Le Consentement

Mot de l’éditeur :

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin «  impérieux  » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.

«  Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence  : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre  », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d’une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l’ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d’une époque, et la complaisance d’un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.

Biographie de l’auteur :

Vanessa Springora, née le 16 mars 1972 est une éditrice, écrivaine et réalisatrice française. Elle publie, début janvier 2020, l’ouvrage Le Consentement, témoignage de sa relation avec Gabriel Matzneff

lorsqu’elle était adolescente et lui adulte.

Notre avis :

Quand j’étais enfant et faisais un cauchemar, j’imaginais enfermer les méchants dans un tableau, Vanessa Springora avec «Le Consentement » dit vouloir “prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre”

Elle nous raconte son enfance et son milieu familial qui la prédisposait à la future fascination pour un écrivain admiré, le sulfureux Gabriel Matzneff.

Il ne s’agit pas d’un viol explique l’autrice mais de l’histoire de l’emprise qu’un homme brillant et cultivé peut exercer sur une jeune fille et de l’indifférence du milieu littéraire des années 80…

Olivia de Lamberterie décrit très bien, à mon avis, la complexité de ce texte : « J’ai trouvé que c’était un livre admirable, très intelligent, avec beaucoup de distance, très honnête et donc très déchirant“.

Effectivement c’est déchirant de lire comment les institutions et les proches ont joué aux « trois singes sans sagesse » en se cantonnant à un trop facile « Ne vois pas », « N’entends pas », « Ne parle pas ». 

L’autrice décrit aussi l’attitude de sa mère qui m’a profondément perturbée. Elle considère sa fille comme une adulte à un âge où le besoin de repères est encore très fort.

Cet ouvrage décortique habilement les procédés de G.M. qui charme ses victimes et futurs personages de ses romans ou de ses carnets.

Par rapport à l’œuvre de Mazneff la solution, declare Vanessa Springora, serait que, si on réédite les journaux, ils soient accompagnés d’un avertissement, « afin de montrer que certaines publications ont pu exister, qu’elles sont le marqueur d’une époque », dit-elle. « Mais je ne suis pas une défenseure de la censure, pas du tout. »

Que les mots de ce livre soient libérateurs pour toutes celles et ceux qui pensent être coupables et sont en réalité victimes de la force de la manipulation.

❤️❤️❤️❤️❤️

Grasset 

Vanessa Springora
Extrait
Extrait
Extrait
Quartier Saint-Germain-des-Prés
Lycée et Prepa Fénelon

Le Livre jaune

Mot de l’éditeur :

Un pirate s’échoue sur les rivages de Carcosa, la Cité d’Ailleurs. Persuadé d’être mort, il est amené par Maar, un aveugle qui semble tout savoir de lui, au Roi en jaune. Ce dernier, hanté par le souvenir de ses amours, lui propose de revenir à la vie s’il parvient à le débarrasser de sa malédiction. Commence alors la quête du pirate à la recherche de son propre trésor perdu, Ananova, la femme qu’il a tant chérie et pleurée.

Biographie de l’auteur :

Michael Roch est un des cinq écrivains à suivre selon Le Point Pop et son précédent roman, Moi, Peter Pan, a été sélectionné pour le Grand Prix de l’Imaginaire 2018. Michael Roch est également scénariste et chroniqueur de La Brigade du Livre sur YouTube.

Notre avis :

Le premier livre de Michel Roch, « Moi, Peter Pan », m’avait enchantée et avec « Le Livre Jaune » un autre voyage fantasmagorique et philosophique est présenté au lecteur.

Nous sommes, cette fois, dans la la Cité d’Ailleurs, le Pirate qui a échoué dans ce monde imaginaire est conduit dans son chemin et sa quête, par Maar, dit l’Œil, serviteur de l’énigmatique Roi en Jaune qui domine une bonne partie du récit.

Maar est le « Virgile » de notre protagoniste dans cette descente aux Enfers puissante et thaumaturgique 

à la recherche de soi, à la recherche de la force de l’Amour.

