Made in Météillé

Premier livre de la Maison d’édition lu: un livre de  Luis Sepúlveda, il y a fort fort longtemps, et pas vraiment à sa sortie car en 1992 …je supplantais à peine Lady Oscar par Marx.

Le Vieux qui lisait des romans d’amour, je l’ai trouvé et je l’ai lu plus tard avec passion !

Un nouveau logo entrait dans ma vie, leur logo me fait penser à la Salamandre de François 1er, si on le tourne, et il se reconnaît facilement.

Des éditions Météillé j’aime la variété du catalogue, oui oui littérature étrangère, oui oui littérature lusophone et hispanophone à la naissance de l’éditeur, oui oui littérature noire, mais en vrai on y trouve des beaux OVNI’s de littérature qui viennent de toute la planète. 

Voyons ensembles mes trois récents coups de cœur : 

Pauvres Créatures d’Alasdair GRAY.

Gray, un des artistes les plus marquants du XXe siècle britannique, un peintre et un romancier.

Une merveille gothique, une réactivation du mythe du savant fou qui perd le contrôle sur ses créations-créatures. Il faut absolument que vous découvriez Bella Baxter ! La façon dont cette histoire est structurée est incroyablement intelligente : un livre trouvé dans un livre contenant des narrateurs peu fiables en duel avec des versions différentes des événements de l’histoire. Une fantastique, l’autre beaucoup plus ancré dans la réalité. 

Donc un OVNI et l’éditeur publié d’autres ouvrages de l’auteur.

Pauvres Créatures a été adapté en film en 2023.

Un autre roman que j’ai beaucoup aimé est La Première Femme de Jennifer Nansubuga MAKUMBI, une ode à la sagesse féminine, je dirais même aux pouvoirs mythiques et à la force des femmes dans la réalité.

On continue avec l’excellente histoire Misericordia de Lídia Jorge.

Un livre qui nous bouleverse qui touche à nos émotions profondes , qui nous émeut, qui nous exaspère, qui nous provoque et nous interpelle, mais qui nous montre aussi de l’amitié, de l’amour, du respect et nous fait même rire plusieurs fois. (N’oublions pas de lire Les Mémorables toujours de Lídia Jorge, je sais j’avais dit 3 livres mais celui-ci ne compte pas car il est de la même autrice que le précédent) 

Il m’a été difficile d’en choisir 3 car en 2023-24 j’ai lu 7 livres des éditions Météillé.

Je sais je peux faire mieux ! 

Mais vous là ! Aidez-moi un peu !

Avez-vous un livre de cette belle Maison d’éditions à me conseiller ? 

Réponses possibles en MP ou commentaire sur Instagram ou FB.

Lionel Langlais Désespérer les Anges

Un peu de « Propaganda » (en anglais c’est plus beau et c’est comme en italien) 

Je vous parle de la découverte d’un chanteur français aux airs de Brel, même si ses inspirations sont multiples et très actuelles. À mon avis c’est un artiste à connaître, à écouter et à voir chanter.

L’émotion est au centre de son travail. 

Ses chansons provoquent des émotions ! 

Sa musique est sincère et s’adresse au plus grand nombre.

Ma découverte d’aujourd’hui est « Désespérer les Anges » 

Voici quelques informations utiles pour découvrir, et plus si affinités (je parle des concerts) l’artiste

Site Lionel Langlais les lives ( https://www.lionellanglais.com/concerts ) :

Printemps de Bourges : 

Dimanche 28 avril 14h30, scène « Le Berry ».

Tournée des Kiosques ( Paris) :

Tous les concerts commencent à 16h ( sauf exception indiquée entre parenthèses ), au kiosque à musique du parc, et durent environ 1h.

  • Samedi 11/05 au Parc Montsouris
  • Samedi 01/06 au Parc Montsouris
  • Dimanche 16/06 au Parc Georges Brassens
  • Samedi 29/06 au Parc Georges Brassens
  • Samedi 13/07 au Parc Georges Brassens
  • Dimanche 14/07 au Parc Montsouris
  • Samedi 27/07 au Parc Montsouris
  • Dimanche 28/07 au Jardin du Luxembourg ( Attention, concert à 17h30)
  • Samedi 03/08 au Parc Montsouris
  • Dimanche 04/08 au Parc Georges Brassens

Le Courage des Lâches / Wendall Utroi / LA TRACE

Il y a à peine quelques jours un colis de l’Italie a généré à la fois joie et questionnements.

