Les Routes de poussière

Date de parution : 24-01-2019

Mot de l’éditeur :

L’Italie n’existe pas encore lorsque le Grand Masten parvient à acquérir, à force de travail, quelques terres à Moncalvo, un petit bourg du Piémont, à la fin du XVIIIe siècle. Maintenant qu’il est propriétaire, il fait ériger une grande maison destinée à abriter les générations à venir. Au fil des ans, celles-ci assisteront au va-et-vient de ceux qui traversent la plaine du Pô, les armes à la main. L’armée de Bonaparte, menant tambour battant sa campagne d’Italie, en 1796. Les Autrichiens, déterminés à s’approprier les territoires qui vont de la Vénétie au Piémont, en 1848. Et enfin, le roi du Piémont, Victor-Emmanuel II, décidé à réunir les États de la Péninsule en un seul royaume, l’Italie. Pendant ces décennies cruciales, dans la maison jaune du patriarche et sur les routes de poussière environnantes, Pidrèn, le Giaï, Maria, Luis, Gavriel, Teresina, Pietro-Giuseppe et les autres déroulent leurs vies entre dur labeur et ambitions têtues, amours et tensions, chagrins et bonheurs, au rythme des soubresauts de l’Histoire.

Notre avis :

Rosetta Loy a d’abord été journaliste puis traductrice. Son premier livre publié est La bicicletta (La Bicyclette) en 1974.

Le Strade di polvere (Les Routes de poussière) remporte en 1987 quatre prix littéraires. Rosetta Loy est devenue au fil des années et des parutions une figure majeure de la littérature italienne. 

Le roman raconte l’histoire d’une famille piémontaise qui a vécu dans le Monferrato entre la fin de l’ère napoléonienne et le début de celle de l’Italie unie. 

Nous suivons les amours, les passions, les guerres, les morts, les danses, les espoirs et les passions.

La thématique des guerres qui dévastent toute l’Europe est bien présente tout au long des pages.

Dans les Routes de poussière l’auteure construit, avec un style précis et évocateur, une « histoire de famille » tout à fait prenante qui se développe dans une dimension temporelle compacte et unitaire (les grands cycles historiques, le flux des saisons, les événements quotidiens). Les personnages, décrits dans leur vie quotidienne et dans leur évolution psychologique, sont plongés dans une atmosphère traversée par des changements parfois suggestifs, parfois cruels dans lesquels on peut voir un éclair de magie et de mystère.

Ce livre, complexe et fascinant est d’une qualité narrative remarquable. 

L’écrivaine parvient à maintenir le seuil d’attention du lecteur à un niveau très élevé pendant toute l’histoire. Le mélange des personnages et des événements externes est si riche et coloré que les moments d’ennuie ne sont vraiment pas permis.

Ce livre qui sortira dans la magnifique collection Piccolo des éditions Liana Levi est un bijou qu’il ne faut pas rater.

À lire ou relire!

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Liana Levi

Collection Piccolo

Rosetta Loy
Monferrato (Piémont – Italie)

La libraire [The Bookshop]

Mot de l’éditeur :

Rien ne semble troubler la paix de Hardborough, aimable bourgade de l’East Anglia. Mais Florence Green, une jeune veuve, a décidé d’y ouvrir une librairie, ce qui déplaît aux notables de la ville. Florence voulait créer innocemment un lieu de sociabilité inédit ; elle découvre l’enfer feutré des médisances. Puis l’ostracisme féroce d’une partie de la population. Surtout lorsqu’elle s’avise de mettre en vente Lolita, le sulfureux roman de Nabokov. Alors, la guerre est déclarée, les clans s’affrontent, les personnages révèlent leur acrimonie. Florence sera très seule pour affronter le conformisme ambiant.

Notre avis :

Une perle inattendue que ce court roman de Penelope Fitzgerald.

Les villages pittoresques, les prairies, les falaises vertes et venteuses et les tasses de thé sont ici les décors d’une histoire bien plus sérieuse et emblématique. 

