Une farouche liberté

Mot de l’éditeur :

Gisèle Halimi  : Soixante-dix ans de combats, d’engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Et la volonté, aujourd’hui, de transmettre ce qui a construit cet activisme indéfectible, afin de dire aux nouvelles générations que l’injustice demeure, qu’elle est plus que jamais intolérable. Gisèle Halimi revient avec son amie, Annick Cojean, qui partage ses convictions féministes, sur certains épisodes marquants de son parcours rebelle pour retracer ce qui a fait  un destin. Sans se poser en modèle, l’avocate qui a toujours défendu son autonomie, enjoint aux femmes de ne pas baisser la garde, de rester solidaires et vigilantes, et les invite à prendre le relai dans le combat essentiel pour l’égalité à l’heure où, malgré les mouvements de fond qui bouleversent la société, la cause des femmes reste infiniment fragile. 

Depuis l’enfance, la vie de Gisèle Halimi est une fascinante illustration de sa révolte de «  fille  ». Farouchement déterminée à exister en tant que femme dans l’Afrique du Nord des années 30, elle vit son métier comme un sacerdoce et prend tous les risques pour défendre les militants des indépendances tunisienne et algérienne et dénoncer la torture. Avocate plaidant envers et contre tout pour soutenir les femmes les plus vulnérables ou blessées, elle s’engage en faveur de l’avortement et de la répression du viol, dans son métier aussi bien que dans son association «  Choisir  la cause des femmes ». Femme politique insubordonnée mais aussi fille, mère, grand-mère, amoureuse… Gisèle Halimi vibre d’une énergie passionnée, d’une volonté d’exercer pleinement la liberté qui résonne à chaque étape de son existence. 

«  Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque  »  : ces mots de René Char, son poète préféré, pourraient définir Gisèle Halimi, cette «  avocate irrespectueuse  », et sa vie de combats acharnés pour la justice et l’égalité.

Biographie de l’auteur :

Grand reporter au Monde, Annick Cojean est notamment l’auteur des Proies (Grasset, 2012) et de Je ne serais pas arrivée là si (Grasset, 2018), disponibles au Livre de poche.

Avocate, militante féministe, femme politique, Gisèle Halimi a accompagné tous les grands combats de la deuxième moitié du XXe siècle. Née en 1927 en Tunisie et décédée à Paris le 28 juillet 2020.

Elle est l’autrice de grands livres autobiographiques parmi lesquels Le lait de l’oranger (1988), Avocate irrespectueuse (2002), Ne vous résignez jamais (2009), tous disponibles en poche.

Notre avis :

Annick Cojean nous fait parcourir, découvrir ou redécouvrir les rêves, le parcours et les actions de Gisèle Halimi.

L’avocate qui avec ses convictions et son engagement a défié les puissants et rassemblé des armées d’intellectuels comme un « chevalier sans peur ».

Les héroïnes comme elle doivent être connues et rester dans l’histoire. (Il faut lire les premières pages du livre pour mieux comprendre mes quelques lignes sur les héros et les héroïnes …)

Le texte se lit comme un roman, la vie de Gisele Halimi est un roman.

Une grève de la faim à 10 ans pour obtenir le droit de ne pas être obligée de servir ses frères, une grande passion pour les écrivains français lus en cachette et une soif de liberté et de justice inébranlable.

Son chemin, ses batailles elle les gagne grâce à sa persévérance et sa force de caractère, première femme à participer à un concours d’éloquence de jeunes avocats elle ouvre des portes qui lui seraient normalement fermées.

Ses avancées dans la profession coïncident à des combats pour les faibles et pour les femmes qui n’auraient pas forcément trouvé de voix sans elle.

Dans ce livre nous pouvons découvrir une attitude très Gandhienne à se mettre en danger pour une cause, vivre le chemin et les déceptions politiques, imaginer l’ambiance des batailles menées et financées par des personnalités comme Leonor Fini, artiste que j’admire énormément, moins connue que ses contemporains hommes mais certainement pas moins talentueuse. Percevoir les liens très forts avec Sartre et avec Guy Bedos et sa famille.

Le témoignage d’une femme d’exception à lire et à partager.

« Une farouche liberté » est un coup de cœur pour moi.

Le livre sortira le 19/08/2020.

