Baiser féroce

Parution le 04/04/2019

Mot de l’éditeur :

Après les événements tragiques qui clôturent Piranhas, Nicolas, dit Maharaja, a juré de se venger. Il ne reculera devant rien pour conquérir Naples, enterrer les vieux parrains et être couronné roi. Entouré de son baby-gang, Nicolas n’a jamais semblé aussi proche de son rêve. Le coût du sang est élevé et la course au pouvoir infinie ; les alliances ne durent qu’aussi longtemps que l’argent coule à flots. Désormais craints et respectés, Nicolas et ses frères brûlent leur vie par les deux bouts, au risque de sacrifier ceux qu’ils aiment le plus. Pourtant, ils devront apprendre à perdurer. Après le succès de Piranhas, Roberto Saviano parachève son immersion dans l’univers criminel napolitain par une apothéose digne des plus grands films de gangsters. Grâce à une narration toujours aussi percutante, il nous plonge dans un monde brutal que l’on peut voir comme le reflet de notre société actuelle. C’est bouleversé par la force du récit et des personnages que l’on referme ce roman palpitant.

Biographie de l’auteur :

Roberto Saviano est né à Naples en 1979. Ecrivain, journaliste, essayiste, il est notamment l’auteur de Gomorra : Dans l’empire de la camorra (Éditions Gallimard, 2007) d’Extra pure : Voyage dans l’économie de la cocaïne (Éditions Gallimard, 2014) et de Piranhas (Éditions Gallimard 2018). En raison de l’immense succès dans son pays et à l’étranger de Gomorra, il est victime de menaces de mort et vit, depuis 2006, sous protection policière permanente, il a été fortement soutenu par Umberto Eco.

Notre avis :

Dans une parfaite continuité narrative avec le précédent roman de Salviano (Piranhas), les protagonistes de Baiser féroce sont toujours les mêmes, juste grandis de quelques mois et encore assoiffés de pouvoir.

Les ruelles dangereuses de Forcella sont le théâtre d’un récit sanglant, le réalisme est poussé à l’extrême par l’utilisation d’une écriture pénétrante et d’un langage cru et glaçant. Il y a peut-être un peu de l’héritage de Giovanni Verga dans la manière de décrire les scènes du quotidien de cette jeunesse violente et abandonnée. Des gars qui, pour voir leur talent reconnu, préfèrent agir illégalement, la vente de cocaïne devient le moyen le plus rapide de gagner une place au soleil.

Les protagonistes se heurtent, s’unissent pour rompre ces alliances après, s’entretuent, ne font confiance à personne et, lorsqu’ils le font, ils se trompent, un tourbillon qui les plonge au cœur de l’enfer.

Dans Baiser féroce, Saviano s’interroge particulièrement sur le rôle des parents des jeunes criminels, et des mères en particulier. Le livre décrit des femmes qui n’acceptent pas la vie hors la loi de leurs enfants et cherchent de l’aide se tournant vers l’État, mais aussi des mères qui, au contraire, éduquent leur progéniture au besoin d’un succès à obtenir coûte que coûte et à la recherche de l’argent facile.

Le roman est, comme toutes les œuvres de Roberto Salviano, dur et frappe fort grâce à son authenticité, même s’il s’agit d’une fiction ce qui est décrit est bien le quotidien pour une partie de napolitains. Si l’un des buts de cet ouvrage est de faire connaître pour comprendre, d’esquisser cette société de jeunes qui vivent leur vie en brûlant tout à leur passage, la mission est brillamment accomplie.

C’est un livre engageant que je conseille sans hésiter après avoir lu Piranhas.

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard

Roberto Salviano
Extrait
Extrait
Piranhas
Gomorra
La série
Pièce jouée à Paris en 2011
Le film
Forcella
Article du Le Monde

L’École des soignantes

Mot de l’éditeur :

«Le Centre hospitalier holistique de Tourmens est un hôpital public. On y reçoit et on y soigne tout le monde, sans discrimination et avec bienveillance. Mais les préjugés envers son approche féministe et inclusive des soins et de l’enseignement sont tenaces. 

