Une farouche liberté

Mot de l’éditeur :

Gisèle Halimi  : Soixante-dix ans de combats, d’engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Et la volonté, aujourd’hui, de transmettre ce qui a construit cet activisme indéfectible, afin de dire aux nouvelles générations que l’injustice demeure, qu’elle est plus que jamais intolérable. Gisèle Halimi revient avec son amie, Annick Cojean, qui partage ses convictions féministes, sur certains épisodes marquants de son parcours rebelle pour retracer ce qui a fait  un destin. Sans se poser en modèle, l’avocate qui a toujours défendu son autonomie, enjoint aux femmes de ne pas baisser la garde, de rester solidaires et vigilantes, et les invite à prendre le relai dans le combat essentiel pour l’égalité à l’heure où, malgré les mouvements de fond qui bouleversent la société, la cause des femmes reste infiniment fragile. 

Depuis l’enfance, la vie de Gisèle Halimi est une fascinante illustration de sa révolte de «  fille  ». Farouchement déterminée à exister en tant que femme dans l’Afrique du Nord des années 30, elle vit son métier comme un sacerdoce et prend tous les risques pour défendre les militants des indépendances tunisienne et algérienne et dénoncer la torture. Avocate plaidant envers et contre tout pour soutenir les femmes les plus vulnérables ou blessées, elle s’engage en faveur de l’avortement et de la répression du viol, dans son métier aussi bien que dans son association «  Choisir  la cause des femmes ». Femme politique insubordonnée mais aussi fille, mère, grand-mère, amoureuse… Gisèle Halimi vibre d’une énergie passionnée, d’une volonté d’exercer pleinement la liberté qui résonne à chaque étape de son existence. 

«  Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque  »  : ces mots de René Char, son poète préféré, pourraient définir Gisèle Halimi, cette «  avocate irrespectueuse  », et sa vie de combats acharnés pour la justice et l’égalité.

Biographie de l’auteur :

Grand reporter au Monde, Annick Cojean est notamment l’auteur des Proies (Grasset, 2012) et de Je ne serais pas arrivée là si (Grasset, 2018), disponibles au Livre de poche.

Avocate, militante féministe, femme politique, Gisèle Halimi a accompagné tous les grands combats de la deuxième moitié du XXe siècle. Née en 1927 en Tunisie et décédée à Paris le 28 juillet 2020.

Elle est l’autrice de grands livres autobiographiques parmi lesquels Le lait de l’oranger (1988), Avocate irrespectueuse (2002), Ne vous résignez jamais (2009), tous disponibles en poche.

Notre avis :

Annick Cojean nous fait parcourir, découvrir ou redécouvrir les rêves, le parcours et les actions de Gisèle Halimi.

L’avocate qui avec ses convictions et son engagement a défié les puissants et rassemblé des armées d’intellectuels comme un « chevalier sans peur ».

Les héroïnes comme elle doivent être connues et rester dans l’histoire. (Il faut lire les premières pages du livre pour mieux comprendre mes quelques lignes sur les héros et les héroïnes …)

Le texte se lit comme un roman, la vie de Gisele Halimi est un roman.

Une grève de la faim à 10 ans pour obtenir le droit de ne pas être obligée de servir ses frères, une grande passion pour les écrivains français lus en cachette et une soif de liberté et de justice inébranlable.

Son chemin, ses batailles elle les gagne grâce à sa persévérance et sa force de caractère, première femme à participer à un concours d’éloquence de jeunes avocats elle ouvre des portes qui lui seraient normalement fermées.

Ses avancées dans la profession coïncident à des combats pour les faibles et pour les femmes qui n’auraient pas forcément trouvé de voix sans elle.

Dans ce livre nous pouvons découvrir une attitude très Gandhienne à se mettre en danger pour une cause, vivre le chemin et les déceptions politiques, imaginer l’ambiance des batailles menées et financées par des personnalités comme Leonor Fini, artiste que j’admire énormément, moins connue que ses contemporains hommes mais certainement pas moins talentueuse. Percevoir les liens très forts avec Sartre et avec Guy Bedos et sa famille.

Le témoignage d’une femme d’exception à lire et à partager.

« Une farouche liberté » est un coup de cœur pour moi.

Le livre sortira le 19/08/2020.

