Winter is coming

Parution 02/05/2019

Mot de l’éditeur : 

Une brève histoire politique de la fantasy

« Les dragons et les Hobbits ont toujours été des animaux politiques. Voyager avec eux, c’est prendre des détours pour mieux parler de l’indicible, c’est s’aventurer sur des chemins de traverse vers d’autres futurs. »

Grande fresque épique de fantasy inspirée des romans de G. R. R. Martin, Game of Thronesest désormais la série la plus célèbre au monde. Cette fascination pour un univers médiéval, dont les protagonistes craignent la venue d’un long hiver apocalyptique, fait écho aux angoisses contemporaines concernant le dérèglement climatique causé par l’activité humaine. 

G. R. R. Martin n’a pas été le premier auteur à utiliser la fantasy pour parler des dérives du monde moderne et d’écologie. À bien y regarder, le genre du merveilleux contemporain développé à la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne a constamment servi d’outil pour critiquer la société industrielle.

De William Morris à J. R. R. Tolkien en passant par Ursula Le Guin, Robert E. Howard ou Hayao Miyazaki, ce petit ouvrage invite à questionner la généalogie politique de la fantasy.

Biographie de l’auteur:

William Blanc est historien. Il est notamment l’auteur de Super-Héros, une histoire politique(Libertalia, 2018) et Le Roi Arthur. Un mythe contemporain (Libertalia, 2016).

DU MÊME AUTEUR
AUX ÉDITIONS LIBERTALIA

Notre article sur :

Notre avis :

William Blanc et les éditions Libertalia nous ont habitués à des textes très bien documentés qui ouvrent la voie à une vision “politique” et à des interprétations pas forcément immédiates des légendes, ou des Super-héros et maintenant de la Fantasy.

Winter is coming se presente toutefois au lecteur dans un gabarit différent par rapport aux précédents ouvrages de l’auteur, il s’agit d’un court essai format poche, qui donne envie de dire, j’en veux plus je ne veux pas que le livre se termine !

Écriture fluide et captivante, une fois sur les traces de William Morris de Tolkien et des autres auteurs que nous retrouvons dans les pages de cet essai, nous n’avons vraiment pas envie de nous arrêter.

L’œuvre de Martin est de celles qui nous « forcent » à lire davantage sur le sujet grâce aussi aux riches indications « pour aller plus loin » fournies par l’historien. 

J’ai été ravie de découvrir et lire Winter is coming, les parallels avec notre société actuelle sont plus que pertinents.

La description de l’inspiration que Tolkien tire de William Morris (incroyable et éclectique personnalité de l’époque victorienne : artiste, penseur politique, traducteur, écrivain et éditeur) est aussi due à l’idée.  d’une modernité qui n’est pas uniquement porteuse d’un avenir meilleur pour la planète et ses habitants.

Une lecture que je recommande, à partager avec les fans de Games of Thrones certes, mais également avec celles et ceux qui se questionnent et ont envie d’ouvrir leur vision sur la littérature et l’écologie. « Winter is coming » est bien une métaphore de la menace du réchauffement climatique. Évoquée constamment par le amateurs et les  exégètes de l’auteur, cette explication a été confirmée George R. R. Martin en 2018.

Vous l’aurez compris pour moi c’est encore un livre intelligent qu’il faut lire !

❤️❤️❤️❤️❤️

Libertalia

William Blanc
Game of Thrones
George R. R. Martin
William Morris

Le Plancher de Joachim

Le magnifique livre de Jacques-Olivier Boudon vient de sortir en format poche dans la prestigieuse collection Folio histoire, il s’agit d’une édition augmentée.
Prix Georges Goyau de l’Académie française 2018

Mot de l’éditeur :

