Intimités / Perla Servan-Schreiber /LA MARTINIÈRE

Intimités est un livre puzzle, un miscellanéus de récits, poésies, citations, comme par exemple page 70 «Merci de ses heures d’hier qui resteront plantées dans mon souvenir pour y refleurir souvent » Rainer Maria Rilke ou page 90 « La poésie est cette musique que tout homme porte en soi.» de William Shakespeare. Mais il y a aussi du Borges, du Barbara du Cocteau et bien d’autres pour parler des pièces de puzzle citations qui composent ce livre.

Les pages alternent les formes et les genres de texte toujours avec grâce et soin.

Toutes les émotions qui font de nous des êtres vivants sont représentés et décrites et sinon, il y a la mort aussi,

Peut-on parler du vivant, sans s’approcher de la fin, de ce mystère qui rend important la vie.

L’autrice parle du matériel et de l’immatériel, des sentiments et des sensations.

Ce livre est un bonheur à lire, Perla Servan-Schreiber exprime une force qui nous contamine vite et nous en sommes heureux,

Belle écriture, forme particulière et agréable, tout compose la mosaïque, la toile des intimités.

À lire absolument 

Sur la mode / Walter Benjamin / Payot petite bibliothèque philosophie

L

es pages de ce petit livre sont extraites du monumental et inachevé ensemble de textes relatifs au grand projet des passages parisiens, inédits à la mort de Benjamin, sont désormais édités et publiés, depuis les premières esquisses jusqu’aux manuscrits tardivement retrouvés.

Pendant son exil parisien, l’éclectique philosophe que j’admire tant, participa à la vie parisienne et posa son regard sur le monde de la mode.

L’idée de Benjamin sur la mode s’articule autour de l’idée d’un concept hiératique de la matière, une sorte de chic hard-edge avant la lettre. Les points de vue de la critique Helen Grund et de Benjamin correspondent à des positions dans la couture des époques présentes ou récentes : la légèreté fluide des créations néoclassiques de Madeleine Vionnet et les alignements pleins d’esprit des robes et des objets dans la couture d’Elsa Schiaparelli. 

Benjamin parle de la femme et du sport, mais aussi de la mode comme industrie et des femmes comme clientèle.

La mode et le monde séduisent Walter Benjamin, pour ses nouveautés constantes qui « donnent le ton » et pour la recherche de la beauté et de la perfection.

Ici on parle de crinoline mais aussi d’Apollinaire et de surréalisme.

Last but not least la mode pour notre auteur est politique. La mode est soumission ou est liberté.

C’est drôle, je l’avoue que de lire Benjamin écrire sur les plumes qui ornaient les chapeaux et les souliers et passer au texte suivant à une réflexion sur la mode comme symbole et témoin de l’histoire.

Ces quelques pages de fragments rendues aux lecteurs, dans cette édition, sont un baume parfumé pour soigner la curiosité et l’intellect.

Un médicament contre la couleur grise qui règne dans notre époque sans mémoire.

Lisez, Lisez ce livre, lisez Walter Benjamin 

La Corse Mythes fondateurs et imaginaire national (XIXe – XXe siècles) / Pietrera Ange-Toussaint / Albiana

L’Histoire de la Corse vue avec le prisme des mythes et de l’imaginaire ! 

Intriguant pour l’amatrice d’histoire et de la Corse que je suis.

Ce livre est une mine d’informations et de découvertes.

Un parcours qui se fait avec des peintures, des œuvres littéraires, des coutumes locales et avec la capacité de l’auteur de nous transporter en Corse, l’île du passé qui explique celle du présent.

C’est vraiment intéressant de découvrir « les moeurs corses » au travers ses images et peintures.

Nous voyons « La vendetta » décrite et représentée et l’auteur nous parle de l’histoire publique et privée de la Corse.

Un paysage se construit petit à petit avec des descriptions minutieuses des actes du passé.

J’ai lu plusieurs livres à la fois.

J’ai particulièrement aimé la partie du livre dédiée à la naissance et l’affirmation du « Héros » et celle sur la Langue Corse qui m’a appris bien de choses.

L’impression est celle de lire plusieurs romans historiques bien écrits et illustrés.

Je vous conseille vivement cette lecture 

Jim Crow Le terrorisme de caste en Amérique. / Loïc Wacquant / Raisons d’agir.