Depuis sa création, en 2024, les hommes qui s’enrôlent à l’École des soignantes du CHHT n’ont jamais été nombreux : l’année où j’ai commencé ma formation, j’étais l’un des rares inscrits. J’espère que nous ne serons pas les derniers. 

Je m’appelle Hannah Mitzvah. Aujourd’hui, 12 janvier 2039, je commence ma résidence. L’officiante de l’unité à laquelle je suis affecté se nomme Jean (« Djinn ») Atwood. C’est une figure légendaire de la santé des femmes. 

Je me demande ce qu’elle fait chez les folles.»

Biographie de l’auteur :

Martin Winckler, pseudonyme de Marc Zaffran, né le 22 février 1955 à Alger, est un médecin militant féministe français connu comme romancier et essayiste. Évoquant souvent la situation du système médical français, il est également critique de séries télévisées et traducteur. Il vit aujourd’hui à Montréal.

Notre avis :

Un roman qui émerveille, les histoires peuvent changer le monde, je veux y croire, j’aime imaginer que ce récit soit une graine qui, une fois plantée, fasse semer une autre façon de penser, un passerelle vers l’autre et vers des lieux des gestes qui accompagnent.

La manière dont l’auteur pénètre l’esprit des femmes et arrive à parler du sexe opposé est stupéfiante, pertinente et profonde.

Nous sommes en 2039, les personnages anciens et nouveaux travaillent dans le Centre Hospitalier publique que nous rêverions d’avoir mais tout n’est pas résolu : les lobbies pharmaceutiques subsistent encore et sans subventions externes pas de thérapies adaptées juste le minimum.

Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Chœur des Femmes, précédent ouvrage de notre écrivain, pour découvrir et apprécier pleinement le nouveau roman de Winckler toutefois, vous en aurez peut-être envie de connaître l’évolution de Jean Atwood sagace personnage qui vous invitera dans son univers.

Dans nôtre réel de 2019 nous n’avons pas la société «Star Trek» où la fédération a éradiqué la pauvreté et tout le monde peut être aidé. Nous avons la société «Retour vers le futur» où Biff/Trump est vraiment devenu Président des États-Unis et a supprimé la « Obamacare ».

Chez nous dans la vielle Europe, en France malgré, une protection plus importante, les faibles, celles et ceux qui sortent de l’ordinaire ont de plus en plus de difficultés à trouver une place accessible et adaptée dans le système qui devrait pourtant les soulager.

Ce récit est un manifeste qui délie la parole des femmes, une déclaration pour des soins qui soient relations et non seulement actions.

Un roman qui est un enchantement.

L’École des soignantes, mérite plus que la note  habituelle de cinq cœurs comme appréciation maximale, ergo elle en obtient six.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Collection Fiction, P.O.L

Martin Winckler
Extrait
Extrait
Extrait
Louise Michel

Beverly Crusher médecin (Star Trek) 😉
Olivia de Lamberterie dans le Elle sur « L’École des soignantes »

Paroles d’Évangile

Mot de l’éditeur :

Les papes font des bulles, Brigitte Fontaine aussi.

« Messieurs-dames, prenez place si vous en trouvez.
Cet ouvrage de dame est consacré à l’intronisation des nouveaux temps modernes, de la nouvelle condition humaine, à la vie entre la naissance et la mort, à l’autre également, aux tics cliniques programmés plouc-chics, à l’éthique, au fantôme des idéologies antiques, au fric et à ses envoûtements, bref toutes ces sortes de choses auxquelles on ne comprend rien. Cet ouvrage est donc consacré à rien.
Il est brodé à la main par une michetonneuse planétaire jamais devenue adulte, par une vulgaire lumpen SDF, une femme de lettres bretonne fière de l’être.
On l’appelle Bridinette mais en vrai elle s’appelle Brigitte et c’est une créature vénale appartenant à la Mafia des trafiquants de Vérité ; mais comme il n’y en a pas, elle n’a pas un rond.
Cet ouvrage n’est pas un manifeste terroriste. »

Biographie de l’auteur : 

Brigitte Fontaine, femme de lettres bretonne. Née juste avant le début de la Deuxième Guerre mondiale, à Morlaix. Femme libre. Chanteuse, comédienne, écrivain, dramaturge et parolière française, dixit le net. Pas net pour autant.