À quelques kilomètres d’Embrun dans les Hautes-Alpes, sur les bords du lac de Serre-Ponçon, jaillit soudain un château aux allures médiévales, le château de Picomtal. Au début des années 2000, les nouveaux propriétaires effectuant des travaux découvrent, au revers des planchers qu’ils sont en train de démonter, des inscriptions. Cent vingt ans plus, au début des années 1880, le menuisier qui a monté le parquet dans les différentes pièces s’est confié. L’homme sait qu’il ne sera lu qu’après sa mort. Il adresse un message outre-tombe et parle de lui, de ses angoisses, de sa famille, de ses voisins, faisant revivre une société villageoise confrontée au progrès économique matérialisé par l’arrivée du chemin de fer, mais aussi à l’avènement de la République. Mais c’est surtout quand il évoque les secrets des uns et des autres, quand il parle de sexualité, que Joachim Martin s’avère un témoin passionnant des moeurs souvent cachées de son temps. On dispose de peu de témoignages directs des gens du peuple, mais cette façon de s’exprimer est totalement inédite. Qui plus est ces confessions revêtent un caractère exceptionnel. À travers son témoignage, sur lui-même et son village, c’est ainsi toute une époque qui revit.

Biographie de l’auteur :

Jacques-Olivier Boudon, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, est professeur d histoire contemporaine à l’université Paris Sorbonne où il dirige aussi le Centre d’histoire du XIXe siècle et l’Ecole doctorale d’histoire moderne et contemporaine. Président de l’Institut Napoléon et directeur scientifique de la Bibliothèque Marmottan, il a publié une trentaine d’ouvrages consacrés à l’Empire et à l’histoire du XIXe siècle, dont deux couronnés par un prix de l’Académie des sciences morales et politiques.

Notre avis :

Le livre dont je vais vous parler, est plus que un coup de cœur, il fait partie d’une catégorie un peu à part que je définirais « s’émerveiller avec l’histoire » effet que j’ai eu aussi avec « Les Rois Thaumaturges » de Marc Bloch, « La naissance du Purgatoire de Jacques Le Goff et « Une petite ville nazie » de William S. Allen entre autres.

Le Plancher de Joachim de Jaques-Olivier Boudon est un véritable cadeau pour les habitués et amoureux des recherches historiques mais aussi pour celles et ceux qui pourraient s’y intéresser grâce à la beauté et accessibilité de cet essai.
Le livre, magnifiquement écrit, est le fruit de l’analyse et l’étude de 72 lattes dont les faces cachées se trouvent écrites par le menuisier qui, autour de 1880, accepte de refaire le parquet du château de Picomtal, ses écrits, tracés – sans doute – avec son crayon de travail dressent un portrait du village de Crottes, de la vie de la région et de la période historique que Joachim Martin traverse.

Je ne peux m’empêcher de penser à « Spoon River » d’Edgar Lee Masters où les morts témoignent de ce que furent des existences souvent marquées par la souffrance et la duplicité des membres de la communauté.
Notre menuisier sait que la lecture de ses planches adviendra après sa mort et il n’est donc pas apeuré par les jugements possibles, il écrit avec simplicité sa vision de l’époque qu’il vit en véhiculant un message puissant et rare.

Joachim, par exemple, éprouve un sentiment positif pour les avancées apportées par la République et, très lié à notre actualité, il manifeste son attachement à l’éducation pour toutes et tous.

Boudon reconstruit l’histoire de la famille de Joachim Martin en s’appuyant sur tous les documents de l’état civil et autres pièces écrites accessibles de nos jours, on a l’impression de connaître le menuisier et sa vie et de l’imaginer écrire ses mémoires sur les planches en bois qui sont son quotidien.
Un livre qu’il faut absolument savourer, offrir et partager, un témoignage unique, riche et passionnant.

Une recherche historique qui se lit comme un reportage, presque comme un roman, cet ouvrage vous ravira.

Je vous conseille également de suivre l’auteur et lire ses autres œuvres, j’en ai été conquise

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Éditions Belin et Folio histoire

Un artiste anglais, Vaughan Grylls a exposé, dans une  galerie londonienne, des sommiers faits de lattes de bois, sous  lesquelles on peut lire les propos de Joachim  traduits en anglais
Les planches
Édition Belin
Édition Folio
Édition Folio
Château de Picomtal
Jaques-Olivier Boudon

Argent animal

Mot de l’éditeur :

Lors d’une conférence sur la finance en Amérique du Sud, cinq économistes développent un concept de monnaie vivante, capable de se reproduire. Bientôt l’argent animal croît et se multiplie, envahissant le monde.

