On m’a piqué la Joconde – Michel Douard – Eyrolles

J’ai voulu lire ce livre hypnotisée par la couverture, un Léonard de Vinci entouré de pages vertes et voyantes. La curiosité est en marche.
Léonard est un personnage que j’affectionne, j’ai visité plusieurs fois « ses » lieux en France et en Italie.
La lecture a donc commencé avec beaucoup d’interrogations.
« On m’a piqué la Joconde » raconte l’épisode où Leornado da Vinci est devenu Léonard de Vinci !
Ou comment l’intérêt de François Ier pour les choses transalpines s’est transfiguré en un amour quasi filiale pour le génie pluridisciplinaire en mal de mécène.
L’immigration de Léonard nous apportera la Renaissance en même temps que la Joconde.
L’auteur s’est amusé à nous raconter cela avec beaucoup d’humour à tel point que l’on se demande si le peintre n’était pas aussi un parolier de génie que les chanteurs aurait pillé depuis les années 80 sans le créditer.
Un livre que je recommande, aussi à toutes celles et tous ceux que l’Histoire rebute qui trouveront là une occasion de découvrir une période fondatrice de la France avec sourire.

L’échange de Claudel – mise en scène Didier Long – Théâtre Poche

J’ai vu, au Théâtre de Poche une belle adaptation et mise en scène de l’Échange de Claudel.

La préparation a consisté en la relecture (rapide et partielle) du texte et une toujours belle analyse de Claudel chez mes aimés Classiques Garnier.

Pour arriver à Montparnasse, voyage en transport commun, rapide et excellent ! ça peut bien arriver …

Accueil au théâtre toujours attentionné et chaleureux.

J’ai bien aimé l’adaptation et l’interprétation des comédiens.

Tout n’étant pas une inconditionnelle de Claudel, j’ai passé 1h30 agréables à suivre les échanges des protagonistes de cet échange.

Je vous invite aussi en sortant à passer un moment au café du théâtre, détente et échanges assurés.

Un voile de tristesse pour moi car le théâtre programme une autre pièce : Zoo Story mais dans « l’autre salle… » , celle avec des escaliers en cadeau de bienvenue et d’adieu !

Vous qui pouvez sautiller, avez un ample choix au Théâtre de Poche !

Présentation

Sur la côte Ouest des États-Unis, Louis, l’Indien rebelle fraîchement marié à Marthe, la Française soumise, gardent la propriété du riche homme d’affaires Thomas Pollock Nageoire, et de sa femme Lechy, comédienne aux mœurs émancipées. Tensions et désirs écartèlent les membres de ce quatuor mal assorti jusqu’à les conduire à un marché provocateur : l’un propose d’acheter l’épouse de l’autre…

Didier Long est un habitué du Théâtre de Poche-Montparnasse où il a déjà mis en scène L’Île des esclaves, Rimbaud Verlaine – éclipse totale et Chère Elena. Il y retourne pour monter cette pièce que Paul Claudel a écrite durant son séjour aux États-Unis à la fin du XIXe siècle et qui fut jouée pour la première fois en 1914 au Théâtre du Vieux-Colombier.

Indigne – Cécile Chabaud – Archipel

J’achète tout : L’autrice, le livre et même la Griffe Noire partage mon amour pour le roman.

L’autrice est la surprenante Cécile Chabaud,

Une découverte made in Instagram, une rencontre livresque dans la vie réelle.

Du roman je vais avoir du mal à en dire plus de bien que Gérard Collard de la Griffe Noire qui, par ailleurs propose ce livre également dans un beau coffret .

Eux (les libraires) disent que c’est un plaisir de découvrir la confirmation de la naissance d’une grande écrivaine, avec ce deuxième roman.

C’est vrai! Elle écrit vraiment bien et fait partie de la catégorie de celles et ceux qui brillent autant par leurs qualités d’écriture que pour la construction des tensions dans les intrigues.

Je n’ai pas pu m’empêcher de lire son premier roman. Ses qualités sont indéniablement là mais avec Indigne le niveau est encore supérieur.

Cécile fait bouger avec talent les ficelles qui déclenchent les sentiments et les émotions..

Anges ou Démons, Indignes ou justes, Héros ou Vilains ? Ces questions sont simples, tranchantes, les réponses souvent plus nuancées.

Indigne est construit en trois parties qui se déploient parfaitement pour créer un ensemble cohérent et complet.

L’histoire est celle du procès de Pau en 1945, l’accusé est peut-être un collabo, peut-être un résistant. Quel écart. Pour en savoir plus nous découvrons les antécédents, durant la déportation ainsi qu’ un jeune galeriste, qui hérite de dessins controversés de l’accusé et aussi de besoin de certitudes. De savoir. De voir le passé.

Un livre sensible, et intéressant, écrit avec intensité et finesse. A lire absolument !
J’attends n• 3 et 4 et 5 et au moins 3 prix avant le voyage à Stockholm.
Je vous assure que j’y crois !

