Chinatown, intérieur

Mot de l’éditeur :

Willis est un Américain d’origine asiatique qui tente de percer à Hollywood. Dans un monde qui voit tout en noir et blanc, qui se pense comme un affrontement entre Noirs et Blancs, Willis a-t-il sa place ? Mêlant le petit et le grand écran, la série policière, le film de kung-fu, la comédie romantique, le film de procès, Charles Yu nous offre un grand roman américain, émouvant, tendre et parfois amer, un récit d’odyssée personnelle et de conquête sociale dans ce champ de bataille qu’est la société américaine. 

Biographie de l’auteur :

Charles Yu est un Américain d’origine taïwanaise, né à Los Angeles en 1976. Nouvelliste, il est lauréat de nombreux prix (Sherwood Anderson Fiction Award en 2004). Charles Yu fut distingué par la National Book Foundation comme un des 5 écrivains américains les plus prometteurs de sa génération, sur recommandation de Richard Powers (lauréat 2006 du National Book Award). Actuellement, Charles est un des scénaristes de Westworld, la série de JJ Abrams pour HBO.

Notre avis :

Silence on tourne! la séance de lecture que le roman de Charles Yu propose est passionnante.

Un petit livre drôle et très spécial. Écrit dans le style d’un scénario, ce récit raconte l’histoire de la diaspora chinoise à travers le prisme d’une communauté d’acteurs essayant de se débrouiller avec l’image que les médias imposent.

L’auteur décrit les contradictions d’un monde où tout n’est pas noir et blanc mais tout est vraiment du cinéma.

Nous suivons Willis, américain d’origine asiatique qui aspire au rôle de toute une vie – le « Mister Kung-fu ». Dans une réalité avec trop de Chinois, pour se démarquer, il doit faire preuve de beaucoup de dévouement, de sueur et de sacrifices en espérant qu’un jour quelqu’un le trouverait digne.

Bien que ce texte soit centré sur la vie du protagoniste il ne se limite pas à cela et couvre également des sujets tels que les coutumes chinoises, la race, la crise d’identité, la culture pop et la famille. J’ai adoré la façon dont l’auteur approfondit le concept de famille dans la culture asiatique, lorsque les mots non-dits entre les membres de la famille sont implicites et que l’admiration et le respect des personnes âgées est essentiel et presque «sacré». 

Une montagne russe d’émotions, Chinatown intérieur est assez unique, innovant et puissant.

Les précédents ouvrages de l’auteur sont aussi remarquables.

Un livre dynamique que je vous recommande vivement de lire!

Traduction : Aurélie Thiria-Meulemans

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

 Aux forges de Vulcain

Charles Yu
Extrait
Extrait
Extrait
Chinatown
Brouce Lee

Black Manoo

Mot de l’éditeur :

Black Manoo, junkie abidjanais sans papiers, déboule dans le Belleville des années 90 avec deux guides : Lass Kader, son meilleur ami dealer, et Karol, sa belle, avec qui il ouvre un bar clandestin.

Avec eux, on explore les coulisses d’un quartier ahurissant et les stratégies d’un immigré tout juste débarqué à Paris pour s’y enraciner, entre rituel et petits boulots.

Le destin de Black Manoo pourrait ressembler à cent mille autres mais ne ressemble à aucun.

Dans ce roman-monde qui fait de chaque lieu, de chaque personnalité, le creuset d’un univers, Gauz réunit les deux veines qui ont fait son succès : l’observation sociale et le destin de personnages aux marges des lois. Au-delà, il invente un style littéraire d’une concision électrique, aussi dense et intense que la plus rageuse des musiques.

Biographie de l’auteur  :

Après avoir été diplômé en biochimie, Gauz a réalisé des photos, des documentaires, des émissions culturelles et des articles pour un journal économique satirique en Côte-d’Ivoire. Depuis que le succès de son premier roman, Debout Payé (50 000 exemplaires en grand format), vedette de la rentrée 2014, l’a propulsé sur le devant de la scène.

Avec son deuxième roman Camarade papa il livre une histoire de la colonisation inédite au travers de deux regards : celui d’un jeune homme blanc qui quitte son village, Abilly, près de Châtellerault, pour l’Afrique, à la fin du dix-neuvième siècle, et celui d’un enfant métis, issu de l’époque coloniale.

