Arythmies

Mot de l’éditeur :

Jean embrasse Emma…du regard. Il embrasse les contours de son corps voilé d’une légère robe noire. « Et un rire… » Et si cette légende japonaise prédisait une vérité ? Sommes-nous liés au destin d’une seule personne à notre naissance ? Pouvons-nous ignorer ce fil rouge tissé de nos coeurs à nos doigts ? De nos doigts à nos coeurs ? La vie, souvent moqueuse, rétablit un équilibre en empêchant deux êtres de se retrouver. Nous sommes les instruments de sa volonté. Parfois…

Biographie de l’auteur :

Laetitia Cavagni, poétesse et auteure de talent, d’une sensibilité rare et d’un réalisme à l’épreuve du feu, signe ici son premier roman dans la collection Magnitudes. Chroniqueuse de nos amours, rimeuse de nos bonheurs et de nos peurs, son texte poursuit une histoire qu’elle écrit depuis des années. Celle d’Emma et Jean Et celle aussi d’autres gens. Un texte rare pour une écriture rare qui vous portera au loin. À lire pour le plaisir.

Notre avis :

Ce roman est un vrai bijou de sensualité, il  brille par son raffinement, son vocabulaire riche, son humour dans les descriptions des femmes et des hommes qui vivent dans les pages d’ “ Arythmies ”

L’ écriture est élégante, jamais lourde ni pompeuse, ni précieuse, mais d’une finesse et d’une élégance sculptée avec grâce.

Selon la légende japonaise du fil rouge, le petit doigt n’est pas l’endroit où se termine la connexion vitale avec le cœur . Car un fil rouge invisible se déroule du petit doigt, qui porte la marque de l’âme et nous connecte de façon définitive et profonde avec les fils des autres personnes, c’est-à-dire avec leurs cœurs. Ceux qui sont reliés par un fil rouge sont unis par la force de la vie elle-même ; ils sont destinés à se rencontrer et à vivre une histoire d’apprentissage mutuel, qu’importe le temps, la distance ou les événements qui les séparent. Au cours de la vie, le fil peut s’étendre ou s’emmêler, en nous éloignant temporairement de telle ou telle personne, mais jamais il ne peut se briser.

Le roman de Laetitia Cavagni suit la trajectoire des fils rouges de ses personnages, un texte envoûtant sur l’amour et la passion.

L’autrice poétesse, nous fait traverser les destins de Jean et Emma et de ses autres personnages enfants et adultes.

Rien n’est réellement comme le lecteur peut l’imaginer et le dénouement final est surprenant, inattendu et confirme la magie de ce livre.

Une occasion pour moi aussi de découvrir les Éditions JDH et la collection Magnitude.

❤️❤️❤️❤️❤️

JDH Éditions 

Laetitia Cavagni
Extrait
Mayotte
Cité dans le livre

Underground Railroad

Mot de l’éditeur :

Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les états libres du Nord. 

De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le « misérable coeur palpitant » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté. 

L’une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l’« Underground Railroad », le célèbre réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. 

à la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l’Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une oeuvre politique aujourd’hui plus que jamais nécessaire. 

Biographie de l’auteur :

Colson Whitehead est reconnu comme l’un des écrivains américains les plus talentueux et originaux de sa génération.  Underground Railroad, élu meilleur roman de l’année par l’ensemble de la presse américaine, a été récompensé par le National Book Award 2016 et récemment  distingué par la Médaille Carnegie, dans la catégorie « Fiction ». Salué par Barack Obama, le livre connaît depuis sa parution un succès phénoménal aux états-Unis et dans le monde entier.

Notre avis :

« Chaque matin je me réveille dans une maison bâtie par des esclaves » disait Michèle Obama à propos de la Maison Blanche » . Le véritable Underground Railroad, fut très efficace et bien organisé à partir de 1820, il fonctionna jusqu’en 1861 (Guerre de sécession) . Après l’adoption par le Congrès, en 1850, d’une nouvelle loi plus sévère contre les esclaves en fuite, l’Underground Railroad connut une activité intense. On estime que plus de 100 000 esclaves l’ont utilisé.

