Madame S

Mot de l’éditeur : 

Le destin exceptionnel de Marguerite Steinheil, intrigante maîtresse de Félix Faure, ni coupable ni victime. Cataloguée « putain de la République », accusée de meurtre, traînée dans la boue, le traitement de Madame S. par la justice puis par l’histoire en dit long sur notre rapport à la sexualité, au pouvoir et à la liberté des femmes.

L’anecdote est célèbre : alors que le président Félix Faure agonise, sa  » connaissance  » s’est sauvée par l’escalier de service. Cette mort en épectase va changer le cours de l’affaire Dreyfus et bouleverser le destin de celle que l’on surnomme depuis la  » pompe funèbre « … 

Intriguée par cette  » putain de la République « , une journaliste recluse décide d’enquêter sur cette si mystérieuse Madame S. et sur les secrets d’un État français toujours aux prises avec les mêmes démons : antisémitisme, antiféminisme, petits arrangements entre amis et journaux avides de scandales. 

Sylvie Lausberg livre un passionnant thriller historique sur les traces volontairement effacées de Marguerite Japy-Steinheil, personnalité troublante qui sauvera sa tête grâce à un art virtuose du mensonge, un charme dévastateur et une profonde intelligence politique, restés ensevelis sous des torrents d’injures misogynes qui en disent long sur notre rapport au sexe, au pouvoir et aux femmes qui en jouent.

Biographie de l’auteur :

Sylvie Lausberg est historienne, diplômée de l’Université Libre (laïque) de Bruxelles et psychanalyste (Le Questionnement psychanalytique, www.questionnement.be), je dirige à Bruxelles le département Etude & Stratégie du Centre d’Action Laïque.

Pendant (1987-2002) et après ma carrière de journaliste dans la presse écrite et à la Radio-Télévision belge, j’ai publié de nombreux essais, articles et ouvrages sur notre rapport à l’autre, les femmes dans l’histoire, le sexisme, le féminisme, mais également sur l’antisémitisme. 

Entre 2007 et 2012, j’ai conçu des expositions internationales, ainsi que leurs catalogues, sur les relations entre juifs et musulmans au Maroc et ensuite sur les relations entre le Maroc et l’Europe. 

J’ai aussi réalisé deux moyen métrage à destination du grand public ; le premier sur l’histoire du droit à l’avortement en Belgique, le second sur la déportation des Juifs de Belgique et la rafle du 3 septembre 1942 à Bruxelles.

Impliquée dans la transmission d’un savoir scientifique au plus grand nombre, je participe régulièrement à des émissions de radio ou de télévision sur les sujets qui me tiennent à coeur. Ces enregistrements sont également disponibles sur le site. 

Sur le plan institutionnel, je suis vice-présidente du Conseil des Femmes Francophones de Belgique (CFFB) et Présidente de la Commission « Ethique »

Membre du Conseil fédéral de l’Égalité des chances entre les Femmes et les Hommes depuis 2009 (cf. dernière nomination par A.R. du 27 novembre 2012)

Chargée de séminaire à l’Ecole de Santé Publique (ULB) – Formation continue « Élucidation de la pratique psychanalytique » à destination des psychologues actifs dans les centres de santé mentale, centres de planning, etc.

Conférencière invitée à l’UCL en Master en Psychologie, depuis l’année académique 2012-2013, sur l’accès à l’IVG en Belgique et sur les inégalités entre hommes et femmes en Belgique.

Notre avis :

Une journaliste entre deux affectations loue la maison de Séverine, à Pierrefonds, résidence qu’elle avait baptisée « Les Trois marches » en souvenir de l’hôtel de Rennes, où elle demeurait pendant le procès en révision de Dreyfus en 1899. Le lieu de vie de Séverine, journaliste et féministe, unique femme présente au procès de Madame S. pour le meurtre de sa mère et de son époux Adolphe, inspirera notre narratrice dans ses recherches sur Marguerite Steinheil maîtresse de Félix Faure, le Président décédé le 16 février 1899, dans ses bras, ou, pour être plus précis, dans son lit.

« Il voulait être César, il a fini Pompée » se serait moqué Clémenceau. L’histoire de cette mort et celle de la vie de cette femme complexe apparaît, au fil des pages de la passionnante reconstruction de Sylvie Lausberg comme un peu plus intriquée.

Le livre est passionnant, le lecteur est transporté dans les conspirations des salons parisiens à une époque d’obscurs complots et de changement profonds.

L’affaire Dreyfus est une pièce importante dans cette œuvre, tout comme l’a été dans la réalité politique dominant les chroniques et divisant les français.

Grâce à un travail de recherches historiques rigoureux et étendu, Sylvie Lausberg propose des hypothèses et trouve des éléments qui donnent vie à Mme S. et à l’incroyable “roman de sa vie », le talent de l’autrice est remarquable quand il s’agit de ciseler la psychologie des personnages qui ont pris part aux intrigues qui nous sont révélées.

À lire absolument !

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Slatkine et cie

Sylvie Lausberg
Le livre
Extrait
Marguerite Steinheil
Séverine, pseudonyme de Caroline Rémy
Le lieu des faits : 6 bis impasse Ronsin à Paris
Félix Faure
Journal de l’époque
Journal de l’époque
Journal de l’époque
Dreyfus
J’Accuse…!