Je recevais la carte de membre de l’Association Nationale Persécutés Politiques Italiens Antifascistes. Oui c’est possible car l’association a décidé de travailler à la diffusion des idéaux qui se résument à la devise républicaine française plus je dirais la solidarité.

Je suis ravie d’avoir une carte ! Appartenir à un groupe n’a jamais suscité la peur de renonce à mon individualité, c’est juste que unis nous sommes plus fort 

Le même jours je lisais. Le Courage des Lâches, un livre de Wendall Utroi, que je n’ai pas envie de terminer ou l’oublier car il portes les valeurs que j’aime et pose les bonnes questions.

L’auteur écrit « vous ne vous rendez pas compte que chaque personne compte ? »

Cette phrase exactement la même accompagne ma vie et a fait bien commencer ma lecture.

Je connaissais déjà l’auteur et mon amour pour son style direct est soigné, a encore augmenté.

Le Courage des Lâches suit le parcours d’un groupe d’adolescents qui passent de l’adolescence à la vie adulte dans une période où encore plus aujourd’hui l’indifférence et le vide ont créé les monstres dont parle Gramsci.

Ce récit parle de choix et d’engagement, d’amour et d’amitié, avec une grande capacité de l’auteur à d’écrire un tableau que nous voyons apparaître avec ses formes et ses couleurs petit à petit. Si c’était une musique ce serait le Boléro, percutant et surprenant, spécial et génial.

Voilà ce livre est génial pou, le fond est une histoire concrète et importante pour montrer que les personnages plus ordinaires peuvent être les vrais héros de l’Histoire (avec H majuscule) et pour la forme qui confirme un grand auteur qui tient une place spéciale dans ma bibliothèque.

Je voudrais vous transmettre mon enthousiasme pour ce roman et je vous invite à découvrir la sublime poésie à la fin du livre. Une poésie qui a inspiré l’auteur et qui m’est très chère.

Arthur Mineur court à sa perte / Andrew Sean GREER / Actes Sud

Andrew Sean Greer. En plus d’être un écrivain éloquent et élégant, il est aussi édifiant et drôle. Il nous encourage à ne pas prendre notre vie et nous-mêmes trop au sérieux… tout en nous rappelant d’en tirer le meilleur parti.

Arthur, le protagoniste dont le nom français, ne manque pas de rappeler Arthur Miller, vit heureux avec son compagnon Freddy dans leur « Shack » à San Francisco, où ils travaillent tous deux sur leurs propres écrits. Lorsque Freddy est en congé dans le Maine, Arthur apprend que son ex-amant est décédé et que son décès s’accompagne de l’héritage de factures très élevées. Afin de payer ces factures, Arthur reporte son voyage dans le Maine pour voir Freddy et se lance dans un road trip le long de la côte californienne, à travers le sud-ouest et le sud-est, et remonte la côte est jusqu’à sa maison d’enfance dans le Delaware. À chaque étape de ce voyage, Arthur, gagne lentement l’argent nécessaire pour payer ce qui est dû à la succession de Robert.

Greer a la capacité unique et étrange d’écrire avec légèreté et humour tout en mettant en lumière des éléments sérieux de l’expérience humaine comme l’amour, le vieillissement et la famille. Ce livre, tout comme son précédant, qui avait toujours le même protagoniste et reçu le Pulitzer en 2018, vous fera sourire, tout en  réfléchissant à votre propre relation à l’amour, à la vie et à la société.

Un livre  incontournable pour moi !