Choisir de lire un livre sur l’esclavage, c’est choisir de se plonger dans la brutalité, la violence et l’inhumanité, mais bien que ce sujet ne soit ni facile ni léger, il est profondément émouvant et très puissant.

Le récit nous transporte dans la vie de Cora, esclave dans une plantation de coton en Géorgie au début des années 1800. Sa mère l’a abandonnée (s’est enfuie) quand elle était petite en faisant d’elle une «enfant perdue». Randall, le propriétaire de la plantation, est particulièrement sadique.

Lorsque César arrive dans la plantation, il décide de convaincre Cora de s’échapper avec lui. Il a établi une connexion avec quelqu’un qui les transportera sur le chemin de fer souterrain vers la liberté. Ils seront pourchassés par Ridgeway, un traqueur d’esclaves qui est toujours fou de rage de ne jamais avoir pu attraper et ramener la mère de de la jeune fille.

Cora est un personnage magnifique, sa force face à une cruauté dévastatrice et sa rage bouillonnante causée par le fait d’être traitée comme la captive de quelqu’un, la propriété de quelqu’un sont remarquables. Très vite il devient cependant clair que la liberté ne consiste pas simplement à sortir de la plantation.

Le livre est raconté sous un certain nombre de perspectives, le voyage de Cora restant le thème commun. Nous obtenons aussi un aperçu de la vie et des personnages qui précèdent la fuite de notre héroïne.

Ambiance de l’époque décrite magistralement par Colson Whitehead qui a reçu son premier Pulitzer pour cet ouvrage. Son prochain livre et de nouveau Prix Pulitzer, “Nickel Boys” sortira en français le 19 août 2020 et je vous annonce déjà que, à mon avis, il est extraordinaire.

Il faut se laisser aller à la puissance des mots de l’auteur dans cette ode à la liberté et à l’espoir !

❤️❤️❤️❤️❤️

Albin Michel

Colson Whitehead
Extrait
Extrait
À lire aussi
Représentation d’esclaves en fuite
Plantation de coton
Piketty Capital et Idéologie

Leonor Fini grâce et profondeur

 

Leanor Fini était une grande artiste surréaliste que je voudrais voir plus connue et reconnue.

Ses œuvres, d’une élégance extraordinaire, présentent des éléments oniriques, des symboles et des éléments plus réalistes toujours exprimés dans un language artistic personnel.

Nous pouvons y retrouver la même vision du  « temps arrêté » si chère à Giorgio De Chirico ou les couleurs et traits de Klimt.

Le Sphinx et les chats jouent des rôles importants dans ses peintures, ainsi que le thème du «double». Elle a vécu avec beaucoup de chats; jusqu’à un total de 23 en même temps.

    

On a dit d’elle qu’elle était la seule artiste à peindre des «femmes sans excuses». Beaucoup de ses peintures présentent des femmes fortes dans des situations cérémonielles ou provocatrices. Les hommes sont souvent décrits comme des figures flexibles sous la protection des femmes.

Née d’un père argentin et d’une mère italienne le 30 août 1907 à Buenos Aires et décédée le 8 janvier 1996 à Paris. Madame Fini a eu une vie compliquée pendant son enfance.

Qand Leonor avait un an, sa mère quitta son mari en Argentine et, emmenant sa fille avec elle, déménagea à Trieste. Pour empêcher Leanor d’être kidnappée, sa mère l’a habillée pendant plusieurs années comme un garçon. Mélancolique et sensible, Leanor ne pouvait que chercher une forme d’évasion de sa cage et, grâce à la peinture, à 17 ans elle était à Milan, en tant que portraitiste. Plus tard elle s’installera à Paris –c’était 1931-1932– pour pouvoir vivre de son Art, en développant son propre langage en toute liberté, dans la ville qui, à cette époque, était la capitale mondiale de l’art. Être en France lui a permis de rencontrer, entre autres, Paul Eluard, Max Ernst, Georges Bataille, Henri Cartier-Bresson, Picasso, Christian Dior, André Pieyre de Mandiargues et Salvador Dalí. Elle a traversé l’Europe en voiture avec de Mandiargues et Cartier-Bresson. Pendant ce voyage, elle a été photographiée nue dans une piscine par Cartier-Bresson – cette image aurait été vendue pour 305 000 $ en 2007 -.

