Les couleurs de Fosco

Date de parution : 09/01/2019

Mot de l’éditeur :

Ils n’ont qu’un désir, vivre leurs rêves: Irene veut assouvir sa passion artistique, Angiolino aimer librement et Rocco s’affranchir du passé trouble de son père. Mais ils sont nés à Fosco, village entre ciel et mer du sud de l’Italie, où deux puissantes familles ont droit de vie et de mort sur les habitants. Un soir de fête, Irene et Rocco s’unissent et voilà que leur destin chavire, avec celui du village tout entier.
Porté par un souffle poétique que vient assombrir une réalité cruelle, évoquant tour à tour les romans d’Elsa Morante et de Milena Agus, Les couleurs de Fosco donne voix avec force et tendresse à une jeunesse qui se bat pour sa liberté.

Paola Cereda, diplômée en psychologie et auteure d’une thèse sur l’humour juif, a été finaliste de nombreux prix littéraires. Les Couleurs de Fosco est son premier roman publié en France.

Notre avis :

Êtes-vous déjà tombé amoureux de la plume d’un auteur, ce qui fait que vous attendez chaque nouveau roman avec impatience ? 

Paola Cereda a été pour moi une découverte, un véritable coup de foudre. 

J’apprécie son originalité, sa manière particulière et rugueuse d’écrire sur les sentiments et les émotions, créant de véritables bulles dans l’espace-temps dans lesquelles le lecteur se laisse conduire tout au long d’un récit entouré de sensations. On est dans un monde à part pendant notre lecture comme dans une boule de verre avec la neige qui tombe.

Paola Cereda écrit des hymnes aux femmes, leur force, leur courage, l’importance de la dignité et de l’émancipation.

Ce roman nous décrit des personnages appartenants à des époques différentes, portant des bagages lourds et encombrants.

Irene, Gianna et Lorenza, et avant elles Nuzza et Maria Catena, des femmes qui ont grandi à l’ombre des maîtres des pères et des maris, dans le silence dans l’omertà, convaincues que la vie est comme ça, mais la nouvelle génération ne ressent pas l’oppression de la même façon, Irene, Rocco e Angiolino incarnent le symbole du changement, de ce vent d’espoir qui souffle à Fosco dont le panneau d’entrée dans la ville est criblé d’impacts de balles …

Paola Cereda, dans cet ouvrage, parvient à mêler sacré et profane, en parlant d’amour et Ndrangheta comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Avec une écriture riche en nuances, l’auteure montre une grande capacité à rentrer dans le monde de ces jeunes rêveurs mais déterminés, Cereda a su nous proposer un livre qui fascine. Avec l’espoir que ses autres romans soient publiés en France, Les couleurs de Fosco est pour moi un roman hautement recommandé.

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Autrement 

Fosco et son panneau d’entrée
Paola Cereda
Angiolino

La mort selon Turner


Mot de l’éditeur :

Après La Religion et Les Douze Enfants de Paris, le nouvel opéra noir de Tim Willocks.

Lors d’un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s’annonce brillante à cause d’une pauvresse ? Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s’en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides. Lorsqu’il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix. 

Le fauve Willocks est à nouveau lâché ! Délaissant le roman historique, il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu’hypnotique. On retrouve dans ce tableau au couteau de l’Afrique du Sud tout le souffle et l’ampleur du romancier, allié à une exceptionnelle force d’empathie. Loin de tout manichéisme, il nous fait profiter d’une rare proximité avec ses personnages, illustrant de la sorte la fameuse phrase de Jean Renoir :  » Sur cette Terre, il y a quelque chose d’effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons. « 

Biographie de l’auteur

Tim Willocks est un romancier britannique né en 1957 à Stalybridge. Chirurgien et psychiatre de formation, il est également ceinture noire de karaté et grand amateur de poker. Son premier roman Bad City Blues, publié en 1991, est adapté au cinéma par Dennis Hopper. Il a, depuis, écrit plusieurs polars à succès dont Green River ou Les Rois écarlates, avant de se lancer dans une entreprise littéraire titanesque avec une série de romans historiques à la force romanesque époustouflante initiée avec La Religion puis Les Douze Enfants de Paris. Ces deux ouvrages mettent en scène le personnage inoubliable de Mathias Tannhauser, mercenaire lettré et apatride jeté au cœur des fracas du XVe siècle. Tim Willocks est également l’auteur d’un roman jeunesse publié chez Syros, Doglands. Producteur et scénariste, l’écrivain a également travaillé avec Michael Mann, rédigé une vingtaine de scénarios, et co-écrit un documentaire avec Spielberg, The Unfinished Journey.

