Virgile

Mot de l’éditeur :

Un bruit étrange, comme un vrombissement, réveille une jeune femme dans la nuit. Elle pense que son compagnon la taquine. La fatigue, l’inquiétude, elle a tellement besoin de dormir… il se moque sans doute de ses ronflements. Mais le silence revenu dans la chambre l’inquiète. Lorsqu’elle allume la lampe, elle découvre que l’homme qu’elle aime est en arrêt cardiaque.
Avec une intensité rare, Hyam Zaytoun confie son expérience d’une nuit traumatique et des quelques jours consécutifs où son compagnon, placé en coma artificiel, se retrouve dans l’antichambre de la mort.

Comment raconter l’urgence et la peur ? La douleur ? Une vie qui bascule dans le cauchemar d’une perte brutale ? Écrit cinq ans plus tard, Vigile bouleverse par la violence du drame vécu, mais aussi la déclaration d’amour qui irradie tout le texte. Récit bref et précis, ce livre restera à jamais dans la mémoire de ceux qui l’ont

L’Auteure :

Comédienne, Hyam Zaytoun joue régulièrement pour le théâtre, le cinéma et la télévision. Elle collabore par ailleurs à l’écriture de scénarios. Elle est aussi l’auteur d’un feuilleton radiophonique – « J’apprends l’arabe » – diffusé sur France Culture en 2017. Vigile est son premier texte. 

Notre avis :

Ce roman se dévoile et se découvre comme une pièce de théâtre posée sur le papier par une comédienne qui allume le projecteur sur sa propre histoire, sur son propre drame loin d’etre écrit de façon ordinaire.

J’ai eu l’impression de rentrer dans cette famille, de vivre avec toutes et tous 128 pages de soupirs et d’espoirs.

C’est un texte émouvant, esquissé avec tendresse et pudeur. Hyam Zaytoun dévoile les moments intimes qu’elle a décidé de partager avec son nouveau public : le lecteur.

Le massage cardiaque que la protagoniste prodigue à son compagnon est interminable il peut paraître banal et pourtant il est la clé de tout, ne pas céder, lutter, persévérer, le geste qui sauve.

Après, quand d’autres prennent en charge l’être aimé, les doutes et les peurs, l’envie d’être à la hauteur arrivent. Nous ne pouvons plus agir directement comme pour le massage, il faut patienter, réfléchir.

Comment gérer les enfants, les préserver sans les exclure.

Comment imaginer « les possibles ». Espérer le meilleur dénouement mais être prête à tous les scénarios.

Comment tout simplement faire face à cette douleur.

Une histoire d’amour et un amour pour la vie.

Je ne peux que conseiller cette lecture.

❤️❤️❤️❤️❤️

Le Tripode

LE BEST OF ADAM SHARP

Mot de l’éditeur : 

À l’aube de ses cinquante ans, Adam Sharp n’a pas la vie qu’il espérait. En couple avec Claire, il travaille dans l’informatique et anime les quiz musicaux de son pub.

Vingt ans plus tôt, en 1989, alors qu’il jouait du piano dans un bar branché de Melbourne, il a fait la connaissance d’Angelina avec laquelle il a vécu une relation passionnée. Et voilà qu’un mercredi, Angelina resurgit. D’emails en conversations Skype, ce qui commence comme un jeu va bouleverser l’existence d’Adam : osera-t-il vivre dangereusement ou laissera-t-il passer sa chance une seconde fois ?

Avec Le Best of d’Adam Sharp, Graeme Simsion dresse avec drôlerie et tendresse le portrait d’un homme en pleine crise de la cinquantaine. Sur fond de musique pop, peut-on devenir better, better, better, na-na-na-na ?

Notre avis :

La musique accompagne tout le récit de Graeme Simsion, elle joue un véritable rôle dans la vie des protagonistes, les chansons sont là pour toutes les situations.

Ce livre a beaucoup de points forts qui le rendent assez agréable à lire.

Les personnages et Adam en particulier sont bien développés.

La manière dont l’intrigue dessine le losange de l’amour entre sa partenaire, Charlie et Angelina doit beaucoup à Agatha Christie avec des indices et des révélations constants.

