parisienne.

Notre avis :

Swann Delva étudiant en philosophie boursier à La Sorbonne est persuadé qu’une belle destinée l’attend, il se voit déjà chez France Culture ou, pour le présenter avec les mots de l’auteure, «Et surtout,  Swann cherchait l’idée : celle qui ferait de lui le penseur en vogue, mais sans tarte à la crème ». Mais comme la philosophie devrait nous l’ enseigner, et pour jouer un peu avec les lieux communs, “tout n’est pas noir ou blanc ».

Le personnage de notre hero est très bien élaboré et particulièrement réaliste, la description qui en est donnée dans la première partie du livre est juste et prenante.

Notre jeune cherchant qui se voit futur chercheur va suivre un voyage dans le métro parisien et une épopée initiatique fantastique bien loin dans le temps et l’espace.

Swann accepte un travail alimentaire comme agent de la RATP et son chef voulant impressionner le nouvel employé, qui a fait et poursuit des études, le conduit dans l’une des stations fantômes du réseau. Cette découverte fait irruption dans le monde de l’étudiant, elle accapare son esprit et ses heures et prendra de plus en plus d’importance.

Swann veut découvrir la station Haxo, dans le 19ème arrondissement, un arrêt qui n’a jamais été mis en service. Un étrange train dans cette rame oubliée le transporte à Samarra, ville d’Irak au Moyen Age, où le calife souhaite une réponse à une question que toute l’humanité se pose : peut-on espérer une vie après la mort ? 

Les personnages secondaires ont un rôle toujours réussi et décrit avec finesse.

Isabelle de Lassence dresse, avec une parfaite maîtrise les portraits de jeunes étudiants, des parents, d’un calife, d’un marabout, d’une belle astrologue, d’un complexe alchimiste et de bien d’autres hommes et femmes qui, grâce au rôle qu’ils jouent, même si bref, contribuent à la beauté du récit.

Intelligence et originalité sont d’autres qualités qui nous font aimer ce premier roman de l’auteure.

Pour savoir si Swann pourra répondre aux attentes du calife et bâtir sa vie, son « à venir » il faudra lire cette belle histoire qui sera, je l’espère, suivie par des nouvelles œuvres de la brillante écrivaine dˋUn métro pour Samarra.

Marabout 

❤️❤️❤️❤️❤️

Le livre
Extrait
Isabelle de Lassence
La Sorbonne
Gare de Lyon
Métro de Paris Art Nouveau
Station fantôme Haxo
Samarra
À redécouvrir

Uter Pandragon

Mot de l’éditeur :

Deux frères, Uter et Pandragon, s’affrontent pour reconquérir 

le trône de leur père.

Le roi Constant avait trois fils. L’un meurt, et les deux autres, Uter et Pandragon, vivent loin. En leur absence, Vortigern règne sur la Bretagne. Mais son pouvoir fatigue les barons – et les fils de Constant reviennent et tentent de reprendre le trône. Pandragon est un meneur d’hommes et croit en son bon droit. Uter est un aventurier, mû par la vengeance. Peu à peu s’enchaînent batailles et victoires, mais une ombre plane, celle de Merlin et d’une mystérieuse petite fille. Uter et Pandragon sont-ils maîtres d’eux-mêmes, ou les jouets de puissances obscures et merveilleuses ?

Ce premier roman est une réécriture ambitieuse et foisonnante des légendes du Graal. Servi par un style ample, riche et ciselé, cette œuvre ambitieuse et intelligente séduira les amateurs et amatrices d’aventures épiques et magiques.

Biographie de l’auteur :

Tomas Spok est né en 1987, à Montpellier. Puis, il a été emporté en Allemagne, avant même la chute du mur. Il a donc été (un peu) enfant en Allemagne, lisant en boucle des BD dans les rayons de supermarché, puis il a découvert Baudelaire, l’Iliade tout en continuant de lire Spiderman. À partir de dix-sept ans, il a été très occupé à être amoureux et à écrire des poèmes. Il est devenu adulte à Lyon, et vieillit à Paris. Il mourra en exil ou à Avalon. Encore aujourd’hui, il ne sait qui est le plus grand : Tolkien, Hugo ou Kirby.

