Le Consentement

Mot de l’éditeur :

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin «  impérieux  » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.

«  Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence  : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre  », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d’une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l’ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d’une époque, et la complaisance d’un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.

Biographie de l’auteur :

Vanessa Springora, née le 16 mars 1972 est une éditrice, écrivaine et réalisatrice française. Elle publie, début janvier 2020, l’ouvrage Le Consentement, témoignage de sa relation avec Gabriel Matzneff

lorsqu’elle était adolescente et lui adulte.

Notre avis :

Quand j’étais enfant et faisais un cauchemar, j’imaginais enfermer les méchants dans un tableau, Vanessa Springora avec «Le Consentement » dit vouloir “prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre”

Elle nous raconte son enfance et son milieu familial qui la prédisposait à la future fascination pour un écrivain admiré, le sulfureux Gabriel Matzneff.

Il ne s’agit pas d’un viol explique l’autrice mais de l’histoire de l’emprise qu’un homme brillant et cultivé peut exercer sur une jeune fille et de l’indifférence du milieu littéraire des années 80…

Olivia de Lamberterie décrit très bien, à mon avis, la complexité de ce texte : « J’ai trouvé que c’était un livre admirable, très intelligent, avec beaucoup de distance, très honnête et donc très déchirant“.

Effectivement c’est déchirant de lire comment les institutions et les proches ont joué aux « trois singes sans sagesse » en se cantonnant à un trop facile « Ne vois pas », « N’entends pas », « Ne parle pas ». 

L’autrice décrit aussi l’attitude de sa mère qui m’a profondément perturbée. Elle considère sa fille comme une adulte à un âge où le besoin de repères est encore très fort.

Cet ouvrage décortique habilement les procédés de G.M. qui charme ses victimes et futurs personages de ses romans ou de ses carnets.

Par rapport à l’œuvre de Mazneff la solution, declare Vanessa Springora, serait que, si on réédite les journaux, ils soient accompagnés d’un avertissement, « afin de montrer que certaines publications ont pu exister, qu’elles sont le marqueur d’une époque », dit-elle. « Mais je ne suis pas une défenseure de la censure, pas du tout. »

Que les mots de ce livre soient libérateurs pour toutes celles et ceux qui pensent être coupables et sont en réalité victimes de la force de la manipulation.

❤️❤️❤️❤️❤️

Grasset 

Vanessa Springora
Extrait
Extrait
Extrait
Quartier Saint-Germain-des-Prés
Lycée et Prepa Fénelon

Lisière Voyage aux confins de l’Europe

Mot de l’éditeur :

Quand Kapka Kassabova retourne en Bulgarie, son pays natal, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, c’est à la frontière avec la Turquie et la Grèce qu’elle se rend. Une zone inaccessible lorsqu’elle était enfant et que la guerre froide battait son plein, un carrefour qui grouillait de militaires et d’espions.

Au gré de son voyage, l’autrice découvre les lieux qui furent dominés par des forces successives, de l’Empire ottoman au régime soviétique, et baignés de mythes et de légendes. Son livre est peuplé de magnifiques portraits de contrebandiers, chasseurs de trésors, botanistes et gardes-frontières, et aussi de migrants.

Lisière est à la fois le récit d’une immersion dans les coulisses de l’Histoire, un regard neuf sur la crise migratoire en Europe et une plongée au coeur de géographies intimes. Il se situe à mi-chemin entre les oeuvres de Ryszard Kapuscinski et de Svetalana Alexievitch.

Biographie de l’auteur :

Kapka Kassabova est née à Sofia en 1973. Elle y a grandi jusqu’à ce que sa famille quitte le pays après la chute du Mur. Elle habite aujourd’hui en Écosse et se consacre à l’écriture. Lisière a reçu plusieurs prix au Royaume-Uni et a été acclamé par une presse unanime.

Notre avis :

Quel merveilleux voyage a été ce livre.

«Lisière » est une méditation admirable et évocatrice sur des frontières réelles et imaginaires. 

J’ai été complètement fascinée par l’écriture de cet ouvrage, l’autrice tisse une exquise toile en conjuguant le mythique et le réel.