Notre avis :

Elle n’a pas de nom, elle est malade, c’est une fille de la rue. Elle est morte, un garçon qui ne se souvient de rien tellement qu’il était ivre l’a percutée. Les amis qui l’accompagnaient ont préféré abandonner la victime à son destin. Ils sont l’élite sud-africaine blanche, ils peuvent se permettre d’être au-dessus de la loi.

Il suffit de tirer les bonnes ficelles, généralement un simple paiement, et vous en avez terminé avec vos tracas avec la justice.

Le meurtrier est par ailleurs le fils de Margot Le Roux, la femme qui tient fermement les rênes de la plupart des activités minières de l’État et qui a bien l’intention de protéger sa progéniture, quel qu’en soit le prix. 

Business as usual au Cap même si nous sommes dans la société post Apartheid les lois ne s’appliquent toujours pas de la même façon aux riches familles blanches et au peuple noir.

L’inspecteur Turner, en charge de résoudre l’affaire, est notre héros décidé à se battre contre tous, cultivé et ayant une grande maîtrise de ses actions il ira jusqu’au bout de l’enquête.

L’intrigue est dense et bien construite, le style brillant et rythmé, vraiment prenant sans longueurs ou passages à vide (l’auteur est aussi un scénariste de renom).

J’ai pensé à la chanson « Bessie » de Patricia Kaas en lisant le livre et au travail de sensibilisation mené par Keith Haring il y a bien longtemps et qui est hélas toujours d’actualité.

La mort selon Turner est un livre à ne pas manquer.

Sonatine 

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Keith Haring
Bessie de Patricia Kaas

Les Routes de poussière

Date de parution : 24-01-2019

Mot de l’éditeur :

L’Italie n’existe pas encore lorsque le Grand Masten parvient à acquérir, à force de travail, quelques terres à Moncalvo, un petit bourg du Piémont, à la fin du XVIIIe siècle. Maintenant qu’il est propriétaire, il fait ériger une grande maison destinée à abriter les générations à venir. Au fil des ans, celles-ci assisteront au va-et-vient de ceux qui traversent la plaine du Pô, les armes à la main. L’armée de Bonaparte, menant tambour battant sa campagne d’Italie, en 1796. Les Autrichiens, déterminés à s’approprier les territoires qui vont de la Vénétie au Piémont, en 1848. Et enfin, le roi du Piémont, Victor-Emmanuel II, décidé à réunir les États de la Péninsule en un seul royaume, l’Italie. Pendant ces décennies cruciales, dans la maison jaune du patriarche et sur les routes de poussière environnantes, Pidrèn, le Giaï, Maria, Luis, Gavriel, Teresina, Pietro-Giuseppe et les autres déroulent leurs vies entre dur labeur et ambitions têtues, amours et tensions, chagrins et bonheurs, au rythme des soubresauts de l’Histoire.

Notre avis :

Rosetta Loy a d’abord été journaliste puis traductrice. Son premier livre publié est La bicicletta (La Bicyclette) en 1974.

Le Strade di polvere (Les Routes de poussière) remporte en 1987 quatre prix littéraires. Rosetta Loy est devenue au fil des années et des parutions une figure majeure de la littérature italienne. 

Le roman raconte l’histoire d’une famille piémontaise qui a vécu dans le Monferrato entre la fin de l’ère napoléonienne et le début de celle de l’Italie unie. 

Nous suivons les amours, les passions, les guerres, les morts, les danses, les espoirs et les passions.

La thématique des guerres qui dévastent toute l’Europe est bien présente tout au long des pages.