Notre avis :

Magnifique livre écrit par une femme extraordinaire qui touche à beaucoup de domaines tous traités avec charme et passion.

L’auteure manie les mots avec finesse et subtilité. Une imagination débordante avec des touches de philosophie.

Artiste atypique et inclassable, Brigitte Fontaine présente des œuvres musicales et littéraires depuis les années 60. Comme Pierre Dac, l’auteure nous propose des textes qui créent l’absurde, le complètement loufoque à partir du réel : extravagants mais jamais insensés, ironiques, satiriques et toujours provocateurs.

Les paroles de l’écrivaine nous font valser avec virtuosité.

La lecture de ce livre est savoureuse et salutaire, oui salutaire car elle nous élève vers un horizon hors du commun. Pénétrons dans l’irrévérencieux et intelligent monde de Madame Fontaine.

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions Le Tripode

Disque de Brigitte Fontaine
Brigitte Fontaine
Pierre Dac

Le vol de la Joconde

Mot de l’éditeur :

L’histoire est connue et l’affaire insolite. Un matin d’été de l’année 1911 à Paris, un vol est déclaré au Louvre  : celui du portrait de La Joconde. Tandis que la police ratisse la capitale pour retrouver le coupable, un certain Géry Pieret, voleur et fanfaron, déclare dans Paris-journal être l’auteur du crime et ne pas en être à son premier. Il aurait aussi volé au même musée d’autres œuvres, dont deux têtes ibériques datant du Vème siècle avant Jésus Christ, qu’il aurait revendu à un peintre parisien. Or si l’audacieux ne donne pas de nom, quiconque sait que Pieret fut un temps le secrétaire de Guillaume Apollinaire pourra déduire que le dit peintre n’est autre que Pablo Picasso. Voilà le peintre mouillé, alerté par son ami poète, et le décor planté. Le roman peut commencer.

Imaginez à présent Guillaume Apollinaire et Pablo Picasso en cavale dans Paris, une valise en carton à la main, passant de lieu en lieu pour essayer de se débarrasser des deux têtes qui inspirèrent les célèbres Demoiselles d’Avignon et qui manquèrent de les envoyer en prison, ou pire, de les faire expulser de France. Après avoir renoncé à les jeter sous le pont Mirabeau, et déclamé quelques vers, ils se rendent chez Le Douanier Rousseau, trop occupé à jouer à cache-cache avec un lion pour que lui soient confiés les trésors. Les deux compères repartent vers La Rotonde. Et nous voilà avec eux embarqués dans une balade imaginaire à travers Paris, où l’on croise tour à tour Utrillo, Max Jacob, Soutine, Modigliani, Marie Laurencin ou Chagall, où l’on rend visite à Matisse, Jarry ou Gertrude Stein, et ainsi quatre jours durant. Avant l’arrestation finale. De la Rotonde au Vésinet, en passant par Montmartre et le fameux Bateau-Lavoir, on suit Dan Franck, véritable personnage du roman, narrateur omniscient et tout puissant qui fait fi de la chronologie avérée pour mêler les anecdotes, brouiller les repères chronologiques et nous faire traverser les vies du poète et du peintre en même temps que la capitale. Un régal. 

Biographie de l’auteur :

Dan Franck a publié une trentaine d’ouvrages et écrit une vingtaine de scénarios de films. On lui doit notamment La Séparation (1991, Prix Renaudot), les huit volumes des Aventures de Boro, reporter-photographe, en collaboration avec Jean Vautrin, Le temps des bohèmes (2015) et Scénario (2018). 

Notre avis :

L’histoire qui est à la base du roman est vraie, le lecteur le sait, beaucoup d’ouvrages ont été écrits sur le sujet et un film a été réalisé en 1966.

