Le Livre de Kells » de Sorj Chalandon (Grasset) : Au cœur des années de plomb, une quête de lumière

Le Livre de Kells est un manuscrit médiéval enluminé contenant les quatre évangiles en latin, conservé au Trinity College de Dublin. Il est considéré comme le chef-d’œuvre de l’art celtique.

Mais un autre Livre de Kells nous intéresse ici, celui de Sorj Chalandon qui vient ouvrir le bal de la rentrée littéraire, Kells est bien une référence de l’auteur à l’Evangéliaire irlandais du IXème siècle.

Sorj Chalandon dans ses romans, creuse, fouille, il explore les tréfonds de l’âme humaine avec une acuité rare. Dans « Le Livre de Kells », il nous livre une œuvre d’une intensité bouleversante, un récit qui résonne longtemps après avoir refermé le livre.

Kells, c’est avant tout une fuite. Celle d’un jeune homme qui se soustrait à l’emprise d’un père monstrueux, un homme rongé par la haine et le racisme. Paris devient alors le théâtre d’une descente aux enfers, une errance où la misère, la faim et le froid sont le lot quotidien. Mais au cœur de cette nuit noire, des lumières scintillent : des rencontres, des mains tendues, des figures engagées qui vont offrir à Kells une seconde chance.

L’auteur ne nous épargne rien des contradictions et des dérives de cette époque. Il dépeint avec une justesse implacable les illusions perdues, les désillusions amères, les espoirs brisés. « Le Livre de Kells » est un roman qui interroge la violence, l’engagement, la quête de sens dans un monde en proie aux convulsions.

Mais au-delà du témoignage historique, c’est la dimension humaine qui bouleverse. Sorj Chalandon nous offre une galerie de portraits saisissants, des personnages fragiles et attachants, en quête de rédemption. On pense à ces romans de Joseph Conrad, où l’exil et la confrontation à la barbarie révèlent la part la plus sombre et la plus lumineuse de l’être humain.

« Le Livre de Kells » est un roman puissant, une œuvre nécessaire qui nous rappelle que l’espoir peut jaillir même des ténèbres les plus noires.

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