Elle adorait se faire photographier.

Notre artiste a peint des portraits de Jean Genet, d’Anna Magnani, de Jacques Audiberti, d’Alida Valli, de Schlumberger et de Suzanne Flon ainsi que de nombreuses autres célébrités et riches visiteurs de Paris. Elle a conçu la bouteille «Shocking», des costumes et des décors pour le théâtre, le ballet et l’opéra, ainsi que des habits pour le cinéma.

Elle était aussi une excellente illustratrice. Ses graphismes les plus connus sont probablement ceux dessinés pour Histoire d’O mais passionnée de littérature et de poésie, Leonor illustra plus d’une cinquantaine d’ouvrages, dont les œuvres de Charles Baudelaire, qu’elle admirait profondément, celles de Paul Verlaine, de Gérard de Nerval et d’Edgar Allan Poe.

J’ai développé une profonde admiration pour cette artiste éclectique et sagace.

Sa peinture et son œuvre littéraire ont une dimension fortement philosophique.

En 1970, Leonor Fini a écrit trois romans, « Moumour, conte pour enfants velus » «Rogomelec » et « L’Oneiropompe ».

J’ai lu les deux premiers et je suis conquise.

Ses récits sont tout autant surréalistes et délicieux que sa peinture.

Je vous conseille de lire ses livres que, je suis sûre, sauront vous enchanter.

À propos de Rogomelec:

“Leonor Fini bat les cartes de l’imaginaire et les couleurs de son jeu – tragique – dérision, beauté, monstruosité, ont les mêmes valeurs. Ce monastère est-il un sanatorium ? À quel dieu ces moines sont-ils voués ? À quoi sert le régime des curistes qui semblent échappés d’un vieux film muet ? Le récit suit les règles précises du rêve qui brasse le résidu hétéroclite de la mémoire. Et si, du désordre somptueux de la Fête surgissent les figures du Roi et du Pendu, si elles prennent place dans une scène que nous croyons reconnaître, il n’y a là d’autre symbole que la reconnaissance du rôle privilégié du rituel.”

Pour voir une partie de ses œuvres:

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Portrait de jeune femme (Monique Beaumont) 1950 ; Portrait d’enfant, 1935

Centre Georges Pompidou

Femme travestie, circa 1932

Musée de Grenoble

Mandoliniste, 1933

Musée de l’Hospice Saint-Roch, Issoudun, France

Salle permanente – Reconstitution du Salon de l’appartement de Leonor Fini, rue de La Vrillière à Paris

Tate Modern, Londres

Petit sphinx ermite, 1948

Peggy Guggenheim Collection, Venise, Italie

La Bergère des sphinx, 1941

Musée d’Art et d’Histoire, Genève, Suisse

Nue (Jeune fille au bas) 1941; Nu (Nico Papatakis) 1941

Museo d’Arte Moderna Revoltella, Trieste, Italie

Portrait de jeune homme déguisé en mendiant (portrait d’André Pieyre de Mandiargues) 1935

Miyazaki Prefectural Art Museum, Miyazaki, Japon

Les deux crânes, 1950

Musée d’Art Moderne, Bruxelles, Belgique

Galleria Nazionale d’Arte Moderna e Contemporanea, Rome, Italie

Théâtre national de l’Opéra, Paris

Costumes pour Tannhaüser, 1963

Art Institute of Chicago, Chicago, Illinois

The Sphinx (gouache) 1970

The Lost Needle (collage de Joseph Cornell avec dessin et photographie de Leonor Fini) circa 1947

Galleria Nazionale d’Arte Moderna, Museo Mario Praz, Rome

Sphinx, circa 1950

Galleria d’Arte Moderna e Contemporanea, Palazzo Massari, Ferrara, Italie

Portrait d’Achille Funi

http://www.leonor-fini.com/fr/

Le Consentement

Mot de l’éditeur :

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin «  impérieux  » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.

