Le côté sauvage / Tiffany McDANIEL / Gallmeister

 

TIFFANY McDANIEL est l’autrice du roman, à succès international, de Betty que j’avais beaucoup aimé et qui est disponible chez le même éditeur, Gallmeister.

Tiffany McDaniel est devenue une écrivaine importante pour moi lorsque j’ai lu son incroyable livre, Betty, alors j’attendais avec impatience ce nouveau livre, « On the Savage Side » que j’avais déjà lu en anglais et que je suis heureuse de découvrir traduit si bien, ça aide !

Alors que Betty était basé sur la vie de la propre mère de Tiffany McDaniel, ce roman est basé sur les meurtres non résolus de six femmes à Chillicothe, Ohio, connues sous le nom de Chillicothe Six. L’auteur probable est un tueur en série, mais l’enquête policière est loin d’être simple. Les victimes ont été oubliées à cause de la pauvreté, de la prostitution et de la toxicomanie. Ces six femmes n’ont pas reçu l’attention qu’elles méritaient et c’est vraiment navrant.

L’ aspect du true crime est présent mais  au second plan par rapport à la vie des sœurs jumelles

Ce livre à vraiment un côté sauvage, cru.

C’est un chef d’œuvre pour l’écriture si vivide et vibrante qui plonge dans un monde sordide où la seule forme d’issue est l’imagination.

Des jumelles nés dans la drogue. Une éducation tragique qui n’avait d’autre issue que de s’effondrer.

On dit que les jumeaux sont deux moitiés l’un de l’autre. Arc et Daffy . Toutes deux partagent aussi les cheveux roux et le yeux  : chacune ayant un vert et un bleu. Des identités liées entre elles. La négligence et les abus précoces ont conduit à l’euphorie de la drogue et au côté obscur, mais elles ont quand même réussi à trouver des fragments d’amour et de beauté.

La réalité est obsédante dans ce récit de femmes disparues ou retrouvées mortes dans la rivière. Les femmes que la ville voulait oublier. Sœurs, mères, filles. Les toxicomanes.

Tiffany McDaniel sait écrire. C’était intense et ses vibrations resteront longtemps avec moi,

une lecture poignante d’un style poétique et atemporel, où la mémoire et la fantaisie fusionnent. C’est une lecture belle et stimulante que je vous conseille ardemment.

Tableaux hollandais / Karel Capek / La Baconnière

( avec quarante-six dessins de l’auteur | traduit du tchèque par Michel Chasteau )

Karel Čapek, écrivain tchèque né en 1890 et mort en 1938, Karel Čapek a étudié la philosophie et les lettres à Paris. Nommé sept fois pour le prix Nobel de Littérature est l’auteur de Tableaux Hollandais mais c’est dans  une autre de ses œuvres, La Guerre des salamandres, que je l’ai connu, Čapek illustre avec un humour noir et drôle la géopolitique de son temps et tourne notamment en dérision le National-Socialisme.

Karel Čapek est l’un des écrivains tchèques les plus influents du XXe siècle. Il écrit avec intelligence et humour sur des sujets très variés. 

Dans ce roman, perdus dans la campagne hollandaise, nous sommes surpris par les descriptions intéressantes et précises de la réalité, cette manière d’écrire est captivante et jamais monotone.

Je peux ajouter ce livre à ceux que j’aime de cet auteur et de le conseiller, pour découvrir ou redécouvrir, l’auteur.

Le château d’Otrante / Horace Walpole / Éditions Corti

Le château est le personnage principal du roman et non Manfred, Mathilda, Hipólita, Isabella, Théodore ou Jérôme… Le surnaturel, le gothique et le terrifiant trouvent leur place ici, en 1764, lorsque Horace Walpole publia ce roman, donnant naissance au romantisme.

Ce roman est la première histoire d’horreur gothique, qui ouvre la porte au futurs écrivains et écrivains qui ont suivi.

Le château d’Otrante raconte le destin de cette région au XIIe siècle, très fidèle par rapport aux coutumes des rois et des  nobles qui y vivaient

J’ai beaucoup aimé ce «  roman policier gothique » qui est mouvementé et passionnant, tous ces personnages s’entremêlent. Le sombre secret de famille, les projets de Manfred d’épouser Isabella et les projets pour sa fille. Théorode et Jérôme. Le rôle du marquis. C’est une roman classique et novateur à son époque  qu’il faut absolument lire !

La Bête contre les murs / Edward Bunker / Rivages-Noir

Je ne sais pas vraiment comment définir ce livre, sauf pour dire que je découvre l’auteur et c’est une bonne vrai claque ! 

Si vous aimez les romans policiers et les thrillers, ainsi que les personnages psychologiquement complexes et existentiels, essayez ce livre. C’est pour vous. Et c’est pour moi .