La prémisse principale de ce texte tourne autour du retour de l’autrice en Bulgarie après avoir émigré il y a vingt-cinq ans. Son objectif est d’explorer la frontière que la Bulgarie partage avec la Turquie et la Grèce. J’ai apprécié la façon de combiner l’histoire, le mysticisme et la spiritualité avec les vrais récits d’individus rencontrés.

Kapka Kassabova propose une trame riche.

Elle fait des allers-retours dans le temps, décrivant à la fois les peuples qui ont vécu au même endroit pendant des siècles et ceux qui ont été déracinés à maintes reprises, souvent plusieurs fois en une génération.

L’écriture de Kassabova est élégante et lyrique avec une sorte de mélancolie envoûtante qui plonge le lecteur dans le paysage qu’elle explore.

Je recommande vivement ce livre.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Marchialy

Kapka Kassabova
Extrait
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Bulgarie
Frontière
Représentation de Nessos

Le Livre jaune

Mot de l’éditeur :

Un pirate s’échoue sur les rivages de Carcosa, la Cité d’Ailleurs. Persuadé d’être mort, il est amené par Maar, un aveugle qui semble tout savoir de lui, au Roi en jaune. Ce dernier, hanté par le souvenir de ses amours, lui propose de revenir à la vie s’il parvient à le débarrasser de sa malédiction. Commence alors la quête du pirate à la recherche de son propre trésor perdu, Ananova, la femme qu’il a tant chérie et pleurée.

Biographie de l’auteur :

Michael Roch est un des cinq écrivains à suivre selon Le Point Pop et son précédent roman, Moi, Peter Pan, a été sélectionné pour le Grand Prix de l’Imaginaire 2018. Michael Roch est également scénariste et chroniqueur de La Brigade du Livre sur YouTube.

Notre avis :

Le premier livre de Michel Roch, « Moi, Peter Pan », m’avait enchantée et avec « Le Livre Jaune » un autre voyage fantasmagorique et philosophique est présenté au lecteur.

Nous sommes, cette fois, dans la la Cité d’Ailleurs, le Pirate qui a échoué dans ce monde imaginaire est conduit dans son chemin et sa quête, par Maar, dit l’Œil, serviteur de l’énigmatique Roi en Jaune qui domine une bonne partie du récit.

Maar est le « Virgile » de notre protagoniste dans cette descente aux Enfers puissante et thaumaturgique 

à la recherche de soi, à la recherche de la force de l’Amour.

Les références à Dante sont multiples et raviront les amateurs.

L’auteur utilise les mots pour accompagner les symboles et les archétypes qui se dessinent au fil des pages mais ici tout espoir n’est pas perdu.

La référence au livre « Le Roi en jaune », recueil de 10 nouvelles écrit par Robert W. Chambers et publié pour la première fois en 1895, est plutôt évidente.

Chambers se glisse dans son œuvre dans les pas d’artistes ou d’étudiants américains aux Beaux-Arts, avec comme fil conducteur, la présence du livre reproduisant le texte d’une pièce de théâtre interdite, « Le Roi en jaune », dont la lecture semble avoir des conséquences particulièrement néfastes et angoissantes. Ce recueil, aimé par Lovecraft, a inspiré la série True Detective.

Michael Roch est un incroyable conteur capable de transmettre les états d’âme de ses personages, étrange et onirique un court livre à lire.

❤️❤️❤️❤️❤️

Mü éditions

Michael Roch
Extrait
Extrait
Dante et Virgile

FRIEDA – La Véritable Histoire de Lady Chatterley

Mot de l’éditeur :

Le destin d’une femme exceptionnelle. 

Une histoire d’amour qui est devenue synonyme de libération sexuelle.

En 1912, une jeune baronne allemande vivant à Nottingham commet l’irréparable : elle quitte son confortable foyer et ses trois adorables enfants pour vivre son amour. La décision de Frieda von Richthofen va donner naissance à l’un des plus grands scandales de son temps. 