«  Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence  : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre  », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d’une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l’ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d’une époque, et la complaisance d’un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.

Biographie de l’auteur :

Vanessa Springora, née le 16 mars 1972 est une éditrice, écrivaine et réalisatrice française. Elle publie, début janvier 2020, l’ouvrage Le Consentement, témoignage de sa relation avec Gabriel Matzneff

lorsqu’elle était adolescente et lui adulte.

Notre avis :

Quand j’étais enfant et faisais un cauchemar, j’imaginais enfermer les méchants dans un tableau, Vanessa Springora avec «Le Consentement » dit vouloir “prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre”

Elle nous raconte son enfance et son milieu familial qui la prédisposait à la future fascination pour un écrivain admiré, le sulfureux Gabriel Matzneff.

Il ne s’agit pas d’un viol explique l’autrice mais de l’histoire de l’emprise qu’un homme brillant et cultivé peut exercer sur une jeune fille et de l’indifférence du milieu littéraire des années 80…

Olivia de Lamberterie décrit très bien, à mon avis, la complexité de ce texte : « J’ai trouvé que c’était un livre admirable, très intelligent, avec beaucoup de distance, très honnête et donc très déchirant“.

Effectivement c’est déchirant de lire comment les institutions et les proches ont joué aux « trois singes sans sagesse » en se cantonnant à un trop facile « Ne vois pas », « N’entends pas », « Ne parle pas ». 

L’autrice décrit aussi l’attitude de sa mère qui m’a profondément perturbée. Elle considère sa fille comme une adulte à un âge où le besoin de repères est encore très fort.

Cet ouvrage décortique habilement les procédés de G.M. qui charme ses victimes et futurs personages de ses romans ou de ses carnets.

Par rapport à l’œuvre de Mazneff la solution, declare Vanessa Springora, serait que, si on réédite les journaux, ils soient accompagnés d’un avertissement, « afin de montrer que certaines publications ont pu exister, qu’elles sont le marqueur d’une époque », dit-elle. « Mais je ne suis pas une défenseure de la censure, pas du tout. »

Que les mots de ce livre soient libérateurs pour toutes celles et ceux qui pensent être coupables et sont en réalité victimes de la force de la manipulation.

❤️❤️❤️❤️❤️

Grasset 

Vanessa Springora
Extrait
Extrait
Extrait
Quartier Saint-Germain-des-Prés
Lycée et Prepa Fénelon

Lisière Voyage aux confins de l’Europe

Mot de l’éditeur :

Quand Kapka Kassabova retourne en Bulgarie, son pays natal, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, c’est à la frontière avec la Turquie et la Grèce qu’elle se rend. Une zone inaccessible lorsqu’elle était enfant et que la guerre froide battait son plein, un carrefour qui grouillait de militaires et d’espions.

Au gré de son voyage, l’autrice découvre les lieux qui furent dominés par des forces successives, de l’Empire ottoman au régime soviétique, et baignés de mythes et de légendes. Son livre est peuplé de magnifiques portraits de contrebandiers, chasseurs de trésors, botanistes et gardes-frontières, et aussi de migrants.

Lisière est à la fois le récit d’une immersion dans les coulisses de l’Histoire, un regard neuf sur la crise migratoire en Europe et une plongée au coeur de géographies intimes. Il se situe à mi-chemin entre les oeuvres de Ryszard Kapuscinski et de Svetalana Alexievitch.

Biographie de l’auteur :

Kapka Kassabova est née à Sofia en 1973. Elle y a grandi jusqu’à ce que sa famille quitte le pays après la chute du Mur. Elle habite aujourd’hui en Écosse et se consacre à l’écriture. Lisière a reçu plusieurs prix au Royaume-Uni et a été acclamé par une presse unanime.

Notre avis :

Quel merveilleux voyage a été ce livre.

«Lisière » est une méditation admirable et évocatrice sur des frontières réelles et imaginaires. 

J’ai été complètement fascinée par l’écriture de cet ouvrage, l’autrice tisse une exquise toile en conjuguant le mythique et le réel.