❤️❤️❤️❤️❤️

Grasset

Gisele Halimi
Annick Cojean
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Procès de Bobigny
Leonor Fini

Capitalisme et idéologie

Mot de l’éditeur :

Toutes les sociétés humaines ont besoin de justifier leurs inégalités : il faut leur trouver des raisons, faute de quoi c’est l’ensemble de l’édifice politique et social qui menace de s’effondrer. Les idéologies du passé, si on les étudie de près, ne sont à cet égard pas toujours plus folles que celles du présent. C’est en montrant la multiplicité des trajectoires et des bifurcations possibles que l’on peut interroger les fondements de nos propres institutions et envisager les conditions de leur transformation.
À partir de données comparatives d’une ampleur et d’une profondeur inédites, ce livre retrace dans une perspective tout à la fois économique, sociale, intellectuelle et politique l’histoire et le devenir des régimes inégalitaires, depuis les sociétés trifonctionnelles et esclavagistes anciennes jusqu’aux sociétés postcoloniales et hypercapitalistes modernes, en passant par les sociétés propriétaristes, coloniales, communistes et sociales-démocrates. À l’encontre du récit hyperinégalitaire qui s’est imposé depuis les années 1980-1990, il montre que c’est le combat pour l’égalité et l’éducation, et non pas la sacralisation de la propriété, qui a permis le développement économique et le progrès humain.
En s’appuyant sur les leçons de l’histoire globale, il est possible de rompre avec le fatalisme qui nourrit les dérives identitaires actuelles et d’imaginer un socialisme participatif pour le XXIe siècle : un nouvel horizon égalitaire à visée universelle, une nouvelle idéologie de l’égalité, de la propriété sociale, de l’éducation et du partage des savoirs et des pouvoirs.

Biographie de l’auteur :

Thomas Piketty, né le 7 mai 1971 à Clichy, est un économiste français.

Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), ancien élève de l’École normale supérieure (promotion 1989 Sciences) et docteur en économie de l’EHESS, il fut chercheur à la London School of Economics et est un spécialiste de l’étude des inégalités économiques, en particulier dans une perspective historique et comparative, et auteur du livre Le capital au xxie siècle (2013).

En 2002, il reçoit le prix du meilleur jeune économiste de France et, en 2013, le prix Yrjö Jahnsson. Après avoir joué un rôle majeur dans la fondation de l’École d’économie de Paris, il y est professeur depuis 2014.

Notre avis :

Comment donner un avis sur une fresque historique retraçant l’évolution des pratiques capitalistiques et des idéologies qui les ont soutenues  ?

Que ce soit de l’invention de l’héritage, du colonialisme et de sa fin, de la montée en puissance de la Chine, Thomas Piketty donne les clefs pour déchiffrer l’actualité.

Ce livre démontre que l’économie n’est une science exacte que lorsqu’elle explique le passé. A l’heure où les médias nous imposent des experts affirmant doctement ce qu’il faut faire parce que «  ce n’est plus possible  », Piketty ose jeter un pavé à la tête de ces médecins du «  laisser faire  ».

Les opinions peuvent être diverses et opposées, mais les faits sont têtus : les inégalités de fortune ne sont pas inscrites dans le marbre, mais sont le fruit du génie humain et surtout des lois.

Dans un style très accessible, il explicite la lutte constante des intérêts des très peu, les possédants, contre la démocratie, celle-ci ayant tendance à les déposséder.

Il est cruel, explique l’auteur, de comprendre dans sa démonstration implacable les causes de la démission des états face à l’hyper-capitalisme. Les petits propriétaires se croyant ciblés par les programmes de lutte contre les inégalités se réfugiant  dans des idéologies libérales où des kleptocrates les dépouillent tout doucement.

«  Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément  » est clairement la marque du style de «  Capitalisme et idéologie  » qui se lit comme un roman car dépouillé de formules mathématiques, signature parfois de textes difficilement accessibles à un public non formé.

Je ne dirai rien des solutions proposées, car il appartient au lecteur de se faire sa propre opinion, une fois éclairée.

Pour celles et ceux dont les grands principes de l’économie seraient un peu rouillés, je peux conseiller de parcourir à coté «  Economix,  la première histoire de l’économie en BD  ».

