Les forces — Laura Vazquez (Éditions du sous-sol).

 Il est des livres qui restent entre nos mains comme des petits exils, des territoires à la fois sauvages et intérieurs.

Une écriture qui vibre, un refus d’autocensure qui éblouit. Cette ex pensionnaire de la Villa Médicis livre un roman qui questionne notre attention, notre rapport au monde et la cassure en nous. Avec une langue à la fois brute et lyrique, elle mène le lecteur dans un voyage initiatique.

Laura Vazquez, en véritable alchimiste de la voix, mêle sans effort le tragique et le comique, le réflexif et le prosaïque. Son texte oscille, entre l’écriture intime et l’écriture politique, entre la révolte intérieure d’une fille qui refuse l’ordre imposé et le regard critique qu’elle porte sur la société tout entière. La narratrice, au fil de ses errances — d’un bar mystérieux à une maison abandonnée, d’un immeuble sectaire au sommet d’une montagne — nous entraîne dans un balancier constant, où chaque lieu devient une réflexion sur notre rapport à l’autre, à soi, à ce qui se tait et ce qui se dit.

Ce qui frappe, dans cette œuvre, c’est cette impression d’une conscience qui refuse l’autocensure, cette idée que tout ce qui pourrait faire mal, déplaire, choque, doit à tout prix être étouffé. La voix de Vazquez ouvre avec courage les fenêtres qu’on aurait voulu fermer.

L’autrice continue de nous montrer que la vraie force réside dans la capacité à rester debout, à faire entendre sa voix, malgré tout.

J’avais aimé ses ouvrages précédents et j’adore Les Forces.

À lire pour retrouver des Forces.

Pour marque-pages : Permaliens.

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