Mais qu’est-ce qui peut pousser une femme à quitter ses enfants ? Quel amour peut être plus fort que celui d’une mère ? 

Inspiré d’une histoire vraie, Frieda raconte le parcours courageux de celle qui a inspiré l’œuvre de D.H. Lawrence et notamment le très sulfureux roman L’Amant de lady Chatterley. 

Il explore les sentiments et les émotions complexes qui traversent une femme qui se bat pour être à la fois libre et mère. Des questions qui résonnent encore aujourd’hui.

Biographie de l’auteur :

Annabel Abbs s’est imposée comme la nouvelle auteure anglaise de romans biographiques à succès. Son premier titre, The Joyce Girl, a été publié dans huit pays et a reçu le Impress Prize pour les nouveaux auteurs en 2015. Frieda est son deuxième roman.

Notre avis :

« L’Amant de Lady Chatterley » de David Herbert Lawrence imprimé à Florence en 1928, provoqua un scandale et ne sera publié en Grande Bretagne que trente ans après environ.

Trop scabreux et surtout coupable d’évoquer l’histoire d’amour entre un homme de la classe ouvrière et une aristocrate.

Dans “FRIEDA – La Véritable Histoire de Lady Chatterley”, Annabel Abbs nous offre un portrait émouvant de Frieda, fille de l’aristocrate allemand Baron von Richthofen, mariée au professeur d’anglais Ernest Weekley elle vit à Nottingham. Une visite de sa sœur la dérange et elle décide de se rendre en Allemagne, laissant ses trois enfants avec Ernest et la nounou. Nous sommes en 1907 et Munich est une ville pleine de nouvelles idées et d’amour libre, il semble donc inévitable pour Frieda de prendre un amant. Son expérience la réveille sexuellement et Otto Gross stimule également sa pensée intellectuelle de sorte que lorsqu’elle retourne en Angleterre, elle continue de lui écrire et rêve de leur temps ensemble. 

Tout commence ainsi…

J’avais déjà lu et apprécié en VO le premier roman de l’autrice : “The Joyce Girl” et mon ressenti très positif se confirme avec ce deuxième ouvrage.

Le livre est écrit en huit parties emmenant le lecteur d’Angleterre en Allemagne, en Italie et de retour à Londres tandis que l’épilogue se déroule en Italie en 1927 avec Lawrence travaillant sur “L’Amant de Lady Chatterley”

Très important à mes yeux le parcours de Frieda en tant que mère privée de ses droits et empêchée de rencontrer ses enfants, d’autres femmes à la même époque subissaient un destin similaire, je pense notamment à Annie Besant.

Les notes historiques, à la fin du livre, livrent des informations utiles sur les personnages et les livres de D. H. Lawrence. 

Ce roman est une excellente lecture autrice à suivre.

❤️❤️❤️❤️❤️

Hervé Choplin Éditions

Article à lire :

https://www.google.fr/amp/s/www.franceinter.fr/amp/livres/l-amant-de-lady-chatterley-ou-la-tendresse

Annabel Abbs
Extrait
Extrait
Film
Frieda
Frieda von Richthofen et D.H. Lawrence

Ida n’existe pas

Date de sortie 20/08/2020

Mot de l’éditeur :

Une plongée dans la psychologie trouble d’une mère prête à commettre l’irréparable.

« Elle dort. Je ne peux m’empêcher de la regarder dormir. Elle dort si profondément qu’elle ressemble à une morte. Je pose mes mains sur son petit torse, il se bombe sous la pression. Sa respiration est à peine perceptible. »

Une femme s’apprête à faire un voyage. Elle n’a pas besoin de bagage, elle ne part que pour une nuit. Une seule chose l’obsède : emmener Ida, sa fille de 15 mois, à la mer. C’est nécessaire, vital presque. Ida n’existe pas, Ida n’a jamais existé. Des voix ne cessent de le lui répéter. Pourtant, elle l’a porté ce bébé, serré contre elle, changé, nourri au sein. Elle l’aime d’un amour animal. Un amour comme ça, on n’y est pas préparé. C’est trop puissant un amour comme ça.

