En attendant le jour

Mot de l’éditeur :

Reléguée au quart de nuit du commissariat d’Hollywood, l’inspectrice Renée Ballard se lance dans des enquêtes qu’elle n’a pas le droit de mener à leur terme. Le règlement l’oblige en effet à les confier aux inspecteurs de jour dès la fin de son service. Mais, une nuit, elle tombe sur deux affaires qu’elle refuse d’abandonner: le tabassage d’un prostitué laissé pour mort dans un parking, et le meurtre d’une jeune femme lors d’une fusillade dans un night-club. En violation de toutes les règles et contre les désirs mêmes de son coéquipier, elle décide de travailler les deux dossiers de jour tout en honorant ses quarts de nuit. L’épuisement la gagne, ses démons la rattrapent et la hiérarchie s’acharne, mais Renée Ballard n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.

Biographie de l’auteur :

Auteur de plus de 30 romans dont Créance de sang, Le Poète, La Défense Lincoln, Ceux qui tombent et Jusqu’à l’impensable, Michael Connelly est traduit en trente-neuf langues et a vendu près de 65 millions de livres dans le monde. Ses romans ont été adaptés au cinéma et la saison 5 de la série Bosch est déjà en préparation pour la télévision.

Notre avis :

Nouvelle héroïne mais même style percutant et rythme sans faille.

Renée Ballard est un personnage complexe, une femme qui a choisi de mener sa carrière sans compromis. Nous découvrons une enquêtrice douée avec une grande perspicacité et l’envie d’aller plus loin. Elle a besoin, et en trouve le moyen, de « continuer » des enquêtes qui seraient normalement confiées à ses collègues des départements diurnes.

Notre inspectrice travaille au quart de nuit de 23 heures à 7 heures, elle est censée, avec son équipier, instruire les dossiers récolter, les preuves et être en support.

Les règles prônées par le LAPD ne prévoient pas le suivi des investigations par les inspecteurs qui opèrent au crépuscule.

Au cours d’une nuit bien chargée, Renée participe aux interventions sur trois affaires, un cambriolage et arnaque à la carte de crédit, un passage à tabac qui tue presque Ramona Ramone, une prostituée en pleine mutation sexuelle, et une fusillade qui tue trois hommes, un videur et une serveuse au Dancers Club. Sa décision de s’occuper de ces dossiers se révèlera tout sauf anodine, pour sa carrière et pour sa vie. Ballard veut aller au but des investigations, avant tout pour les victimes qui méritent toute l’attention de la police même si elles apparaissent marginales pour l’enquête ou pour les standards de la société.

La vie de l’inspectrice est chaotique, ce qui facilite la tâche à ses détracteurs qui voudraient « la remettre à sa place ». Elle montrera à toutes et à tous ses capacités de détective, ses méthodes peux orthodoxes, border line parfois, vont la conduire à la vérité.

Chaque page nous tient sur le fil du rasoir, les rebondissements et changements de perspective sont constants. Petit clin d’œil de l’auteur à un autre de ses inspecteurs, il cite la série télévisée Bosch inspirée par son immense personnage Hieronymus/Harry Bosch.

Final extrêmement tendu et tout à fait inattendu, brillamment écrit.
Fortement recommandé aux lecteurs qui aiment les romans policiers et les thrillers !

Calmann-Lévy

❤️❤️❤️❤️❤️

Michael Connelly
Extrait
Extrait
Los Angeles
LAPD
Série Bosch

Soldats de la parole

Mot de l’éditeur :

« La plume est plus forte que l’épée. » Nous aimerions le croire, mais est-ce bien vrai ? Quel est le poids de la parole face aux armes ? C’est la question que pose Frank Westerman. Pour tenter d’y répondre, il entraîne le lecteur dans des situations très variées, comme dans un road movie, avec du suspense et non sans une pointe d’humour.

Enfant, Frank Westerman a été témoin, dans la petite ville où il habitait, de la prise d’otages d’un train par des Moluquois. Il nous fait revivre de façon poignante les différentes actions des rebelles moluquois et les longues et patientes négociations qui les accompagnent. Plus tard, comme correspondant, il a assisté aux représailles russes face à la terreur tchétchène. Il compare différentes approches : la méthode douce, dite « approche hollandaise », qui consiste à négocier, à gagner du temps pour tenter de convaincre les terroristes de renoncer à leur action et pour éviter à tout prix la violence et la méthode dure, celle de Poutine, contre les Tchétchènes par exemple, lors de la prise d’otages au théâtre de Moscou, qui a fait 128 morts, et de l’école de Beslan – 331 morts dont 150 enfants.