Les références à Dante sont multiples et raviront les amateurs.

L’auteur utilise les mots pour accompagner les symboles et les archétypes qui se dessinent au fil des pages mais ici tout espoir n’est pas perdu.

La référence au livre « Le Roi en jaune », recueil de 10 nouvelles écrit par Robert W. Chambers et publié pour la première fois en 1895, est plutôt évidente.

Chambers se glisse dans son œuvre dans les pas d’artistes ou d’étudiants américains aux Beaux-Arts, avec comme fil conducteur, la présence du livre reproduisant le texte d’une pièce de théâtre interdite, « Le Roi en jaune », dont la lecture semble avoir des conséquences particulièrement néfastes et angoissantes. Ce recueil, aimé par Lovecraft, a inspiré la série True Detective.

Michael Roch est un incroyable conteur capable de transmettre les états d’âme de ses personages, étrange et onirique un court livre à lire.

❤️❤️❤️❤️❤️

Mü éditions

Michael Roch
Extrait
Extrait
Dante et Virgile

Sirènes

Mot de l’éditeur :

Dans un monde post-apocalyptique, dominé par les yakuzas, l’humanité s’éteint peu à peu, victime du cancer noir provoqué par les rayons d’un soleil maudit. Les riches vivent désormais sous terre, réfugiés dans les bunkers d’Underwater. Pour le bon plaisir de la yakuza, on élève des sirènes destinées à être consommées sous forme de viande de mer. Mais dans ce monde qui se divise désormais entre ceux qui meurent et ceux qui jouissent, Samuel, simple surveillant dans un bassin d’élevage, se laisse un jour tenter par le plus dangereux des plaisirs : il s’unit à une sirène femelle. Ainsi naît Mia, mi-sirène mi-humaine, une créature hybride porteuse peut-être, d’un nouvel espoir.

L’écriture puissante, cruelle et délicate de Laura Pugno fait surgir les questions de l’exploitation animale, de l’asservissement des femmes, de la frontière de plus en plus trouble entre l’humain et le non-humain.

Dans Sirènes, ce qui importe n’est plus la fin de l’humanité, mais de savoir si une nouvelle espèce consciente lui survivra.

L’univers littéraire de Laura Pugno est largement inspiré des univers post-apocalyptiques, du monde sauvage et des réflexions philosophiques sur le non-humain. Ces thèmes forts sont tissés dans une écriture d’une très grande délicatesse, mêlant avec grâce l’imaginaire, la sensualité et une maîtrise exceptionnelle du récit.

Biographie de l’auteur :

Laura Pugno, née à Rome en 1970, est romancière et poétesse, elle dirige, depuis 2015, l’Institut Culturel Italien de Madrid. Elle a été récompensée par plusieurs prix, dont le prestigieux « Premio Campiello Selezione Letterati » en 2017, il Frignano per la Narrativa, il Premio Dedalus, il Libro del Mare e il Premio Scrivere Cinema per la sceneggiatura.

Sirènes est son premier roman traduit en français.

Notre avis :

« Silènes » de Laura Pugno est un petit chef-d’œuvre. Court, intense, coriace. Dans un monde post-apocalyptique, où la lumière du soleil, source de vie, est devenue source de mort, une humanité dégradée poursuit un idéal de vie tordue. Dans un monde qui s’effondre, les véritables puissants sont les cadres exécutifs de la mafia japonaise, les Yakuza.

Les pauvres meurent en masse sous le rayonnement solaire, dévorés par le cancer noir. Les riches, en revanche, se retrouvent tiraillés entre la recherche d’un remède et le désir irrépressible de la nouvelle gourmandise culinaire, la viande de sirène.

Samuel est au centre de l’intrigue de Laura Pugno, endeuillé à cause de la perte de sa compagne, il travaille dans un bassin de sirènes et mettra au monde la première hybride : Mia.