La chronique pure des événements paraît déjà assez rocambolesque en ce qui concerne Apollinaire et Picasso, ils n’ont pas volé la Joconde mais… leur complicité s’est bien exprimée, pour ainsi dire, avec les têtes ibériques subtilisées au Louvre.

Ce récit est effervescent et imaginatif, il est question, en parallèle avec l’exposition des faits, d’une « histoire des liens » entre les nombreux artistes qui ont érigé Paris comme capitale de leur savoir-faire.

Les talents sont là, les bouleversements historiques qui vont suivre aussi, l’auteur joue avec les époques comme un peintre avec sa palette de couleurs pour nous donner le tableau le plus en adéquation avec ce qu’il veut nous transmettre.

Un livre où chaque page compte, notre écrivain nous transporte chez les cambrioleurs de musée les plus célèbres de l’Histoire de l’Art qui nous font vivre, grâce à la plume de Dan Franck, leur pérégrination parisienne de quelques jours, une balade avec une lourde charge à porter, au sens propre et figuré.

Quelle immersion dans ce repaire d’anarchistes qu’est Montmartre au début du siècle dernier où peintres et poètes trouvent un terrain commun à leur expression et rébellion .

Roman intéressant, très agréable à lire que je conseille d’avoir dans sa bibliothèque.

❤️❤️❤️❤️

Grasset 

Extrait
Extrait
Picasso
Apollinare
Article de l’époque
Vol de la Joconde
Le film
Les demoiselles d’Avignon
Alcools
Dan Franck

En attendant le jour

Mot de l’éditeur :

Reléguée au quart de nuit du commissariat d’Hollywood, l’inspectrice Renée Ballard se lance dans des enquêtes qu’elle n’a pas le droit de mener à leur terme. Le règlement l’oblige en effet à les confier aux inspecteurs de jour dès la fin de son service. Mais, une nuit, elle tombe sur deux affaires qu’elle refuse d’abandonner: le tabassage d’un prostitué laissé pour mort dans un parking, et le meurtre d’une jeune femme lors d’une fusillade dans un night-club. En violation de toutes les règles et contre les désirs mêmes de son coéquipier, elle décide de travailler les deux dossiers de jour tout en honorant ses quarts de nuit. L’épuisement la gagne, ses démons la rattrapent et la hiérarchie s’acharne, mais Renée Ballard n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.

Biographie de l’auteur :

Auteur de plus de 30 romans dont Créance de sang, Le Poète, La Défense Lincoln, Ceux qui tombent et Jusqu’à l’impensable, Michael Connelly est traduit en trente-neuf langues et a vendu près de 65 millions de livres dans le monde. Ses romans ont été adaptés au cinéma et la saison 5 de la série Bosch est déjà en préparation pour la télévision.

Notre avis :

Nouvelle héroïne mais même style percutant et rythme sans faille.

Renée Ballard est un personnage complexe, une femme qui a choisi de mener sa carrière sans compromis. Nous découvrons une enquêtrice douée avec une grande perspicacité et l’envie d’aller plus loin. Elle a besoin, et en trouve le moyen, de « continuer » des enquêtes qui seraient normalement confiées à ses collègues des départements diurnes.

Notre inspectrice travaille au quart de nuit de 23 heures à 7 heures, elle est censée, avec son équipier, instruire les dossiers récolter, les preuves et être en support.

Les règles prônées par le LAPD ne prévoient pas le suivi des investigations par les inspecteurs qui opèrent au crépuscule.

Au cours d’une nuit bien chargée, Renée participe aux interventions sur trois affaires, un cambriolage et arnaque à la carte de crédit, un passage à tabac qui tue presque Ramona Ramone, une prostituée en pleine mutation sexuelle, et une fusillade qui tue trois hommes, un videur et une serveuse au Dancers Club. Sa décision de s’occuper de ces dossiers se révèlera tout sauf anodine, pour sa carrière et pour sa vie. Ballard veut aller au but des investigations, avant tout pour les victimes qui méritent toute l’attention de la police même si elles apparaissent marginales pour l’enquête ou pour les standards de la société.