Gauz part de plus en plus souvent se recueillir à Grand-Bassam, première capitale coloniale de la Côte d’Ivoire.

Notre avis :

Dans son troisième roman Gauz ne fait que confirmer son talent.

J’ai lu les précédents livres de l’auteur (Debout payé et Camarade papa) et j’attendais ce nouveau texte avec impatience.

Black Manoo dépeint le voyage d’un abidjanais drogué et sans papiers qui débarque à Paris. Belleville sera le quartier de son atterrissage.

Toutes les combines possibles pour s’en sortir nous sont montrées.

Les incohérences d’un système qui utilise des cases et des formulaires mais oublie l’humain. Au travers de ses rencontres et des lieux qu’il va habiter ou seulement frôler, le chemin de l’ ivoirien devient universel.

« Notre vraie nationalité est l’humanité. » disait H. G. Wells, citation utopique certes, mais la littérature peut changer les opinions et ce récit, qui donnera à réfléchir, peut contribuer à limer, non pas les différences qui sont une richesse, mais les préjugés qui contribuent à la « guerre du monde » des blancs et des noirs. 

Le style est très imagé, plein d’humour et d’associations inattendues, l’écriture est particulièrement savoureuse et percutante.

Bref durant la lecture, mon sourire était comme un clignotant sur mon visage s’allumant très régulièrement.

Une fois plongés dans Black Manoo on n’a pas envie d’en sortir.

Je n’ai qu’un mot à dire, FONCEZ, ACHETEZ et LISEZ !

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Le Nouvel Attila

Gauz
Extrait
Extrait
Extrait
Abidjan
Belleville

Petit Blanc

Mot de l’éditeur :

L’espoir de trouver meilleure fortune ailleurs. Albert Villeneuve s’embarque pour un long voyage vers les colonies avec sa femme et sa fille. Il accoste seul à Sainte-Madeleine, son moral et ses espoirs noyés loin derrière lui. Commence alors une nouvelle vie, faite d’alcool, de mensonges et de frustrations. Piégé sur cette île devenue prison, Albert fuit la folie vengeresse du sergent Arpagon et cherchera, sur la route du café, la paix intérieure. Petit Blanc est un conte cruel et onirique sur l’absence et les espoirs perdus. Nicolas Cartelet nous révèle la face cachée des cartes postales et de leurs couleurs chatoyantes.

Biographie de l’auteur :

Nicolas Cartelet est historien, écrivain, scénariste et éditeur. Il est l’auteur de nombreux essais et documents dont Rêves de futurs aux éditions Ouest France ainsi que de romans publiés aux éditions Mu. Dernières fleurs avant la fin du monde, paru en 2018, a été nommé au Grand Prix de l’Imaginaire. Le Point Pop a désigné Nicolas Cartelet comme l’un des cinq jeunes auteurs de l’imaginaire à suivre. 

Notre avis :

Très beau roman, j’ai lu ce court texte en une journée, il est addictif. La plume de l’auteur est très agréable et rend l’histoire touchante.

Dès les premières pages, les dés sont jetés. Nicolas Cartelet nous entraîne avec son Petit Blanc dans la quête illusoire et désespérée du bonheur, rythmée par des rencontres parfois cruelles, parfois émouvantes, toujours à la frontière du fantastique. Les  mésaventures du récit nous tiennent en haleine grâce aussi au style maîtrisé de l’auteur. Conjuguant brutalité et humour grinçant, il nous plonge dans l’intériorité d’un héros se débattant pour avoir le droit d’exister dans un monde qui fait tout pour le voir anéanti.

Nous suivons la lente descente aux enfers d’Albert Villeneuve, qui pense pouvoir améliorer sa condition de vie en allant vers une colonie qui lui apparaît comme un nouvel espoir. Malheureusement le rêve d’obtenir une parcelle pour cultiver du café, se transforme rapidement en cauchemar. D’abord, parce qu’il perd au cours du voyage en mer sa femme et sa petite fille. L’image de terre idéale qui permettrait à tous les hommes d’arriver à faire fortune n’est en réalité qu’un mirage et tout semble se liguer contre notre héros pour précipiter sa perte.