Élevées dans des bassins pour finir dans une assiette ou pour être placées dans des bordels pour fortunés, les sirènes se dégradent à la même vitesse que ce qu’il reste de l’humanité. 

Nous trouvons dans ce texte des questionnements sur la survie de l’espèce, la régénération naturelle et le combat contre les instincts les plus sombres de la nature humaine.

L’ Homme avance dans une auto-dissolution imparable mais la nature avec ses processus souterrains inconnaissables jette les bases d’une renaissance de la vie.

Excellent premier roman.

❤️❤️❤️❤️❤️

Inculte-Dernière Marge

Laura Pugno
Extrait
Extrait
Extrait
Sirènes dans la mythologie grecque
Yakuza.

La traversée des mensonges

Mot de l’éditeur :

Les mensonges laissent leurs traces sur nos histoires de vie, comme l’écume sur la mer. Lorsque Fabienne demande à ses quatre enfants d’accompagner le corps de leur père vers son dernier voyage, de Marseille à sa Corse natale, l’un d’eux n’est pas au rendez-vous. Peut-on en finir avec les tricheries de l’existence ? Comment se délester du poids du secret ? Un roman désarmant sur une famille corse, ses paradoxes, ses déchirures. Un livre inoubliable et universel sur la couleur des sentiments. Psychologue clinicien, chroniqueur sur RTL et au Huffington Post, Joseph Agostini traque l’inconscient à travers ses différents essais littéraires et ses pièces de théâtre.

Biographie de l’auteur :

Psychologue clinicien, chroniqueur sur RTL et au Huffington Post, Joseph Agostini traque l’inconscient à travers ses différents essais littéraires et ses pièces de théâtre. Avec La traversée des mensonges, il vient débusquer les impostures d’une famille méditerranéenne et interroge le lecteur sur les liens du sang qui font parfois mentir nos émotions les plus profondes.

Notre avis :

Claude, père de quatre enfants, décède à l’âge de 72 ans, le voyage vers sa Corse natale est le point de départ pour découvrir la famille Santini et les vicissitudes de trois frère et une sœur. 

Tout est question de perception dans ce roman subtil et intrigant.

Une traversée pour se retrouver, une traversée de l’esprit pour apprendre que nous ne sommes pas irréprochables, que  la vie nous conduit, comme le font les vagues, vers des situations parfois imprévisibles et improbables.

La formation de psychologue de Joseph Agostini est perceptible dans ce premier roman qui nous plonge dans un huit-clos familial et existentiel et réussi le pari de rendre l’histoire universelle, en ayant toujours en filigrane le sujet du mensonge et de ses effets sur soi et sur les autres.

La Corse est, tout autant que nos protagonistes, un personnage du livre.

Grâce, ou a cause, de l’auteur, je ne sais pas trop, je ne verrai plus l’éducation civique comme avant, vous découvrez avec bonheur la politique expliquée aux enfants à travers les Kinder Bueno, passage, à mon avis, très gai dans le récit.

Ouvrage original qui sort des sentiers battus avec une écriture percutante.

Un livre à découvrir !

❤️❤️❤️❤️❤️

Envolume Éditions 

Joseph Agostini
Extrait
Extrait
Extrait
Corse
Bastia

Bastia
Pour expliquer la politique…

Les Jours aimés

Mot de l’éditeur :

« Ma grand-mère a aujourd’hui quatre-vingt-quatorze ans. Chacune de nos conversations est rythmée par la même lassitude, et l’ombre de la mort. » La petite fille qui s’était promis de ne jamais abandonner sa grand-mère s’aperçoit qu’il est difficile de tenir ses promesses. Alors qu’elle vit en Afrique, loin d’Angers, loin de sa famille, la narratrice revient quelques jours sur les lieux de son enfance afin de signifier à sa grand-mère qui l’a élevée tout son amour et sa gratitude. Ce séjour est l’occasion de replonger dans l’histoire familiale, tout en dessinant le portrait d’une femme hors norme, libre, féministe et moderne.

