Un métro pour Samarra

Mot de l’éditeur :

Swann Delva étudie la philosophie à la Sorbonne. Le jeune homme, qui s’imagine devenir un penseur en vogue, est contraint de travailler à la RATP pour financer ses études.  Tandis qu’il fait ses premiers pas au guichet, il découvre la vie souterraine et consigne ses pensées dans un petit carnet. Son chef, pour l’impressionner, lui fait visiter les stations fantômes du réseau parisien et Swann se prend de passion pour ces lieux désaffectés et plus particulièrement pour la station Haxo, dans le 19e.  Alors qu’il s’installe dans une rame abandonnée de cette station, le voici transporté à Samarra, ville d’Irak au Moyen Age, où un calife des Mille et Une Nuits lui pose la plus grande question de l’humanité : peut-on espérer une vie après la mort ? Pas évident, quand un alchimiste peu scrupuleux lui fait concurrence et que le sommeil le ramène à Paris où la vie continue… Pour conserver ses privilèges au palais et les faveurs d’une belle astrologue, le jeune homme cherche la réponse aux angoisses du souverain, qu’il ne trouvera pas dans les livres… Ce sont 33 jours qui vont bousculer le quotidien de Swann et le conduiront à être plus présent à la vie.

Biographie de l’auteur :

Après des études de lettres et de sciences politiques, Isabelle de Lassence devient chargée de communication dans une grande entreprise publique. Lors de ses longs trajets domicile-travail, elle trouve dans le métro parisien un univers inspirant, qui la replonge dans les influences orientales de son année Erasmus à Séville. Ainsi naît l’idée de ce premier roman, qu’elle écrira quelques années plus tard, lors d’un congé parental. Isabelle de Lassence a 33 ans, elle vit en région parisienne.

Notre avis :

Swann Delva étudiant en philosophie boursier à La Sorbonne est persuadé qu’une belle destinée l’attend, il se voit déjà chez France Culture ou, pour le présenter avec les mots de l’auteure, «Et surtout,  Swann cherchait l’idée : celle qui ferait de lui le penseur en vogue, mais sans tarte à la crème ». Mais comme la philosophie devrait nous l’ enseigner, et pour jouer un peu avec les lieux communs, “tout n’est pas noir ou blanc ».

Le personnage de notre hero est très bien élaboré et particulièrement réaliste, la description qui en est donnée dans la première partie du livre est juste et prenante.

Notre jeune cherchant qui se voit futur chercheur va suivre un voyage dans le métro parisien et une épopée initiatique fantastique bien loin dans le temps et l’espace.

Swann accepte un travail alimentaire comme agent de la RATP et son chef voulant impressionner le nouvel employé, qui a fait et poursuit des études, le conduit dans l’une des stations fantômes du réseau. Cette découverte fait irruption dans le monde de l’étudiant, elle accapare son esprit et ses heures et prendra de plus en plus d’importance.

Swann veut découvrir la station Haxo, dans le 19ème arrondissement, un arrêt qui n’a jamais été mis en service. Un étrange train dans cette rame oubliée le transporte à Samarra, ville d’Irak au Moyen Age, où le calife souhaite une réponse à une question que toute l’humanité se pose : peut-on espérer une vie après la mort ? 

Les personnages secondaires ont un rôle toujours réussi et décrit avec finesse.

Isabelle de Lassence dresse, avec une parfaite maîtrise les portraits de jeunes étudiants, des parents, d’un calife, d’un marabout, d’une belle astrologue, d’un complexe alchimiste et de bien d’autres hommes et femmes qui, grâce au rôle qu’ils jouent, même si bref, contribuent à la beauté du récit.

Intelligence et originalité sont d’autres qualités qui nous font aimer ce premier roman de l’auteure.

Pour savoir si Swann pourra répondre aux attentes du calife et bâtir sa vie, son « à venir » il faudra lire cette belle histoire qui sera, je l’espère, suivie par des nouvelles œuvres de la brillante écrivaine dˋUn métro pour Samarra.

Marabout 

❤️❤️❤️❤️❤️

Le livre
Extrait
Isabelle de Lassence
La Sorbonne
Gare de Lyon
Métro de Paris Art Nouveau
Station fantôme Haxo
Samarra
À redécouvrir

Uter Pandragon

Mot de l’éditeur :

Deux frères, Uter et Pandragon, s’affrontent pour reconquérir 

le trône de leur père.

Le roi Constant avait trois fils. L’un meurt, et les deux autres, Uter et Pandragon, vivent loin. En leur absence, Vortigern règne sur la Bretagne. Mais son pouvoir fatigue les barons – et les fils de Constant reviennent et tentent de reprendre le trône. Pandragon est un meneur d’hommes et croit en son bon droit. Uter est un aventurier, mû par la vengeance. Peu à peu s’enchaînent batailles et victoires, mais une ombre plane, celle de Merlin et d’une mystérieuse petite fille. Uter et Pandragon sont-ils maîtres d’eux-mêmes, ou les jouets de puissances obscures et merveilleuses ?