Upgrade / Blake Crouch / Gallmeister

Que faire une fois que l’humanité a bousillé son climat et que l’on se ballade sur Broadway en canoë-kayak ? Ben tout simplement trafiquer les gènes, c’est devenu tellement facile que n’importe qui un peu diplômé peut couper-coller un brin et tenter d’obtenir un résultat plus ou moins prévisible. La mère de notre héro s’y est lancée avec bonne volonté, par conséquent des centaines de millions de personnes sont mortes d’une épidémie, une police internationale en est née, chargée de dépister les traficoteurs génique. Dans un souci très freudien de réparation, notre héro en est l’un des meilleurs limiers. Mais voilà que ses propres gènes sont altérés lors d’une intervention.

Que devient-on avec une mémoire parfaite, un QI hors normes, un métabolisme ultra-réactif ?L’intelligence est elle la réponse à tout ?
Prenez un thème utilisé depuis l’apparition de Deathstroke en décembre 1980, mélanger le avec les thèses complot-fantaisiste du sida/covid vous obtenez un excellent polar de science-fiction, haletant que l’on ne lâche pas un instant.

ATTENTION le virus de la lecture se propage par les yeux et le bouche-à-oreilles !!!!

L’identité handicapéE

« Identité » quel mot utilisé pour défendre ou pour attaquer, pour définir ou se définir.
L’identité recherchée ou réclamée, l’identité trop souvent associé à des cases pour enfermer, parfois instrument de l’affirmation de soi, de la revendication. Une personne handicapée rajoute forcément, à mon avis un élément à l’expression de son identité.
Qu’il soit de naissance ou acquis le handicap est loin de correspondre au mot anglo-saxon qui est à l’origine de ce terme. Il naît dans le monde de l’hippisme pour désigner la volonté d’imposer des difficultés. Le handicap est bien plus qu’un obstacle, il est le placement dans une situation involontaire qui nous sort du mot égalité et celui de liberté et nous laisse seulement espérer la fraternité.
« L’identité de la personne en situation de handicap se situe souvent dans un entre-deux : ni valide ni handicapée, ni inclue ni exclue, ni pareille ni semblable. Ces personnes sont « au seuil de », dans un espace liminal. Entre normalité et anormalité, entre institutions spécialisées et milieu ordinaire, » écrit Simone Korff-Sausse, psychanalyste, maîtresse de conférences émérite à l’université Paris Centre, et ses mots sont précieux pour se confronter à l’identité face aux handicaps.
Si nous sommes sortis de la vision qui au Moyen-Âge, voyait les difformités  comme des châtiments de Dieu, comme le définit si bien Victor Hugo dans Le bossu de Nôtre Dame.
La différence reste un élément qui modifie en partie l’identité et la perception du monde, 
la thématique de la place dans la société du handicap est très présente dans les écrits, essais ou romans et je vous invite à ne pas fuir le handicap même dans les livres que vous choisissez. Après avoir lu quelques livres qui parlent de handicap vous aurez un peu plus de compréhension de ce groupe social qui ne demande que le respect d’une identité involontairement différente et seulement dans son expression.
Personnellement c’est le regard des autres qui m’a obligée à réfléchir sur mon identité de personne et de femme en fauteuil roulant.
Je cherche toujours, je lis toujours, je perçois mon identité comme un élément qui n’est pas figé et qui évolue et intègre mon handicap et devient seulement une facette de ma façon d’exister.

Un conseil de lecture, impossible d’y échapper avec moi : « Marche ou rêve » de Ferdinand Laignier-Colonna chez Héloïse d’Ormesson

Bernie surkiffe / Théâtre 

Vous avez avez aimé Madame Maisel à la télé ? Vous aimerez alors Bernie.

Notre héroïne théâtrale passe comme l’autre de femme au foyer à l’instar des plateaux.

La vie de tous les jours est à l’honneur, douce et amère, touchante et drôle, vraiment drôle !

On passe un bon moment avec un show de qualité et des histoires de personnages ordinaires auxquels on s’identifie facilement et pleinement, ces portraits sont très réalistes et toujours réussis et drôles.

Les sketchs se succèdent avec un très bon rythme qui ne laisse pas de repos au rire.

Je n’ai jamais arrêté de rire et, ce n’est pas facile que je me laisse séduire autant par des textes!

Formidable, la comédienne qui incarne Bernie à la perfection.

Je vous recommande vivement d’aller voir ce spectacle, pour vous abandonner à des textes rafraîchissant et efficaces.