La prémisse principale de ce texte tourne autour du retour de l’autrice en Bulgarie après avoir émigré il y a vingt-cinq ans. Son objectif est d’explorer la frontière que la Bulgarie partage avec la Turquie et la Grèce. J’ai apprécié la façon de combiner l’histoire, le mysticisme et la spiritualité avec les vrais récits d’individus rencontrés.

Kapka Kassabova propose une trame riche.

Elle fait des allers-retours dans le temps, décrivant à la fois les peuples qui ont vécu au même endroit pendant des siècles et ceux qui ont été déracinés à maintes reprises, souvent plusieurs fois en une génération.

L’écriture de Kassabova est élégante et lyrique avec une sorte de mélancolie envoûtante qui plonge le lecteur dans le paysage qu’elle explore.

Je recommande vivement ce livre.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Marchialy

Kapka Kassabova
Extrait
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Extrait
Extrait
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Extrait
Bulgarie
Frontière
Représentation de Nessos

Le Livre jaune

Mot de l’éditeur :

Un pirate s’échoue sur les rivages de Carcosa, la Cité d’Ailleurs. Persuadé d’être mort, il est amené par Maar, un aveugle qui semble tout savoir de lui, au Roi en jaune. Ce dernier, hanté par le souvenir de ses amours, lui propose de revenir à la vie s’il parvient à le débarrasser de sa malédiction. Commence alors la quête du pirate à la recherche de son propre trésor perdu, Ananova, la femme qu’il a tant chérie et pleurée.

Biographie de l’auteur :

Michael Roch est un des cinq écrivains à suivre selon Le Point Pop et son précédent roman, Moi, Peter Pan, a été sélectionné pour le Grand Prix de l’Imaginaire 2018. Michael Roch est également scénariste et chroniqueur de La Brigade du Livre sur YouTube.

Notre avis :

Le premier livre de Michel Roch, « Moi, Peter Pan », m’avait enchantée et avec « Le Livre Jaune » un autre voyage fantasmagorique et philosophique est présenté au lecteur.

Nous sommes, cette fois, dans la la Cité d’Ailleurs, le Pirate qui a échoué dans ce monde imaginaire est conduit dans son chemin et sa quête, par Maar, dit l’Œil, serviteur de l’énigmatique Roi en Jaune qui domine une bonne partie du récit.

Maar est le « Virgile » de notre protagoniste dans cette descente aux Enfers puissante et thaumaturgique 

à la recherche de soi, à la recherche de la force de l’Amour.

Les références à Dante sont multiples et raviront les amateurs.

L’auteur utilise les mots pour accompagner les symboles et les archétypes qui se dessinent au fil des pages mais ici tout espoir n’est pas perdu.

La référence au livre « Le Roi en jaune », recueil de 10 nouvelles écrit par Robert W. Chambers et publié pour la première fois en 1895, est plutôt évidente.

Chambers se glisse dans son œuvre dans les pas d’artistes ou d’étudiants américains aux Beaux-Arts, avec comme fil conducteur, la présence du livre reproduisant le texte d’une pièce de théâtre interdite, « Le Roi en jaune », dont la lecture semble avoir des conséquences particulièrement néfastes et angoissantes. Ce recueil, aimé par Lovecraft, a inspiré la série True Detective.

Michael Roch est un incroyable conteur capable de transmettre les états d’âme de ses personages, étrange et onirique un court livre à lire.

❤️❤️❤️❤️❤️

Mü éditions

Michael Roch
Extrait
Extrait
Dante et Virgile

Sirènes

Mot de l’éditeur :

Dans un monde post-apocalyptique, dominé par les yakuzas, l’humanité s’éteint peu à peu, victime du cancer noir provoqué par les rayons d’un soleil maudit. Les riches vivent désormais sous terre, réfugiés dans les bunkers d’Underwater. Pour le bon plaisir de la yakuza, on élève des sirènes destinées à être consommées sous forme de viande de mer. Mais dans ce monde qui se divise désormais entre ceux qui meurent et ceux qui jouissent, Samuel, simple surveillant dans un bassin d’élevage, se laisse un jour tenter par le plus dangereux des plaisirs : il s’unit à une sirène femelle. Ainsi naît Mia, mi-sirène mi-humaine, une créature hybride porteuse peut-être, d’un nouvel espoir.