❤️❤️❤️❤️❤️

Grasset

Gisele Halimi
Annick Cojean
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Procès de Bobigny
Leonor Fini

Capitalisme et idéologie

Mot de l’éditeur :

Toutes les sociétés humaines ont besoin de justifier leurs inégalités : il faut leur trouver des raisons, faute de quoi c’est l’ensemble de l’édifice politique et social qui menace de s’effondrer. Les idéologies du passé, si on les étudie de près, ne sont à cet égard pas toujours plus folles que celles du présent. C’est en montrant la multiplicité des trajectoires et des bifurcations possibles que l’on peut interroger les fondements de nos propres institutions et envisager les conditions de leur transformation.
À partir de données comparatives d’une ampleur et d’une profondeur inédites, ce livre retrace dans une perspective tout à la fois économique, sociale, intellectuelle et politique l’histoire et le devenir des régimes inégalitaires, depuis les sociétés trifonctionnelles et esclavagistes anciennes jusqu’aux sociétés postcoloniales et hypercapitalistes modernes, en passant par les sociétés propriétaristes, coloniales, communistes et sociales-démocrates. À l’encontre du récit hyperinégalitaire qui s’est imposé depuis les années 1980-1990, il montre que c’est le combat pour l’égalité et l’éducation, et non pas la sacralisation de la propriété, qui a permis le développement économique et le progrès humain.
En s’appuyant sur les leçons de l’histoire globale, il est possible de rompre avec le fatalisme qui nourrit les dérives identitaires actuelles et d’imaginer un socialisme participatif pour le XXIe siècle : un nouvel horizon égalitaire à visée universelle, une nouvelle idéologie de l’égalité, de la propriété sociale, de l’éducation et du partage des savoirs et des pouvoirs.

Biographie de l’auteur :

Thomas Piketty, né le 7 mai 1971 à Clichy, est un économiste français.

Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), ancien élève de l’École normale supérieure (promotion 1989 Sciences) et docteur en économie de l’EHESS, il fut chercheur à la London School of Economics et est un spécialiste de l’étude des inégalités économiques, en particulier dans une perspective historique et comparative, et auteur du livre Le capital au xxie siècle (2013).

En 2002, il reçoit le prix du meilleur jeune économiste de France et, en 2013, le prix Yrjö Jahnsson. Après avoir joué un rôle majeur dans la fondation de l’École d’économie de Paris, il y est professeur depuis 2014.

Notre avis :

Comment donner un avis sur une fresque historique retraçant l’évolution des pratiques capitalistiques et des idéologies qui les ont soutenues  ?

Que ce soit de l’invention de l’héritage, du colonialisme et de sa fin, de la montée en puissance de la Chine, Thomas Piketty donne les clefs pour déchiffrer l’actualité.

Ce livre démontre que l’économie n’est une science exacte que lorsqu’elle explique le passé. A l’heure où les médias nous imposent des experts affirmant doctement ce qu’il faut faire parce que «  ce n’est plus possible  », Piketty ose jeter un pavé à la tête de ces médecins du «  laisser faire  ».

Les opinions peuvent être diverses et opposées, mais les faits sont têtus : les inégalités de fortune ne sont pas inscrites dans le marbre, mais sont le fruit du génie humain et surtout des lois.

Dans un style très accessible, il explicite la lutte constante des intérêts des très peu, les possédants, contre la démocratie, celle-ci ayant tendance à les déposséder.

Il est cruel, explique l’auteur, de comprendre dans sa démonstration implacable les causes de la démission des états face à l’hyper-capitalisme. Les petits propriétaires se croyant ciblés par les programmes de lutte contre les inégalités se réfugiant  dans des idéologies libérales où des kleptocrates les dépouillent tout doucement.

«  Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément  » est clairement la marque du style de «  Capitalisme et idéologie  » qui se lit comme un roman car dépouillé de formules mathématiques, signature parfois de textes difficilement accessibles à un public non formé.

Je ne dirai rien des solutions proposées, car il appartient au lecteur de se faire sa propre opinion, une fois éclairée.

Pour celles et ceux dont les grands principes de l’économie seraient un peu rouillés, je peux conseiller de parcourir à coté «  Economix,  la première histoire de l’économie en BD  ».

Bonne lecture !