Ce premier roman est une réécriture ambitieuse et foisonnante des légendes du Graal. Servi par un style ample, riche et ciselé, cette œuvre ambitieuse et intelligente séduira les amateurs et amatrices d’aventures épiques et magiques.

Biographie de l’auteur :

Tomas Spok est né en 1987, à Montpellier. Puis, il a été emporté en Allemagne, avant même la chute du mur. Il a donc été (un peu) enfant en Allemagne, lisant en boucle des BD dans les rayons de supermarché, puis il a découvert Baudelaire, l’Iliade tout en continuant de lire Spiderman. À partir de dix-sept ans, il a été très occupé à être amoureux et à écrire des poèmes. Il est devenu adulte à Lyon, et vieillit à Paris. Il mourra en exil ou à Avalon. Encore aujourd’hui, il ne sait qui est le plus grand : Tolkien, Hugo ou Kirby.

Grand lecteur, il consigne ses impressions et réflexions de lecture sur son blog : www.thomasspok.fr

Notre avis :

Tout au long du Moyen Âge, la légende arthurienne s’inscrit dans l’imaginaire commun. Chrétiens de Troyes donne une véritable dimension littéraire au mythe et, au XIIIe siècle, Robert de Boron inscrit la légende arthurienne dans une voie plus christique autour du thème du Graal. 

Une quantité remarquable d’œuvres en lien direct ou inspirées par cette épopée nous accompagnent à notre époque. Livres, cinéma, télévision nous offrent des adaptations parfois brillantes, parfois décevantes.

Uter Pandragon est à classer dans le rang des récits lumineux qui émerveillent et font d’une lecture un moment qui sort de l’ordinaire.

Tomas Spok utilise un registre, un mode d’expression permettant de savourer notre belle langue française.

L’intrigue et les protagonistes nous font aimer son roman. Uter et Pandagon se battent contre l’usurpateur Vortigern pour récupérer la couronne de leur père.

L’auteur nous transporte à Constantinople pour une conversion (La Bretagne vaut bien une messe !) et dans le royaume de la magie avec Merlin et les personnages que nous sommes habitués à côtoyer dans les différentes versions des comptes sur le cycle du Graal : La dame du lac, la future Morgane mais également Mab la fée qui a inspiré Geoffrey Chaucer (que je chéris),  Shakespeare et Percy Shelley parmi d’autres.

Un livre surprenant pour l’originalité qu’il présente tout en évoluant dans un univers bien connu.

Tradition et imagination pour ce premier roman de Thomas Spock que je vous recommande.

Aux forges de Vulcain

❤️❤️❤️❤️❤️

Thomas Spok
Le livre
Extrait



Conseils de lecture :

Bleue

Mot de l’éditeur :

Après le succès d’Une histoire des abeilles, le retour de la romancière norvégienne qui fait rimer littérature et écologie.

Norvège, 2017. Depuis son plus jeune âge, Signe a fait passer l’écologie avant tout. Ainsi a-t-elle préféré renoncer à Magnus, dont elle ne partageait pas les idées. Aujourd’hui, elle vit sur un bateau amarré dans un fjord, au plus près de l’eau.  Et c’est pour sauver l’eau qu’elle décide à soixante-sept ans d’entreprendre un dernier périple en mer, lorsqu’elle apprend qu’une opération commerciale, autorisée jadis par Magnus, menace son glacier natal. L’heure est venue pour Signe d’affronter son grand amour perdu. Pour cela, elle doit prendre la direction du sud de la France…

France, 2041. La guerre de l’eau bat son plein. Avec Lou, sa fille aînée, David a fui les Pyrénées ravagées par la sécheresse pour retrouver sa femme et leur bébé, dont il a été séparé. Mais les réfugiés climatiques sont bloqués à la frontière, et les ressources commencent à manquer. Un jour, à des kilomètres de la côte, David et Lou trouvent un voilier au beau milieu d’un champ desséché : le bateau de Signe…

Une intrigue sophistiquée et palpitante, au service d’une fable dystopique plus nécessaire que jamais.

Biographie de l’auteur :

Née en 1975 à Oslo, Maja Lunde a écrit des scénarios et des livres pour la jeunesse avant de se lancer dans la rédaction d’Une histoire des abeilles, son premier roman pour adultes, best-seller traduit en plus de trente langues, et succès de la rentrée littéraire française 2017. Bleue est son deuxième roman à paraître aux Presses de la Cité.

Le précédent livre de Maja Lunde :

Notre avis :

Maja Lunde est une écrivaine qui sort de l’ordinaire, son précédent et premier livre « Une histoire des abeilles » est une merveille, J’attendais donc Bleue avec impatience et je suis une nouvelle fois, sous le charme. Le deuxième ouvrage de cette brillante auteure norvégienne nous fait retrouver son style élégant et plaisant.

