Arythmies

Mot de l’éditeur :

Jean embrasse Emma…du regard. Il embrasse les contours de son corps voilé d’une légère robe noire. « Et un rire… » Et si cette légende japonaise prédisait une vérité ? Sommes-nous liés au destin d’une seule personne à notre naissance ? Pouvons-nous ignorer ce fil rouge tissé de nos coeurs à nos doigts ? De nos doigts à nos coeurs ? La vie, souvent moqueuse, rétablit un équilibre en empêchant deux êtres de se retrouver. Nous sommes les instruments de sa volonté. Parfois…

Biographie de l’auteur :

Laetitia Cavagni, poétesse et auteure de talent, d’une sensibilité rare et d’un réalisme à l’épreuve du feu, signe ici son premier roman dans la collection Magnitudes. Chroniqueuse de nos amours, rimeuse de nos bonheurs et de nos peurs, son texte poursuit une histoire qu’elle écrit depuis des années. Celle d’Emma et Jean Et celle aussi d’autres gens. Un texte rare pour une écriture rare qui vous portera au loin. À lire pour le plaisir.

Notre avis :

Ce roman est un vrai bijou de sensualité, il  brille par son raffinement, son vocabulaire riche, son humour dans les descriptions des femmes et des hommes qui vivent dans les pages d’ “ Arythmies ”

L’ écriture est élégante, jamais lourde ni pompeuse, ni précieuse, mais d’une finesse et d’une élégance sculptée avec grâce.

Selon la légende japonaise du fil rouge, le petit doigt n’est pas l’endroit où se termine la connexion vitale avec le cœur . Car un fil rouge invisible se déroule du petit doigt, qui porte la marque de l’âme et nous connecte de façon définitive et profonde avec les fils des autres personnes, c’est-à-dire avec leurs cœurs. Ceux qui sont reliés par un fil rouge sont unis par la force de la vie elle-même ; ils sont destinés à se rencontrer et à vivre une histoire d’apprentissage mutuel, qu’importe le temps, la distance ou les événements qui les séparent. Au cours de la vie, le fil peut s’étendre ou s’emmêler, en nous éloignant temporairement de telle ou telle personne, mais jamais il ne peut se briser.

Le roman de Laetitia Cavagni suit la trajectoire des fils rouges de ses personnages, un texte envoûtant sur l’amour et la passion.

L’autrice poétesse, nous fait traverser les destins de Jean et Emma et de ses autres personnages enfants et adultes.

Rien n’est réellement comme le lecteur peut l’imaginer et le dénouement final est surprenant, inattendu et confirme la magie de ce livre.

Une occasion pour moi aussi de découvrir les Éditions JDH et la collection Magnitude.

❤️❤️❤️❤️❤️

JDH Éditions 

Laetitia Cavagni
Extrait
Mayotte
Cité dans le livre

Underground Railroad

Mot de l’éditeur :

Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les états libres du Nord. 

De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le « misérable coeur palpitant » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté. 

L’une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l’« Underground Railroad », le célèbre réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. 

à la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l’Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une oeuvre politique aujourd’hui plus que jamais nécessaire. 

Biographie de l’auteur :

Colson Whitehead est reconnu comme l’un des écrivains américains les plus talentueux et originaux de sa génération.  Underground Railroad, élu meilleur roman de l’année par l’ensemble de la presse américaine, a été récompensé par le National Book Award 2016 et récemment  distingué par la Médaille Carnegie, dans la catégorie « Fiction ». Salué par Barack Obama, le livre connaît depuis sa parution un succès phénoménal aux états-Unis et dans le monde entier.

Notre avis :

« Chaque matin je me réveille dans une maison bâtie par des esclaves » disait Michèle Obama à propos de la Maison Blanche » . Le véritable Underground Railroad, fut très efficace et bien organisé à partir de 1820, il fonctionna jusqu’en 1861 (Guerre de sécession) . Après l’adoption par le Congrès, en 1850, d’une nouvelle loi plus sévère contre les esclaves en fuite, l’Underground Railroad connut une activité intense. On estime que plus de 100 000 esclaves l’ont utilisé.

Choisir de lire un livre sur l’esclavage, c’est choisir de se plonger dans la brutalité, la violence et l’inhumanité, mais bien que ce sujet ne soit ni facile ni léger, il est profondément émouvant et très puissant.