Frank Westerman prend un café avec un ex-preneur d’otages qui se confie longuement à lui. Il assiste avec le personnel navigant de la KLM à un stage d’entraînement comprenant une simulation de prise d’otages, puis à un stage pour apprendre à gérer la violence au personnel de différents corps de métiers régulièrement exposés à des situations critiques. À Paris, Frank Westerman assiste à une biennale rassemblant les experts du monde entier en matière de terrorisme. Les informations apportées sur l’évolution du terrorisme par Guy Olivier Faure, professeur en négociation internationale, permettent au lecteur de se forger une opinion sur l’évolution du terrorisme et sur les réponses possibles.

Dans cet essai, Frank Westerman, sans donner de réponse catégorique, invite le lecteur à réfléchir avec lui sur le terrorisme et sur la façon de l’affronter.

Biographie de l’auteur :

Né en 1964 à Emmen aux Pays-Bas, Frank Westerman est ingénieur agronome de formation. Dans les années 1990, il effectua de nombreux voyages en tant que journaliste à travers l’Afrique, l’Amérique latine et l’Europe de l’Est. En 1992, il part comme reporter couvrir le conflit en ex-Yougoslavie pour le quotidien néerlandais De Volksbrant. Il fut notamment l’un des seuls journalistes à réussir à pénétrer à Srebrenica lors du massacre de 1995. De cette expérience, il tire son premier roman : The Bridge over the Tara (1994). Entre 1997 et 2002, il fut correspondant à Moscou. Depuis 2002, Frank Westerman se consacre pleinement à l’écriture à Amsterdam, où il vit. Depuis, Frank Westerman a accumulé les marques de reconnaissance : Les ingénieurs de l’âme a reçu de nombreuses récompenses aux Pays-Bas et a été traduit en neuf langues. El Negro et moi, a reçu la Goldene Eule, l’équivalent du prix Goncourt pour les Pays-Bas et la Belgique. Ararat a figuré sur les dernières sélections du prestigieux prix AKO aux Pays-Bas. (Christian Bourgois Editeur)

Notre avis :

L’essai de Frank Westerman couvre une large période d’enquête basée sur différents types d’actions armées et d’actes terroristes, nous découvrons « la méthode hollandaise », cette volonté d’une issue sans violence ou au moins avec le moins d’agissements brutales possibles.

La terre natale de l’auteur est très présente dans la première partie du livre avec la découverte du village d’Ossendrecht 2, utilisé comme espace d’entraînement pour la police et les futurs médiateurs. 

L’auteur pour écrire ce livre a pris le chemin de l’immersion complète fréquentant les lieux qui lui permettront de  mieux comprendre la naissance et l’évolution du rôle de négociateur et l’évolution du terrorisme. 

En décembre 1975 au Pays Bas, a lieu une double prise d’otage par des réfugiés Moluquois au consulat général d’Indonésie qui fait un mort et la  prise en otage d’un train — la première du genre — dure treize jours. Le bilan sera de trois morts. La reconstruction de cette dernière action est minutieuse et permet aussi de connaître l’histoire des Moluquois.

Après le déclin de la Compagnie de Indes Orientale Hollandaise, nombre de Moluquois intégrèrent les rangs de l’armée Néerlandaise.  Ce ne fut pas sans conséquence après l’indépendance de l’Indonésie dans les années 50 quand ils tentèrent de créer une république autonome violemment combattue par l’Indonésie, alors qu’ils étaient abandonnés par les Hollandais. Une importante communauté Moluquoise Chrétienne s’enfuit aux Pays-Bas où leur situation est assez comparable à celle des Harkis en France. 

Quelle récit basé sur la rencontre avec Abé Sahetapy, le terroriste qui se faisait appeler Carlos dans la prise d’otage du train de 1975 et qui, après avoir purgé sa peine, devint poète et exemple de déradicalisation , sa vie mériterait un livre qui lui soit dédié.

Le voyage se poursuit avec l’analyse des attentas de Moscou en 2002 suivi nos tout récents actes accablants perpétrés à Paris en 2015 on y voit la difficulté de négocier avec des terroristes qui ont déjà décidé que mourir est plus qu’une option.

L’écrivain nous entraine dans son investigation grâce à sa solidité journalistique mais également grâce à sa plume et sa façon brillante de nous décrire son incursion dans le monde de la parole contre la violence.

