Résistants – L’expérience immersive de Sculpteurs de Rêves

Résistants et un moment immersif d’Escape Game théâtrale ou un Jeu de rôle avec des comédiens si vous préférez.

Personnellement je trouve qu’il est tout ça et plus encore.

Il est mieux que ça parce que les spectateurs se transforment en personnages de la représentation et sont propulsés dans l’Histoire, oui celle avec un H majuscule, celle qui bouleverse. 

Résistants transporte les participants de 1939 à 1945, en mettant en scène des actes de résistance qui ont permis la libération de Paris et la future France libéré.

Avec mon identité secrète j’ai participé au Conseil National de la Résistance ! Quel moment ! 

Nous voyageons dans le temps accompagnés par 3 comédiens – qui interprètent plus d’une dizaine de personnages historiques ou ordinaires.

Il faut que je vous dise que j’ai aussi participé à assembler une bombe et à ériger une barricade mais ce n’est pas suite à ces actes héroïques que je suis en fauteuil roulant ♿️.

Chez les Résistants le parcours et les interactions sont parfaitement adaptés aux PMR.

Le 18 Juin pour la commémoration de l’appel du Général de Gaulle, la date sera  proposée au tarif réduit de 25 euros.

Sculpteurs de Rêves poursuit les représentation à Montparnasse jusqu’au 30 juin 2024 et c’est vraiment dommage car la richesse du travail effectué pour les décors et la mise en scène pour cette expérience pourraient  lui permettre d’être un rendez-vous permanent ou au moins avec un peu plus de dates.

Je me suis amusée, j’ai appris des anecdotes historiques que j’ignorais et en sortant je me sentais bien en pensant que l’humanité est  aussi peuplée de Missak Manouchian, de Jean Moulin, d’Olga Bancic et d’inconnus qui ont donné la liberté à l’Europe ! 

Oui les Super Héros existent et Résistants leur rend un bel hommage.

Je vous conseille de découvrir Résistants en famille ou avec des amis et surtout avec des jeunes ! 

Viande / Martin Harníček / Monts Métallifères

L’un des meilleurs petits livres rouges que j’ai jamais lu. Tellement brut, intemporel, que ça fait froid dans le dos.

En bref :

La prose minimaliste, et factuelle de Martin Harniček présente un monde comme un immense marché uniformisé, où des créatures, à peine semblables aux humains, style Golum du Seigneur des Anneaux versus les Hobbits, se battent pour leur survie.

Seule nourriture possible la viande humaine !

Le narrateur/ protagoniste, cède aux lois absurdes de cette Ville suffocante réduite à un abattoir, est se fait conduire par la faim à agir comme un être abject qui ferait tout pour se nourrir.
Il décide donc d’intégrer pleinement ce monde horrible qui l’entoure et il entrevoit comme seul mode de vie celui du délateur et du chasseur.

Je ne vous conseille pas ce livre pour l’histoire apaisante qu’il racconte mais seulement puisqu’il est : A Masterpiece !

Oui un chef d’œuvre, et non les personnages de Dante ne sont pas beaux, Poe ne fait pas rire, Les métamorphoses de Kafka ne sont pas les transformations de Arturo Brachetti et les oeuvres de Hieronymus Bosch (le peintre pas le personnage de livre et série) ne sont pas mignonnes.
Même le Cri de Munch est un peu moche.
Mais j’aime tellement ces artistes !
Ils sont tous en commun une capacité allégorique formidable.

Ici on singe et brutalise à l’extrême une société dictatoriale. Où la seule loi est la survie du clan dominant qui s’impose avec la force et grâce à beaucoup d’idiots utiles qui finissent toujours par être mangés ! Oups j’en dit trop !
Fin tragique.
Terrifiant. L’auteur dresse un tableau de la souffrance, des mécanismes de domination et des engrenages du mal avec des mots posés à la perfection.

Sortir d’une lecture ordinaire est parfois en découvrir une extraordinaire, comme Viande.

Monts Métallifères publie en France ce court roman initialement publié en 1981, œuvre de l’écrivain tchèque Martin Harníček, qui mérite toute votre attention.

Le Coeur innombrable / Anna de Noailles / Bartillat 

Anne de Noailles fut la seule femme poète de son temps à recevoir attentions et distinctions importantes.

