Chats d’artistes / Anne Davis et Bertrand Meyer-Stabley / Bartillat 

Les félins se promènent, ronronnent et griffent dans l’histoire et dans l’histoire des arts, représentés par des grands artistes mais aussi protagonistes d’œuvres littéraires et fidèles compagnons de vie.

Victor Hugo, écrit : « Le chat est un philosophe distingué, un poète, un penseur, un fabuliste »

Aldous Huxley disait qu’avoir un chat était nécessaire pour être écrivain.

Ce beau livre des éditions Bartillat propose images et textes pour une immersion totale dans l’énigmatique monde des félins liées aux artistes et aux arts, il est  très prenant, avec une très belle écriture.

Nous trouvons beaucoup de personnages et personnalités célèbres.

Picasso et Dali, Cocteau et Paul Klee, Basquiat et Wathol, Matisse et Klimt, Monet et Léonor Fini.

C’est de cette grande dame que je vais vous parler, Léonor Fini est une artiste surréaliste que j’aime beaucoup, elle s’est également essayée à l’écriture et beaucoup de ses performances artistiques et tout dans sa vie tournent autours de celui que Léonard de Vinci définissait comme : « Le plus petit des félins qui est une œuvre d’art »

Léonor jugeait  le monde en fonction de l’amour pour les chats de ses interlocuteurs et,  dans le livre des éditions Bartillat, nous découvrons que l’artiste déplaçait ses nombreux chats avec des limousines.

Saviez-vous qu’Andy Warhol posséda jusqu’à 25 chats et que les chats ont une grande importance dans la vie de Berthe Morisot ?

J’ai découvert beaucoup de belles et douces anecdotes sur les artistes présent dans ce livre, en suivant l’ordre alphabétique choisi par les auteures, page après pages les chats nous racontent leurs humains. 

Une galerie de portraits tous intéressants et originaux.

Je vous le conseille vivement 

Et vous comme vous le demanderait, Léonor Fini: aimez vous les chats ? 

Essais de micro / HUANG KUO-CHUN / Actes Sud 

Pataphysique ! Ce livre est l’apothéose de la littérature du non-sens.

La surréel version Taïwan.

L’auteur de génie, a eu un triste destin, «Né en 1971 à Taipei, fils aîné de Hwang Chun-ming, dont Actes Sud a publié Le Gong, Huang Kuo-chun s’est suicidé en juin 2003, en laissant derrière lui cinq volumes, dont deux posthumes : trois recueils de nouvelles, un roman inachevé et le présent recueil de textes en prose.».

Ce livre publié par Actes Sud en 2009 je le découvre seulement maintenant en cherchant de mieux connaître, on pourrait carrément dire de connaître la littéraire taïwanaise.

J’irai très bientôt dans un restaurant taïwanais, Le Taipei Gourmet, et je continue de vouloir allier littérature, culture et traditions, y compris le food.

Ce livre a comme personnages des objets et des humains et il est tellement minutieux dans son étrangeté qu’il allie des détails comiques et d’autres profondément mélancoliques.

Globalement il s’agit d’une critique ouverte de la société de consommation faite en utilisant un univers fantastique et loufoque.

Mon personnage préféré est Le Micro-ondes qui parle ! 

Je vous conseille cette lecture pour une évasion couplée de réflexion qui se fera avec légèreté.

Avez vous d’autres auteurs taïwanais à me conseiller ? 

Chanson pour bercer de grands garçons / Conceição Evaristo /Éditions des femmes-Antoinette Fouque

Admirable, addictif, merveilleux, totalement crédible et réaliste.

Voici le condensé de ma pensée sur ce récit de Conceição Evaristo.

Si comme moi vous découvrez l’écrivaine je vous la raconte brièvement :

« Autodidacte, Conceição Evaristo a énormément lu tout au long de sa vie, y compris en français, et a été touchée, selon ses biographes, par des écrivains et penseurs tels qu’Aimé Césaire, Léopold Senghor, Edouard Glissant, Maryse Condé, Autrice issue des Favélas, elle représente les minorités sociales provenant des quartiers défavorisés brésiliens, mais aussi les femmes et les Noirs au Brésil, 

À ce titre et pour son talent, elle est une figure emblématique de la littérature afro-brésilienne »

Je sors de cette lecture enrichie comme seulement la littérature sait permettre de l’être.

Conceição Evaristo donne forme avec les mots  à ce qui est latent, présent mais pas forcément compris.

Ce livre matérialise des problématiques sentimentales et relationnelles importantes.