Dans son premier roman, Anne Sophie Faivre Le Cadre ravive, avec délicatesse et mélancolie, l’histoire d’une famille qui connaît de grandes joies et des périodes de profonds malheurs, touchant ainsi à l’universel. Un hymne vibrant à l’amour filial et à la vie

Biographie de l’auteur :

Anne-Sophie Faivre Le Cadre a 26 ans. Après des études de sciences politiques, d’histoire et de journalisme, elle s’est tournée vers le grand reportage et a couvert en solitaire l’Iran, l’Irak et Haïti, avant de travailler au Monde. Elle couvre désormais l’actualité de la région Afrique de l’Ouest pour l’AFP et vit à Dakar, où elle partage son temps entre journalisme et écriture.

Notre avis :

Un livre captivant, très agréable à lire.

La complicité avec sa grand-mère, les relations simplement compliquées qui se tissent au sein d’une famille sont les éléments principaux de cette belle histoire.

Douleurs et joies présentées comme dans une série d’instantanés, de photos en noir et blanc ou en couleurs.

Dans ce roman on est toujours “mercredi après-midi” comme des enfants qui attendent le chapitre suivant en sachant qu’il sera encore mieux que le précédent.

On tourne les pages et les émotions s’entremêlent.

Des passages assez drôles et tellement vrais dans la vie d’un foyer vous feront sourire et apprécier encore plus ce récit.

Si notre existence était éternelle, elle n’aurait pas la même dimension. Ce qui est intéressant, ce n’est pas la fin, mais tout le chemin avec son lot d’épreuves et ses moments de bonheur. La mémoire est le carnet de bord de notre vie et les souvenirs seront avec nous même après la perte des êtres chers.

Anne-Sophie Faivre Le Cadre pour ce premier roman, que nous imaginons inspiré par sa propre vie, nous livre une magnifique fresque avec beaucoup de finesse dans la description des émotions.

Lisez ce roman et découvrez le style remarquable de l’autrice.

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions Anne Carrière

Anne-Sophie Faivre Le Cadre
Extrait
Extrait
Anger
Portrait de Georges Sand
Maison de Georges Sand

La Machine Ernetti

Mot de l’éditeur :

L’incroyable histoire vraie d’une machine à explorer le temps, cachée dans les archives secrètes du Vatican !

Mars 1938. Le physicien italien Ettore Majorana disparaît au large de la Sicile. 

Avec lui, le projet secret sur lequel il travaillait depuis des années.

Automne 1955. On retrouve par miracle les notes du physicien disparu. 

Elles inspirent au père Ernetti une idée folle : construire une machine à voir dans le temps. Un chronoviseur.

Sur ordre de Pie XII, le prêtre plonge deux mille ans en arrière. L’objectif est simple : prouver l’existence du Christ.

Commence alors une course folle entre le Vatican, la CIA, le KGB et le Mossad. Car ce que le père Ernetti va découvrir, en pleine Guerre froide, pourrait changer l’ordre du monde. 

Ce roman est fondé sur une histoire vraie.

Biographie de l’auteur :

Roland Portiche est réalisateur et auteur de documentaires et de magazines pour la télévision, dont Temps X ou Les grandes énigmes de la scienceLa machine Ernetti est son premier roman.

Notre avis :

Pour son premier roman Roland Portiche, s’inspire de l’histoire de Pellegrino Ernetti le père bénédictin, musicologue, scientifique et exorciste. Il aurait été l’inventeur et assembleur d’une machine que H. G. Wells aurait bien aimé.

Le roman commence avec la disparition d’Ettore Majorana et de ses mystérieux travaux et continue en 1955 avec Pie XII accablé par les menaces qui pourraient perturber la pérennité de l’église catholique.

Les prêtres ouvriers, les idée de renouveau, tout pose problème et la construction de la machine pour voyager dans le temps, le Chronoviseur pourrait être la solution pour confirmer l’authenticité Christique.