❤️❤️❤️❤️❤️

Le Seuil

Thomas Piketty
Extrait
Conseil de lecture

Le Consentement

Mot de l’éditeur :

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin «  impérieux  » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.

«  Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence  : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre  », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d’une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l’ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d’une époque, et la complaisance d’un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.

Biographie de l’auteur :

Vanessa Springora, née le 16 mars 1972 est une éditrice, écrivaine et réalisatrice française. Elle publie, début janvier 2020, l’ouvrage Le Consentement, témoignage de sa relation avec Gabriel Matzneff

lorsqu’elle était adolescente et lui adulte.

Notre avis :

Quand j’étais enfant et faisais un cauchemar, j’imaginais enfermer les méchants dans un tableau, Vanessa Springora avec «Le Consentement » dit vouloir “prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre”

Elle nous raconte son enfance et son milieu familial qui la prédisposait à la future fascination pour un écrivain admiré, le sulfureux Gabriel Matzneff.

Il ne s’agit pas d’un viol explique l’autrice mais de l’histoire de l’emprise qu’un homme brillant et cultivé peut exercer sur une jeune fille et de l’indifférence du milieu littéraire des années 80…

Olivia de Lamberterie décrit très bien, à mon avis, la complexité de ce texte : « J’ai trouvé que c’était un livre admirable, très intelligent, avec beaucoup de distance, très honnête et donc très déchirant“.

Effectivement c’est déchirant de lire comment les institutions et les proches ont joué aux « trois singes sans sagesse » en se cantonnant à un trop facile « Ne vois pas », « N’entends pas », « Ne parle pas ». 

L’autrice décrit aussi l’attitude de sa mère qui m’a profondément perturbée. Elle considère sa fille comme une adulte à un âge où le besoin de repères est encore très fort.

Cet ouvrage décortique habilement les procédés de G.M. qui charme ses victimes et futurs personages de ses romans ou de ses carnets.

Par rapport à l’œuvre de Mazneff la solution, declare Vanessa Springora, serait que, si on réédite les journaux, ils soient accompagnés d’un avertissement, « afin de montrer que certaines publications ont pu exister, qu’elles sont le marqueur d’une époque », dit-elle. « Mais je ne suis pas une défenseure de la censure, pas du tout. »

Que les mots de ce livre soient libérateurs pour toutes celles et ceux qui pensent être coupables et sont en réalité victimes de la force de la manipulation.

❤️❤️❤️❤️❤️

Grasset 

Vanessa Springora
Extrait
Extrait
Extrait
Quartier Saint-Germain-des-Prés
Lycée et Prepa Fénelon

Lisière Voyage aux confins de l’Europe

Mot de l’éditeur :

Quand Kapka Kassabova retourne en Bulgarie, son pays natal, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, c’est à la frontière avec la Turquie et la Grèce qu’elle se rend. Une zone inaccessible lorsqu’elle était enfant et que la guerre froide battait son plein, un carrefour qui grouillait de militaires et d’espions.

Au gré de son voyage, l’autrice découvre les lieux qui furent dominés par des forces successives, de l’Empire ottoman au régime soviétique, et baignés de mythes et de légendes. Son livre est peuplé de magnifiques portraits de contrebandiers, chasseurs de trésors, botanistes et gardes-frontières, et aussi de migrants.

Lisière est à la fois le récit d’une immersion dans les coulisses de l’Histoire, un regard neuf sur la crise migratoire en Europe et une plongée au coeur de géographies intimes. Il se situe à mi-chemin entre les oeuvres de Ryszard Kapuscinski et de Svetalana Alexievitch.

Biographie de l’auteur :

Kapka Kassabova est née à Sofia en 1973. Elle y a grandi jusqu’à ce que sa famille quitte le pays après la chute du Mur. Elle habite aujourd’hui en Écosse et se consacre à l’écriture. Lisière a reçu plusieurs prix au Royaume-Uni et a été acclamé par une presse unanime.

Notre avis :

Quel merveilleux voyage a été ce livre.

«Lisière » est une méditation admirable et évocatrice sur des frontières réelles et imaginaires. 

J’ai été complètement fascinée par l’écriture de cet ouvrage, l’autrice tisse une exquise toile en conjuguant le mythique et le réel.