Il y a un peu chacun de nous même si les situations sont différentes de nos vies. Il y a beaucoup de femmes de la planète, du monde, dans ce livre, dans toutes les femmes représentées.

Créatrice de mondes, Conceição manipule le langage de telle manière qu’elle nous entraîne à travers l’histoire sans négliger la forme, malgré l’importance du contenu. 

Les chapitres sont courts, ce qui en fait une lecture rapide, chacun d’eux couvre une relation entre le protagoniste et une femme différente. Telle une douce chanson, l’histoire a un rythme continu et passionnant.

Conceição est titulaire d’une maîtrise, d’un doctorat obtenus avec une grande force de volonté, elle mérite toute la reconnaissance mondiale possible et plus encore.

Une autrice à découvrir absolument ! 

Dernier CRI / Yonatan Sagiv / L’Antilope

 

Yonatan Sagiv,  né en 1979 en Israël a un doctorat d’études juives de New York University, il est spécialiste de l’œuvre du prix Nobel de littérature israélien Shmuel Yosef Agnon. Il enseigne à l’université à Londres.

Du coup maintenant j’ai envie de lire l’œuvre de Shmuel Yosef Agnon, la Neverending Story d’un livre qui en appelle dix autres.

On va commencer avec Yonatan Sagiv que je découvre avec ce livre.

Un roman que Elise Lépine,  journaliste au Point a su défendre de manière fantastique sur France Culture.

Dernier cri mérite tous les éloges qu’il reçoit. 

Ce détective gay Israélien est une créature captivante. Oded Héler est intelligent drôle, mais aussi fragile et avec des multiples facettes dans sa personnalité.

Un personnage haut en couleur, entraînant pour le lecteur qui se retrouve plongé dans l’intrigue.

L’écriture est rythmée et intense. 

Ce livre est plus qu’un simple polar, il explore la société contemporaine et les voies de l’intolérance visible et invisible, l’auteur profite de l’histoire pour raconter celle d’Israel aujourd’hui.

Oded Héler a pour mission d’enquêter sur la dépression de la jeune protégée d’un riche homme d’affaires qui ne veut plus enregistrer son nouveau single, mais deux autres enquêtes sont entrelacées à la sienne, beaucoup de disparitions autour de Carine, cette adolescente qui inquiète pour son spleen.

Ce livre touche les paillettes de la jet set et la condition des travailleurs immigrés.

Nous traversons les quartiers de Tel-Aviv à la recherche de réponses.

Pour le lecteur pourtant cette recherche est porteuse d’informations mais également de questionnements sur le racisme et l’homophobie et plus en général sur les libertés individuelles.

Oded Héler est un coup de foudre pour moi, pour sa complexité, sa capacité de distanciation tout en s’impliquant avec humour dans ses découvertes et ses relations, en font un personnage très attachant.

J’ai terminé la lecture en sachant que je pourrai retrouver mon détective dans deux opus précédents, de la même série ! 

Je l’ai dit Neverending Story celle des amoureux de livres ! 

Un livre bien écrit, drôle et percutant à lire et offrir étant sûrs du succès de la lecture.

Intimités / Perla Servan-Schreiber /LA MARTINIÈRE

Intimités est un livre puzzle, un miscellanéus de récits, poésies, citations, comme par exemple page 70 «Merci de ses heures d’hier qui resteront plantées dans mon souvenir pour y refleurir souvent » Rainer Maria Rilke ou page 90 « La poésie est cette musique que tout homme porte en soi.» de William Shakespeare. Mais il y a aussi du Borges, du Barbara du Cocteau et bien d’autres pour parler des pièces de puzzle citations qui composent ce livre.

Les pages alternent les formes et les genres de texte toujours avec grâce et soin.

Toutes les émotions qui font de nous des êtres vivants sont représentés et décrites et sinon, il y a la mort aussi,

Peut-on parler du vivant, sans s’approcher de la fin, de ce mystère qui rend important la vie.

L’autrice parle du matériel et de l’immatériel, des sentiments et des sensations.

Ce livre est un bonheur à lire, Perla Servan-Schreiber exprime une force qui nous contamine vite et nous en sommes heureux,

Belle écriture, forme particulière et agréable, tout compose la mosaïque, la toile des intimités.

À lire absolument 

Sur la mode / Walter Benjamin / Payot petite bibliothèque philosophie

L

es pages de ce petit livre sont extraites du monumental et inachevé ensemble de textes relatifs au grand projet des passages parisiens, inédits à la mort de Benjamin, sont désormais édités et publiés, depuis les premières esquisses jusqu’aux manuscrits tardivement retrouvés.