L’écriture puissante, cruelle et délicate de Laura Pugno fait surgir les questions de l’exploitation animale, de l’asservissement des femmes, de la frontière de plus en plus trouble entre l’humain et le non-humain.

Dans Sirènes, ce qui importe n’est plus la fin de l’humanité, mais de savoir si une nouvelle espèce consciente lui survivra.

L’univers littéraire de Laura Pugno est largement inspiré des univers post-apocalyptiques, du monde sauvage et des réflexions philosophiques sur le non-humain. Ces thèmes forts sont tissés dans une écriture d’une très grande délicatesse, mêlant avec grâce l’imaginaire, la sensualité et une maîtrise exceptionnelle du récit.

Biographie de l’auteur :

Laura Pugno, née à Rome en 1970, est romancière et poétesse, elle dirige, depuis 2015, l’Institut Culturel Italien de Madrid. Elle a été récompensée par plusieurs prix, dont le prestigieux « Premio Campiello Selezione Letterati » en 2017, il Frignano per la Narrativa, il Premio Dedalus, il Libro del Mare e il Premio Scrivere Cinema per la sceneggiatura.

Sirènes est son premier roman traduit en français.

Notre avis :

« Silènes » de Laura Pugno est un petit chef-d’œuvre. Court, intense, coriace. Dans un monde post-apocalyptique, où la lumière du soleil, source de vie, est devenue source de mort, une humanité dégradée poursuit un idéal de vie tordue. Dans un monde qui s’effondre, les véritables puissants sont les cadres exécutifs de la mafia japonaise, les Yakuza.

Les pauvres meurent en masse sous le rayonnement solaire, dévorés par le cancer noir. Les riches, en revanche, se retrouvent tiraillés entre la recherche d’un remède et le désir irrépressible de la nouvelle gourmandise culinaire, la viande de sirène.

Samuel est au centre de l’intrigue de Laura Pugno, endeuillé à cause de la perte de sa compagne, il travaille dans un bassin de sirènes et mettra au monde la première hybride : Mia.

Élevées dans des bassins pour finir dans une assiette ou pour être placées dans des bordels pour fortunés, les sirènes se dégradent à la même vitesse que ce qu’il reste de l’humanité. 

Nous trouvons dans ce texte des questionnements sur la survie de l’espèce, la régénération naturelle et le combat contre les instincts les plus sombres de la nature humaine.

L’ Homme avance dans une auto-dissolution imparable mais la nature avec ses processus souterrains inconnaissables jette les bases d’une renaissance de la vie.

Excellent premier roman.

❤️❤️❤️❤️❤️

Inculte-Dernière Marge

Laura Pugno
Extrait
Extrait
Extrait
Sirènes dans la mythologie grecque
Yakuza.

La traversée des mensonges

Mot de l’éditeur :

Les mensonges laissent leurs traces sur nos histoires de vie, comme l’écume sur la mer. Lorsque Fabienne demande à ses quatre enfants d’accompagner le corps de leur père vers son dernier voyage, de Marseille à sa Corse natale, l’un d’eux n’est pas au rendez-vous. Peut-on en finir avec les tricheries de l’existence ? Comment se délester du poids du secret ? Un roman désarmant sur une famille corse, ses paradoxes, ses déchirures. Un livre inoubliable et universel sur la couleur des sentiments. Psychologue clinicien, chroniqueur sur RTL et au Huffington Post, Joseph Agostini traque l’inconscient à travers ses différents essais littéraires et ses pièces de théâtre.

Biographie de l’auteur :

Psychologue clinicien, chroniqueur sur RTL et au Huffington Post, Joseph Agostini traque l’inconscient à travers ses différents essais littéraires et ses pièces de théâtre. Avec La traversée des mensonges, il vient débusquer les impostures d’une famille méditerranéenne et interroge le lecteur sur les liens du sang qui font parfois mentir nos émotions les plus profondes.

Notre avis :

Claude, père de quatre enfants, décède à l’âge de 72 ans, le voyage vers sa Corse natale est le point de départ pour découvrir la famille Santini et les vicissitudes de trois frère et une sœur. 