Ida n’existe pas est une plongée dans la psychologie trouble d’une mère prête à commettre l’irréparable, mais aussi l’histoire d’un corps féminin qui cherche à se libérer de ses démons, d’une féminité complexe en quête d’apaisement. Le roman est librement adapté d’un fait divers macabre : en 2013, un pêcheur de crevettes découvre une enfant de 15 mois morte sur une plage de Berck-sur-Mer. Elle y avait été déposée et abandonnée par sa mère au moment où la marée montait.

Biographie de l’auteur :

Adeline Fleury a été reporter pour le Journal du Dimanche et cheffe du service culture du Parisien Week-end. Ida n’existe pas est son sixième livre. Elle est notamment l’auteure, aux Éditions François Bourin, du roman Je, tu, elle (2018) et du Petit éloge de la jouissance féminine (2015).

Notre avis :

« L’image peut remplacer une description » écrivait Ludwig Wittgenstein, dans le roman écrit par Adeline Fleury « Ida n’existe pas » chaque description a imprimé en moi une image.

Page après page j’ai suivi le fil subtil et fragile de l’existence d’une fille puis d’une femme brisée dans son Gabon natal et perdue dans la recherche d’une vie qu’elle aurait pu avoir.

Poignant récit inspiré par un terrible fait divers : Adélaïde, 15 mois, est retrouvée morte par des pêcheurs de crevettes le 20 novembre 2013,

La qualité littéraire de ce texte est certaine. Nous arrivons à ressentir les tourments du personnage principal, la souffrance qui se dévoile avec une force exceptionnelle mais aussi l’horreur que provoque l’idée qu’une maman puisse assassiner son enfant.

La protagoniste est une fille déférente trop douée est sensible, elle est entrée dans une réalité parallèle sans lumière, sans espoir. Les hommes l’utilisent, la jugent la jettent, les femmes la rejettent. Ida, sa petite fille devient l’être adoré et détesté.

Comment apprendre à aimer quand le sens de ce mot nous est inconnu ?

La protagoniste se réfugie dans une vie qu’elle invente mais l’arrivée d’Ida chamboule tout, un lien est bien là mais c’est trop difficile de bâtir quand tout nous démoli, la tragédie s’accomplira. Les demons de son esprit qui la poussent à suivre le chemin vers la mer et la direction de la mort pour Ida gagneront et la petite cessera de d’exister.

Une fois ce roman, d’une puissance d’évocation hors du commun, terminé, il ne reste plus qu’à le relire pour mieux en saisir la portée.

Un livre à ne pas rater, il sortira le 20 août 2020 et je le place dans les coups de cœur de la rentrée littéraire.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Éditions François Bourin

« Ida n’existe pas » d’Adeline FLEURY (par l’autrice et l’éditrice)
Adeline Fleury
Extrait
Libreville Gabon
Université Paris 8
Ludwig Wittgenstein

Sur les traces de nos peurs

Préface de François Hartog

Plongée dans les mentalités du Moyen Âge et les peurs de nos ancêtres, au premier chef desquelles : les épidémies.

C’est une plongée dans les peurs du Moyen Âge, en écho à nos peurs contemporaines, qu’offre cet entretien avec le grand médiéviste Georges Duby. Angoissés par leur survie, menacés par les épidémies et familiers de la mort, nos ancêtres, violents mais solidaires, ne connaissaient pas la solitude qui accompagne la misère d’aujourd’hui.

Délivrés à l’aube du troisième millénaire, le récit et l’analyse de Duby demeurent d’une étonnante actualité et nous frappent autant par les différences que les concordances avec les mentalités médiévales au travers de cinq grandes peurs : de la misère, de l’autre, de la violence, de l’au-delà, et bien sûr, peur des  épidémies.

« Explorer les mentalités d’hier permet d’affronter plus lucides les dangers d’aujourd’hui » : le message de l’historien fait de cet ouvrage un précieux viatique.