Je terminerai par une citation qui se trouve dans Les annales du Disque-Monde, tome 2  Le huitième sortilège de Terry Pratchett :

« Ainsi Quimby périt-il sous les coups d’un poète mécontent au cours d’une expérience menée dans l’enceinte du palais pour prouver la justesse controversée du proverbe : « La plume est plus forte que l’épée », lequel proverbe on rectifia en sa mémoire par l’ajout de la phrase : « Seulement si l’épée est très courte et la plume très pointue »».

L’usage de la contrainte et d’interventions armées est bien évidemment parfois nécessaire et inévitable néanmoins, les émissaires de la parole, les porteurs du dialogue restent une force dont nous avons besoin.

Je crois à la supériorité du verbe, du savoir et de la tolérance sur toute forme de violence, À Paris où l’imagination fut brièvement au pouvoir en 1968, comme le dit l’auteur l’espérance d’un monde de dialogue reste présente.

Livre intéressant qui permet une réflexion importante sans jamais donner de leçons, 335 pages qui se lisent avec plaisir, je le conseille vivement.

Christian Bourgois

❤️❤️❤️❤️❤️

Frank Westerman
Extrait

Merci à Babelio et aux éditions Christian Bourgois pour cette découverte !

La solitude Caravage

Mot de l’éditeur :

«  Vers 15 ans, j’ai rencontré l’objet de mon désir. C’était dans un livre consacré à la peinture italienne  : une femme vêtue d’un corsage blanc se dressait sur un fond noir  ; elle avait des boucles châtain clair, les sourcils froncés et de beaux seins moulés dans la transparence d’une étoffe.  » 

Ainsi commence ce récit d’apprentissage qui se métamorphose en quête de la peinture. En plongeant dans les tableaux du Caravage (1571-1610), en racontant la vie violente et passionnée de ce peintre génial, ce livre relate une initiation à l’absolu. 

À notre époque d’épaississement de la sensibilité, regarder la peinture nous remet en vie. On entre dans le feu des nuances, on accède à la vérité du détail. C’est une aventure des sens et une odyssée de l’esprit. Aimer un peintre comme le Caravage élargit notre vie. 

Biographie de l’auteur :

Yannick Haenel co-anime la revue Ligne de risque. Il est notamment l’auteur de Cercle (Gallimard, 2007, prix Décembre), Jan Karski (Gallimard, 2009, prix Interallié) et Tiens ferme ta couronne (Gallimard, 2017, prix Médicis)

Notre avis :

Le roman est une ode au pouvoir libérateur de l’art, un adolescent s’élève grâce à un livre, grâce à une image, une peinture, un visage de femme.

Après avoir alimenté son évasion mentale et éveillé ses sens, cette image « extirpée » accompagnera l’initiation au Caravage.

À Rome la découverte du tableau, de Judith et Holopherne montre l’objet de son désir dans son contexte tout cela le surprend et pourtant lui donne envie de tout lire sur l’artiste.

Nous traversons en suivant les œuvres du peintre sa vie, son talent, sa lumière et son caractère obscur, sa fin prématurée et l’héritage qu’il laisse.

Caravage sonne un coup de tonnerre dans l’Europe de la peinture et ce roman est un coup de foudre pour moi.

Une envie soudaine de visiter ou revoir Saint-Louis-des-Français vous prendra une fois absorbés par la passion que l’auteur sait partager, les demandes de stage à la Villa Médicis pourraient aussi enregistrer une augmentation cette année pour la même raison !

Le livre que je définirai comme une sorte de « philosophie du Caravage » se lit avec plaisir.

Je trouve ce récit exquis, une perle délicate comme celle des boucles d’oreille de Judith.

❤️❤️❤️❤️❤️

Fayard 

Portrait du Caravage par Ottavio Leoni
Judith et Holopherne détail
Judith et Holopherne
Saint-Louis-des-Français extérieur
Saint-Louis-des-Français intérieur
Extrait
Une pièce à voir absolument si vous la voyez à l’affiche près de chez vous !

Blood Orange

Mot de l’éditeur :

Alison Wood est avocate pénaliste. À mesure que sa carrière décolle, sa vie familiale se dégrade : elle passe ses journées à plaider et ses soirées dans les bars pour décompresser. Patrick, un collègue avec qui elle entretient une liaison toxique, souffle le chaud et le froid et l’humilie tout autant qu’il se sert d’elle. Pourtant, Alison n’arrive pas à décrocher.