Dans les Routes de poussière l’auteure construit, avec un style précis et évocateur, une « histoire de famille » tout à fait prenante qui se développe dans une dimension temporelle compacte et unitaire (les grands cycles historiques, le flux des saisons, les événements quotidiens). Les personnages, décrits dans leur vie quotidienne et dans leur évolution psychologique, sont plongés dans une atmosphère traversée par des changements parfois suggestifs, parfois cruels dans lesquels on peut voir un éclair de magie et de mystère.

Ce livre, complexe et fascinant est d’une qualité narrative remarquable. 

L’écrivaine parvient à maintenir le seuil d’attention du lecteur à un niveau très élevé pendant toute l’histoire. Le mélange des personnages et des événements externes est si riche et coloré que les moments d’ennuie ne sont vraiment pas permis.

Ce livre qui sortira dans la magnifique collection Piccolo des éditions Liana Levi est un bijou qu’il ne faut pas rater.

À lire ou relire!

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Liana Levi

Collection Piccolo

Rosetta Loy
Monferrato (Piémont – Italie)

La libraire [The Bookshop]

Mot de l’éditeur :

Rien ne semble troubler la paix de Hardborough, aimable bourgade de l’East Anglia. Mais Florence Green, une jeune veuve, a décidé d’y ouvrir une librairie, ce qui déplaît aux notables de la ville. Florence voulait créer innocemment un lieu de sociabilité inédit ; elle découvre l’enfer feutré des médisances. Puis l’ostracisme féroce d’une partie de la population. Surtout lorsqu’elle s’avise de mettre en vente Lolita, le sulfureux roman de Nabokov. Alors, la guerre est déclarée, les clans s’affrontent, les personnages révèlent leur acrimonie. Florence sera très seule pour affronter le conformisme ambiant.

Notre avis :

Une perle inattendue que ce court roman de Penelope Fitzgerald.

Les villages pittoresques, les prairies, les falaises vertes et venteuses et les tasses de thé sont ici les décors d’une histoire bien plus sérieuse et emblématique. 

Florence Green est mon idole actuelle de résistance, cette femme bien courageuse décide de racheter The Old House, grâce à son petit héritage, pour ouvrir une librairie dans un village de East Anglia qui n’en a pas (nous sommes en 1959 ).

Le projet s’avère tout sauf simple et certains s’y opposent. Pourquoi ? “La peur des mots” la peur de « Lolita » de Nabokov, scandaleux objet ! 

Les dialogues sont brillants et le livre est « so british ». L’auteure nous offre de la poésie et de la grâce, une histoire bien rythmée et lumineuse. 

Le film basé sur ce beau livre sort le 19 décembre 2018.

Ce récit donne envie de revoir un autre film : Le Chocolat avec Juliette Binoche et Johnny Depp qui se déroule aussi en 1959, Vianne Rocher s’installe avec Anouk, sa petite fille, à Lansquenet, une petite bourgade française. En quelques jours, elle ouvre une confiserie à proximité de l’église, ses chocolats feront scandale tout comme les livres de Madame Green..,

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Éditions La Table Ronde 

Le procès du cochon

Date de parution : 09/01/2019

Mot de l’éditeur :

Dans un village et un temps reculé, un monstre croque la joue et l’épaule  d’un bébé laissé quelques instants seul par sa mère, puis repart tranquillement vers la forêt. Il est bientôt rattrapé par une horde d’hommes décidés à le tuer, mais dans le monde des hommes, la justice, comme la mort, se rendent au tribunal. Même si le monstre en question est un cochon qui n’a ni conscience ni parole pour se défendre. Peut-on se faire entendre sans mots  ? Les gendarmes l’embarquent donc et le jettent en prison, avant son grand procès.