La prémisse principale de ce texte tourne autour du retour de l’autrice en Bulgarie après avoir émigré il y a vingt-cinq ans. Son objectif est d’explorer la frontière que la Bulgarie partage avec la Turquie et la Grèce. J’ai apprécié la façon de combiner l’histoire, le mysticisme et la spiritualité avec les vrais récits d’individus rencontrés.

Kapka Kassabova propose une trame riche.

Elle fait des allers-retours dans le temps, décrivant à la fois les peuples qui ont vécu au même endroit pendant des siècles et ceux qui ont été déracinés à maintes reprises, souvent plusieurs fois en une génération.

L’écriture de Kassabova est élégante et lyrique avec une sorte de mélancolie envoûtante qui plonge le lecteur dans le paysage qu’elle explore.

Je recommande vivement ce livre.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Marchialy

Kapka Kassabova
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Bulgarie
Frontière
Représentation de Nessos

Sur les traces de nos peurs

Préface de François Hartog

Plongée dans les mentalités du Moyen Âge et les peurs de nos ancêtres, au premier chef desquelles : les épidémies.

C’est une plongée dans les peurs du Moyen Âge, en écho à nos peurs contemporaines, qu’offre cet entretien avec le grand médiéviste Georges Duby. Angoissés par leur survie, menacés par les épidémies et familiers de la mort, nos ancêtres, violents mais solidaires, ne connaissaient pas la solitude qui accompagne la misère d’aujourd’hui.

Délivrés à l’aube du troisième millénaire, le récit et l’analyse de Duby demeurent d’une étonnante actualité et nous frappent autant par les différences que les concordances avec les mentalités médiévales au travers de cinq grandes peurs : de la misère, de l’autre, de la violence, de l’au-delà, et bien sûr, peur des  épidémies.

« Explorer les mentalités d’hier permet d’affronter plus lucides les dangers d’aujourd’hui » : le message de l’historien fait de cet ouvrage un précieux viatique.

*première édition en 1995 sous forme illustrée avec le titre An 1000, an 2000, sur les traces de nos peurs, Textuel

François Hartog, né en 1946, est historien. Il occupe la chaire d’historiographie ancienne et moderne à l’EHESS. Il est notamment l’auteur de Croire en l’histoire (Flammarion, 2015) et de Chronos, l’Occident aux prises avec le temps (Gallimard, septembre 2020).

Biographie de l’auteur :

Georges Duby (Paris, 1919 – Aix-en-Provence, 1996), professeur au Collège de France, membre de l’Académie française, fut de ceux à qui le renouvellement des études médiévales doit le plus. S’intéressant tour à tour aux réalités économiques, aux structures sociales et aux systèmes de représentations, il fut notamment l’auteur de Guerriers et paysans, Les trois ordres ou L’imaginaire du féodalisme, Le chevalier, la femme et le prêtre, Guillaume le Maréchal, Le temps des cathédrales, Saint Bernard – L’art cistercien, Dames du XIIᵉ siècle.

Notre avis :

Les éditions Textuel publient une nouvelle édition de ces précieux récits, avec la très pertinente préface de François Hartog.

Georges Duby est toujours un régal à lire loin des conventions, il est un divulgateur sans pairs.

Si vous connaissez et aimez l’historien, ce qui est mon cas, vous pourriez ne pas connaître cet ouvrage, si le médiéviste vous est étranger, ce livre peut être une excellente entrée en matière.

Les concepts abordés pour décrire les peurs de l’An 1000 et celles de l’an 2000 sont tout à fait actuels.

Le lecteur se passionnera pour la vivacité et l’acuité du témoignage fourni.

Mention spéciale, à mon avis, à la description du rôle de Saint François d’Assise et de sa congrégation et au paragraphe sur Le Décaméron de Boccace qui nous conte l’isolement de dix jeunes hors Florence lors de La Grande Peste. Duby fait un parallèle avec les Sida et autres fléaux modernes mais, en cette année 2020, une pensée au confinement est inévitable.

Ces entretiens avec Georges Duby éclairent sur notre passé et sur les fondements de notre évolution sociale dans un present où l’immédiateté domine cette réflexion est nécessaire.

« Sur les traces de nos peurs » est une oeuvre très intéressante, une étude des mentalités offrant un grand plaisir de lecture.