Je découvre son œuvre poétique grâce aux éditions Bartillat.

Ce recueil romantique et moderne à la fois est une ode à la Nature avec un style très personnel qui mêle avec succès plusieurs sources d’inspiration.

Parfois doux, parfois violents et sensuels mais toujours sensibles.

Si la structure est classique, voire académique les mots s’évadent et cherchent l’extase que la Poésie romantique et symbole porte en elle.

La poétesse écrit ces textes à 25 ans 

Publiée en 1901, Le cœur innombrable dit beaucoup de la personnalité de l’autrice, prolifique et riche et pourtant oubliée en tant que personnage mondain et en tant qu’autrice.

Anna de Noailles mérite de sortir du nouage de poussière de l’effacement des mémoires.

La Nature avec un N majuscule est humanisée avec un vénération païenne, presque animiste.

Dans Offrande à la Nature, le poétesse écrit « Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature » cette phrase résume à mon avis entre concret et symbole l’envie de posséder les clés de la Nature qui est tout.

Le fantastique et le normal se tiennent la main.

J’ai aimé les mots de celle qui se définissait et est une grande poétesse.

À lire pour commencer à comprendre l’œuvre de Anna de Noailles.

Je vous conseille ce recueil important dans l’histoire de la poésie.

La Dernière fée des sables / Edith Nesbit / NOVEL

Une nouvelle édition d’un roman jeunesse qui fait du merveilleux le canal pour enseigner le réel est une occasion de lecture à vite saisir.

L’éditeur nous signale le livre comme :

« Le premier roman fantastique moderne, dont l’autrice a influencé J.K. Rowling, J.R.R. Tolkien et C.S Lewis » 

Et, à la lecture du livre, nous comprenons vite pourquoi ! 

Mme Nesbit était une militante socialiste. Ses convictions humanistes se reflètent parfaitement dans ses histoires, où elle parle  des thèmes importants, comme l’égalité, et l’empathie envers plus défavorisées.

Je suis assez avare avec mes notes pour les livres jeune public en ce moment, avare de cinq étoiles, alors donner six étoiles, c’est quelque chose !

Ce livre remporte facilement six étoiles.

Les enfants de notre histoire, trouvent une fée des sables, et lorsqu’ils apprennent qu’elle exauce leurs vœux, ils en font un sur place sans trop y réfléchir. Et le vœu tourne mal. En fait, tous les vœux sont exaucés, et les pauvres enfants ont l’impression que la fée des sables les transporte dans un tourbillon d’étranges aventures causés par des vœux hâtifs ! 

Il est vraiment difficile de dire quel chapitre est le meilleur ! Tout le livre est une pure perfection comique et intelligente qui fera craquer toute la famille !

Edith Nesbit est une merveilleuse conteuse – j’adore son style d’écriture.

Ajoutez le à votre bibliothèque personnelle et lisez le dès que possible. Cela fera une superbe lecture à voix haute également, à partager avec les enfants ! 

Âges : 10 ans – 1000 ans (et immortels aussi)

Prosecco et vieilles dentelles / Massimiliano Mocchia di Coggiola / Éditions des Lumières 

Mocchia di Coggiola, un nom de famille qui marque, surtout pour moi franco-italienne !

Je le liais à une exquise artiste Sorrel, artiste et femme de l’auteur de ce livre, dont je possède une œuvre qui m’accompagne tous les jours et que j’affectionne particulièrement.

Aujourd’hui, l’artiste du livre est Massimiliano.

Le roman nous fait voyager à Venise.

Ce texte est élégant et fascinant tout comme la ville qui est un personnage à part entière.

Le livre est illustré par l’auteur qui élargit son talent à l’art du dessin.

Le décor lacustre héberge cette histoire baroque , pour ses personnages sortis tout droit de l’imaginaire théâtrale vénitien et pour l’écriture très personnelle et avec des traces d’italien qui la rendent encore plus « fardée » et éblouissante.