J’aime l’écriture de Maja Lunde. Ses personnages sont étonnants et complexes,  souvent tournés vers un avenir sombre certes mais avec une énorme force intérieure qui les fait avancer. Nous avons Signe en 2017 et sa vie : elle grandit près d’un glacier en Norvège et toute son existence est tournée vers la défense de l’environnement. Ensuite, il y a David en 2041, réfugié climatique français avec sa fille Lou. Ils ont été séparés du reste de la famille, Anna et le bébé Auguste dans un monde, en manque d’eau, boulversé par les affrontements et les égoïsmes.

Ils affrontent toutes et tous un voyage intime tourmenté entre passé, présent et avenir.

Le bateau Arietta de Signe baptisé « Bleu » est l’instrument qui lie les deux époques du récit. Ce voilier est le refuge pour fuir la réalité qui accable nos protagonistes.

L’eau est partout et puis elle n’est plus.

Les souvenirs sont une ancre mais aussi source de douleur pour les personnages principaux et pour les hommes et les femmes qui gravitent autour de Signe et de David.

Les chapitres, qui alternent la vie en 2017 et la survie en 2041, sont vifs et efficaces, ils ne peuvent que retenir toute notre attention pour une immersion totale pour un moment de lecture qu’on ne voit franchement pas passer.

Plongez dans cette lecture qui mérite, à mon avis, une note de 5 sur 5 !

Presses de la cité

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Maja Lunde
Extrait
Extrait
Extrait
Glacier
Voilier Arietta.
Le premier livre de Maja Lunde

Livre lu dans le cadre d’une Masse Critique privilégiée, je remercie Babelio et Presses de la cité.

Violette Hurlevent et le jardin sauvage

Date de publication 15/05/2019

Mot de l’éditeur :

Nul ne sait quand le Jardin Sauvage est né. Violette Hurlevent y pénètre le jour où elle doit fuir de la maison de sa mère. Loin des soucis de son existence, elle découvre alors un univers immense, caché aux autres humains et peuplé d’êtres aux coutumes étranges. Ici, les loups parlent, les pierres s’animent ; même le temps s’écoule selon de nouvelles lois. Mais la beauté du Jardin Sauvage cache de nombreux périls. Avec son chien Pavel, aussi courageux que gourmand, Violette va affronter une menace encore plus terrible que les problèmes qu’elle voulait fuir. Pour faire face à ce défi, elle devra choisir ses alliés et retrouver les reliques, des objets aux pouvoirs mystérieux qui détiennent la clé de son destin.

Biographie de l’auteur :

Après des études de commerce et de communication, Paul Martin a travaillé comme rédacteur à Astrapipendant plus de vingt ans. Il vit aujourd’hui à Lille. Il continue à collaborer avec Bayard Presse, notamment comme scénariste de BD, concepteur de jeux et d’énigmes. Il a écrit de très nombreuses histoires pour J’aime Lireet publié plus de 70 albums et romans.

Biographie de l’illustrateur :

Né en 1987 à Calais, Jean-Baptiste Bourgois est auteur et dessinateur. Diplômé des Beaux-Arts de Cambrai, où il est élève de Gilles Bachelet, il démarre une carrière d’illustrateur en 2013 avec Le chien à plumes, paru chez Hélium, et Fatale Spiralepuis Popopipo, chez Sarbacane. Il vit et travaille à Lille avec son cacatoès Georgie.

Notre avis :

Un roman junior d’une rare beauté, les illustrations de Jean-Baptiste Bourgois sont douces et poétiques j’aurais envie de toutes vous les montrer mais il faut les découvrir en lisant ce récit.

Le rythme très vif ne fera pas poser le livre avant de l’avoir terminé.

Violette fait face aux épreuves qui se présentent au sein du Jardin Sauvage dans celle qui était la maison de son grand-père et qui est aujourd’hui l’abri nécessaire pour sa mère, son petit frère et pour elle.

Mais notre héroïne est également confrontée à sa situation familiale difficile, à un père violent et manipulateur.

Violette avancera et réussira mieux qu’elle ne l’imagine à devenir plus forte. 

Paul Martin crée un univers enchanté féerique et tendre, ses descriptions du monde des pierres ou des fourmis sont intelligentes et profondes.

Un livre à lire !

❤️❤️❤️❤️❤️

Sabacane 

L’auteur
L’illustrateur
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait
Pierre volcanique qui fait penser à un troll
Extrait
Fourmis 🐜
Extrait

La chanson d’Arbonne

Mot de l’éditeur :