Un livre passionnant où l’auteur nous tient en haleine de page en page. La structure en courts chapitres imprime un rythme effréné. l’auteur tire plusieurs fils en même temps et ne nous laisse pas souffler un instant.

Les 440 pages de cet ouvrage se lisent très rapidement.

Le personnage féminin de ce récit, Natacha, archéologue israélienne est une sorte de Lara Croft et a tout pour séduire le lecteur.

Portiche, personnalité fort sympathique, a déjà annoncé que le Père Ernetti reviendra pour d’autres adventures et que le tome 2 ne tardera pas trop.

Tous les ingrédients sont là pour un bon  moment de lecture et d’évasion !

❤️❤️❤️❤️❤️

Albin Michel/Versilio

Roland Portiche
Extrait
Extrait
Le Père Ernetti
Portrait de Pie XII
Archives du Vatican

FRIEDA – La Véritable Histoire de Lady Chatterley

Mot de l’éditeur :

Le destin d’une femme exceptionnelle. 

Une histoire d’amour qui est devenue synonyme de libération sexuelle.

En 1912, une jeune baronne allemande vivant à Nottingham commet l’irréparable : elle quitte son confortable foyer et ses trois adorables enfants pour vivre son amour. La décision de Frieda von Richthofen va donner naissance à l’un des plus grands scandales de son temps. 

Mais qu’est-ce qui peut pousser une femme à quitter ses enfants ? Quel amour peut être plus fort que celui d’une mère ? 

Inspiré d’une histoire vraie, Frieda raconte le parcours courageux de celle qui a inspiré l’œuvre de D.H. Lawrence et notamment le très sulfureux roman L’Amant de lady Chatterley. 

Il explore les sentiments et les émotions complexes qui traversent une femme qui se bat pour être à la fois libre et mère. Des questions qui résonnent encore aujourd’hui.

Biographie de l’auteur :

Annabel Abbs s’est imposée comme la nouvelle auteure anglaise de romans biographiques à succès. Son premier titre, The Joyce Girl, a été publié dans huit pays et a reçu le Impress Prize pour les nouveaux auteurs en 2015. Frieda est son deuxième roman.

Notre avis :

« L’Amant de Lady Chatterley » de David Herbert Lawrence imprimé à Florence en 1928, provoqua un scandale et ne sera publié en Grande Bretagne que trente ans après environ.

Trop scabreux et surtout coupable d’évoquer l’histoire d’amour entre un homme de la classe ouvrière et une aristocrate.

Dans “FRIEDA – La Véritable Histoire de Lady Chatterley”, Annabel Abbs nous offre un portrait émouvant de Frieda, fille de l’aristocrate allemand Baron von Richthofen, mariée au professeur d’anglais Ernest Weekley elle vit à Nottingham. Une visite de sa sœur la dérange et elle décide de se rendre en Allemagne, laissant ses trois enfants avec Ernest et la nounou. Nous sommes en 1907 et Munich est une ville pleine de nouvelles idées et d’amour libre, il semble donc inévitable pour Frieda de prendre un amant. Son expérience la réveille sexuellement et Otto Gross stimule également sa pensée intellectuelle de sorte que lorsqu’elle retourne en Angleterre, elle continue de lui écrire et rêve de leur temps ensemble. 

Tout commence ainsi…

J’avais déjà lu et apprécié en VO le premier roman de l’autrice : “The Joyce Girl” et mon ressenti très positif se confirme avec ce deuxième ouvrage.

Le livre est écrit en huit parties emmenant le lecteur d’Angleterre en Allemagne, en Italie et de retour à Londres tandis que l’épilogue se déroule en Italie en 1927 avec Lawrence travaillant sur “L’Amant de Lady Chatterley”

Très important à mes yeux le parcours de Frieda en tant que mère privée de ses droits et empêchée de rencontrer ses enfants, d’autres femmes à la même époque subissaient un destin similaire, je pense notamment à Annie Besant.