Le récit nous transporte dans la vie de Cora, esclave dans une plantation de coton en Géorgie au début des années 1800. Sa mère l’a abandonnée (s’est enfuie) quand elle était petite en faisant d’elle une «enfant perdue». Randall, le propriétaire de la plantation, est particulièrement sadique.

Lorsque César arrive dans la plantation, il décide de convaincre Cora de s’échapper avec lui. Il a établi une connexion avec quelqu’un qui les transportera sur le chemin de fer souterrain vers la liberté. Ils seront pourchassés par Ridgeway, un traqueur d’esclaves qui est toujours fou de rage de ne jamais avoir pu attraper et ramener la mère de de la jeune fille.

Cora est un personnage magnifique, sa force face à une cruauté dévastatrice et sa rage bouillonnante causée par le fait d’être traitée comme la captive de quelqu’un, la propriété de quelqu’un sont remarquables. Très vite il devient cependant clair que la liberté ne consiste pas simplement à sortir de la plantation.

Le livre est raconté sous un certain nombre de perspectives, le voyage de Cora restant le thème commun. Nous obtenons aussi un aperçu de la vie et des personnages qui précèdent la fuite de notre héroïne.

Ambiance de l’époque décrite magistralement par Colson Whitehead qui a reçu son premier Pulitzer pour cet ouvrage. Son prochain livre et de nouveau Prix Pulitzer, “Nickel Boys” sortira en français le 19 août 2020 et je vous annonce déjà que, à mon avis, il est extraordinaire.

Il faut se laisser aller à la puissance des mots de l’auteur dans cette ode à la liberté et à l’espoir !

❤️❤️❤️❤️❤️

Albin Michel

Colson Whitehead
Extrait
Extrait
À lire aussi
Représentation d’esclaves en fuite
Plantation de coton
Piketty Capital et Idéologie

Leonor Fini grâce et profondeur

 

Leanor Fini était une grande artiste surréaliste que je voudrais voir plus connue et reconnue.

Ses œuvres, d’une élégance extraordinaire, présentent des éléments oniriques, des symboles et des éléments plus réalistes toujours exprimés dans un language artistic personnel.

Nous pouvons y retrouver la même vision du  « temps arrêté » si chère à Giorgio De Chirico ou les couleurs et traits de Klimt.

Le Sphinx et les chats jouent des rôles importants dans ses peintures, ainsi que le thème du «double». Elle a vécu avec beaucoup de chats; jusqu’à un total de 23 en même temps.

    

On a dit d’elle qu’elle était la seule artiste à peindre des «femmes sans excuses». Beaucoup de ses peintures présentent des femmes fortes dans des situations cérémonielles ou provocatrices. Les hommes sont souvent décrits comme des figures flexibles sous la protection des femmes.

Née d’un père argentin et d’une mère italienne le 30 août 1907 à Buenos Aires et décédée le 8 janvier 1996 à Paris. Madame Fini a eu une vie compliquée pendant son enfance.

Qand Leonor avait un an, sa mère quitta son mari en Argentine et, emmenant sa fille avec elle, déménagea à Trieste. Pour empêcher Leanor d’être kidnappée, sa mère l’a habillée pendant plusieurs années comme un garçon. Mélancolique et sensible, Leanor ne pouvait que chercher une forme d’évasion de sa cage et, grâce à la peinture, à 17 ans elle était à Milan, en tant que portraitiste. Plus tard elle s’installera à Paris –c’était 1931-1932– pour pouvoir vivre de son Art, en développant son propre langage en toute liberté, dans la ville qui, à cette époque, était la capitale mondiale de l’art. Être en France lui a permis de rencontrer, entre autres, Paul Eluard, Max Ernst, Georges Bataille, Henri Cartier-Bresson, Picasso, Christian Dior, André Pieyre de Mandiargues et Salvador Dalí. Elle a traversé l’Europe en voiture avec de Mandiargues et Cartier-Bresson. Pendant ce voyage, elle a été photographiée nue dans une piscine par Cartier-Bresson – cette image aurait été vendue pour 305 000 $ en 2007 -.

Elle adorait se faire photographier.