Dans un texte court et puissant, Oscar Coop-Phane nous raconte le procès d’un cochon, à l’image de ceux qu’on intentait aux animaux jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, une pratique aussi étrange que méconnue de nos jours. Divisé en quatre parties, le texte retrace d’abord Le Crime, puis Le Procès, écrit comme une pièce de théâtre dans laquelle interviennent tour à tour les avocats des deux parties, la famille de la victime, les témoins et experts consultés, le public et les jurés, et le cochon, comme il peut, comme vous verrez, avant que le Président ne rende sa sentence : la pendaison. Viennent ensuite L’Attente, où chacun se prépare à la mort du porc  ; Jean, le bourreau, Louis, le tout jeune officier chargé de mener l’accusé, le père Paul, en route pour confesser la bête, la famille éplorée, et le cochon que Le Supplice viendra libérer. D’une langue tranchante et pénétrante, Oscar Coop-Phane nous ramène des siècles en arrière pour fouiller les sentiments humains, la peur, la colère, la cruauté et la soif de vengeance, mais aussi l’empathie ou la peine. Un texte allégorique où chacun reconnaitra dans l’animal, le porc qu’il voudra.

Notre avis :

Au Moyen Âge, on considérait que les animaux étaient aptes à être jugés comme des humains. Un animal, ayant tué ou blessé était emprisonné puis jugé par un tribunal et condamné pour ses crimes et délits à l’enfermement, la peine capitale, à être traîné dans les rues aux yeux de la collectivité. 

Une écrasante majorité de procès impliquaient des cochons censés avoir causé des préjudices tres graves homicides, infanticides ou des dégâts matériels.

La thématique de ce livre est donc le crime, le procès et la punition d’un cochon.

Ce récit écrit de façon magistrale par Oscar Coop-Phane est prenant et j’ai adoré le lire.

Les personnages sont une gallérie de portraits humains intéressante et le cochon, le monstre inconscient de l’histoire sera l’objet qui permettra la catharsis de toutes et tous dans le sens le plus aristotélicien du terme.

La maman du bébé décédé a un moment de fierté lorsque il est reconnu, dans le chapitre dédié au procès, que son petit  était bien nourri et soigné et que donc le méchant est l’autre, là différent, l’animal.

Ce court récit allégorique et symbolique est une plaisante découverte.

Je vais suivre l’auteur avec l’intérêt qu’il mérite.

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Grasset 

Merci aux éditions Grasset pour ce service de presse !

84, Charing Cross Road

Mot de l’éditeur :
Nouvelle édition 

Une authentique et délicieuse correspondance échangée pendant vingt ans (de 1949 à 1969) entre Helene Hanff, scénariste new-yorkaise passionnée de livres et les employés de la librairie Mark & Co., 84, Charing Cross Road à Londres, spécialisée dans les titres épuisés. Frank Doel, le premier et principal interlocuteur de mademoiselle Hanff, est chargé d’assouvir l’insatiable soif littéraire de sa cliente américaine.
Son dévouement, sa délicatesse et sa réserve toute britannique touchent la new-yorkaise, exigeante et avide d’éditions originales, de textes rares introuvables aux États-Unis, «Londres est bien plus près de mon bureau que la 17e Rue», a-t-elle décrété. Très vite, un ton chaleureux et intime s’installe entre les correspondants.
La générosité, la vivacité, l’extravagance et l’humour d’Helene attisent la curiosité du personnel de la petite librairie et des proches de Frank Doel, qui à leur tour, participent à cet échange épistolaire. Une véritable et extraordinaire amitié par correspondance s’installe entre les protagonistes. Des lettres très émouvantes, pleines de charme et d’humour qui rappellent combien les livres et les librairies tiennent une place importante dans notre vie. Un roman qui incontestablement remue et ravit. 84, Charing Cross Road est un succès depuis les années 1970 en Angleterre et aux États-Unis.

Préface de Daniel Pennac

Biographie de l’auteur

Helene Hanff (1916-1997), romancière et scénariste pour la télévision, connut un immense succès mondial avec « 84, Charing Cross Road », inspiré de son histoire personnelle.

Notre avis :

Très jolie cette nouvelle version du livre de Helene Hanff qui est un pur bonheur de 224 pages, agréable couverture pour cette édition  poche.