Florence Green est mon idole actuelle de résistance, cette femme bien courageuse décide de racheter The Old House, grâce à son petit héritage, pour ouvrir une librairie dans un village de East Anglia qui n’en a pas (nous sommes en 1959 ).

Le projet s’avère tout sauf simple et certains s’y opposent. Pourquoi ? “La peur des mots” la peur de « Lolita » de Nabokov, scandaleux objet ! 

Les dialogues sont brillants et le livre est « so british ». L’auteure nous offre de la poésie et de la grâce, une histoire bien rythmée et lumineuse. 

Le film basé sur ce beau livre sort le 19 décembre 2018.

Ce récit donne envie de revoir un autre film : Le Chocolat avec Juliette Binoche et Johnny Depp qui se déroule aussi en 1959, Vianne Rocher s’installe avec Anouk, sa petite fille, à Lansquenet, une petite bourgade française. En quelques jours, elle ouvre une confiserie à proximité de l’église, ses chocolats feront scandale tout comme les livres de Madame Green..,

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Éditions La Table Ronde 

Le procès du cochon

Date de parution : 09/01/2019

Mot de l’éditeur :

Dans un village et un temps reculé, un monstre croque la joue et l’épaule  d’un bébé laissé quelques instants seul par sa mère, puis repart tranquillement vers la forêt. Il est bientôt rattrapé par une horde d’hommes décidés à le tuer, mais dans le monde des hommes, la justice, comme la mort, se rendent au tribunal. Même si le monstre en question est un cochon qui n’a ni conscience ni parole pour se défendre. Peut-on se faire entendre sans mots  ? Les gendarmes l’embarquent donc et le jettent en prison, avant son grand procès.

Dans un texte court et puissant, Oscar Coop-Phane nous raconte le procès d’un cochon, à l’image de ceux qu’on intentait aux animaux jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, une pratique aussi étrange que méconnue de nos jours. Divisé en quatre parties, le texte retrace d’abord Le Crime, puis Le Procès, écrit comme une pièce de théâtre dans laquelle interviennent tour à tour les avocats des deux parties, la famille de la victime, les témoins et experts consultés, le public et les jurés, et le cochon, comme il peut, comme vous verrez, avant que le Président ne rende sa sentence : la pendaison. Viennent ensuite L’Attente, où chacun se prépare à la mort du porc  ; Jean, le bourreau, Louis, le tout jeune officier chargé de mener l’accusé, le père Paul, en route pour confesser la bête, la famille éplorée, et le cochon que Le Supplice viendra libérer. D’une langue tranchante et pénétrante, Oscar Coop-Phane nous ramène des siècles en arrière pour fouiller les sentiments humains, la peur, la colère, la cruauté et la soif de vengeance, mais aussi l’empathie ou la peine. Un texte allégorique où chacun reconnaitra dans l’animal, le porc qu’il voudra.

Notre avis :

Au Moyen Âge, on considérait que les animaux étaient aptes à être jugés comme des humains. Un animal, ayant tué ou blessé était emprisonné puis jugé par un tribunal et condamné pour ses crimes et délits à l’enfermement, la peine capitale, à être traîné dans les rues aux yeux de la collectivité. 

Une écrasante majorité de procès impliquaient des cochons censés avoir causé des préjudices tres graves homicides, infanticides ou des dégâts matériels.

La thématique de ce livre est donc le crime, le procès et la punition d’un cochon.

Ce récit écrit de façon magistrale par Oscar Coop-Phane est prenant et j’ai adoré le lire.

Les personnages sont une gallérie de portraits humains intéressante et le cochon, le monstre inconscient de l’histoire sera l’objet qui permettra la catharsis de toutes et tous dans le sens le plus aristotélicien du terme.

La maman du bébé décédé a un moment de fierté lorsque il est reconnu, dans le chapitre dédié au procès, que son petit  était bien nourri et soigné et que donc le méchant est l’autre, là différent, l’animal.

Ce court récit allégorique et symbolique est une plaisante découverte.

Je vais suivre l’auteur avec l’intérêt qu’il mérite.