*première édition en 1995 sous forme illustrée avec le titre An 1000, an 2000, sur les traces de nos peurs, Textuel

François Hartog, né en 1946, est historien. Il occupe la chaire d’historiographie ancienne et moderne à l’EHESS. Il est notamment l’auteur de Croire en l’histoire (Flammarion, 2015) et de Chronos, l’Occident aux prises avec le temps (Gallimard, septembre 2020).

Biographie de l’auteur :

Georges Duby (Paris, 1919 – Aix-en-Provence, 1996), professeur au Collège de France, membre de l’Académie française, fut de ceux à qui le renouvellement des études médiévales doit le plus. S’intéressant tour à tour aux réalités économiques, aux structures sociales et aux systèmes de représentations, il fut notamment l’auteur de Guerriers et paysans, Les trois ordres ou L’imaginaire du féodalisme, Le chevalier, la femme et le prêtre, Guillaume le Maréchal, Le temps des cathédrales, Saint Bernard – L’art cistercien, Dames du XIIᵉ siècle.

Notre avis :

Les éditions Textuel publient une nouvelle édition de ces précieux récits, avec la très pertinente préface de François Hartog.

Georges Duby est toujours un régal à lire loin des conventions, il est un divulgateur sans pairs.

Si vous connaissez et aimez l’historien, ce qui est mon cas, vous pourriez ne pas connaître cet ouvrage, si le médiéviste vous est étranger, ce livre peut être une excellente entrée en matière.

Les concepts abordés pour décrire les peurs de l’An 1000 et celles de l’an 2000 sont tout à fait actuels.

Le lecteur se passionnera pour la vivacité et l’acuité du témoignage fourni.

Mention spéciale, à mon avis, à la description du rôle de Saint François d’Assise et de sa congrégation et au paragraphe sur Le Décaméron de Boccace qui nous conte l’isolement de dix jeunes hors Florence lors de La Grande Peste. Duby fait un parallèle avec les Sida et autres fléaux modernes mais, en cette année 2020, une pensée au confinement est inévitable.

Ces entretiens avec Georges Duby éclairent sur notre passé et sur les fondements de notre évolution sociale dans un present où l’immédiateté domine cette réflexion est nécessaire.

« Sur les traces de nos peurs » est une oeuvre très intéressante, une étude des mentalités offrant un grand plaisir de lecture.

À recommander !

❤️❤️❤️❤️❤️

Textuel 

Georges Duby
Extrait
Représentation de Saint François d’Assise
Extrait
Paris Médiéval
Extrait
Le Décaméron

La fiancée du 11 septembre

Mot de l’éditeur :

J’ai vingt ans. Mon père est l’amour de ma vie. Je m’appelle Rubis. J’ai de vilaines pensées : autour de moi les méchants tombent comme des mouches. Je n’ai aucune excuse, je suis née dans l’un des plus beaux quartiers de Paris. Donc loin de la Vologne et du petit Grégory. Ma vie a basculé en une fraction de seconde. Partie à la recherche de mes origines, j’ai découvert des secrets familiaux sordides. 

On a blessé papa, on m’a fait du mal : je me suis vengée ! Si vous pensez que je suis possédée et que cela vous effraie, n’ouvrez pas ce livre : j’ai le don pour entraîner tout le monde dans des histoires de dingues !

Biographie de l’auteur :

Marc Gervais est criminologue de formation, ex-créateur international de jeux de société et spécialiste mondial de la compression des données numériques, ce romancier est encensé par les blogs littéraires.

Notre avis :

Avec ce livre insolite et extravagant, Marc Gervais, nous met dans la confidence, la vie de Rubis nous est dévoilée dans une histoire qui mêle action, aventure et espionnage.

Rubis, 20 ans brillante étudiante à Harvard sort de l’ordinaire et, le 11 septembre 2001 ne sera pas la journée idyllique espérée pour son anniversaire. Mêlée, de façon accidentelle, aux attaques perpétrées contre les Twin Towers, elle est obligée de quitter le sol américain et doit fournir au FBI les preuves de son extranéité aux faits qui lui sont reprochés.

Boston et Harvard, le 9ème arrondissement de Paris et la Corrèze sont les décors où les marionettes de l’auteur évoluent et nous content petit à petit l’histoire familiale de la protagoniste.