Quand Patrick lui confie sa première affaire de meurtre, elle se plonge dans l’histoire de sa cliente, Madeleine, qui a poignardé son conjoint d’une quinzaine de coups de couteau. Au fil de leurs entretiens, Madeleine se livre : son mari diluait la pilule contraceptive dans son thé, examinait toutes ses dépenses, prenait toutes les décisions…

Petit à petit, leurs deux vies se font écho. Qui contrôle qui ? Et si, avant de défendre les autres, Alison commençait par se défendre elle-même ?

Un thriller addictif.
Un style ultra-efficace.
Un twist final explosif.

« L’élégance de ce thriller n’a d’égale que sa puissance narrative. » Clare Mackintosh, auteure de Te laisser partir.

Biographie de l’auteur :

Harriet Tyce a grandi à Édimbourg et a étudié l’anglais à l’université d’Oxford, avant de se reconvertir dans le droit. Elle a travaillé en tant qu’avocate pénaliste à Londres pendant presque dix ans, avant de se consacrer à l’écriture. Elle vit à Londres.

Notre avis :

Le roman est écrit à la première personne C’est Alison qui offre au lecteur un aperçu approfondi de ses pensées, de ses sentiments et émotions. 

L’histoire est racontée au présent, avec quelques allusions au passé, ce qui donne un sentiment d’immédiateté et de suspense croissant. La structure narrative est très facile à suivre et très efficace.

Les personnages sont bien nuancés et l’auteure ouvre une fenêtre sur le monde des avocats à Londres. Tout cela semble vif et réel on s’imagine dans le quartier du « Temple ». Travailler tard, noyer le chagrin dans un pub et dans bien trop d’alcool, devenir proche de ses collègues de travail aux dépens de sa famille. 

L’alcoolisme « social » cette quête de convivialité forcée est présente et bien problématique. Les actions se succèdent rapidement, les histoires se mêlent, les lignes qui séparent le bien et le mal deviennes subtiles.

Tout est habilement tissé, un mélange toxique de passion, de haine, de trahison et surtout de manipulation.

Des vies de femmes qui combattent leurs démons au quotidien.

Alison demande pardon tout le temps à son mari et en même temps n’arrive pas à avancer, à faire des choix qui s’imposeraient pourtant.

Le final est inattendu, surprenant et vraiment génial, quelle surprise !

Ce thriller est passionnant et ingénieux, je suivrai l’auteure.

❤️❤️❤️❤️❤️

La bête Noire – Robert Laffont

Harriet Tyce
Temple Church
Royal Court of Justice

L’odeur du chlore

Date de parution 08/03/2019

Mot de l’éditeur :

L’Odeur de chlore, c’est la réponse de l’usager au programme « Modulor » de l’architecte Le Corbusier. C’est la chronique d’un corps qui fait ses longueurs dans la piscine du Corbusier à Firminy. Le lieu est traité comme contrainte d’écriture qui, passage de bras après passage de bras, guide la remémoration. Dans ces allers-retours, propres à l’entraînement, soudain ce qui était vraiment à raconter revient : le souvenir enfoui offre brutalement son effarante profondeur.

Quelque chose de très contemporain cherche à se formuler ici : comment dit-on « l’usager » au féminin ? Comment calcule-t-on la stature de la femme du Modulor ?

Lorsque le corps idéal est conçu comme le lieu du standard, comment s’approprier son propre corps ? Comment faire naître sa voix ? Comment dégager son récit du grand récit de l’architecte ?

J’ai cherché à traduire la langue du corps, une langue qui est toute eau et rythme. Délaissant la fiction, j’ai laissé le réel me submerger. À la « machine à habiter », je réponds avec du corps, de la chair, jusqu’à rendre visible l’invisible, jusqu’à donner une place à l’inaudible.

Si tu savais comme je suis bien.

Biographie de l’auteur : 

Irma Pelatan est née quelque part sur le calcaire pelé du Causse Méjean, vers 1875. C’est cependant sous l’exact soleil de Tunisie qu’elle est morte, en 1957. Sur la carte entre les pointes du compas, s’ouvre tout l’espace de la Méditerranée, ce centre flottant – infini terrain de jeu pour sa soif d’ailleurs, pour ce fol esprit aventureux. 

Irma Pelatan a pris corps à nouveau – mon corps – le neuf mars 2017, dans la chambre douze de l’hôpital de Vienne. Depuis, elle conquiert du terrain.

Notre avis :

Livre éclairé et sagace,  l’auteure va nous décrire la vie de cette piscine où elle est « chez elle ». On trouve les habillés et les déshabillés, les baigneurs et les nageurs, dont elle fait partie, qui ne portent pas de bracelet en plastique qui font partie des piliers du centre de natation.