C’est le premier roman de l’écrivain , très autobiographique, avec quelques éléments de fiction, et, malgré la laideur du sujet (un vrai crime), il fait frémir avec une énergie si brute, une telle intensité, qu’à la fin, quand on le ferme, il faut hausser les sourcils et dire : « énorme ». Et peut-être ajouter que c’est effronté et courageux.

Probablement l’un des meilleurs roman policier que j’ai jamais lu, même s’il transcende certainement les genres. Implacablement engageant. La prose de Bunker est articulée, précise et élégante. Super roman.

    Dans la maison de mon père / Joseph O’connor / Rivages

    Dans la maison de mon père est un roman basé sur l’histoire vraie de Monseigneur Hugh O’Flaherty. L’action se déroule à Rome en 1943 et parle d’un groupe de héros et d’héroïnes qui ont risqué leur vie pour en sauver bien d’autres.

    Monseigneur O’Flaherty est basé au Vatican où il prépare et planifie sa grande mission – qui sera mise en œuvre la veille de Noël 1943. La mission consiste à faire sortir clandestinement des Juifs et des prisonniers alliés évadés d’Italie vers des lieux sûrs – tout cela sous la surveillance toujours active des nazis, et d’un nazi en particulier, l’Obersturmbannfurher Paul Hauptmann. Hauptmann a déjà un mépris total pour le prêtre irlandais après qu’il ait été nommé visiteur officiel du Vatican dans le camp de concentration italien pour prisonniers de guerre britanniques. Ces prisonniers étaient au régime de famine jusqu’à ce qu’O’Flaherty commence à leur fournir de la nourriture , ce qui n’a pas échappé à l’attention de Hauptmann. Les visites furent interrompues et O’Flaherty devint l’ennemi juré de Hauptmann, les nazis le soupçonnant d’être un sympathisant (ou plus) de la « Ligne d’évasion». Ce couloir qui permettait d’évacuer de Rome beaucoup de monde heureusement.

    O’Connor plonge le lecteur dans une Rome si complète et complexe qu’on a l’impression d’y être, nous voyons la ville avec la faim, le froid glacial, les couvre-feux, la terreur, la paranoïa et la peur du présent, orchestrée par les puissants. et l’impitoyable Gestapo 

    J’ai une grande admiration du courage et de la persévérance nécessaires à la fois pour vivre et pour survivre à la cruauté et à l’oppression, que les personnages manifestent. Ce Chœur silencieux qui œuvre pour le bien.

     La caractérisation des personnages est superbe, on ressent vraiment la particularité de chaque membre du chœur, ainsi que le caractère et la personnalité exceptionnels de Hugh lui-même, un homme qui connaît Rome comme sa poche, pour qui la ville est sa véritable maison. 

    Ce roman est vraiment très imaginatif et instructif,  plein de suspense et de tension.  

    Une œuvre de fiction mais le rôle trouble et l’indifférence – que l’auteur décrit- du Vatican sont hélas partie de l’Histoire, vraie.

    O’Connor célèbre à la perfection les qualités d’humanité, de compassion, d’amour, et de ténacité de celles et de ceux qui sont prêts à risquer leur vie pour sauver ceux qui sont en danger, dans ce récit, dans la ville de Rome pendant la Seconde Guerre mondiale. 

    Sans aucun doute une roman historique et un thriller d’une exceptionnelle qualité que je recommande vivement.

    Hautement recommandé je dirais ! 

    Pleurons sous la pluie / Tanith LEE / LE PASSAGER CLANDESTIN

    Tanith Lee était une écrivaine britannique de science-fiction, d’horreur et de fantasy. Elle est l’auteure de 77 romans, 14 recueils et près de 300 nouvelles. Elle a également écrit quatre pièces radiophoniques diffusées par la BBC et deux scénarios pour la série télévisée culte britannique de science-fiction « Blake’s 7 ».
    Avant de devenir écrivain à plein temps, Lee a travaillé comme commis aux dossiers, bibliothécaire adjointe, vendeuse de magasin et serveuse.

    Et moi je ne la connaissais pas 
    Grave. Grave manque.
    Pour commencer à le combler Pleurons sous la pluie me semble une bonne idée.
    Je regrette de ne pas avoir lu avant cette auteure. Le sujet du livre est percutant et d’actualité, comme la science fiction se rapproche dangereusement du réel.

    Cette histoire « Crying in the Rain » en anglais – se situe dans un monde post-apocalyptique où les chanceux vivent sous des dômes et où les pauvres font de leur mieux pour éviter les toxines cancérigènes et les radiations, Lee raconte ici une histoire déchirante sur ce qu’une mère va faire pour essayer de assurer une vie meilleure à ses enfants.