Tout est question de perception dans ce roman subtil et intrigant.

Une traversée pour se retrouver, une traversée de l’esprit pour apprendre que nous ne sommes pas irréprochables, que  la vie nous conduit, comme le font les vagues, vers des situations parfois imprévisibles et improbables.

La formation de psychologue de Joseph Agostini est perceptible dans ce premier roman qui nous plonge dans un huit-clos familial et existentiel et réussi le pari de rendre l’histoire universelle, en ayant toujours en filigrane le sujet du mensonge et de ses effets sur soi et sur les autres.

La Corse est, tout autant que nos protagonistes, un personnage du livre.

Grâce, ou a cause, de l’auteur, je ne sais pas trop, je ne verrai plus l’éducation civique comme avant, vous découvrez avec bonheur la politique expliquée aux enfants à travers les Kinder Bueno, passage, à mon avis, très gai dans le récit.

Ouvrage original qui sort des sentiers battus avec une écriture percutante.

Un livre à découvrir !

❤️❤️❤️❤️❤️

Envolume Éditions 

Joseph Agostini
Extrait
Extrait
Extrait
Corse
Bastia

Bastia
Pour expliquer la politique…

Les Jours aimés

Mot de l’éditeur :

« Ma grand-mère a aujourd’hui quatre-vingt-quatorze ans. Chacune de nos conversations est rythmée par la même lassitude, et l’ombre de la mort. » La petite fille qui s’était promis de ne jamais abandonner sa grand-mère s’aperçoit qu’il est difficile de tenir ses promesses. Alors qu’elle vit en Afrique, loin d’Angers, loin de sa famille, la narratrice revient quelques jours sur les lieux de son enfance afin de signifier à sa grand-mère qui l’a élevée tout son amour et sa gratitude. Ce séjour est l’occasion de replonger dans l’histoire familiale, tout en dessinant le portrait d’une femme hors norme, libre, féministe et moderne.

Dans son premier roman, Anne Sophie Faivre Le Cadre ravive, avec délicatesse et mélancolie, l’histoire d’une famille qui connaît de grandes joies et des périodes de profonds malheurs, touchant ainsi à l’universel. Un hymne vibrant à l’amour filial et à la vie

Biographie de l’auteur :

Anne-Sophie Faivre Le Cadre a 26 ans. Après des études de sciences politiques, d’histoire et de journalisme, elle s’est tournée vers le grand reportage et a couvert en solitaire l’Iran, l’Irak et Haïti, avant de travailler au Monde. Elle couvre désormais l’actualité de la région Afrique de l’Ouest pour l’AFP et vit à Dakar, où elle partage son temps entre journalisme et écriture.

Notre avis :

Un livre captivant, très agréable à lire.

La complicité avec sa grand-mère, les relations simplement compliquées qui se tissent au sein d’une famille sont les éléments principaux de cette belle histoire.

Douleurs et joies présentées comme dans une série d’instantanés, de photos en noir et blanc ou en couleurs.

Dans ce roman on est toujours “mercredi après-midi” comme des enfants qui attendent le chapitre suivant en sachant qu’il sera encore mieux que le précédent.

On tourne les pages et les émotions s’entremêlent.

Des passages assez drôles et tellement vrais dans la vie d’un foyer vous feront sourire et apprécier encore plus ce récit.

Si notre existence était éternelle, elle n’aurait pas la même dimension. Ce qui est intéressant, ce n’est pas la fin, mais tout le chemin avec son lot d’épreuves et ses moments de bonheur. La mémoire est le carnet de bord de notre vie et les souvenirs seront avec nous même après la perte des êtres chers.

Anne-Sophie Faivre Le Cadre pour ce premier roman, que nous imaginons inspiré par sa propre vie, nous livre une magnifique fresque avec beaucoup de finesse dans la description des émotions.

Lisez ce roman et découvrez le style remarquable de l’autrice.

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions Anne Carrière

Anne-Sophie Faivre Le Cadre
Extrait
Extrait
Anger
Portrait de Georges Sand
Maison de Georges Sand