À l’épreuve de la violence. Beauvau 2014-2015

Mot de l’éditeur et de l’auteur :

« Au moment où j’entre Place Beauvau, je ne sais pas à quel point je resterai marqué, à tout jamais, par la succession des tragédies qui viendront endeuiller le pays, en donnant au ministère de l’État, sa dimension de citadelle profondément humaine. 

Dans mes pensées, le pressentiment des heures sombres à venir a laissé place, peu à peu, aux certitudes. La question n’est plus de savoir si les éléments se déchaîneront, ou si par miracle nous serons épargnés, mais bien de deviner quand le tonnerre grondera, après que la foudre se sera abattue sur nous. »

B. C.

Confronté au quotidien à toutes les violences – terroriste, verbale, psychologique –, Bernard Cazeneuve a dû tenir le cap et rassurer les Français. Mais, du drame de Sirvens avec la mort de Remi Fraisse aux attentats qui ont endeuillé la France, en passant par les soubresauts de la crise migratoire et les nécessaires réformes à mener, notamment celle du renseignement intérieur, celui qui restera comme un très grand ministre de l’Intérieur ne nous cache rien des moments d’anxiété et de solitude qu’il a dû aussi affronter. 

Ce témoignage passionnant et profondément sincère sur la vie et l’action d’un ministre de l’Intérieur – quand, à chaque minute, il faut faire face à des situations politiques et humaines inédites – est aussi un récit tendu, très finement écrit, qui se lit d’une traite.

Biographie de l’auteur :

Longtemps député-maire de Cherbourg, Bernard Cazeneuve a été ministre de l’Intérieur d’avril 2014 à décembre 2016. Sur son passage comme Premier ministre à Matignon il a écrit Chaque jour compte, paru chez Stock en octobre 2017.

Notre avis :

A l’épreuve de la violence, tome où  Bertrand Cazeneuve revient sur ses années de Ministre de l’Intérieur Place Beauvau d’avril 2014 à décembre 2015 est le premier de deux volumes.

Le deuxième volet est en cours d’écriture.

Un récit très personnel, posé et respectueux même quand il s’autorise quelques piques dirigées vers ses amis politiques ou ses adversaires.

La bienveillance n’empêche pas la raison : pour Cazeneuve la piste de la déchéance de nationalité après les attentats de novembre 2015 a été «une erreur funeste dont le coût moral et politique fut élevé»

Une lecture qui trace la vision de l’ancien ministre sur les événements et les émotions personnelles qui accompagnent sa difficile fonction.
Cet ouvrage nous permet de mieux saisir l’organisation interne de la Place Beauvau avec ses codes et ses règles mais en plus des aspects politiques qu’il décrypte, c’est un texte profondément humain, une intéressante introspection.
Ce retour vers une époque encore très proche est agréable à lire.

❤️❤️❤️❤️

Stock 

Bernard Cazeneuve
Le livre
Extrait
Extrait
Dédicace du livre à Paris

Victoria : Reine d’un siècle


Mot de l’éditeur :

« Je ferai de mon mieux… » 

C’est par ces mots qu’à l’âge de onze ans, Victoria accueillit la nouvelle de son accession au trône britannique. Point d’exultation, point de fanfaronnade à l’idée de régner, mais une ferme résolution qui n’ignorait ni les difficultés ni la grandeur de la tâche. 

Pourtant, quand en 1837, tout juste âgée de dix-huit ans, elle devint reine du Royaume-Uni, elle tint à monter seule sur le trône, rejetant l’influence de sa mère et des conseillers que celle-ci cherchait à lui imposer. Forte du soutien éclairé de son mari le prince Albert, bientôt mère d’une très nombreuse famille, c’est avec passion qu’elle exerça son métier de reine, n’épargnant aucun effort pour exalter le rayonnement de la monarchie constitutionnelle et exercer un pouvoir politique réel. 

Victoria, impératrice des Indes, « grand-mère de l’Europe », régna près de 65 ans (moins désormais qu’Élisabeth II) et son image se confond, aujourd’hui plus que jamais, avec celle de son siècle. Elle est devenue au fil du temps, l’immense icône d’un Empire britannique à son apogée. C’est la vie surprenante de cette femme au caractère bien trempé, souvent exaltée derrière une façade volontairement austère, que Joanny Moulin nous invite à découvrir. En racontant la vie de Victoria, il fait revivre sous nos yeux un siècle d’histoire britannique.

Biographie de l’auteur :

Spécialiste de littérature anglaise, Joanny Moulin est professeur à l’université de Provence (Aix-Marseille I). Outre des ouvrages sur divers poètes de langue anglaise, il a récemment publié Elisabeth : La reine de fer (Editions du Cerf 2015).

Notre avis :

Grâce à son analyse psychologique et à la lucidité du récit historique en passant par un style d’une netteté étonnante Joanny Moulin nous propose un livre qui se lit avec plaisir et qui traverse la longue vie de Victoria et les évolutions de son siècle.

Cette biographie est captivante et intéressante, à lire pour découvrir la femme et la reine dans l’année du bicentenaire de sa naissance.