Grand lecteur, il consigne ses impressions et réflexions de lecture sur son blog : www.thomasspok.fr

Notre avis :

Tout au long du Moyen Âge, la légende arthurienne s’inscrit dans l’imaginaire commun. Chrétiens de Troyes donne une véritable dimension littéraire au mythe et, au XIIIe siècle, Robert de Boron inscrit la légende arthurienne dans une voie plus christique autour du thème du Graal. 

Une quantité remarquable d’œuvres en lien direct ou inspirées par cette épopée nous accompagnent à notre époque. Livres, cinéma, télévision nous offrent des adaptations parfois brillantes, parfois décevantes.

Uter Pandragon est à classer dans le rang des récits lumineux qui émerveillent et font d’une lecture un moment qui sort de l’ordinaire.

Tomas Spok utilise un registre, un mode d’expression permettant de savourer notre belle langue française.

L’intrigue et les protagonistes nous font aimer son roman. Uter et Pandagon se battent contre l’usurpateur Vortigern pour récupérer la couronne de leur père.

L’auteur nous transporte à Constantinople pour une conversion (La Bretagne vaut bien une messe !) et dans le royaume de la magie avec Merlin et les personnages que nous sommes habitués à côtoyer dans les différentes versions des comptes sur le cycle du Graal : La dame du lac, la future Morgane mais également Mab la fée qui a inspiré Geoffrey Chaucer (que je chéris),  Shakespeare et Percy Shelley parmi d’autres.

Un livre surprenant pour l’originalité qu’il présente tout en évoluant dans un univers bien connu.

Tradition et imagination pour ce premier roman de Thomas Spock que je vous recommande.

Aux forges de Vulcain

❤️❤️❤️❤️❤️

Thomas Spok
Le livre
Extrait



Conseils de lecture :

Bleue

Mot de l’éditeur :

Après le succès d’Une histoire des abeilles, le retour de la romancière norvégienne qui fait rimer littérature et écologie.

Norvège, 2017. Depuis son plus jeune âge, Signe a fait passer l’écologie avant tout. Ainsi a-t-elle préféré renoncer à Magnus, dont elle ne partageait pas les idées. Aujourd’hui, elle vit sur un bateau amarré dans un fjord, au plus près de l’eau.  Et c’est pour sauver l’eau qu’elle décide à soixante-sept ans d’entreprendre un dernier périple en mer, lorsqu’elle apprend qu’une opération commerciale, autorisée jadis par Magnus, menace son glacier natal. L’heure est venue pour Signe d’affronter son grand amour perdu. Pour cela, elle doit prendre la direction du sud de la France…

France, 2041. La guerre de l’eau bat son plein. Avec Lou, sa fille aînée, David a fui les Pyrénées ravagées par la sécheresse pour retrouver sa femme et leur bébé, dont il a été séparé. Mais les réfugiés climatiques sont bloqués à la frontière, et les ressources commencent à manquer. Un jour, à des kilomètres de la côte, David et Lou trouvent un voilier au beau milieu d’un champ desséché : le bateau de Signe…

Une intrigue sophistiquée et palpitante, au service d’une fable dystopique plus nécessaire que jamais.

Biographie de l’auteur :

Née en 1975 à Oslo, Maja Lunde a écrit des scénarios et des livres pour la jeunesse avant de se lancer dans la rédaction d’Une histoire des abeilles, son premier roman pour adultes, best-seller traduit en plus de trente langues, et succès de la rentrée littéraire française 2017. Bleue est son deuxième roman à paraître aux Presses de la Cité.

