
Voyage au cœur des cirques déchus, où chaque oubli est une lumière dans la nuit.
Dans La marchande d’oublies, Pierre Jourde ouvre les portes d’un univers fascinant et troublant, magistralement campé dans la fin du XIXᵉ siècle. C’est une époque empreinte de magie noire et de découvertes scientifiques, où le grotesque côtoie l’émerveillement.
Dans une subtile allégorie des sciences naissantes et du théâtre du macabre, l’auteur dépeint avec précision les tâtonnements d’une psychiatrie balbutiante et l’attrait inextinguible des spectacles grotesques alors en vogue.
Dès les premières pages, nous sommes catapultés dans le monde des Helquin, cette famille intrigante de clowns-acrobates, lançant leur dernière pirouette sur les planches grimaçantes de la foire.
Thalia, dont la grâce n’a d’égal que la profondeur de son abîme intérieur, devient le pivot central de ce manège déroutant où chaque personnage est dépeint avec précision.

Pierre Jourde, avec sa plume acerbe et poétique, nous entraîne dans ce théâtre de l’angoisse, où chaque mot devient une pièce d’un puzzle mental. Son écriture évoque un rêve oublié, un souvenir enfoui dans un recoin secret de notre mémoire collective.
Une œuvre inclassable, à la croisée du fantastique et de la réflexion profonde, qui confirme que, parfois, ce que l’on oublie est plus qu’un simple vide : c’est une révolution silencieuse de l’âme.