Au pays d’Arbonne le soleil mûrit les vignes et fait éclore les chansons des troubadours qui célèbrent l’amour courtois. Au Gorhaut, terre austère du Nord où l’on adore le dieu mâle Corannos, règne le brutal Adémar, sous l’influence du primat fanatique du clergé. « Jusqu’à ce que meure le soleil et que tombent les lunes, l’Arbonne et le Gorhaut ne vivront pas en harmonie côte à côte. » Gouvernée par une femme, minée par la rivalité sanglante de ses deux seigneurs les plus puissants, l’Arbonne n’est-elle pas une proie tentante pour une guerre de conquête et de croisade du Gorhaut, d’autant―ignominie ! ―qu’on y vénère une déesse ? Mais c’est en Arbonne que Blaise du Gorhaut s’est engagé comme mercenaire au service d’un baronnet, après avoir fui son pays et son père. Il découvre en chemin les guerres et les intrigues d’un monde où les marionnettistes politiques parlent de l’avenir au présent, mais où l’amour, toujours, pèse plus fort que tout autre sentiment. Qui est-il vraiment, ce Blaise du Nord, et quel destin l’attend qu’il ignore lui-même ? Seule le sait peut-être Béatrice, la grande prêtresse aveugle de Rian au hibou sur l’épaule.

Biographie de l’éditeur :

Guy Gavriel Kay est né dans la province du Saskatchewan, au Canada, en 1954. Après des études de philosophie, il séjourne en Angleterre où il travaille avec Christopher Tolkien sur l’édition posthume du Silmarillion. De retour au Canada, il poursuit des études de droit à l’université de Toronto et devient avocat au barreau d’Ontario en 1981. Il publie en 1984 La Tapisserie de Fionavar, qui rencontre un succès immédiat. Suivent Tigane, La Chanson d’Arbonne, Les Lions d’Al-Rassan et La Mosaïque de Sarance, inspirés respectivement de l’Italie, de la Provence, de l’Espagne et de l’empire byzantin, romans où il exerce et peaufine son rapport si particulier à l’histoire médiévale pour faire naître une forme de fantasy dont il est le maître incontesté. Avant de se tourner dans les années 2000 vers la Chine, qui lui a inspiré Les Chevaux célestes et Le Fleuve céleste. G. G. Kay vit actuellement à Toronto.

Notre avis :

Je suis admirative. C’est le meilleur livre Fantasy que j’ai lu cette année.

Une chanson pour Arbonne est une représentation lyrique et poétique d’une année tumultueuse à Arbonne, alors que les peuples de cette terre matriarcale et cultivée sont épris de paix ses aristocratie, ses mercenaires, ses troubadours, ses prêtres et ses prêtresses doivent faire face à la menace d’invasion de leurs voisins du nord, nourris par la guerre et où règne le brutal Adémar.

Guy Gavriel Kay crée les protagonistes de l’histoire avec brio. Blaise par exemple, personnage clés, vous fera vivre des émotions certaines. Au début, Blaise paraît juste un nordiste sauvage, un mercenaire venu se mettre au service de l’Arbonne pour mieux contrer Adémar, mais son rôle va évoluer et le transformer, peu à peu, son regard change tout particulièrement grâce à la rencontre avec le duc Bertran de Talair, ménestrel et noble,  à la fois poète et conseiller de la cour de la duchesse Cygne de Barbentain.
Les personnage sont tous fascinants, même les méchants.

Inspiré de la culture troubadour qui a pris naissance en Provence pendant le Haut Moyen Âge, ce roman captivant et novateur dessine parfaitement bien une version alternative du monde médiéval. 

Le symbolisme est omniprésent. Symbolisme sexuel, d’abord, bien entendu, puisque tout le roman constitue une allégorie de la lutte des principes masculins (Gorhaut) et féminins (Arbonne). Mais aussi symbolisme des couleurs, en particulier du sombre et du clair, de l’ombre et de la lumière. Les rebondissements, au moment de l’épilogue, manquent pas ! 

Mon premier Guy Gavriel Kay et je n’ai pas été déçue. Je recommanderais ce livre à tous les amateurs d’épopées historiques et d’univers fictifs très bien construits. Sensible, tendre, touchant, ce récit offre une myriade de sensations. 

❤️❤️❤️❤️❤️

Atalante 

Guy Gavriel Kay
Troubadours
Troubadours
Autre livre de l’auteur.
Autre lIvre de l’auteur

Je suis le carnet de Dora Maar

Mot de l’éditeur :

Il était resté glissé dans la poche intérieure du vieil étui en cuir acheté sur Internet. Un tout petit répertoire, comme ceux vendus avec les recharges annuelles des agendas, daté de 1951.

A : Aragon. B : Breton, Brassaï, Braque, Balthus… J’ai feuilleté avec sidération ces pages un peu jaunies. C : Cocteau, Chagall… E : Éluard… G : Giacometti… À chaque fois, leur numéro de téléphone, souvent une adresse. L : Lacan…

P : Ponge, Poulenc… Vingt pages où s’alignent les plus grands artistes de l’après-guerre. Qui pouvait bien connaître et frayer parmi ces génies du xxe siècle ?

Il m’a fallu trois mois pour savoir que j’avais en main le carnet de Dora Maar.

Il m’a fallu deux ans pour faire parler ce répertoire, comprendre la place de chacun dans sa vie et son carnet d’adresses, et approcher le mystère et les secrets de la « femme qui pleure ». Dora Maar, la grande photographe qui se donne à Picasso, puis, détruite par la passion, la peintre recluse qui s’abandonne à Dieu. Et dans son sillage, renaît un Paris où les amis s’appellent Balthus, Éluard, Leiris ou Noailles.