À recommander !

❤️❤️❤️❤️❤️

Textuel 

Georges Duby
Extrait
Représentation de Saint François d’Assise
Extrait
Paris Médiéval
Extrait
Le Décaméron

Madame S

Mot de l’éditeur : 

Le destin exceptionnel de Marguerite Steinheil, intrigante maîtresse de Félix Faure, ni coupable ni victime. Cataloguée « putain de la République », accusée de meurtre, traînée dans la boue, le traitement de Madame S. par la justice puis par l’histoire en dit long sur notre rapport à la sexualité, au pouvoir et à la liberté des femmes.

L’anecdote est célèbre : alors que le président Félix Faure agonise, sa  » connaissance  » s’est sauvée par l’escalier de service. Cette mort en épectase va changer le cours de l’affaire Dreyfus et bouleverser le destin de celle que l’on surnomme depuis la  » pompe funèbre « … 

Intriguée par cette  » putain de la République « , une journaliste recluse décide d’enquêter sur cette si mystérieuse Madame S. et sur les secrets d’un État français toujours aux prises avec les mêmes démons : antisémitisme, antiféminisme, petits arrangements entre amis et journaux avides de scandales. 

Sylvie Lausberg livre un passionnant thriller historique sur les traces volontairement effacées de Marguerite Japy-Steinheil, personnalité troublante qui sauvera sa tête grâce à un art virtuose du mensonge, un charme dévastateur et une profonde intelligence politique, restés ensevelis sous des torrents d’injures misogynes qui en disent long sur notre rapport au sexe, au pouvoir et aux femmes qui en jouent.

Biographie de l’auteur :

Sylvie Lausberg est historienne, diplômée de l’Université Libre (laïque) de Bruxelles et psychanalyste (Le Questionnement psychanalytique, www.questionnement.be), je dirige à Bruxelles le département Etude & Stratégie du Centre d’Action Laïque.

Pendant (1987-2002) et après ma carrière de journaliste dans la presse écrite et à la Radio-Télévision belge, j’ai publié de nombreux essais, articles et ouvrages sur notre rapport à l’autre, les femmes dans l’histoire, le sexisme, le féminisme, mais également sur l’antisémitisme. 

Entre 2007 et 2012, j’ai conçu des expositions internationales, ainsi que leurs catalogues, sur les relations entre juifs et musulmans au Maroc et ensuite sur les relations entre le Maroc et l’Europe. 

J’ai aussi réalisé deux moyen métrage à destination du grand public ; le premier sur l’histoire du droit à l’avortement en Belgique, le second sur la déportation des Juifs de Belgique et la rafle du 3 septembre 1942 à Bruxelles.

Impliquée dans la transmission d’un savoir scientifique au plus grand nombre, je participe régulièrement à des émissions de radio ou de télévision sur les sujets qui me tiennent à coeur. Ces enregistrements sont également disponibles sur le site. 

Sur le plan institutionnel, je suis vice-présidente du Conseil des Femmes Francophones de Belgique (CFFB) et Présidente de la Commission « Ethique »

Membre du Conseil fédéral de l’Égalité des chances entre les Femmes et les Hommes depuis 2009 (cf. dernière nomination par A.R. du 27 novembre 2012)

Chargée de séminaire à l’Ecole de Santé Publique (ULB) – Formation continue « Élucidation de la pratique psychanalytique » à destination des psychologues actifs dans les centres de santé mentale, centres de planning, etc.

Conférencière invitée à l’UCL en Master en Psychologie, depuis l’année académique 2012-2013, sur l’accès à l’IVG en Belgique et sur les inégalités entre hommes et femmes en Belgique.

Notre avis :

Une journaliste entre deux affectations loue la maison de Séverine, à Pierrefonds, résidence qu’elle avait baptisée « Les Trois marches » en souvenir de l’hôtel de Rennes, où elle demeurait pendant le procès en révision de Dreyfus en 1899. Le lieu de vie de Séverine, journaliste et féministe, unique femme présente au procès de Madame S. pour le meurtre de sa mère et de son époux Adolphe, inspirera notre narratrice dans ses recherches sur Marguerite Steinheil maîtresse de Félix Faure, le Président décédé le 16 février 1899, dans ses bras, ou, pour être plus précis, dans son lit.