Il s’agit bien d’une lutte amoureuse à quatre voies, il s’agit aussi de la relation entre un homme et son père (le plus souvent absent) et de son impact sur ses relations encore et encore.

C’est un conte extrêmement romantique, dont certains passages sont émouvants, certaines sont drôles et beaucoup dérangent. 

Un changement de cap pour Simsion, il sera intéressant de voir où ce chemin le mènera.

Graeme Simsion

❤️❤️❤️❤️

Nil

L’homme sans ombre

Mot de l’éditeur :

Institut de neurologie de Darven Park, Philadelphie, 1965. Une jeune chercheuse, Margot Sharpe, accueille un nouveau patient, Elihu Hoopes, qui sera connu plus tard comme E.H., le plus fameux amnésique de l’histoire. Car cet homme élégant de trente-sept ans a été victime d’une infection qui ne lui laisse qu’une mémoire immédiate de soixante-dix secondes.

Au cours des années suivantes, Margot, séduite et attendrie, tente de comprendre et de débloquer les souvenirs figés de E. H., et surtout l’image obsédante d’une fille morte flottant dans l’eau. Tandis que la surveille le tout-puissant Dr Ferris, directeur du laboratoire, Margot devra veiller à ne pas se perdre elle-même. Tiraillée entre son ambition professionnelle, son désir sexuel et son éthique médicale, elle fouille avec acharnement le passé de E. H. Leur relation devient plus complexe – et même plus violente –, tandis que la fragilité de l’homme augmente avec le temps.

Que peut être l’identité d’un être sans sa mémoire ? La fascination de Joyce Carol Oates pour les neurosciences éclaire ce roman ambitieux, à l’écriture brillante. Elle place le lecteur dans l’intimité de la relation entre Margot et d’Elihu, relation d’autant plus passionnante qu’elle est interdite.

Biographie de l’auteure :

Membre de l’Académie américaine des arts et des lettres, titulaire de multiples et prestigieuses récompenses littéraires, parmi lesquelles le National Book Award, Joyce Carol Oates occupe depuis longtemps une place au tout premier rang des écrivains contemporains. Elle est l’auteure de nombreux recueils de nouvelles, récits et romans, dont Les Chutes (prix Femina étranger en 2005), Mudwoman (meilleur livre étranger en 20-13 pour le magazine Lire) et Paysage perdu.

Notre avis :

Joyce Carol Oates introduit la protagoniste comme une neuroscientifique ambitieuse et dévouée, elle sera évidement attirée par la nouvelle et peu commune affection qui se présente au laboratoire de la mémoire du neuropsychologue de renommée mondiale, Milton Ferris, Margot Sharpe y rencontrera donc Elihu Hoopes, courtier en valeurs mobilières, artiste plasticien, défenseur des droits civils, descendant d’une famille éminente de Philadelphie et amnésique antérograde permanent. Le cas de “EH” bouleversera son destin et deviendra son idée fixe.

L’Homme sans ombre est le genre de livre qui peut inspirer des analyses et des discussions passionnées, car la question à laquelle on est soumis est vraiment au cœur de l’expérience humaine: qui sommes-nous, vraiment ? On dit qu’il est impossible de vraiment connaître une personne, ce qui est d’autant plus vrai si cette personne est littéralement incapable de se connaître. 

Sharpe est souvent prise au dépourvu, ses émotions dépassent son esprit scientifique : «Il ne sait même pas que j’existe !». Et quoi qu’elle fasse pour le lui rappeler, il l’oublie. Situation difficile à vivre…

Ce récit soulève des interrogations sur la mémoire mais aussi sur l’éthique, ce que signifie aimer, l’identité et la capacité de s’engager.

Raconté par l’auteure au présent comme si nous aussi devions oublier tout d’un moment à l’autre.

Ce roman est à lire absolument !

Joyce Carol Oates dans son livre « J’ai réussi à rester en vie » cite plusieurs fois Oliver Sacks le neurologue qui a tellement contribué à la divulgation positive des neurosciences

Pour L’homme sans ombre comment ne pas faire le rapprochement avec “Le marin perdu” de Sacks qui aborde aussi le thème de la mémoire.