Un conte onirique qui plaira à celles et ceux qui veulent se laisser surprendre par une ambiance entre deux mondes.

Coup de cœur pour moi.

❤️❤️❤️❤️❤️

MU édition 

Nicolas Cartelet
Extrait
Extrait
Plantation de café
Le livre

Je suis la bête

Mot de l’editeur :

Un premier roman percutant qui nous plonge au coeur de la Sacra Corona Unità, organisation mafieuse des Pouilles, dans les pas de son chef, Domenico Trevi (dit Mimi), fou de de douleur à la suite du suicide de son fils de 15 ans. Obéissant à sa logique et à ses instincts habituels, il va chercher à se venger quand bien même il n’existe aucune Andrea Donaera développe une narration extrêmement efficace. Alternant les points de vue, il nous plonge ainsi au plus près des sentiments des personnages et parvient à créer une tension croissante, jusqu’à l’étonnant dénouement. Un texte puissant qui interroge le recours et le rapport à la violence ainsi que la part animale qui sommeille en chacun de nous.

Biographie de l’auteur :

Andrea Donaera est né à Maglie, dans les Pouilles, en 1989. Il a grandi à Gallipoli et vit désormais à Bologne. Il a étudié les sciences de la communication à l’université de Salento où il a été l’un des fondateurs du centre de recherche du PEN sur la poésie contemporaine et les nouvelles formes d’écriture. Depuis 2017, il est le directeur artistique du festival littéraire Poié à Gallipoli.

En 2019, il a publié un recueil de poésie intitulé Una Madonna che mai appare au sein d’un ouvrage collectif de poésie contemporaine. Je suis la bête traduit par Lise Caillat est son premier roman.

Notre avis :

Andrea Donaera réussit la tâche très difficile de porter un regard introspectif sur la réalité des organisations criminelles.

On pense inévitablement à Roberto Salviano.

Il y a une magie qui se crée avec les mots. Parfois, cette magie est brillante, drôle, joyeuse, incroyable parce qu’elle nous fait rire, rêver, même vouloir faire partie de ce monde raconté.

Et puis il y a une sorte de magie noire, sombre, froide et inhospitalière, viscérale et osseuse, pleine d’ombres. C’est la magie qui raconte de mauvaises choses, de celles qu’il faut tout de même connaître Une fiction qui pourrait bien décrire des faits réels.

Rythme rapide, structure multi-voix et langage qui puise quelques mots dans le Salento (traduction de l’italien par Lise Caillat) sont les principales caractéristiques de ce roman impitoyable.

Mimì, patron de la Sacra Corona Unita, est frappé par le suicide de son fils adolescent. La douleur l’anéantit, comme il est naturel. En lui, cependant, elle se canalise dans un terrible désir de vengeance. La violence, qui caractérise sa vie depuis son enfance, déborde et envahit les pages. Il détruit aussi définitivement cette lueur d’humanité que son père n’avait pas su éliminer.

À partir de là, tandis que les voix des autres personnages s’alternent pour donner corps à l’histoire, le délire de Mimì devient hurlant, grognant,

il a l’attitude d’une bête blessée. Sans pitié. «Basta» est le mot qui résume ce qu’il ressent, il a le désir de tout plonger dans un abîme total et absolu pour oublier la tache laissée par le corps inanimé de son enfant.

Atroce, cruelle et impitoyable, l’histoire évolue vers une fin sanglante, dont même les survivants sortiront anéantis

Je suis la bête est un récit sur le mal que chacun de nous peut incarner; ce mal créateur de monstres, de survivants, de victimes, de bourreaux, une affliction capable de nous faire sentir puissants ou fragiles.

Un roman beau et terrible. 

Une lecture que je vous conseille.

