Frankenstein 1918


L’année 2018 marque le bicentenaire de la parution du roman : Frankenstein, ou le Prométhée moderne. Les trois volumes sans nom d’auteur, avec préface tout aussi anonyme, paraissent à Londres le 11 mars 1818. Ils sont publiés par un éditeur spécialisé dans les ouvrages populaires et ésotériques.

Cette année nous a déjà offert un film sur la vie de l’auteure du Prométhée moderne, des coffrets avec les Frankenstein de 1931 avec Boris Karloff et 1994 avec De Niro, un Dictionnaire de Frankenstein de Claude Aziza et une superbe biographie de Mary Shelley écrite par Cathy Bernheim.

Frankenstein 1918 est le livre parfait pour continuer ce fantastique hommage à Mary Shelley, cette uchronie qui nous propose une réalité alternative à partir de la première guerre mondiale sort de l’ordinaire, ce récit est captivant et plein de surprises.
Le premier non-né viable sera appelé Victor et son parcours deviendra le fil conducteur de ce roman qui se lit avec grand plaisir page après page.
Une évolution plus qu’intéressante de Victor et une chute en enfer de Churchill.
Johan Heliot nous conduira aussi en 1958 avec les deux jeunes historiens qui verront leur vie bouleversée par la découverte d’une partie des écrits concernant les non-nés.
Ma partie préférée du roman et celle de la rencontre avec Victor et du récit de « son histoire » avec la famille Currie.
Winston Churchill ( le vrai ) disait :
“La grande leçon de la vie, c’est que parfois, ce sont les fous qui ont raison.”
Difficile aussi de définir avec certitude qui sont les fous dans ce livre qu’il faut absolument lire.
Les éditions L’Atlalante sont une valeur sure pour moi et suis ravie de la découverte de ce bel ouvrage, un grand merci !

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L’Atalante

Mot de l’éditeur :

Grande Guerre, 1914. Après un premier engagement désastreux, les Anglais décident l’opération Frankenstein : plutôt que de construire des chars, on créera de la chair à canon.
À partir des archives du fameux docteur et grâce à la production d’électricité à présent industrialisée, des unités de soldats pouvant être sacrifiés sans remords seront fabriquées – les champs de bataille du nord de la France fourniront la « matière première ». Winston Churchill est nommé responsable de l’unité de recherche sur la régénération.
Les « frankies » vont faire leurs preuves sur le terrain, mais la société se partage entre pro et anti. L’opération finalement interrompue, l’un d’eux, Victor, échappe au massacre puis est secouru par Marie Curie qui le rend à la vie consciente grâce aux radiations.
Réfugié dans les décombres de Londres, qui a été détruite et rendue inhabitable par un bombardement à l’arme chimique, Victor retrouve le laboratoire où il est né, y recueille Churchill et engage un combat pour l’émancipation des siens. C’est là qu’un jeune couple, elle, résistante à l’occupation, lui, historien, finit par le retrouver en 1958, dans l’espoir de lever le voile sur ce versant secret de l’Histoire que la censure en vigueur ne suffit pas à expliquer.

Johan Heliot entrecroise, tel un tisseur, des récits de Winston Churchill tirés de ses Mémoires secrets, les témoignages d’une Marie Curie désabusée par la folie des hommes, et le journal intime du personnage principal, Victor. Se dessine alors, au fil de la lecture, un panorama fascinant des conséquences d’une Grande Guerre qui n’aurait pas pris fin en 1918, dont le cœur est un hommage à Mary Shelley et sa fameuse créature.

J’ai eu le privilège et le malheur de vivre, mourir et puis renaître dans les premières décennies d’un siècle fou, autant créateur que dévastateur. Longtemps, j’ai hésité à témoigner. Ajouter ma voix à la cacophonie du monde me semblait vain. Mais je nourris aujourd’hui l’espoir de donner aux hommes d’après-demain une leçon profitable, si toutefois il advient suffisamment de nouvelles générations pour habiter l’avenir.
Manuscrit de Victor, premier des non-nés.

Une nuit avec Jean Seberg

Marie Charrel brillante journaliste et auteure talentueuse nous a déjà conquis avec ses précédents livres.

Personnellement j’apprécie cette écrivaine pour sa plume mais aussi pour sa personnalité et ses convictions.

Ce nouveau roman était pour moi attendu.