  B.B.

Biographie de l’auteur :

Brigitte Benkemoun est journaliste et écrivain. Elle est l’auteure de La Petite Fille sur la photo (Fayard, 2012) et d’Albert le Magnifique (Stock, 2016).

Dora Maar :

Dora Maar, Henriette Théodora Markovitch de son vrai nom, est née à Paris en 1907 d’un père croate, architecte, et d’une mère française, catholique fervente. Après une enfance austère passée à Buenos Aires, elle revient à vingt ans dans sa ville natale et s’y impose comme photographe surréaliste. Muse de Man Ray, compagne du cinéaste Louis Chavance puis de Georges Bataille, elle ne tarde pas à faire sien un cercle esthétique qui révolutionne le monde de l’art de l’entre-deux-guerres. Intellectuelle torturée, artiste à la conscience politique extrême, elle deviendra  » la femme qui pleure « , amante de Picasso livrée aux exigences du génie, que leur rupture rendra folle, cloîtrée dans un mysticisme solitaire jusqu’à sa mort, en 1997. Ses portraits peints par Picasso seront alors vendus aux enchères, et son héritage âprement disputé.

Notre avis :

Les dernières lignes de « Je suis le carnet de Dora Maar » dans la partie  remerciements de l’auteure sont : “Mais ce livre n’existe que parce que Thierry Demaizière a eu la bonne idée de perdre son agenda.”

Les impénétrables voies d’eBay et du destin ont en effet transporté et transmis, caché dans l’agenda à remplacer, un carnet d’adresses de 1951 chez notre auteure. Elle va découvrir qu’il s’agit de l’écriture de l’artiste Dora Maar. Nous partons alors à la rencontre, au fil des pages de cette quête, des contacts de celle qui fut l’une des maîtresses de Picasso et son égérie.

Un voyage dans l’histoire d’une femme qui, dans ses 90 ans de vie, est passée par tant de phases, de croyances, d’espoirs et, probablement à cause d’une propension à l’isolement après une trop forte exposition à la lumière, a bâti un monde qui l’a rendue malade et aigrie, je suis aussi perturbée que l’auteure à la découverte d’un penchant antisemite et de la possession de Mein Kampf par celle qui fut la photographe de Guernica.

Le livre est merveilleusement écrit, il a nécessité d’un très long travail de recherche et documentation.

L’œuvre de Brigitte Benkemoun est brillante et marquante.

“Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. ” dit l’auteure au tout début de cette aventure et effectivement le portrait « de la femme qui pleure » s’esquisse, prend forme se colore, s’épaissit.
Je suis admirative de ce reportage littéraire si intriguant. Chaque rencontre, chaque avancée dans la reconstruction des liens entre les noms du répertoire et Dora est un jeu de patience élégant et prenant.

Un cœur en plus que la note habituelle donc 6 cœurs pour ce splendide ouvrage à recommander !

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Stock

Brigitte Benkemoun
Le livre
Le livre
Extrait
Dora Maar Anonyme (à partir de 1944). Paris, musée Picasso. MP1998-147.
Leonor Fini photographié par Dora Maar
Dora Maar par Picasso
La femme qui pleure Picasso
Picasso devant Guernica photo de Dora Maar
Guernica
Jacqueline Lamba l’amie
À voir aussi

L’estrange malaventure de Mirella

Mot de l’éditeur :

Moyen Age. Les rats ont envahi la paisible bourgade d’Hamelin. Vous croyez connaître cette histoire par coeur ? Vous savez qu’un joueur de flûte va arriver, noyer les rats en musique, puis les enfants d’Hamelin ? Oubliez ces sornettes : la véritable histoire est bien pire, et c’est grâce à Mirella, une jeune fille de 15 ans, qu’on l’a enfin compris. Jusqu’ici, elle passait inaperçue en ville qui s’intéresserait à une porteuse d’eau, à une crève-la-faim, une enfant trouvée ? Seulement voilà, Mirella a un don ignoré de tous : elle voit ce que personne d’autre ne voit. Par exemple, elle a bien repéré ce beau jeune homme en noir, qui murmure à l’oreille de ceux qui vont mourir de la peste… Et ça lui donne une sacrée longueur d’avance. Y compris sur le plus célèbre dératiseur de tous les temps.

Biographie de l’auteur :

Flore Vesco est née à Paris en 1981. Plutôt que de tout miser sur son physique, elle a fait des études bien longues, de lettres et de cinéma. 

Elle a été professeur et a vécu à l’étranger, et sait dire « Vous habitez chez vos parents ? » en slovaque, en maltais et en roumain. 

Aujourd’hui, Flore Vesco vit en région parisienne. Elle aime les anagrammes, les rébus, les listes, et tout ce qui a des bulles (le champagne, le bain moussant, la bande dessinée…). 