Le précédent livre de Maja Lunde :

Notre avis :

Maja Lunde est une écrivaine qui sort de l’ordinaire, son précédent et premier livre « Une histoire des abeilles » est une merveille, J’attendais donc Bleue avec impatience et je suis une nouvelle fois, sous le charme. Le deuxième ouvrage de cette brillante auteure norvégienne nous fait retrouver son style élégant et plaisant.

J’aime l’écriture de Maja Lunde. Ses personnages sont étonnants et complexes,  souvent tournés vers un avenir sombre certes mais avec une énorme force intérieure qui les fait avancer. Nous avons Signe en 2017 et sa vie : elle grandit près d’un glacier en Norvège et toute son existence est tournée vers la défense de l’environnement. Ensuite, il y a David en 2041, réfugié climatique français avec sa fille Lou. Ils ont été séparés du reste de la famille, Anna et le bébé Auguste dans un monde, en manque d’eau, boulversé par les affrontements et les égoïsmes.

Ils affrontent toutes et tous un voyage intime tourmenté entre passé, présent et avenir.

Le bateau Arietta de Signe baptisé « Bleu » est l’instrument qui lie les deux époques du récit. Ce voilier est le refuge pour fuir la réalité qui accable nos protagonistes.

L’eau est partout et puis elle n’est plus.

Les souvenirs sont une ancre mais aussi source de douleur pour les personnages principaux et pour les hommes et les femmes qui gravitent autour de Signe et de David.

Les chapitres, qui alternent la vie en 2017 et la survie en 2041, sont vifs et efficaces, ils ne peuvent que retenir toute notre attention pour une immersion totale pour un moment de lecture qu’on ne voit franchement pas passer.

Plongez dans cette lecture qui mérite, à mon avis, une note de 5 sur 5 !

Presses de la cité

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Maja Lunde
Extrait
Extrait
Extrait
Glacier
Voilier Arietta.
Le premier livre de Maja Lunde

Livre lu dans le cadre d’une Masse Critique privilégiée, je remercie Babelio et Presses de la cité.

Licorne

Mot de l’éditeur :

La vie de Maëla, vingt ans, s’écoule au rythme des réseaux sociaux. Quand elle ne s’ennuie pas sur les bancs de l’université ou à la caisse du supermarché qui l’emploie, elle passe l’essentiel de son temps dans un monde rêvé. Elle est fascinée en particulier par un rappeur qui joue de son succès pour créer une mystérieuse identité virtuelle, et se met en scène accompagné de son ours des Carpates, Baloo. 

À son tour, Maëla commence à espérer une existence offerte à la curiosité des autres, qui la tirerait de l’anonymat. Tout s’accélère le jour où, à sa grande surprise, elle remporte un concours sur les réseaux pour participer au prochain clip du rappeur. Alors que des milliers de nouveaux followers assaillent le compte de la jeune inconnue, sa vie bascule enfin. 

Ce tableau de la modernité virtuelle prend peu à peu l’aspect d’un cauchemar mélancolique sur lequel plane l’ombre gigantesque de l’ours des Carpates. Le récit flotte dans une ambiance crépusculaire, accentuée par une écriture sinueuse, moderne et envoûtante. Un roman à l’humour étrange et prenant, à la fois plein de poésie et de tristesse métaphysique.

Notre avis :

Ce premier roman de Nora Sandor nous raconte l’histoire de la jeune Maëla, étudiante bretonne qui s’imagine puissante influenceuse et que sa mère imagine institutrice.

Elle travaille dans un supermarché et rêve que ses photos, ses vidéos, ses posts soient aimés comme elle a besoin, désespérément besoin d’être aimée.

Instagram, YouTube, Facebook, WhatsApp et Snapchat sont son obsession tout comme les émoticônes licorne qu’elle utilise dans sa dévorante vie virtuelle.

Le rappeur Mowgli et son ours Baloo font partie de son univers et quand la célébrité poste une photo du compte de Maëla sur Instagram et annonce qu’il va tourner son prochain clip à Larmor les followers de notre protagoniste explosent.