Un règne de plus de 63 ans, 10 Premiers ministres. Le 24 mai 1819, Victoria la fille du prince Édouard-Auguste, duc de Kent -quatrième fils du roi George III, roi atteint d’une maladie mentale- et de Marie-Louise Victoire de Saxe-Cobourg Saalfed naît à Londres. Elle accèdera au trône dans un contexte politique difficile.

Cet ouvrage est l’histoire d’une femme qui fut très seule toute sa vie, que l’on tentât souvent de manipuler mais qui ne se laissa pas faire, même dans son plus jeune âge.

Je vous conseille cette lecture.

❤️❤️❤️❤️❤️

Flammarion 

Joanny Moulin
Extrait
Extrait
La Reine Victoria et Albert
Photo de famille
Film à voir aussi
La série Victoria

Proust, prix Goncourt. Une émeute littéraire

Mot de l’éditeur :

10 décembre 1919 : le prix Goncourt est attribué à Marcel Proust pour À l’ombre des jeunes filles en fleurs. Aussitôt éclate un tonnerre de protestations : anciens combattants, pacifistes, réactionnaires, révolutionnaires, chacun se sent insulté par un livre qui, ressuscitant le temps perdu, semble dédaigner le temps présent. Pendant des semaines, Proust est vilipendé dans la presse, brocardé, injurié, menacé. Son tort? Ne plus être jeune, être riche, ne pas avoir fait la guerre, ne pas raconter la vie dans les tranchées. 

Retraçant l’histoire du prix et les manœuvres en vue de son attribution à Proust, s’appuyant sur des documents inédits, dont il dévoile nombre d’extraits savoureux, Thierry Laget fait le récit d’un événement inouï – cette partie de chamboule-tout qui a déplacé le pôle magnétique de la littérature – et de l’émeute dont il a donné le signal.

Biographie de l’auteur :

Thierry Laget est né à Clermont-Ferrand, en 1959.

Après avoir vécu en Auvergne, en Touraine, en Toscane, en Île-de-France, il s’est établi en Bretagne.

Romancier, il a publié huit volumes, dont, chez Gallimard, Iris (1991), qui a obtenu le prix Fénéon 1992, Roman écrit à la main (2000), Supplément aux mensonges d’Hilda (2003), Madame Deloblat (2006) et La Lanterne d’Aristote (2011, prix de l’Académie française Maurice Genevoix 2012).

À la collection « L’un et l’autre » — dirigée, chez Gallimard, par J.-B. Pontalis —, il a donné Florentiana (sur la ville de Florence), La Fiancée italienne (biographie d’Alaïde Banti, liée au mouvement des Macchiaioli, peintres pré-impressionnistes toscans), À des dieux inconnus (sur les livres, la lecture et l’apprentissage de la réalité), Portraits de Stendhal et Bibliothèques de nuit.

Il est également l’auteur de nouvelles (Atlas des amours fugaces aux éditions de l’Arbre vengeur et Dix manteaux rouges, Gallimard, sélectionné pour le Goncourt de la nouvelle 2018), d’une suite de méditations en prose, accompagnées d’eaux-fortes de Christiane Vielle, Bergers d’Arcadie (Fata Morgana, 1995), d’un poème en prose, Les Quais minéraliers, avec des aquatintes de Christiane Vielle (Al Manar, 2004) et d’un recueil de poèmes, Semer son ombre, avec des gravures de Julius Baltazar (Al Manar, 2009).

Il a collaboré à l’édition d’À la recherche du temps perdu dans la bibliothèque de la Pléiade, sous la direction de Jean-Yves Tadié, procuré des éditions de textes de Jacques Rivière (Quelques progrès dans l’étude du cœur humain), de Marcel Proust (Le Côté de Guermantes et Les Plaisirs et les Jours) et de Gustave Flaubert (Madame Bovary). En 2019, à l’occasion du centenaire de l’attribution du prix Goncourt à À l’ombre des jeunes filles en fleurs, il publie Proust, prix Goncourt. Une émeute littéraire.

Il a préfacé Monsieur Stark, roman de l’écrivain suisse Pierre Girard (1892-1956), dont il a également choisi et présenté des chroniques consacrées aux voyages, Les Sentiments du voyageur, suivi de Anges américains.

Il est membre du jury du prix Valery Larbaud et président de l’Association des amis de Jacques Rivière et d’Alain-Fournier.

Notre avis :

Le 17ème prix Goncourt décerné depuis la création de l’Académie fera l’objet de polémiques et affrontements. Le lauréat est Marcel Proust pour « À l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Proust est probablement le romancier qui a fait couler le plus d’encre depuis sa disparition. Son œuvre a été décortiquée par plusieurs générations d’intellectuels.

« Proust, prix Goncourt. Une émeute littéraire » est l’histoire d’un prix Goncourt pas comme les autres, plus que bien documenté, on a l’impression d’avoir passé quelques heures avec tous les protagonistes du monde de l’édition et de la presse post première guerre mondiale.

Les jurés, le 10 décembre 1919, au restaurant Drouant, à Paris, au troisième tour de scrutin confèrent le prix à Marcel Proust. Lequel est en train de dormir. « Les Croix de bois », roman évoquant les tranchées, de Roland Dorgelès était pressenti comme favori. L’écrivain privé de Goncourt recevra la même année le prix Femina, qui s’appelait alors prix Vie heureuse. 