Philippe Rey

❤️❤️❤️❤️❤️

Joyce carol Oates
J’ai réussi à rester en vie

Le tour de l’oie

Date de parution : 07/02/2019

Mot de l’éditeur :

«Une fois interrompue la série des naissances, j’étais un rameau sans bourgeon ou, comme dit un de mes amis pêcheurs : un rocher qui ne fait pas de patelles. 

Je te parle à toi ce soir qui n’est même pas celui-ci. C’est un soir. 

Toi, tu es là, plus vrai, plus proche et consistant que le plafond. Je te parle à toi et non à moi-même. 

Je le sais parce qu’avec moi je parle napolitain.» 

Un soir d’orage, un homme – qui ressemble beaucoup à l’auteur – est assis à une table, chez lui. Éclairé par le feu de la cheminée, il est en train de lire un livre pour enfants, Pinocchio. Dans la pénombre, une présence évanescente apparaît à ses côtés, qui évoque le profil du fils qu’il n’a jamais eu. L’homme imagine lui raconter sa vie : Naples, la nostalgie de la famille, la nécessité de partir, l’engagement politique. À travers cette voix paternelle, ce fils spectral assume progressivement une consistance corporelle. La confession devient confrontation, la curiosité se transforme en introspection, le monologue évolue en dialogue, au cours duquel un père et un fils se livrent sans merci.

Notre avis :

Un soir, en relisant Pinocchio, un homme sent la présence du fils qu’il n’a pas eu, le fils que sa mère – la femme avec qui il l’a conçu dans sa jeunesse – a décidé d’avorter. À la douce lumière de la cheminée, le fils lui apparaît déjà adulte, et cette présence est suffisante « ici et ce soir ».

La vague des souvenirs monte à la surface, tout y est : l’enfance napolitaine, la nostalgie de la mère et du père, le besoin de partir, de suivre sa voie et chercher la liberté.

Ce fils muet ne va pas le rester et prend la parole et le monologue devient un dialogue, qui enquête sur le sens de la vie, sur les affectes, sur les choix que nous faisons, sur les livres (pour l’auteur, le seul écrivain indispensable est Borges) , sur l’importance des mots et des histoires. Une enquête qui veut être le périscope d’une recherche en réalité intérieure.

L’auteur va continuer à poser et se poser des questions, dire « pourquoi » est essentiel dans l’étrange et pas tranquille fleuve qu’est la vie.

Avec Le tour de l’oie, Erri De Luca écrit une histoire très intime c’est un plaisir de la lire.

La phrase que j’ai le plus aimé :

« Les mots sont l’instrument des révélations »

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard 

Erri De Luca
Sur Borges…
L’occasion pour redécouvrir Pinocchio

Les frères Lehman

Mot de l’éditeur :

11 septembre 1844, apparition. Heyum Lehman arrive de Rimpar, Bavière, à New York. Il a perdu 8 kg en 45 jours de traversée. Il fait venir ses deux frères pour travailler avec lui.
15 septembre 2008, disparition. La banque Lehman Brothers fait faillite. Elle a vendu au monde coton, charbon, café, acier, pétrole, armes, tabac, télévisions, ordinateurs et illusions, pendant plus de 150 ans.

Comment passe-t-on du sens du commerce à l’insensé de la finance ? Comment des pères inventent-ils un métier qu’aucun enfant ne peut comprendre ni rêver d’exercer ?

Grandeur et décadence, les Heureux et les Damnés, comment raconter ce qui est arrivé ? Non seulement par les chiffres, mais par l’esprit et la lettre ?

Par le récit détaillé de l’épopée familiale, économique et biblique. Par la répétition poétique, par la litanie prophétique, par l’humour toujours.

Par une histoire de l’Amérique, au galop comme un cheval fou dans les crises et les guerres fratricides.

Comment prendre la suite de Yehouda Ben Tema qui écrivit dans les Maximes des Pères :

« Tu auras cinquante années pour devenir sage.

Tu en auras soixante pour devenir savant » ?

Nous avons 848 pages et environ 30 000 vers pour devenir instruits, circonspects, édifiés. Groggy.