Notre avis :

« Le joueur de flûte de Hamelin » a été inspiré par une légende née en 1284 en Allemagne dans la petite ville de Hamelin. Cette ville fut infestée de rats au grand désarrois de ses habitants. La légende retranscrit la peur des habitants de la ville pendant des siècles ! 

Le conte « Le joueur de flûte de Hamelin » a été publié dans Légendes allemandes en 1816 par les Frères Grimm. Et dans « Les Reïtres des Chroniques du règne de Clarles IX » de Prosper Mérimée. 

Mais comme dirait Roald Dahl, qui s’est aussi attaqué à la réécriture de quelques fables célèbres, « Un conte peut en cacher un autre ».

« L’estrange malaventure de Mirella » est un roman jeunesse qui peut se lire à tout âge, écrit de manière très drôle, vive et attachante il nous livre un récit fort différent du texte allemand.

Vous y découvrirez Mirella jeune fille de 15 ans perspicace, intelligente et altruiste. Pas d’ennuie, pas de répit, l’histoire (cette version de l’histoire) est prenante et la lutte contre le rongeurs et certains humains que nous pourrions définir aussi, en élargissant l’usage du mot, comme étant des rats est le fil principal de la trame du périple de notre héroïne. Une balade au Moyen Age et la revanche d’une rousse !

Pour continuer à revisiter le conte du Joueur de flûte nous pouvons lire aussi l’excellent  « Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants » de Terry Pratchett. Où des rats savants associés avec le joueur de flûte… et menés par le chat Maurice sillonnent les petites villes.

Flore Vesco est une plaisante découverte et son œuvre mérite sa place dans vos futures lectures.

École des Loisirs 

❤️❤️❤️❤️❤️

Coup de cœur !
Flore Vesco
Extrait
Extrait
Extrait
Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants 
Extrait : Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants 
Extrait : Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants
Extrait : Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants 

The red rat in Hollywood

Mot de l’éditeur :

En 1938, la Chambre des représentants des USA instaure une commission sur les « activités anti-américaines ».

Au début de l’année 1947, cette commission décida d’enquêter sur l’influence du communisme au sein de l’industrie du cinéma. Mais c’est le FBI qui, en fait, fournissait à la commission les renseignements sur les communistes travaillant à Hollywood, redéfinissant les limites de son pouvoir, désormais exponentiel. Une liste noire fut donc établie. Seuls onze personnes parmi ces sympathisants communistes seront entendus, ceux qui sont aujourd’hui connus comme les Dix d’Hollywood (+Bertolt Brecht qui fuira le sol américain). Les Dix refuseront de répondre aux questions sur leur appartenance ou non au parti communiste évoquant le 1er amendement de la constitution américaine, et déclenchant ainsi l’un des plus grand bras de fer de l’histoire américaine.

C’est l’histoire de cet affrontement que narre The Red Rat in Hollywood. Les plus grandes stars de l’écran se mobiliseront pour défendre la liberté contre le FBI. John Huston, Lauren Bacall, Groucho Marx, Franck Sinatra, Audrey Hepburn… les auditions se succèdent en parallèle des intrigues, chasses à l’homme, courses poursuites, et investigations musclées du FBI. Le maccartisme venait de naître.

Biographie de l’auteur :

Avant « L’Orchestre des doigts », Osamu Yamamoto a dessiné en 1988 un manga devenu célèbre, intitulé « Harukanaru Kôshien » : le récit, basé sur une histoire vraie, met en scène des lycéens sourds-muets qui créent un club de baseball et souhaitent participer à un tournoi théoriquement réservé aux lycéens dits « normaux ». Traiter ce genre de sujet en manga était alors une nouveauté. Cette œuvre a connu un vif succès et a été adaptée en film live et en série télévisée. Pour dessiner ce manga, Yamamoto a commencé à apprendre la langue des signes, qu’il maîtrise aujourd’hui. Après ce manga, il a exploré ce même sujet, à travers L’Orchestre des doigts. Deux grands themes marquent l’oeuvre d’Osamu Yamamoto: le handicap et la musique. Ils abordent ces sujets sous plusieurs angles dans ses series. Biliographie Sélective Japonaise – Harukanaru Kôshien (1988 – 1990) 9 Volumes – Donguri no ie (La Maison des Glands) (1993 – 1998) 7 Volumes – Satoshi (2000 – 2002) 9 Volumes – Hey!! Blues Man (2004) 3 Volumes – Tenjou no Tsuru (Les Accords Divins) (2003 – 2007) 10 Volumes.

Notre avis : 

Une belle surprise ce tome 1 de “The red rat in Hollywood”.

Je ne connaissais pas l’auteur, Osamu Yamamoto, je découvre donc son style graphique et ses images fortes et très communicatives accompagnées de textes bien adaptés qui nous plongent dans la dénonciation par le gouvernement américain des personnalités hollywoodiennes parmi les plus connues et appréciées, dans la chasse aux sorcières de Hoover qui engendrera le maccarthysme de façon plus globale.