L’éditeur nous éclaire, dans la quatrième de couverture, sur ce sibyllin récit :

« En plein carnaval, les autorités ont isolé la lagune et abandonné ses hôtes emperruqués à leur sort. Les voilà errant sur les gondoles dans leurs costumes de duchesses et de camerlingues. Avec pour tout ravitaillement des palanquées de bouteilles de Prosecco troquées contre les stocks de dentelle de Burano. »

Que voulez-vous de plus pour être intrigué par ce roman 

Au début du Carnaval surgit en effet  l’épidémie de COVID, la nouvelle peste, et les autorités de Venise décident de fermer le pont qui la réuni au continent.

Dans la ville des Doges la fête devient une tragédie et les masques ???? ???? s’utilisent au quotidien.

Un livre qui transgresse comme un Carnaval à Venise.

Un livre obscur et apocalyptique, comme la maladie et l’isolement.

Un livre enivrant grâce à la belle et écriture de l’éclectique Massimiliano Mocchia di Coggiola.

À lire passionnément ! 

Momentos – Création Flamenca de Valerie Ortiz

Mon attention au Flamenco s’est réveillée avec le superbe livre Les danseurs de l’aube (disponible en Livre de Poche).

Marie Charrell  écrit une histoire fascinante et touchante avec des personnages magnifiques, la guerre, la perte, la disparition et l’amour du Flamenco. 

Cette Création Flamenca a donc suscité mon attention.

L’ interprétation est magnifique et hypnotique, le regard suit les mouvements de la danse, du  Flamenco, accompagnée par une excellente musique. 

Une expérience immersive et dépaysante dans le monde de cette danse sensuelle et qui transmet des émotions.

Une belle mise en scène sublime le cocktail formidable de cette représentation.

Mention spéciale pour la danseuse principale, elle sait faire vibrer à chaque mouvement de son corps dans une harmonie parfaite.

Avec la musique, le chant et la danse flamenca si on se laisse transporter, facile de se croire en Espagne ! 

Je suis une spectatrice conquise par ce très beau spectacle que je conseille.

La part du feu / Norman Maclean / Rivages 

Rivages propose une réédition du texte le plus inquiétant et mystérieux de Norman Maclean, écrivain et universitaire américain. 

Voici comment l’éditeur présente ce titre sur son site : 

Le 5 août 1949, aux portes des Rocheuses, l’incendie de Mann Gulch tourne à la tragédie : dix pompiers parachutistes périssent dans les flammes. Norman Maclean a consacré plus de dix ans de sa vie à essayer de comprendre le déroulement des faits minute par minute, se mettant à la place des douze victimes, des secouristes et des forestiers, mais aussi du feu, de l’eau, du vent, bref de tous les éléments du drame…

(Source : Editions Rivages)

Ce livre est une prouesse de la narration de type journalistique enrichie d’une sorte d’enquête psychologique minutieuse.

Une non-fiction parfaite qui m’a fait ressentir une réaction viscérale dès la première page.

Il s’agit d’un excellent récit de l’horrible incendie et, il transporte le lecteur dans cet événement tragique avec la force des mots.

C’est un véritable page turner. 

J’ai lu ce livre deux fois.

Je m’en souvenais comme de quelque chose qui avait changé ma façon de voir le feu. 

J’admire la description de cette horrible fatalité et de ses conséquences dévastatrices.

L’auteur explique le vocabulaire et la gestion de la guerre contre les incendies dans les zones reculées et raconte de façon poignante les débordements et la chaleur, le vent et les conditions météorologiques catastrophiques.

Je recommande vivement cette lecture.

Théâtre Face au Peuple / de et avec Pierre Emonot

J’ai assisté à une date parisienne avant Festival off à Avignon et j’ai découvert, un intense one-man-show, Face au Peuple, qui dure un peu plus d’une heure mais le spectateur garde en mémoire la satire fine et tranchante de Pierre Emonot bien plus longtemps, bien après la fin du spectacle. On a même envie de prendre des notes ! 

Le performeur réalise  des tirades singeantes sur notre société, avec un texte superbement écrit et très drôle, tout en finesse.

Le comédien se présente sur scène bien habillé et bien préparé, on devine une formation littéraire et un amour pour la langue française qui lui permettent d’’utiliser les mots comme arme pour la sarcasme et la satire. 

