Couple, splendeurs et misères de la vie à deux — Nora Hamzawi — Le Seuil 

 Merci Nora de m’avoir éloignée un instant du réel en me plongeant dans le réel des autres couples !

Dans ce roman-photo la confidence se fait sketch, et le quotidien devient scène.

Nora Hamzawi, depuis ses premières apparitions radiophoniques et scéniques a cette façon singulière de vous attraper par la manche pour vous murmurer les petites catastrophes du cœur. Son recueil Couple, splendeurs et misères de la vie à deux, publié au Seuil, ouvre soixante fenêtres sur l’intimité conjugale où l’on rit, où l’on grimace, où l’on se reconnaît.

Nora Hamzawi campe un personnage terriblement attachant : une femme qui aime, doute, s’énerve pour une dinde mal rôtie, qui fantasme et se remet en question en une phrase. Chaque saynète fonctionne comme un sketch radiophonique — rythme précis, chute cinglante, et ce sens du détail qui transforme l’anodin en émotion. L’humour naît de la mise à nu : on rit de nos failles pour mieux les apprivoiser.

Le livre déroule des scènes familières, comme une belle‑mère envahissante, et les transforme en petites tragédies domestiques où la tendresse n’exclut jamais l’ironie. La plume est sèche et vive, travaillée pour l’effet immédiat ; elle vise la reconnaissance. On rit parce qu’on se reconnaît, et l’émotion surgit dans la précision du portrait.

Nora Hamzawi, comédienne et chroniqueuse née au début des années 1980, a tracé un parcours entre stand‑up, radio et télévision. Elle appartient à cette génération d’auteurs‑interprètes qui font de l’observation intime un matériau politique et poétique. 

Josiane Balasko est tout simplement formidable, Augustin Trapenard à toujours un livre à la main et c’est vraiment drôle de voir dans  un milieu artistique pluriel et engagé, ça explique en partie son ton hybride, à la fois populaire et finement travaillé.

Ce recueil est une collection de miroirs : il renvoie l’image d’une société où l’amour durable est une négociation quotidienne, faite de renoncements, de rires et d’efforts. La brièveté des scènes offre la même sensation qu’un zapping complice sur une station aimée : on revient, on s’attache, on repart. Et malgré la drôlerie, subsiste une mélancolie discrète, l’idée que l’amour exige de réinventer sans cesse la proximité.

Couple, splendeurs et misères de la vie à deux est une lecture qui console : elle fait rire, parfois grimacer, mais surtout rappelle que nos ridicules partagés valent mieux que le silence.

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