Biographie de l’auteur :

Ne en 1970. écrivain, traducteur et professeur de littérature, Michael Cisco a publié outre-Atlantique plus d’une dizaine de romans. Il vit à New York. Il est souvent décrit comme le Kafka américain. Ses deux premiers romans, The Tyrant et The Divinity Student, paraîtront en 2019 et 2020 Au Diable Vauvert.

Biographie du traducteur :

Né en 1962, Claro est l’auteur d’une quinzaine de fictions. Egalement traducteur de l’anglais (une centaine d’ouvrages traduits : Vollmann, Gass, Gaddis, Rushdie, Moore…), il est membre du collectif inculte. Il tient un blog littéraire : « Le Clavier cannibale ». Il écrit une chronique dans Le Monde des livres « le feuilleton de Claro » et son prochain livre « Substance » paraîtra en août 2019.

Notre avis :

Quelle excellente lecture, troublante et surréaliste. J’ai lu cet ouvrage deux fois.

Le livre déroule son intrigue autour de cinq économistes qui participent à une conférence et proposent le concept de monnaie animale, dans un nouveau système économique bizarre et fascinant … sauf que ce n’est pas si simple à mettre en place. Dans cette réalité future fictive crée par Cisco, les économistes (à l’instar d’autres universitaires) sont une puissante organisation presque une secte. L’idée de l’argent animal qui prend racine dans leur imagination dérange beaucoup de monde et une série d’événements étranges commence à se produire. 

Le complot, avec toutes sortes de forces et puissances en place essayant de supprimer l’idée de la monnaie animale et d’arrêter ses créateurs se met en place rapidement et nous submerge de pistes, de situations et d’épisodes variés. Au fil des pages tout devient de plus bizarre autant q’étrange. Nous découvrons des extraterrestres, des voyages dans l’espace, un narrateur fantôme mort, un journaliste qui boit beaucoup, une araignée géante qui gère une île qui apparaît de nulle part et qui communique avec des personnes buvant son venin (ou quelque chose du genre), un scientifique qui peut être ou non une création fictive et bien oui nous découvrons tout ça et plus encore dans ce récit peu commun et peuc commun.

Je  vous laisse naturellement découvrir le rôle et l’évolution de chaque personage. L’un de mes préférés est sans doute, SuperÉsope.

Nous sommes en présence d’une histoire incroyablement imaginative. Cisco nous plonge dans son univers fantasmagorique et pourtant cohérent si on se laisse transporter par la cascade de mots de l’auteur. Ce roman est fantastique et possède un merveilleux élan narratif. C’est l’une des œuvres les plus intenses et en même temps amusantes et oniriques que j’ai eues à lire depuis des années. Philosophie, critique du système capitaliste ce livre est une aventure littéraire avec un style unique.

Je suis vraiment impatiente de lire plus de livres de Michael Cisco.

J’espère que ses œuvres récentes, déjà publiées aux Etats-Unis, le seront aussi en France, je pense par exemple à The Wretch of the Sun.

Au Diable Vauvert 

❤️❤️❤️❤️❤️

Michael Cisco
Couverture du livre en version américaine
Vonn Stropp auteur de la couverture d’Argent animal
Vonn Stropp auteur de la couverture d’Argent animal
Extrait
Extrait
Extrait
Extrait SuperÉsope
Extrait SuperÉsope
Kafka La Métamorphose

Le Vampyre

Mot de l’éditeur :

Au mois de mai 1816, le poète anglais Lord Byron, son médecin et secrétaire John Polidori, Mary Godwin (future Mary Shelley) et le philosophe et  poète Percy Shelley séjournent près de Genève.

Le soir, réunis autour du feu, ils aiment se lire à haute voix des poèmes sur les vampires. Par une nuit particulièrement agitée, ils décident de se divertir en écrivant chacun une histoire de fantôme.

Mary Godwin, qui avait dix-neuf ans, commence ce qui allait devenir Frankenstein ; Lord Byron écrit un fragment sur un vampire aristocrate appelé Darvell. À partir de ce fragment, Polidori, alors âgé de vingt-et-un ans, écrit Le Vampyre (1819).

Un étranger arrive à Londres. Il séduit hommes et femmes, mais semble enveloppé de ténèbres. Qui est-il ? Se pourrait-il qu’il soit une créature maléfique ?

