Nerona — Hélène Frappat — Actes Sud

Une comédie politique à l’acide, où la tragédie antique se tricote en tyrannie médiatique.

Ce livre, lu aujourd’hui a un goût different, il y a Trump, il y a Giorgia Meloni que j’ai très bien connue en Italie.

Je pense souvent : “Make Orwell fiction again ” et Nerona se glisse parfaitement dans cette sensation que l’exagération finalement est la réalité.

Hélène Frappat construit ici un dispositif assez intriguant : transfigurer la mise au pouvoir d’une femme — exigeant qu’on l’appelle “le Prince” — en une série d’épisodes, où la scène publique se confond avec le plateau télé, où le politique se vend comme de l’entertainment, et où la langue du pouvoir devient une mécanique de séductions et d’oppressions. Le roman est drôle, souvent mordant, mais ce qui le rend vraiment troublant, c’est sa capacité à faire basculer la gaudriole en malaise — et le malaise en conscience.

L’art de Frappat tient moins dans la fable que dans la précision du portrait collectif : Nerona n’est pas une caricature plate, elle est l’aboutissement d’une époque qui idolâtre l’efficacité, méprise la nuance et transforme la peur en spectacle.

Ce livre fait rire pour ne pas oublier que le réel est un cas particulier du possible je vous conseille de vous divertir avec ce splendide récit.

L’avez vous déjà lu ? 

Voulez-vous que je vous raconte comment était Giorgia Meloni à 16 ans ? 

Pour marque-pages : Permaliens.

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