Dans son nouvel ouvrage, le sociologue Loïc Wacquant s’est intéressé de près aux structures sociales du régime ségrégationniste en vigueur dans le sud des États-Unis jusqu’aux années 1960, afin de faire émerger un cadre d’analyse plus large sur la domination raciale dans le monde

Je suis arrivée aux écrits de l’auteur en lisant ceux communs avec Bourdieu, j’ai lu Les prisons de la misère et maintenant Jim Crow Le terrorisme de caste en Amérique.

L’écriture du sociologue est toujours passionante et sait faire d’une étude sociologique et anthropologique un livre et faire naître des données, une enquête historique, un questionnement.

Loïc Wacquant nous explique la théorie de la goutte de sang: convention qui stipule que si un individu possède la moindre trace d’ascendance noire repérable, il (ou elle) est noir(e).

Il faut que l’ennemi ait une goutte de sang différent que le mien, en somme.

Le lire fait réfléchir la nécessité de clamer la différence pour justifier la haine et pour affirmer la suprématie.

Cette analyse appliquée à d’autres dominations se voulant totalitaires pourrait aussi bien, être utile, à mon avis.

Le BookClub de France a rencontré Loïc Wacquant le 25/06/2024

Je lui ai posé une question :

« Parcourir vos pages m’a permis d’affirmer des connaissances et d’en savoir plus sur Jim Crow mais avec vos descriptions de la brutalité que les actions de mépris ordinaire savent avoir, mon regard s’est fixé sur la déshumanisation que le dominant fait du dominé.

Loïc Wacquant, vous excellez dans l’art de la divulgation alors je vous interroge, comment faire prendre conscience aux générations présentes toutes goutes de sang confondues de votre concept de « terrorisme de caste » qui me paraît bénéfique pour éclairer les possibles de l’histoire ? »

Je remercie Marie Richeux & Alexandre Alajbegovic de la possibilité de parler d’un livre peu commun.

Pour la réponse, très intéressante, il faut écouter le podcast du BookClub de France Culture 


La Couleur des choses / Martin Panchaud / Ça et Là

La BD « La couleur des choses » de Martin Panchaud, paru aux éditions çà et là, a remporté le Fauve d’or du Festival International de la BD d’Angoulême.

Maintenant je sais pourquoi.

Il s’agit d’un album qui est un objet éditorial à part. Une histoire multi genre : Roman initiatique , Young Adult, Polar…

Un dessin un peu Calder un peu Mondrian est surtout vieux jeu vidéo tout plat.

Les graphismes m’ont aussi fait penser à un Tarot : L’ ORACLE DE LA BIBLE – MARION ET ROBERT EINBECK qui utilise également les formes unidimensionnelles et les couleurs comme langage 

Les personnages sont des points colorés, à nous de les imaginer, de le dessiner et visualiser.

l’action est presque systématiquement vue de haut, sans perspective, le choix chromatique est aussi original.

C’est l’histoire de Simon Hope, un jeune garçon anglais de 14 ans qui vit avec des parents qui ne s’entendent plus et se fait dominer par ses camarades, et un jour, il va voir une voyante qui lui donne des conseils pour gagner aux courses. Pari fait, il gagne 16 millions de livres. Il court chez lui pour récupérer cet argent qui va tout changer, mais c’est pour y faire une terrible découverte. 

Une mère dans le coma et un père dans la nature empêchent Simon de percevoir son gain au Royal Ascot.

il a cette histoire de baleine bleue qui a l’air absurde mais qui trouve toute sa place et sa signification dans un final excellent. J’ai adoré cette partie du roman graphique.

Il y a le changement et la quête de Simon qui sont très prenants.

Il y a l’hyper réalisme de certains objets/dessins.

Tout ça propose au lecteur une expérience de lecture immersive et originale pleine de rebondissements, de lignes de cercles et de couleurs,

Martin Panchaud réussit à faire vivre ses personnages avec ses mots et ses graphismes.

Deux langages impriment les pages de cet ouvrage exceptionnel et déconcertant de premier abord.

J’ai adoré et j’espère partager vite vos sensations et émotions de regard et de lecture de ce livre

Little Book of Vivienne Westwood – L’histoire d’une créatrice de légende / Glenys Johnson / Place des Victoires

Grande icône de la mode et mon héroïne «  à moi » aussi.