Tout commence comme ça, la descente aux Enfers démarre, pour être à la hauteur et suivre cette voie elle acceptera de se perdre.

Avec Mowgli et Baloo la, jungle d’internet est dans ce livre, une satire du monde virtuel écrite de façon singulière et originale.

J’ai particulièrement apprécié le voyage de Maëlla à Paris et ses commentaires sur les couleurs des monuments qui lui apparaissent différentes par rapport aux photos sur Instagram.

Le récit est aussi une chronique des peurs bien réelles d’une génération, la critique du mode de vie de notre société et une ode à la Bretagne qui sera l’ancre de notre jeune protagoniste. Le Kouign-amann est également un protagoniste de cette histoire.

Je conseille la lecture de ce livre qui s’adresse, à mon avis, à un public bien plus large que celui que je pouvais imaginer en lisant uniquement le résumé. 

🦄🦄🦄🦄

Gallimard

Réseaux sociaux
Licorne
Larmor-Plage
Le Kouign-amann
Une autre version de Mowgli et Baloo

Célestopol

Mot de l’éditeur :

Célestopol, cité lunaire de l’empire de Russie, est la ville de toutes les magnificences et de toutes les démesures. Dominée par un duc lui-même extravagant, mégalomane et ambitieux, elle représente, face à une Terre en pleine décadence, le renouveau des arts et la pointe du progrès technologique. On y suit des habitants en quête d’émancipation, rebelles, insoumis – à l’image de la métropole –, qui portent en eux des colères intimes et des fêlures profondes.

Dans ce volume de fantasyd’influence steampunk, l’auteur nous livre un hommage décalé et ambitieux au romantisme slave.

Biographie de l’auteur :

Emmanuel Chastellière est un acteur reconnu du milieu de la fantasy. Rédacteur en chef du site elbakin.net et traducteur de nombreuses œuvres du genre, il a publié son premier roman, Le Village, en 2016 aux éditions de l’Instant et dernièrement L’Empire du Léopardaux éditions Critic.

Notre avis :

Nous partons de la Terre à la Lune avec les 15 nouvelles d’Emmanuel Chastellière qui nous conduisent à Célestopol protagoniste constante de ce livre. L’architecture, les automates omniprésents, la mégalopole bâtie par l’empire de Russie se dévoile un peu plus à la lecture de chaque nouvelle.

J’ai beaucoup aimé la façon d’écrire de l’auteur, ses personnages, sa créativité et son sens du détail. Des récits très visuels et suggestifs qui permettent une immersion totale dans la vie de cette cité et des créatures qui évoluent dans ses entrailles.

Les nouvelles sont indépendantes. Elles ont toutefois des personnages récurrents, le Duc Nikolaï qui dirige la ville et les deux mercenaires Arnrún et Wojtek bizarres comme il faut, elle est Islandaise, lui, possède le corps de l’ours qui l’a tué.

Avis très favorable pour ces contes qui nous font faire un petit pas vers l’astre qui illumine et envoûte nos nuits et un grand pas dans l’intrigant univers que l’auteur a créé.

J’ai particulièrement apprécié : Les Jardins de la Lune, Le Boudoir des Âmes et Tempus Fugit avec un clin d’œil à Oscar Wilde et son Portrait de Dorian Gray.

La Lune a un impact extrêmement important sur la Terre. Des marées à l’inclinaison de notre planète. Mais, au-delà des liens scientifiques, l’Homme a toujours été fasciné par notre satellite et toutes les civilisations, toutes les religions ont vénéré la Lune.

Cette œuvre est un autre chapitre des alunissages cinématographiques et littéraires qui vont de Jules Verne à Georges Meliès.

À lire et recommander.

