
Je ai interviewé Michael Dichter juste avant son passage à La Grande Librairie du 14/01/26, cette grande émission littéraire que le monde nous envie, il y est allée pour son premier roman, « On l’appelait Bennie Diamond » paru chez les Éditions Les Léonides, qui se lit comme un film.
Le personnage central Bennie Goodman avance dans ce monde fermé avec une détermination qui dérange. Il veut une place. Un nom. Quitte à bousculer un ordre qui ne l’attendait pas.
Le roman épouse ce mouvement, roman d’apprentissage, chronique d’une communauté repliée sur elle-même : tout cela à la fois, sans jamais forcer l’effet. L’écriture de Michael Dichter préfère la retenue à l’éclat, le détail juste au spectaculaire. Une prose précise, presque chorégraphiée, qui observe comment se fabriquent les légitimités et comment se paient les désirs.
il y a cette phrase, page 22, celle d’un chaos rangé qui devient une symphonie. Elle m’a accompagnée tout au long de la lecture. Elle dit la logique secrète du livre : sous l’apparente confusion des trajectoires, une harmonie se dessine, patiente, presque invisible.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le roman fait sentir le poids de la filiation. Un grand-père, un père, un fils. Ce qui se transmet malgré soi, ce qui se rompt, ce qui se transforme. La fascination du diamant n’est jamais seulement matérielle : elle est liée au regard des autres, à la reconnaissance, à la peur de décevoir. Bennie avance, mais chaque pas résonne.
Au fil de la conversation, nous avons découvert que nous avions connu et aimé Luca Di Fulvio. Et que nous l’admirions. Une évidence. Même goût pour les destins pris dans des systèmes plus grands qu’eux, même attention aux détails, même confiance dans la puissance romanesque de la transmission.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit, au fond. Les livres comme lieux de passage. Comme gestes tendus d’une génération à l’autre. On l’appelait Bennie Diamond rappelle que transmettre n’est jamais reproduire à l’identique : c’est accepter le déplacement, le désordre parfois, pour que la symphonie continue.
Ce livre est un diamant narratif, durable, transmissible, infiniment humain.