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Grasset 

Merci aux éditions Grasset pour ce service de presse !

84, Charing Cross Road

Mot de l’éditeur :
Nouvelle édition 

Une authentique et délicieuse correspondance échangée pendant vingt ans (de 1949 à 1969) entre Helene Hanff, scénariste new-yorkaise passionnée de livres et les employés de la librairie Mark & Co., 84, Charing Cross Road à Londres, spécialisée dans les titres épuisés. Frank Doel, le premier et principal interlocuteur de mademoiselle Hanff, est chargé d’assouvir l’insatiable soif littéraire de sa cliente américaine.
Son dévouement, sa délicatesse et sa réserve toute britannique touchent la new-yorkaise, exigeante et avide d’éditions originales, de textes rares introuvables aux États-Unis, «Londres est bien plus près de mon bureau que la 17e Rue», a-t-elle décrété. Très vite, un ton chaleureux et intime s’installe entre les correspondants.
La générosité, la vivacité, l’extravagance et l’humour d’Helene attisent la curiosité du personnel de la petite librairie et des proches de Frank Doel, qui à leur tour, participent à cet échange épistolaire. Une véritable et extraordinaire amitié par correspondance s’installe entre les protagonistes. Des lettres très émouvantes, pleines de charme et d’humour qui rappellent combien les livres et les librairies tiennent une place importante dans notre vie. Un roman qui incontestablement remue et ravit. 84, Charing Cross Road est un succès depuis les années 1970 en Angleterre et aux États-Unis.

Préface de Daniel Pennac

Biographie de l’auteur

Helene Hanff (1916-1997), romancière et scénariste pour la télévision, connut un immense succès mondial avec « 84, Charing Cross Road », inspiré de son histoire personnelle.

Notre avis :

Très jolie cette nouvelle version du livre de Helene Hanff qui est un pur bonheur de 224 pages, agréable couverture pour cette édition  poche.


Un échange épistolaire intelligent, une passion commune pour les livres épuisés et les jolies éditions à un prix « raisonnable ».
Une Pierre de Rosette qui permet au lecteur de déchiffrer la situation post guerre aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Chaque lettre échangée par l’auteure et ses magnifiques libraires Londoniens sont des merveilles : Mélange de réflexions sur la littérature, les livres et la vie.

Un superbe crescendo d’amitié et de partage se dessine avec délicatesse et humour, l’écrivaine enverra des œufs, des conserves et du jambon jusqu’à la fin du rationnement à Londres et ses amis libraires vont lui expédier des cadeaux made in UK.
Franck, une vie entière dédiée aux livres et Helene qui achète tout ce que ses rentrées d’argent lui permettent.
“Sa libraire” elle l’imagine, aimerait la voir même si elle confesse avoir un peu peur : les lettres, les échanges écrits la protègent.

L’humour, l’érudition, l’amour de l’Angleterre, la passion des beaux textes sont le déclencheur de celle belle correspondance de 20 ans qui devient au fur et à mesure un hymne à la générosité et au partage.

L’œuvre de Helene Hanff parue en 1970, a connu un énorme succès des deux côtés de l’Atlantique, elle a été adaptée par la BBC puis en pièce de théâtre et film avec Hanthony Hopkins.

Ce livre est un véritable coup de cœur !

Helene Hanff


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Éditions Autrement 

Toutes les histoires d’amour du monde

Mot de l’éditeur :

Lorsqu il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d amour, le père de Jean sombre dans une profonde mélancolie. Jean, lui, tombe des nues : Moïse, son grand-père, y raconte toute l histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue  : Anne-Lise Schmidt. Qui est cette femme ? Et surtout qui était-elle pour Moïse  ? Comment quelqu un de si chaleureux et sensible dans ses lettres a-t-il pu devenir cet homme triste et distant que père et fils ont toujours connu ? Naviguant entre les grands drames du siècle et des histoires d amour d aujourd hui glanées dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Jean devra percer le lourd secret d un homme et lever le voile sur un mystère qui va chambouler toute une famille…

L’auteur :

Romancier et médecin, Baptiste Beaulieu est l’auteur de plusieurs bests-sellers, Alors voilà : les 1001 vies des Urgences (prix France Culture « Lire dans le Noir »),  Alors vous ne serez plus jamais triste (Prix Méditerranée des lycéens 2016),  La Ballade de l’enfant gris (Grand Prix de l’Académie française de Pharmacie). Son blog Alors Voilà compte plus de 8 millions de visiteurs. Il est également chroniqueur chez Grand bien vous fasse, sur France Inter.