Je l’ai rencontrée et j’ai échangé avec elle plusieurs fois, elle a changé la mode et nous voulions toutes les deux changer le monde.

J’ai adoré lire le livre de cette collection dédiée aux créateurs de mode sur la vie de cette artiste de la couture et de la culture, anglaise. 

Made in Uk mais profonde européenne toujours libre, toujours prête à éblouir.

Avant gardiste et architecte de l’ère punk des années 1970.

Vivienne Westwood est connue pour son extravagance mais aussi pour ses combats :

En septembre 2015, Vivienne Westwood, avec plusieurs militants manifeste, debout sur un blindé, devant la maison de campagne de David Cameron contre sa politique sur le gaz de schiste.

Le 21 juillet 2020, vêtue d’un tailleur jaune et enfermée dans une cage géante, elle proteste contre le projet d’extradition de Julian Assange, détenu par les autorités britanniques.

Elle a été formidable avec moi, lors de mon intense rééducation à l’hôpital et je ne l’oublierai jamais.

Même en fauteuil roulant on peut rouler en mode Westwood. 

Vivienne créait des talons vertigineux et des belles baskets, parfois en collaboration avec Vans ou Asics.

Toutes originales, toutes merveilleuses à porter.

Ses chaussures sont celles de mon premier pas après le Coma, en rééducation avec mon kiné.

Les éditions Place des Victoires proposent en français la célèbre collection Little Book of, j’en ai quelques-uns en anglais et j’ai hâte de découvrir les autres.

La plupart des grands créateurs et Maisons célèbres ont un petit livre consacré à leur histoire, vous trouverez certainement le premier à découvrir. L’envie de les collectionner tous arrive vite.

Le Little Book of Vivienne Westwood est vraiment bien fait et retrace une histoire personnelle et professionnel avec une tonalité efficace et prenante.

Un livre qui se lit bien, dans un format parfait et des excellentes illustrations qui complètent l’œuvre.

Je vous le conseille.

#teamviviennewestwood 

#bookstagram

L’Hôtel Dracula

L’Hôtel Dracula ouvre ses portes à Paris, jusqu’au 19 septembre aux Galeries Montparnasse 22 rue du départ (Paris 15)

Un très grand espace dédié à la réalité virtuelle que j’ai testé grâce à Talents PR.

Le premier jour d’ouverture tout était parfaitement rodé. Staff parfait ! 

Les Galeries Montparnasse, situées dans le célèbre bâtiment des anciennes Galeries Lafayette à Paris, sont devenues un beau lieu culturel et événementiel, donc l’espace est immense et adapté aux PMR ♿️ grâce à un grand ascenseur.

Je suis une fervente admiratrice de la littérature gothique et vampiresque et cette attraction sur Dracula à Paris a attiré toute mon attention,  découvrir de pouvoir la vivre en fauteuil roulant a été une excellente surprise.

L’expérience est fantastique et le niveau de réalisme dans les décors et les sensations est extrêmement soigné.

Frissons et souffle coupé plusieurs fois mais pas de vertiges ou nausées, casque bien réglé sur la tête je suis rentrée et j’ai roulé dans le manoir, demeure de Dracula qui réserve beaucoup de surprises et des rencontres avec des créatures maléfiques effrayantes. 

Le scénario permet une immersion totale dans le monde du célèbre Vampire !

600m2 de métavers où jusqu’à 90 personnes pourront simultanément traverser l’Hôtel.

Une expérience bluffante fait interagir le visiteur et tout est à la hauteur et à la hauteur d’un fauteuil roulant.

Je suis extrêmement satisfaite des 30 minutes de ce voyage horrifique.

Mon accompagnateur a rendu la visite encore plus intense en secouant mon fauteuil et en baissant le dossier à l’improviste.

Voilà voilà.

Je voulais une bonne dose d’adrénaline et je suis servie. 

Même le cocktail que j’ai dégusté était sanguinolent…j’en ai choisi un nommé Antidote particulièrement agréable.

Avant de quitter la maison de Dracula plusieurs décors permettent des photos à sortir pour Halloween. 

Ma chaise s’est même transformée en chaise électrique pour l’instant nécessaire à fixer une image.

L’Hôtel Dracula est une expérience électrisante pour les amateurs de Vampires et Horror mais aussi juste pour découvrir le réalisme que la technologie utilisée permet de réaliser.

Le tarif standard est dés 19€ le réduit est à 16€.

