
J’ai rencontré Olivia Gesbert à la Maison de la Poésie, juste avant le Book Club de la NRF que la revue y organise régulièrement.
Ce soir-là, la poésie était à l’honneur, comme elle l’est aussi dans le numéro 664 de La Nouvelle Revue française, paru récemment sous le titre Dix poèmes pour un monde nouveau. La rencontre, animée par Olivia Gesbert, rassemblait plusieurs voix de la revue autour des livres, des poètes et de cette manière très vivante de faire circuler la littérature hors des pages.
J’ai adoré faire lire à Olivia une partie du poème de Karine Tuil. Pendant quelques instants, j’avais l’impression d’entendre la poésie à la radio.
Olivia Gesbert est journaliste. Passée par Sciences Po Paris, elle a longtemps porté sur France Culture une parole ouverte et exigeante à travers La Grande Table et d’autres émissions. J’aimais aussi beaucoup le segment Book Club animé par Nicolas Herbeaux. Depuis septembre 2023, elle est rédactrice en chef de la NRF.
Ce passage de la radio à la revue n’a rien d’un simple changement de décor. On retrouve dans la NRF dirigée par Olivia Gesbert ce même soin accordé aux voix, aux formes, aux œuvres qui comptent et à celles qui arrivent. Fondée en 1908, la revue a accompagné des générations d’écrivain·es, de critiques et de lecteur·ices. Mais ce qui frappe aujourd’hui, c’est moins son prestige que son mouvement. La NRF ne se contente pas d’hériter. Elle questionne, elle écoute, elle transmet.
C’est sans doute cela qui me touche le plus. L’idée qu’une revue littéraire puisse encore être un lieu de passage, de découverte, de transmission vivante. Dans un moment où tant de choses se dispersent, elle rappelle que la littérature peut encore offrir une attention profonde et une curiosité partagée.
La NRF demeure exigeante sans se refermer, moderne sans céder à la facilité, intéressante sans devenir intimidante. Accessible, surtout, à toustes celles et ceux qui veulent lire non par devoir, mais par désir.
Alors oui, il faut se l’approprier. La lire, s’y abonner, la faire circuler. Parce qu’une grande revue n’est jamais un monument immobile. C’est une conversation qui continue.