Biographie de l’auteur :

Né en 1975, Stefano Massini est l’un des plus grands dramaturges contemporains et l’auteur italien le plus représenté sur les scènes du monde entier. Il a remporté sept prix de la critique en France, Italie, Allemagne et Espagne, et ses textes ont été traduits dans quinze langues. En 2015, il succède à Luca Ronconi, en tant que conseiller artistique du Piccolo Teatro de Milan, Théâtre d’Europe. Les Frères Lehman, son premier roman, a été récompensé en 2017 du prix de la sélection Campiello. Il a remporté la même année le prix littéraire international Mondello et le prix Vittorio De Sica. Les frères Lehman est son premier roman.

Notre avis :

C’est en effet l’histoire d’une famille et de la manière dont elle va devenir partie intégrante de la vie des Américains et de leur gestion de capitaux, à partir des règles, des rôles que chaque membre de la future dynastie assume ou impose.

Les frères Lehman est dessiné avec un coup de pinceau éclairé qui donne vie à un roman historique sous forme de véritable balade.

Massini réussit, avec perspicacité et dynamisme, sa parabole riche en images sur le capitalisme et son évolution vers la forme actuelle. 

« L’immortel » Henry » initie son ascension, avec ses deux frères cadets, du commerce de coton en Alabama au transfert des activités à New York. Les Lehman Brothers développent le concept de « médiation » commerciale qui conduira les trois astucieux protagonistes à remporter des succès retentissants dans l’hyper-activisme qui grandit dans « The big apple ». À partir de là, tout commence, la naissance de la bourse de Wall Street, l’histoire du canal de Panama, le rôle dans la crise de 29, dans l’industrie de la guerre, les investissements pétroliers, les différentes banques, les premiers mouvements dans la haute finance et une course laborieuse à la dématérialisation de l’économie, concept qui a produit le trading le plus téméraire dont nous connaissons les conséquences.

C’est un texte que vous dévorerez.

 ❤️❤️❤️❤️❤️

Éditeur Globe

Stefano Massini

Tout ce qui nous submerge

Date de parution ; 13/02/2019

Mot de l’éditeur :

« Nos lieux de naissance reviennent toujours. Ils sont notre moelle – ils sont inscrits en nous. Si on nous retournait la peau, leur carte apparaîtrait à l’envers de façon qu’on puisse toujours y revenir. Pourtant, incrusté à l’envers de ma peau, il n’y a ni canal, ni voie ferrée, ni bateau mais simplement : toi. »

Jusqu’à ses seize ans, Gretel a vécu avec sa mère, Sarah, sur une péniche le long des canaux de l’Oxfordshire. Puis un jour, Sarah a disparu.

Seize ans plus tard, un coup de fil vient raviver les questions qui n’ont jamais cessé de hanter Gretel : pourquoi Sarah l’a-t-elle abandonnée ? Qu’est devenu cet étrange garçon qui vivait avec elles ? Que s’est-il réellement passé sur la rivière ? Daisy Johnson signe ici une histoire de famille et d’identité, de langage et d’amour, qui frappe par la maîtrise et la beauté de son écriture.

Daisy Johnson :

Daisy Johnson est née en 1990 à Paignton au Royaume-Uni. Elle a publié en 2016 un recueil de nouvelles, Fen, lauréat de nombreux prix littéraires. Elle est la plus jeune auteure à avoir jamais figuré parmi les finalistes du Man Booker Prize pour son premier roman, Tout ce qui nous submerge.

Notre avis :

La beauté de ce livre est qu’il est ouvert à des interprétations variées. 

La nature joue également un rôle. Comme dans beaucoup de romans de cette année, l’environnement est fondamental pour compléter la vision du monde des personnages. 

J’ai aimé lire ce roman. 

La prose de Johnson m’a parfois fait penser à Ali Smith (auteure entre autres de « Comment être double »).

C’est un livre qui se concentre sur les nuances du langage et sur le lien qu’il crée entre les individus. 

C’est un livre profondément enraciné dans la mythologie grecque et les contes des frères Grimm.

C’est un livre atypique et marquant.

La ligne temporelle mêle passé et présent, les limites entre le réel et le fantastique s’effacent de plus en plus au fil des pages et la seule constante est l’écriture sublime qui maintient la cohérence de cet album de famille exceptionnel, premier roman d’une jeune auteure talentueuse ; un récit merveilleusement étrange.

