La prise du diable, Lina Wolff, Les Argonautes 

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Le mot final, que l’autrice a choisi pour ce roman est « pur » « puro en italien » « pure en anglais » «puro en espagnole » « ren en suédois ». Ce livre est un pur prodige, un joyau, un trésor.

Il m’a été impossible de penser à autre chose.

Le texte a pris toute la place, avancer est une nécessité. Le lecteur est kidnappé par les mots.

Je ne veux pas raconter l’histoire mais il est important de dire et de décrire la force et la puissance de la percée de l’âme humaine que l’histoire apporte au lecteur.

Tout est dans la notion et la déclinaison du concept de domination. Dominer ou être dominé ? Est-il possible d’être les deux à la fois. 

Vous devez seulement savoir que la protagoniste est une suédoise polyglotte, trentenaire qui vivra à Florence les effets de l’amour malsain d’un pervers narcissique, et que La nouvelle Orléans sera le théâtre d’une accélération du récit parfaitement maîtrisée par l’autrice.

Une femme qui vient du nord est petit a petit, mot après mot, brûlée par des tempéraments méditerranéens et aussi du sud des États-Unis.

Heureusement en vrai, les hommes de la péninsule italienne et ceux des terres de Louisiane ne sont pas tous comme les protagonistes masculins du roman. Et pourtant ce texte souligne certes des caractéristiques émotionnelles exacerbées mais il pourrait  être un cas particulier du possible : donc réel.

Depuis la nuit des temps les relations interpersonnelles sont régies par la domination et la soumission. Les relations amoureuses ne peuvent pas échapper à cette règle.

Ce roman est une subtile et minutieuse confrontation avec l’oppression et l’acceptation d’un amour malade, acide, qui efface l’autre.

La protagoniste est prise dans la toile collante, d’une folie lucide et implacable. Il m’est arrivé plusieurs fois d’imaginer le dénouement de l’intrigue, mais non, cette superbe autrice, fait prendre au roman une tournure inattendue.

La prise du diable est une lecture qui laisse un souvenir, qui a une influence sur le lecteur-spectateur de ce drame acide et grinçant.

À lire d’une seule traite.

Pour marque-pages : Permaliens.

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