11marsjelis

Éteignez vos écrans, pour un moment, c’est ouvrez votre esprit ! Le 11 mars 2025, offrons-nous ensemble un moment suspendu dans le temps : 15 minutes de lecture. 

J’ai proposé à me proches et mes amis de lire ou relire avec moi le chef-d’œuvre et unique roman d’Emily Brontë qui est le livre qui m’accompagne. 

Ce rendez-vous national, n’est pas une simple rencontre avec les mots ; c’est un appel vibrant à redécouvrir la magie des livres. 

Que vous soyez lecteur occasionnel ou inconditionnel, chaque page tournée nous rapproche. 

Ensemble, faisons résonner l’importance de la lecture dans nos vies, dans nos écoles, nos entreprises, et nos cœurs. 

Lire c’est nous comprendre et comprendre le monde 🌍 

Lire c’est plus important que jamais pour résister au fausses informations et incitations à la division.

Engageons-nous à faire de la lecture une douce habitude quotidienne ! 📖❤️ #11marsjelis #QuartHeureLecture @le_cnl 

Si vous voulez écouter la chanson Wuthering Heights de Kate Bush c’est à la fin de la vidéo ❤️

Le dimanche 16 mars à 18h00 on pourra échanger à propos de ce livre dans le Book Club 

Book Émissaire dans un live sur le compte d’Augustin Trapenard !

Venez 😉

La Volte

Promenons-nous ensemble dans l’univers vibrant de La Volte, cette maison d’édition indépendante, fondée en 2004, illumine mon ciel littéraire.

Oui, j’aime beaucoup l’esprit et la ligne éditoriale de La Volte ; je m’y retrouve et me sens bien en lisant leurs livres.

L’imaginaire chez eux résonne fortement avec le contemporain.

Dans cette visite chez l’éditeur, vous rencontrerez une première partie de l’équipe, une auteur·ice du catalogue de Lo Volte, un chat trop mignon, une bibliothèque colorée et un livre récemment publié.

Chaque année, La Volte nous propose des récits captivants, où la frontière entre la science-fiction, la fantasy et la prose contemporaine s’efface.

La Volte sait surprendre avec des auteur·ices émergent·e·s qui osent bousculer nos perceptions, apportant des récits si singuliers qu’ils floutent les limites des genres.

Ce qui fait le charme irrésistible de La Volte, c’est surtout son souci du détail, avec des ouvrages magnifiquement conçus, où chaque couverture est une promesse d’évasion. Les thématiques, parfois poignantes, nous interpellent et nous interrogent, transformant chaque lecture en une réflexion sur notre monde.

Cette maison d’édition propose souvent de nouveaux genres que j’aime et qui sont trop mal cotés dans l’hexagone.

N’attendez plus pour découvrir les auteur·ices, un catalogue qui va de Alain Damasio à des plumes moins connues mais tout aussi captivantes.

Cette semaine, chaque jour en story, je vous proposerai de découvrir un livre de La Volte que j’ai aimé.

Premier conseil de lecture : *Les Mains vides*, je l’ai lu et adoré.

Bonne lecture !

La Realidad – Neige Sinno – P.O.L.

L’autrice revient avec un deuxième roman après m’avoir bouleversée avec son premier Triste Tigre.

Dans « La Realidad », Neige Sinno nous emmène au cœur d’une quête initiatique, oscillant entre la découverte de soi et l’exploration d’un monde traversé par l’histoire et l’altérité. Deux jeunes femmes, Netcha et Maga, s’aventurent vers le Chiapas, une terre empreinte de lutte et d’espoir. Ce voyage est une aspiration profonde à comprendre les racines de leur rapport avec les peuples autochtones, en particulier les zapatistes et leur iconique leader, le sous-commandant Marcos. 

Neige Sinno, avec une écriture incisive, interroge notre rapport à la réalité, à travers le prisme des peurs et des désirs, tout en tissant des récits de résistance et de révolte. La tension entre l’érudition acquise et la confrontation à l’autenticité de l’expérience vécue émerge avec force : comment se défaire du poids de l’histoire tout en souhaitant ardemment y appartenir ? La narratrice révèle ainsi la complexité d’un héritage colonial et l’immense défi de rencontrer l’Autre, dans toute sa richesse et sa diversité.

Un texte, autobiographique à bien des égards

Un livre surprenant à découvrir pour un voyage entre enquête sociologique et récit intime.

Vous parler de mon fils – Philippe Besson – Éditions Julliard

Ce livre m’a bouleversée, disons-le tout de suite.

Dans son dernier roman, Philippe Besson nous entraîne au cœur d’un drame poignant qui résonne douloureusement avec notre époque. « Vous parler de mon fils » nous invite à suivre Vincent et Juliette, parents d’Hugo, un adolescent de quatorze ans dont la vie a pris fin.

Le harcèlement peut faire commettre l’irréparable.

À travers le parcours silencieux d’une marche de commémoration, dans les rues de Saint-Nazaire, Vincent interroge la douleur, le souvenir, la colère. Quelle part de culpabilité pèse sur ses épaules ? Face à la cruauté de deux jeunes, Hugo a-t-il été abandonné par une société qui ne sait pas protéger les siens ? 

Besson, avec une plume délicate mais incisive, évoque les mécanismes insidieux du harcèlement, mettant en lumière les failles d’un système éducatif parfois démuni.

À la Grande Librairie l’auteur à dit « c’est un livre sur les mots qui ne sont pas prononcés ».

Cette phrase m’a marquée et m’obsède un peu.

Comment écouter et comprendre des mots qui ne sont pas dits ? 

Comment lire le silence ? 

La force de ce récit réside dans l’alternance entre le souvenir éclatant d’Hugo et l’ombre que sa perte projette sur sa famille, notamment sur Enzo, le frère cadet qui tente de trouver sa place dans ce paysage dévasté. Chaque page est un appel à la réflexion sur l’intolérance et la violence quotidienne, un témoignage nécessaire à une époque où le silence face à la douleur semble souvent plus simple que l’action. 

Philippe Besson, avec son style authentique et sa capacité à toucher les fibres les plus sensibles de l’âme humaine.

Ne manquez pas ce roman passionnant qui éclaircit plus que jamais l’importance de l’écoute et de la compassion. 

La guerre par d’autres moyens KARINE TUIL Gallimard

Karine Tuil fait son retour avec La guerre par d’autres moyens, un roman qui s’érige tel un miroir puissant sur notre société contemporaine, à la fois fascinante et inquiétante.

Le monde politique a été ma vie ; la littérature m’a aidée à y survivre, elle était ma chambre à moi où disparaître dans d’autres possibles et même dans l’impossible. Le livre de Karine Tuil est magnifiquement construit dans un univers que l’on risque de caricaturer. L’autrice trouve le ton juste pour créer ses personnages et les faire évoluer. Oui, la politique est déjà une addiction et un milieu propice pour céder à d’autres. Cet élément, celui d’un besoin de substituts, est central dans cette œuvre.

La force de Tuil réside dans sa capacité à humaniser ses personnages. Lehman, un ex Président de la République, avec sa fragilité, devient le symbole d’un homme dont le pouvoir s’est évaporé, laissé pour compte dans une guerre où les enjeux sont à la fois intimes et politiques. Sous ses traits de héros en déroute, il incarne un échec plus vaste : celui d’une société où l’angoisse de l’échec pèse lourd sur les âmes qui osent braver les feux de la célébrité.

Ce roman, traversé par la question cruciale de notre rapport au pouvoir, invite à réfléchir sur les sacrifices consentis au nom de la réussite. Karine Tuil, sans jamais céder à la facilité des clichés, nous offre une vision nuancée de la lutte pour la reconnaissance, tout en exposant les fêlures d’une humanité en quête d’amour et de validation.

En filigrane, il y a cette question brûlante : qu’est-ce que cela signifie vraiment de gagner ou de perdre dans le grand théâtre des vies ?

Coup de cœur pour moi pour cette œuvre virtuose qui esquisse une tragédie humaine brûlante d’actualité.

La plume de Karine Tuil, incisive et belle, nous immerge dans ce drame où le privé et le public s’entrelacent avec force ! Je vous conseille ce roman et j’ai hâte de rencontrer l’autrice lors de la rencontre organisée par Gallimard la semaine prochaine !

2 livres pour lire l’Ukraine

Agir ! Agir ! Agir ! Ce verbe, ce mot, me tourmente.

C215, (Christian, je suis si fière de toi ❤️), est carrément parti en Ukraine en apportant couleurs et la beauté de son art ! 

Moi je vais vous conseiller deux lectures qui m’ont fait réfléchir, avoir peur pour eux et pour nous et sourire car l’humanité surgit partout dans ces deux textes et c’est beau.

Notre guerre quotidienne – Andreï Kourkov – Éditions Noir et Blanc

En plongeant dans Notre guerre quotidienne, Andreï Kourkov nous fait entrer dans l’intimité d’une Ukraine en proie au tumulte. Son récit nous dévoile, avec justesse et sensibilité, le quotidien d’un peuple en résistance face à l’adversité. Kourkov, nous dessine un portrait poignant d’une nation qui lutte pour préserver son identité et son espoir. Il nous livre ainsi un témoignage à la fois cru et profondément humain, révélant la dignité d’une société en quête de lumière malgré les ombres qui l’assaillent.

Carnets d’Ukraine – Michel Hazanavicius – Éditions Allary

Michel Hazanavicius, avec ses Carnets d’Ukraine, nous emmène au cœur même des lignes de front. Son expérience, relatée avec tact et émotion, nous permet de découvrir les visages singuliers de ceux qui portent le lourd fardeau du conflit. À travers ses observations fines, il nous livre des instants saisis sur le vif, imprégnés de sincérité et de courage. Hazanavicius donne une voix à l’innommable, sublimant la force et la résilience de l’âme humaine dans un contexte où chaque jour est une véritable bataille pour l’avenir.

Où chaque jour pourrait être le dernier ! 

I stand with Ukraine 

Lire devient de plus en plus une forme de résistance.

Lire c’est comprendre l’autre, les autres.

Les Argonautes de Maggie Nelson chez Points

La collection violette des éditions Points est une obsession pour moi.

Chaque livre est une pierre pour se construire.

Parlons déjà d’un élément du paratexte, le titre  de ce merveilleux livre : Les Argonautes, Maggie Nelson s’approprie la manière dont Barthes associe cette allégorie à l’expression « je t’aime » toujours renouvelée.

Dans ce livre Harry, dont les caractéristiques de genre varient au cours du récit sans que l’ amour ne s’éteigne.

L’univers singulier de « Les Argonautes » de Maggie Nelson, allie poésie, prose et non fiction, ces genres se fondent en une symphonie intime et audacieuse.

Dans ce récit hors du commun, l’auteur·ice nous immerge au cœur d’une odyssée personnelle en compagnie de son partenaire, l’artiste transgenre Harry Dodge. Avec une plume qui navigue habilement entre l’autobiographie et l’essai, Nelson nous invite à redéfinir notre compréhension du genre, de l’amour et de la transformation. Ici, les corps se métamorphosent dans l’union de deux êtres au-delà des normes binaires.

Le livre se déploie comme une mosaïque de réflexions intimes agrémentées de citations pertinentes à chaque fois, un dialogue en perpétuel mouvement avec des penseurs tels que Judith Butler et Gilles Deleuze. Ces interventions ne sont pas juste des références, mais bien des compagnons de route qui enrichissent le récit de leur valeur philosophique.

Au cœur de cette narration fluide, la vie quotidienne à Los Angeles devient le théâtre d’une exploration où maternité et transidentité s’enlacent pour redessiner les contours de la famille contemporaine. Nelson, avec la finesse d’un chirurgien émotionnel, dissèque les convenances sociales et nous livre un témoignage qui est une déclaration d’amour à la diversité des expériences humaines.

Ici l’art est un moyen pour apprivoiser l’inédit. Dans ce miroir tendu à lui-même, le lecteur est confronté à sa propre compréhension de l’altérité et de l’intimité.

Ainsi, Ce livre, par son rythme et sa musicalité insaisissables, nous rappelle que chaque histoire mérite d’être chantée.

Je vous invite à dévorer les pages de cette œuvre sans genre !

Manifeste contre-sexuel – Paul B. Preciado – Au Diable Vauvert

Un appel à la révolte des corps et des identités 

Je déteste qu’un livre soit épuisé.

J’avais déjà le texte paru en 2000 mais en anglais donc énorme joie de le voir réimprimé et implémenté aujourd’hui alors que Donald Trump aimerait bien l’effacer.

Il y a des livres qui transcendent les époques, se réinventant au gré des luttes et des espoirs. Manifeste contre-sexuel, œuvre phare de Paul B. Preciado, renaît avec une nouvelle traduction, rappelant aux lecteurs que le questionnement des normes sexuelles et des identités est plus que jamais d’actualité. Avec sa plume incisive et sa pensée audacieuse, l’auteur nous invite à revisiter les fondamentaux – ceux qui agissent comme des verrous à notre liberté individuelle.

Ce texte, élaboré avec une passion contagieuse, s’impose comme un socle théorique incontournable, reliant les enjeux contemporains aux réflexions des grands penseurs qui l’ont précédé, je pense à Félix Guattari et Gilles Deleuze, dans L’Anti-Œdipe et bien d’autres que j’avoue connaître moins bien.

Le corps chez Preciado devient un champ de bataille, un terrain d’expérimentations et d’affranchissements.

Cet essai est une véritable carte pour naviguer à travers des identités fluides, pour reconstruire les récits que le patriarcat s’efforce de figer.

Paul B. Preciado nous propose ici un espace de réflexion où la sexualité est pas un acte, mais une pratique politique. En place du jugement, il défend le désir comme pouvoir émancipateur et comme outil critique face à des structures qui nous conditionnent. Sa vision, militante et engagée, met les mots sur les silences et les tabous, nous incitant à revendiquer notre droit à l’expérimentation..

À travers les métaphores du sexe et des jeux de genre, ce manifeste promet de déstabiliser nos certitudes, nous encourageant à embrasser une multiplicité des expériences. En ce sens, il peut être vu comme un vibrant plaidoyer pour une révolte des corps, une invitation à redéfinir le plaisir et les relations, loin des carcans imposés

Aujourd’hui, alors que les luttes féministes et LGBTQIA+ s’inscrivent dans une modernité ébranlée, cette réédition est l’opportunité de redécouvrir un chef-d’œuvre qui, deux décennies et demie plus tard, garde son éclat et son pouvoir d’interpellation.

Un livre à lire que vous vous sentiez concernés ou pas ! 

Stanislas de Simon Liberati chez Grasset : La résonance des souvenirs d’une enfance perdue.

« Stanislas », le dernier roman de Simon Liberati , incarne une expérience littéraire qui est un voyage d’exploration de ses années de collège, teinté d’une mélancolie à la fois tangible et universelle. Dans ce récit, l’auteur nous convie à une réflexion sur l’identité, les luttes intérieures et la beauté d’une littérature qui sauve.

Nous sommes en septembre 1965, et sous la houlette d’un oncle facétieux, le jeune Simon Louis Liberati passe les portes d’un collège, marqué par le poids des traditions et les échos d’un système éducatif en voie de transformation.

Je connais un peu « Stan » car je vis avec un ancien élève de cette institution, lui aussi assez traumatisé et en rébellion, mais pas à cause de ses camarades. Son expérience est liée à l’éducation dispensée par les Jésuites, qui lui a fait détester par la suite toute forme d’autorité abusive, sans parler du rejet de l’Église catholique (pas de la foi, je précise). 

L’élève Simon Liberati trouve refuge dans la littérature, ce pré carré où il se sent vivant. Fils d’un poète surréaliste et d’une danseuse aux allures flamboyantes, il retrouve sa voix dans les pages de ses écrivains favoris, qui peuplent son imaginaire comme des amis fidèles. C’est ici que l’auteur, avec passion, nous transmet son amour pour les mots, cette lumière qui brille dans les tempêtes de la vie.

Les portraits d’éducateurs, souvent pittoresques, se dessinent avec précision, révélant des facettes d’une bourgeoisie catholique hypocrite. Heureusement, l’écho d’un amour parental se fait entendre et offre un souffle d’espoir au sein de l’adversité.

La prose est à la fois élégante et incisive, pour cette œuvre riche qui, à travers le prisme de ses souvenirs, rend hommage à la puissance salvatrice des mots.

Je vous recommande cette lecture.

Photo sur demande, Simon Chevrier, Stock : Une quête de soi poignante

Dans son premier roman, Simon Chevrier nous invite à découvrir l’univers d’un jeune homme en proie aux complexités de l’identité. À travers une écriture à la fois lyrique et inclusive, il explore le chemin d’un personnage qui navigue entre désillusions et découvertes.

C’est fou ou je suis folle, la plupart des articles qui parlent du livre, en bien d’ailleurs, se focalisent sur le fait que le narrateur, soit un étudiant en langues et ESCORT.

Le fait qu’il soit escort a pour moi été totalement secondaire.

Giton et Grindr ont été dans ma lecture deux moyens d’assouvir un besoin, une recherche frénétique de compagne, de sexe, rémunéré ou pas.

J’ai relu récemment Queer de William S. Burroughs, l’époque change mais le désir et l’acceptation de soi sont immuables, 

J’ai pensé à Pasolini et ses prostitués qui ne cherchaient que l’argent et souffraient terriblement en contrariant leur orientation sexuelle, en se vendant à cause de leur condition. 

Notre étudiant ne vit pas ses rencontres rémunérées de la même manière. Sa vie est un ballet de rencontres fugaces, où chaque rendez-vous soulève des questions sur l’amour, le désir et la recherche de soi. 

Avec sensibilité, Simon Chevrier dépeint la lutte intérieure de son héros, qui oscille entre une façade séduisante et la vulnérabilité d’un cœur qui cherche l’amour. 

Les émotions s’intensifient au fil des pages, révélant une profondeur insoupçonnée sous une apparente désinvolture.

J’ai lu le livre d’une traite et j’ai passé mon temps à réfléchir sur les différentes formes de désir.

Ce roman constitue une véritable odyssée émotionnelle, où une vielle photographie en noir et blanc devient emblématique de ce récit, devient le symbole d’une recherche qui regarde aussi vers le passé. 

Simon Chevrier réussit à capturer l’essence d’une génération en quête de sens.

En filigrane le SIDA apparaît, mais c’est le aussi le COViD qui empêche cette génération de se découvrir.