Hôtel de l’univers / Hedi Cherchour / Editions Vanloo

Si vous deviez lire uniquement lire les premiers mots de mon texte, sachez que ce livre est un grand, fort et important coup de cœur ou de foudre si vous préférez.

« Le bâtiment B1 est le monde » nous dit la quatrième de couverture et cette image raconte bien le fond du livre, cette phrase me touche beaucoup car je l’ai souvent prononcée ailleurs, dans des quartiers qu’un parisien comparerait à La Courneuve mais qui se situent en Italie, à Rome, dans une architecture qui se voulait inclusive, dans une idée de ville qui devait contenir le monde, une univers pour toutes et tous. Si vous avez l’envie et la curiosité, cherchez l’histoire de Laurentino 38 qui paraît sorti tout droit d’un livre de Pasolini.

Et tous les mutatis mutandis de la galaxie faits, c’est au cher Pier Paolo que j’ai pensé dans la série d’instantanées que Hédi Cherchour nous offre avec conviction et brio.

Découverte avec son précédent livre, à lire aussi, Nouvelles de la ferraille et du vent (2019),

l’autrice confirme, à mon avis sont talent de conteuse/photographe d’histoires fortes qui parlent des faibles.

L’écriture se fond avec les voix des la narratrice et des personnages qu’elle décrit et fait vivre, à merveille.

L’Univers de « l’hôtel » de Mme Cherchour est celui des prolétaires (oui le mot existe toujours et garde sa signification) de l’immigration maghrébine entre espoir et déception, où les premières vagues redoutent les suivantes, où il vaut mieux cacher ses cicatrices visibles et invisibles. La réflexion sur, identité, intégration et assimilation s’impose à moi grâce aux mots bien placés de l’autrice.

Un livre à lire pour toutes les qualités qu’il a.

Rat Island / Jo Nesbø / Gallimard Collection Série Noire

Ce livre, si particulier se compose de 5 nouvelles, toutes très différentes les unes des autres, mais qui transmettent leur message de la même manière : Clairement et avec une incroyable maîtrise.

C’est une lutte pour la survie de nos personnages. Une survie qui ne vient pas facilement ni sans douleur. Ces histoires m’ont parfois fait penser aux univers dégradés et sans lois des super héros des comics  (Superman, Batman avec Gotham City) mais avec des personnages plus humains et tragiques (sans Superman&co).

Les nouvelles se déroulant dans un futur proche avec une légère touche de science-fiction. Mon préféré, je dirais, est Black Horse mais chacune a sa propre singularité qui flirte avec le genre de l’horreur tout en abordant des enjeux de société clés et hélas actuels.

Moi je vois bien Trump en haut de son gratte-ciel en attendant l’hélicoptère ! (il faut lire Rat Island pour comprendre). 

Dans la manière d’écrire de l’auteur, j’aime ses paradoxes et sa complexité, ainsi que sa recherche des  possibilités que l’homme peut avoir et jusqu’où il peut aller pour se détruire. 

Ses personnages ne font pas vraiment des « bons » choix. 

Après ce livre j’envisage sérieusement de chercher les autres recueils de nouvelles de l’auteur car ses histoires sont des mini romans à chaque fois.

Je le recommande vivement si, comme moi, vous aimez l’auteur, les histoires courtes et un livre intéressant qui frôle plusieurs genres littéraires.

La vengeance / Wautier / Anspach

La vengeance est une réinterprétation graphique à l’époque de la conquête de l’ouest américain de Moby Dick.
Jusqu’où, un père de famille auparavant bien tranquille pourra-t-il aller pour venger son épouse.
Ses enfants l’accompagneront sur la piste des assassins, inquiets de ne plus le reconnaître.
Cette BD est à la limite du story-board d’un western de Sergio Leone tant elle est cinématographique, manque juste la musique d’Ennio Morricone avec l’harmonica.
Il y a un amour des montagne chez Wautier et les cols entre les piques figurent bien le creux des vagues dans lesquels Achab s’enfoncera.
Nous trouvons donc une réflexion sur le désespoir, la morale et les limites de se faire justice ou céder à la vengeance extrême.