Notre artiste a peint des portraits de Jean Genet, d’Anna Magnani, de Jacques Audiberti, d’Alida Valli, de Schlumberger et de Suzanne Flon ainsi que de nombreuses autres célébrités et riches visiteurs de Paris. Elle a conçu la bouteille «Shocking», des costumes et des décors pour le théâtre, le ballet et l’opéra, ainsi que des habits pour le cinéma.

Elle était aussi une excellente illustratrice. Ses graphismes les plus connus sont probablement ceux dessinés pour Histoire d’O mais passionnée de littérature et de poésie, Leonor illustra plus d’une cinquantaine d’ouvrages, dont les œuvres de Charles Baudelaire, qu’elle admirait profondément, celles de Paul Verlaine, de Gérard de Nerval et d’Edgar Allan Poe.

J’ai développé une profonde admiration pour cette artiste éclectique et sagace.

Sa peinture et son œuvre littéraire ont une dimension fortement philosophique.

En 1970, Leonor Fini a écrit trois romans, « Moumour, conte pour enfants velus » «Rogomelec » et « L’Oneiropompe ».

J’ai lu les deux premiers et je suis conquise.

Ses récits sont tout autant surréalistes et délicieux que sa peinture.

Je vous conseille de lire ses livres que, je suis sûre, sauront vous enchanter.

À propos de Rogomelec:

“Leonor Fini bat les cartes de l’imaginaire et les couleurs de son jeu – tragique – dérision, beauté, monstruosité, ont les mêmes valeurs. Ce monastère est-il un sanatorium ? À quel dieu ces moines sont-ils voués ? À quoi sert le régime des curistes qui semblent échappés d’un vieux film muet ? Le récit suit les règles précises du rêve qui brasse le résidu hétéroclite de la mémoire. Et si, du désordre somptueux de la Fête surgissent les figures du Roi et du Pendu, si elles prennent place dans une scène que nous croyons reconnaître, il n’y a là d’autre symbole que la reconnaissance du rôle privilégié du rituel.”

Pour voir une partie de ses œuvres:

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Portrait de jeune femme (Monique Beaumont) 1950 ; Portrait d’enfant, 1935

Centre Georges Pompidou

Femme travestie, circa 1932

Musée de Grenoble

Mandoliniste, 1933

Musée de l’Hospice Saint-Roch, Issoudun, France

Salle permanente – Reconstitution du Salon de l’appartement de Leonor Fini, rue de La Vrillière à Paris

Tate Modern, Londres

Petit sphinx ermite, 1948

Peggy Guggenheim Collection, Venise, Italie

La Bergère des sphinx, 1941

Musée d’Art et d’Histoire, Genève, Suisse

Nue (Jeune fille au bas) 1941; Nu (Nico Papatakis) 1941

Museo d’Arte Moderna Revoltella, Trieste, Italie

Portrait de jeune homme déguisé en mendiant (portrait d’André Pieyre de Mandiargues) 1935

Miyazaki Prefectural Art Museum, Miyazaki, Japon

Les deux crânes, 1950

Musée d’Art Moderne, Bruxelles, Belgique

Galleria Nazionale d’Arte Moderna e Contemporanea, Rome, Italie

Théâtre national de l’Opéra, Paris

Costumes pour Tannhaüser, 1963

Art Institute of Chicago, Chicago, Illinois

The Sphinx (gouache) 1970

The Lost Needle (collage de Joseph Cornell avec dessin et photographie de Leonor Fini) circa 1947

Galleria Nazionale d’Arte Moderna, Museo Mario Praz, Rome

Sphinx, circa 1950

Galleria d’Arte Moderna e Contemporanea, Palazzo Massari, Ferrara, Italie

Portrait d’Achille Funi

http://www.leonor-fini.com/fr/

Le Consentement

Mot de l’éditeur :

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin «  impérieux  » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.

«  Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence  : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre  », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d’une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l’ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d’une époque, et la complaisance d’un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.

Biographie de l’auteur :

Vanessa Springora, née le 16 mars 1972 est une éditrice, écrivaine et réalisatrice française. Elle publie, début janvier 2020, l’ouvrage Le Consentement, témoignage de sa relation avec Gabriel Matzneff

lorsqu’elle était adolescente et lui adulte.