La nécessité et le besoin de la jeune femme de reprendre le fil brusquement interrompu de sa vie l’obligent à se transformer en Sherlock Holmes et MacGyver à la fois, elle doit ouvrir la boîte de Pandore qui enferme son passé.

Comme diraient Rubis et son amie Sarah « j’ai kiffé ce roman » difficilement classable dans une case spécifique.

Un autre protagoniste du livre est le Nokia 3310 qui sera un alliée précieux et le lien entre les continents et oui l’action se situe en 2001 loin des smartphones…

Les thématiques abordées sont importantes et traitées avéc beaucoup d’humour et finesse. Le voyage dans l’âme des personnages ne fait que confirmer que l’humanité est capable de sagesse, amour et sacrifice tout comme des pires égoïsmes, aberrations et turpitudes.

Le style du récit le rend addictif, dans ce roman, tous les ingrédients pour en faire une réussite sont réunis.

❤️❤️❤️❤️❤️

IGB Edition

Je tiens aussi à vous faire part de la démarche de la jeune maison d’édition qui publie ce livre : « Editeur éco-responsable, IGB Edition compensera l’impact environnemental lié à ses besoins d’impression. Nous planterons un arbre toutes les 16 000 feuilles A5 que nous utilisons. A titre d’exemple, 1 000 exemplaires de chaque roman permettront de replanter 20 arbres. »

Marc Gervais
Extrait
Harvard
Twin Towers
President George W. Bush.
Condoleezza Rice
Nokia 3310

Pacifique

Mot de l’éditeur :

Dans le chaos de la Seconde Guerre mondiale, sur un porte-avions de l’empire du Japon, le soldat Kaneda s’apprête à mourir. Il a pour mission de s’écraser contre un croiseur américain. Ainsi il contribuera à l’éradication de l’homme occidental, l’ennemi civilisationnel, l’ennemi intime. Mais Isao Kaneda doute. Il pressent que la guerre est perdue et que son sacrifice ne sauvera pas le pays. Isao devra puiser dans son passé, dans son éducation et les coutumes ancestrales pour trouver la force d’aller jusqu’au bout. Le matin du départ, il exécute les ordres et monte à bord de son chasseur Zero. En plein vol, une avarie l’oblige à atterrir en urgence sur une petite île de l’archipel. Alors, loin de la guerre, au cœur d’une nature éternelle et divine, le mot pacifique prendra tout son sens…

Biographie de l’auteur :

Stéphanie Hochet est l’auteur de plusieurs fictions, dont Combat de l’amour et de la faim (prix Lilas 2009), Un roman anglais (Rivages, 2015), L’animal et son biographe (prix Printemps du roman 2017) et de l’essai littéraire Eloge du chat (Rivages poche, 2016).

Notre avis :

Stéphane Hochet fait partie des autrices que j’aime suivre, son talent est toujours au rendez-vous.

Pacifique est un roman sublime, j’ai passé un excellent moment en le lisant.

L’histoire est celle de Isao Kaneda, 21 ans, d’un destin tracé par la tradition et par une guerre que le Japon refuse de perdre.

C’était à la fin de 1944, en plein paroxysme de la guerre du Pacifique, les Alliés reprennent peu à peu l’avantage et l’empire  du Soleil Levant envoie les premiers kamikazes de l’histoire se jeter sur les navires ennemis.

Se préparant à sa mission, le jeune protagoniste, pense à son passé, à son éducation, à sa famille, à son lapin nommé Usagi mais il réfléchi tout autant à l’avenir, à l’honneur, à son peuple, à son sacrifice, à son acte extrême.

Son acte désespéré qui est censé redonner l’espoir et suivre l’héritage des Samuraï.

Au fond de lui Isao sait qu’il ne changera pas le cours de l’histoire mais le doute n’est pas permis.

Sa mission dans les cieux se terminera par une avarie de l’avion. Le pilote ne sera pas un héros sans visage et sans peur lancé contre ceux qui sont dépeints comme les occidentaux destructeurs de vies et de la traduction.