Sortie le 2 septembre 2020

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Cambourakis

Andrea Donaera
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Extrait
Extrait
Extrait

La Femme intérieure

Mot de l’éditeur :

Molly participe à des fouilles dans une ancienne station-service. Elle déterre un jour des objets dont la nature perturbe sa conception d’un univers logique, comme cette Bible où Dieu est au féminin. Chez elle, Molly doit affronter une situation tout aussi perturbante : son mari a dû se rendre à l’étranger pour donner un concert, la laissant seule avec leurs deux enfants en bas âge. Mais voilà qu’un soir elle entend des bruits de pas dans le salon… 

Un intrus surgit alors dans sa vie, un intrus très particulier, puisqu’il s’agit… d’elle-même ! Une Molly identique, à une différence près : cette Molly-là a perdu ses deux enfants dans un attentat sur son lieu de travail. Débordée par son rôle de mère, Molly se retrouve confrontée à une femme qui veut récupérer ses enfants à tout prix. Les deux Molly sont-elles les deux facettes d’une même femme au bord de l’effondrement, ou la trame de l’Univers s’est-elle vraiment déchirée ? Deux mères presque semblables peuvent-elles cohabiter… 

Avec ce roman palpitant, Helen Phillips réussit un tour de force : traiter le lien maternel dans ce qu’il a de plus concret tout en créant un climat haletant, ponctué de rebondissements aussi ingénieux que troublants. 

 » La Femme intérieure est un des romans les plus nécessaires de l’année : dérangeant, effroyablement lucide sur la maternité et l’amour, débordant d’inventivité.  » 

The Guardian

 » La Femme intérieure est une profonde méditation sur la nature de la réalité, un examen intrépide du statut de parent, et avant tout un thriller, d’une incroyable originalité, par une de nos écrivaines les plus douées.  » 

Emily St. John Mandel 

Biographie de l’auteur :

Helen Phillips est née en 1981 dans le Colorado. Elle vit à Brooklyn. La Femme intérieure est son premier roman publié en France. Il a été élu Meilleur livre de l’année par le New York Times et le Washington Post.

Notre avis :

La Femme intérieur de Helen Phillips est le premier titre de la nouvelle collection Vice Caché.

Mary est une paléobotaniste qui a découvert d’étranges artefacts pas tout à fait de ce monde dans une vieille station de service, y compris une Bible controversée. Les gens affluent vers la Fosse pour des visites. Cette découverte a aussi suscité pas mal de réactions haineuses. Mary est un peu nerveuse. Elle est également privée de sommeil et stressée parce qu’elle s’occupe de son fils d’un an et de sa fille de quatre ans pendant la tournée musicale de son mari lorsque un inconnu avec un masque de cerf apparaît chez elle et semble en savoir beaucoup sur son monde, le lien fragile de Mary avec la réalité commence alors à se désintégrer.

C’est vraiment un chef-d’œuvre littéraire. Je suis époustouflée et stupéfaite par sa beauté. Il n’y a absolument aucun genre dans lequel ce livre puisse être classé.

Un côté surréaliste, un regard profond sur le fait d’être parent, à la fois le haut et le bas, la joie et l’angoisse, associé aux événements hallucinants que l’autrice maitrise parfaitement, en font une lecture exquise et unique. Non seulement Helen Phillips changera votre façon de voir le monde, mais elle vous touchera en plein cœur pendant qu’elle le fera.

La traduction est de Chrisrophe Claro donc excellente.

Fortement recommandé.

❤️❤️❤️❤️❤️

Cherche Midi

Helen Phillips

Chrisrophe Claro
Extrait
Extrait

L’Enfant céleste

Mot de l’éditeur :

Sensible, rêveur, Célian ne s’épanouit pas à l’école. Sa mère Mary, à la suite d’une rupture amoureuse, décide de partir avec lui dans une île légendaire de la mer Baltique. C’est là en effet qu’à la Renaissance, Tycho Brahe – astronome dont l’étrange destinée aurait inspiré Hamlet – imagina un observatoire prodigieux depuis lequel il redessina entièrement la carte du Ciel. En parcourant les forêts et les rivages de cette île préservée où seuls le soleil et la lune semblent diviser le temps, Mary et Célian découvrent un monde sauvage au contact duquel s’effacent peu à peu leurs blessures. Porté par une écriture délicate, sensuelle, ce premier roman est une ode à la beauté du cosmos et de la nature. L’Enfant céleste évoque aussi la tendresse inconditionnelle d’une mère pour son fils, personnage d’une grande pureté qui donne toute sa lumière au roman.