La vie de l’inspectrice est chaotique, ce qui facilite la tâche à ses détracteurs qui voudraient « la remettre à sa place ». Elle montrera à toutes et à tous ses capacités de détective, ses méthodes peux orthodoxes, border line parfois, vont la conduire à la vérité.

Chaque page nous tient sur le fil du rasoir, les rebondissements et changements de perspective sont constants. Petit clin d’œil de l’auteur à un autre de ses inspecteurs, il cite la série télévisée Bosch inspirée par son immense personnage Hieronymus/Harry Bosch.

Final extrêmement tendu et tout à fait inattendu, brillamment écrit.
Fortement recommandé aux lecteurs qui aiment les romans policiers et les thrillers !

Calmann-Lévy

❤️❤️❤️❤️❤️

Michael Connelly
Extrait
Extrait
Los Angeles
LAPD
Série Bosch

La solitude Caravage

Mot de l’éditeur :

«  Vers 15 ans, j’ai rencontré l’objet de mon désir. C’était dans un livre consacré à la peinture italienne  : une femme vêtue d’un corsage blanc se dressait sur un fond noir  ; elle avait des boucles châtain clair, les sourcils froncés et de beaux seins moulés dans la transparence d’une étoffe.  » 

Ainsi commence ce récit d’apprentissage qui se métamorphose en quête de la peinture. En plongeant dans les tableaux du Caravage (1571-1610), en racontant la vie violente et passionnée de ce peintre génial, ce livre relate une initiation à l’absolu. 

À notre époque d’épaississement de la sensibilité, regarder la peinture nous remet en vie. On entre dans le feu des nuances, on accède à la vérité du détail. C’est une aventure des sens et une odyssée de l’esprit. Aimer un peintre comme le Caravage élargit notre vie. 

Biographie de l’auteur :

Yannick Haenel co-anime la revue Ligne de risque. Il est notamment l’auteur de Cercle (Gallimard, 2007, prix Décembre), Jan Karski (Gallimard, 2009, prix Interallié) et Tiens ferme ta couronne (Gallimard, 2017, prix Médicis)

Notre avis :

Le roman est une ode au pouvoir libérateur de l’art, un adolescent s’élève grâce à un livre, grâce à une image, une peinture, un visage de femme.

Après avoir alimenté son évasion mentale et éveillé ses sens, cette image « extirpée » accompagnera l’initiation au Caravage.

À Rome la découverte du tableau, de Judith et Holopherne montre l’objet de son désir dans son contexte tout cela le surprend et pourtant lui donne envie de tout lire sur l’artiste.

Nous traversons en suivant les œuvres du peintre sa vie, son talent, sa lumière et son caractère obscur, sa fin prématurée et l’héritage qu’il laisse.

Caravage sonne un coup de tonnerre dans l’Europe de la peinture et ce roman est un coup de foudre pour moi.

Une envie soudaine de visiter ou revoir Saint-Louis-des-Français vous prendra une fois absorbés par la passion que l’auteur sait partager, les demandes de stage à la Villa Médicis pourraient aussi enregistrer une augmentation cette année pour la même raison !

Le livre que je définirai comme une sorte de « philosophie du Caravage » se lit avec plaisir.

Je trouve ce récit exquis, une perle délicate comme celle des boucles d’oreille de Judith.

❤️❤️❤️❤️❤️

Fayard 

Portrait du Caravage par Ottavio Leoni
Judith et Holopherne détail
Judith et Holopherne
Saint-Louis-des-Français extérieur
Saint-Louis-des-Français intérieur
Extrait
Une pièce à voir absolument si vous la voyez à l’affiche près de chez vous !

Blood Orange

Mot de l’éditeur :

Alison Wood est avocate pénaliste. À mesure que sa carrière décolle, sa vie familiale se dégrade : elle passe ses journées à plaider et ses soirées dans les bars pour décompresser. Patrick, un collègue avec qui elle entretient une liaison toxique, souffle le chaud et le froid et l’humilie tout autant qu’il se sert d’elle. Pourtant, Alison n’arrive pas à décrocher.

