Chroniques de Prydain, Tome 4 : Taram chevalier errant

Mot de l’éditeur :

De retour à Caer Dallben en ayant laissé la princesse Eilonwy à la cour royale de Mona, Taram prend toute la mesure de son amour pour la princesse. Mais s’il a bien prouvé sa valeur en tant qu’homme, il souffre d’ignorer ses origines et est bien décidé à les découvrir afin de pouvoir demander la jeune fille en mariage. Accompagné du loyal Gurgi, Taram prend donc le chemin des marécages de Morva, afin d’y rencontrer Orddu, Orwen et Orgoch, les trois sorcières redoutables dont on dit qu’elles contrôlent le destin des hommes. Les trois enchanteresses lui dicteront d’aller consulter le Miroir de Llunet, dans les montagnes tout à l’est du pays. En chemin, Taram fera halte chez le roi Smoit où il retrouvera Fflewdur Fflam, puis fera de nombreuses rencontres, heureuses et malheureuses : un fermier au désespoir, un berger qui pourrait lui révéler le secret de sa naissance, et un sorcier immortel déterminé à anéantir les hommes.

Biographie de l’auteur :

Lloyd Alexander, né en 1924 à Philadelphie, rêve à quinze ans de devenir poète mais il lui faut bientôt travailler pour payer ses études. Après avoir servi la France pendant la guerre, il suit des cours à la Sorbonne avant de rentrer aux États-Unis avec son épouse parisienne. Il publie au début des années 60 ses premiers livres pour la jeunesse, contes et romans fantastiques qui lui valent des prix importants. Le Chaudron noir a été adapté à l’écran par les studios Disney, en 1985, sous le titre Taram et le Chaudron magique.

Notre avis :

Le quatrième tome des chroniques de Prydain : Taram chevalier errant est, comme l’écrit l’auteur,  “le plus héroïque de tous”

Avec l’intention de demander à la princesse Elionwy de l’épouser à son retour de sa formation sur l’île de Mona, Taram souhaite en savoir plus sur son héritage. N’ayant jamais connu ses parents, il nourrit un souhait secret d’avoir du sang noble dans les veines; c’est pourquoi il entreprend ce périple pour la découverte de son identité et trouver sa place dans le monde. Au cours de ses voyages, il apprend l’existence du mystérieux Miroir de Llunet, qui est censé montrer le vrai soi de quiconque le regarde. Avec cela comme objectif quelque peu vague, il part dans dans sa quête. Des seigneurs en guerre aux sorciers maléfiques, des mercenaires sans loi aux leçons de forge, de métier à tisser et de tour de potier – chaque expérience de vie le rapproche de celui qui il est vraiment. Au fil de l’histoire, Lloyd Alexander trouve également le temps, subtilement et judicieusement, d’ajouter des commentaires sur la condition humaine. Mais tout n’est pas sombre. Il y a beaucoup de place pour l’humour, l’émerveillement et l’espoir. Un autre aspect à noter est que Prydain est exploré plus en détail que dans les livres précédents.

Je pense que Taram découvre beaucoup plus qu’il ne le réalise et prépare le lecteur au grand final de la saga dans le cinquième livre que j’attends avec impatience.

Les premiers volumes sont disponibles et peuvent être un joli moment de partage adultes/ados.

Ne manquez pas cette série.

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions Anne Carrière

Lloyd Alexander
Extrait
Extrait
Aide à la lecture
Prydain
Prydain
Illustration
La saga
Le tome 5 qui sortira le 30 octobre 2020

Arythmies

Mot de l’éditeur :

Jean embrasse Emma…du regard. Il embrasse les contours de son corps voilé d’une légère robe noire. « Et un rire… » Et si cette légende japonaise prédisait une vérité ? Sommes-nous liés au destin d’une seule personne à notre naissance ? Pouvons-nous ignorer ce fil rouge tissé de nos coeurs à nos doigts ? De nos doigts à nos coeurs ? La vie, souvent moqueuse, rétablit un équilibre en empêchant deux êtres de se retrouver. Nous sommes les instruments de sa volonté. Parfois…

Biographie de l’auteur :

Laetitia Cavagni, poétesse et auteure de talent, d’une sensibilité rare et d’un réalisme à l’épreuve du feu, signe ici son premier roman dans la collection Magnitudes. Chroniqueuse de nos amours, rimeuse de nos bonheurs et de nos peurs, son texte poursuit une histoire qu’elle écrit depuis des années. Celle d’Emma et Jean Et celle aussi d’autres gens. Un texte rare pour une écriture rare qui vous portera au loin. À lire pour le plaisir.