Bonne lecture !

❤️❤️❤️❤️❤️

Le Seuil

Thomas Piketty
Extrait
Conseil de lecture

Apeirogon

Mot de l’éditeur :

Apeirogon. Une figure géométrique au nombre infini de côtés.

Rami Elhanan est israélien, fils d’un rescapé de la Shoah, ancien soldat de la guerre du Kippour ; Bassam Aramin est palestinien, et n’a connu que la dépossession, la prison et les humiliations. 

Tous deux ont perdu une fille. Abir avait dix ans, Smadar, treize ans. 

Passés le choc, la douleur, les souvenirs, le deuil, il y a l’envie de sauver des vies. 

Eux qui étaient nés pour se haïr décident de raconter leur histoire et de se battre pour la paix. 

Afin de restituer cette tragédie immense, de rendre hommage à l’histoire vraie de cette amitié, Colum McCann nous offre une œuvre totale à la forme inédite ; une exploration tout à la fois historique, politique, philosophique, religieuse, musicale, cinématographique et géographique d’un conflit infini. Porté par la grâce d’une écriture, flirtant avec la poésie et la non-fiction, un roman protéiforme qui nous engage à comprendre, à échanger et, peut-être, à entrevoir un nouvel avenir. 

Biographie de l’auteur :

Né à Dublin en 1965, Colum McCann est l’auteur de six romans, Le Chant du coyote, Les Saisons de la nuit, Danseur, Zoli, Et que le vaste monde poursuive sa course folle, Nartional Book Award en 2009 et Meilleur livre de l’année (Lire), et Transatlantic ; ainsi que de trois recueils de nouvelles, La Rivière de l’exil, Ailleurs, en ce pays et Treize façons de voir, tous parus chez Belfond et repris chez 10/18. Après Lettres à un jeune auteur paru en 2018, texte à dimension autobiographique, Colum McCann nous livre une œuvre hors-norme, entre fiction et non-fiction, sur le conflit israélo-palestinien. 

Il vit à New York avec sa femme et leurs trois enfants.

Notre avis :

Le récit de Colum McCann est remarquable.

L’histoire de la mort tragique, violente et insensée de deux personnes innocentes – une jeune écolière palestinienne tuée par des soldats israéliens et une jeune femme soldat israélienne tuée par des kamikazes palestiniens. Même si nous connaissons les faits après les deux premières pages, nous sommes obligés de continuer à lire. Lorsque nous essayons de mettre le livre de côté, nous y sommes attirés. L’auteur utilise un ton neutre et impartial. Bien que parfois détaché, il n’est jamais indifférent. C’est une histoire racontée en mille indices fragmentés, une observation, un arrière-plan historique, des sujets apparemment sans rapport qui retrouvent une unité au fil des pages.

Nous apprenons le contexte plus large dans lequel ces actes insensés peuvent et continuent de se produire. Chaque mot est important. Aucun n’est hors de propos. pour créer une plus grande mosaïque d’humanité. 

Un texte avec de nombreuses facettes. Le portrait de l’humanité et de l’inhumanité, du bien et du mal, où les choix ont des conséquences réelles. C’est plus qu’un livre remarquable. Brillant et créatif ce roman est un merveilleux cadeau pour tout ses futurs lecteurs.

Le livre sortira le 20 août 2020.

❤️❤️❤️❤️❤️

Belfond 

Colum McCann
Extrait
Accords d’Oslo

Le Cake au citron

Mot de l’éditer :

Le cake au citron mélange l’acide et le sucré, comme la vie mélange le malheur et le bonheur. Quand c’est acide, ça te fait des frissons, mais avant que tu aies les larmes aux yeux, c’est sucré, ça te fait tout doux et tu rigoles. Si tu le manges dans la joie, il te rappelle que la vie n’est pas toujours facile, mais si tu le manges dans la tristesse, il te dit que bientôt ta vie sera douce. Et quand tu découvres les étranges collections de ta mère qui vient de mourir, rien de tel qu’une bonne grosse tranche.

Biographie de l’auteur :

Journaliste de formation, Emmanuelle Ryser vit et travaille à Lausanne. Elle a fait des mots son métier, proposant récits de vie ainsi que stages et ateliers d’écriture. Le Cake au citron est son premier roman.