Un texte épatant sur le corps des femmes, sur ce qui enferme et ce qui libère. L’odeur du chlore envahit le lecteur. Les lignes de la piscine de Firminy se mêlent aux sillons qui tracent les vies des nageuses et des nageurs, de leurs évolutions. Le Corbusier était fort en avance sur son temps et a conçu des bâtiments et lieux de vie qui prenaient en compte tant les habitants ou les usagers que l’environnement. Le bassin de Firminy était prévu par Le Corbusier en 1958 dans le plan globale avec l’unité d’habitation, la maison de la culture, le stade et l’église mais, suite au décès de l’architecte, elle est construite par André Wogesncky.

La piscine en béton est là, statique et proportionnée, bâtie selon les règles du Modulor, mais la morphologie change,  l’anatomie de la narratrice se modifie, n’est pas, n’est plus aux normes.

J’aime beaucoup la façon dont ce texte est façonné, sculpté.

« Ce récit enfin cette chronique » pour citer l’auteure est un bel exercice d’écriture avec des chapitres courts, rythmés et ciselés.

Un conte sur les courbes et sur les lignes dans tous les sens ! une histoire plaisante et délicate.

Un livre à conseiller.

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions La Contre Allée 

Belle découverte d’une maison d’édition que je ne connaissais pas :

http://www.lacontreallee.com/

L’auteure
La piscine
La piscine
La piscine
Le Corbusier
Modulor


Le berceau

Mot de l’éditeur :

Joseph fabrique le berceau de sa première petite-fille, lorsqu’un coup de téléphone l’interrompt. Un crash d’avion : son fils dedans, son gendre aussi. Et la petite alors ? Sauve, bien vivante ! Prête à naître, car grandissant dans le ventre d’une mère porteuse canadienne choisie par le couple homosexuel. Joseph n’a jamais foutu les pieds hors de sa Normandie natale, il a passé sa vie dans une ferme, vendu ses vaches, enterré sa femme : il n’a plus que cette enfant en tête. Alors il part. À la rencontre de la minuscule promesse qui prolonge l’existence de son fils. À la rencontre de la jeune étrangère, farouche et indomptable, qui la couve. Rien n’est simple dans cette histoire, mais il se lance, à plein régime, dans une réinvention audacieuse et poignante de la famille contemporaine.

Biographie de l’auteur :

Fanny Chesnel est scénariste. Son premier roman, Une jeune fille aux cheveux blancs a été porté à l’écran par Marion Vernoux avec Fanny Ardant sous le titre Les beaux jours.

Notre avis :

Jolie plume pour un excellent roman. Histoire très originale et le récit séduit tout de suite. La tragédie d’abord suivie de la vie qui reprend son cours.

L’appel de la compagnie aérienne, les tâches ordinaires comme fermer un compte FB sont si lourdes car elles confirment que le proche disparu ne reviendra pas. La recherche du mot de passe de l’ordinateur d’Emmanuel est poignante, il avait choisi comme question secrète « quel est votre livre préféré ? » Cela oblige le père à se plonger dans les livres de son enfant disparu.

La famille est à mon avis, ce lieu prodigieux où l’amour est le mot à l’affiche, où des êtres humains avec toutes les imperfections et faiblesses font de leur mieux pour vivre ensemble et, si il y a un enfant, pour lui donner tout ce qui leur est possible. Le Berceau est un livre émouvant, délicat qui parle de la famille dans tous ses aspects.

Malgré le drame qui vient de le frapper notre courageux Joseph est capable d’avancer, de s’interroger, de faiblir mais sans se perdre. Un long vol, un nouveau monde pour une vie à venir pour une petite espérée et attendue.

Il a été le premier à voir l’échographie de la mère porteuse. Il ne peut pas imaginer de couper un autre lien de renoncer à avoir eu au moins un contact direct. Tout plaide pour qu’il laisse tomber mais l’éleveur normand veut tenter de rencontrer la fille qui aurait permis à son fils d’être père. Il met donc entre parenthèses sa vie, il va se découvrir.

Belle histoire, belle aventure à lire, vous passerez un excellent moment. 

