
Et voici, en collaboration et en exclusivité avec French Press, mon entretien avec Gregory Le Floch, auteur de Peau d’Ourse chez Le Seuil un roman, bouleversant.
L’entretien complet est disponible en fin d’article.
Nous nous sommes rencontrés au Zimmer, un café parisien et avons longuement parlé.
Environ une heure d’échanges ponctués par des anecdotes à propos de notre livre préféré Les Hauts de Hurlevent mais aussi de passion pour les livres et la lecture.
Instagram coupera l’entretien, pour le voir plus aisément RDV sur mon blog !
Peau d’Ourse m’a donné, dès les premières pages, cette impression de se glisser dans un paysage qui parle plus vrai que bien des dialogues humains : les Pyrénées ne sont pas que décor, elles sont langage, confidentes, tribunal. Mont Perdu, est une adolescente : grosse, qui aime les filles, blessée par la cruauté d’un village suspendu à ses règles anciennes. Grégory Le Floch lui rend une chair, un souffle, une colère et surtout une tendresse qui ne se confond jamais avec la complaisance. La montagne devient refuge, puis métamorphose, peu à peu, presque naturellement, Mont Perdu se fait ourse, et c’est dans ce passage, à la fois brut et poétique, que le roman gagne sa force singulière.
Le style, ici, est une conjonction heureuse entre langue contemporaine, parfois crue, souvent très sensuelle, qui sait se dépouiller pour laisser éclore l’image pure.
L’auteur reprend la vieille légende de la femme sauvage sans en faire une reconstitution : il la transpose, la modernise, la politise, car le roman est aussi un cri contre le harcèlement, une déclaration d’amour à l’écologie et une méditation sur ce que signifie habiter un corps mis à l’écart.
L’ours est plus qu’une métaphore ; il est figure d’autonomie, de réappropriation, d’un refus de se plier aux normes qui mutilent.
Ce qui frappe, au-delà du propos, c’est la délicatesse du regard porté sur les marges. Le Floch évite la tentation du pathos et préfère la précision sensorielle de la nature ce qui m’a fait penser, par moments aux pages d’Emily Brontë.
Dans ce roman y a l’espoir incandescent : que la littérature puisse être cet espace où les vies exclues retrouvent une dignité, où les combats écologiques et humanistes se tiennent ensemble, sans concession.
Peau d’ourse est une lecture nécessaire, une fable contemporaine pour notre temps troublé et, surtout, une ode à la transfiguration, celle qui sauve, celle qui rend libre.
Peau d’Ourse au Book Club Book Émissaires