Finalement si c’est bien dit, ça passe mieux…

Dans ce spectacle toutes nos petites habitudes sont le sujet de moquerie et de remise en question, d’une analyse et une critique au second degré de notre bonne société

Impossible de ne pas rentrer dans le jeux de l’acteur-auteur qui nous promène où il faut avec l’humour et l’élégance qui caractérisent la pièce.

Notre comédien est doté d’une ironie percutante et piquante à la fois, et d’un sens de la scène remarquable et qui le fait remarquer.

Si vous aimez, comme moi, Guy Bedos et Pierre Desproges, vous allez adorer le texte de Pierre Emonot qui génère du rire du début à la fin. 

A voir sans hésiter.

Et la vague les emporta… / Molly Keane / La Table Ronde-La Petite Vermillon

J’ai adoré ce roman intelligemment écrit, basé sur les vicissitudes d’une riche famille anglo-irlandaise vivant à Garonlea, un manoir néo-gothique sévère, avec des vibrations malheureuses, le récit se situe au début des années 1900. 

La trame principale est l’histoire de deux femmes : la matriarche Lady Charlotte qui dirige avec fermeté et rigueur le domaine. Son mari, ses quatre filles et son fils Desmond lui obéissent aveuglement, plus tard, apparaîtra sa belle-fille Cynthia. La jeune épouse semble au premier abord plus gentille et plus aimante, mais au fil du temps, elle se révèle tout aussi folle de pouvoir que sa belle-mère. 

La beauté et la jeunesse de Cynthia ne résisteront pas au pouvoir du vieux manoir.

Je ne pouvais aimer aucune des deux femmes évidemment mais les personnages sont vraiment Jamésiens dans la capacité de transmettre les subtilités menaces  et la guerre psychologique. Un compliment dans mon vocabulaire ou une histoire captivante avec des protagonistes  qui étaient tous des individus complexes, à décrypter au fil des lignes.

Molly Keane gère bien les moments de suspense et donne l’impression que des courants sous-jacents d’obscurité et de forces malveillantes agissent sur les lieux et les personnages.

La majeure partie du drame se déroule dans l’esprit et les perceptions des personnages. Les deux maisons, Rathglass et Garonlea, représentent les deux périodes (ainsi que leurs mœurs culturelles) décrites dans le livre. 

C’est mon premier roman de l’autrice et les autres suivront.

Je vous conseille cette lecture 

Connaissez-vous l’autrice irlandaise ? 

La Fileuse de verre / Tracy Chevalier / La Table Ronde

Quand c’est Tracy Chevalier qui l’écrit c’est moi qui le lit immédiatement son livre !  Je perds mes moyens…

Dit de façon moins tarabiscotée, j’aime l’autrice et je lis ses livres dès la sortie en librairie.

Cette fois encore la flèche de mots de l’autrice m’a touchée.

J’ai toujours été fascinée par le monde des métiers d’art présenté dans les romans de Tracy Chevalier. 

Toujours un métier différent, toujours magistralement tissé dans le scénario qui s’adapte parfaitement à l’intrigue. 

Ce roman ne fait pas exception ! Même si la mise en scène du temps est un peu différente car elle s’étale sur des siècles, avec les mêmes personnages qui vieillissent mais seulement de quelques années au lieu de plusieurs siècles. 

Cela peut paraître étrange, mais ça fonctionne très bien dans l’histoire: le développement psychologique des personnages correspond exactement à la nouvelle époque dans laquelle ils vivent. Cela permet au lecteur de suivre une famille (comme n’importe laquelle) de verriers, ainsi que les événements sociaux et politiques marquants, qui ont affecté leur vie. Le temps à Murano s’écoule différemment, nous découvrons l’artisanat au fil des années. Pas besoin de créer un nouvel ensemble de protagonistes. Très impressionnant ! Quant aux personnages eux-mêmes, ils sont si finement représentés qu’on peut les voir et les entendre. 

Ce que j’ai aussi beaucoup apprécié et qui semble être caractéristique de l’autrice, est la description des décors, ici Venise. 

Venise est peinte de manière vivante avec son propre développement (social, politique, architectural, artistique) à travers les siècles. C’était fascinant ! Je recommande fortement ce roman, d’autant plus que j’ai moi-même adoré Murano et ressenti la sensation d’être hors du temps.