Notre avis :

Quand j’étais enfant et faisais un cauchemar, j’imaginais enfermer les méchants dans un tableau, Vanessa Springora avec «Le Consentement » dit vouloir “prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre”

Elle nous raconte son enfance et son milieu familial qui la prédisposait à la future fascination pour un écrivain admiré, le sulfureux Gabriel Matzneff.

Il ne s’agit pas d’un viol explique l’autrice mais de l’histoire de l’emprise qu’un homme brillant et cultivé peut exercer sur une jeune fille et de l’indifférence du milieu littéraire des années 80…

Olivia de Lamberterie décrit très bien, à mon avis, la complexité de ce texte : « J’ai trouvé que c’était un livre admirable, très intelligent, avec beaucoup de distance, très honnête et donc très déchirant“.

Effectivement c’est déchirant de lire comment les institutions et les proches ont joué aux « trois singes sans sagesse » en se cantonnant à un trop facile « Ne vois pas », « N’entends pas », « Ne parle pas ». 

L’autrice décrit aussi l’attitude de sa mère qui m’a profondément perturbée. Elle considère sa fille comme une adulte à un âge où le besoin de repères est encore très fort.

Cet ouvrage décortique habilement les procédés de G.M. qui charme ses victimes et futurs personages de ses romans ou de ses carnets.

Par rapport à l’œuvre de Mazneff la solution, declare Vanessa Springora, serait que, si on réédite les journaux, ils soient accompagnés d’un avertissement, « afin de montrer que certaines publications ont pu exister, qu’elles sont le marqueur d’une époque », dit-elle. « Mais je ne suis pas une défenseure de la censure, pas du tout. »

Que les mots de ce livre soient libérateurs pour toutes celles et ceux qui pensent être coupables et sont en réalité victimes de la force de la manipulation.

❤️❤️❤️❤️❤️

Grasset 

Vanessa Springora
Extrait
Extrait
Extrait
Quartier Saint-Germain-des-Prés
Lycée et Prepa Fénelon

Lisière Voyage aux confins de l’Europe

Mot de l’éditeur :

Quand Kapka Kassabova retourne en Bulgarie, son pays natal, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, c’est à la frontière avec la Turquie et la Grèce qu’elle se rend. Une zone inaccessible lorsqu’elle était enfant et que la guerre froide battait son plein, un carrefour qui grouillait de militaires et d’espions.

Au gré de son voyage, l’autrice découvre les lieux qui furent dominés par des forces successives, de l’Empire ottoman au régime soviétique, et baignés de mythes et de légendes. Son livre est peuplé de magnifiques portraits de contrebandiers, chasseurs de trésors, botanistes et gardes-frontières, et aussi de migrants.

Lisière est à la fois le récit d’une immersion dans les coulisses de l’Histoire, un regard neuf sur la crise migratoire en Europe et une plongée au coeur de géographies intimes. Il se situe à mi-chemin entre les oeuvres de Ryszard Kapuscinski et de Svetalana Alexievitch.

Biographie de l’auteur :

Kapka Kassabova est née à Sofia en 1973. Elle y a grandi jusqu’à ce que sa famille quitte le pays après la chute du Mur. Elle habite aujourd’hui en Écosse et se consacre à l’écriture. Lisière a reçu plusieurs prix au Royaume-Uni et a été acclamé par une presse unanime.

Notre avis :

Quel merveilleux voyage a été ce livre.

«Lisière » est une méditation admirable et évocatrice sur des frontières réelles et imaginaires. 

J’ai été complètement fascinée par l’écriture de cet ouvrage, l’autrice tisse une exquise toile en conjuguant le mythique et le réel.

La prémisse principale de ce texte tourne autour du retour de l’autrice en Bulgarie après avoir émigré il y a vingt-cinq ans. Son objectif est d’explorer la frontière que la Bulgarie partage avec la Turquie et la Grèce. J’ai apprécié la façon de combiner l’histoire, le mysticisme et la spiritualité avec les vrais récits d’individus rencontrés.

Kapka Kassabova propose une trame riche.

Elle fait des allers-retours dans le temps, décrivant à la fois les peuples qui ont vécu au même endroit pendant des siècles et ceux qui ont été déracinés à maintes reprises, souvent plusieurs fois en une génération.