    L’ennemi de toutes et tous est la pluie toxique. Le vrai fléau est pourtant la pauvreté.
    Ici le terme de marginaux prend tout son sens.
    « Comment épouser un milliardaire » d’Audrey Vernon en version en se basant sur ce roman pourrait trouver sa version SF.
    Ce roman est une œuvre intemporelles d’une beauté sombre et d’une imagination fertile.

    Cette nouvelle est carrément douloureuse. Le lecteur ne peut manquer de réagir à la tragédie qui se déroule au fil des pages. C’est une brillante exploration de jusqu’où la volonté de survivre peut pousser une personne. Ajoutez à cela une belle Écrivain et vous obtenez une histoire très puissante en touchante.

    La poule et son cumin / Zineb Mekouar / Points / Sélection pour le Prix des lecteurs 2024

    La poule et son cumin est un livre extraordinairement, on perçoit et cet important, la différence que les voies de la vie prennent, selon le côté de la Méditerranée de notre naissance.

    Nous lisons une histoire qui parle de femmes, d’amitié et d’abandon, des classes sociales et de pouvoir, pouvoir d’une société qui écrase.

    Les voix des personnages j’ai l’impression de les entendre portées par le vent qui souffle sur le Mare Nostrum.

    La Poule et son coumin est un premier livre et la jeune autrice Zineb Mekouar dévoile un talent d’écriture admirable.

    La construction du livre est menée de façon à l’intégrer le lecteur a l’histoire, Oui Oui pendant la lecture les deux amie que tout divise et tant divise se dévoilent et se laissent approcher par le lecteur. Les personnages ouvrent leur cœur et l’autrice parle d’un monde qu’elle connaît en respectant la distance nécessaire pour sortir de la suspicion d’auto fiction. Mme Mekouar brille vraiment, une nouvelle plume est née et je pense suivre son chemin, que j’imagine déjà intéressant, J’ai lu le livre dans le cadre du Prix des Lecteurs des Éditions Points. Je suis une jurée conquise et vraiment admirative.

    Surprise ! Je ne vais pas trop devoir attendre la suite, pas de ce livre mais des romans de l’autrice.

    Gallimard, publiera début mai le deuxième livre de Zineb Mekouar.

    Je me suis penchée sur le parcours de l’autroce avant de découvrir Souviens-toi des Abeilles.

    L’écrivaine et moi avons en commun Sciences Po et l’Italie.

    Ce nouveau roman a comme décor le Maroc mais pas celui des plages et des clubs de vacances, le vrai avec ses tradition et ses mythes. Anir est un garçon malade qui vit l’injustice et les difficultés de la vie, amplifiées par sa condition. Zineb Mekouar passe avec élégance du particulier à l’universel, du roman intimiste, une histoire de famille, à quelque chose de plus de l’ordre de l’archétype.

    La comptine qui donne le titre au livre parle d’une abeille, toute petite et dit « ça ne devrait pas mourir ». Tout comme les enfants ne devraient par manque de moyens. Attention ce roman est lumineux et mêle réalité et fantaisie bien enracinée dans la terre rouge du Maroc.

    L’ écriture est toujours si percutante et directe mais il y a une évolution positive entre les deux livres, plus de maîtrise, tout en gardant une spontanéité admirable.

    Les personnages sont attachants et même si c’est un tout autre univers que le mien cette « histoire racontée » est magnifique et on se sent si proche de la terre et de la  montagne du roman.

    Je ferai une « vraie chronique » fin avril, juste avant la sortie ! 

    Pour les abeilles, pour en savoir plus il faut lire le livre.

    Je vous propose d’acheter le premier roman, le terminer pour le 2 mai et acheter le deuxième.

    Vous allez adorer Zineb Mekouar

    William Butler Yeats / La Rose secrète: Suivi de Les Histoires de Hanrahan le roux / Klincksieck Illustrated Éditio

    C’est l’un des premiers livres que j’ai acheté avec mon propre argent pendant mon adolescence, et depuis que j’ai commencé à le lire, j’ai été fascinée, à la fois par les merveilleuses histoires qu’il contenait, et par le style de Yeats plein de sensibilité poétique. C’était ma première exposition à son travail et depuis, je suis devenue une fervente adepte de son travail.

    C’est un de ces livres qui m’ont accompagné à des moments très importants de ma vie, c’est une œuvre qui parvient véritablement à capturer le sentiment de mystère et d’émerveillement qui accompagne les mythes celtiques, faisant en sorte que ces merveilles, d’une certaine façon, vivent leur propre vie et se matérialisent sous nos yeux grâce aux mots 

    C’est quelque chose que seuls quelques maîtres comme Yeats peuvent réaliser.