Pendant son exil parisien, l’éclectique philosophe que j’admire tant, participa à la vie parisienne et posa son regard sur le monde de la mode.

L’idée de Benjamin sur la mode s’articule autour de l’idée d’un concept hiératique de la matière, une sorte de chic hard-edge avant la lettre. Les points de vue de la critique Helen Grund et de Benjamin correspondent à des positions dans la couture des époques présentes ou récentes : la légèreté fluide des créations néoclassiques de Madeleine Vionnet et les alignements pleins d’esprit des robes et des objets dans la couture d’Elsa Schiaparelli. 

Benjamin parle de la femme et du sport, mais aussi de la mode comme industrie et des femmes comme clientèle.

La mode et le monde séduisent Walter Benjamin, pour ses nouveautés constantes qui « donnent le ton » et pour la recherche de la beauté et de la perfection.

Ici on parle de crinoline mais aussi d’Apollinaire et de surréalisme.

Last but not least la mode pour notre auteur est politique. La mode est soumission ou est liberté.

C’est drôle, je l’avoue que de lire Benjamin écrire sur les plumes qui ornaient les chapeaux et les souliers et passer au texte suivant à une réflexion sur la mode comme symbole et témoin de l’histoire.

Ces quelques pages de fragments rendues aux lecteurs, dans cette édition, sont un baume parfumé pour soigner la curiosité et l’intellect.

Un médicament contre la couleur grise qui règne dans notre époque sans mémoire.

Lisez, Lisez ce livre, lisez Walter Benjamin 

La Corse Mythes fondateurs et imaginaire national (XIXe – XXe siècles) / Pietrera Ange-Toussaint / Albiana

L’Histoire de la Corse vue avec le prisme des mythes et de l’imaginaire ! 

Intriguant pour l’amatrice d’histoire et de la Corse que je suis.

Ce livre est une mine d’informations et de découvertes.

Un parcours qui se fait avec des peintures, des œuvres littéraires, des coutumes locales et avec la capacité de l’auteur de nous transporter en Corse, l’île du passé qui explique celle du présent.

C’est vraiment intéressant de découvrir « les moeurs corses » au travers ses images et peintures.

Nous voyons « La vendetta » décrite et représentée et l’auteur nous parle de l’histoire publique et privée de la Corse.

Un paysage se construit petit à petit avec des descriptions minutieuses des actes du passé.

J’ai lu plusieurs livres à la fois.

J’ai particulièrement aimé la partie du livre dédiée à la naissance et l’affirmation du « Héros » et celle sur la Langue Corse qui m’a appris bien de choses.

L’impression est celle de lire plusieurs romans historiques bien écrits et illustrés.

Je vous conseille vivement cette lecture 

Jim Crow Le terrorisme de caste en Amérique. / Loïc Wacquant / Raisons d’agir.

Dans son nouvel ouvrage, le sociologue Loïc Wacquant s’est intéressé de près aux structures sociales du régime ségrégationniste en vigueur dans le sud des États-Unis jusqu’aux années 1960, afin de faire émerger un cadre d’analyse plus large sur la domination raciale dans le monde

Je suis arrivée aux écrits de l’auteur en lisant ceux communs avec Bourdieu, j’ai lu Les prisons de la misère et maintenant Jim Crow Le terrorisme de caste en Amérique.

L’écriture du sociologue est toujours passionante et sait faire d’une étude sociologique et anthropologique un livre et faire naître des données, une enquête historique, un questionnement.

Loïc Wacquant nous explique la théorie de la goutte de sang: convention qui stipule que si un individu possède la moindre trace d’ascendance noire repérable, il (ou elle) est noir(e).

Il faut que l’ennemi ait une goutte de sang différent que le mien, en somme.

Le lire fait réfléchir la nécessité de clamer la différence pour justifier la haine et pour affirmer la suprématie.

Cette analyse appliquée à d’autres dominations se voulant totalitaires pourrait aussi bien, être utile, à mon avis.

Le BookClub de France a rencontré Loïc Wacquant le 25/06/2024

Je lui ai posé une question :

« Parcourir vos pages m’a permis d’affirmer des connaissances et d’en savoir plus sur Jim Crow mais avec vos descriptions de la brutalité que les actions de mépris ordinaire savent avoir, mon regard s’est fixé sur la déshumanisation que le dominant fait du dominé.

Loïc Wacquant, vous excellez dans l’art de la divulgation alors je vous interroge, comment faire prendre conscience aux générations présentes toutes goutes de sang confondues de votre concept de « terrorisme de caste » qui me paraît bénéfique pour éclairer les possibles de l’histoire ? »

Je remercie Marie Richeux & Alexandre Alajbegovic de la possibilité de parler d’un livre peu commun.