Biographie de l’auteur :

Maud Simonnot, née le 11 février 1979 à Semur-en-Auxois en Bourgogne-Franche-Comté, est une éditrice et auteure française.

Après avoir obtenu un doctorat de lettres modernes, Maud Simonnot a travaillé comme attachée à la littérature pour l’Ambassade de France à Oslo. Elle est actuellement éditrice et membre du Comité de lecture des éditions Gallimard.

Notre avis :

Le premier roman de Maud Simonnot est irrésistible.

Célian ne trouve pas sa place à l’école et sa maman Mary doit se reconstruire après une rupture amoureuse.

« Un voyage de la terre aux étoiles », de Paris à l’île de Ven en Suède sur les traces de Tycho Brahe qui passionne la mère et le fils.

Je ne pouvais qu’être intriguée par le résumé de cet ouvrage ayant moi même séjourné sur l’île de Ven. Tycho Brahe est déjà bien présent à Copenhague et le planétarium qui porte son nom mérite une visite. 

L’astéroïde 1677 Tycho Brahe a été nommé en son honneur, de même un cratère lunaire et un cratère martien.

Tycho Brahé fit construire sur l’île le plus grand observatoire d’Europe : Uraniborg, tous les astronomes ses successeurs l’ont considéré comme le plus exact des observateurs dont les travaux précédèrent l’invention des lunettes, il naquit le 13 décembre 1546 en Scanie, province alors soumise au Danemark; sa famille appartenait à la plus haute noblesse du royaume. 

Dans L’Enfant céleste, la psychologie des personnages est finement décrite, le « Professeur » qui tente de décrypter et prouver les liens entre l’astronome, Shakespeare et Hamlet et les insulaires apportent beaucoup au récit.

Le lecteur accompagne ce voyage très attachant et humain à la découverte de la fabuleuse île de Ven.

Se reconstruire en regardant les étoiles dans un cadre où la nature, les animaux, les végétaux, les éléments ont un rôle essentiel.

J’ai retrouvé, tout au long de ce texte, une écriture délicate et sensible. Des chapitres très courts qui immortalisent comme un Polaroïd des instant précieux.

Un livre à garder dans sa bibliothèque, à conseiller, à relire pour le plaisir.

J’ai adoré, vous l’aurez compris.

Ne passez pas à côté.

❤️❤️❤️❤️❤️

Les Éditions de l’Observatoire

Maud Simonnot
Extrait
Extrait
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Extrait
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Île de Ven
Uraniborg
Tyco Brahe

Delicious Foods

Mot de l’éditeur :

Aucune enquête, aucun chiffre, aucun reportage ne saura nous faire prendre en haine l’esclavage contemporain comme l’image des moignons maculés de sang d’Eddie, 17 ans, conduisant sa Subaru dans la scène d’ouverture, hallucinée, de ce roman. Il vient de s’évader de la ferme Delicious Foods, exploitation géante – et pas seulement agricole -, au cœur de la Louisiane où Darlene, sa mère, a été recrutée 6 ans plus tôt, comme d’autres toxicomanes. Productrice de fruits et légumes, Delicious Foods maltraite ses ouvriers et les maintient prisonniers au cœur de la Louisiane grâce à la triple contrainte de la terreur physique, d’un endettement perpétuel à l’entreprise et d’une addiction à la drogue qui leur est continuellement fournie. Abandonné à son sort, le tout jeune Eddie fera tout pour retrouver la trace de sa mère, la rejoindre et l’aider à se libérer de ce piège. Dans ce prodigieux roman qui a valu à Hannaham tous les honneurs Outre-Atlantique (Pen/Faulkner Prize – roman), trois voix se succèdent pour raconter la spirale infernale : une mère prisonnière, un fils révolté et puis… la drogue, pour une fois présentée sous son jour le plus troublant : elle est un bateleur, un séducteur, un amant jaloux.