Notre avis :

Baptiste Beaulieu lance un tendre « message in a bottle » pour retrouver Anne-Lise, nous parcourrons avec les lettres de Moïse le récit d’une vie, l’histoire des guerres qui séparent et l’amour si proche et si lointain.

Un livre poétique et d’un grand charme qui séduit très rapidement le lecteur.

Les rapports père-fils hier et aujourd’hui sont un fil conducteur central et permettent d’aborder aussi des thématiques plus « sociales » comme la tolérance et les difficultés inattendues qui changent à jamais le cours de nos vies …

Ce livre doux et amer est une Matryoshka des histoires d’amour !

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Mazarine

Baptiste Beaulieu

Lincoln au Bardo

Mot de l’éditeur avant sortie de la version française (9 Janvier 2019) :
Récompensé par le Man Booker Prize 2017, le premier roman de l’écrivain américain George Saunders a pour   point de départ une anecdote historique, la visite de Lincoln dans le caveau où fut enterré son jeune fils Willie, mort à onze ans de la fièvre typhoide au beau milieu de la guerre de Sécession. Les spectres du cimetière de Georgetown, ayant assisté à la scène, se donnent pour mission de réunir père et fils une dernière fois afin que tous deux puissent enfin trouver la paix.

Notre avis ;

Lincoln au Bardo est un livre irrésistible et atypique.

Nous sommes à Washington pendant la guerre civile américaine. Le président Lincoln souffre d’un immense deuil : la mort à l’age de 11 ans de son fils Wiilie.

L’auteur raconte la douleur des parents, les obsèques, les événements politiques et l’évolution de la guerre en les alternant (voici la singularité) aux commentaires des âmes qui observent depuis les limbes.

Gustave Doré Dante et Virgile au Putgatoire

Il y a des échos de la Divine Comédie avec les trois personnages principaux qui accompagnent Willie et de l’Anthologie de Spoon River avec les nombreuses voix des pauvres et des riches, des puissantes et des misérables qui racontent leurs affaires terrestres.

Les limbes en question sont identifiées au Bardo, inspiré du Livre des morts tibétain.

Ces âmes ne sont pas conscientes (ou seulement partiellement) qu’elles sont mortes et restent donc convaincues qu’elles retourneront tôt ou tard dans leur vie terrestre.

L’arrivée de Willie bouleverse leur équilibre précaire et les pousse à l’aider à traverser pour atteindre l’au-delà.

Il est difficile de résumer une telle pluralité d’histoires que Saunders parvient à maîtriser avec brio, en les mêlant à des sources constamment citées (vraies et fausses) et à un frisson d’émotions qui ne laissent pas indifférent.

C’était une lecture amusante, grotesque, emphatique, déchirante par traits mais toujours un hymne à la vie, avec toutes ses facettes et toutes ses saisons.

Saunders: chapeau.

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Fayard

Et j’abattrai l’arrogance des tyrans


Mot de l’éditeur :

Johanna rêve d’une autre vie. En elle souffle un vent de révolte. De ceux qui embrasent un pays. Révolte contre les hommes, contre les lois, contre Dieu qui l’a enfermée dans un corps de femme. Alors, quand une rébellion passe sous ses fenêtres, elle rejoint l’aventure : si ces hommes veulent sauver les pauvres, les damnés de la Terre, peut-être sauveront-ils les vraies damnées de toute éternité : les femmes ? Dans ce premier roman de feu, Marie-Fleur Albecker invente une langue neuve pour une révolte ancienne, celle de la guerre sociale, du faible contre le fort, de la justice contre l’inique. Une langue qui mêle le sublime et le grotesque, le lyrique et le comique, une langue instruite de ce fait : il faut tenter de changer le monde – ce monde qui jamais ne change.