🌕🌕🌕🌕🌛

Libretto

La lune
Emmanuel Chastellière
Extrait
Illustration livres de Jules Verne
Jules Verne
Georges Méliès – Le Voyage dans la Lune (1902)
Film sur Neil Armstrong
Exposition sur la Lune
Magnifique catalogue de l’expo

Violette Hurlevent et le jardin sauvage

Date de publication 15/05/2019

Mot de l’éditeur :

Nul ne sait quand le Jardin Sauvage est né. Violette Hurlevent y pénètre le jour où elle doit fuir de la maison de sa mère. Loin des soucis de son existence, elle découvre alors un univers immense, caché aux autres humains et peuplé d’êtres aux coutumes étranges. Ici, les loups parlent, les pierres s’animent ; même le temps s’écoule selon de nouvelles lois. Mais la beauté du Jardin Sauvage cache de nombreux périls. Avec son chien Pavel, aussi courageux que gourmand, Violette va affronter une menace encore plus terrible que les problèmes qu’elle voulait fuir. Pour faire face à ce défi, elle devra choisir ses alliés et retrouver les reliques, des objets aux pouvoirs mystérieux qui détiennent la clé de son destin.

Biographie de l’auteur :

Après des études de commerce et de communication, Paul Martin a travaillé comme rédacteur à Astrapipendant plus de vingt ans. Il vit aujourd’hui à Lille. Il continue à collaborer avec Bayard Presse, notamment comme scénariste de BD, concepteur de jeux et d’énigmes. Il a écrit de très nombreuses histoires pour J’aime Lireet publié plus de 70 albums et romans.

Biographie de l’illustrateur :

Né en 1987 à Calais, Jean-Baptiste Bourgois est auteur et dessinateur. Diplômé des Beaux-Arts de Cambrai, où il est élève de Gilles Bachelet, il démarre une carrière d’illustrateur en 2013 avec Le chien à plumes, paru chez Hélium, et Fatale Spiralepuis Popopipo, chez Sarbacane. Il vit et travaille à Lille avec son cacatoès Georgie.

Notre avis :

Un roman junior d’une rare beauté, les illustrations de Jean-Baptiste Bourgois sont douces et poétiques j’aurais envie de toutes vous les montrer mais il faut les découvrir en lisant ce récit.

Le rythme très vif ne fera pas poser le livre avant de l’avoir terminé.

Violette fait face aux épreuves qui se présentent au sein du Jardin Sauvage dans celle qui était la maison de son grand-père et qui est aujourd’hui l’abri nécessaire pour sa mère, son petit frère et pour elle.

Mais notre héroïne est également confrontée à sa situation familiale difficile, à un père violent et manipulateur.

Violette avancera et réussira mieux qu’elle ne l’imagine à devenir plus forte. 

Paul Martin crée un univers enchanté féerique et tendre, ses descriptions du monde des pierres ou des fourmis sont intelligentes et profondes.

Un livre à lire !

❤️❤️❤️❤️❤️

Sabacane 

L’auteur
L’illustrateur
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Pierre volcanique qui fait penser à un troll
Extrait
Fourmis 🐜
Extrait

La chanson d’Arbonne

Mot de l’éditeur :

Au pays d’Arbonne le soleil mûrit les vignes et fait éclore les chansons des troubadours qui célèbrent l’amour courtois. Au Gorhaut, terre austère du Nord où l’on adore le dieu mâle Corannos, règne le brutal Adémar, sous l’influence du primat fanatique du clergé. « Jusqu’à ce que meure le soleil et que tombent les lunes, l’Arbonne et le Gorhaut ne vivront pas en harmonie côte à côte. » Gouvernée par une femme, minée par la rivalité sanglante de ses deux seigneurs les plus puissants, l’Arbonne n’est-elle pas une proie tentante pour une guerre de conquête et de croisade du Gorhaut, d’autant―ignominie ! ―qu’on y vénère une déesse ? Mais c’est en Arbonne que Blaise du Gorhaut s’est engagé comme mercenaire au service d’un baronnet, après avoir fui son pays et son père. Il découvre en chemin les guerres et les intrigues d’un monde où les marionnettistes politiques parlent de l’avenir au présent, mais où l’amour, toujours, pèse plus fort que tout autre sentiment. Qui est-il vraiment, ce Blaise du Nord, et quel destin l’attend qu’il ignore lui-même ? Seule le sait peut-être Béatrice, la grande prêtresse aveugle de Rian au hibou sur l’épaule.