❤️❤️❤️❤️❤️

Flammarion 

Fanny Chesnel
Extrait
Carte Acadie 1757 

Ghost Virus

Mot de l’éditeur :

Samira s’est longuement observée dans le miroir, avant de verser de l’acide sulfurique sur son front. Qu’est-ce qui l’a poussée à commettre un tel acte alors que cette jeune femme avait toute la vie devant elle ? Si la police penche pour le suicide, les meurtres atroces qui ravagent bientôt Londres les poussent à revoir leur jugement. Une soif de sang, insatiable, se répand telle une épidémie, et rien ne permet d’établir des liens entre victimes et tueurs. Rien ? Pas vraiment… Tous ces assassins ont un point commun : ils portent des vêtements de seconde main. Et si ceux-ci étaient possédés par une force surnaturelle ? Une course contre la montre s’engage entre les inspecteurs, Jerry et Jamila, et cette infection…

Biographie de l’auteur :

Graham Masterton, né à Edimbourg en 1946, est l’un des auteurs d’horreur les plus renommés et populaires au monde, privilège qu’il partage avec Stephen King et Dean Koontz. Auteur de plus de 35 romans d’horreur, mais aussi policier, jeunesse… ainsi que de manuels d’érotisme vendus à 3 millions d’exemplaires (il a été rédacteur en chef de Penthouse), il a commencé sa carrière en 1976 avec Manitou, best-seller immédiat qui fut adapté au cinéma avec Tony Curtis et a connu plusieur suites.

Notre avis :

Graham Masterton est un maître absolu de l’horreur depuis des décennies et pour moi l’un des auteurs préférés de ce genre.

Ghost Virus est une lecture qui nous coupe le souffle du debout à la fin !

Le premier chapitre est explosif et très visuel. La tension dans l’histoire commence donc immédiatement et continue tout au long des pages à une vitesse vertigineuse.

Une fois commencé je n’ai pas pu m’arrêter ni envisager de lire autre chose… donc j’ai dévoré les 400 pages à toute vitesse.

Masterton utilise, comme dans ses précédents textes, des recherches bien solides. L’histoire, la médecine, la psychiatrie, le folklore ont un rôle important dans ses œuvres.

Ce livre est un kaléidoscope de styles et sensations avec une écriture fluide et prenante. Pour les fans de Graham Masterton c’est vraiment un must to read, pour celles et ceux qui n’ont pas rencontré cet auteur ça pourrait être une porte d’entrée dans son univers. Il faut tout de même rappeler que cette lecture, qui mélange horreur, thriller et surnaturel, est pour un public averti.

Si vous recherchez un roman dont l’intrigue fait très peur, exaltant et avec un mystère qui n’attend que d’être dévoilé, vous ne pouvez pas vous tromper,  Il est donc temps que vous commenciez à lire ce récit très “graphique” et violent.

Ghost Virus est l’un des meilleurs Masterson que j’ai lu.

Livr’S Editions

❤️❤️❤️❤️❤️

Graham Masterton
Extrait
Affiche adaptation Cinématographique Manitou
Trilogie Manitou

Pour l’amour des livres

Mot de l’éditeur (écrit par l’auteur) :

«  Nous naissons, nous grandissons, le plus souvent sans même en prendre la mesure, dans le bruissement des milliers de récits, de romans, de poèmes, qui nous ont précédés. Sans eux, sans leur musique en nous pour nous guider, nous resterions tels des enfants perdus dans les forêts obscures. N’étaient-ils pas déjà là qui nous attendaient, jalons laissés par d’autres en chemin, dessinant peu à peu un visage à l’inconnu du monde,  jusqu’à le rendre habitable  ? Ils nous sont, si  l’on y réfléchit, notre première et notre véritable demeure. Notre miroir, aussi. Car dans le foisonnement de ces histoires, il en est une, à nous seuls destinée, de cela, nous serions prêt à en jurer dans l’instant où nous nous y sommes reconnus  – et c’était comme si, par privilège, s’ouvrait alors la porte des merveilles. 

Pour moi, ce fut la Guerre du feu, «  roman des âges farouches  » aujourd’hui quelque peu oublié. En récompense de mon examen réussi d’entrée en sixième ma mère m’avait promis un livre. Que nous étions allés choisir solennellement à Morlaix. Pourquoi celui-là  ? La couverture en était plutôt laide, qui montrait un homme aux traits simiesques fuyant, une torche à la main. Mais dès la première page tournée… Je fus comme foudroyé. Un monde s’ouvrait devant moi… 

Mon enfance fut pauvre et solitaire entre deux hameaux du Finistère, même si ma mère sut faire de notre maison sans eau ni électricité un paradis, à force de tendresse et de travail. J’y ai découvert la puissance de libération des livres, par la grâce d’une  rencontre miraculeuse avec un instituteur, engagé, sensible, qui m’ouvrit sans retenue sa bibliothèque. 