Un récit historique bien documenté qui décrit parfaitement le climat et l’époque. Un manga éclairé et inventif.

Incroyable mais vrai en 1960 encore, le président Kennedy, nouvellement élu, et son frère Robert, doivent forcer la main à l’American Legion pour voir le film “Spartacus” : Dalton Trumbo (auteur de Johnny Got his Gun) a le tort d’en être le scénariste, et il est toujours dans la « liste noire ». Il faut attendre 1968 pour qu’un scénariste à l’index reçoive en son nom propre un Oscar : Waldo Salt, pour “Midnight Cowboy” (Macadam cow-boy).

Je vous recommande de voir le magnifique film   “Trumbo” en complément de cette lecture.

Le éditions Vega vont publier la suite de « The red rat in Hollywood » avec un tome 2 que j’ai hâte de le lire.

Je vous conseille ce manga intéressant et atypique.

❤️❤️❤️❤️❤️

Vega

Extrait
Extrait
Osamu Yamamoto
Vrai tract
Le film Trumbo à voir absolument !
Spartacus

Washington Black

Mot de l’éditeur :

La Barbade, 1830. À onze ans, Washington Black n’a d’autre horizon que le champ de canne à sucre de la plantation où il travaille avec d’autres esclaves. Quand le destin frappe à sa porte, c’est sous les traits de Titch, un scientifique anglais, jeune frère de son maître qui le choisit comme serviteur. Wash montre un talent inné pour le dessin et une curiosité d’esprit telle qu’il est promu assistant pour le projet fou de l’extravagant inventeur : construire un ballon dirigeable. Lorsqu’un vent mauvais les oblige à quitter précipitamment l’île à son bord, l’aventure prend un cours inattendu. Du pôle Nord à la Nouvelle-Ecosse, de Londres à Amsterdam, plus qu’un voyage, c’est un parcours initiatique qui attend le jeune Wash, en ce siècle de découvertes. Mais le chemin le plus dur à parcourir sera celui qui le conduira vers la liberté, une liberté assumée et entière.

Biographie de l’auteur :

Esi Edugyan est une romancière canadienne qui vit sur l’île de Vancouver, en Colombie britannique. Elle est l’auteure de 3 minutes 33 secondes, lauréat du Giller Prize en 2011. Washington Black a été finaliste du Man Booker Prize, a remporté aussi le Giller Prize, et a été unanimement salué par la critique.

Notre avis :

Washington Black est un livre tellement difficile à classer, je pense que c’est finalement ce qui le rend si bien. Un récit qui nous confronte aux horreurs de l’esclavage, un conte chargé d’aventures, de sensations fortes et de joies liées à la découverte scientifique.

C’est une histoire qui a sa part de cruauté et cela ne peut que nous toucher et déranger, mais aussi une histoire d’espoir, de regret et de vérité. C’est une histoire qui interroge également sur les relations et les liens dans une famille, c’est très prenant.

Le livre de Esi Edugyan a comme trame principale, l’histoire d’un garçon de 11 ans qui échappe à l’esclavage dans une plantation de canne à sucre de la Barbade, en 1830, avec l’aide du frère de son maître. Le cadet de la famille, Christopher « Titch » Wilde, demande à Washington de devenir son serviteur personnel et la vie commence à changer pour le petit. Titch est un scientifique qui enseigne à Wash non seulement à lire, mais également à comprendre des concepts et des équations scientifiques et à améliorer son talent naturel pour le dessin.

La prose d’Edugyan est élégante, richement détaillée et nuancée, en particulier dans la manière dont elle traite les thèmes de la liberté et de l’identité dans la vie de Titch et de Wash. Les aspects scientifiques et les passionnants voyages sont un pur bonheur à lire et me font évidemment penser à Jules Verne. Washington aide Titch à construire une machine volante, un engin semblable à une montgolfière, qui transportera les deux protagonistes dans une aventure extraordinaire.

La 20th Century Fox TV adaptera le roman en proposant une série, l’auteure sera de la partie en tant que producteur exécutif.

Je recommande fortement ce livre à celles et ceux qui aiment les aventures, la fiction historique, les personnages complexes et les intrigues multicouches. 

❤️❤️❤️❤️❤️

Liana Levi

Extrait
Extrait
Extrait
Esi Edugyan
Plantation avec esclaves
Montgolfière
Verne
Montgolfière Verne
Dessin publié par le NY Times

Morts

Mot de l’éditeur :

Alors qu’il venait de mourir, Joseph se réveilla…

Imaginez son étonnement en reprenant conscience sous le regard passablement vide de squelettes aux orbites creuses l’invitant à les suivre. C’est le début d’une aventure improbable où il est question de trépas, d’ossements et de poussière… beaucoup de poussière. Joseph est confronté à des interrogations existentielles dont la plus ardue est certainement de savoir s’il est vivant ou mort.