Lecture Bianca Casady

Une belle soirée hier à la @maisondelapoesie !
Thanks @annevaudoyer qui est l’inspiratrice de mon choix de venir écouter Bianca Casady nous lire ses vers poétiques.
Récemment reçue chez @franceculture l’artiste est ici pour promouvoir son livre, recueil de poésie bilingue vraiment exquis ! #audiablevauvert .Vous connaissez peut-être CocoRosie, groupe américain de folk psychédélique, mais connaissez-vous Bianca Casady poétesse ?
Pour moi c’est une belle surprise.
Ça fait du bien de sortir de l’ordinaire
Sur mon blog je vous metterai le lien avec le podcast des @les.midis.de.culture , dans l’émission que je vous laisse découvrir… il est question d’un couteau à beurre …
Bon week-end à toutes et à tous !

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-midis-de-culture/bianca-casady-la-poetesse-de-cocorosie-1177188

Reykjavik – Ragnar Jónasson / Katrín Jakobsdóttir – de La Martinière

Une belle rencontre pour des belles rencontres !
La chouette équipe @lamartiniere.litterature et @lecomptoirdesmots ont organisé, dans la librairie « le comptoir des mots« , une belle rencontre dédicace pour le lancement du nouveau livre de @ragnarjo et de Madame la 1ère ministre d’Islande @katrinjakobsd : Reykjavik
Un thriller prenant avec des personnages et un scénario qui m’ont empêché de quitter le livre !
Je vous le conseille d’ailleurs vivement ce « Cold Case » dépaysant et travaillé. Bravo aussi au Traducteur @jcsalaun et à l’Editrice @marieleroyedito qui nous permettent de lire le livre en français.
Hier j’ai essayé de trouver ma pierre de Rosette mais en Islandais, j’ai juste compris Agatha Christie ( Oui oui tu as dit ça @ragnarjo ! Je le sais ! )???? Ravie aussi d’avoir rencontré Coralie et des visages de l’univers #bookstagram ♥️♥️♥️♥️♥️ merci également à @bepolar.fr
Une rencontre parfaitement adaptée ♿️ J’ai même (presque) oublié d’être en fauteuil roulant !
Voilà voilà ????

 Infographie de l’empire Napoléonien – Passés/Composés

Ce livre est un condensé magnifique de l’ère Napoléonienne.

Alors que le « petit caporal » frappe toujours les imaginations, que ses conquêtes et défaites forment la trame de tant de romans et films, de Stendhal à Ridley Scott, l’administration de la France pour soutenir l’effort de guerre autant que pour simplement réorganiser l’après révolution était l’apanage des historiens spécialistes.
Jusqu’à ce livre !
Je vous invite à lire mon précédent article sur l’infographie des guerres franco-allemande car c’est du même niveau de qualité.

Tout y est présenté de manière ludique pour comprendre :

  • le nouveau réseau de communication avec le télégraphe de Chappe, celui que détourne le Comte de Monte Cristo pour ruiner Danglars,
  • la nouvelle noblesse d’Empire avec les Barons,
  • l’organisation de la Grande Armée,
  • a quoi servait la Légion d’Honneur avant de n’être qu’une épinglette a trouer le revers de veste,
  • la vie quotidienne de l’Empereur et du comment il a pu déléguer pour transformer la France,
  • etc, etc …

Bien évidement les guerres ont leur chapitre avec nos victoires et celles de nos ennemis d’alors.

Un incontournable pour assimiler la part la plus fantastique et fantasmée de l’histoire de France.

Infographie des guerres Franco/Allemande – Passés composés

« Infographie des guerres Franco-allemande » est un obligatoire pour quiconque s’intéresse à l’histoire en général et à ces conflits en particulier !

J’ai eu le privilège au tout début de ma carrière de travailler avec le professeur Jacques Bertin , le créateur de la sémiologie graphique où l’art de communiquer le maximum d’information par l’image.
Donc sans en être un professionnel, je reste profondément marqué par cette formation et par conséquent suspicieux envers chaque camembert et autres histogramme en 3D.
Ce livre est un modèle de ce qu’il faut faire dans le genre !
Chaque page est un enchantement à la fois d’inventivité mais surtout de condensé d’information.
Dépouillé de tout romantisme et/ou sentiments, les données sont exprimées afin que le lecteur soit éclairé sur les forces en conflit.

Comme Abraracourcix avec Alésia, les français ne veulent plus se souvenir des débâcles de 1870, alors que pourtant cette guerre est à l’origine de tant de séismes dans l’évolution du pays : Commune, 3e république, hussards noirs et même l’affaire Dreyfus en sont quelques conséquences.
Puis l’enlisement meurtrier de 14-18, la drôle de guerre de 39, le débordement par les forces nazis, la reconquête par les alliés trouvent aussi leurs explications par l’illustration.