Biographie de l’auteur :

Né en 1968 dans le Bronx, James Hannaham a grandi à Yonkers, au temps où la ségrégation raciale sévissait encore dans les écoles de la ville. Sa mère, journaliste d’investigation, avait couvert l’affaire et les procès à la radio. Il est multicarte, polygraphe, pluritalentueux et doué d’humour (cf. sa bio sur son site) : non content d’étudier l’art à Yale, de publier des nouvelles dans diverses revues, de travailler au Village Voice, d’enseigner l’écriture au Pratt Institute de Brooklyn, et de cofonder le groupe de performance et d’art visuel Elevator Repair Service, il écrit des romans. Delicious Foods, couronné par des prix prestigieux aux USA est son deuxième après God Says No.

Notre avis :

Le roman Delicious Foods de James Hannaham est une réussite. Dans la tradition de Toni Morrison et Alice Walker, Delicious Foods est une fable profonde et sombre sur la vie afro-américaine, se déroulant principalement en Louisiane et au Texas dans un passé pas trop lointain juste avant Internet. Il dépeint de manière vivante deux formes insidieuses d’esclavage qui ont prospéré à cette époque: l’exploitation économique et le crack. Le titre fait en fait référence à une entreprise qui recherche les pauvres ivrognes noirs sans-abri et les junkies des rues de Houston et les met au travail dans une plantation isolée. 

J’ai été immédiatement, à la fois horrifiée et captivée par Delicious Foods. Captivant, puis dévastateur et inspirant. L’histoire d’Eddie et Darlene est magnifiquement et courageusement décrite.

Plus ingénieuse encore est la façon dont l’auteur personnifie le crack en tant que conscience nommée Scotty qui raconte de larges pans du livre, ce qui lui permet d’explorer un sujet – les dommages causés à une génération de Noirs américains par le développement d’une drogue de rue très addictive et accessible à bas prix. – qui passe généralement sous le radar du discours politique sur la race, l’injustice économique et le système carcéral en Amérique.

Histoire très créative, vraiment bien ficelée.

J’ai adoré chaque minute de cette lecture hautement recommandée.

❤️❤️❤️❤️❤️

Globe

Sortie le 26/08/2020

James Hannaham
Extrait
Extrait
Extrait
Pastèques
Crack

Trencadis

Mot de l’éditeur :

«Je montrerai tout. Mon coeur, mes émotions. Vert – rouge – jaune – bleu – violet. Haine -amour – rire – peur – tendresse.» 

Niki hait l’arête, la ligne droite, la symétrie. A l’inverse, l’ondulation, la courbe, le rond ont le pouvoir de déliter la moindre de ses tensions. Délayer les amertumes, délier les pliures : un langage architectural qui parlerait la langue des berceuses. Aussi vit-elle sa visite au parc Güell comme une véritable épiphanie. Tout ici la transporte, des vagues pierrées à leur miroitement singulier. Trencadis est le mot qu’elle retient : une mosaïque d’éclats de céramique et de verre. De la vieille vaisselle cassée recyclée pour faire simple. 

Si je comprends bien, se dit-elle, le trencadis est un cheminement bref de la dislocation vers la reconstruction. Concasser l’unique pour épanouir le composite. Broyer le figé pour enfanter le mouvement. Briser le quotidien pour inventer le féérique. Elle rit : ce devrait être presque un art de vie, non ? 

«J’aime l’imaginaire comme un moine peut aimer Dieu.»

Biographie de l’auteur :

Originaire de Valenciennes, Caroline Deyns est l’auteure de Tour de plume et de Perdu, le jour où nous n’avons pas dansé (Philippe Rey, 2011 et 2015). Elle est agrégée de lettres et réside à Besançon.

Notre avis :

J’ai été captivée par ce roman biographique au style très vivant et à la recherche extrêmement documentée. Cette évocation d’une artiste singulière, est très réussie. « Trencadis » éclaire de manière inédite, soignée et esthétique, me semble-t-il, la figure de Niki de Saint-Phalle ainsi que son oeuvre.

Caroline Deyns comme dans une mosaïque reconstitue les épisodes marquants du parcours personnel et professionnel de son héroïne.

L’événement qui déclenchera sa vie d’artiste est son internement en hôpital psychiatrique à la suite d’une grave dépression nerveuse survenue à l’âge de 22 ans. C’est là qu’elle commence véritablement à peindre et utilise l’Art comme moyen cathartique et de guérison. Elle concevra la création et le geste artistique comme émancipateurs.