Notre avis :

Ce roman est un vrai bijou de sensualité, il  brille par son raffinement, son vocabulaire riche, son humour dans les descriptions des femmes et des hommes qui vivent dans les pages d’ “ Arythmies ”

L’ écriture est élégante, jamais lourde ni pompeuse, ni précieuse, mais d’une finesse et d’une élégance sculptée avec grâce.

Selon la légende japonaise du fil rouge, le petit doigt n’est pas l’endroit où se termine la connexion vitale avec le cœur . Car un fil rouge invisible se déroule du petit doigt, qui porte la marque de l’âme et nous connecte de façon définitive et profonde avec les fils des autres personnes, c’est-à-dire avec leurs cœurs. Ceux qui sont reliés par un fil rouge sont unis par la force de la vie elle-même ; ils sont destinés à se rencontrer et à vivre une histoire d’apprentissage mutuel, qu’importe le temps, la distance ou les événements qui les séparent. Au cours de la vie, le fil peut s’étendre ou s’emmêler, en nous éloignant temporairement de telle ou telle personne, mais jamais il ne peut se briser.

Le roman de Laetitia Cavagni suit la trajectoire des fils rouges de ses personnages, un texte envoûtant sur l’amour et la passion.

L’autrice poétesse, nous fait traverser les destins de Jean et Emma et de ses autres personnages enfants et adultes.

Rien n’est réellement comme le lecteur peut l’imaginer et le dénouement final est surprenant, inattendu et confirme la magie de ce livre.

Une occasion pour moi aussi de découvrir les Éditions JDH et la collection Magnitude.

❤️❤️❤️❤️❤️

JDH Éditions 

Laetitia Cavagni
Extrait
Mayotte
Cité dans le livre

Underground Railroad

Mot de l’éditeur :

Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les états libres du Nord. 

De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le « misérable coeur palpitant » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté. 

L’une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l’« Underground Railroad », le célèbre réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. 

à la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l’Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une oeuvre politique aujourd’hui plus que jamais nécessaire. 

Biographie de l’auteur :

Colson Whitehead est reconnu comme l’un des écrivains américains les plus talentueux et originaux de sa génération.  Underground Railroad, élu meilleur roman de l’année par l’ensemble de la presse américaine, a été récompensé par le National Book Award 2016 et récemment  distingué par la Médaille Carnegie, dans la catégorie « Fiction ». Salué par Barack Obama, le livre connaît depuis sa parution un succès phénoménal aux états-Unis et dans le monde entier.

Notre avis :

« Chaque matin je me réveille dans une maison bâtie par des esclaves » disait Michèle Obama à propos de la Maison Blanche » . Le véritable Underground Railroad, fut très efficace et bien organisé à partir de 1820, il fonctionna jusqu’en 1861 (Guerre de sécession) . Après l’adoption par le Congrès, en 1850, d’une nouvelle loi plus sévère contre les esclaves en fuite, l’Underground Railroad connut une activité intense. On estime que plus de 100 000 esclaves l’ont utilisé.

Choisir de lire un livre sur l’esclavage, c’est choisir de se plonger dans la brutalité, la violence et l’inhumanité, mais bien que ce sujet ne soit ni facile ni léger, il est profondément émouvant et très puissant.

Le récit nous transporte dans la vie de Cora, esclave dans une plantation de coton en Géorgie au début des années 1800. Sa mère l’a abandonnée (s’est enfuie) quand elle était petite en faisant d’elle une «enfant perdue». Randall, le propriétaire de la plantation, est particulièrement sadique.

Lorsque César arrive dans la plantation, il décide de convaincre Cora de s’échapper avec lui. Il a établi une connexion avec quelqu’un qui les transportera sur le chemin de fer souterrain vers la liberté. Ils seront pourchassés par Ridgeway, un traqueur d’esclaves qui est toujours fou de rage de ne jamais avoir pu attraper et ramener la mère de de la jeune fille.

Cora est un personnage magnifique, sa force face à une cruauté dévastatrice et sa rage bouillonnante causée par le fait d’être traitée comme la captive de quelqu’un, la propriété de quelqu’un sont remarquables. Très vite il devient cependant clair que la liberté ne consiste pas simplement à sortir de la plantation.