Un échange épistolaire intelligent, une passion commune pour les livres épuisés et les jolies éditions à un prix « raisonnable ».
Une Pierre de Rosette qui permet au lecteur de déchiffrer la situation post guerre aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Chaque lettre échangée par l’auteure et ses magnifiques libraires Londoniens sont des merveilles : Mélange de réflexions sur la littérature, les livres et la vie.

Un superbe crescendo d’amitié et de partage se dessine avec délicatesse et humour, l’écrivaine enverra des œufs, des conserves et du jambon jusqu’à la fin du rationnement à Londres et ses amis libraires vont lui expédier des cadeaux made in UK.
Franck, une vie entière dédiée aux livres et Helene qui achète tout ce que ses rentrées d’argent lui permettent.
“Sa libraire” elle l’imagine, aimerait la voir même si elle confesse avoir un peu peur : les lettres, les échanges écrits la protègent.

L’humour, l’érudition, l’amour de l’Angleterre, la passion des beaux textes sont le déclencheur de celle belle correspondance de 20 ans qui devient au fur et à mesure un hymne à la générosité et au partage.

L’œuvre de Helene Hanff parue en 1970, a connu un énorme succès des deux côtés de l’Atlantique, elle a été adaptée par la BBC puis en pièce de théâtre et film avec Hanthony Hopkins.

Ce livre est un véritable coup de cœur !

Helene Hanff


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Éditions Autrement 

‪L’homme qui aimait trop les livres ‬

Mot de l’éditeur :

Un voleur de livres rares, un libraire obstiné,

l’histoire d’une traque haletante entre deux amoureux du livre.

Jusqu’où iriez-vous pour mettre la main sur le livre de vos rêves ? Mieux encore, jusqu’où iriez-vous pour avoir une bibliothèque remplie de vos livres préférés ?

John Gilkey est l’un des voleurs de livres les plus prolifiques de sa génération. Jusqu’en 2003, il a dérobé près de 200 000 dollars de livres anciens. Son but, réunir une collection à son image. Dès lors, comment attraper un voleur qui ne subtilise des livres que pour compléter sa propre bibliothèque ?

C’était sans compter sur la ténacité de Ken Sanders, libraire de livres anciens irascible à Salt Lake City, qui s’improvise détective et se surnomme biblioflic. Des personnalités hautes en couleurs. S’ensuit une longue poursuite entre un voleur obsessionnel et un libraire obstiné prêt à bondir au moindre faux-pas.

À travers le récit de cette traque unique en son genre, Allison Hoover Bartlett nous plonge dans l’univers fascinant du livre ancien en se posant toujours cette question : de quoi serions-nous capables nous aussi par amour des livres ?

Allison Hoover Bartlett est une journaliste américaine. Elle découvre le monde secret du livre ancien le jour où un ami lui confie un exemplaire d’un herbier du XVIIème siècle. Intriguée, elle choisit de se frayer un chemin dans ce milieu mystérieux et très masculin.

Elle écrit entre autres pour le New York Times, le Washington Post, le San Francisco Chronicle Magazine. L’article à l’origine de ce livre a été repris dans l’anthologie The Best American Crime Reporting 2007.

Notre avis :

L’homme qui aimait trop les livres tout en étant l’histoire vraie d’un voleur, d’un détective et du monde des collectionneurs est une histoire d’histoires, c’est-à-dire que c’est le genre de livre de non-fiction où un récit parfaitement absorbant pourrait être un parfait roman.

L’auteure nous dévoile que c’est bien une enquête en précisait au fil des pages ses réflexions et avancées.

Le lecteur devient «un collectionneur », pas de livres, mais de morceaux de cette histoire.

L’écrivaine compare Gilkey à la description donnée par Sigmund Freud selon laquelle «collectionner» est la deuxième addiction en intensité seulement après la dépendance à la nicotine », dont le plaisir vient du sens de la conquête. Gilkey «obtient» des livres (il ne dit jamais «vole») il a besoin de les posséder !

Agréable à lire ce titre ne doit pas manquer à nos collections.