Mais pourquoi l’auteur de « À la recherche du temps perdu » va-t il être insulté de milles manières? le plus souvent parce qu’il est trop vieux, trop riche et ne parle pas de l’effort de guerre. Mais également pour des raisons plus subtiles qui se réfèrent à son œuvre globale, à son mode de vie, au conteste politique et à une certaine vision homophobe de l’époque.

L’ouvrage retrace aussi la naissance du prix Goncourt, aujourd’hui puissante institution. Récompense qu’un écrivain peut avoir une seule fois (sauf si on est Roman Gary/Emile Ajar mais ça c’est une autre histoire…)

Thierry Laget utilise les mots justes et sensibles pour cet essai, écrit de façon remarquable dans un style alerte, agréable et efficace.

Pour lire ce livre passionnant avec une tasse de thé ou un café et une madeleine pas besoin d’un questionnaire !

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard 

Thierry Laget
Extrait
Extrait
Le prix Goncourt 1919
Les frères Goncourt
Marcel Proust
À lire aussi
À lire aussi

Romy, une longue nuit de silence

Mot de l’éditeur :

Le 29 mai 1982, Romy Schneider s’est éteinte à l’âge de 43 ans. Que s’est-il passé la nuit de sa mort au 11, rue Barbet-de-Jouy, dans le VII e arrondissement de Paris ? 

Icône du cinéma français à la photogénie incroyable, que sait-on vraiment de Romy, de ses bonheurs, mais aussi de ses chagrins et de ses blessures, notamment depuis la mort de son fils quelques mois plus tôt ? 

Sarah Briand a marché dans ses pas, du chalet de son enfance à Berchtesgaden en Allemagne, près du nid d’aigle d’Adolf Hitler, jusqu’à l’appartement parisien où 

elle a passé ses dernières heures, pour nous livrer une série d’instantanés de ces moments intimes. 

Un portrait nourri de témoignages inédits d’amis, de réalisateurs, ses partenaires de cinéma et parfois de vie, comme celui qui fut son époux, Daniel Biasini, le père 

de sa fille Sarah, ou encore Alain Delon, qui rend pour la première fois, à la femme qu’il a aimée, un hommage exceptionnel.

Biographie de l’auteur :

Sarah Briand est Journaliste à France 2, réalisatrice de documentaires pour l’émission de Laurent Delahousse, Un jour, un destin.

À ce titre, elle a réalisé un film sur Simone Veil, dont elle a tiré un livre : « Simone, éternelle rebelle » (Seuil, octobre 2015)

Notre avis :

Une biographie poignante de Romy Schneider une étoile qui, trente ans après sa disparition, rayonne toujours au firmament du cinéma. Livre complet, fouillé, intéressant à lire pour découvrir la femme au-delà du mythe. Grâce au style fluide, direct et agréable de Sarah Briand ce livre peut se lire comme un roman.

L’auteure choisit de présenter la nuit de la mort de l’actrice (le 29 mai 1982 à Paris) et l’histoire de sa vie. Ses films, ses amours, ses peurs, les drames de son existence sont traités avec délicatesse, sensibilité et respect.

Romy Schneider aujourd’hui encore pour beaucoup est la princesse puis impératrice Sissi. La jeune comédienne a eu le courage de se détacher du personnage et refuser le quatrième film de la saga pourtant très bien rémunéré. Je pense aussi à Carrie Fisher et la Princesse Leia, certains rôles restent liés au destin de celles et ceux qui les interprètent.

Romy aura la chance de très vite être adoptée par le cinéma français.

L’un des fils conducteurs de ce récit est la relation avec Alain Delon qui livre à l’auteure des confidences inédites.

Cette œuvre montre toute la complexité de Romy Schneider. Le cinéma se mêle à la vie, la vie au cinéma, avec une protagoniste tantôt à l’extase, tantôt au désespoir, toujours passionnée et passionnante.

Ses traumatismes ont été à la hauteur de sa magnifique carrière d’actrice. La mort de son enfant David sera l’ultime et insupportable drame de sa vie.

Une biographie touchante que je ne peux que conseiller.

Fayard 

❤️❤️❤️❤️❤️

Le livre
Sarah Briand
Extrait
Extrait
Sissi
Avec sa mère Magda
La Piscine
La Piscine

Winter is coming

Parution 02/05/2019

Mot de l’éditeur : 

Une brève histoire politique de la fantasy

« Les dragons et les Hobbits ont toujours été des animaux politiques. Voyager avec eux, c’est prendre des détours pour mieux parler de l’indicible, c’est s’aventurer sur des chemins de traverse vers d’autres futurs. »

Grande fresque épique de fantasy inspirée des romans de G. R. R. Martin, Game of Thronesest désormais la série la plus célèbre au monde. Cette fascination pour un univers médiéval, dont les protagonistes craignent la venue d’un long hiver apocalyptique, fait écho aux angoisses contemporaines concernant le dérèglement climatique causé par l’activité humaine. 