Notre avis :

Marie-Fleur Albecker tout comme son héroïne est une vrai meneuse, elle nous conduit en 1381 pour raconter une rébellion Anglaise peux connue en France : La révolte des Paysans.

Johanna qui voudrait guider le peuple vers  la liberté est aussi un moyen pour écrire sur le rôle de la femme hier et aujourd’hui.

Ce premier livre de l’auteur est une découverte, j’adore son style, sa verve subtile et irrévérencieuse.

Le lecteur sera pris par la contagion de l’envie de justice mais, l’existence ordinaire reprendra vite son cours.

Wittgenstein disait que “Le réel n’est qu’un cas particulier du possible”, ce livre d’une extraordinaire actualité est une invitation à la réflexion sur les manières de rendre des avancées  réalisables.

Amoureuses et amoureux du Moyen-Âge vous allez être également comblés par les descriptions de la vie à Londres et dans les contrées périphériques du Royaume.

Bonne lecture !

Aux Forges de Vulcain 

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La révolte des paysans 

Darwin au bord de l’eau

Jacques Damade :

Jacques Damade est un éditeur, chroniqueur, et écrivain. Fondateur des Éditions de la Bibliothèque, créées en 1992, il exerce également le métier de professeur de français au Cours Saint John Perse à Paris.

Ouvrages :

  • Jacques Henri-Lartigue, Paris, Actes Sud, coll. Photopoche n°3, 2010
  • Les Îles disparues de Paris, Paris, La Bibliothèque, 2011
  • Abattoirs de Chicago, le monde humain, Paris, La Bibliothèque, 2016
  • Darwin au bord de l’eau, le monde humain II, Paris, La Bibliothèque 2018


Darwin au bord de l’eau

La Bibliothèque, collection l’Ombre animale. 

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Isidore et les autres

Camille Bordas nous propose un tourbillonnant récit qui décrit la vie d’Isidore, âgé de 11 ans et cadet d’une fratrie de surdouées et surdoués.

Avec une façon d’écrire adaptée à l’âge mais aussi au milieu du protagoniste-narrateur ce livre est aussi attachant que profond, léger uniquement dans la forme.

Tout commence comme dans un ruisseau qui nous transporte avec douceur dans le fleuve pas si tranquille des interrogations de toute une famille.

C’est un crescendo qui accompagne deux années de la vie d’Isidore et des autres.

Une mystérieuse tache sur le canapé, Denise, Daphné doyenne de France, le Boucher, Rose, l’allemand, les livres, le Président, internet… : Tellement de choses qui nous font sourire, réfléchir, grandir.

Cette lecture évolue tout au long des pages, fait avancer le lecteur en citant Alexandra David-Néel « Sans peine et sans effort ».

Pour donner une idée que nous pouvons trouver dans cet ouvrage : l’amie suicidaire d’Isidore raconte, au moment de la mort de sa grand-mère, que sa mamie se sachant malade ne voulait pas commencer de nouveaux livres de peur de mourir avant d’en connaître la fin et donc elle ne relisait que les livres qu’elle avait aimé.

J’ai trouvé ça magnifique.

Isidore n’a pas sauté de classes alors que sa sœur Simone, à peine plus âgée que lui, se retrouvera vite en prépa à Paris rêvant d’intégrer l’ENS mais c’est bien ce petit garçon explorant la vie qui ouvrira par ses questions un dialogue avec une famille qui était anesthésié et avait bien besoin d’un autre point de vue surtout face aux difficultés bien réelles auxquelles la vie nous confronte.

Notre jeune protagoniste aime s’imaginer personnage des films qu’il aprecie et pour ce livre j’aurais adoré faire pareil et prolonger encore un peu l’histoire d’Isidore et de tous les autres car s’en détacher et se dire que c’est THE END est bien difficile.