Quand Patrick lui confie sa première affaire de meurtre, elle se plonge dans l’histoire de sa cliente, Madeleine, qui a poignardé son conjoint d’une quinzaine de coups de couteau. Au fil de leurs entretiens, Madeleine se livre : son mari diluait la pilule contraceptive dans son thé, examinait toutes ses dépenses, prenait toutes les décisions…

Petit à petit, leurs deux vies se font écho. Qui contrôle qui ? Et si, avant de défendre les autres, Alison commençait par se défendre elle-même ?

Un thriller addictif.
Un style ultra-efficace.
Un twist final explosif.

« L’élégance de ce thriller n’a d’égale que sa puissance narrative. » Clare Mackintosh, auteure de Te laisser partir.

Biographie de l’auteur :

Harriet Tyce a grandi à Édimbourg et a étudié l’anglais à l’université d’Oxford, avant de se reconvertir dans le droit. Elle a travaillé en tant qu’avocate pénaliste à Londres pendant presque dix ans, avant de se consacrer à l’écriture. Elle vit à Londres.

Notre avis :

Le roman est écrit à la première personne C’est Alison qui offre au lecteur un aperçu approfondi de ses pensées, de ses sentiments et émotions. 

L’histoire est racontée au présent, avec quelques allusions au passé, ce qui donne un sentiment d’immédiateté et de suspense croissant. La structure narrative est très facile à suivre et très efficace.

Les personnages sont bien nuancés et l’auteure ouvre une fenêtre sur le monde des avocats à Londres. Tout cela semble vif et réel on s’imagine dans le quartier du « Temple ». Travailler tard, noyer le chagrin dans un pub et dans bien trop d’alcool, devenir proche de ses collègues de travail aux dépens de sa famille. 

L’alcoolisme « social » cette quête de convivialité forcée est présente et bien problématique. Les actions se succèdent rapidement, les histoires se mêlent, les lignes qui séparent le bien et le mal deviennes subtiles.

Tout est habilement tissé, un mélange toxique de passion, de haine, de trahison et surtout de manipulation.

Des vies de femmes qui combattent leurs démons au quotidien.

Alison demande pardon tout le temps à son mari et en même temps n’arrive pas à avancer, à faire des choix qui s’imposeraient pourtant.

Le final est inattendu, surprenant et vraiment génial, quelle surprise !

Ce thriller est passionnant et ingénieux, je suivrai l’auteure.

❤️❤️❤️❤️❤️

La bête Noire – Robert Laffont

Harriet Tyce
Temple Church
Royal Court of Justice

L’odeur du chlore

Date de parution 08/03/2019

Mot de l’éditeur :

L’Odeur de chlore, c’est la réponse de l’usager au programme « Modulor » de l’architecte Le Corbusier. C’est la chronique d’un corps qui fait ses longueurs dans la piscine du Corbusier à Firminy. Le lieu est traité comme contrainte d’écriture qui, passage de bras après passage de bras, guide la remémoration. Dans ces allers-retours, propres à l’entraînement, soudain ce qui était vraiment à raconter revient : le souvenir enfoui offre brutalement son effarante profondeur.

Quelque chose de très contemporain cherche à se formuler ici : comment dit-on « l’usager » au féminin ? Comment calcule-t-on la stature de la femme du Modulor ?

Lorsque le corps idéal est conçu comme le lieu du standard, comment s’approprier son propre corps ? Comment faire naître sa voix ? Comment dégager son récit du grand récit de l’architecte ?

J’ai cherché à traduire la langue du corps, une langue qui est toute eau et rythme. Délaissant la fiction, j’ai laissé le réel me submerger. À la « machine à habiter », je réponds avec du corps, de la chair, jusqu’à rendre visible l’invisible, jusqu’à donner une place à l’inaudible.

Si tu savais comme je suis bien.