L’écriture de Kassabova est élégante et lyrique avec une sorte de mélancolie envoûtante qui plonge le lecteur dans le paysage qu’elle explore.

Je recommande vivement ce livre.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Marchialy

Kapka Kassabova
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Bulgarie
Frontière
Représentation de Nessos

Le Livre jaune

Mot de l’éditeur :

Un pirate s’échoue sur les rivages de Carcosa, la Cité d’Ailleurs. Persuadé d’être mort, il est amené par Maar, un aveugle qui semble tout savoir de lui, au Roi en jaune. Ce dernier, hanté par le souvenir de ses amours, lui propose de revenir à la vie s’il parvient à le débarrasser de sa malédiction. Commence alors la quête du pirate à la recherche de son propre trésor perdu, Ananova, la femme qu’il a tant chérie et pleurée.

Biographie de l’auteur :

Michael Roch est un des cinq écrivains à suivre selon Le Point Pop et son précédent roman, Moi, Peter Pan, a été sélectionné pour le Grand Prix de l’Imaginaire 2018. Michael Roch est également scénariste et chroniqueur de La Brigade du Livre sur YouTube.

Notre avis :

Le premier livre de Michel Roch, « Moi, Peter Pan », m’avait enchantée et avec « Le Livre Jaune » un autre voyage fantasmagorique et philosophique est présenté au lecteur.

Nous sommes, cette fois, dans la la Cité d’Ailleurs, le Pirate qui a échoué dans ce monde imaginaire est conduit dans son chemin et sa quête, par Maar, dit l’Œil, serviteur de l’énigmatique Roi en Jaune qui domine une bonne partie du récit.

Maar est le « Virgile » de notre protagoniste dans cette descente aux Enfers puissante et thaumaturgique 

à la recherche de soi, à la recherche de la force de l’Amour.

Les références à Dante sont multiples et raviront les amateurs.

L’auteur utilise les mots pour accompagner les symboles et les archétypes qui se dessinent au fil des pages mais ici tout espoir n’est pas perdu.

La référence au livre « Le Roi en jaune », recueil de 10 nouvelles écrit par Robert W. Chambers et publié pour la première fois en 1895, est plutôt évidente.

Chambers se glisse dans son œuvre dans les pas d’artistes ou d’étudiants américains aux Beaux-Arts, avec comme fil conducteur, la présence du livre reproduisant le texte d’une pièce de théâtre interdite, « Le Roi en jaune », dont la lecture semble avoir des conséquences particulièrement néfastes et angoissantes. Ce recueil, aimé par Lovecraft, a inspiré la série True Detective.

Michael Roch est un incroyable conteur capable de transmettre les états d’âme de ses personages, étrange et onirique un court livre à lire.

❤️❤️❤️❤️❤️

Mü éditions

Michael Roch
Extrait
Extrait
Dante et Virgile

FRIEDA – La Véritable Histoire de Lady Chatterley

Mot de l’éditeur :

Le destin d’une femme exceptionnelle. 

Une histoire d’amour qui est devenue synonyme de libération sexuelle.

En 1912, une jeune baronne allemande vivant à Nottingham commet l’irréparable : elle quitte son confortable foyer et ses trois adorables enfants pour vivre son amour. La décision de Frieda von Richthofen va donner naissance à l’un des plus grands scandales de son temps. 

Mais qu’est-ce qui peut pousser une femme à quitter ses enfants ? Quel amour peut être plus fort que celui d’une mère ? 

Inspiré d’une histoire vraie, Frieda raconte le parcours courageux de celle qui a inspiré l’œuvre de D.H. Lawrence et notamment le très sulfureux roman L’Amant de lady Chatterley. 

Il explore les sentiments et les émotions complexes qui traversent une femme qui se bat pour être à la fois libre et mère. Des questions qui résonnent encore aujourd’hui.

Biographie de l’auteur :

Annabel Abbs s’est imposée comme la nouvelle auteure anglaise de romans biographiques à succès. Son premier titre, The Joyce Girl, a été publié dans huit pays et a reçu le Impress Prize pour les nouveaux auteurs en 2015. Frieda est son deuxième roman.

Notre avis :

« L’Amant de Lady Chatterley » de David Herbert Lawrence imprimé à Florence en 1928, provoqua un scandale et ne sera publié en Grande Bretagne que trente ans après environ.