    À un moment donné, j’ai eu l’impression que si je plongeais un peu plus la tête je rentrerai dans ce livre.

    Si vous souhaitez rencontrer de près le lyrisme de la magie versé dans les lettres, cela ne vous décevra sûrement pas.

    Dans ce petit livre on peut observer un peu la magie de l’Irlande en Anglais ou dans une belle traduction.

    La nouvelle édition de Klincksieck est illustrée par des splendides cartes de tarot divinatoire Rider-Waite, publié en 1909 et devenu mythique depuis. Les cartes ont été dessinées par l’artiste britannique Pamela Colman Smith qui participa, tout comme, W. B. Yeats, au renouveau artistique du tout début du XXe siècle.

    Lisez Yeats et découvrez ce petit livre merveilleux ! 

    Le Comte de Monte-Cristo / Alexandre Dumas père / Litera, collection des éditions Gallmeister 

    L’histoire, qui suit les vicissitudes du marin Edmond Dantès, autoproclamé comte de Monte-Cristo, se situe historiquement entre la période d’emprisonnement de Napoléon Bonaparte sur l’île d’Elbe et le gouvernement de Louis Philippe d’Orléans,  se déroule principalement entre le port de Marseille, certaines îles de la Méditerranée, Rome et Paris.

    Publié comme un feuilleton (en trois fascicules pour un total de dix-huit épisodes) il a une narration pleine de rebondissements et d’intrigues, parfaits pour maintenir le suspense.

    L’occasion m’est donnée par une lecture commune initiée par une inspirante blogueuse et par la parution de l’œuvre en un beau coffret de deux volumes chez Litera, une nouvelle collection des éditions Gallmeister.

    Cette présentation est ravissante et soignée et super important, le confort de lecture est excellent.

    Le Comte de Monte-Cristo s’inspire d’un événement arrivé réellement à un dénommé François Piçaud mais pas de doutes c’est juste une vague inspiration.

    La parabole humaine et émotionnelle d’Edmond Dantès transforme donc l’homme, d’un jeune  plein d’espoir et au regard franc sur le monde, à un adulte endurci dans l’âme comme dans l’apparence. Le désir de vengeance imprègne tout. On pourrait penser à la vie de Dantès après la prison, dans le sens d’une véritable descente aux enfers : « Dantès », nom qui rappelle « Dante », poète de la Divine Comédie se retrouve à parcourir un chemin de perdition et de rédemption, qui culmine à la fin du roman lorsque, face aux décombres de sa propre vengeance, il décide de fermer définitivement les comptes avec le passé en vue d’un futur nouveau, encore inconnu.

    Comme pour tout digne feuilleton on en demanderait encore plus et, à la fin du roman plonge dans un manque absolu et pour se désintoxiquer  il est essentiel de lire encore, encore et encore lire !

    Le Murmure de la mer / Hippolyte / Les Arènes BD

    Partez avec moi à bord de l’« Ocean Viking », pour raconter les femmes et les hommes qui tentent la traversée de la Méditerranée au péril de leur vie. 

    Hippolyte, le dessinateur est vraiment parti en expédition avec ce navire humanitaire de SOS Méditerranée et il gagne toute mon admiration et ma reconnaissance déjà pour ça, ça compte.

    Il y a quelques années dans une chouette ville du sud de l’Angleterre une série de livres avait attiré mon attention et je trouvais triste la difficulté d’adaptation pour un public francophone. Il s’agissait des « The Refugee Tales: A Modern Canterbury Tales Gives Voice to the Silenced ». Oui j’étais bien à Canterbury mais ces publications ont eu une large diffusion en Grande Bretagne ! Grâce aussi à la forte renommée de Geoffrey Chaucer.

    Hippolyte rempli bien la mission de redonner voix aux silencieux.

    Une BD, un documentaire, une œuvre hybride, un témoignage, un reportage, un album, Le Murmure de la mer est tout ça et plus encore.

    Réaliste, hyper réaliste le dessin se transforme en pellicule pour imprimer les images et, le texte devient histoire vrai avec des chiffres et des faits qui me font frissonner.

    Comment mais comment ose-t-on faire ça à des êtres humains en tout point nos égaux ?

    Ce roman graphique/carnet de voyage bouscule et réveille ! 

    Photos et dessins trouvent la force de décrire l’espoir et la peur que parfois seulement un visage peut nous transmettre.

    Je suis émue, contente et je vais diffuser cette BD comme un tract pour éveiller les consciences.

    Mes amis vous connaissez maintenant vos prochains cadeaux. Mes amis Italiens, reconnaîtront bien les exécrables agissements d’un groupuscule d’extrême droite « Génération identitaire. 

    Je ne lantiponnerai  pas davantage et je vous laisse découvrir cet excellent ouvrage.