« Une nuit avec Jean Seberg » va au-delà de toutes mes attentes, c’est une perle rare.

Une fiction certes mais tellement bien documentée et captivante que la plongée dans l’histoire est totale, impossible d’en émerger.

Elisabeth et les quatre générations de sa famille sont le portrait d’un siècle, le portrait « des possibles ».

Marie Charrel nous fait voyager dans le temps, les époques changent mais le lecteur n’est jamais perdu, tout a un sens, tout se tient.

Lisa est métisse: son arbre généalogique inclus des origines algériennes par sa mère et afro-américaines par son père.

Après les bouleversants événements du 8 février 1962 à Paris et la mort de son jeune ami Daniel ( Inspiré par Daniel Fay militant communiste mort à 16 ans lors de la dramatique manifestation qui est décrite dans le livre ) une rage immense commence a envahir la jeune fille.

J’ai pensé en lisant cette partie du livre à la chanson italienne de Francesco Guccini La locomotive : « …peut être une rage ancienne, générations sans nom qui crièrent vengeance et lui aveuglèrent le cœur, il oublia la bonté et égara sa pitié … ».

Notre Elisabeth vivra dans cet ouvrage beaucoup d’épreuves dans ses années de jeunesse quand la force de l’âge se confond avec les certitudes et sera troublée et changée par sa rencontre avec Jean Seberg en 1970.

Un corps plus fragile mais toujours une force d’esprit hors du commun, elle est prête, quand son petit-fils Alexandre disparaît, à replonger dans le passé pour réparer le présent.

Elle s’éveille comme Paris ( magistrale description du Paris nocturne et matinal page 108 du livre qui fait écho à la chanson « Paris s’éveille » de Jacques Dutronc ).

J’ai eu, jeune étudiante, la chance de rencontrer Ethel Kennedy, femme de Bob Kennedy qui venait parler d’une biographie dédié à RFK «  Le rêve brisé ». Elle nous a expliqué que très souvent images du passé et événements du présent lui semblaient se superposer tout comme pour Elisabeth qui rue Charonne ne peut que se revoir à 15 ans lors de sa première participation à une manifestation. Ethel a continué le combat de Robert contre la peine de mort et soutenu Barack Obama. 

Paul Beatty auteur afro-américain vainqueur du Man Booker Prize en 2016 écrit dans Moi contre les États-Unis d’Amérique : « C’est le problème avec l’histoire, on se plaît à penser que c’est un livre – qu’on peut tourner cette page qui nous hante et passer à autre chose. Mais l’histoire n’est pas le papier sur lesquel on l’imprime. L’histoire c’est la mémoire, le temps, les émotions, une chanson. L’histoire c’est ce qui te colle à la peau ».

Son amie Jean, la confidente de quelques nuits, colle à la peau d’Elisabeth et l’accompagnera tendrement tout au long de sa vie.

J. est engagée politiquement mais sa fragilité la conduira dans une inexorable descente aux enfers.

Romain Gary le plus connus de ses époux et figure essentielle dans sa vie ne la sauvera pas, beaucoup profiterons de la belle actrice.

L’humanité qui vit toujours dans la peur de l’autre dans la crainte de la différence est aussi un fil conducteur de ce récit : éradiquer la bêtise n’est pas chose simple.

Le final que la plume de Marie Charrel nous offre est sublime mais évidemment je vous laisse le découvrir.

Une note de l’auteure nous propose des idées d’approfondissement sur les sujets traités et cela peut être un moyen d’aller plus loin avec, comme le ferait Elisabeth, une pensée pour J.

« Une nuit avec Jean Seberg » sortira le 20 septembre et je vous le conseille vivement, c’est un énorme coup de cœur.

Les madeleines après cette lecture ne vous feront plus penser uniquement à Proust.

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Fleuve 

Merci à Marie Charrel pour cette belle dédicace et à l’éditeur Fleuve pour ce livre incroyable.

 

Isidore et les autres

Camille Bordas nous propose un tourbillonnant récit qui décrit la vie d’Isidore, âgé de 11 ans et cadet d’une fratrie de surdouées et surdoués.

Avec une façon d’écrire adaptée à l’âge mais aussi au milieu du protagoniste-narrateur ce livre est aussi attachant que profond, léger uniquement dans la forme.