Le livre est raconté sous un certain nombre de perspectives, le voyage de Cora restant le thème commun. Nous obtenons aussi un aperçu de la vie et des personnages qui précèdent la fuite de notre héroïne.

Ambiance de l’époque décrite magistralement par Colson Whitehead qui a reçu son premier Pulitzer pour cet ouvrage. Son prochain livre et de nouveau Prix Pulitzer, “Nickel Boys” sortira en français le 19 août 2020 et je vous annonce déjà que, à mon avis, il est extraordinaire.

Il faut se laisser aller à la puissance des mots de l’auteur dans cette ode à la liberté et à l’espoir !

❤️❤️❤️❤️❤️

Albin Michel

Colson Whitehead
Extrait
Extrait
À lire aussi
Représentation d’esclaves en fuite
Plantation de coton
Piketty Capital et Idéologie

Le Consentement

Mot de l’éditeur :

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin «  impérieux  » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.

«  Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence  : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre  », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d’une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l’ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d’une époque, et la complaisance d’un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.

Biographie de l’auteur :

Vanessa Springora, née le 16 mars 1972 est une éditrice, écrivaine et réalisatrice française. Elle publie, début janvier 2020, l’ouvrage Le Consentement, témoignage de sa relation avec Gabriel Matzneff

lorsqu’elle était adolescente et lui adulte.

Notre avis :

Quand j’étais enfant et faisais un cauchemar, j’imaginais enfermer les méchants dans un tableau, Vanessa Springora avec «Le Consentement » dit vouloir “prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre”

Elle nous raconte son enfance et son milieu familial qui la prédisposait à la future fascination pour un écrivain admiré, le sulfureux Gabriel Matzneff.

Il ne s’agit pas d’un viol explique l’autrice mais de l’histoire de l’emprise qu’un homme brillant et cultivé peut exercer sur une jeune fille et de l’indifférence du milieu littéraire des années 80…

Olivia de Lamberterie décrit très bien, à mon avis, la complexité de ce texte : « J’ai trouvé que c’était un livre admirable, très intelligent, avec beaucoup de distance, très honnête et donc très déchirant“.

Effectivement c’est déchirant de lire comment les institutions et les proches ont joué aux « trois singes sans sagesse » en se cantonnant à un trop facile « Ne vois pas », « N’entends pas », « Ne parle pas ». 

L’autrice décrit aussi l’attitude de sa mère qui m’a profondément perturbée. Elle considère sa fille comme une adulte à un âge où le besoin de repères est encore très fort.

Cet ouvrage décortique habilement les procédés de G.M. qui charme ses victimes et futurs personages de ses romans ou de ses carnets.

Par rapport à l’œuvre de Mazneff la solution, declare Vanessa Springora, serait que, si on réédite les journaux, ils soient accompagnés d’un avertissement, « afin de montrer que certaines publications ont pu exister, qu’elles sont le marqueur d’une époque », dit-elle. « Mais je ne suis pas une défenseure de la censure, pas du tout. »

Que les mots de ce livre soient libérateurs pour toutes celles et ceux qui pensent être coupables et sont en réalité victimes de la force de la manipulation.

❤️❤️❤️❤️❤️

Grasset 

Vanessa Springora
Extrait
Extrait
Extrait
Quartier Saint-Germain-des-Prés
Lycée et Prepa Fénelon

Le Livre jaune

Mot de l’éditeur :

Un pirate s’échoue sur les rivages de Carcosa, la Cité d’Ailleurs. Persuadé d’être mort, il est amené par Maar, un aveugle qui semble tout savoir de lui, au Roi en jaune. Ce dernier, hanté par le souvenir de ses amours, lui propose de revenir à la vie s’il parvient à le débarrasser de sa malédiction. Commence alors la quête du pirate à la recherche de son propre trésor perdu, Ananova, la femme qu’il a tant chérie et pleurée.

Biographie de l’auteur :

Michael Roch est un des cinq écrivains à suivre selon Le Point Pop et son précédent roman, Moi, Peter Pan, a été sélectionné pour le Grand Prix de l’Imaginaire 2018. Michael Roch est également scénariste et chroniqueur de La Brigade du Livre sur YouTube.

Notre avis :

Le premier livre de Michel Roch, « Moi, Peter Pan », m’avait enchantée et avec « Le Livre Jaune » un autre voyage fantasmagorique et philosophique est présenté au lecteur.