Notre avis :

« On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ». Telle était la maxime de Pierre Desproges, jusqu’à sa mort.

L’humoriste, déjà malade, dans ses spectacles parlait de cancer et de la mort à des spectateurs encore ignares de sa situation personnelle.

Le livre d’Emmanuelle Ryser, entièrement écrit à la deuxième personne du singulier, me fait penser à Desproges et à son humour parfois amer mais également à Terry Pratchett et ses réflexions sur la mort.

Dans ce récit nous sommes confrontés à un goût doux et acide tout comme le gâteau qui lui donne son titre : Le Cake au citron.

Une recette réussie, des ingrédients biens dosés et assez de poudre à lever pour permettre au lecteur d’avoir envie de suivre cette histoire page après page comme si il observait un cake monter et prendre forme.

La découverte d’une étrange collection appartenant à la défunte mère de la protagoniste, servira de fil conducteur pour affronter le concept de la mort et dépasser le deuil personnel.

Le livre offre aussi des “tranches” de vie de notre héroïne et de sa famille.

Un premier roman qui secoue, bouleverse, et nous fait voir la vie sous un autre jour.

Un excellent moment de lecture, je vous le conseille.

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions Lemart

Emmanuelle Ryser
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait

Le Flambeur de la Caspienne


Mot de l’éditeur :

Le pays : un rêve… Habitué aux destinations calamiteuses, Aurel Timescu, le petit Consul, est pour une fois affecté dans un lieu enchanteur. Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan ex-soviétique, est une ville pleine de charme au climat doux, au luxe élégant. A la terrasse de cafés d’allure parisienne, on y déguste un petit blanc local très savoureux. L’ambassade : un cauchemar… Le chef de poste, autoritaire et brutal, est bien décidé à se débarrasser d’Aurel. Le fantôme de sa femme, récemment victime d’un tragique et mystérieux accident, plane au-dessus de l’ambassade. Et l’équipe diplomatique, tétanisée par le deuil, est livrée à la crainte et au soupçon. Il n’en faut pas plus pour qu’Aurel se lance dans une enquête plus folle que jamais. Basée sur de fragiles intuitions, elle prendra, entre mafias locales et grands contrats internationaux, l’ampleur d’une affaire d’Etat. Cette fois, Aurel ne lutte pas seulement pour faire triompher la justice Jean-Christophe Rufin, avec son talent d’écrivain (Rouge Brésil – prix Goncourt 2001 -, Le Collier rouge, Immortelle randonnée…) et son expérience internationale; a donné vie à Aurel Timescu avec Le Suspendu de Conakry et Les Trois Femmes du Consul. Le petit Consul revient aujourd’hui dans cette nouvelle aventure, pour le plus grand bonheur de tous ceux qui ont succombé à son charme.. Il se bat pour une cause nouvelle et inattendue : rester là où il est et connaître enfin le bonheur.

Biographie de l’auteur :

Jean-Christophe Rufin, avec son talent d’écrivain (Rouge Brésil – prix Goncourt 2001 -, Le Collier rouge, Immortelle randonnée…) et son expérience internationale; a donné vie à Aurel Timescu avec Le Suspendu de Conakry et Les Trois Femmes du Consul. Le petit Consul revient aujourd’hui dans cette nouvelle aventure, pour le plus grand bonheur de tous ceux qui ont succombé à son charme.

Il a aussi créé des univers romanesques contemporains, inspirés par son expérience de médecin humanitaire et de grand voyageur.

Il est membre de l’Académie française depuis 2008.

Notre avis :

Troisième Opus des aventures d’Aurel Timescu, le fantasque petit Consul, naît de la plume de Jean-Chrisrophe Rufin. Éclectique comme son auteur le diplomate enquêteur nous conduit cette fois à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, dans le Caucase, coincé entre la Russie, la Géorgie, l’Arménie, l’Iran et la Mer Caspienne.

La description faite de Bakou au fil des pages frappe par une étonnante physionomie de la ville, pleine de contrastes : à côté des bâtiments d’inspiration soviétique et des gratte-ciels vertigineux, la vieille ville de Bakou a conservé ses remarquables constructions. Datant du Moyen Âge, elles figurent par ailleurs au patrimoine mondial de l’humanité.