En 1994, Niki révélera un événement traumatisant dans son livre illustré « Mon Secret » : le viol par son père lorsqu’elle avait 11 ans.

Des blessures de sa vie, Niki de Saint-Phalle tire un art coloré et lumineux, proposant la liberté et l’expression des sentiments. Ses grandes sculptures de polyester, les Nanas, sont ces symboles de la féminité et de la joie de vivre retrouvée.

Comme dans “Exercices de style” de Raymond Queneau l’envie de découvrir la nouvelle trouvaille graphique ou littéraire de l’autrice est très forte.

Le narrateur change continuellement, la présentation varie et les citations sont nombreuses avec des chapitres courts d’une efficacité et originalité saisissantes.

L’envie de visiter Le Jardin des Tarots avec ses superbes installations en Toscane sera forte après cette lecture et ses arcanes vous seront dévoilés dans le livre.

Ce texte est un hommage précieux et sensible à Niki de Saint-Phalle.

Je recommande vivement cette histoire brillante et poétique.

Un énorme coup de cœur.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Quidam Editeur 

http://ilgiardinodeitarocchi.it/

Caroline Deyns
Extrait
Niki de Saint Phalle
Tirs
Arbre-Serpents
Nanas
Le Jardin des Tarots
Conseil de lecture

Nickel Boys

Mot de l’éditeur :

Prix Pulitzer 2020

Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à coeur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l’université pour y faire de brillantes études, il voit s’évanouir ses rêves d’avenir lorsque, à la suite d’une erreur judiciaire, on l’envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s’engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Sauf qu’il s’agit en réalité d’un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d’amitié. Mais l’idéalisme de l’un et le scepticisme de l’autre auront des conséquences déchirantes.

Couronné en 2017 par le prix Pulitzer pour Underdground Railroad puis en 2020 pour Nickel Boys, Colson Whitehead s’inscrit dans la lignée des rares romanciers distingués à deux reprises par cette prestigieuse récompense, à l’instar de William Faulkner et John Updike. S’inspirant de faits réels, il continue d’explorer l’inguérissable blessure raciale de l’Amérique et donne avec ce nouveau roman saisissant une sépulture littéraire à des centaines d’innocents, victimes de l’injustice du fait de leur couleur de peau.

 « Le roman de Colson Whitehead est une lecture nécessaire. Il détaille la façon dont les lois raciales ont anéanti des existences et montre que leurs effets se font sentir encore aujourd’hui. » Barack Obama

Biographie de l’auteur :

Colson Whitehead est reconnu comme l’un des écrivains américains les plus talentueux et originaux de sa génération.  Underground Railroad, élu meilleur roman de l’année par l’ensemble de la presse américaine, a été récompensé par le National Book Award 2016 et récemment distingué par la Médaille Carnegie, dans la catégorie « Fiction ». Salué par Barack Obama, le livre connaît depuis sa parution un succès phénoménal aux états-Unis et dans le monde entier.

Notre avis :

Nickel Boys, Prix Pulitzer 2020, est un livre important.

Un roman basé sur des faits réels, les horreurs décrites sont des vérités magistralement converties en œuvre littéraire par Colson Whitehead.

Mais d’abord vient l’espoir même dans la Floride des années 1960.

Elwood Curtis attiré par les idées de Martin Luther King cherchera toutes les opportunités fragiles mais possibles pour s’émanciper grâce aux études et à la connaissance.

Sauf que ce rêve disparaîtra rapidement en acceptant un trajet dans une voiture volée.

À quelle vitesse une vie peut être changée au-delà de toute imagination.

J’ai récemment revu un film dont le titre est Pile ou face, Sliding Doors en version originale, L’histoire se scinde en deux et deux versions de l’avenir sont possibles, pour notre protagoniste à cause de ce simple choix, une seule nouvelle direction inéluctable et dangereuse se profilera.

Après la condamnation injuste pour vol, la Nickel Academy ouvrira ses portes au jeune garçon et fera découvrir au lecteur un univers où la “banalité du mal” est souveraine.

Toutes les perversions et abus y habitent.

Les personnages principaux et secondaires sont décrits avec minutie et participent à la construction du puzzle qui se compose au fil des pages.