J’ai voulu ce livre comme un acte de remerciement. Pour dire simplement ce que je dois au livre. Ce que, tous, nous devons au livre. Plus nécessaire que jamais, face au brouhaha du monde, au temps chaque jour un peu plus refusé, à l’oubli de soi, et des autres. Pour le plus précieux des messages, dans le temps silencieux de la lecture  : qu’il est en chacun de nous un royaume, une dimension d’éternité, qui nous fait humains et libres. »

M. L. B.

Biographie de l’auteur :

Michel Le Bris est l’auteur d’une œuvre romanesque importante. On lui doit entre autres, L’Homme aux semelles de vent,  La Beauté du monde (Grasset, 2008, finaliste du prix Goncourt) et Kong (septembre 2017).

Notre avis :

Amoureux des livres: précipitez-vous, courrez lire cet ouvrage.

Michel Le Bris, après son superbe Kong, publié toujours chez Grasset en 2017, continue de nous émerveiller.

La littérature, son pouvoir, sa force sont le fil conducteur de cette histoire, de cette biographe d’un passionné des mots.

On voyage avec l’auteur à travers les époques, les lieux, les envies de lecture, les rencontres qui changent la vie, qui changent sa vie. Quel plaisir de s’imaginer à Londres immergés dans toutes les éditions possibles des romans de Jack London. 

La lecture et l’écriture sont vitales pour lui, et avec sa captivante plume Michel Le Bris est notre guide, nous pouvons presque toucher les livres qu’il décrit et cite. Un tour dans une bibliothèque magnifique, dans l’une de ses librairies préférées, le voyage est magique. Nous nous retrouvons en compagnie de Borges, de Zevaco.

On découvre également le métier d’éditeur pratiqué par l’auteur et sa joie de publier des écrivains aimés et parfois oubliés.

L’enfance dans son « petit coin de Bretagne » le premier livre vraiment à lui puis Versailles, la révolution des idée, quelle vie passionnante et quel livre prenant.

« Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout » disait Victor Hugo et je ne peux que vous dire mettez ce livre payout !

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Grasset 

Michel Le Bris
Extrait
Extrait
Extrait
Son premier livre
Autre livre que je vous conseille

November Road

Mot de l’éditeur :

Sur une route perdue de l’Ouest américain, un homme roule à tombeau ouvert.

Cet homme, c’est Frank Guidry. À ses trousses, un tueur à gages mandaté par le mafieux Carlos Marcello, qui veut se débarrasser d’un témoin indésirable dans le crime du siècle : l’assassinat de JFK.

Guidry sait que la première règle, quand on est en cavale, est de ne pas s’arrêter. Et que la seconde est de ne compter que sur soi-même. Pourtant, lorsqu’il aperçoit, au bord de la route, une femme avec une voiture en panne, deux petites filles et un chien sur la banquette arrière, il y voit une proie facile. Et la couverture qui lui permettra de leurrer l’homme qui le traque.

Alors, Guidry prend le risque.

Il s’arrête.

Notre avis :

Carlos Marcello, responsable d’un important syndicat du crime à la Nouvelle-Orléans, est à l’origine de l’assassinat du président des États-Unis. Frank Guidry, l’un des meilleurs lieutenants de Marcello, mais Frank, sans le savoir, est devenu une partie intégrante du plan de assassinat de JFK, ce qui signifie qu’il est devenu cible, ce qui signifie que ses jours sont comptés car il représente le seul lien qui existe encore entre le caïd et le meurtre de Kennedy. Frank prend la route et rencontre Charlotte qui a des problèmes de voiture et se retrouve dans le même motel que notre fugitif qui se dit que le tueur à gages à ses trousses ne chercherait pas pas un homme voyageant avec une famille. Il propose donc à Charlotte et à ses enfants un voyage commun.

Parfait son plan, jusqu’à ce que Guidry réalise qu’il met cette jeune mère et ses enfants en danger, et que son cœur, auparavant endurci et capable de tout, supporte mal tout ça. 

Le couple passe plus de temps ensemble, Charlotte continue de faire confiance à Franck et lui il réfléchi à sa mortalité, au sens de la famille. Lou Berney avec ses mots rend parfaitement compte de l’ambiance qui s’instaure dans une atmosphère palpable d’inquiétude. L’autour parvient à capturer le temps dans un arrêt sur image parfait, en maintenant les personnages comme statistiques, jusqu’au moment où tout le monde prend place dans le puzzle de sa version de l’histoire de l’assassinat de JFK.