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Inculte

Frankenstein 1918


L’année 2018 marque le bicentenaire de la parution du roman : Frankenstein, ou le Prométhée moderne. Les trois volumes sans nom d’auteur, avec préface tout aussi anonyme, paraissent à Londres le 11 mars 1818. Ils sont publiés par un éditeur spécialisé dans les ouvrages populaires et ésotériques.

Cette année nous a déjà offert un film sur la vie de l’auteure du Prométhée moderne, des coffrets avec les Frankenstein de 1931 avec Boris Karloff et 1994 avec De Niro, un Dictionnaire de Frankenstein de Claude Aziza et une superbe biographie de Mary Shelley écrite par Cathy Bernheim.

Frankenstein 1918 est le livre parfait pour continuer ce fantastique hommage à Mary Shelley, cette uchronie qui nous propose une réalité alternative à partir de la première guerre mondiale sort de l’ordinaire, ce récit est captivant et plein de surprises.
Le premier non-né viable sera appelé Victor et son parcours deviendra le fil conducteur de ce roman qui se lit avec grand plaisir page après page.
Une évolution plus qu’intéressante de Victor et une chute en enfer de Churchill.
Johan Heliot nous conduira aussi en 1958 avec les deux jeunes historiens qui verront leur vie bouleversée par la découverte d’une partie des écrits concernant les non-nés.
Ma partie préférée du roman et celle de la rencontre avec Victor et du récit de « son histoire » avec la famille Currie.
Winston Churchill ( le vrai ) disait :
“La grande leçon de la vie, c’est que parfois, ce sont les fous qui ont raison.”
Difficile aussi de définir avec certitude qui sont les fous dans ce livre qu’il faut absolument lire.
Les éditions L’Atlalante sont une valeur sure pour moi et suis ravie de la découverte de ce bel ouvrage, un grand merci !

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L’Atalante

Mot de l’éditeur :

Grande Guerre, 1914. Après un premier engagement désastreux, les Anglais décident l’opération Frankenstein : plutôt que de construire des chars, on créera de la chair à canon.
À partir des archives du fameux docteur et grâce à la production d’électricité à présent industrialisée, des unités de soldats pouvant être sacrifiés sans remords seront fabriquées – les champs de bataille du nord de la France fourniront la « matière première ». Winston Churchill est nommé responsable de l’unité de recherche sur la régénération.
Les « frankies » vont faire leurs preuves sur le terrain, mais la société se partage entre pro et anti. L’opération finalement interrompue, l’un d’eux, Victor, échappe au massacre puis est secouru par Marie Curie qui le rend à la vie consciente grâce aux radiations.
Réfugié dans les décombres de Londres, qui a été détruite et rendue inhabitable par un bombardement à l’arme chimique, Victor retrouve le laboratoire où il est né, y recueille Churchill et engage un combat pour l’émancipation des siens. C’est là qu’un jeune couple, elle, résistante à l’occupation, lui, historien, finit par le retrouver en 1958, dans l’espoir de lever le voile sur ce versant secret de l’Histoire que la censure en vigueur ne suffit pas à expliquer.

Johan Heliot entrecroise, tel un tisseur, des récits de Winston Churchill tirés de ses Mémoires secrets, les témoignages d’une Marie Curie désabusée par la folie des hommes, et le journal intime du personnage principal, Victor. Se dessine alors, au fil de la lecture, un panorama fascinant des conséquences d’une Grande Guerre qui n’aurait pas pris fin en 1918, dont le cœur est un hommage à Mary Shelley et sa fameuse créature.

J’ai eu le privilège et le malheur de vivre, mourir et puis renaître dans les premières décennies d’un siècle fou, autant créateur que dévastateur. Longtemps, j’ai hésité à témoigner. Ajouter ma voix à la cacophonie du monde me semblait vain. Mais je nourris aujourd’hui l’espoir de donner aux hommes d’après-demain une leçon profitable, si toutefois il advient suffisamment de nouvelles générations pour habiter l’avenir.
Manuscrit de Victor, premier des non-nés.