Une phrase du livre qui était reprise aussi par The Guardian dans un article sur cet ouvrage définit à mon avis la vision de l’auteure :

« Il y a plus de débuts que de fins pour les contenir. »

The Guardian compare par ailleurs Daisy Johnson à Iris Murdoch  : « Le résultat me rappelle Iris Murdoch – cette intériorité sans compromis des personnages » écrit le journaliste.

5 cœurs pour ce roman.

❤️❤️❤️❤️❤️

Stock 

Daisy Johnson


De l’Angleterre et des Anglais


Date de parution : 03/01/2019

Mot de l’éditeur :

Des instantanés qui distillent l’essence d’une vie. Des moments pris sur le vif que l’on déroule comme une pellicule. Des héros ordinaires ; ce qui les lie, ce qui les sépare. Un couple de jeunes mariés vient de remplir son testament. Un médecin raconte pour la centième fois l’histoire de son père immigré. Un homme fantasme sur l’épouse de son meilleur ami. Une femme n’arrive plus à dormir dans la même chambre que son mari après les sombres révélations de sa fille. Traversant les palais du XVIIe siècle et les chambres feutrées d’aujourd’hui, le lecteur est témoin de nombreux drames, du plus secret au plus ostensible. Au fil des nouvelles qui composent ce recueil, chaque portrait s’anime pour révéler, dans une prose sobre aux multiples facettes, un émouvant fragment du quotidien. De quoi se compose l’identité de l’Angleterre aujourd’hui ? En détaillant tantôt avec tendresse, tantôt avec cruauté, une cartographie émotionnelle et humaine de son pays, l’auteur du très remarqué Dimanche des mères nous offre ici une vision vivante et cosmopolite de la société britannique.

Notre avis :

C’est une collection plus qu’intéressante de nouvelles, je découvre l’auteur et j’en suis ravie.

Mention spéciale pour les récits qui se situent dans le passé, en 1805 ou dans une Angleterre déchirée par la guerre de Sécession par exemple.

Les histoires qui nous sont contées confrontent le lecteur principalement avec des situations assez ordinaires : un homme se souvenant du jour où il a rendu visite à un avocat avec sa nouvelle épouse pour faire son testament, deux amis de longue date à l’enterrement de leur ancien directeur d’école, un homme se rappelant à quel point ses parents considéraient un voisin qui semblait un peu étrange, un ostéopathe veuf avec un jeune client, un homme qui s’enferme à l’extérieur de sa maison… Cependant, toutes ces situations initialement normales ont une grande force : celle de montrer ce qui se passe sous la surface. Que ce soit un coiffeur qui discute avec un client ou un homme qui achète des pâtes chez Waitrose,  Graham Swift découvre la profondeur des sentiments humains. Ce livre traite du chagrin, de la solitude, de l’isolement, de l’amitié, des liens de l’enfance et de la perte. Un très bon recueil d’histoires courtes. Livre hautement recommandé

Gallimard

❤️❤️❤️❤️❤️

Graham Swift
Stéréotypes

Les Heures indociles

Mot de l’éditeur :

1908. Dans le Londres de Virginia Woolf et Conan Doyle, une suffragette, un médecin anticonformiste et un aristocrate excentrique mènent une lutte à mort pour le progrès.

La reine Victoria n’est plus et son fils, Edward VI, se rapproche de ses voisins européens. Le vieux monde britannique se fissure sous l’impulsion de groupes d’avant-garde, comme les suffragettes qui mènent une lutte acharnée pour le droit de vote des femmes. L’heure n’est pas à la révolution, mais à une révolte sociétale de moins en moins feutrée.

Dans Les Heures indociles, Éric Marchal relate le parcours de trois personnages hors du commun : Olympe Lovell, une guerrière au service d’Emmeline Pankhurst, figure de proue des suffragettes. Thomas Belamy, l’Annamite, médecin au St Bartholomew Hospital, le plus vieil établissement de Londres. Il travaille dans le service flambant neuf des urgences et dirige un département de médecine non conventionnelle dont le but est d’unifier les pratiques occidentales et chinoises. Enfin, Horace de Vere Cole, le plus excentrique des aristocrates britanniques, poète et mystificateur, à la recherche de son chef-d’oeuvre, le plus grand canular de tous les temps.