Et que dire des singuliers personnages qu’il va rencontrer ? Sont-ils aussi trépassés que lui ou le fruit d’un délire psychédélique ? D’une pitoyable expérience de mort imminente ? Ou tout simplement d’une indigestion de champignons ?

La fréquentation de cette galerie d’individus aussi célèbres que décédés, aux opinions très tranchées sur notre société, va amener Joseph à se poser une question fondamentale : mais où diable est passée la Vie ?

Mais, tandis qu’il découvre un monde plein de beautés, il se retrouve confronté à ses aspects les plus sombres et au conflit qui oppose les growls aux hommes. Tire-d’Aile doit grandir, et vite… car pour couronner le tout, il sent en lui s’éveiller un étrange phénomène… une puissance ancestrale dont pourrait bien dépendre l’avenir du monde.

Biographie de l’auteur :

Philippe Tessier est né en 1966 à Tassin-la-demi-lune. Après des études de commerce international peu convaincantes, il ouvre et gère pendant plusieurs années un magasin de jeu, l’Arche Perdue. Au cours de cette période, il fait ses premières armes dans le domaine de la traduction et de la création en s’attaquant au Guide Tooniversel pour le jeu Toon. Puis il enchaîne sur un premier essai s’inspirant d’une légende amérindienne : « Le Cinquième âge ».

Après la fermeture du magasin, il s’installe en tant que traducteur. Il travaille un temps pour la société Jeux Descartes où il traduit des suppléments pour Earthdawn, Advanced Donjons and dragons et Star Wars avant de rédiger le supplément Shadowrun France. Il se spécialise ensuite dans les jeux vidéo en collaborant aux traductions d’œuvres comme Baldur’s gate, Neverwinter nights, Everquest, Arcanum ou Planescape Torment. Parallèlement, il écrit le jeu Polaris, ses suppléments, les premiers romans situés dans cet univers et le roman « La cité des âmes ».

Après quelques années irrégulières, il devient traducteur dans le domaine du poker et relance le jeu Polaris pour le compte de la société Black Book. Les romans Polaris, entièrement révisés, sont de nouveau publiés et de nouveaux volumes viennent grossir la collection : la trilogie des « Foudres de l’abîme », « Domination 1 et 2 » et « Rédemption ». En 2010, Black Book a également édité un autre de ses livres, « Les anges foudroyés » tandis que la société d’édition Oskar a publié les deux premiers livres de la série « Sélénie des Terres Mortes » : La ville sans nom et le Voleur d’Histoires.

Redevenu traducteur dans le domaine des jeux de rôle, il participe aux traductions de The Strange, Torg, Starfinder et bien d’autres univers. Quant au jeu Polaris, il connaît un nouvel essor avec sa traduction en langue anglaise et la sortie de nouveaux suppléments détaillant les grandes nations de ce monde sous-marin.

Les Chroniques Hérétiques

Enfin, en 2017, les éditions LEHA éditent le premier tome des Chroniques Hérétiques, « les Loups d’Uriam », et publient en Février 2018, le second et dernier tome, « Une Saison de Cendres ». Philippe Tessier prépare actuellement de nouveaux romans, toujours pour le compte des éditions Leha.

Notre avis :

Un exploit, brillant et extravagant, ce livre porteur d’une vision de notre société des vivants nous conduit dans les tunnels de l’esprit.

Difficile pour Joseph, à son “réveil”, de se percevoir comme trépassé, il est immobile mais, il peut penser, il est dans cette première phase un peu le Chat de Schrödinger mort et vivant.

Joseph va devenir, une fois accepté de décrypter cette colonie de squelettes qui l’entoure, notre Virgile ou Béatrice, notre guide dans ce labyrinthe de situations étonnantes.

Les morts-vivantes sont le symbole du meilleur et du pire des caractéristiques humaines, la réflexion philosophique me fait aussi penser à la série « The Good Place ».

Quel bonheur de rencontrer la lumineuse Marie Currie, ou le manifestement inchangé Karl Marx ! Les dialogues, les interactions, les questionnements vous feront lire ce récit d’une seule traite et un sourire constant accompagnera cette aventure. C’est dans un tourbillons de mots, réparties cinglantes, doutes fort intelligents, analogies très bien placées que nous lecteurs évoluons.

« La Mort », personnage très important dans ce roman a, à mon avis, une parenté avec celle crée par la plume de l’inoubliable Terry Pratchett pour son Disque-Monde. « La Mort » est le personnage qui est le plus présent dans les Annales. Par ailleurs Philippe Tessier cite un certain Terry P. comme étant présent dans sa base de revenants.

Un livre qui mérite pour moi 6 étoiles. Oui une de plus que ma note maximale, puisque le style et la trame m’ont franchement enthousiasmée.

Je recommande cette œuvre mordante !

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Éditions LHEA

Morts le livre
Mort extrait (Terry P.)
Philippe Tessier
Autres livres de l’auteur à lire !
La Mort selon Terry Pratchett
La Mort dans le Disque-Monde
Chat de Schrödinger
The Good Place