“Le Flambeur de la Caspienne” peut se lire indépendamment des tomes précédents mais si cela vous est possible lisez également “Le Suspendu de Conakry” et “Les Trois Femmes du Consul”.

Aurel devra, dans ce roman, faire face à un Ambassadeur fort avec les faibles et faible avec les forts.

Avec sa partner in crime, la Consule Amélie, il tentera d’élucider la mort suspecte de Marie-Virginie, la femme de l’Ambassadeur, les intuitions de nos diplomates détectives sont bonnes mais l’enquête les mènera dans une direction pas prévue et pas prévisible pour le lecteur.

Avec Rufin on retrouve toujours une écriture soignée, un style élégant et fluide.

Le récit est parsemé d’observations d’une grande finesse. Cette histoire, une page des méandres tortueux des relations internationales, est ma préférée, de celles basées sur le petit Consul, donc j’en encourage vivement sa lecture.

❤️❤️❤️❤️❤️

Flammarion 

Jean-Christophe Rufin
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Quai d’Orsay
Azerbaïdjan
Bakou
Bakou
Bakou
Scarabée à découvrir dans le livre

Chroniques de Prydain, Tome 4 : Taram chevalier errant

Mot de l’éditeur :

De retour à Caer Dallben en ayant laissé la princesse Eilonwy à la cour royale de Mona, Taram prend toute la mesure de son amour pour la princesse. Mais s’il a bien prouvé sa valeur en tant qu’homme, il souffre d’ignorer ses origines et est bien décidé à les découvrir afin de pouvoir demander la jeune fille en mariage. Accompagné du loyal Gurgi, Taram prend donc le chemin des marécages de Morva, afin d’y rencontrer Orddu, Orwen et Orgoch, les trois sorcières redoutables dont on dit qu’elles contrôlent le destin des hommes. Les trois enchanteresses lui dicteront d’aller consulter le Miroir de Llunet, dans les montagnes tout à l’est du pays. En chemin, Taram fera halte chez le roi Smoit où il retrouvera Fflewdur Fflam, puis fera de nombreuses rencontres, heureuses et malheureuses : un fermier au désespoir, un berger qui pourrait lui révéler le secret de sa naissance, et un sorcier immortel déterminé à anéantir les hommes.

Biographie de l’auteur :

Lloyd Alexander, né en 1924 à Philadelphie, rêve à quinze ans de devenir poète mais il lui faut bientôt travailler pour payer ses études. Après avoir servi la France pendant la guerre, il suit des cours à la Sorbonne avant de rentrer aux États-Unis avec son épouse parisienne. Il publie au début des années 60 ses premiers livres pour la jeunesse, contes et romans fantastiques qui lui valent des prix importants. Le Chaudron noir a été adapté à l’écran par les studios Disney, en 1985, sous le titre Taram et le Chaudron magique.

Notre avis :

Le quatrième tome des chroniques de Prydain : Taram chevalier errant est, comme l’écrit l’auteur,  “le plus héroïque de tous”

Avec l’intention de demander à la princesse Elionwy de l’épouser à son retour de sa formation sur l’île de Mona, Taram souhaite en savoir plus sur son héritage. N’ayant jamais connu ses parents, il nourrit un souhait secret d’avoir du sang noble dans les veines; c’est pourquoi il entreprend ce périple pour la découverte de son identité et pour trouver sa place dans le monde. Au cours de ses voyages, il apprend l’existence du mystérieux Miroir de Llunet, qui est censé montrer le vrai soi de quiconque le regarde. Avec cela comme objectif quelque peu vague, il part dans dans sa quête. Des seigneurs en guerre aux sorciers maléfiques, des mercenaires sans loi aux leçons de forge, de métier à tisser et de tour de potier – chaque expérience de vie le rapproche de celui qui il est vraiment. Au fil de l’histoire, Lloyd Alexander trouve également le temps, subtilement et judicieusement, d’ajouter des commentaires sur la condition humaine. Mais tout n’est pas sombre. Il y a beaucoup de place pour l’humour, l’émerveillement et l’espoir. Un autre aspect à noter est que Prydain est exploré plus en détail que dans les livres précédents.