Biographie de l’auteur : 

Irma Pelatan est née quelque part sur le calcaire pelé du Causse Méjean, vers 1875. C’est cependant sous l’exact soleil de Tunisie qu’elle est morte, en 1957. Sur la carte entre les pointes du compas, s’ouvre tout l’espace de la Méditerranée, ce centre flottant – infini terrain de jeu pour sa soif d’ailleurs, pour ce fol esprit aventureux. 

Irma Pelatan a pris corps à nouveau – mon corps – le neuf mars 2017, dans la chambre douze de l’hôpital de Vienne. Depuis, elle conquiert du terrain.

Notre avis :

Livre éclairé et sagace,  l’auteure va nous décrire la vie de cette piscine où elle est « chez elle ». On trouve les habillés et les déshabillés, les baigneurs et les nageurs, dont elle fait partie, qui ne portent pas de bracelet en plastique qui font partie des piliers du centre de natation.

Un texte épatant sur le corps des femmes, sur ce qui enferme et ce qui libère. L’odeur du chlore envahit le lecteur. Les lignes de la piscine de Firminy se mêlent aux sillons qui tracent les vies des nageuses et des nageurs, de leurs évolutions. Le Corbusier était fort en avance sur son temps et a conçu des bâtiments et lieux de vie qui prenaient en compte tant les habitants ou les usagers que l’environnement. Le bassin de Firminy était prévu par Le Corbusier en 1958 dans le plan globale avec l’unité d’habitation, la maison de la culture, le stade et l’église mais, suite au décès de l’architecte, elle est construite par André Wogesncky.

La piscine en béton est là, statique et proportionnée, bâtie selon les règles du Modulor, mais la morphologie change,  l’anatomie de la narratrice se modifie, n’est pas, n’est plus aux normes.

J’aime beaucoup la façon dont ce texte est façonné, sculpté.

« Ce récit enfin cette chronique » pour citer l’auteure est un bel exercice d’écriture avec des chapitres courts, rythmés et ciselés.

Un conte sur les courbes et sur les lignes dans tous les sens ! une histoire plaisante et délicate.

Un livre à conseiller.

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions La Contre Allée 

Belle découverte d’une maison d’édition que je ne connaissais pas :

http://www.lacontreallee.com/

L’auteure
La piscine
La piscine
La piscine
Le Corbusier
Modulor


Le berceau

Mot de l’éditeur :

Joseph fabrique le berceau de sa première petite-fille, lorsqu’un coup de téléphone l’interrompt. Un crash d’avion : son fils dedans, son gendre aussi. Et la petite alors ? Sauve, bien vivante ! Prête à naître, car grandissant dans le ventre d’une mère porteuse canadienne choisie par le couple homosexuel. Joseph n’a jamais foutu les pieds hors de sa Normandie natale, il a passé sa vie dans une ferme, vendu ses vaches, enterré sa femme : il n’a plus que cette enfant en tête. Alors il part. À la rencontre de la minuscule promesse qui prolonge l’existence de son fils. À la rencontre de la jeune étrangère, farouche et indomptable, qui la couve. Rien n’est simple dans cette histoire, mais il se lance, à plein régime, dans une réinvention audacieuse et poignante de la famille contemporaine.

Biographie de l’auteur :

Fanny Chesnel est scénariste. Son premier roman, Une jeune fille aux cheveux blancs a été porté à l’écran par Marion Vernoux avec Fanny Ardant sous le titre Les beaux jours.

Notre avis :

Jolie plume pour un excellent roman. Histoire très originale et le récit séduit tout de suite. La tragédie d’abord suivie de la vie qui reprend son cours.

L’appel de la compagnie aérienne, les tâches ordinaires comme fermer un compte FB sont si lourdes car elles confirment que le proche disparu ne reviendra pas. La recherche du mot de passe de l’ordinateur d’Emmanuel est poignante, il avait choisi comme question secrète « quel est votre livre préféré ? » Cela oblige le père à se plonger dans les livres de son enfant disparu.