Tout commence comme dans un ruisseau qui nous transporte avec douceur dans le fleuve pas si tranquille des interrogations de toute une famille.

C’est un crescendo qui accompagne deux années de la vie d’Isidore et des autres.

Une mystérieuse tache sur le canapé, Denise, Daphné doyenne de France, le Boucher, Rose, l’allemand, les livres, le Président, internet… : Tellement de choses qui nous font sourire, réfléchir, grandir.

Cette lecture évolue tout au long des pages, fait avancer le lecteur en citant Alexandra David-Néel « Sans peine et sans effort ».

Pour donner une idée que nous pouvons trouver dans cet ouvrage : l’amie suicidaire d’Isidore raconte, au moment de la mort de sa grand-mère, que sa mamie se sachant malade ne voulait pas commencer de nouveaux livres de peur de mourir avant d’en connaître la fin et donc elle ne relisait que les livres qu’elle avait aimé.

J’ai trouvé ça magnifique.

Isidore n’a pas sauté de classes alors que sa sœur Simone, à peine plus âgée que lui, se retrouvera vite en prépa à Paris rêvant d’intégrer l’ENS mais c’est bien ce petit garçon explorant la vie qui ouvrira par ses questions un dialogue avec une famille qui était anesthésié et avait bien besoin d’un autre point de vue surtout face aux difficultés bien réelles auxquelles la vie nous confronte.

Notre jeune protagoniste aime s’imaginer personnage des films qu’il aprecie et pour ce livre j’aurais adoré faire pareil et prolonger encore un peu l’histoire d’Isidore et de tous les autres car s’en détacher et se dire que c’est THE END est bien difficile.

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Inculte

Rosa la rouge

Rosa la rouge est un roman graphique d’une rare intensité.

Tout est dû à son auteure Kate Evans, brillante «cartoonist» britannique qui a, par ailleurs, publié une bande dessinée sur Calais et les migrants pour le moment disponible uniquement en anglais chez Verso Books            (  https://www.cartoonkate.co.uk/threads-from-the-refugee-crisis/ ).

Mais revenons à Rosa la rouge, le format choisi par l’éditeur français est légèrement plus petit que le la version Uk mais reste bien lisible et permet de le transporter aisément car, j’en suis sure, cet objet littéraire non identifié vous allez l’aimer.

Il s’agit bien d’une biographie de Rosa Luxembourg qui retrace sa vie de femme, sa volonté de pouvoir s’exprimer et exister, la relation avec ses parents, les peurs et la rencontre avec l’histoire.

Les graphismes sont magnifiques et la BD est accompagnée d’une postface qui permettra de situer encore mieux Rosa Luxembourg et éventuellement choisir des livres en complément.

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Éditions Amsterdam 

Être Clown en 99 leçons


En cherchant de la lecture, un titre a frappé mon regard « Être Clown en 99 leçons » de Fabrice Hadjadj. Contrairement à ses semblables, ce livre venait providentiellement s’adresser à moi et semblait signifier « tu es prêt ». Un peu comme le dirait un manuel sur la puberté à un adolescent découvrant progressivement les nouvelles facultés de son corps. Mais ici il n’est pas question d’un changement corporel, mais d’acceptation d’une partie de notre identité. Celle qui est cause du dépit de notre regard introspectif, celle que l’on cherche désespérément à cacher sous la montagne du déni : notre « part risible et pitoyable » et qui fait rire au delà de tout savoir faire simplement par son être. Contrairement à ce que nous laisse penser le titre, ce n’est pas un code à suivre afin de devenir un clown ; c’est un guide entre notre conscience et notre identité cachée. Et il fera rire ! Comme il l’a fait pour moi ; ou pleurer… je ne sais plus… car telle est la réalité complexe de son objet, un pathétique rigolo. Si donc vous avez atteint l’état où votre désespoir enfoui appelle à l’aide pour savoir s’il a le droit d’être aidé et que vous avez sublimez vos crises existentielles en source de rire, ce livre est la prochaine étape de votre (dé)construction personnelle.

By B.

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La Bibliothèque

Rentrée Littéraire 2 coups de cœur chez Éditions P.O.L.

Chez les Éditions P.O.L. voici les deux titres que nous avons particulièrement aprecié. Ils sortiront le 23 août.

