
Édouard Leroy et moi avons rencontré au Zimmer Benjamin de Laforcade pour parler de son livre Woody.
Woody est un livre empreint d’humour, d’humanité et d’amitié. Une amitié qui ne juge pas, qui accompagne les failles, les mensonges, les excès, les maladresses. Une amitié capable de survivre aux absences, aux retours, aux rôles que l’on abandonne et à ceux que l’on tente de reprendre quand la vie a continué sans nous.
C’est aussi un roman sur l’invention de soi. Woody grandit auprès de Valentin et Abigaëlle, deux présences nécessaires, trois personnages avec des orientations sexuelles différentes, aimés, désirés, essentiels. Autour d’eux se dessine une adolescence traversée par la fantaisie, la fragilité, les faux-semblants. Woody ment, exagère, se raconte autrement, comme si la vérité brute ne suffisait jamais à tenir debout. Il se fabrique un personnage, parfois drôle, parfois désarmant, souvent bouleversant.
Un personnage aussi pour résister aux injonctions.
Benjamin de Laforcade écrit avec une tendresse très fine pour celles et ceux qui ne trouvent pas tout à fait leur place. Son roman regarde l’échec intime sans cruauté. Il préfère le sourire à la sentence, la délicatesse à l’ironie facile. On rit, mais jamais contre Woody. On rit avec lui, ou plutôt près de lui, là où le comique devient une manière de se protéger.
J’ai aimé cette façon de faire de la maladresse une matière romanesque. Woody parle d’amitié, d’amour, de désir, de construction de soi, mais aussi de cette question plus secrète : que reste-t-il de nous quand les autres ont cessé de nous attendre ?
Un roman tendre, vif, mélancolique, traversé par une drôlerie aux accents british. Un livre sur les êtres qui débordent, qui se trompent, qui reviennent, et que la littérature accueille sans les réduire.