La famille est à mon avis, ce lieu prodigieux où l’amour est le mot à l’affiche, où des êtres humains avec toutes les imperfections et faiblesses font de leur mieux pour vivre ensemble et, si il y a un enfant, pour lui donner tout ce qui leur est possible. Le Berceau est un livre émouvant, délicat qui parle de la famille dans tous ses aspects.

Malgré le drame qui vient de le frapper notre courageux Joseph est capable d’avancer, de s’interroger, de faiblir mais sans se perdre. Un long vol, un nouveau monde pour une vie à venir pour une petite espérée et attendue.

Il a été le premier à voir l’échographie de la mère porteuse. Il ne peut pas imaginer de couper un autre lien de renoncer à avoir eu au moins un contact direct. Tout plaide pour qu’il laisse tomber mais l’éleveur normand veut tenter de rencontrer la fille qui aurait permis à son fils d’être père. Il met donc entre parenthèses sa vie, il va se découvrir.

Belle histoire, belle aventure à lire, vous passerez un excellent moment. 

❤️❤️❤️❤️❤️

Flammarion 

Fanny Chesnel
Extrait
Carte Acadie 1757 

Ghost Virus

Mot de l’éditeur :

Samira s’est longuement observée dans le miroir, avant de verser de l’acide sulfurique sur son front. Qu’est-ce qui l’a poussée à commettre un tel acte alors que cette jeune femme avait toute la vie devant elle ? Si la police penche pour le suicide, les meurtres atroces qui ravagent bientôt Londres les poussent à revoir leur jugement. Une soif de sang, insatiable, se répand telle une épidémie, et rien ne permet d’établir des liens entre victimes et tueurs. Rien ? Pas vraiment… Tous ces assassins ont un point commun : ils portent des vêtements de seconde main. Et si ceux-ci étaient possédés par une force surnaturelle ? Une course contre la montre s’engage entre les inspecteurs, Jerry et Jamila, et cette infection…

Biographie de l’auteur :

Graham Masterton, né à Edimbourg en 1946, est l’un des auteurs d’horreur les plus renommés et populaires au monde, privilège qu’il partage avec Stephen King et Dean Koontz. Auteur de plus de 35 romans d’horreur, mais aussi policier, jeunesse… ainsi que de manuels d’érotisme vendus à 3 millions d’exemplaires (il a été rédacteur en chef de Penthouse), il a commencé sa carrière en 1976 avec Manitou, best-seller immédiat qui fut adapté au cinéma avec Tony Curtis et a connu plusieur suites.

Notre avis :

Graham Masterton est un maître absolu de l’horreur depuis des décennies et pour moi l’un des auteurs préférés de ce genre.

Ghost Virus est une lecture qui nous coupe le souffle du debout à la fin !

Le premier chapitre est explosif et très visuel. La tension dans l’histoire commence donc immédiatement et continue tout au long des pages à une vitesse vertigineuse.

Une fois commencé je n’ai pas pu m’arrêter ni envisager de lire autre chose… donc j’ai dévoré les 400 pages à toute vitesse.

Masterton utilise, comme dans ses précédents textes, des recherches bien solides. L’histoire, la médecine, la psychiatrie, le folklore ont un rôle important dans ses œuvres.

Ce livre est un kaléidoscope de styles et sensations avec une écriture fluide et prenante. Pour les fans de Graham Masterton c’est vraiment un must to read, pour celles et ceux qui n’ont pas rencontré cet auteur ça pourrait être une porte d’entrée dans son univers. Il faut tout de même rappeler que cette lecture, qui mélange horreur, thriller et surnaturel, est pour un public averti.

Si vous recherchez un roman dont l’intrigue fait très peur, exaltant et avec un mystère qui n’attend que d’être dévoilé, vous ne pouvez pas vous tromper,  Il est donc temps que vous commenciez à lire ce récit très “graphique” et violent.

Ghost Virus est l’un des meilleurs Masterson que j’ai lu.

Livr’S Editions

❤️❤️❤️❤️❤️

Graham Masterton
Extrait
Affiche adaptation Cinématographique Manitou
Trilogie Manitou