Trop scabreux et surtout coupable d’évoquer l’histoire d’amour entre un homme de la classe ouvrière et une aristocrate.

Dans “FRIEDA – La Véritable Histoire de Lady Chatterley”, Annabel Abbs nous offre un portrait émouvant de Frieda, fille de l’aristocrate allemand Baron von Richthofen, mariée au professeur d’anglais Ernest Weekley elle vit à Nottingham. Une visite de sa sœur la dérange et elle décide de se rendre en Allemagne, laissant ses trois enfants avec Ernest et la nounou. Nous sommes en 1907 et Munich est une ville pleine de nouvelles idées et d’amour libre, il semble donc inévitable pour Frieda de prendre un amant. Son expérience la réveille sexuellement et Otto Gross stimule également sa pensée intellectuelle de sorte que lorsqu’elle retourne en Angleterre, elle continue de lui écrire et rêve de leur temps ensemble. 

Tout commence ainsi…

J’avais déjà lu et apprécié en VO le premier roman de l’autrice : “The Joyce Girl” et mon ressenti très positif se confirme avec ce deuxième ouvrage.

Le livre est écrit en huit parties emmenant le lecteur d’Angleterre en Allemagne, en Italie et de retour à Londres tandis que l’épilogue se déroule en Italie en 1927 avec Lawrence travaillant sur “L’Amant de Lady Chatterley”

Très important à mes yeux le parcours de Frieda en tant que mère privée de ses droits et empêchée de rencontrer ses enfants, d’autres femmes à la même époque subissaient un destin similaire, je pense notamment à Annie Besant.

Les notes historiques, à la fin du livre, livrent des informations utiles sur les personnages et les livres de D. H. Lawrence. 

Ce roman est une excellente lecture autrice à suivre.

❤️❤️❤️❤️❤️

Hervé Choplin Éditions

Article à lire :

https://www.google.fr/amp/s/www.franceinter.fr/amp/livres/l-amant-de-lady-chatterley-ou-la-tendresse

Annabel Abbs
Extrait
Extrait
Film
Frieda
Frieda von Richthofen et D.H. Lawrence

Ida n’existe pas

Date de sortie 20/08/2020

Mot de l’éditeur :

Une plongée dans la psychologie trouble d’une mère prête à commettre l’irréparable.

« Elle dort. Je ne peux m’empêcher de la regarder dormir. Elle dort si profondément qu’elle ressemble à une morte. Je pose mes mains sur son petit torse, il se bombe sous la pression. Sa respiration est à peine perceptible. »

Une femme s’apprête à faire un voyage. Elle n’a pas besoin de bagage, elle ne part que pour une nuit. Une seule chose l’obsède : emmener Ida, sa fille de 15 mois, à la mer. C’est nécessaire, vital presque. Ida n’existe pas, Ida n’a jamais existé. Des voix ne cessent de le lui répéter. Pourtant, elle l’a porté ce bébé, serré contre elle, changé, nourri au sein. Elle l’aime d’un amour animal. Un amour comme ça, on n’y est pas préparé. C’est trop puissant un amour comme ça.

Ida n’existe pas est une plongée dans la psychologie trouble d’une mère prête à commettre l’irréparable, mais aussi l’histoire d’un corps féminin qui cherche à se libérer de ses démons, d’une féminité complexe en quête d’apaisement. Le roman est librement adapté d’un fait divers macabre : en 2013, un pêcheur de crevettes découvre une enfant de 15 mois morte sur une plage de Berck-sur-Mer. Elle y avait été déposée et abandonnée par sa mère au moment où la marée montait.

Biographie de l’auteur :

Adeline Fleury a été reporter pour le Journal du Dimanche et cheffe du service culture du Parisien Week-end. Ida n’existe pas est son sixième livre. Elle est notamment l’auteure, aux Éditions François Bourin, du roman Je, tu, elle (2018) et du Petit éloge de la jouissance féminine (2015).

Notre avis :

« L’image peut remplacer une description » écrivait Ludwig Wittgenstein, dans le roman écrit par Adeline Fleury « Ida n’existe pas » chaque description a imprimé en moi une image.

Page après page j’ai suivi le fil subtil et fragile de l’existence d’une fille puis d’une femme brisée dans son Gabon natal et perdue dans la recherche d’une vie qu’elle aurait pu avoir.