G. R. R. Martin n’a pas été le premier auteur à utiliser la fantasy pour parler des dérives du monde moderne et d’écologie. À bien y regarder, le genre du merveilleux contemporain développé à la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne a constamment servi d’outil pour critiquer la société industrielle.

De William Morris à J. R. R. Tolkien en passant par Ursula Le Guin, Robert E. Howard ou Hayao Miyazaki, ce petit ouvrage invite à questionner la généalogie politique de la fantasy.

Biographie de l’auteur:

William Blanc est historien. Il est notamment l’auteur de Super-Héros, une histoire politique(Libertalia, 2018) et Le Roi Arthur. Un mythe contemporain (Libertalia, 2016).

DU MÊME AUTEUR
AUX ÉDITIONS LIBERTALIA

Notre article sur :

Notre avis :

William Blanc et les éditions Libertalia nous ont habitués à des textes très bien documentés qui ouvrent la voie à une vision “politique” et à des interprétations pas ordinaires des légendes, ou des Super-héros et maintenant de la Fantasy.

Winter is coming se presente toutefois au lecteur dans un gabarit différent par rapport aux précédents ouvrages de l’auteur, il s’agit d’un court essai format poche, qui donne envie de dire, j’en veux plus je ne veux pas que le livre se termine !

Écriture fluide et prenante, une fois sur les traces de William Morris, de Tolkien et des autres écrivains que nous retrouvons dans les pages de cet essai l’envie prédominante est de ne pas s’arrêter, de suivre les pistes. L’œuvre de Blanc est de celles qui nous « forcent » à lire davantage sur le sujet grâce aussi aux riches indications « pour aller plus loin » fournies par l’historien. 

J’ai été ravie de découvrir et lire « Winter is coming », les parallèles avec notre société et l’actualité sont plus que pertinents. La description de l’inspiration que Tolkien tire de William Morris (incroyable et éclectique personnalité de l’époque victorienne : artiste, penseur politique, traducteur, écrivain et éditeur) est aussi due à l’idée d’une modernité qui n’est pas uniquement porteuse d’un avenir meilleur pour la planète et ses habitants.

Une lecture que je recommande, à partager avec les fans de Games of Thrones certes, mais également avec celles et ceux qui se questionnent et ont envie d’ouvrir leur vision sur la littérature et l’écologie. « Winter is coming » est bien une métaphore de la menace croissante du réchauffement climatique. Évoquée constamment par le amateurs et les  exégètes de l’auteur, cette explication a été confirmée par George R. R. Martin en 2018.

Vous l’aurez compris pour moi c’est encore un livre intelligent chez Libertalia qu’il faut lire !

❤️❤️❤️❤️❤️

Libertalia

William Blanc
Game of Thrones
George R. R. Martin
William Morris
William Morris artiste et créateur
Roman de William Morris
4ème de couverture
Texte politique
Un conseil de lecture !
Un conseil de lecture !
Une biographie du jeune Tolkien que je conseille aussi.

Le Plancher de Joachim

Le magnifique livre de Jacques-Olivier Boudon vient de sortir en format poche dans la prestigieuse collection Folio histoire, il s’agit d’une édition augmentée.
Prix Georges Goyau de l’Académie française 2018

Mot de l’éditeur :

À quelques kilomètres d’Embrun dans les Hautes-Alpes, sur les bords du lac de Serre-Ponçon, jaillit soudain un château aux allures médiévales, le château de Picomtal. Au début des années 2000, les nouveaux propriétaires effectuant des travaux découvrent, au revers des planchers qu’ils sont en train de démonter, des inscriptions. Cent vingt ans plus, au début des années 1880, le menuisier qui a monté le parquet dans les différentes pièces s’est confié. L’homme sait qu’il ne sera lu qu’après sa mort. Il adresse un message outre-tombe et parle de lui, de ses angoisses, de sa famille, de ses voisins, faisant revivre une société villageoise confrontée au progrès économique matérialisé par l’arrivée du chemin de fer, mais aussi à l’avènement de la République. Mais c’est surtout quand il évoque les secrets des uns et des autres, quand il parle de sexualité, que Joachim Martin s’avère un témoin passionnant des moeurs souvent cachées de son temps. On dispose de peu de témoignages directs des gens du peuple, mais cette façon de s’exprimer est totalement inédite. Qui plus est ces confessions revêtent un caractère exceptionnel. À travers son témoignage, sur lui-même et son village, c’est ainsi toute une époque qui revit.

Biographie de l’auteur :

Jacques-Olivier Boudon, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, est professeur d histoire contemporaine à l’université Paris Sorbonne où il dirige aussi le Centre d’histoire du XIXe siècle et l’Ecole doctorale d’histoire moderne et contemporaine. Président de l’Institut Napoléon et directeur scientifique de la Bibliothèque Marmottan, il a publié une trentaine d’ouvrages consacrés à l’Empire et à l’histoire du XIXe siècle, dont deux couronnés par un prix de l’Académie des sciences morales et politiques.

Notre avis :

Le livre dont je vais vous parler, est plus que un coup de cœur, il fait partie d’une catégorie un peu à part que je définirais « s’émerveiller avec l’histoire » effet que j’ai eu aussi avec « Les Rois Thaumaturges » de Marc Bloch, « La naissance du Purgatoire de Jacques Le Goff et « Une petite ville nazie » de William S. Allen entre autres.