Les notes historiques, à la fin du livre, livrent des informations utiles sur les personnages et les livres de D. H. Lawrence. 

Ce roman est une excellente lecture autrice à suivre.

❤️❤️❤️❤️❤️

Hervé Choplin Éditions

Article à lire :

https://www.google.fr/amp/s/www.franceinter.fr/amp/livres/l-amant-de-lady-chatterley-ou-la-tendresse

Annabel Abbs
Extrait
Extrait
Film
Frieda
Frieda von Richthofen et D.H. Lawrence

Ida n’existe pas

Date de sortie 20/08/2020

Mot de l’éditeur :

Une plongée dans la psychologie trouble d’une mère prête à commettre l’irréparable.

« Elle dort. Je ne peux m’empêcher de la regarder dormir. Elle dort si profondément qu’elle ressemble à une morte. Je pose mes mains sur son petit torse, il se bombe sous la pression. Sa respiration est à peine perceptible. »

Une femme s’apprête à faire un voyage. Elle n’a pas besoin de bagage, elle ne part que pour une nuit. Une seule chose l’obsède : emmener Ida, sa fille de 15 mois, à la mer. C’est nécessaire, vital presque. Ida n’existe pas, Ida n’a jamais existé. Des voix ne cessent de le lui répéter. Pourtant, elle l’a porté ce bébé, serré contre elle, changé, nourri au sein. Elle l’aime d’un amour animal. Un amour comme ça, on n’y est pas préparé. C’est trop puissant un amour comme ça.

Ida n’existe pas est une plongée dans la psychologie trouble d’une mère prête à commettre l’irréparable, mais aussi l’histoire d’un corps féminin qui cherche à se libérer de ses démons, d’une féminité complexe en quête d’apaisement. Le roman est librement adapté d’un fait divers macabre : en 2013, un pêcheur de crevettes découvre une enfant de 15 mois morte sur une plage de Berck-sur-Mer. Elle y avait été déposée et abandonnée par sa mère au moment où la marée montait.

Biographie de l’auteur :

Adeline Fleury a été reporter pour le Journal du Dimanche et cheffe du service culture du Parisien Week-end. Ida n’existe pas est son sixième livre. Elle est notamment l’auteure, aux Éditions François Bourin, du roman Je, tu, elle (2018) et du Petit éloge de la jouissance féminine (2015).

Notre avis :

« L’image peut remplacer une description » écrivait Ludwig Wittgenstein, dans le roman écrit par Adeline Fleury « Ida n’existe pas » chaque description a imprimé en moi une image.

Page après page j’ai suivi le fil subtil et fragile de l’existence d’une fille puis d’une femme brisée dans son Gabon natal et perdue dans la recherche d’une vie qu’elle aurait pu avoir.

Poignant récit inspiré par un terrible fait divers : Adélaïde, 15 mois, est retrouvée morte par des pêcheurs de crevettes le 20 novembre 2013,

La qualité littéraire de ce texte est certaine. Nous arrivons à ressentir les tourments du personnage principal, la souffrance qui se dévoile avec une force exceptionnelle mais aussi l’horreur que provoque l’idée qu’une maman puisse assassiner son enfant.

La protagoniste est une fille déférente trop douée est sensible, elle est entrée dans une réalité parallèle sans lumière, sans espoir. Les hommes l’utilisent, la jugent la jettent, les femmes la rejettent. Ida, sa petite fille devient l’être adoré et détesté.

Comment apprendre à aimer quand le sens de ce mot nous est inconnu ?

La protagoniste se réfugie dans une vie qu’elle invente mais l’arrivée d’Ida chamboule tout, un lien est bien là mais c’est trop difficile de bâtir quand tout nous démoli, la tragédie s’accomplira. Les demons de son esprit qui la poussent à suivre le chemin vers la mer et la direction de la mort pour Ida gagneront et la petite cessera de d’exister.