Nous sommes, cette fois, dans la la Cité d’Ailleurs, le Pirate qui a échoué dans ce monde imaginaire est conduit dans son chemin et sa quête, par Maar, dit l’Œil, serviteur de l’énigmatique Roi en Jaune qui domine une bonne partie du récit.

Maar est le « Virgile » de notre protagoniste dans cette descente aux Enfers puissante et thaumaturgique 

à la recherche de soi, à la recherche de la force de l’Amour.

Les références à Dante sont multiples et raviront les amateurs.

L’auteur utilise les mots pour accompagner les symboles et les archétypes qui se dessinent au fil des pages mais ici tout espoir n’est pas perdu.

La référence au livre « Le Roi en jaune », recueil de 10 nouvelles écrit par Robert W. Chambers et publié pour la première fois en 1895, est plutôt évidente.

Chambers se glisse dans son œuvre dans les pas d’artistes ou d’étudiants américains aux Beaux-Arts, avec comme fil conducteur, la présence du livre reproduisant le texte d’une pièce de théâtre interdite, « Le Roi en jaune », dont la lecture semble avoir des conséquences particulièrement néfastes et angoissantes. Ce recueil, aimé par Lovecraft, a inspiré la série True Detective.

Michael Roch est un incroyable conteur capable de transmettre les états d’âme de ses personages, étrange et onirique un court livre à lire.

❤️❤️❤️❤️❤️

Mü éditions

Michael Roch
Extrait
Extrait
Dante et Virgile

Sirènes

Mot de l’éditeur :

Dans un monde post-apocalyptique, dominé par les yakuzas, l’humanité s’éteint peu à peu, victime du cancer noir provoqué par les rayons d’un soleil maudit. Les riches vivent désormais sous terre, réfugiés dans les bunkers d’Underwater. Pour le bon plaisir de la yakuza, on élève des sirènes destinées à être consommées sous forme de viande de mer. Mais dans ce monde qui se divise désormais entre ceux qui meurent et ceux qui jouissent, Samuel, simple surveillant dans un bassin d’élevage, se laisse un jour tenter par le plus dangereux des plaisirs : il s’unit à une sirène femelle. Ainsi naît Mia, mi-sirène mi-humaine, une créature hybride porteuse peut-être, d’un nouvel espoir.

L’écriture puissante, cruelle et délicate de Laura Pugno fait surgir les questions de l’exploitation animale, de l’asservissement des femmes, de la frontière de plus en plus trouble entre l’humain et le non-humain.

Dans Sirènes, ce qui importe n’est plus la fin de l’humanité, mais de savoir si une nouvelle espèce consciente lui survivra.

L’univers littéraire de Laura Pugno est largement inspiré des univers post-apocalyptiques, du monde sauvage et des réflexions philosophiques sur le non-humain. Ces thèmes forts sont tissés dans une écriture d’une très grande délicatesse, mêlant avec grâce l’imaginaire, la sensualité et une maîtrise exceptionnelle du récit.

Biographie de l’auteur :

Laura Pugno, née à Rome en 1970, est romancière et poétesse, elle dirige, depuis 2015, l’Institut Culturel Italien de Madrid. Elle a été récompensée par plusieurs prix, dont le prestigieux « Premio Campiello Selezione Letterati » en 2017, il Frignano per la Narrativa, il Premio Dedalus, il Libro del Mare e il Premio Scrivere Cinema per la sceneggiatura.

Sirènes est son premier roman traduit en français.

Notre avis :

« Silènes » de Laura Pugno est un petit chef-d’œuvre. Court, intense, coriace. Dans un monde post-apocalyptique, où la lumière du soleil, source de vie, est devenue source de mort, une humanité dégradée poursuit un idéal de vie tordue. Dans un monde qui s’effondre, les véritables puissants sont les cadres exécutifs de la mafia japonaise, les Yakuza.

Les pauvres meurent en masse sous le rayonnement solaire, dévorés par le cancer noir. Les riches, en revanche, se retrouvent tiraillés entre la recherche d’un remède et le désir irrépressible de la nouvelle gourmandise culinaire, la viande de sirène.

Samuel est au centre de l’intrigue de Laura Pugno, endeuillé à cause de la perte de sa compagne, il travaille dans un bassin de sirènes et mettra au monde la première hybride : Mia.