Histoire qui ne devrait pas arriver 18/06/2024

Merci à Mme l’Ambassadrice du Maroc
Merci beaucoup à tout le personnel de l’ambassade !
Merci Charlotte @editionspoints que j’ai enfin rencontrée
Merci à la directrice générale des éditions Points, vous avez été formidable avec moi ! Quelle belle rencontre !

Tout le monde a essayé de trouver une solution mais ça a été impossible de participer à la remise du Prix @editionspoints

J’ai adoré faire parti du jury !!!

Merci de la grande solidarité de toutes et tous

Et si on faisait un monde meilleur ? Et si la littérature pouvait changer le monde ?

Lisons déjà les romans de @zineb_mkouar
Zineb tu es une merveilleuse écrivaine
Ton talent est d’utilité publique ! Continues, s’il te plaît à décrire, à raconter à nous faire rêver.
Ses livres sont chez @editionspoints et @editions_gallimard

Ulysse à Paris / Texte Collectif / Seuil et Revue Cockpit 

Ulysse à Paris est un roman collectif qui se dévoile comme une tableau composé de pièces de mosaïque de couleurs différentes, un puzzle de styles et de visions qui divergent par la forme et converge dans une seule belle et intéressante œuvre.

En 2024, les Jeux Olympiques se déroulent à Paris. Et ce sont les 120 du Bloomsday (la journée du 16 juin qui célèbre chaque année en Irlande, celle de 1904 dans Ulysse de James Joyce)

J’adore le nouveau Leopold Bloom du nom dans l’histoire de Joseph Omer, qui, (dit l’éditeur) « arpente un territoire de l’errance qui se situe dans la partie nord de la ville – du Tribunal de Paris, porte de Clichy, à la Villette, en passant par le quartier de la Goutte-d’Or, la gare Saint-Lazare – pour remonter vers Drancy, ou au Stade de France, ou encore à la basilique-cathédrale et sur l’île de Saint-Denis. »

C’est beau de vivre cette déambulation parisienne et son odyssée de l’esprit.

La quantité de références à Ulysse et à l’Odyssée qui se trouvent dans ces textent trouvent toute une parfaite place.

Tout est logique et tout est ironique et tellement beau à lire. 

Un chapitre en appelle au autre, les auteurs et les autrices se suivent et posent leur empreinte sur la toile des mots du livre.

Le roman est un clin d’œil passionnent aussi bien à Homère qu’à Joyce. Il convoque vraiment les sensations des 2 ouvrages.

On retrouve Charybde et Scylla, les Sirènes, le Cyclope, Un cheval de Troie et tant d’autres références drôles à déceler, comme des indices.

Les récits sont aussi un bel hommage à Paris.

Aux grands et aux petit lieux, au quotidien et l’exceptionnel que les parisiens vivent.

La magie des rues, des cafés, des sons et des odeurs de la ville,  traverse les pages et nous permet nous lecteurs, de participer à ce périple parisien.

Jeux Olympiques obligent le sport et ses temples sont un fil d’Arianne pour le roman.

Le chapitre de Chloé Delaume avec «Circé en l’île Saint Denis » est coruscant.

Un livre à lire sans hésitation pour la diversité des touches qui le composent et lui donnent un fort intérêt littéraire.

Les enfants du diable / Avignon Festival OFF

Quelle histoire forte et touchante à voir cet été à Avignon et à suivre pour d’autres, futures, représentations dans toute la France.

Cette pièce mérite une large diffusion,

Ici la grande Histoire se lie avec les histoires personnelles et nous interroge sur les événements qui peuvent changer une vie, des vies.

Tout commence à Bucarest, Roumanie, en 2009.

20 ans après la chute du couple Ceaucescu, un frère et une soeur se rencontrent pour se retrouver.

Lui, a grandi dans les durs orphelinats-mouroirs créés par les dictateurs. Elle, a été adoptée par un couple de français, et est devenue une chanteuse connue.

Le frère et la sœur sont restés sans se voir 20 longues années, difficiles, monstrueuses, pour l’un plus agréables pour l’autre.

Cette représentation théâtrale parle des difficultés des histoires de chacun. 

Niki et Veronica se déchirent, mais il y’a un troisième enfant de fratrie, Mireille qui joue un rôle important. 

Belle mise en scène et bonne interprétation pour une pièce à le pas rater.