Une fois ce roman, d’une puissance d’évocation hors du commun, terminé, il ne reste plus qu’à le relire pour mieux en saisir la portée.

Un livre à ne pas rater, il sortira le 20 août 2020 et je le place dans les coups de cœur de la rentrée littéraire.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Éditions François Bourin

« Ida n’existe pas » d’Adeline FLEURY (par l’autrice et l’éditrice)
Adeline Fleury
Extrait
Libreville Gabon
Université Paris 8
Ludwig Wittgenstein

Un Jardin de sable

Mot de l’éditeur :

Intemporel cri de rage des laissés-pour-compte et des âmes médiocres, Un Jardin de sable les embrasse dans le triomphe de l’impur. Jacky, né au Kansas à l’aube de la Grande Dépression, porte le désespoir et la misère comme une seconde peau, il se nourrit d’un monde où prévalent la ­brutalité et le mépris.

Un Jardin de sable est une œuvre puissante et sombre, un classique peuplée d’êtres acariâtres, de ­gamins aux mentons croûtés, de truands, de putes et de brutes – les ongles y sont sales, la peau, couverte de bleus, et les draps comme les âmes sont souillés au-delà de toute ­rédemption. Pourtant c’est une œuvre belle de douleur et de foi en l’avenir. C’est Steinbeck et Fante. c’est ­Bukowski et Zola. C’est de la dynamite et de la poésie. C’est la vie. Brutale, nauséabonde et magnifique.

Biographie de l’auteur :

Earl Thompson naît en 1931 dans une ferme du Kansas où il est élevé par ses grands-parents. Ayant menti sur son âge, il sert dans la marine durant la Seconde Guerre mondiale, puis dans l’armée pendant le conflit coréen. Après sa démobilisation, il suit des cours de journalisme à l’université du Missouri. Plus tard, installé à Brooklyn, il entame l’écriture de son premier roman, Un Jardin de sable (1970). Alors qu’il passe ses journées à coucher sur papier la vie du jeune Jack Andersen, Earl Thompson est loin d’imaginer l’écho que trouvera son premier ouvrage. Dès sa ­sortie, le roman fait scandale. Son style possède la puissance et la brutalité d’un Bukowski, la description de ses personnages dévorés vaut celle d’un Caldwell. Sélectionné pour le National Book Award, le livre devient un best-seller et s’inscrit parmi les grandes œuvres de la littérature américaine. Entre la Californie et ­l’Europe, il écrit trois autres romans dont deux complètent la vie de Jack Andersen, Tattoo et The Devil to Pay. Earl Thompson meurt en 1978, à l’âge de 47 ans, d’une rupture d’anévrisme.

Notre avis :

Earl Thompson est un écrivain américain relativement inconnu de nos jours ce qui est dommage, car il a écrit une poignée de livres avant sa mort prématurée, qui mériteraient plus de reconnaissance.

Ce premier opus a été très bien accueilli par les critiques littéraires de l’époque et a été nominé pour le National Book Award.

La traduction française est excellente.

Un jardin de sable est une histoire semi-autobiographique se déroulant dans les années désespérées et bouleversantes de la Grande Dépression.

Un garçon se retrouve avec ses grands-parents dans le Kansas rural, jusqu’à ce que il soit récupéré par sa jeune mère.

Ce road-book est chaotique, dur, violent, incestueux vous fait sentir mal à l’aise mais il est vibrant et prenant du début à la fin.

Il y a le sexe, oui, mais aussi une critique de la dégradation des conditions de vie et de la pauvreté grandissante.

Les espoirs et les rêves des gens sans privilèges sont magistralement décrits.

Dérangeant mais magnifique. Les histoires de Jack et Wilma nous emmènent vers l’inconnu.

Livre pour un public adulte.

❤️❤️❤️❤️❤️

Monsieur Toussaint Louverture

Earl Thompson
le livre
Extrait préface
Extrait
Kansas
Extrait
Extrait
Édition de 1971
Grande dépression