Je pense que Taram découvre beaucoup plus qu’il ne le réalise et prépare le lecteur au grand final de la saga dans le cinquième livre que j’attends avec impatience.

Les premiers volumes sont disponibles et peuvent être un joli moment de partage adultes/ados.

Ne manquez pas cette série.

❤️❤️❤️❤️❤️

Éditions Anne Carrière

Lloyd Alexander
Extrait
Extrait
Aide à la lecture
Prydain
Prydain
Illustration
La saga
Le tome 5 qui sortira le 30 octobre 2020

Arythmies

Mot de l’éditeur :

Jean embrasse Emma…du regard. Il embrasse les contours de son corps voilé d’une légère robe noire. « Et un rire… » Et si cette légende japonaise prédisait une vérité ? Sommes-nous liés au destin d’une seule personne à notre naissance ? Pouvons-nous ignorer ce fil rouge tissé de nos coeurs à nos doigts ? De nos doigts à nos coeurs ? La vie, souvent moqueuse, rétablit un équilibre en empêchant deux êtres de se retrouver. Nous sommes les instruments de sa volonté. Parfois…

Biographie de l’auteur :

Laetitia Cavagni, poétesse et auteure de talent, d’une sensibilité rare et d’un réalisme à l’épreuve du feu, signe ici son premier roman dans la collection Magnitudes. Chroniqueuse de nos amours, rimeuse de nos bonheurs et de nos peurs, son texte poursuit une histoire qu’elle écrit depuis des années. Celle d’Emma et Jean Et celle aussi d’autres gens. Un texte rare pour une écriture rare qui vous portera au loin. À lire pour le plaisir.

Notre avis :

Ce roman est un vrai bijou de sensualité, il  brille par son raffinement, son vocabulaire riche, son humour dans les descriptions des femmes et des hommes qui vivent dans les pages d’ “ Arythmies ”

L’ écriture est élégante, jamais lourde ni pompeuse, ni précieuse, mais d’une finesse et d’une élégance sculptée avec grâce.

Selon la légende japonaise du fil rouge, le petit doigt n’est pas l’endroit où se termine la connexion vitale avec le cœur . Car un fil rouge invisible se déroule du petit doigt, qui porte la marque de l’âme et nous connecte de façon définitive et profonde avec les fils des autres personnes, c’est-à-dire avec leurs cœurs. Ceux qui sont reliés par un fil rouge sont unis par la force de la vie elle-même ; ils sont destinés à se rencontrer et à vivre une histoire d’apprentissage mutuel, qu’importe le temps, la distance ou les événements qui les séparent. Au cours de la vie, le fil peut s’étendre ou s’emmêler, en nous éloignant temporairement de telle ou telle personne, mais jamais il ne peut se briser.

Le roman de Laetitia Cavagni suit la trajectoire des fils rouges de ses personnages, un texte envoûtant sur l’amour et la passion.

L’autrice poétesse, nous fait traverser les destins de Jean et Emma et de ses autres personnages enfants et adultes.

Rien n’est réellement comme le lecteur peut l’imaginer et le dénouement final est surprenant, inattendu et confirme la magie de ce livre.

Une occasion pour moi aussi de découvrir les Éditions JDH et la collection Magnitude.

❤️❤️❤️❤️❤️

JDH Éditions 

Laetitia Cavagni
Extrait
Mayotte
Cité dans le livre

Underground Railroad

Mot de l’éditeur :

Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les états libres du Nord. 

De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le « misérable coeur palpitant » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté. 

L’une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l’« Underground Railroad », le célèbre réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. 

à la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l’Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une oeuvre politique aujourd’hui plus que jamais nécessaire. 

Biographie de l’auteur :

Colson Whitehead est reconnu comme l’un des écrivains américains les plus talentueux et originaux de sa génération.  Underground Railroad, élu meilleur roman de l’année par l’ensemble de la presse américaine, a été récompensé par le National Book Award 2016 et récemment  distingué par la Médaille Carnegie, dans la catégorie « Fiction ». Salué par Barack Obama, le livre connaît depuis sa parution un succès phénoménal aux états-Unis et dans le monde entier.