La minuscule île de l’archipel où il devra atterrir est un microcosme isolé et bien différent de son monde, un lieu où anciennes coutumes et nature prédominante seront les catalyseurs de la suite de la réflexion de Kaneda. 

Je ne vais pas en dire plus puisque ce livre, j’en suis sure, vous ravira et vous surprendra.

L’autrice a vraiment un don pour trouver les mots justes, je suis conquise par ce texte poétique.

Un livre captivant, humain et sensible. Inoubliable.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Payot – Rivages

Stéphanie Hochet
Extrait
Samouraï
Kamikazes japonais
Éventail japonais

Et passe le souffle des dieux, ainsi était l’An Mil

Mot de l’éditeur:

Ainsi était l’An Mil.

An mil ! 

Deux mots lancés qui ressuscitent une époque envoûtante, Moyen Âge de tous les possibles. Avec le goût de l’aventure tracé sur du vélin ou brodé au fil de laine, à Bayeux. Avec des trahisons, des ambitions démesurées, une quête mystique. Avec un monde en plein changement, une société féodale qui invente des liens vigoureux : le vassal se dévoue à son suzerain par serment. 

Un homme pas comme les autres est né de cette Normandie riche de villes et de bonnes terres. Son nom ? Guillaume. Or le puissant seigneur d’Occident a un rêve : conquérir l’Angleterre et faire valoir ses droits au trône. Lever une flotte, débarquer sur le sol anglais, prendre ce qu’il estime lui revenir… 

Dans sa quête, il peut compter sur un appui inattendu : un garçon de seize ans intrépide et brave, Odon, qui, entouré de compagnons aux tempéraments forts, lui devient essentiel. C’est alors le commencement d’une folle chanson de geste, d’un roman foisonnant, d’une épopée prodigieuse : celle de guerriers bardés de fer, acharnés à vaincre, rusés, et puisant dans l’amour tous les courages, prêts à tout pour gagner. Même à affronter les détenteurs des secrets originels, capables de commander aux forces de la nature : les druides. Celui qui a dit Je veux peut-il gagner ?

Biographie de l’auteur:

Philippe Séguy, écrivain et journaliste, grand reporter au magazine Point de Vue, a déjà publié une vingtaine de romans historiques ou contemporains et des biographies. Il participe régulièrement à des émissions de télévision comme  » Secrets d’Histoire  » au côté de Stéphane Bern ou de radio avec Franck Ferrand.

Notre avis :

« Et passe le souffle des dieux » est le premier ouvrage de Philippe Séguy qu’il me soit donné de lire.

Je suis enthousiaste de cette découverte.

Un saut dans le temps littéraire nous propulse en Normandie chez Guillaume le Conquérant.

Ce texte alterne des chapitres qui se déroulent en Normandie et d’autres en Angleterre de 1064 à 1068.

Il est question de la conquête de l’Angleterre par Guillaume, duc de Normandie, victorieux à la Bataille d’Hastings en octobre 1066 mais aussi de la réalisation de la Tapisserie de Bayeux et de sa présentation en juin 1068 à Canterbury.

Passionnant ! Un des meilleurs romans historiques que j’ai lus. La découverte progressive des personnages et les conditions de vie moyenâgeuses sont dépeints de manière recherchée et captivante.

Les descriptions des lieux, des coutumes de l’époque sont riches en détails et l’atmosphère de la vie menée autour de l’An Mil est parfaitement rendue.

Mensonges et trahisons à découvrir page après page, Les Druides, soucieux de transmettre leurs coutumes, et Chrétiens s’affrontent.

Odon de Rhys, quinze ans, vrai protagoniste de ce récit livrera également une bataille intérieure pour progresser et trouver sa place.

Le style très imagé de l’auteur est très plaisant.

À lire absolument !