Le Plancher de Joachim de Jaques-Olivier Boudon est un véritable cadeau pour les habitués et amoureux des recherches historiques mais aussi pour celles et ceux qui pourraient s’y intéresser grâce à la beauté et accessibilité de cet essai.
Le livre, magnifiquement écrit, est le fruit de l’analyse et l’étude de 72 lattes dont les faces cachées se trouvent écrites par le menuisier qui, autour de 1880, accepte de refaire le parquet du château de Picomtal, ses écrits, tracés – sans doute – avec son crayon de travail dressent un portrait du village de Crottes, de la vie de la région et de la période historique que Joachim Martin traverse.

Je ne peux m’empêcher de penser à « Spoon River » d’Edgar Lee Masters où les morts témoignent de ce que furent des existences souvent marquées par la souffrance et la duplicité des membres de la communauté.
Notre menuisier sait que la lecture de ses planches adviendra après sa mort et il n’est donc pas apeuré par les jugements possibles, il écrit avec simplicité sa vision de l’époque qu’il vit en véhiculant un message puissant et rare.

Joachim, par exemple, éprouve un sentiment positif pour les avancées apportées par la République et, très lié à notre actualité, il manifeste son attachement à l’éducation pour toutes et tous.

Boudon reconstruit l’histoire de la famille de Joachim Martin en s’appuyant sur tous les documents de l’état civil et autres pièces écrites accessibles de nos jours, on a l’impression de connaître le menuisier et sa vie et de l’imaginer écrire ses mémoires sur les planches en bois qui sont son quotidien.
Un livre qu’il faut absolument savourer, offrir et partager, un témoignage unique, riche et passionnant.

Une recherche historique qui se lit comme un reportage, presque comme un roman, cet ouvrage vous ravira.

Je vous conseille également de suivre l’auteur et lire ses autres œuvres, j’en ai été conquise

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Éditions Belin et Folio histoire

Un artiste anglais, Vaughan Grylls a exposé, dans une  galerie londonienne, des sommiers faits de lattes de bois, sous  lesquelles on peut lire les propos de Joachim  traduits en anglais
Les planches
Édition Belin
Édition Folio
Édition Folio
Château de Picomtal
Jaques-Olivier Boudon

Soldats de la parole

Mot de l’éditeur :

« La plume est plus forte que l’épée. » Nous aimerions le croire, mais est-ce bien vrai ? Quel est le poids de la parole face aux armes ? C’est la question que pose Frank Westerman. Pour tenter d’y répondre, il entraîne le lecteur dans des situations très variées, comme dans un road movie, avec du suspense et non sans une pointe d’humour.

Enfant, Frank Westerman a été témoin, dans la petite ville où il habitait, de la prise d’otages d’un train par des Moluquois. Il nous fait revivre de façon poignante les différentes actions des rebelles moluquois et les longues et patientes négociations qui les accompagnent. Plus tard, comme correspondant, il a assisté aux représailles russes face à la terreur tchétchène. Il compare différentes approches : la méthode douce, dite « approche hollandaise », qui consiste à négocier, à gagner du temps pour tenter de convaincre les terroristes de renoncer à leur action et pour éviter à tout prix la violence et la méthode dure, celle de Poutine, contre les Tchétchènes par exemple, lors de la prise d’otages au théâtre de Moscou, qui a fait 128 morts, et de l’école de Beslan – 331 morts dont 150 enfants.

Frank Westerman prend un café avec un ex-preneur d’otages qui se confie longuement à lui. Il assiste avec le personnel navigant de la KLM à un stage d’entraînement comprenant une simulation de prise d’otages, puis à un stage pour apprendre à gérer la violence au personnel de différents corps de métiers régulièrement exposés à des situations critiques. À Paris, Frank Westerman assiste à une biennale rassemblant les experts du monde entier en matière de terrorisme. Les informations apportées sur l’évolution du terrorisme par Guy Olivier Faure, professeur en négociation internationale, permettent au lecteur de se forger une opinion sur l’évolution du terrorisme et sur les réponses possibles.

Dans cet essai, Frank Westerman, sans donner de réponse catégorique, invite le lecteur à réfléchir avec lui sur le terrorisme et sur la façon de l’affronter.

Biographie de l’auteur :

Né en 1964 à Emmen aux Pays-Bas, Frank Westerman est ingénieur agronome de formation. Dans les années 1990, il effectua de nombreux voyages en tant que journaliste à travers l’Afrique, l’Amérique latine et l’Europe de l’Est. En 1992, il part comme reporter couvrir le conflit en ex-Yougoslavie pour le quotidien néerlandais De Volksbrant. Il fut notamment l’un des seuls journalistes à réussir à pénétrer à Srebrenica lors du massacre de 1995. De cette expérience, il tire son premier roman : The Bridge over the Tara (1994). Entre 1997 et 2002, il fut correspondant à Moscou. Depuis 2002, Frank Westerman se consacre pleinement à l’écriture à Amsterdam, où il vit. Depuis, Frank Westerman a accumulé les marques de reconnaissance : Les ingénieurs de l’âme a reçu de nombreuses récompenses aux Pays-Bas et a été traduit en neuf langues. El Negro et moi, a reçu la Goldene Eule, l’équivalent du prix Goncourt pour les Pays-Bas et la Belgique. Ararat a figuré sur les dernières sélections du prestigieux prix AKO aux Pays-Bas. (Christian Bourgois Editeur)

Notre avis :

L’essai de Frank Westerman couvre une large période d’enquête basée sur différents types d’actions armées et d’actes terroristes, nous découvrons « la méthode hollandaise », cette volonté d’une issue sans violence ou au moins avec le moins d’agissements brutales possibles.