Élevées dans des bassins pour finir dans une assiette ou pour être placées dans des bordels pour fortunés, les sirènes se dégradent à la même vitesse que ce qu’il reste de l’humanité. 

Nous trouvons dans ce texte des questionnements sur la survie de l’espèce, la régénération naturelle et le combat contre les instincts les plus sombres de la nature humaine.

L’ Homme avance dans une auto-dissolution imparable mais la nature avec ses processus souterrains inconnaissables jette les bases d’une renaissance de la vie.

Excellent premier roman.

❤️❤️❤️❤️❤️

Inculte-Dernière Marge

Laura Pugno
Extrait
Extrait
Extrait
Sirènes dans la mythologie grecque
Yakuza.

La traversée des mensonges

Mot de l’éditeur :

Les mensonges laissent leurs traces sur nos histoires de vie, comme l’écume sur la mer. Lorsque Fabienne demande à ses quatre enfants d’accompagner le corps de leur père vers son dernier voyage, de Marseille à sa Corse natale, l’un d’eux n’est pas au rendez-vous. Peut-on en finir avec les tricheries de l’existence ? Comment se délester du poids du secret ? Un roman désarmant sur une famille corse, ses paradoxes, ses déchirures. Un livre inoubliable et universel sur la couleur des sentiments. Psychologue clinicien, chroniqueur sur RTL et au Huffington Post, Joseph Agostini traque l’inconscient à travers ses différents essais littéraires et ses pièces de théâtre.

Biographie de l’auteur :

Psychologue clinicien, chroniqueur sur RTL et au Huffington Post, Joseph Agostini traque l’inconscient à travers ses différents essais littéraires et ses pièces de théâtre. Avec La traversée des mensonges, il vient débusquer les impostures d’une famille méditerranéenne et interroge le lecteur sur les liens du sang qui font parfois mentir nos émotions les plus profondes.

Notre avis :

Claude, père de quatre enfants, décède à l’âge de 72 ans, le voyage vers sa Corse natale est le point de départ pour découvrir la famille Santini et les vicissitudes de trois frère et une sœur. 

Tout est question de perception dans ce roman subtil et intrigant.

Une traversée pour se retrouver, une traversée de l’esprit pour apprendre que nous ne sommes pas irréprochables, que  la vie nous conduit, comme le font les vagues, vers des situations parfois imprévisibles et improbables.

La formation de psychologue de Joseph Agostini est perceptible dans ce premier roman qui nous plonge dans un huit-clos familial et existentiel et réussi le pari de rendre l’histoire universelle, en ayant toujours en filigrane le sujet du mensonge et de ses effets sur soi et sur les autres.

La Corse est, tout autant que nos protagonistes, un personnage du livre.

Grâce, ou a cause, de l’auteur, je ne sais pas trop, je ne verrai plus l’éducation civique comme avant, vous découvrez avec bonheur la politique expliquée aux enfants à travers les Kinder Bueno, passage, à mon avis, très gai dans le récit.

Ouvrage original qui sort des sentiers battus avec une écriture percutante.

Un livre à découvrir !

❤️❤️❤️❤️❤️

Envolume Éditions 

Joseph Agostini
Extrait
Extrait
Extrait
Corse
Bastia

Bastia
Pour expliquer la politique…

Les Jours aimés

Mot de l’éditeur :

« Ma grand-mère a aujourd’hui quatre-vingt-quatorze ans. Chacune de nos conversations est rythmée par la même lassitude, et l’ombre de la mort. » La petite fille qui s’était promis de ne jamais abandonner sa grand-mère s’aperçoit qu’il est difficile de tenir ses promesses. Alors qu’elle vit en Afrique, loin d’Angers, loin de sa famille, la narratrice revient quelques jours sur les lieux de son enfance afin de signifier à sa grand-mère qui l’a élevée tout son amour et sa gratitude. Ce séjour est l’occasion de replonger dans l’histoire familiale, tout en dessinant le portrait d’une femme hors norme, libre, féministe et moderne.

Dans son premier roman, Anne Sophie Faivre Le Cadre ravive, avec délicatesse et mélancolie, l’histoire d’une famille qui connaît de grandes joies et des périodes de profonds malheurs, touchant ainsi à l’universel. Un hymne vibrant à l’amour filial et à la vie

Biographie de l’auteur :

Anne-Sophie Faivre Le Cadre a 26 ans. Après des études de sciences politiques, d’histoire et de journalisme, elle s’est tournée vers le grand reportage et a couvert en solitaire l’Iran, l’Irak et Haïti, avant de travailler au Monde. Elle couvre désormais l’actualité de la région Afrique de l’Ouest pour l’AFP et vit à Dakar, où elle partage son temps entre journalisme et écriture.

