
Édouard Leroy et moi avons rencontré Pauline Klein au Zimmer pour parler de son livre Pourquoi je mens.
Lecture nettement influencée par l’artiste de Clémentine Goldszal sur ce livre.
Derrière ce titre en forme d’aveu, presque de confession murmurée, s’ouvre un roman beaucoup plus trouble qu’il n’y paraît. Il ne s’agit pas seulement de mensonge, mais de ces fictions intimes que l’on fabrique pour continuer à aimer, à se souvenir, à survivre à ce qui manque. Pauline Klein explore cette zone mouvante où l’enfance, le désir, la perte et les amours anciennes se répondent, sans jamais se laisser réduire à une explication unique.
La narratrice retrouve Roman, un amour de jeunesse, et c’est une secousse. Ce qui semblait appartenir au passé revient avec sa charge intacte, ses silences, ses malentendus, ses fantômes. Pauline Klein observe ce que les années déposent sur les êtres, ce que l’on croit avoir dépassé, ce qui demeure au contraire tapi, prêt à reprendre sa place.
Le mensonge, ici, n’est jamais traité comme un banal défaut moral. Il devient une matière romanesque, presque une langue intérieure. On ment pour séduire, pour se protéger, pour embellir, pour ne pas perdre la face, pour donner au chaos une forme acceptable. On ment aussi parce que la vérité, parfois, arrive trop tard ou trop brutalement. Le roman prend forme dans une lumière oblique, entre lucidité et mauvaise foi, tendresse et cruauté douce.
J’ai beaucoup aimé l’élégance discrète et la précision de ce texte. Les phrases semblent parfois glisser avec légèreté, puis elles ouvrent soudain une faille plus profonde. Le livre touche parce qu’il ne simplifie rien : ni l’amour, ni la mémoire, ni cette part de nous-mêmes qui préfère.