La robe blanche de Nathalie Léger

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Un livre extraordinaire, le récit d’une quête pour comprendre l’histoire de Giuseppina Pasqualino alias Pippa Bacca qui voulait apporter l’espoir avec sa robe blanche spécialement conçue pour son projet « brides on tour » mais une quête aussi pour libérer du poids d’un divorce subi la mère de la narratrice.

L’histoire de l’artiste italienne engagée contre toutes les guerres, violée et assassinée en Turquie est dévoilée de façon très délicate et respectueuse la vie d’une idéaliste morte tout juste il y a 10 ans. Une belle façon de ne pas l’oublier. J’ai adoré ce livre.

 

Une campagne de Frédéric Valabrègue

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Un autre livre à conseiller pour cette rentrée, il nous plonge dans la vie et la campagne électorale d’un petit village du sud de la France.

La construction des personnages, leur complexité et la manière de traiter l’inexorable dégénération des relations des deux camps de cette « campagne » sont les points forts de la narration.

Paranoïa La folie qui fait l’histoire

Luigi Zoja a écrit un livre ambitieux et très prenant qui ne laissera pas le lecteur indifférent.

L’auteur essaye d’articuler une théorie psychologique en parcourant notre histoire sous le signe de la paranoïa ; il trace une phénoménologie détaillée de l’esprit paranoïaque qui agit comme une grille dans laquelle les événements et personnages historiques des différentes époques (de la conquête des Amériques, l’histoire des États-Unis, les nationalismes du XIXe siècle, les deux guerres mondiales, Hitler, Staline, la tension entre les superpuissances, jusqu’à la scène mondiale de nos jours) se placent.

Le pont entre l’esprit et l’histoire est garanti par la nature particulière de la paranoïa qui s’installe dans l’individu et grandi une fois qu’elle a mis ses racines. Elle devient facilement une infection collective…

Deux couples de personnages mythologiques et littéraires ouvrent et ferment le livre : Athéna et Ajax, Iago et Otello. Ce choix veut montrer que la paranoïa, à son origine est toujours une voix qui atteint un individu, seul, dans un espace clos (la tente d’Ajax, le palais d’Otello) et le met sur la voie du délire.

Ce livre bien écrit et bien traduit, avec une introduction écrite spécifiquuement pour la version française, merite toute notre attention.

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Les Belles Lettres

Mary Shelley : Au-delà de Frankenstein

Cathy Bernheim

Traductrice-adaptatrice de documents, biographies et autobiographies, Cathy Bernheim a notamment traduit l’Autobiographie d’Angela Davis (Albin Michel, 1975) et L’Épopée d’une anarchiste d’Emma Goldman (avec Annette Lévy-Willard, Hachette, 1979 et Complexe, 1986).

Elle a participé à la rédaction et l’adaptation de nombreux ouvrages collectifs, dont : Le livre de l’oppression des femmes (Belfond, 1972), Les femmes s’entêtent (Gallimard, coll. Idées, 1975) et Notre corps, nous-mêmes (Albin Michel, 1978).

Elle a participé à la création de la rubrique du « Sexisme ordinaire », créée avec Simone de Beauvoir pour les Temps Modernes entre 1974 et 1981, dont un recueil est paru à mi-parcours : Le Sexisme ordinaire (Seuil, 1978).

Cathy Bernheim est l’auteur de Perturbation, ma soeur (Seuil, 1983), où elle relate les deux premières années du Mouvement de libération des femmes (MLF), pour lequel elle s’est notamment retrouvée parmi les neuf rigolotes qui ont déployé une banderole « à la femme inconnue du soldat inconnu » sous l’Arc de Triomphe, le 26 août 1970, en guise d’acte de naissance de leur mouvement.

On lui doit aussi une version « au féminin » de Frankenstein : Cobaye Baby (La Manufacture, 1987) ainsi que la biographie de l’auteur de Frankenstein : Mary Shelley (La Manufacture, coll. Qui êtes-vous?, 1987) et Mary Shelley –La jeune fille et le monstre (Le Félin, 1997). Des biographies de Valentine Hugo (Presses de la Renaissance, 1989) et Picabia (Le Félin, 1995). Et des romans pour la jeunesse parus dans la collection Page Blanche de Gallimard, puis à l’École des Loisirs.