Notre avis :

« Chaque matin je me réveille dans une maison bâtie par des esclaves » disait Michèle Obama à propos de la Maison Blanche » . Le véritable Underground Railroad, fut très efficace et bien organisé à partir de 1820, il fonctionna jusqu’en 1861 (Guerre de sécession) . Après l’adoption par le Congrès, en 1850, d’une nouvelle loi plus sévère contre les esclaves en fuite, l’Underground Railroad connut une activité intense. On estime que plus de 100 000 esclaves l’ont utilisé.

Choisir de lire un livre sur l’esclavage, c’est choisir de se plonger dans la brutalité, la violence et l’inhumanité, mais bien que ce sujet ne soit ni facile ni léger, il est profondément émouvant et très puissant.

Le récit nous transporte dans la vie de Cora, esclave dans une plantation de coton en Géorgie au début des années 1800. Sa mère l’a abandonnée (s’est enfuie) quand elle était petite en faisant d’elle une «enfant perdue». Randall, le propriétaire de la plantation, est particulièrement sadique.

Lorsque César arrive dans la plantation, il décide de convaincre Cora de s’échapper avec lui. Il a établi une connexion avec quelqu’un qui les transportera sur le chemin de fer souterrain vers la liberté. Ils seront pourchassés par Ridgeway, un traqueur d’esclaves qui est toujours fou de rage de ne jamais avoir pu attraper et ramener la mère de de la jeune fille.

Cora est un personnage magnifique, sa force face à une cruauté dévastatrice et sa rage bouillonnante causée par le fait d’être traitée comme la captive de quelqu’un, la propriété de quelqu’un sont remarquables. Très vite il devient cependant clair que la liberté ne consiste pas simplement à sortir de la plantation.

Le livre est raconté sous un certain nombre de perspectives, le voyage de Cora restant le thème commun. Nous obtenons aussi un aperçu de la vie et des personnages qui précèdent la fuite de notre héroïne.

Ambiance de l’époque décrite magistralement par Colson Whitehead qui a reçu son premier Pulitzer pour cet ouvrage. Son prochain livre et de nouveau Prix Pulitzer, “Nickel Boys” sortira en français le 19 août 2020 et je vous annonce déjà que, à mon avis, il est extraordinaire.

Il faut se laisser aller à la puissance des mots de l’auteur dans cette ode à la liberté et à l’espoir !

❤️❤️❤️❤️❤️

Albin Michel

Colson Whitehead
Extrait
Extrait
À lire aussi
Représentation d’esclaves en fuite
Plantation de coton
Piketty Capital et Idéologie

Leonor Fini grâce et profondeur

 

Leanor Fini était une grande artiste surréaliste que je voudrais voir plus connue et reconnue.

Ses œuvres, d’une élégance extraordinaire, présentent des éléments oniriques, des symboles et des éléments plus réalistes toujours exprimés dans un language artistic personnel.

Nous pouvons y retrouver la même vision du  « temps arrêté » si chère à Giorgio De Chirico ou les couleurs et traits de Klimt.

Le Sphinx et les chats jouent des rôles importants dans ses peintures, ainsi que le thème du «double». Elle a vécu avec beaucoup de chats; jusqu’à un total de 23 en même temps.

    

On a dit d’elle qu’elle était la seule artiste à peindre des «femmes sans excuses». Beaucoup de ses peintures présentent des femmes fortes dans des situations cérémonielles ou provocatrices. Les hommes sont souvent décrits comme des figures flexibles sous la protection des femmes.

Née d’un père argentin et d’une mère italienne le 30 août 1907 à Buenos Aires et décédée le 8 janvier 1996 à Paris. Madame Fini a eu une vie compliquée pendant son enfance.

Qand Leonor avait un an, sa mère quitta son mari en Argentine et, emmenant sa fille avec elle, déménagea à Trieste. Pour empêcher Leanor d’être kidnappée, sa mère l’a habillée pendant plusieurs années comme un garçon. Mélancolique et sensible, Leanor ne pouvait que chercher une forme d’évasion de sa cage et, grâce à la peinture, à 17 ans elle était à Milan, en tant que portraitiste. Plus tard elle s’installera à Paris –c’était 1931-1932– pour pouvoir vivre de son Art, en développant son propre langage en toute liberté, dans la ville qui, à cette époque, était la capitale mondiale de l’art. Être en France lui a permis de rencontrer, entre autres, Paul Eluard, Max Ernst, Georges Bataille, Henri Cartier-Bresson, Picasso, Christian Dior, André Pieyre de Mandiargues et Salvador Dalí. Elle a traversé l’Europe en voiture avec de Mandiargues et Cartier-Bresson. Pendant ce voyage, elle a été photographiée nue dans une piscine par Cartier-Bresson – cette image aurait été vendue pour 305 000 $ en 2007 -.