Biographie de l’éditeur :

Guy Gavriel Kay est né dans la province du Saskatchewan, au Canada, en 1954. Après des études de philosophie, il séjourne en Angleterre où il travaille avec Christopher Tolkien sur l’édition posthume du Silmarillion. De retour au Canada, il poursuit des études de droit à l’université de Toronto et devient avocat au barreau d’Ontario en 1981. Il publie en 1984 La Tapisserie de Fionavar, qui rencontre un succès immédiat. Suivent Tigane, La Chanson d’Arbonne, Les Lions d’Al-Rassan et La Mosaïque de Sarance, inspirés respectivement de l’Italie, de la Provence, de l’Espagne et de l’empire byzantin, romans où il exerce et peaufine son rapport si particulier à l’histoire médiévale pour faire naître une forme de fantasy dont il est le maître incontesté. Avant de se tourner dans les années 2000 vers la Chine, qui lui a inspiré Les Chevaux célestes et Le Fleuve céleste. G. G. Kay vit actuellement à Toronto.

Notre avis :

Je suis admirative. C’est le meilleur livre Fantasy que j’ai lu cette année.

Une chanson pour Arbonne est une représentation lyrique et poétique d’une année tumultueuse à Arbonne, alors que les peuples de cette terre matriarcale et cultivée sont épris de paix ses aristocratie, ses mercenaires, ses troubadours, ses prêtres et ses prêtresses doivent faire face à la menace d’invasion de leurs voisins du nord, nourris par la guerre et où règne le brutal Adémar.

Guy Gavriel Kay crée les protagonistes de l’histoire avec brio. Blaise par exemple, personnage clés, vous fera vivre des émotions certaines. Au début, Blaise paraît juste un nordiste sauvage, un mercenaire venu se mettre au service de l’Arbonne pour mieux contrer Adémar, mais son rôle va évoluer et le transformer, peu à peu, son regard change tout particulièrement grâce à la rencontre avec le duc Bertran de Talair, ménestrel et noble,  à la fois poète et conseiller de la cour de la duchesse Cygne de Barbentain.
Les personnage sont tous fascinants, même les méchants.

Inspiré de la culture troubadour qui a pris naissance en Provence pendant le Haut Moyen Âge, ce roman captivant et novateur dessine parfaitement bien une version alternative du monde médiéval. 

Le symbolisme est omniprésent. Symbolisme sexuel, d’abord, bien entendu, puisque tout le roman constitue une allégorie de la lutte des principes masculins (Gorhaut) et féminins (Arbonne). Mais aussi symbolisme des couleurs, en particulier du sombre et du clair, de l’ombre et de la lumière. Les rebondissements, au moment de l’épilogue, manquent pas ! 

Mon premier Guy Gavriel Kay et je n’ai pas été déçue. Je recommanderais ce livre à tous les amateurs d’épopées historiques et d’univers fictifs très bien construits. Sensible, tendre, touchant, ce récit offre une myriade de sensations. 

❤️❤️❤️❤️❤️

Atalante 

Guy Gavriel Kay
Troubadours
Troubadours
Autre livre de l’auteur.
Autre lIvre de l’auteur

Je suis le carnet de Dora Maar

Mot de l’éditeur :

Il était resté glissé dans la poche intérieure du vieil étui en cuir acheté sur Internet. Un tout petit répertoire, comme ceux vendus avec les recharges annuelles des agendas, daté de 1951.

A : Aragon. B : Breton, Brassaï, Braque, Balthus… J’ai feuilleté avec sidération ces pages un peu jaunies. C : Cocteau, Chagall… E : Éluard… G : Giacometti… À chaque fois, leur numéro de téléphone, souvent une adresse. L : Lacan…

P : Ponge, Poulenc… Vingt pages où s’alignent les plus grands artistes de l’après-guerre. Qui pouvait bien connaître et frayer parmi ces génies du xxe siècle ?