Poignant récit inspiré par un terrible fait divers : Adélaïde, 15 mois, est retrouvée morte par des pêcheurs de crevettes le 20 novembre 2013,

La qualité littéraire de ce texte est certaine. Nous arrivons à ressentir les tourments du personnage principal, la souffrance qui se dévoile avec une force exceptionnelle mais aussi l’horreur que provoque l’idée qu’une maman puisse assassiner son enfant.

La protagoniste est une fille déférente trop douée est sensible, elle est entrée dans une réalité parallèle sans lumière, sans espoir. Les hommes l’utilisent, la jugent la jettent, les femmes la rejettent. Ida, sa petite fille devient l’être adoré et détesté.

Comment apprendre à aimer quand le sens de ce mot nous est inconnu ?

La protagoniste se réfugie dans une vie qu’elle invente mais l’arrivée d’Ida chamboule tout, un lien est bien là mais c’est trop difficile de bâtir quand tout nous démoli, la tragédie s’accomplira. Les demons de son esprit qui la poussent à suivre le chemin vers la mer et la direction de la mort pour Ida gagneront et la petite cessera de d’exister.

Une fois ce roman, d’une puissance d’évocation hors du commun, terminé, il ne reste plus qu’à le relire pour mieux en saisir la portée.

Un livre à ne pas rater, il sortira le 20 août 2020 et je le place dans les coups de cœur de la rentrée littéraire.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Éditions François Bourin

« Ida n’existe pas » d’Adeline FLEURY (par l’autrice et l’éditrice)
Adeline Fleury
Extrait
Libreville Gabon
Université Paris 8
Ludwig Wittgenstein

Sur les traces de nos peurs

Préface de François Hartog

Plongée dans les mentalités du Moyen Âge et les peurs de nos ancêtres, au premier chef desquelles : les épidémies.

C’est une plongée dans les peurs du Moyen Âge, en écho à nos peurs contemporaines, qu’offre cet entretien avec le grand médiéviste Georges Duby. Angoissés par leur survie, menacés par les épidémies et familiers de la mort, nos ancêtres, violents mais solidaires, ne connaissaient pas la solitude qui accompagne la misère d’aujourd’hui.

Délivrés à l’aube du troisième millénaire, le récit et l’analyse de Duby demeurent d’une étonnante actualité et nous frappent autant par les différences que les concordances avec les mentalités médiévales au travers de cinq grandes peurs : de la misère, de l’autre, de la violence, de l’au-delà, et bien sûr, peur des  épidémies.

« Explorer les mentalités d’hier permet d’affronter plus lucides les dangers d’aujourd’hui » : le message de l’historien fait de cet ouvrage un précieux viatique.

*première édition en 1995 sous forme illustrée avec le titre An 1000, an 2000, sur les traces de nos peurs, Textuel

François Hartog, né en 1946, est historien. Il occupe la chaire d’historiographie ancienne et moderne à l’EHESS. Il est notamment l’auteur de Croire en l’histoire (Flammarion, 2015) et de Chronos, l’Occident aux prises avec le temps (Gallimard, septembre 2020).

Biographie de l’auteur :

Georges Duby (Paris, 1919 – Aix-en-Provence, 1996), professeur au Collège de France, membre de l’Académie française, fut de ceux à qui le renouvellement des études médiévales doit le plus. S’intéressant tour à tour aux réalités économiques, aux structures sociales et aux systèmes de représentations, il fut notamment l’auteur de Guerriers et paysans, Les trois ordres ou L’imaginaire du féodalisme, Le chevalier, la femme et le prêtre, Guillaume le Maréchal, Le temps des cathédrales, Saint Bernard – L’art cistercien, Dames du XIIᵉ siècle.

Notre avis :

Les éditions Textuel publient une nouvelle édition de ces précieux récits, avec la très pertinente préface de François Hartog.

Georges Duby est toujours un régal à lire loin des conventions, il est un divulgateur sans pairs.

Si vous connaissez et aimez l’historien, ce qui est mon cas, vous pourriez ne pas connaître cet ouvrage, si le médiéviste vous est étranger, ce livre peut être une excellente entrée en matière.