❤️❤️❤️❤️❤️

Plon

Philippe Séguy
Extrait
Guillaume
Tapisserie de Bayeux
Tapisserie de Bayeux

Chroniques de Prydain, Tome 3 : Le Château de Llyr

Mot de l’éditeur :

Depuis la destruction du Chaudron noir, Taram et Eilonwy coulent des jours paisibles dans la ferme de Dallben. Mais le vieil enchanteur décide d’envoyer la princesse parfaire son éducation de « gente dame » à la cour royale de l’île de Mona. Accompagné du loyal Gurgi, Taram escorte la jeune fille jusqu’à Mona, sur le vaisseau de Rhun, jeune prince héritier jovial mais terriblement maladroit. 

Alors qu’il commence à prendre conscience de ses sentiments pour la princesse et envie la noble lignée de Rhun, Taram retrouve à Mona son vieux compagnon, le roi et barde Fflewdur Fflam, ainsi que le prince Gwydion, présent incognito au château. Ce dernier lui apprend que la princesse est sous la menace d’Achren, la sorcière maléfique qui l’a retenue prisonnière toute son enfance et convoite toujours ses pouvoirs d’ultime enchanteresse de Llyr. 

Biographie de l’auteur :

Né le 30 janvier 1924 en Pennsylvanie, Lloyd Alexander est l’un de ces auteurs américains aux vies multiples, l’incarnation de l’aventurier, qui dès l’âge de 15 ans, captivé par Dickens, la mythologie et les légendes arthuriennes, se rêvait déjà écrivain. Rarement vie aura été aussi comblée : employé de banque à Philadelphie, membre de l’armée américaine au Texas, puis au Maryland où il s’initie au parachutisme, combattant durant la Seconde Guerre mondiale au pays de Galles, où il découvre les châteaux et reconnaît « les visages de tous les récits de héros de [son] enfance », en Alsace-Lorraine et en Allemagne, espion en France, étudiant à la Sorbonne, traducteur, dessinateur de bandes dessinées, écrivain publicitaire, maquettiste, éditeur de magazines… Entre 1964 et 1968, il écrit sa célèbre pentalogie, Les Chroniques de Prydain, inspirée de sa rencontre avec le pays de Galles, qui lui vaut des prix importants. Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages pour la jeunesse. Alexander n’aura de cesse de développer, à travers ses mondes enchantés, les thèmes de l’injustice et de la liberté.

Notre avis :

La princesse Eilonwy est envoyée sur l’île de Mona pour apprendre à devenir une vraie dame. Quoi que cela puisse signifier…

Eilonwy part à contrecœur et, à son insu, le roi et la reine de Mona ont des plans pour qu’elle épouse leur fils, le prince Ruhn, tandis que la méchante enchanteresse Achren complote pour la capturer. 

Les livres de cette saga deviennent de plus en plus amusants à suivre.

Celui-ci était très drôle et captivant.

Taram continue toujours sa progression, fil conducteur aussi des deux volumes précédents.

Avec le départ d’Eilonwy et la nouvelle d’une potentielle fiançailles avec le prince Ruhn, Taram voit enfin Eilonwy sous un jour différent et admet lentement ses sentiments pour elle. Bien qu’Eilonwy ne soit pas présente dans la plupart des chapitres, ce livre nous plonge dans son histoire et son héritage et c’est formidable d’en savoir plus sur elle. 

La beauté de ce récit se trouve également dans le contraste montré entre deux types différents de héros: Taram, qui est impulsif mais talentueux en tant que leader, même lorsqu’il fait des erreurs, et le prince Rhun, qui est maladroit et l’antithèse même d’un prince. Vous pouvez être un héros à plus d’un titre, apprend Taram, et le lecteur l’apprendra avec lui. Le prince Rhun n’a peut-être pas de compétence au combat, et ce n’est pas le genre de chef qu’une armée suivrait sans broncher, mais il a un cœur d’or. 

Tout comme les volumes précédents, le roman est à la fois agréable et rapide à lire donc le tome 4, qui est déjà disponible, nous attend !

Que vous soyez un enfant ou un adulte, vous tomberez amoureux de la série.

❤️❤️❤️❤️❤️(❤️)

Editions Anne Carrière

Lloyd Alexander
La saga
La saga
Le château
Eilonwy
Le livre
tomes 3 et 4