« Il voulait être César, il a fini Pompée » se serait moqué Clémenceau. L’histoire de cette mort et celle de la vie de cette femme complexe apparaît, au fil des pages de la passionnante reconstruction de Sylvie Lausberg comme un peu plus intriquée.

Le livre est passionnant, le lecteur est transporté dans les conspirations des salons parisiens à une époque d’obscurs complots et de changement profonds.

L’affaire Dreyfus est une pièce importante dans cette œuvre, tout comme l’a été dans la réalité politique dominant les chroniques et divisant les français.

Grâce à un travail de recherches historiques rigoureux et étendu, Sylvie Lausberg propose des hypothèses et trouve des éléments qui donnent vie à Mme S. et à l’incroyable “roman de sa vie », le talent de l’autrice est remarquable quand il s’agit de ciseler la psychologie des personnages qui ont pris part aux intrigues qui nous sont révélées.

À lire absolument !

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Slatkine et cie

Sylvie Lausberg
Le livre
Extrait
Marguerite Steinheil
Séverine, pseudonyme de Caroline Rémy
Le lieu des faits : 6 bis impasse Ronsin à Paris
Félix Faure
Journal de l’époque
Journal de l’époque
Journal de l’époque
Dreyfus
J’Accuse…!

À l’épreuve de la violence. Beauvau 2014-2015

Mot de l’éditeur et de l’auteur :

« Au moment où j’entre Place Beauvau, je ne sais pas à quel point je resterai marqué, à tout jamais, par la succession des tragédies qui viendront endeuiller le pays, en donnant au ministère de l’État, sa dimension de citadelle profondément humaine. 

Dans mes pensées, le pressentiment des heures sombres à venir a laissé place, peu à peu, aux certitudes. La question n’est plus de savoir si les éléments se déchaîneront, ou si par miracle nous serons épargnés, mais bien de deviner quand le tonnerre grondera, après que la foudre se sera abattue sur nous. »

B. C.

Confronté au quotidien à toutes les violences – terroriste, verbale, psychologique –, Bernard Cazeneuve a dû tenir le cap et rassurer les Français. Mais, du drame de Sirvens avec la mort de Remi Fraisse aux attentats qui ont endeuillé la France, en passant par les soubresauts de la crise migratoire et les nécessaires réformes à mener, notamment celle du renseignement intérieur, celui qui restera comme un très grand ministre de l’Intérieur ne nous cache rien des moments d’anxiété et de solitude qu’il a dû aussi affronter. 

Ce témoignage passionnant et profondément sincère sur la vie et l’action d’un ministre de l’Intérieur – quand, à chaque minute, il faut faire face à des situations politiques et humaines inédites – est aussi un récit tendu, très finement écrit, qui se lit d’une traite.

Biographie de l’auteur :

Longtemps député-maire de Cherbourg, Bernard Cazeneuve a été ministre de l’Intérieur d’avril 2014 à décembre 2016. Sur son passage comme Premier ministre à Matignon il a écrit Chaque jour compte, paru chez Stock en octobre 2017.

Notre avis :

A l’épreuve de la violence, tome où  Bertrand Cazeneuve revient sur ses années de Ministre de l’Intérieur Place Beauvau d’avril 2014 à décembre 2015 est le premier de deux volumes.

Le deuxième volet est en cours d’écriture.

Un récit très personnel, posé et respectueux même quand il s’autorise quelques piques dirigées vers ses amis politiques ou ses adversaires.

La bienveillance n’empêche pas la raison : pour Cazeneuve la piste de la déchéance de nationalité après les attentats de novembre 2015 a été «une erreur funeste dont le coût moral et politique fut élevé»

Une lecture qui trace la vision de l’ancien ministre sur les événements et les émotions personnelles qui accompagnent sa difficile fonction.
Cet ouvrage nous permet de mieux saisir l’organisation interne de la Place Beauvau avec ses codes et ses règles mais en plus des aspects politiques qu’il décrypte, c’est un texte profondément humain, une intéressante introspection.
Ce retour vers une époque encore très proche est agréable à lire.