Chacun d’eux est un rebelle. À deux, ils sont dangereux. À trois, ils sont incontrôlables et deviendront la cible du pouvoir et d’un mystérieux personnage se faisant appeler « l’Apôtre ».

L’auteur :

Éric Marchal a 48 ans et vit à Vittel. 

Son premier roman, Influenza (Les ombres du ciel, 2009 ; Les Lumières de Géhenne, 2010), paru en deux tomes aux éditions Anne Carrière, a reçu le prix Carrefour Savoirs 2009. 

Il est également l’auteur du livre Le Soleil sous la soie (Anne Carrière, 2011).

Notre avis :

Un roman historique d’extraordinaire intensité.

Trois personnages forts et très rapidement adoptés par le lecteur.

Trois compagnons de route qui développent une solidarité très forte, c’est vraiment un pour tous, tous pour un dans les rues de Londres, unis par la volonté d’un avenir meilleur, sans oppresseurs.

Éric Marchal utilise les véritables actions des suffragettes comme fil conducteur de cette histoire palpitante.

Olympe notre suffragette bien déterminée a s’émanciper de la gente masculine a choisi son prénom en référence à Olympe de Gouges son héroïne qui a écrit Zamore et Mirza ouvrage qu’elle conseille à tout le monde.

Mention spéciale à donner au dialogue avec Sir Conan Doyle.

Nous vous conseillons de lire : «Suffragette, Genèse d’une militante » par Emmeline Pankhurst, l’autobiographie qui a inspiré le film « Les Suffragettes» où la célèbre femme politique est interprétée par Meryl Streep. À voir aussi «L’ordre Divin» film qui relate l’histoire d’un village suisse avant le vote masculin pour la possibilité d’accession au vote des femmes dans les années 70 et oui nos voisines les suissesses ont commencé à voter plus récemment que dans les autres pays européens …

Pour revenir à notre roman et paraphraser Alexandra David Néel ce livre est comme une étoile, on ne le quitte pas des yeux. Il vous fera avancer loin, sans fatigue et sans peine.

À lire !

❤️❤️❤️❤️❤️

Anne Carrière 

Le Parfum

Mot de l’éditeur :

Le bâtard qui voit le jour dans le quartier le plus nauséabond de Paris s’appellera Grenouille, étrange nom guttural dont Gaillard (sa nourrice) et Grimal (le tanneur qui l’emploie à des tâches répugnantes) se font les échos, comme si la marginalité appelait forcément la marginalité. C’est donc dans la fange parisienne du XVIIIe que Grenouille, né sans parents ni amour, sans racines ni odeur, mène une vie de nomadisme olfactif, volant les odeurs, les imaginant, les recréant pour les infuser au monde entier. Sans distinction hiérarchique, il se pénètre de la moindre senteur, tout d’abord frénétiquement, puis avec méthode, pour finalement se livrer à un projet démiurgique et vampirique. Dans ce voyage jusqu’aux confins de l’imagination à la fois poétique et morbide, Süskind nous entraîne sans repos à la suite de son héros monstrueux, véritable buvard des essences dont l’ultime expérience revêt presque un caractère généreux et mystique.

Notre avis :

Netflix propose depuis quelques jours une excellente série : Le Parfum. Originellement diffusée sur la chaine allemande ZDFneo, Le Parfum se base sur le roman du même nom (déjà adapté au cinéma avec Ben Wishaw), mais dont l’action a été transposée de nos jours par les scénaristes Eva Kranenburg, Philipp Kadelbach et Oliver Berben.

C’est l’occasion de plonger ou replonger dans le livre de Patrick Süskind, un roman imprégné d’arômes, de solitude, de folie; une combinaison de réalisme et de fantaisie. 