La terre natale de l’auteur est très présente dans la première partie du livre avec la découverte du village d’Ossendrecht 2, utilisé comme espace d’entraînement pour la police et les futurs médiateurs. 

L’auteur pour écrire ce livre a pris le chemin de l’immersion complète fréquentant les lieux qui lui permettront de  mieux comprendre la naissance et l’évolution du rôle de négociateur et l’évolution du terrorisme. 

En décembre 1975 au Pays Bas, a lieu une double prise d’otage par des réfugiés Moluquois au consulat général d’Indonésie qui fait un mort et la  prise en otage d’un train — la première du genre — dure treize jours. Le bilan sera de trois morts. La reconstruction de cette dernière action est minutieuse et permet aussi de connaître l’histoire des Moluquois.

Après le déclin de la Compagnie de Indes Orientale Hollandaise, nombre de Moluquois intégrèrent les rangs de l’armée Néerlandaise.  Ce ne fut pas sans conséquence après l’indépendance de l’Indonésie dans les années 50 quand ils tentèrent de créer une république autonome violemment combattue par l’Indonésie, alors qu’ils étaient abandonnés par les Hollandais. Une importante communauté Moluquoise Chrétienne s’enfuit aux Pays-Bas où leur situation est assez comparable à celle des Harkis en France. 

Quelle récit basé sur la rencontre avec Abé Sahetapy, le terroriste qui se faisait appeler Carlos dans la prise d’otage du train de 1975 et qui, après avoir purgé sa peine, devint poète et exemple de déradicalisation , sa vie mériterait un livre qui lui soit dédié.

Le voyage se poursuit avec l’analyse des attentas de Moscou en 2002 suivi nos tout récents actes accablants perpétrés à Paris en 2015 on y voit la difficulté de négocier avec des terroristes qui ont déjà décidé que mourir est plus qu’une option.

L’écrivain nous entraine dans son investigation grâce à sa solidité journalistique mais également grâce à sa plume et sa façon brillante de nous décrire son incursion dans le monde de la parole contre la violence.

Je terminerai par une citation qui se trouve dans Les annales du Disque-Monde, tome 2  Le huitième sortilège de Terry Pratchett :

« Ainsi Quimby périt-il sous les coups d’un poète mécontent au cours d’une expérience menée dans l’enceinte du palais pour prouver la justesse controversée du proverbe : « La plume est plus forte que l’épée », lequel proverbe on rectifia en sa mémoire par l’ajout de la phrase : « Seulement si l’épée est très courte et la plume très pointue »».

L’usage de la contrainte et d’interventions armées est bien évidemment parfois nécessaire et inévitable néanmoins, les émissaires de la parole, les porteurs du dialogue restent une force dont nous avons besoin.

Je crois à la supériorité du verbe, du savoir et de la tolérance sur toute forme de violence, À Paris où l’imagination fut brièvement au pouvoir en 1968, comme le dit l’auteur l’espérance d’un monde de dialogue reste présente.

Livre intéressant qui permet une réflexion importante sans jamais donner de leçons, 335 pages qui se lisent avec plaisir, je le conseille vivement.

Christian Bourgois

❤️❤️❤️❤️❤️

Frank Westerman
Extrait

Merci à Babelio et aux éditions Christian Bourgois pour cette découverte !

J.R.R. Tolkien à 20 ans : Prélude au Seigneur des Anneaux

Mot de l’éditeur :

Comment un respectable universitaire d’Oxford a-t-il pu devenir le plus grand auteur de fantasy ? La perte précoce de ses parents, les injustices subies par sa mère, son enfance dans les faubourgs viciés de Birmingham, la séparation forcée d’avec sa fiancée, Edith, et surtout l’expérience traumatisante de la guerre de 1914 ont forgé son caractère. Sa passion pour les mots et les langues, sa rencontre avec les grandes mythologies nordiques et sa foi religieuse inébranlable lui donneront la force d’accepter la mort et de la sublimer dans un récit d’un genre inédit, une nouvelle Genèse dont l’écriture commence pendant la Grande Guerre et qui donnera naissance des années plus tard au Seigneur des Anneaux.

Biographie de l’auteur :

Alexandre Sargos, journaliste et photographe, est l’auteur de plusieurs ouvrages, documentaires et grands reportages photographiques.

Notre avis :

Dans la belle collection «À 20 ans » des éditions Au diable vauvert vient de paraître « J.R.R. Tolkien à 20 ans : Prélude au Seigneur des Anneaux. »

Après les annonces de la publication de Tolkien en Pléiade et d’une grande exposition à la BNF,  le livre de Sargos peut être un excellent départ pour connaître les premiers pas de Tolkien.