Dans ce bref roman, Polidori invente la fgure moderne du vampire, en croisant les légendes qu’il a recueillies en voyageant avec Byron, et un portrait  peu flatteur de son employeur, aristocrate séducteur, froid et destructeur. Immense succès des années 1820, ce texte inspire  suites et adaptations théâtrales. La continuation la plus connue est ici reproduite à la suite du texte de Polidori : Le Comte Ruthwen ou les Vampires de Cyprien Bérard (1826), un récit empreint de romantisme noir.

Traduction d’Arnaud Guillemette.

Postface de Thomas Spok et David Meulemans, qui étudie la naissance de ce mythe et de cette matrice allégorique, deux cents ans après sa première publication.

Biographie de l’auteur :

John William Polidori (Londres, 7 septembre 1795 – Londres, 24 août 1821), fils de Gaetano Polidori, est un écrivain italo-anglais. Il est notamment connu pour la nouvelle Le Vampire (The Vampyre), parue en 1819 et qui popularise le thème du vampirisme dans la littérature.

Notre avis :

Aux Forges de Vulcain nous propose un livre dans un format qui présente « Le Vampyre » de John William Polidori, sa suite « Le Comte Ruthwen ou les Vampires » de Cyprien Bérard et une intéressante postface.

Nous pouvons retrouver des créatures avec des caractéristiques proches du vampire, (monstres anthropophages ou suceurs de sang) dans des croyances présentes un peu partout, chez les Babyloniens, les Romains tout comme en Chine. Ces phénomènes naissent de tout un imaginaire associé aux peurs ancestrales de la mort mais aussi au caractère sacré du sang, considéré comme le siège de l’âme et donc interdit de consommation. Du Moyen Âge au XVIIe siècle, la croyance en la vie après la mort n’a jamais été aussi forte, liée à des périodes où coïncidaient épidémies et affaires de pillage de sépultures. On attribue aux vampires la profanation des tombes et les disparitions de jeunes filles vierges entre autres méfaits. L’Église catholique, par ses campagnes menées contre ses grands ennemis comme les sorcières, les bêtes monstrueuses et les vampires, alimente la terreur populaire et encourage la production de traités pour combattre ses êtres démoniaques. Dans « Magia Posthuma », un petit ouvrage de 1706, Ferdinand de Schertz raconte que de son temps, les observations de vampires dans les montagnes de Silésie et de Moravie étaient fréquentes. Les créatures apparaissaient en plein jour comme la nuit. Le seul remède contre ces apparitions était de couper la tête et de brûler le corps du buveur de sang. Emily Gerard dans son récit « Superstitions en Transylvanie » nous explique qu’ils existent deux sortes de vampires : les vivants, généralement des enfants illégitimes et les morts, des revenants tués et transformés par un vampire.

Tout ceci est l’état des lieux du monde vampirique avant la naissance du vampire moderne que Polidori initie dans son livre. L’auteur décrit un vampire cultivé, en apparence romantique, énigmatique, fin charmeur en société mais également loin d’être innocent puisque comme dirait l’écrivaine Morgane Caussarieu « Les gentils vampires n’existent pas ».

Dans « Le Vampyre » Aubrey, un jeune homme orphelin en possession d’une grosse fortune rencontre à Londres le mystérieux Lord Ruthven. Aubrey est fasciné par Ruthven et decide de se rendre en Europe avec lui. Plus Aubrey passe du temps avec Ruthven, plus il découvre d’étranges événements et attitudes, il décide alors de prendre ses distances et s’éloigner de son dangereux compagnon de voyage mais il est déjà trop tard pour sauver tout ce qui lui est cher de la soif du vampire. Lord Ruthven, hérite des traits de tous les grands libertins raffinés et amateurs d’art. Polidori n’est cependant pas l’inventeur de Ruthven, il s’est inspiré de l’oeuvre de Lord Byron écrite la même nuit qui a vu la création de Frankenstein par Mary Shelley. Polidori fut, en effet, le secrétaire et médecin de Byron, homme dont la personnalité excentrique et le mode de vie furent une source d’inspiration pour le fameux Ruthven.