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Éditions Marchialy 

L’origine du monde, vie du modèle


Mot de l’éditeur :

Postface de Sylvie Aubenas, directrice du département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France

L’origine du monde de Gustave Courbet figure parmi les tableaux emblématiques de l’histoire de l’art. Malgré cela, le modèle en était demeuré inconnu. Jusqu’à ce que Claude Schopp découvre son nom, par hasard, en annotant la correspondance inédite entre George Sand et Alexandre Dumas fils. Une révélation que d’autres sources sont venues étayer.

Ce livre invite le lecteur à accompagner le chercheur dans sa tentative de redonner vie à cette danseuse aux beaux sourcils noirs, bientôt demi-mondaine et maîtresse de Khalil-Bey, puis femme de bien, généreuse donatrice aux œuvres de charité. Peu à peu, un visage et une âme sont restitués à celle dont le sexe incarne la peinture réaliste.

Claude Schopp est, avec son épouse Marianne, l’auteur de Dumas fils ou l’anti-OEdipe, prix Goncourt de la biographie 2017.

Notre avis :

Un livre très agréable à lire non seulement sur la découverte de la femme qui posa pour le célèbre tableau de Courbet mais aussi sur toute une époque et mode de vie à Paris.

L’Origine du monde est une œuvre réalisée par Gustave Courbet en 1866. Il s’agit d’une huile sur toile de 46 × 55 cm, le tableau, qui fut dans les années 1950 la propriété du psychanalyste Jacques Lacan, est exposé au musé d’Orsey depuis 1995.

Camille Laurens dans son livre « La petite danseuse de quatorze ans » sur la muse de Degas abordait déjà la situation et les salaires des danseuses de l’Opera tout comme leurs espoirs et le vivier que les jeunes ballerines représentaient pour devenir les maîtresses  plus ou moins fortunées des bourgeois et nobles de la capitale.

Constance Quéniaux « protégée » de Khalil Bey (commanditaire du tableau) fut danseuse à l’Opéra de Paris de 14 à 27 ans, puis se reconvertit, comme presque toutes ses consœurs à la fin de leur carrière dans la « bicherie ».

Constance Quéniaux 
Tableau de Degas Danseuses

Constance sera elle même mécène et terminera sa vie avec une fortune considérable qu’elle lèguera à ses amis et ses domestiques.

Un essai qui se lit comme un roman.

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Phébus

Toutes les histoires d’amour du monde

Mot de l’éditeur :

Lorsqu il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d amour, le père de Jean sombre dans une profonde mélancolie. Jean, lui, tombe des nues : Moïse, son grand-père, y raconte toute l histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue  : Anne-Lise Schmidt. Qui est cette femme ? Et surtout qui était-elle pour Moïse  ? Comment quelqu un de si chaleureux et sensible dans ses lettres a-t-il pu devenir cet homme triste et distant que père et fils ont toujours connu ? Naviguant entre les grands drames du siècle et des histoires d amour d aujourd hui glanées dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Jean devra percer le lourd secret d un homme et lever le voile sur un mystère qui va chambouler toute une famille…

L’auteur :

Romancier et médecin, Baptiste Beaulieu est l’auteur de plusieurs bests-sellers, Alors voilà : les 1001 vies des Urgences (prix France Culture « Lire dans le Noir »),  Alors vous ne serez plus jamais triste (Prix Méditerranée des lycéens 2016),  La Ballade de l’enfant gris (Grand Prix de l’Académie française de Pharmacie). Son blog Alors Voilà compte plus de 8 millions de visiteurs. Il est également chroniqueur chez Grand bien vous fasse, sur France Inter.

Notre avis :

Baptiste Beaulieu lance un tendre « message in a bottle » pour retrouver Anne-Lise, nous parcourrons avec les lettres de Moïse le récit d’une vie, l’histoire des guerres qui séparent et l’amour si proche et si lointain.

Un livre poétique et d’un grand charme qui séduit très rapidement le lecteur.

Les rapports père-fils hier et aujourd’hui sont un fil conducteur central et permettent d’aborder aussi des thématiques plus « sociales » comme la tolérance et les difficultés inattendues qui changent à jamais le cours de nos vies …

Ce livre doux et amer est une Matryoshka des histoires d’amour !

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Mazarine

Baptiste Beaulieu