La Goûteuse d’Hitler

Mot de l’éditeur :

1943. Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisé à l’idée que l’on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa.

Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s’exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce réfectoire : considérée comme « l’étrangère », Rosa, qui vient de Berlin, est en butte à l’hostilité de ses compagnes, dont Elfriede, personnalité aussi charismatique qu’autoritaire.

Pourtant, la réalité est la même pour toutes : consentir à leur rôle, c’est à la fois vouloir survivre et accepter l’idée de mourir.

Couronné en Italie par le prestigieux prix Campiello, ce roman saisissant est inspiré de l’histoire vraie de Margot Wölk. Rosella Postorino signe un texte envoûtant qui, en explorant l’ambiguïté des relations, interroge ce que signifie être et rester humain.

« Ce livre où l’on parle d’amour, de faim, de survie et de remords vous reste gravé dans le coeur. » Marie Claire Italie

Biographie de l’auteure :

Née à Reggio de Calabre en 1978, Rosella Postorino vit à Rome. Elle est éditrice chez Einaudi et journaliste. Ses trois premiers romans, La stanza di sopra, L’estate che perdemmo Dio et Il corpo docile, ont été couronnés par plusieurs prix. Elle écrit également des essais, des pièces de théâtre, et contribue à des anthologies. La goûteuse d’Hitler est son premier roman traduit en français. Il vient d’être récompensé par le prestigieux.

Notre avis  :

Rosella Postorino nous raconte elle même  comment l’idée de ce livre est née : « en septembre 2014, j’ai lu un court article dans un journal italien sur Margot Wölk, Frau Wölk avait toujours gardé le silence sur son expérience, mais à l’âge de quatre-vingt-seize ans, elle avait décidé de la rendre publique. Le désir de faire des recherches sur elle et son histoire a été immédiat. Lorsque, quelques mois plus tard, j’ai pu trouver son adresse à Berlin, dans l’intention de lui envoyer une lettre demandant une rencontre, j’ai appris qu’elle venait de mourir. Je ne pourrais jamais lui parler ou raconter son histoire. Mais je pourrais essayer de savoir pourquoi elle m’avait tellement frappé. Alors j’ai écrit ce roman.  » 

Ce récit nous livre un conte de fées, parfois doux et parfois amer, qui voit en protagoniste une femme forte et courageuse, Rosa Sauer. Rosa  raconte à la première personne son histoire.

Le fil conducteur qui anime l’auteure est l’analyse en profondeur de la frontière si fragile entre le Bien et le Mal. 

Servir la patrie et adorer le Führer étaient les seuls préceptes que tout bon allemand devait respecter et honorer en 1943, jour après jour, sans réserve. 

La nourriture, source de vie, devient une source d’angoisse, une cause potentielle de décès. Hitler vit avec la peur constante d’être empoisonné et l’image d’un héros invincible, du « surhomme « , cède la place à celle d’un faible et peureux personnage. La protagoniste se trouve dans la double condition de victime et de collaboratrice de la dictature. 

L’écrivaine enquête sur l’âme dans les situations les plus ambiguës et extrêmes, analysant ainsi la fragilité de la psyché de l’homme, son instinct, son désir désespéré de survivre à n’importe quelle condition. 

La prose est fluide et l’auteure réussit à garder le lecteur collé au livre de la première à la dernière page, suscitant en lui une grande question qui reste sans réponse: « Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour survivre? ».
Une lecture incontournable.

♥️♥️♥️♥️♥️

Albin Michel

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Le dictateur

Auteur/autrice

  • Cristina Soler

    Fondatrice et directrice du média, critique littéraire et journaliste culturelle pour la presse européenne. Elle conduit depuis plusieurs années un travail d’analyse, de médiation et de transmission autour des livres et de la création contemporaine. Elle est également productrice et corédactrice de l’émission web Fragments.

    SciencesPo, formation continue à l’ENA en communication et mécénat culturel. Ancienne élue locale et responsable politique, en Italie puis en France. Elle a longtemps cru qu’elle changerait le monde par la politique. C’est le monde politique qui a changé.

    Lire, transmettre, conseiller, proposer ce qu’elle aime : c’est ainsi qu’elle agit.

    Elle espère intéresser, faire réfléchir, donner envie d’être libres. Libres d’aimer Pratchett, Proust, Kant et les comics. D’aimer le grec ancien et la langue des Ents, le klingon ou, comme elle, le chant grégorien.

    Elle parle aussi de cinéma, de théâtre, de loisirs, de jeux. De tout ce qui traverse sa vie et de ce qu’elle peut faire aujourd’hui.

    Le livre de sa vie est Wuthering Heights.

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