❤️❤️❤️❤️

Stock 

Bernard Cazeneuve
Le livre
Extrait
Extrait
Dédicace du livre à Paris

Victoria : Reine d’un siècle


Mot de l’éditeur :

« Je ferai de mon mieux… » 

C’est par ces mots qu’à l’âge de onze ans, Victoria accueillit la nouvelle de son accession au trône britannique. Point d’exultation, point de fanfaronnade à l’idée de régner, mais une ferme résolution qui n’ignorait ni les difficultés ni la grandeur de la tâche. 

Pourtant, quand en 1837, tout juste âgée de dix-huit ans, elle devint reine du Royaume-Uni, elle tint à monter seule sur le trône, rejetant l’influence de sa mère et des conseillers que celle-ci cherchait à lui imposer. Forte du soutien éclairé de son mari le prince Albert, bientôt mère d’une très nombreuse famille, c’est avec passion qu’elle exerça son métier de reine, n’épargnant aucun effort pour exalter le rayonnement de la monarchie constitutionnelle et exercer un pouvoir politique réel. 

Victoria, impératrice des Indes, « grand-mère de l’Europe », régna près de 65 ans (moins désormais qu’Élisabeth II) et son image se confond, aujourd’hui plus que jamais, avec celle de son siècle. Elle est devenue au fil du temps, l’immense icône d’un Empire britannique à son apogée. C’est la vie surprenante de cette femme au caractère bien trempé, souvent exaltée derrière une façade volontairement austère, que Joanny Moulin nous invite à découvrir. En racontant la vie de Victoria, il fait revivre sous nos yeux un siècle d’histoire britannique.

Biographie de l’auteur :

Spécialiste de littérature anglaise, Joanny Moulin est professeur à l’université de Provence (Aix-Marseille I). Outre des ouvrages sur divers poètes de langue anglaise, il a récemment publié Elisabeth : La reine de fer (Editions du Cerf 2015).

Notre avis :

Grâce à son analyse psychologique et à la lucidité du récit historique en passant par un style d’une netteté étonnante Joanny Moulin nous propose un livre qui se lit avec plaisir et qui traverse la longue vie de Victoria et les évolutions de son siècle.

Cette biographie est captivante et intéressante, à lire pour découvrir la femme et la reine dans l’année du bicentenaire de sa naissance.

Un règne de plus de 63 ans, 10 Premiers ministres. Le 24 mai 1819, Victoria la fille du prince Édouard-Auguste, duc de Kent -quatrième fils du roi George III, roi atteint d’une maladie mentale- et de Marie-Louise Victoire de Saxe-Cobourg Saalfed naît à Londres. Elle accèdera au trône dans un contexte politique difficile.

Cet ouvrage est l’histoire d’une femme qui fut très seule toute sa vie, que l’on tentât souvent de manipuler mais qui ne se laissa pas faire, même dans son plus jeune âge.

Je vous conseille cette lecture.

❤️❤️❤️❤️❤️

Flammarion 

Joanny Moulin
Extrait
Extrait
La Reine Victoria et Albert
Photo de famille
Film à voir aussi
La série Victoria

Proust, prix Goncourt. Une émeute littéraire

Mot de l’éditeur :

10 décembre 1919 : le prix Goncourt est attribué à Marcel Proust pour À l’ombre des jeunes filles en fleurs. Aussitôt éclate un tonnerre de protestations : anciens combattants, pacifistes, réactionnaires, révolutionnaires, chacun se sent insulté par un livre qui, ressuscitant le temps perdu, semble dédaigner le temps présent. Pendant des semaines, Proust est vilipendé dans la presse, brocardé, injurié, menacé. Son tort? Ne plus être jeune, être riche, ne pas avoir fait la guerre, ne pas raconter la vie dans les tranchées. 

Retraçant l’histoire du prix et les manœuvres en vue de son attribution à Proust, s’appuyant sur des documents inédits, dont il dévoile nombre d’extraits savoureux, Thierry Laget fait le récit d’un événement inouï – cette partie de chamboule-tout qui a déplacé le pôle magnétique de la littérature – et de l’émeute dont il a donné le signal.

Biographie de l’auteur :

Thierry Laget est né à Clermont-Ferrand, en 1959.

Après avoir vécu en Auvergne, en Touraine, en Toscane, en Île-de-France, il s’est établi en Bretagne.