Il m’a fallu trois mois pour savoir que j’avais en main le carnet de Dora Maar.

Il m’a fallu deux ans pour faire parler ce répertoire, comprendre la place de chacun dans sa vie et son carnet d’adresses, et approcher le mystère et les secrets de la « femme qui pleure ». Dora Maar, la grande photographe qui se donne à Picasso, puis, détruite par la passion, la peintre recluse qui s’abandonne à Dieu. Et dans son sillage, renaît un Paris où les amis s’appellent Balthus, Éluard, Leiris ou Noailles.

  B.B.

Biographie de l’auteur :

Brigitte Benkemoun est journaliste et écrivain. Elle est l’auteure de La Petite Fille sur la photo (Fayard, 2012) et d’Albert le Magnifique (Stock, 2016).

Dora Maar :

Dora Maar, Henriette Théodora Markovitch de son vrai nom, est née à Paris en 1907 d’un père croate, architecte, et d’une mère française, catholique fervente. Après une enfance austère passée à Buenos Aires, elle revient à vingt ans dans sa ville natale et s’y impose comme photographe surréaliste. Muse de Man Ray, compagne du cinéaste Louis Chavance puis de Georges Bataille, elle ne tarde pas à faire sien un cercle esthétique qui révolutionne le monde de l’art de l’entre-deux-guerres. Intellectuelle torturée, artiste à la conscience politique extrême, elle deviendra  » la femme qui pleure « , amante de Picasso livrée aux exigences du génie, que leur rupture rendra folle, cloîtrée dans un mysticisme solitaire jusqu’à sa mort, en 1997. Ses portraits peints par Picasso seront alors vendus aux enchères, et son héritage âprement disputé.

Notre avis :

Les dernières lignes de « Je suis le carnet de Dora Maar » dans la partie  remerciements de l’auteure sont : “Mais ce livre n’existe que parce que Thierry Demaizière a eu la bonne idée de perdre son agenda.”

Les impénétrables voies d’eBay et du destin ont en effet transporté et transmis, caché dans l’agenda à remplacer, un carnet d’adresses de 1951 chez notre auteure. Elle va découvrir qu’il s’agit de l’écriture de l’artiste Dora Maar. Nous partons alors à la rencontre, au fil des pages de cette quête, des contacts de celle qui fut l’une des maîtresses de Picasso et son égérie.

Un voyage dans l’histoire d’une femme qui, dans ses 90 ans de vie, est passée par tant de phases, de croyances, d’espoirs et, probablement à cause d’une propension à l’isolement après une trop forte exposition à la lumière, a bâti un monde qui l’a rendue malade et aigrie, je suis aussi perturbée que l’auteure à la découverte d’un penchant antisemite et de la possession de Mein Kampf par celle qui fut la photographe de Guernica.

Le livre est merveilleusement écrit, il a nécessité d’un très long travail de recherche et documentation.

L’œuvre de Brigitte Benkemoun est brillante et marquante.

“Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. ” dit l’auteure au tout début de cette aventure et effectivement le portrait « de la femme qui pleure » s’esquisse, prend forme se colore, s’épaissit.
Je suis admirative de ce reportage littéraire si intriguant. Chaque rencontre, chaque avancée dans la reconstruction des liens entre les noms du répertoire et Dora est un jeu de patience élégant et prenant.

Un cœur en plus que la note habituelle donc 6 cœurs pour ce splendide ouvrage à recommander !

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Stock

Brigitte Benkemoun
Le livre
Le livre
Extrait
Dora Maar Anonyme (à partir de 1944). Paris, musée Picasso. MP1998-147.
Leonor Fini photographié par Dora Maar
Dora Maar par Picasso
La femme qui pleure Picasso
Picasso devant Guernica photo de Dora Maar
Guernica
Jacqueline Lamba l’amie
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