Les concepts abordés pour décrire les peurs de l’An 1000 et celles de l’an 2000 sont tout à fait actuels.

Le lecteur se passionnera pour la vivacité et l’acuité du témoignage fourni.

Mention spéciale, à mon avis, à la description du rôle de Saint François d’Assise et de sa congrégation et au paragraphe sur Le Décaméron de Boccace qui nous conte l’isolement de dix jeunes hors Florence lors de La Grande Peste. Duby fait un parallèle avec les Sida et autres fléaux modernes mais, en cette année 2020, une pensée au confinement est inévitable.

Ces entretiens avec Georges Duby éclairent sur notre passé et sur les fondements de notre évolution sociale dans un present où l’immédiateté domine cette réflexion est nécessaire.

« Sur les traces de nos peurs » est une oeuvre très intéressante, une étude des mentalités offrant un grand plaisir de lecture.

À recommander !

❤️❤️❤️❤️❤️

Textuel 

Georges Duby
Extrait
Représentation de Saint François d’Assise
Extrait
Paris Médiéval
Extrait
Le Décaméron

La fiancée du 11 septembre

Mot de l’éditeur :

J’ai vingt ans. Mon père est l’amour de ma vie. Je m’appelle Rubis. J’ai de vilaines pensées : autour de moi les méchants tombent comme des mouches. Je n’ai aucune excuse, je suis née dans l’un des plus beaux quartiers de Paris. Donc loin de la Vologne et du petit Grégory. Ma vie a basculé en une fraction de seconde. Partie à la recherche de mes origines, j’ai découvert des secrets familiaux sordides. 

On a blessé papa, on m’a fait du mal : je me suis vengée ! Si vous pensez que je suis possédée et que cela vous effraie, n’ouvrez pas ce livre : j’ai le don pour entraîner tout le monde dans des histoires de dingues !

Biographie de l’auteur :

Marc Gervais est criminologue de formation, ex-créateur international de jeux de société et spécialiste mondial de la compression des données numériques, ce romancier est encensé par les blogs littéraires.

Notre avis :

Avec ce livre insolite et extravagant, Marc Gervais, nous met dans la confidence, la vie de Rubis nous est dévoilée dans une histoire qui mêle action, aventure et espionnage.

Rubis, 20 ans brillante étudiante à Harvard sort de l’ordinaire et, le 11 septembre 2001 ne sera pas la journée idyllique espérée pour son anniversaire. Mêlée, de façon accidentelle, aux attaques perpétrées contre les Twin Towers, elle est obligée de quitter le sol américain et doit fournir au FBI les preuves de son extranéité aux faits qui lui sont reprochés.

Boston et Harvard, le 9ème arrondissement de Paris et la Corrèze sont les décors où les marionettes de l’auteur évoluent et nous content petit à petit l’histoire familiale de la protagoniste.

La nécessité et le besoin de la jeune femme de reprendre le fil brusquement interrompu de sa vie l’obligent à se transformer en Sherlock Holmes et MacGyver à la fois, elle doit ouvrir la boîte de Pandore qui enferme son passé.

Comme diraient Rubis et son amie Sarah « j’ai kiffé ce roman » difficilement classable dans une case spécifique.

Un autre protagoniste du livre est le Nokia 3310 qui sera un alliée précieux et le lien entre les continents et oui l’action se situe en 2001 loin des smartphones…

Les thématiques abordées sont importantes et traitées avéc beaucoup d’humour et finesse. Le voyage dans l’âme des personnages ne fait que confirmer que l’humanité est capable de sagesse, amour et sacrifice tout comme des pires égoïsmes, aberrations et turpitudes.

Le style du récit le rend addictif, dans ce roman, tous les ingrédients pour en faire une réussite sont réunis.

❤️❤️❤️❤️❤️

IGB Edition

Je tiens aussi à vous faire part de la démarche de la jeune maison d’édition qui publie ce livre : « Editeur éco-responsable, IGB Edition compensera l’impact environnemental lié à ses besoins d’impression. Nous planterons un arbre toutes les 16 000 feuilles A5 que nous utilisons. A titre d’exemple, 1 000 exemplaires de chaque roman permettront de replanter 20 arbres. »

Marc Gervais
Extrait
Harvard
Twin Towers
President George W. Bush.
Condoleezza Rice
Nokia 3310