Pour la réponse, très intéressante, il faut écouter le podcast du BookClub de France Culture 


La Couleur des choses / Martin Panchaud / Ça et Là

La BD « La couleur des choses » de Martin Panchaud, paru aux éditions çà et là, a remporté le Fauve d’or du Festival International de la BD d’Angoulême.

Maintenant je sais pourquoi.

Il s’agit d’un album qui est un objet éditorial à part. Une histoire multi genre : Roman initiatique , Young Adult, Polar…

Un dessin un peu Calder un peu Mondrian est surtout vieux jeu vidéo tout plat.

Les graphismes m’ont aussi fait penser à un Tarot : L’ ORACLE DE LA BIBLE – MARION ET ROBERT EINBECK qui utilise également les formes unidimensionnelles et les couleurs comme langage 

Les personnages sont des points colorés, à nous de les imaginer, de le dessiner et visualiser.

l’action est presque systématiquement vue de haut, sans perspective, le choix chromatique est aussi original.

C’est l’histoire de Simon Hope, un jeune garçon anglais de 14 ans qui vit avec des parents qui ne s’entendent plus et se fait dominer par ses camarades, et un jour, il va voir une voyante qui lui donne des conseils pour gagner aux courses. Pari fait, il gagne 16 millions de livres. Il court chez lui pour récupérer cet argent qui va tout changer, mais c’est pour y faire une terrible découverte. 

Une mère dans le coma et un père dans la nature empêchent Simon de percevoir son gain au Royal Ascot.

il a cette histoire de baleine bleue qui a l’air absurde mais qui trouve toute sa place et sa signification dans un final excellent. J’ai adoré cette partie du roman graphique.

Il y a le changement et la quête de Simon qui sont très prenants.

Il y a l’hyper réalisme de certains objets/dessins.

Tout ça propose au lecteur une expérience de lecture immersive et originale pleine de rebondissements, de lignes de cercles et de couleurs,

Martin Panchaud réussit à faire vivre ses personnages avec ses mots et ses graphismes.

Deux langages impriment les pages de cet ouvrage exceptionnel et déconcertant de premier abord.

J’ai adoré et j’espère partager vite vos sensations et émotions de regard et de lecture de ce livre

Little Book of Vivienne Westwood – L’histoire d’une créatrice de légende / Glenys Johnson / Place des Victoires

Grande icône de la mode et mon héroïne «  à moi » aussi.

Je l’ai rencontrée et j’ai échangé avec elle plusieurs fois, elle a changé la mode et nous voulions toutes les deux changer le monde.

J’ai adoré lire le livre de cette collection dédiée aux créateurs de mode sur la vie de cette artiste de la couture et de la culture, anglaise. 

Made in Uk mais profonde européenne toujours libre, toujours prête à éblouir.

Avant gardiste et architecte de l’ère punk des années 1970.

Vivienne Westwood est connue pour son extravagance mais aussi pour ses combats :

En septembre 2015, Vivienne Westwood, avec plusieurs militants manifeste, debout sur un blindé, devant la maison de campagne de David Cameron contre sa politique sur le gaz de schiste.

Le 21 juillet 2020, vêtue d’un tailleur jaune et enfermée dans une cage géante, elle proteste contre le projet d’extradition de Julian Assange, détenu par les autorités britanniques.

Elle a été formidable avec moi, lors de mon intense rééducation à l’hôpital et je ne l’oublierai jamais.

Même en fauteuil roulant on peut rouler en mode Westwood. 

Vivienne créait des talons vertigineux et des belles baskets, parfois en collaboration avec Vans ou Asics.

Toutes originales, toutes merveilleuses à porter.

Ses chaussures sont celles de mon premier pas après le Coma, en rééducation avec mon kiné.

Les éditions Place des Victoires proposent en français la célèbre collection Little Book of, j’en ai quelques-uns en anglais et j’ai hâte de découvrir les autres.

La plupart des grands créateurs et Maisons célèbres ont un petit livre consacré à leur histoire, vous trouverez certainement le premier à découvrir. L’envie de les collectionner tous arrive vite.

Le Little Book of Vivienne Westwood est vraiment bien fait et retrace une histoire personnelle et professionnel avec une tonalité efficace et prenante.

Un livre qui se lit bien, dans un format parfait et des excellentes illustrations qui complètent l’œuvre.

Je vous le conseille.

#teamviviennewestwood 

#bookstagram