Elle a récemment publié un essai sur l’enfance intitulé Dors, ange amer (Seuil, 2005) et travaille actuellement sur la biographie d’un de ses ancêtres.

Prochain ouvrage à paraître : Mary Shelley. Au-delà de Frankenstein (Éditions du Félin, 21 juin 2018).

Notre avis :

Mary Shelley : Au-delà de Frankenstein est un texte qui sort de l’ordinaire, une biographie certes et tellement bien écrite qui se lit comme un roman, mais aussi un essai sur une époque, celle de Mary qui se transforme en traité sur notre époque et en véritable étude sur la psychologie de l’homme au fil des siècles.

Il s’agit d’un livre matriochkas, (poupées russes) chaque fois que j’ai essayé de le définir j’ai trouvé un autre angle possible.

Érudit tout en étant accessible l’ouvrage de Cathy Bernheim est une merveille.

Une première partie plus axée biographie vous plongera dans la vie de Mary Shelley en donnant les clés des événements qui ont conduit à la genèse du livre qui fête cette année les 200 ans de sa première publication. J’ai aussi trouvé remarquable l’analyse de Frankenstein faite par l’auteure.

Dulcis in fundo, après quelques lignes déjà présentes dans le livre sur la IA, les derniers chapitres abordent les thématiques de l’homme nouveau, de l’intelligence artificielle et du transhumanisme de façon magistrale.

La lecture de Frankenstein est dans les bibliographies de plusieurs cours de philosophie sur le transhumanisme et le livre de Bernheim pourrait être un complément précieux.

Je vous conseille aussi une très belle pièce de théâtre « Mademoiselle Frankenstein » que j’espère sera de nouveau en scène prochainement.

En attendant lisez et relisez Frankenstein et courrez acheter Mary Shelley : Au-delà de Frankenstein, vous allez l’adorer.

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Éditions du félin 

Madame Einstein

Madame Einstein est un roman que j’ai aimé tout de suite: style narratif impeccable et personnages qui laissent leur empreinte. Il ne faut que quelques lignes pour se retrouver immergée dans l’atmosphère de l’epoque, quand il était presque impensable que les femmes soient admises à l’université, un environnement qui avait toujours été réservé aux hommes.

Mileva Marić, jeune et intelligente Slave, est admise à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich et commence à partir de là une vie différente et inattendue.

Le début n’est pas facile, surtout parce que Mileva est déterminée à obtenir son diplôme et à approfondir ses études dans sa grande passion: la physique. Dans sa vie, il n’y a pas de place pour les amis ou, pire, pour l’amour. Malgré sa grande ambition Mileva est encore une jeune femme et il sera inévitable qu’elle s’implique avec les gens autour d’elle. En particulier, la protagoniste sera fascinée par un collègue de l’université, tel M. Einstein, reconnaissable à ses cheveux désordonnés et à son regard toujours attentif, souvent amusé. Einstein est le seul à considérer Mileva, lentement la relation entre eux grandit et change, devenant une histoire d’amour belle et intense .

L’auteure a su rendre justice à la femme qui a contribué à faire d’Einstein le mythe que nous connaissons tous. 

Vraiment appréciable l’importance que Marie Benedict a su attribuer au rôle des femmes dans la société de la fin du XIXe / début du XXe siècle: le cadre historique, politique et social de l’époque, tout est décrit de manière très précise et documentée.

Livre promu donc avec 5 étoiles.

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Presse de La Cité

Le livre des monstres

Le livre des monstres est finalement traduit en français, nous pouvions lire La Synagogue des iconoclastes du même auteur (disponible chez Gallimard) mais pas ce petit ouvrage.

L’arbre vengeur à mis fin à cette injustice publiant un bijou littéraire de beauté rare et amère né dans le climat d’expérimentation narrative qui caractérise une certaine frange de la littérature italienne des années soixante-dix. Publié en Italie en novembre 1978, la même année de la mort de son auteur, le livre se présente comme une collection de courts textes dans lesquels des personnages aux noms improbables – Erbo Meglio, Ugo Panda et Olimpiero Fraglie, pour n’en citer que quelques uns – prennent corps et vie, regardant fixement dans l’esprit du lecteur comme un diagramme d’images, d’idées déformées qui pourtant décrivent si bien la condition humaine.

J’adore la couverture avec un petit miroir qui fait réfléchir…

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L’ARBRE VENGEUR