Cette nouvelle est très agréable à lire tout comme sa suite « Le Comte Ruthwen ou les Vampires » de Cyprien Bérard, nous y retrouvons le dangereux Lord Ruthwen qui se rend à Venise et frappe à nouveau, tuant la jolie Bettina et torturant son amoureux, Léonti, qui jure de la venger et décide de se joindre au combat d’Aubrey devenu chasseur de vampires à la recherche de ce monstre insaisissable qui a détruit sa vie. 

J’ai été ravie de la publication et de la lecture de « Le Vampyre ».

Étant une grande amatrice de littératures de l’imaginaire je connaissais Polidori et son texte qui fut acclamé lors de sa sortie mais j’ai découvert le récit romantique et gothique de Cyprien.

La postface signée par Thomas Spok et David Meulemans est une belle surprise et porte un regard intéressant sur l’évolution du mythe du vampire.

« Le Vampyre » est un livre nécessaire pour mieux comprendre les ouvrages qui ont suivi comme par exemple « La Dame pâle » d’Alexandre Dumas, les récits de Mérimée, Maupassant, Gautier, le magnifique « Carmilla » de Sheridan Le Fanuet et évidemment « Dracula » de Bram Stoker. Nous constatons ainsi que à partir de « Le Vampyre » l’écriture a arraché le vampire à la superstition pour en fabriquer un mythe littéraire dont l’empreinte persiste.

Le vampire ne cesse et ne cessera sans doute jamais de faire parler de lui. Refuge de nos contradictions, personnage polyvalent, hybride et énergique, il séduit toujours. S’il n’inspire plus la peur, il reste un objet de fascination. Monstre intemporel, il s’adapte aux époques et aux langages nouveaux.

Juste pour l’anecdote Lord Ruthwen est aussi un vampire personnage de Marvel Comics qui apparaît dans La Terre-616 (Earth-616).

Le vampire littéraire est encore aujourd’hui vivant, ou plus exactement non-mort, il n’est donc pas si simple à enterrer.

Je ne peux donc que vous dire de vous laissez tenter et vous recommander la lecture de « Le Vampyre »

❤️❤️❤️❤️❤️

Aux Forges de Vulcain 

Polidori de Richard Westall 1813
Extrait
Portrait de Lord Byron
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Lord Ruthwen Marvel Comics

Il fallait que je vous le dise

Scénario et Dessin Aude Mermilliod

Parution le 24/04/2019

Mot de l’éditeur :

La rencontre de la dessinatrice Aude Mermilliod et du romancier Martin Winckler. Deux voix pour rompre le silence sur un sujet encore tabou, l’IVG.

Si elle donne le choix, l’IVG ne reste pas moins un évènement traumatique dans une vie de femme. Et d’autant plus douloureux qu’on le garde pour soi, qu’on ne sait pas dire l’ambivalence des sentiments et des représentations qui l’accompagnent. L’angoisse, la culpabilité, la solitude, la souffrance physique, l’impossibilité surtout de pouvoir partager son expérience. Avec ce livre, Aude Mermilliod rompt le silence, mêlant son témoignage de patiente à celui du médecin Martin Winckler. Leur deux parcours se rejoignent et se répondent dans un livre fort, nécessaire et apaisé.

Biographie de l’auteur :

Aude Mermilliod est une illustratrice, graphiste, rédactrice et auteure de bandes dessinées. Originaire de Lyon, cette véritable autodidacte quitte sa ville d’origine après le lycée pour poursuivre des études aux Beaux-Arts de Toulouse. Vivant à côté d’une librairie/galerie,elle découvre le 9e Art en se plongeant dans une incommensurable quantité d’albums divers et variés. En 2014, elle passe une année à Montréal dans un atelier où sont présentes les maisons d’éditions indépendantes québécoises Pow Pow et La Mauvaise Tête. Cela lui permet de travailler sur son projet Les Reflets Changeants, avec lequel elle gagne le Prix Raymond Leblanc de la jeune création en 2015. Il fallait que je vous le dise est son premier titre chez Casterman.

Notre avis :

Un roman graphique pour parler de l’IVG, dessins et textes sont au service de cette divulgation précieuse et originale.

Un échange, un dialogue soignée/soignant écrit avec les mots qui conviennent. Le médecin dans cette bande dessinée est bien connu et particulièrement emblématique, il s’agit de Martin Winckler qui a récemment publié l’excellent L’École des soignantes.