La lecture de ce récit est un vrai moment de plaisir. Le voyage on the road, les  enchevêtrements romantiques et les pensées profondes des protagonistes, qui atteignent chacun un tournant décisif de leur vies nous tiennent collés à ce livre.

Une nouvelle porte s’ouvre sur celle qui vient de se fermer, opposant le sentiment d’espoir au sentiment d’effroi. «À chaque décision, nous créons un nouvel avenir. Nous détruisons tous les autres futurs».

Ce livre est fascinant, plein de suspense et entraînant.

❤️❤️❤️❤️❤️

Harper Collins

Extrait
JFK est un film américain réalisé par Oliver Stone et sorti en 1991. Il est centré sur l’enquête autour des théories du complots sur l’assassinat de John F. Kennedy .
À la suite de l’assassinat de John F. Kennedy à Dallas le 22 novembre 1963, le procureur de La Nouvelle-Orléans Jim Garrison remet en cause les conclusions du rapport de la Commission Warren et oriente son enquête vers la possibilité d’un complot. Ce film se fonde d’une part sur le livre de Jim Garrison, dans lequel il raconte son enquête, et d’autre part sur les investigations de Jim Marrs, journaliste américain indépendant.
À lire aussi
Excellente adaptation
Dallas 22/11/1963
Biopic avec une version plus traditionnelle de l’assassinat de JFK
Lou Berney

Un bon rabbin

Mot de l’éditeur :

Chlomo avait entendu toutes sortes d’histoires, mais bien sûr celle-ci était à part. Il se comporta toutefois comme avec tous les gens qu’il rencontrait, il écouta sans juger. Le rabbin pensa instantanément à ce qu’il pourrait faire, mais il n’osa pas. Il n’avait pas le droit, et il en serait de toute façon bien incapable. Chlomo savait qu’il finirait tout de même par proposer son idée. Il demanda la permission à Dieu, solennellement, arguant de la sincérité de sa démarche. Dieu ne manifesta aucune objection. Il laissa Chlomo décider. 

Chlomo est un rabbin qui veille avec beaucoup d’affection et de miséricorde sur sa petite communauté de fidèles. Lorsqu’il rencontre l’énigmatique Jacob, sa vie prend un tour inédit. Car Jacob est un tueur à gages névrosé, proche de la dépression. Pour lui laisser le temps de se refaire une santé et de trouver son chemin, Chlomo décide de prendre sa place. Mais les nouvelles activités du rabbin ont des conséquences : il néglige ses fidèles, rate le shabbat. Dans son entourage, on commence à se poser des questions… 

Ce roman irrévérencieux et teinté d’humour interroge avec finesse les notions de Bien et de Mal, ainsi que l’inversion potentielle des valeurs.

Biographie de l’auteur :

Manuel Benguigui est né à Paris en 1976. Il travaille dans une galerie d’art tribal. En 2017, il publiait son premier roman au Mercure de France, Un collectionneur allemand.

Notre avis :

Ce roman est tout sauf ordinaire.

Le gentil et bon rabbin et sa communauté vont vivre d’étranges situations…

La question centrale est: La fin justifie-t-elle les moyens ?. Ce machiavélisme a été prétexte de toutes les exactions possibles et imaginables dans l’esprit pour faire la paix faisons la guerre et ainsi tout est justifiable.

Notre rabbin s’es égaré dans cette voie et n’entend plus la voix de la raison.

L’improbable communication entre deux univers aussi éloignés se met en place dans cette synagogue archétypale. 

Jacob a besoin d’aide, il tente de faire face à sa crise avec la prière mais cela ne lui suffit plus et Chlomo se transforme en tueur à gages pour le soulager, selon lui, dans un premier temps, avec la bénédiction de Dieu.

Évidemment la situation n’est pas tenable et nos deux sicaires doivent gérer la réalité et leur conscience, les visages des anonymes exécutés font surface tels que des fantômes qui les hantent.

Autrui, qui est « ce moi qui n’est pas moi » disait Sartre, les victimes de Jacob et de son acolyte sont les autres, des inconnus, des personnes dont on ignore l’histoire mais cette distance disparaît et laisse la place à tous ces visages qui deviennent proches. Impossible de continuer à minimiser le mal, intéressante donc la vocation artistique à effet cathartique découverte par Jacob malgré les dangers qu’il connaît bien.

Un récit très bien écrit, amusant, cruel et absurde à souhait.

❤️❤️❤️❤️❤️

Mercure de France 

Manuel Benguigui
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