Une “nature vivante”peinte avec adresse.

L’approche directe et presque détachée utilisée dans ce livre est remarquablement efficace pour révéler non seulement les effets directs du racisme, mais aussi les conséquences plus larges et de longue durée de la ségrégation. 

Une pensée à l’actualité de #BlackLives Matter et à la situation des prisons pour mineurs est inévitable.

“Les droits de chaque individu sont amoindris si ceux d’un seul homme sont menacés”. disait J.F.Kennedy.

Un roman très émouvant au final surprenant et inattendu. 

Un livre incontournable de la rentrée littéraire 2020.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Albin Michel 

Colson Whitehead
Extrait
Extrait
Centre d’éducation pour mineurs
Martin Luther King

Térébenthine

Mot de l’éditeur :

« Certains, ou plutôt devrais-je dire certaines, se sont étonnés du peu d’artistes femmes citées dans notre programme d’histoire de l’art. J’ai donné carte blanche aujourd’hui. Mesdemoiselles, c’est à vous !  » Quand la narratrice s’inscrit aux Beaux-Arts, au début des années 2000, la peinture est considérée comme morte. Les professeurs découragent les vocations, les galeries n’exposent plus de toiles. Devenir peintre est pourtant son rêve. Celui aussi de Luc et Lucie, avec qui elle forme un groupe quasi clandestin dans les sous-sols de l’école. Un lieu de création en marge, en rupture. Pendant ces années d’apprentissage, leur petit groupe affronte les humiliations et le mépris. L’avenir semble bouché. Mais quelque chose résiste, intensément.

Biographie de l’auteur :

Carole Fives est à la fois auteur et plasticienne, diplômée de philosophie et de l’école des Beaux-arts. Elle vit à Lille où elle enseigne dans une école d’art et de création graphique. Elle a publié plusieurs ouvrages salués par la critique : Quand nous serons heureux, prix Technikart et prix Jeunes talents Fnac, Que nos vies aient l’air d’un film parfait, prix L’usage du monde, et aux Editions Gallimard : C’est Dimanche et je n’y suis pour rien, Une femme au téléphone et Tenir jusqu’à l’aube. Elle est aussi l’auteur de livres pour la jeunesse.

En 2018, le roman Tenir jusqu’à l’aube est présent sur les listes des prix Fnac, Médicis et Wepler. Il est en cours d’adaptation pour le cinéma.

Dans Térébenthine, elle raconte le parcours de trois étudiants aux Beaux-arts. Le déclencheur de ce texte a été le suicide de son professeur de peinture aux Beaux-arts, probablement précédé d’un féminicide.

Notre avis :

Térébenthine le nouveau roman de Carole Fives, autrice que j’avais déjà apprécié dans ses ouvrages précédents, est une réflexion sur l’art et ses évolutions.

La narratrice et les autres personnages principaux Luc et Lucie sont des étudiants des Beaux-Arts de Lille, que le lecteur suit dans leurs recherches artistiques et dans les questionnements sur l’avenir et les possibilités qui pourraient s’ouvrir à eux.

Une belle observation de la psychologie humaine, agréable à lire et que j’imaginerais bien jouée en pièce de théâtre pour pouvoir “voir” les cours imaginés par l’autrice, notamment ceux de la journée carte blanche née de la demande de découvrir des artistes femmes choisies par les étudiantes. Niki de Saint Phalle, Yoko Ono et la Street artiste Miss.Tic, pionnière féminine du pochoir peuplent cette lesson pas ordinaire.

J’ai pensé en lisant ce texte, à un ami artiste qui, en donnant un cours à un jeune élève disant aimer les coulures à la Keith Herring lui proposait d’abord d’apprendre à ne pas en faire et de choisir sa voie après la maîtrise d’un « peu de technique »

L’ambiance des Beaux-arts est extrêmement bien rendue grâce à l’expérience personnelle de Carole Fives comme étudiante et enseignante.

J’ai lu les 176 pages du livre sans interruption, vraiment une belle plume et un style captivant.

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard 

Le livre sortira le 20/08/2020

Carole Fives
Extrait
Extrait
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Œuvre de Niki de Saint Phalle
Installation de Yoko Ono
Miss.Tic