L’auteure a lu Le Chœur des femmes de Winckler, cela lui a fait du bien et a fait germer l’idée de cet ouvrage.

J’apprécie la douceur des dessins et la façon de présenter une thématique importante et sensible.

L’émotion est continue dans cette lecture qui est un trésor à partager.

Une exhortation au respect de la femme à lire et diffuser le plus possible.

❤️❤️❤️❤️❤️

Casterman

Aude Mermilliod
Extrait
Extrait
Extrait
Martin Winckler
Le Chœur des femmes
1974

1793

Date de parution 04/04/2019

Mot de l’éditeur :

1793. Le vent de la Révolution française souffle sur les monarchies du nord. Un an après la mort du roi Gustav III de Suède, la tension est palpable. Rumeurs de conspirations, paranoïa, le pays est en effervescence. C’est dans cette atmosphère irrespirable que Jean Michael Cardell, un vétéran de la guerre russo-suédoise, découvre dans un lac de Stockholm le corps mutilé d’un inconnu. L’enquête est confiée à Cecil Winge, un homme de loi tuberculeux. Celui-ci va bientôt devoir affronter le mal et la corruption qui règnent à tous les échelons de la société suédoise, pour mettre au jour une sombre et terrible réalité.

Puissant, charnel, noir et fiévreux, 1793 évoque autant Le Parfum de Patrick Süskind que les thrillers de James Ellroy. Véritable phénomène d’édition dans les pays scandinaves, encensé par une critique dithyrambique, ce premier roman est un coup de maître. On n’a pas fini d’en entendre parler. 

Biographie de l’auteur :

Niklas Natt och Dag est né en 1979. L’histoire familiale de l’auteur est intimement liée à l’Histoire de Suède. Il est issu de la famille suédoise noble la plus ancienne qui ait survécu. Ses ancêtres furent responsables du meurtre du rebelle Engelbrekt en 1436. Ils dirigèrent l’armée qui céda la ville de Stockholm aux Danois en 1520. Sa famille fut contrainte à l’exil après avoir demandé l’abdication de Charles XIV en 1820.

Le nom de famille de l’auteur, Natt och Dag, peut se traduire littéralement par « Nuit et Jour ». L’origine de ce nom provient des armoiries familiales qui représentent un bouclier scindé horizontalement, en doré et en bleu.  

Quand il n’est pas en train de lire ou d’écrire, l’auteur s’adonne à une autre de ses passions, la musique. Il  joue de la guitare, de la mandoline, du violon ou encore du shakuhachi, une flûte en bambou japonaise.

Niklas Natt och Dag vit à Stockholm avec son épouse et leurs deux fils.

Notre avis : 

Étonnant ce livre, différent de ce que j’imaginais. J’aime la plume de Niklas Natt och Dag et j’apprécie tout autant l’intrigue.

J’ai été positivement surprise par la manière de gérer le mystère et les personnages qui apparaissent comme les pièces choisies pour former le complexe puzzle qui est ce roman. Des hommes et des femmes qui font face à leur destin, à leur condition. Le rapport au climat, aux intempéries et à la lumière est aussi important pour avoir une idée de la vie des protagonistes.

Le Stockholm de 1793 est très présent  dans le récit, dans cette fresque historique qui nous montre sans détours la trivialité de l’époque. La corruption est partout, Gustav III est assassiné en 1792, son fils vient monter sur le trône à l’âge de 13 ans et le régent n’est pas vraiment populaire, donc la Révolution française échauffe les esprits.1793 est également l’année de l’exécution de Mari-Antoinette, les nouvelles de France cheminent vers le nord et font peur aux monarchies en place.

Cardell et Winge, nos deux enquêteurs atypiques, suivront des pistes complexes et finiront par trouver leur chemin et volonté de justice dans cet univers dur et bouleversant.

Trame prenante et originale, final inattendu et remarquable, que demander de plus ?. Le peuple, au moins pendent cette lecture, va être satisfait ! Un premier livre intense et réussi pour cet auteur suédois à découvrir et suivre.

❤️❤️❤️❤️❤️

Sonatine

Niklas Natt och Dag
Extrait
Extrait
Gustave IV
Exécution Marie-Antoinette