Notre avis :

Un livre captivant, très agréable à lire.

La complicité avec sa grand-mère, les relations simplement compliquées qui se tissent au sein d’une famille sont les éléments principaux de cette belle histoire.

Douleurs et joies présentées comme dans une série d’instantanés, de photos en noir et blanc ou en couleurs.

Dans ce roman on est toujours “mercredi après-midi” comme des enfants qui attendent le chapitre suivant en sachant qu’il sera encore mieux que le précédent.

On tourne les pages et les émotions s’entremêlent.

Des passages assez drôles et tellement vrais dans la vie d’un foyer vous feront sourire et apprécier encore plus ce récit.

Si notre existence était éternelle, elle n’aurait pas la même dimension. Ce qui est intéressant, ce n’est pas la fin, mais tout le chemin avec son lot d’épreuves et ses moments de bonheur. La mémoire est le carnet de bord de notre vie et les souvenirs seront avec nous même après la perte des êtres chers.

Anne-Sophie Faivre Le Cadre pour ce premier roman, que nous imaginons inspiré par sa propre vie, nous livre une magnifique fresque avec beaucoup de finesse dans la description des émotions.

Lisez ce roman et découvrez le style remarquable de l’autrice.

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions Anne Carrière

Anne-Sophie Faivre Le Cadre
Extrait
Extrait
Anger
Portrait de Georges Sand
Maison de Georges Sand

La Machine Ernetti

Mot de l’éditeur :

L’incroyable histoire vraie d’une machine à explorer le temps, cachée dans les archives secrètes du Vatican !

Mars 1938. Le physicien italien Ettore Majorana disparaît au large de la Sicile. 

Avec lui, le projet secret sur lequel il travaillait depuis des années.

Automne 1955. On retrouve par miracle les notes du physicien disparu. 

Elles inspirent au père Ernetti une idée folle : construire une machine à voir dans le temps. Un chronoviseur.

Sur ordre de Pie XII, le prêtre plonge deux mille ans en arrière. L’objectif est simple : prouver l’existence du Christ.

Commence alors une course folle entre le Vatican, la CIA, le KGB et le Mossad. Car ce que le père Ernetti va découvrir, en pleine Guerre froide, pourrait changer l’ordre du monde. 

Ce roman est fondé sur une histoire vraie.

Biographie de l’auteur :

Roland Portiche est réalisateur et auteur de documentaires et de magazines pour la télévision, dont Temps X ou Les grandes énigmes de la scienceLa machine Ernetti est son premier roman.

Notre avis :

Pour son premier roman Roland Portiche, s’inspire de l’histoire de Pellegrino Ernetti le père bénédictin, musicologue, scientifique et exorciste. Il aurait été l’inventeur et assembleur d’une machine que H. G. Wells aurait bien aimé.

Le roman commence avec la disparition d’Ettore Majorana et de ses mystérieux travaux et continue en 1955 avec Pie XII accablé par les menaces qui pourraient perturber la pérennité de l’église catholique.

Les prêtres ouvriers, les idée de renouveau, tout pose problème et la construction de la machine pour voyager dans le temps, le Chronoviseur pourrait être la solution pour confirmer l’authenticité Christique.

Un livre passionnant où l’auteur nous tient en haleine de page en page. La structure en courts chapitres imprime un rythme effréné. l’auteur tire plusieurs fils en même temps et ne nous laisse pas souffler un instant.

Les 440 pages de cet ouvrage se lisent très rapidement.

Le personnage féminin de ce récit, Natacha, archéologue israélienne est une sorte de Lara Croft et a tout pour séduire le lecteur.

Portiche, personnalité fort sympathique, a déjà annoncé que le Père Ernetti reviendra pour d’autres adventures et que le tome 2 ne tardera pas trop.

Tous les ingrédients sont là pour un bon  moment de lecture et d’évasion !

❤️❤️❤️❤️❤️

Albin Michel/Versilio

Roland Portiche
Extrait
Extrait
Le Père Ernetti
Portrait de Pie XII
Archives du Vatican