Elle adorait se faire photographier.

Notre artiste a peint des portraits de Jean Genet, d’Anna Magnani, de Jacques Audiberti, d’Alida Valli, de Schlumberger et de Suzanne Flon ainsi que de nombreuses autres célébrités et riches visiteurs de Paris. Elle a conçu la bouteille «Shocking», des costumes et des décors pour le théâtre, le ballet et l’opéra, ainsi que des habits pour le cinéma.

Elle était aussi une excellente illustratrice. Ses graphismes les plus connus sont probablement ceux dessinés pour Histoire d’O mais passionnée de littérature et de poésie, Leonor illustra plus d’une cinquantaine d’ouvrages, dont les œuvres de Charles Baudelaire, qu’elle admirait profondément, celles de Paul Verlaine, de Gérard de Nerval et d’Edgar Allan Poe.

J’ai développé une profonde admiration pour cette artiste éclectique et sagace.

Sa peinture et son œuvre littéraire ont une dimension fortement philosophique.

En 1970, Leonor Fini a écrit trois romans, « Moumour, conte pour enfants velus » «Rogomelec » et « L’Oneiropompe ».

J’ai lu les deux premiers et je suis conquise.

Ses récits sont tout autant surréalistes et délicieux que sa peinture.

Je vous conseille de lire ses livres que, je suis sûre, sauront vous enchanter.

À propos de Rogomelec:

“Leonor Fini bat les cartes de l’imaginaire et les couleurs de son jeu – tragique – dérision, beauté, monstruosité, ont les mêmes valeurs. Ce monastère est-il un sanatorium ? À quel dieu ces moines sont-ils voués ? À quoi sert le régime des curistes qui semblent échappés d’un vieux film muet ? Le récit suit les règles précises du rêve qui brasse le résidu hétéroclite de la mémoire. Et si, du désordre somptueux de la Fête surgissent les figures du Roi et du Pendu, si elles prennent place dans une scène que nous croyons reconnaître, il n’y a là d’autre symbole que la reconnaissance du rôle privilégié du rituel.”

Pour voir une partie de ses œuvres:

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Portrait de jeune femme (Monique Beaumont) 1950 ; Portrait d’enfant, 1935

Centre Georges Pompidou

Femme travestie, circa 1932

Musée de Grenoble

Mandoliniste, 1933

Musée de l’Hospice Saint-Roch, Issoudun, France

Salle permanente – Reconstitution du Salon de l’appartement de Leonor Fini, rue de La Vrillière à Paris

Tate Modern, Londres

Petit sphinx ermite, 1948

Peggy Guggenheim Collection, Venise, Italie

La Bergère des sphinx, 1941

Musée d’Art et d’Histoire, Genève, Suisse

Nue (Jeune fille au bas) 1941; Nu (Nico Papatakis) 1941

Museo d’Arte Moderna Revoltella, Trieste, Italie

Portrait de jeune homme déguisé en mendiant (portrait d’André Pieyre de Mandiargues) 1935

Miyazaki Prefectural Art Museum, Miyazaki, Japon

Les deux crânes, 1950

Musée d’Art Moderne, Bruxelles, Belgique

Galleria Nazionale d’Arte Moderna e Contemporanea, Rome, Italie

Théâtre national de l’Opéra, Paris

Costumes pour Tannhaüser, 1963

Art Institute of Chicago, Chicago, Illinois

The Sphinx (gouache) 1970

The Lost Needle (collage de Joseph Cornell avec dessin et photographie de Leonor Fini) circa 1947

Galleria Nazionale d’Arte Moderna, Museo Mario Praz, Rome

Sphinx, circa 1950

Galleria d’Arte Moderna e Contemporanea, Palazzo Massari, Ferrara, Italie

Portrait d’Achille Funi

http://www.leonor-fini.com/fr/