Romancier, il a publié huit volumes, dont, chez Gallimard, Iris (1991), qui a obtenu le prix Fénéon 1992, Roman écrit à la main (2000), Supplément aux mensonges d’Hilda (2003), Madame Deloblat (2006) et La Lanterne d’Aristote (2011, prix de l’Académie française Maurice Genevoix 2012).

À la collection « L’un et l’autre » — dirigée, chez Gallimard, par J.-B. Pontalis —, il a donné Florentiana (sur la ville de Florence), La Fiancée italienne (biographie d’Alaïde Banti, liée au mouvement des Macchiaioli, peintres pré-impressionnistes toscans), À des dieux inconnus (sur les livres, la lecture et l’apprentissage de la réalité), Portraits de Stendhal et Bibliothèques de nuit.

Il est également l’auteur de nouvelles (Atlas des amours fugaces aux éditions de l’Arbre vengeur et Dix manteaux rouges, Gallimard, sélectionné pour le Goncourt de la nouvelle 2018), d’une suite de méditations en prose, accompagnées d’eaux-fortes de Christiane Vielle, Bergers d’Arcadie (Fata Morgana, 1995), d’un poème en prose, Les Quais minéraliers, avec des aquatintes de Christiane Vielle (Al Manar, 2004) et d’un recueil de poèmes, Semer son ombre, avec des gravures de Julius Baltazar (Al Manar, 2009).

Il a collaboré à l’édition d’À la recherche du temps perdu dans la bibliothèque de la Pléiade, sous la direction de Jean-Yves Tadié, procuré des éditions de textes de Jacques Rivière (Quelques progrès dans l’étude du cœur humain), de Marcel Proust (Le Côté de Guermantes et Les Plaisirs et les Jours) et de Gustave Flaubert (Madame Bovary). En 2019, à l’occasion du centenaire de l’attribution du prix Goncourt à À l’ombre des jeunes filles en fleurs, il publie Proust, prix Goncourt. Une émeute littéraire.

Il a préfacé Monsieur Stark, roman de l’écrivain suisse Pierre Girard (1892-1956), dont il a également choisi et présenté des chroniques consacrées aux voyages, Les Sentiments du voyageur, suivi de Anges américains.

Il est membre du jury du prix Valery Larbaud et président de l’Association des amis de Jacques Rivière et d’Alain-Fournier.

Notre avis :

Le 17ème prix Goncourt décerné depuis la création de l’Académie fera l’objet de polémiques et affrontements. Le lauréat est Marcel Proust pour « À l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Proust est probablement le romancier qui a fait couler le plus d’encre depuis sa disparition. Son œuvre a été décortiquée par plusieurs générations d’intellectuels.

« Proust, prix Goncourt. Une émeute littéraire » est l’histoire d’un prix Goncourt pas comme les autres, plus que bien documenté, on a l’impression d’avoir passé quelques heures avec tous les protagonistes du monde de l’édition et de la presse post première guerre mondiale.

Les jurés, le 10 décembre 1919, au restaurant Drouant, à Paris, au troisième tour de scrutin confèrent le prix à Marcel Proust. Lequel est en train de dormir. « Les Croix de bois », roman évoquant les tranchées, de Roland Dorgelès était pressenti comme favori. L’écrivain privé de Goncourt recevra la même année le prix Femina, qui s’appelait alors prix Vie heureuse. 

Mais pourquoi l’auteur de « À la recherche du temps perdu » va-t il être insulté de milles manières? le plus souvent parce qu’il est trop vieux, trop riche et ne parle pas de l’effort de guerre. Mais également pour des raisons plus subtiles qui se réfèrent à son œuvre globale, à son mode de vie, au conteste politique et à une certaine vision homophobe de l’époque.

L’ouvrage retrace aussi la naissance du prix Goncourt, aujourd’hui puissante institution. Récompense qu’un écrivain peut avoir une seule fois (sauf si on est Roman Gary/Emile Ajar mais ça c’est une autre histoire…)

Thierry Laget utilise les mots justes et sensibles pour cet essai, écrit de façon remarquable dans un style alerte, agréable et efficace.

Pour lire ce livre passionnant avec une tasse de thé ou un café et une madeleine pas besoin d’un questionnaire !

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard 

Thierry Laget
Extrait
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Le prix Goncourt 1919
Les frères Goncourt
Marcel Proust
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