L’écriture est ingénieuse en particulier dans la création du protagoniste, un paria de la société, un être qui n’émane pas d’odeur humaine et ne semble pas avoir de sentiments. Ce qui frappe chez Jean Baptiste Grenouille est son manque de communication avec le monde, une seule passion pour les parfums et cette aura de tristesse, un personnage sombre, décadent, avec toutes les caractéristiques qui méritent d’être détestées par le lecteur lorsque ses idées étranges mènent à des actions ignobles; au lieu de cela, parmi les mille nuances psychologiques créées par la plume de l’auteur, la mélancolie et la proximité avec ce jeune homme, la compréhension du chemin de la vie qui a abouti à quelque chose d’anormal et de development.

Des questions nous accompagnent dans la lecture et dans le décryptage de Grenouille : possède-t-il un cœur à l’intérieur de ce corps qui ne dégage pas d’odeurs? Est-il né avec une anomalie ou les conditions dans lesquelles il est né et a été abandonné en ont-elles fait un monstre? Suskind ne propose pas de solution à l’énigme, mais plutôt un voyage fait de sensations, de visages, de mort et d’injustices. Un roman au goût de fiel, une sage imbrication de moralité et de folie, pour nous mener dans les profondeurs de l’âme humaine. L’écriture est enveloppante riche d’images, de paysages, d’ambiances, de couleurs et de parfums bien sûr, le thème principal.

Il se lit d’une traite ce récit que nous vous conseillons !

Livre de Poche 

❤️❤️❤️❤️❤️

Film Le Parfum
Série Le Parfum
Série Le Parfum
Le Parfum Livre de Poche

Les couleurs de Fosco

Date de parution : 09/01/2019

Mot de l’éditeur :

Ils n’ont qu’un désir, vivre leurs rêves: Irene veut assouvir sa passion artistique, Angiolino aimer librement et Rocco s’affranchir du passé trouble de son père. Mais ils sont nés à Fosco, village entre ciel et mer du sud de l’Italie, où deux puissantes familles ont droit de vie et de mort sur les habitants. Un soir de fête, Irene et Rocco s’unissent et voilà que leur destin chavire, avec celui du village tout entier.
Porté par un souffle poétique que vient assombrir une réalité cruelle, évoquant tour à tour les romans d’Elsa Morante et de Milena Agus, Les couleurs de Fosco donne voix avec force et tendresse à une jeunesse qui se bat pour sa liberté.

Paola Cereda, diplômée en psychologie et auteure d’une thèse sur l’humour juif, a été finaliste de nombreux prix littéraires. Les Couleurs de Fosco est son premier roman publié en France.

Notre avis :

Êtes-vous déjà tombé amoureux de la plume d’un auteur, ce qui fait que vous attendez chaque nouveau roman avec impatience ? 

Paola Cereda a été pour moi une découverte, un véritable coup de foudre. 

J’apprécie son originalité, sa manière particulière et rugueuse d’écrire sur les sentiments et les émotions, créant de véritables bulles dans l’espace-temps dans lesquelles le lecteur se laisse conduire tout au long d’un récit entouré de sensations. On est dans un monde à part pendant notre lecture comme dans une boule de verre avec la neige qui tombe.

Paola Cereda écrit des hymnes aux femmes, leur force, leur courage, l’importance de la dignité et de l’émancipation.

Ce roman nous décrit des personnages appartenants à des époques différentes, portant des bagages lourds et encombrants.

Irene, Gianna et Lorenza, et avant elles Nuzza et Maria Catena, des femmes qui ont grandi à l’ombre des maîtres des pères et des maris, dans le silence dans l’omertà, convaincues que la vie est comme ça, mais la nouvelle génération ne ressent pas l’oppression de la même façon, Irene, Rocco e Angiolino incarnent le symbole du changement, de ce vent d’espoir qui souffle à Fosco dont le panneau d’entrée dans la ville est criblé d’impacts de balles …

Paola Cereda, dans cet ouvrage, parvient à mêler sacré et profane, en parlant d’amour et Ndrangheta comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Avec une écriture riche en nuances, l’auteure montre une grande capacité à rentrer dans le monde de ces jeunes rêveurs mais déterminés, Cereda a su nous proposer un livre qui fascine. Avec l’espoir que ses autres romans soient publiés en France, Les couleurs de Fosco est pour moi un roman hautement recommandé.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Autrement 

Fosco et son panneau d’entrée
Paola Cereda
Angiolino