Un ouvrage qui plaira aux amateurs et connaisseurs du père de Bilbo mais également à des éventuels néophytes ayant envie d’une « initiation » avant d’attaquer les livres du protagoniste de cet essai.

Écriture agréable, chapitres tous intéressants, le lecteur va rencontrer le jeune Tolkien, ses années difficiles, ses passions et ses inspirations.

J’ai aimé découvrir l’implication de la mère de Tolkien dans l’apprentissage des langues et de l’étymologie à son fils.

Tout à fait fascinante la description de la rencontre du « futur écrivain » avec l’œuvre de l’éclectique et géniale William Morris.

Nous découvrons ou redécouvrons le Tolkien conservateur, écologiste contre le progrès industriel et les machines mais aussi le Tolkien qui s’insurge contre la barbarie et la violence de l’homme, il soutient les suffragettes et sait remettre à sa place dans ses lettres et conférences le petit et néfaste personage d’Hitler.

Un bon moment de lecture.

❤️❤️❤️❤️❤️

Au Diable vauvert 

L’exposition à venir à la BNF :

2019 sera incontestablement une belle année pour tous les fans du Seigneur des anneaux et du Hobbit. Et pour cause, la BNF, comprenez la Bibliothèque Nationale de France, consacrera en effet une immense exposition à l’œuvre de l’écrivain britannique J.R.R. Tolkien.

A découvrir dès le 21 octobre 2019 jusqu’au mois de janvier 2020, cette exposition, annoncée comme la plus grande rétrospective française dédiée à Tolkien, plongera les fans dans l’univers de cet immense génie.

En savoir plus sur :

https://www.sortiraparis.com/arts-culture/exposition/articles/181608-une-immense-expo-autour-de-j-r-r-tolkien-a-la-bnf-de-paris-a-l-automne-2019#AKq5HwSGP0gphgzt.99

Tapisserie de William Morris

La saga des intellectuels français, 1944-1989

Mot de l’éditeur :

Nul n’était aussi bien armé que François Dosse pour relever le défi : une histoire panoramique et systématique de l’aventure historique et créatrice des intellectuels français, de la Libération au bicentenaire de la Révolution et à la chute du mur de Berlin. Son Histoire du structuralisme en deux volumes, son attention à la marche des idées, ses nombreuses biographies (de Michel de Certeau, Paul Ricoeur, Pierre Nora, Cornelius Castoriadis) lui ont donné, depuis vingt ou trente ans, une connaissance assez intime de la vie intellectuelle de la seconde moitié du XXe siècle pour lui permettre de couronner son oeuvre par une tentative de cette envergure. Le premier volume, 1944-1968, couvre les années Sartre et Beauvoir et leurs contestations, les rapports contrastés avec le communisme, le choc de 1956, la guerre d’Algérie, les débuts du tiers-mondisme, l’irruption du moment gaullien et sa contestation : un temps dominé par l’épreuve de l’histoire, l’influence du communisme et la progressive désillusion qui a suivi. Le second volume, 1968-1989, va de l’utopie gauchiste, de Soljenitsyne et du combat contre le totalitarisme, à la « nouvelle philosophie », l’avènement d’une conscience écologique, la désorientation des années 80 : un temps marqué par la crise de l’avenir et qui voit s’installer l’hégémonie des sciences humaines. Ce ne sont là que quelques-uns des points de repère de cette saga, qui embrasse une des périodes les plus effervescentes et créatrices de l’intelligentsia française, de Sartre à Lévi-Strauss, de Foucault à Lacan. Le sujet a déjà suscité une énorme bibliographie, mais une fresque de pareille ampleur est appelée à faire date.

Notre avis :

Ce livre nous parle d’un temps que les moins de 50 ans peuvent ne pas connaître: un temps où les politiques avaient des idées, et les idéologues de la foi.

Les 2 tomes se lisent comme un roman d’aventure, que dis-je de récit de guerre : « la chute » , « le deuxième sexe » , « Race et histoire », « l’anti-oedipe », « la barbarie à visage humain » sont autant de places-fortes attaquées et défendues par les lumières d’époques révolues.

De la Libération à la chute du mur de Berlin, ce livre raconte les grands et petits faits de la saga des intellectuels français.

C’est un régal pour l’esprit que de se laver la cervelle des tweets tristes du quotidien par les pamphlets, par les éditoriaux d’antan qui avaient autrement plus de style, de panache.

En racontant les contextes des créations des œuvres majeures de la seconde partie du 20e siècle, François Dosse nous offre la possibilité de les redécouvrir.

Evidement pour tous ceux qui n’ont pas fait de grandes études littéraires certains noms ne siègent qu’à la périphérie des mémoires, on les connait, on en a parfois lu quelques uns au lycée et surtout pas depuis, on en a quelques fois vu quelques interviews au dessus de l’assiette, mais cela s’arrête là.

Ce livre me fait rêver qu’il soit possible de réveiller notre soif de l’esprit, peut-être qu’un lecteur improbable découvrira au fil des pages un penseur, qu’il aura envie de s’approprier davantage et par là augmentera sa part d’humanité.

Pour cela M. l’auteur : Merci

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard