
Dans son premier roman, Simon Chevrier nous invite à découvrir l’univers d’un jeune homme en proie aux complexités de l’identité. À travers une écriture à la fois lyrique et inclusive, il explore le chemin d’un personnage qui navigue entre désillusions et découvertes.
C’est fou ou je suis folle, la plupart des articles qui parlent du livre, en bien d’ailleurs, se focalisent sur le fait que le narrateur, soit un étudiant en langues et ESCORT.
Le fait qu’il soit escort a pour moi été totalement secondaire.
Giton et Grindr ont été dans ma lecture deux moyens d’assouvir un besoin, une recherche frénétique de compagne, de sexe, rémunéré ou pas.
J’ai relu récemment Queer de William S. Burroughs, l’époque change mais le désir et l’acceptation de soi sont immuables,
J’ai pensé à Pasolini et ses prostitués qui ne cherchaient que l’argent et souffraient terriblement en contrariant leur orientation sexuelle, en se vendant à cause de leur condition.
Notre étudiant ne vit pas ses rencontres rémunérées de la même manière. Sa vie est un ballet de rencontres fugaces, où chaque rendez-vous soulève des questions sur l’amour, le désir et la recherche de soi.

Avec sensibilité, Simon Chevrier dépeint la lutte intérieure de son héros, qui oscille entre une façade séduisante et la vulnérabilité d’un cœur qui cherche l’amour.
Les émotions s’intensifient au fil des pages, révélant une profondeur insoupçonnée sous une apparente désinvolture.
J’ai lu le livre d’une traite et j’ai passé mon temps à réfléchir sur les différentes formes de désir.
Ce roman constitue une véritable odyssée émotionnelle, où une vielle photographie en noir et blanc devient emblématique de ce récit, devient le symbole d’une recherche qui regarde aussi vers le passé.
Simon Chevrier réussit à capturer l’essence d’une génération en quête de sens.
En filigrane le SIDA apparaît, mais c’est le aussi le COViD qui empêche cette génération de se découvrir.