Les pages sur les différences d’équipements, d’organisation, de stratégie aident à se former une opinion, là ou il faudrait lire Marc Bloch, les mémoires de De Gaulle, de Churchill pour n’avoir que la leur.

Ce livre est un enchantement pour le regard autant qu’il est une mine d’information pour l’intelligence.
J’aurai adoré entendre les commentaires d’Alexandre Adler sur chaque dessin qui l’aurait enthousiasmé.
(Note au puriste de la sémiologie graphique qui crierait à l’apostasie en raison de l’utilisation de la couleur et autres entorses aux canons ascétiques de Bertin : Souriez c’est juste pour instruire )

La vague qui vient – Daniel Fohr – Inculte

La vague qui vient et la vie qui change, j’ai souvent (pas trop heureusement) été portée par la vague.

Lui aussi il recommence ailleurs, ce personnage, intelligent est celui de Daniel Fohr, dessinateur en exile volontaire ? sur une île.

Une île qui a toutes les caractéristiques, les joies , les défauts, le bon et le mauvais d’une île.

Si tu es « Insulanu » ta vie s’organise différaient encore plus si tu n’es pas natif, pas autochtone.

( L’île du livre n’est ni en talle ni en localisation semblable à la Corsica mais « Insulanu » résonne fort dans ma tête – Insulaire en Langue Corse-.)

L’acclimatation au rythme et aux usages locaux est à la fois perturbée et accélérée par une viste et une commande inattendues.

Le Maire oui oui un Monsieur le Maire arrive avec la proposition suivante : Décorer, peindre entièrement la grande salle des fêtes.

Le choix de l’artiste est facile, il est sur place à demeure…

Le motif principal de la commande est de donner du prestige et une vision culturelle à l’île.

Une fois la tâche acceptée la fresque de l’île se dévoile, les visions de chacun les imaginaires de tous.

Quel choix faire ? Modernité oui Histoire ? Vérité ou Allégorie ? Faits ou Légendes.

L’artiste devra décider et explorer l’île et ses habitants, pour maîtriser ses sujets.

Ce livre, est le coup de cœur avec le plus grand cœur de cette rentrée littéraire.

Finirais je un jour pour moins aimer un livre by Inculte Éditions ?

J’adore la prose de Fohr.

L’intrigue, cette fresque d’une fresque est intelligente et prenante, l’écriture est une laisse pour les lectrices et les lecteurs, impossible de s’éloigner de cette vague de mots.

Les titres des chapitres sont très drôles et pertinents en plus !

Ce roman est une étoile dans le firmament de cette rentrée littéraire, une étole qui brille fort et que nous voyons clairement, comme quand on regarde le ciel sur une île, sur l’île.

Je l’avais aperçu à la présentation de la rentrée littéraire de l’Inculte ce roman et je suis heureuse de l’avoir enfin lu l la couverture me fait penser à La Grande Vague de Kanagawa.

L’ Atelier des lumières – 38 rue St. Maur – 75011 Paris

@atelierdeslumieres (Instagram ) Une expérience exceptionnelle pour les amateurs d’art. Je me suis sentie part des œuvres ! Style Musée Haut Musée Bas (film/pièce)

J’ai également pensé aux maxi bâches de Keith Haring, à sa Cathédrale.

Je vous conseille vivement cette expérience immersive et prenante !

Une situation fascinante ou l’on re-découvre les œuvres à la fois de très prés et en très grand, les détails mis en scène en musique submergent la conscience dans une fantastique expérience sensorielle.

Cela me rappelait aussi les décors de la pièce « la colère du tigre » faits des projections des tableaux de Monet. D’ailleurs, on peut considérer que c’est une version contemporaine de la salle des « Nymphéas » au Musée de l’Orangerie.

J’y ai vu Chagall, Klee et van Gogh ! Des moments magiques à vivre seul ou en famille.

Les alchimies – Sarah Chiche – Seuil

Livre lu sous influence du Bookclub/France Culture.
Je vous invite d’ailleurs à en écouter le podcast.


On pourra trouver partout des avis sur l’intrication de ce roman avec les vies de Goya, mais pour ma part, c’est son style, son écriture qui me font dire que c’est un livre qui mérite toutes les éloges.
L’autrice sait user de la longueur des phrases pour les adapter au rythme de la narration, comme un peintre elle peut faire de longues lignes pour dessiner un sujet, puis faire rapidement les petites retouches au pinceau en étant chiche des sujets, verbes, compléments divers, pour nous donner une succession de mot-phrases, comme s’il s’agissait de vignettes de BD. ( Honte. Contrition. Sourire.)
Ce n’est pas vraiment de l’écriture émoticônes, mais sa transcription littéraire.
Il n’y a pas encore de nom défini par l’Académie Française pour cette figure de style que pour ma part je découvre avec elle, et qui m’enchante.
Cela donne à tout le livre une cadence qui fait que l’on le dévore sans s’en rendre compte.
Un grand coup de cœur